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00:00Générique
00:00Bienvenue dans le débat consacré à l'Iran qui connaît une douzième journée de contestation.
00:09Un mouvement qui ne faiblit pas malgré les tentatives d'apaisement du président Pezeskian.
00:14Des manifestations ont lieu dans une cinquantaine de villes, essentiellement des petites et moyennes villes,
00:19surtout dans l'ouest du pays, mais aussi dans le nord-est.
00:22Avant-hier, mardi, des heurts se sont produits à Téhéran en plein jour, au Grand Bazar,
00:27selon l'IHR, basé en Norvège.
00:30Le président iranien a ordonné aux forces de l'ordre de ne pas s'en prendre aux manifestants, a-t-il dit,
00:35selon l'agence de presse Maire.
00:37Sept partis d'opposition kurde iranien basés en Irak ont appelé à une grève générale des Kurdes en Iran ce jeudi.
00:44À Téhéran, aujourd'hui, le Grand Bazar est fermé, ainsi que de nombreux restaurants.
00:49Le chef de l'armée iranienne a menacé de riposter avec plus de fermeté
00:52si Trump mettait à exécution ses menaces d'intervenir militairement en Iran,
00:57si des manifestants étaient tués.
00:59Alors, on va revenir sur ces 12 jours de manifestation.
01:02La mobilisation va-t-elle se poursuivre et quelles conséquences pour le pouvoir iranien ?
01:06Quel est l'impact dans la région ?
01:08Après le Venezuela, Trump pourrait-il intervenir en Iran ?
01:11On pose toutes ces questions à mes invités.
01:13Mariam Pirzadet est avec nous ce soir.
01:14Bonsoir, Mariam.
01:15Bonsoir, Stéphanie.
01:16Encienne correspondante de France 24 en Iran et rédactrice en chef à France 24.
01:20Merci d'être là.
01:21Nous avons avec nous ce soir Chirine Ardakani.
01:23Bonsoir.
01:24Bonsoir.
01:24Merci d'être là.
01:26Avocate et présidente de l'association Iran Justice,
01:28avocate du prix Nobel de la peine Argesse Mohamedi,
01:32également Cécile Collère et Jacques Paris qui ont été libérés,
01:35on le rappelle, et qui sont donc maintenant en France.
01:38Merci.
01:38Qui ne sont pas en France.
01:39Qui ne sont pas en France.
01:40Ils sont à l'ambassade de France.
01:43Tout à fait.
01:43En Iran.
01:44Ils sont à l'ambassade de France en Iran.
01:46Ils ont été en tout cas, ils ne sont plus en prison.
01:48Merci d'être là.
01:49Donc, Richard Verli est avec nous ce soir.
01:50Bonsoir.
01:51Richard, correspondant France Europe pour le quotidien Suisse Blic.
01:54Et puis Adèle Bakawan est avec nous ce soir.
01:56Bonsoir.
01:57Directeur du European Institute for Studies on the Middle East and North Africa.
02:01Chercheur associé également au programme Turquie-Moyen-Orient de l'IFRI.
02:03Auteur de La décomposition du Moyen-Orient.
02:07C'est aux éditions Talandier.
02:10Avant d'entamer cette discussion, je vous propose de revenir sur ces manifestations qui ont lieu en Iran avec Stéphanie Pérez.
02:19Un peu partout en Iran, comme ici dans le Nord, les mêmes images.
02:23Des groupes de manifestants qui prennent les rues.
02:27Cela appelle la population à les rejoindre.
02:32Le mouvement n'atteint pas la mobilisation qui a suivi la mort de Massa Amini pour un voile mal porté.
02:37Mais il ne faiblit pas malgré la répression.
02:39Au moins 27 morts depuis 11 jours, selon une ONG.
02:44Ici, des échauffes fourrées au bazar de Téhéran, d'où tout a démarré.
02:48Tout un symbole.
02:50Même ces ouvriers de l'industrie énergétique ont rejoint la grève.
02:53Sur le plus grand champ gazier du monde.
02:57Souvent, le même slogan.
02:59Mort au dictateur.
03:02Mort à Khamenei.
03:03En référence au guide suprême.
03:06La rue, excédée, pointe du doigt l'incapacité du régime iranien à gérer la crise économique.
