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  • il y a 2 jours
L'éclairage économique d'Éric de Riedmatten sur un sujet d'actualité.

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Transcription
00:00Décidément, le climat actuel incite à l'extrême prudence.
00:02Éric Deray-Tematen, les entreprises françaises n'ont pas l'intention d'être généreuses en termes de hausse de salaire.
00:08C'est ce que vous nous dites ?
00:09Oui, et cela se comprend parce que les entreprises n'ont pas de cap,
00:12elles n'ont pas de vision suffisante pour cette année,
00:15elles ne sont pas encouragées de la part de l'État, même pas de budget qui peut préparer l'avenir.
00:21Écoutez, les prévisions économiques sont pour l'instant approximatives,
00:24peut-être même pas fiables, disent les entreprises,
00:26et puis les plans sociaux surtout se multiplient.
00:28Les défaillances d'entreprises sont au plus haut en France.
00:31On a dépassé 69 000 dépôts de bilan en 2025, selon le cabinet Altares,
00:35et l'Association pour la garantie des salaires, l'AGS,
00:38va devoir accompagner 250 000 salariés cette année.
00:42Il ne faut pas oublier le cas Brandt, on vous en a parlé,
00:45Arc International, qui de nouveau a des grandes difficultés,
00:47il y a quand même 500 emplois qui sont en jeu,
00:49et puis les entreprises ont peur de l'avenir.
00:51Je lisais ce que disait le patron de Safran, Olivier Andriès,
00:55« Tout est fait pour décourager notre industrie d'investir en France plutôt qu'à l'étranger. »
01:00Vous voyez, Romain, tout est dit quand on lit cette phrase.
01:02Oui.
01:04Vous disiez « Les entreprises n'ont pas de cap ».
01:06En fait, elles ont un cap, les entreprises.
01:08C'est la France qui n'a pas de cap.
01:09Elles n'ont pas de cap, c'est par l'État.
01:10Oui, voilà, c'est ça, c'est la France qui n'a pas de cap, malheureusement.
01:14Elles seront d'une grande prudence, les entreprises françaises,
01:17donc pour les hausses de salaire.
01:18Écoutez, on pense arriver à une hausse moyenne d'environ 2% en 2026,
01:22c'est à peu près la moyenne générale.
01:25Les NAO, vous savez, c'est sur les négociations annuelles obligatoires,
01:27c'est 1,7, donc ce n'est pas énorme,
01:30même si c'est un petit peu au-dessus quand même de l'inflation.
01:32Mais en tout cas, ce n'est pas suffisant pour augmenter le pouvoir d'achat
01:34et donner confiance aux Français.
01:35C'est d'ailleurs pourquoi les Français épargnent de plus en plus actuellement,
01:39parce que l'horizon est sombre.
01:41L'État ne prend pas des décisions qui devraient s'imposer.
01:44Il faut attendre finalement 2027 pour espérer relancer la machine.
01:48Et donc, les entreprises ne veulent pas prendre risque, tout simplement.
01:50C'est-à-dire, Romain, 0,9% de croissance l'an dernier, 0,9%,
01:54c'est toujours ça, mais c'est quand même très très faible pour doper l'économie.
01:58Quand vous voyez qu'en Espagne, on a fait 2,9% et qu'aux États-Unis,
02:02la croissance au troisième trimestre a été de 4,3%.
02:064,3%, nous, franchement, on peut dire qu'en France, on est petit bras
02:09à cause de tous ces errements et de toutes ces hésitations à réformer.
02:14Oui, ça pourrait être beaucoup plus, ça pourrait être beaucoup plus, bien sûr.
02:17Les filiales des grands groupes étrangers seraient, je dis bien, seraient plus généreux ?
02:22Alors ça, c'est vraiment la surprise.
02:24C'est pour ça que je souhaitais vous en parler ce matin.
02:25Si vous travaillez dans un groupe étranger, vous pouvez espérer en moyenne 3,1% de hausse de salaire.
02:31Bon, c'est toujours des chiffres, c'est de moyenne.
02:33Mais pourquoi, justement, les entreprises étrangères vont augmenter plus les salaires
02:37que les entreprises françaises ?
02:38Parce que les étrangers, ils ont une stratégie, c'est de garder leurs salariés,
02:43être vraiment très attractifs, c'est-à-dire que vos meilleures équipes ne partent pas dans la concurrence
02:48et donc rester attractifs, tout simplement.
02:51Alors en France, que disent les entreprises ?
02:52Que dit le patronat ? Eh bien que les coûts sont trop élevés, toujours pareil,
02:56que la contribution exceptionnelle sur les bénéfices a été prolongée
02:59à la demande du ministre de l'Économie, Roland Lescure,
03:01qu'il y a une menace sur le CIR, il y a toujours l'impôt de production sur la valeur ajoutée.
03:06Alors oui, franchement, tout ça, ce sont des incertitudes.
03:08Et c'est finalement le salarié, vous et nous, qui en faisons les frais, tout simplement.
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