03:12Dans les rangs majoritairement des classes populaires, étouffées par l'hyperinflation.
03:17Il suffit de se rendre dans un supermarché de Téhéran pour mesurer le casse-tête des ménages.
03:21Dans ce commerce, très peu de clients et pour cause, selon le vendeur.
03:28Le prix du litre d'huile a été multiplié par deux.
03:31Et le gouvernement annonce l'augmentation de 50 ou 100% pour d'autres produits prochainement.
03:37Notre équipe a suivi cet électricien qui soutient le mouvement et dont nous protégeons l'identité.
03:43Acheter des oeufs ou de la viande pour lui est devenu un luxe.
03:46On ne peut plus manger à notre faim aujourd'hui.
03:51Si je veux acheter de la viande, je dois faire un crédit.
03:57Devant ces courses, qui lui ont coûté quatre fois plus cher qu'il y a un an, il se désespère.
04:02Ces billets n'ont plus de valeur.
04:04Je paie souvent par carte bancaire parce qu'il me faudrait des sacs entiers de monnaie autrement.
04:10Le président iranien a ordonné aux forces de l'ordre de ne pas s'en prendre aux manifestants.
04:15L'Iran se sait sous pression à la fois de la rue mais aussi des Etats-Unis.
04:22Ce mouvement au départ c'était plutôt une contestation économique au bazar de Téhéran.
04:28Et ensuite c'est redevenu un mouvement politique plus proche de Femme Vie Liberté, celui qu'on connaissait.
04:33En fait ça a commencé le dimanche il y a 12-13 jours.
04:38Ce sont les vendeurs d'or et les marchands de portables qui ont décidé de ne plus travailler.
04:43Parce qu'ils ont dit voilà notre monnaie ne vaut plus rien.
04:45Parce que le Rial officiellement, mais c'est le Touman, on parle en Touman, le Rial avait atteint 1 400 000 pour 1 dollar.
04:52Et ils se sont dit voilà notre marchandise n'a plus aucune valeur, on ne peut plus travailler.
04:56Elle a perdu la moitié de sa valeur c'est ça face au Rial ?
04:58Voilà et même là ces derniers jours elle a perdu pratiquement 80% de sa valeur.
05:02Et donc spontanément ils ont fermé leur boutique, ils ont commencé à manifester.
05:05Se songeant rapidement les étudiants.
05:07Et très très vite il y a eu des slogans politiques et non pas économiques.
05:12Ce ne sont pas des slogans économiques qu'on a entendus dans la rue.
05:14Et ce mouvement de protestation effectivement évolue de jour en jour.
05:19Et c'est aujourd'hui je pense la continuité de mouvements qui ont été initiés en 2017 contre la vie chère.
05:26Il ne faut pas oublier qu'en 2017, 2018, 2019, 2020, 2022, 2023, 2024, il y a eu des manifestations en Iran.
05:33Donc en fait même si aujourd'hui les manifestations s'arrêtaient, elles reprendraient très rapidement.
05:38Parce que le mouvement de colère, la colère des Iraniens elle est extrêmement profonde.
05:42Chez Renard Akani, est-ce que c'est aussi un mouvement comme celui de Femmes Vies Liberté ?
05:47Est-ce qu'il y a autant de personnes, d'Iraniens dans la rue qu'à l'époque ?
05:53On parle c'était 2022 ou pas ?
05:55Alors il y a des choses qui se ressemblent et puis il y a des différences.
05:59La première c'est la revendication très nette de rejet absolu du système de la République islamique
06:05et de la volonté de passer vers une démocratie.
06:09Ça je crois que nul aujourd'hui ne peut le contester.
06:11C'est ça le lien entre ce mouvement-là et celui de Femmes Vies Liberté.
06:15Après les revendications ne sont pas les mêmes.
06:17Femmes Vies Liberté, c'était une révolution culturelle, une exigence d'égalité entre les hommes et les femmes.
06:23On a beaucoup entendu cela.
06:25Là on voit que ce ne sont pas les mêmes personnes forcément qui se mobilisent.
06:30Gina Massahamini quand elle est tuée par la police des mœurs en septembre 2022,
06:34ça va agréger des étudiants, la jeunesse d'abord et ensuite l'ensemble de la société.
06:40Et là c'est l'inverse.
06:41C'est d'abord les bazaris, c'est plutôt des hommes d'un certain âge qui en principe sont plutôt conservateurs
06:47et qui ont un pouvoir d'achat qui ensuite vont amener les autres couches de la société.
06:54Donc ce ne sont pas les mêmes personnes au départ qui vont se mobiliser,
06:57mais à la fin on en arrive à la volonté d'en terminer avec le régime et avec des mots d'ordre qui sont différents.
07:03Là c'est des mots d'ordre au départ qui étaient relatifs au pouvoir d'achat et au pouvoir de vivre,
07:09mais en définitive on arrive à peu près à la même conclusion.
07:13Avec Reza Palavi donc qui est scandé, son nom est scandé, c'est héritier du chat,
07:18en tout cas dans certaines des manifestations, des vidéos qu'on a pu voir.
07:21Alors écoutez, ça c'est quelque chose qui va revenir et revenir sur le fait de savoir
07:26est-ce qu'il y a des gens qui soutiennent Reza Palavi en Iran ?
07:28Je pense effectivement qu'il y a des gens qui soutiennent Reza Palavi.
07:31Il y a aussi des gens, beaucoup de gens, qui ne soutiennent pas Reza Palavi.
07:34Donc je veux dire à un moment donné, moi je ne suis pas dans la tête des Iraniens.
07:38Les Iraniens, ce n'est pas une masse homogène dont on pourrait tirer une évidence politique
07:42à la lueur de vidéos qui sont irriguées sur Internet.
07:46Moi je pense que pour avoir un pronostic sérieux de ce qui pourrait être une alternative politique,
07:53il faudrait envisager une transition démocratique
07:56qui représenterait toutes les sensibilités à l'œuvre dans le pays.
07:59Et ce n'est pas les prisonniers politiques qui manquent dans ce pays.
08:02On a des prisons politiques dans lesquelles il y a des milliers et des milliers de militants d'opposition.
08:06Il y a une portion très maigre de royalistes,
08:09mais les 75 autres pourcents, ce n'est pas des royalistes.
08:12On va y revenir. Adèle Bakawan, cette partie d'opposition kurde iranien basée en Irak,
08:17on appelait à une grève générale des Kurdes en Iran.
08:20Elle était d'ailleurs kurde.
08:23Oui.
08:24Gina.
08:25Marsa Amini, pardon.
08:26Gina Am.
08:27En fait, ces Kurdes, que recherchent-ils ?
08:31Est-ce qu'ils forment une communauté en Iran ?
08:34Pourquoi est-ce qu'il y a tout d'un coup un appel des Kurdes ensemble ?
08:37Écoutez, j'ai passé une bonne partie de ma journée à parler avec les Kurdes à la fois de l'intérieur d'Iran
08:44et les Kurdes iraniens installés à Erbil, les partis d'opposition.
08:51Suite ou grâce à ces échanges multiples avec eux,
08:56il y a un indicateur très important qui sort de tout ça,
08:59c'est qu'ils veulent s'inscrire dans un récit national.
09:02Ils ne veulent pas jouer au sol pour parler d'une, par exemple,
09:07comme ils l'ont revendiqué dans les années 40, 50, voire même 90,
09:13autonomie pour nous, ce qui se passe dans le reste de l'Iran, on s'en fiche.
09:16Non.
09:17Aujourd'hui, ils sont dans un récit, comme vous l'avez dit, démocratique.
09:20Ils veulent vraiment s'inscrire dans ce récit-là
09:22et c'est pourquoi ils veulent coordonner leur action dans cette dimension nationale.
09:29Alors, à la fois à l'intérieur et à l'extérieur.
09:31Mais par contre, si vous me permettez, pour rebondir par rapport au roi,
09:35on a eu exactement le même débat en Irak, à la chute du régime de Saddam Hussein.
09:41On se disait, est-ce que les Irakiens sont plutôt pour le retour de la monarchie,
09:47le représentant de la monarchie qui est installé en Jordanie ou pas ?
09:51Finalement, on a fait un référendum.
09:5399% des Irakiens ont rejeté catégoriquement le retour de la monarchie.
09:59Je pense qu'il est peu probable que les Iraniens,
10:02après cette sortie de la monarchie,
10:06cette vie avec la République,
10:08bien évidemment la République islamique,
10:11malgré toute la dictature, le totalitarisme, la répression, etc.,
10:16il est peu probable que les Iraniens reviennent à la monarchie.
10:20Le guide suprême, Mahir Khamenei, a pris la parole samedi
10:23pour appeler justement à ce que les émeutiers, je le cite,
10:26soient remis en place.
10:27On va l'écouter.
10:27« Manifesté est légitime, mais les émeutes sont différentes.
10:38Nous dialoguons avec les manifestants.
10:40Les autorités devraient dialoguer avec eux.
10:45Mais il est inutile de dialoguer avec les émeutiers.
10:49Ces derniers doivent être remis à leur place. »
10:53Richard Verley, réponse très ferme, je vais vous faire réagir sur cette réponse de Khali Khamenei.
10:57Mais vous qui connaissez bien les États-Unis,
10:59est-ce qu'aujourd'hui il est plus sous pression parce que Trump est au pouvoir,
11:03parce que Trump est intervenu au Venezuela,
11:05parce qu'il y a eu un affaiblissement aussi de l'Iran
11:08après les frappes à la fois américaines et israéliennes en juin dernier ?
11:12Bien sûr, parce que Trump est en ce moment saisi par une sorte de fièvre de l'hubris.
11:17On le voit bien.
11:18Ça a marché en Iran, les frappes en question.
11:21On n'en connaît pas tout à fait les contours des destructions du programme atomique,
11:25mais de facto, ça a quand même eu un impact majeur.
11:28Et surtout, ça s'est déroulé selon les plans américains sans accroc.
11:32Ensuite, il y a le Venezuela, capture de Maduro à Caracas,
11:36à nouveau sans accroc.
11:38Ça se passe parfaitement conformément au plan.
11:41Donc Donald Trump peut très bien être tenté par ce nouveau type d'aventure militaire,
11:46c'est-à-dire la police, ce qui à ses yeux relève de la police mondiale.
11:50Je rappelle qu'il a aussi frappé au Nigeria.
11:52Il y a eu des frappes pour défendre les chrétiens.
11:55Donc imaginez que demain, il fasse de nouvelles frappes ciblées.
12:00J'ai bien dit ciblées, parce que c'est comme ça qu'il procède.
12:02Contre l'Iran, pour éventuellement éliminer l'un ou l'autre des dirigeants,
12:07ou pour vraiment semer un climat de peur au sein du régime,
12:10ça ne me paraît pas du tout impossible.
12:11J'ajoute, mais là on a des experts sur le plateau,
12:14que le régime iranien, et quand même, on l'a compris,
12:17depuis la guerre, les frappes israéliennes pour tuer le dirigeant du Hamas,
12:22c'est un régime vérolé de l'intérieur.
12:24C'est un régime qui est infiltré.
12:26Infiltré par le renseignement israélien,
12:28probablement infiltré par le renseignement américain.
12:31Donc il y a, oui, des raisons d'avoir peur pour les dignitaires du régime iranien.
12:34Mariam, vous pensez qu'il est particulièrement sous pression,
12:38Khamenei, aujourd'hui ?
12:41Oui, il est sous pression.
12:43Quand on le voit là, moi ça m'appelle cette image de lui dans un bunker
12:48au moment de la guerre des 12 jours entre Israël et l'Iran,
12:51où il a mis du temps à apparaître.
12:52Il est apparu affaibli, il a quand même pratiquement 87 ans,
12:56il a un cancer, il est malade, il est sous dialyse.
13:00Lui était dans un bunker pendant que la population iranienne
13:03était à la merci de l'aviation israélienne.
13:05Bien sûr qu'il a affaibli, mais il ne faut pas oublier
13:07que c'est un régime qui est théocratico-militaire.
13:09Donc c'est le guide suprême qui dirige les rangs de facto.
13:12Mais il y a autour de lui les gardiens de la révolution,
13:14qui portent bien leur nom.
13:15C'est de protéger la révolution islamique et ses principes.
13:18Les gardiens de la révolution, aujourd'hui, on estime qu'ils détiennent
13:20au moins 60% de l'économie iranienne.
13:22Ils sont très puissants.
13:24Ils bénéficient notamment, et c'est là aussi l'un des objets
13:26de la colère des manifestants,
13:28ils bénéficient d'un taux de change préférentiel, ces gens-là.
13:30Donc c'est-à-dire que pour eux, par exemple,
13:32ils vont échanger un dollar contre 28 000 riales,
13:37ce qui est six fois moins qu'un Iranien lambda
13:40qui voudrait changer sa monnaie, qui ne vaut actuellement plus rien.
13:44Et donc, quand ce régime est affaibli,
13:46ce régime théocratico-militaire,
13:47quant à ce régime, comme ça est affaibli,
13:49eh bien, ils ont peur, effectivement,
13:52et leur réponse est tout le temps la répression.
13:54Aujourd'hui, en Iran, Internet est très lent.
13:58Ils ont coupé Internet, d'après les dernières informations.
14:01Les réactions de l'autorité judiciaire,
14:04qui dépendent directement d'Ali Khamenei, le guide suprême,
14:07ce sont des mots extrêmement durs contre les manifestants,
14:09promettant vraiment d'être fermes,
14:12contre ce qu'ils appellent des émeutiers.
14:13J'ai même entendu à la télévision iranienne,
14:15des journalistes parlaient d'ordures, d'émeutiers,
14:18des manifestants.
14:19Voilà, c'est comme ça que le régime le présente dans son narratif.
14:24Ça montre toute la fébrilité de ce système
14:26qui vacille, effectivement, depuis déjà de nombreuses années
14:30et qui a été très affaibli par ces deux dernières années,
14:33depuis le 7 octobre, si on remonte jusqu'à là.
14:36Chéri Nardakani, vous êtes d'accord ?
14:37Il est un peu aux abois, ce pouvoir ?
14:39Il joue sa survie en interne aussi ?
14:42Ou pas ?
14:44Évidemment qu'il est secoué à chaque fois qu'il y a des vagues
14:48de manifestations comme celle-ci.
14:51Et en même temps, moi, j'ai toujours très peur
14:53de l'analyse qui consiste à dire que ce régime-là est aux abois, etc.
14:58Il y a eu quand même une séquence après le 7 octobre,
15:02il faut avouer, qui n'est pas rassurante du point de vue
15:05de l'avocate des droits humains que je suis.
15:07Auparavant, l'Iran était très investi auprès de ses proxys,
15:10donc ses affidés à la fois du Hezbollah, du Hamas,
15:14dans la région, des outils du Yémen, etc.
15:17En Syrie aussi.
15:18Et par ailleurs, avait un axe de la résistance chiite
15:21qui faisait, dans sa zone d'influence,
15:23mais sans doute que les géopolitisistes et les experts
15:26le diront mieux que moi,
15:28ils avaient investi des milices
15:30qui étaient occupées un peu ailleurs.
15:32Le problème, c'est que cet acte de la résistance
15:34qui a été quand même anéanti, sinon en tout cas affaibli,
15:37fait qu'on a rapatrié à domicile
15:40toutes les milices que désormais on voit dans les rues
15:43et qui vont aller tabasser du manifestant.
15:46Donc j'ai envie de dire, d'une certaine façon,
15:48on a déshabillé Paul pour habiller Jacques
15:50et ça veut dire que toute cette violence-là,
15:52qui aujourd'hui est le fait de toutes ces milices-là
15:54qui ont été rapatriées, pas toutes,
15:56parce qu'il y avait aussi des milices locales,
15:57notamment en Irak, etc.
15:59Mais il y a aussi ceux qui avaient été dépêchés
16:01sur les terrains étrangers.
16:03Donc moi, je suis quand même assez...
16:04Donc répression qui serait de pire en pire,
16:06à vous entendre.
16:07C'est-à-dire qu'il y a une ONG qui parle de 50 morts,
16:10déjà, depuis le début de la manifestation.
16:11Oui, mais parce qu'en fait,
16:12il y a eu quand même un intermoiement.
16:14Là, pendant 3-4 jours, au départ,
16:16le régime ne savait pas trop comment il allait répondre
16:18sur les manifestants.
16:19C'est-à-dire qu'au départ,
16:20il n'y a pas eu de tir direct sur la foule.
16:22On va dire qu'on se tâtait un petit peu
16:24pour savoir comment est-ce qu'on allait
16:27leur régler leur compte.
16:28Mais ensuite, une fois que le guide suprême,
16:30et c'est toujours comme ça que ça se passe
16:31en République islamique,
16:32va donner le ton.
16:34Et là, il a donné le ton, il y a quelques jours.
16:36Le ton, c'était pas de merci,
16:38pas de quartier avec les émeutiers.
16:40Et l'arsenal réplessif a commencé
16:42à se déployer à ce moment-là.
16:43On a commencé à ouvrir le feu sur la foule.
16:46On a commencé à faire amener les chars
16:48dans les rues.
16:49Et là, quand on regarde dans toutes les rues,
16:51notamment des campagnes,
16:52c'est ultra militarisé.
16:55Donc, ce que je veux dire par là,
16:56c'est qu'un régime qui est fragilisé,
16:58c'est un régime qui va réprimer
17:00dans le bain de sang.
17:01Donc, ça ne veut pas nécessairement dire
17:03qu'il est faible, en tout cas, militairement.
17:06Là, ça va être la substantivité moelle
17:08de la violence aveugle du régime.
17:11Il compense sa faiblesse par plus de répression.
17:15Encore plus.
17:16Adèle Bakawan.
17:17Parce qu'il joue sa survie, c'est ça ?
17:20Attendez, lorsque j'écoute Donald Trump
17:22et certaines déclarations venant de Tel Aviv,
17:26la première question que je me pose,
17:29est-ce que c'est responsable ?
17:31Est-ce que c'est responsable
17:32de se comporter de cette façon-là ?
17:34Vous parlez de Trump, là ?
17:35Oui, Donald Trump,
17:36mais aussi des déclarations israéliennes.
17:39On va l'écouter, justement.
17:41On va l'écouter,
17:42parce que puisque vous réagissez,
17:43vous me devancez.
17:44On va l'écouter, parce qu'il a réagi aux manifestations en Iran.
17:47C'était dans son avion présidentiel face à la presse le 4 janvier.
17:53On va s'en occuper, on suit la situation de près.
17:55S'ils recommencent à tuer des gens comme ils l'ont déjà fait,
17:57je pense qu'ils vont être sévèrement punis par les États-Unis.
18:00Vous faisiez référence à cette déclaration ?
18:03Absolument.
18:03Il y a, malgré le mouvement de contestation,
18:08malgré cette colère généralisée nationale en Iran
18:11contre la République islamique d'Iran et le régime
18:14depuis 46 ans, 47 ans,
18:16il y a quand même un nationalisme iranien.
18:19Au moment où il y a une force étrangère,
18:22comme les États-Unis d'Amérique,
18:24comme Israël, n'importe,
18:25même comme l'Irak,
18:26pendant la guerre Iran-Irak,
18:27naturellement, les différentes catégories sociales
18:31se ressemblent autour de ce nationalisme iranien.
18:35Donc, si, pendant ce mouvement de contestation,
18:39les Israéliens ou les Américains
18:41engagent des frappes,
18:43jamais bien évidemment des troupes au sol,
18:45depuis l'Irak,
18:47pour moi, c'est la fin de ce mouvement,
18:49pour le moment,
18:50de ce mouvement de contestation.
18:52Et ensuite, au Moyen-Orient,
18:55il y a une grande méfiance structurelle
18:57par rapport aux États-Unis d'Amérique.
19:00On se souvient très bien,
19:02en 1991,
19:03le président des États-Unis d'Amérique
19:04a demandé aux Irakiens
19:06de descendre dans la rue
19:07contre le régime de Saddam Hussein.
19:09Au moment où les Irakiens
19:10ont « libéré »
19:1215 provinces sur 18,
19:15le président des États-Unis d'Amérique
19:17a tourné le dos au peuple irakien
19:20et a donné le feu vert
19:21à Saddam Hussein
19:22pour réprimer tout le monde.
19:23Quelle garantie les Iraniens ont aujourd'hui,
19:26si jamais ils descendent massivement
19:29par des millions dans la rue
19:30et si jamais il y aura la répression,
19:32les États-Unis d'Amérique
19:33tiendront leurs promesses.
19:35Et ensuite, je vais arrêter là,
19:39certains chercheurs ou diplomates
19:42nous parlent de la thèse
19:43de l'effondrement
19:44à l'intérieur du régime,
19:46pour soi, en soi, avec soi,
19:49mais je crois absolument
19:50que cette hypothèse
19:51n'est absolument pas valide.
19:53Et pourquoi ? Parce que le régime
19:55dispose à la fois militairement,
19:57socialement et économiquement
20:00des ressources pour ne pas s'effondre
20:02à l'intérieur.
20:03Il ne s'effondrerait pas de l'intérieur
20:05et Donald Trump, manifestement,
20:07Richard Verli, on l'a encore entendu,
20:09lui, souhaiterait peut-être intervenir.
20:11Enfin, en tout cas,
20:12est-ce que le fait
20:12qu'il soit intervenu au Venezuela
20:14rend plus probable
20:16cette hypothèse
20:18d'intervention américaine en Iran ?
20:19Il y a eu cette réunion
20:20entre Donald Trump,
20:22on va revoir les images,
20:23et Benjamin Netanyahou,
20:24c'était en décembre,
20:25où on sait qu'ils ont quand même parlé,
20:28et les Israéliens ont un plan,
20:29une opération qui valide
20:31une opération en Iran.
20:32Donc, c'est un scénario probable.
20:35Il y a au moins deux raisons
20:36géopolitiques qui peuvent pousser
20:38Donald Trump à intervenir.
20:40Et encore une fois,
20:41troupe au sol,
20:42c'est évidemment hors de question.
20:44Hors de question.
20:45On a bien vu la méthode Trump,
20:46c'est la méthode des frappes
20:48très ciblées.
20:48Dans ce cas de figure,
20:50ça pourrait être, par exemple,
20:51une frappe ciblée
20:52contre un responsable
20:53ou plusieurs responsables
20:54des services de sécurité.
20:56Et dans ce cas,
20:57ça pourrait peut-être,
20:58mais là,
20:58je parle sous le contrôle
20:59des experts,
21:00avoir un impact
21:01sur la situation
21:02sur le terrain.
21:03Après,
21:04donc la première raison,
21:05elle est claire,
21:05c'est le pétrole.
21:07Vous imaginez,
21:07alors là,
21:08c'est Grand Chlem.
21:09Il a réussi
21:09à avoir le pétrole
21:11du Venezuela,
21:12et ensuite,
21:13il neutralise
21:13en quelque sorte,
21:14à travers un changement
21:15de régime,
21:16le pétrole iranien
21:17vis-à-vis de la Chine
21:19qui est bien évidemment
21:19son objectif principal.
21:21Donc ça,
21:21c'est une raison géopolitique
21:22tout de même majeure.
21:24Et puis,
21:24la deuxième raison
21:25pour Donald Trump,
21:26c'est évidemment
21:27la sécurité d'Israël.
21:28C'est clair
21:29qu'il est maintenant
21:30dans un pacte
21:31avec Benjamin Netanyahou
21:33et que si tous les deux,
21:34parce que c'est un tandem,
21:36si tous les deux
21:36parvenaient
21:37à un changement
21:38de régime en Iran,
21:39ce serait une victoire
21:40géopolitique
21:41pour l'administration Trump
21:42majeure.
21:42Attention,
21:43je n'ai pas du tout
21:43dit qu'il allait le faire,
21:45mais je dis que
21:45dans la situation
21:46où il est,
21:47il peut être tenté
21:47de le faire.
21:49Myriam,
21:50il pourrait être tenté
21:50de le faire
21:51dans la situation actuelle.
21:52Fallah,
21:52en plus,
21:53vous parlez
21:53de changement de régime.
21:54Pour l'instant,
21:54au Venezuela,
21:55on n'est pas du tout
21:55dans ce scénario,
21:56puisque le régime
21:57est toujours en place.
21:58On est dans une situation
21:59où il espère bien
21:59que le régime
22:00qui demeure
22:01va lui obéir.
22:02C'est ça,
22:02un régime vassal
22:03en quelque sorte.
22:04Donald Trump
22:04a une attitude ambivalente
22:05vis-à-vis de la République
22:12par Barack Obama
22:13qui ramenait l'Iran
22:17sur le devant
22:18de la scène internationale
22:19qui les faisait sortir
22:19de leur rôle de paria.
22:20Il sort de l'accord,
22:21lui,
22:22il a une obsession,
22:22c'est faire lui-même
22:23son accord.
22:24Il y a eu des négociations
22:25qui étaient un point
22:26très avancé
22:27et finalement,
22:27les Américains
22:28ont décidé
22:29que ces négociations
22:31allaient s'arrêter.
22:32Donc,
22:32pas d'accord.
22:33Pareil,
22:33au moment de la guerre
22:34des 12 jours,
22:36il parle de changement
22:37de régime.
22:37La guerre des 12 jours,
22:38là où il y a eu
22:38le régime change
22:39qui l'a théorisé
22:40avec l'intervention militaire
22:41des Etats-Unis
22:41et d'Israël.
22:42Make Iran great again,
22:45c'est théorisé,
22:45voilà,
22:46de changer ce régime.
22:48Finalement,
22:49il dit qu'il ne faut pas
22:50ces autos iraniens
22:51de choisir.
22:52Finalement,
22:52il y a ces frappes
22:52sur ces sites nucléaires
22:53iraniens
22:55qui mettent fin
22:55à la guerre
22:56avec Israël.
22:57Ça met fin à la guerre.
22:58Du coup,
22:58s'ensuit une répression
22:59terrible pour la population
23:00iranienne
23:02avec la République islamique
23:03qui se venge
23:04sur la population
23:05avec des arrestations
23:06et des pendaisons
23:06de Mishirin Ardakani
23:07en parlera mieux que moi.
23:09Et là,
23:09effectivement,
23:10de nouveau,
23:11changement de régime,
23:12pas changement de régime.
23:13Au moment de la guerre
23:13des 12 jours
23:14entre Israël
23:15et l'Iran
23:15en juin,
23:16Ben Amin Netanyahou
23:17avait la possibilité
23:18d'éliminer
23:19le guide suprême
23:20Ali Khamenei.
23:21Donald Trump
23:21a refusé.
23:22Ils ont éliminé
23:23un grand nombre
23:24de gardiens
23:24dans la révolution.
23:25Beaucoup ont survécu.
23:26Notamment Ali Khamenei
23:28qui est un des plus proches
23:28conseillers
23:29de Ali Khamenei.
23:32Donc,
23:33Ben Amin Netanyahou
23:34aurait pu aller
23:34beaucoup plus loin.
23:36Et parce qu'en fait,
23:37quand on regarde,
23:38c'est difficile de l'analyser,
23:39de la psyché de Donald Trump.
23:41Est-ce qu'il ne rêve pas ?
23:43N'oublions pas
23:44qu'il a quand même
23:44rencontré Kim Jong-un
23:45à la frontière
23:46avec la Corée du Nord.
23:47assassiner Khamenei
23:48pour quoi faire ?
23:49Pourquoi pour être remplacé
23:50par exemple
23:50par un général
23:51de Pazdalan
23:53et instaurer
23:54une dictature militaire
23:56passée
23:56de la République islamique
23:57à une dictature militaire ?
24:00Est-ce que c'est la solution ?
24:02Non, bien évidemment.
24:02Et un scénario,
24:03pardonnez-moi,
24:03d'enlèvement
24:04comme ils ont fait
24:05avec Maduro
24:06parce qu'il y a eu
24:06pas mal de fake news d'ailleurs.
24:08Un enlèvement
24:09donc avec une opération
24:10spéciale
24:11d'Ali Khamenei.
24:12Et alors,
24:13vous enlevez
24:14Ali Khamenei
24:15et il sera remplacé
24:16par des dizaines
24:17d'Ali Khamenei.
24:18Il ne faut absolument pas
24:19comparer les deux régimes.
24:20Oui, mais c'est le symbole
24:21qui serait...
24:22Est-ce qu'il n'y aurait pas
24:22un symbole
24:23comme avec Maduro ?
24:24On enlève Maduro
24:25mais c'est sa clique
24:25qui reste au pouvoir.
24:27Alors, moi j'ai déjà
24:28plusieurs choses à dire.
24:31Déjà, pour revenir
24:32à ce que vous disiez
24:33sur le nationalisme iranien,
24:35pardon, je reprends un peu avant
24:36mais oui,
24:37c'est vrai qu'il y a
24:38un nationalisme iranien
24:39très fort
24:39et en même temps
24:40c'est bis répétita.
24:42L'histoire vraiment
24:43se répète là.
24:44Moi j'ai le sentiment
24:44que quand je regarde
24:46c'est des scènes
24:47qu'on a déjà vues.
24:48La question de l'or noir
24:49du pétrole iranien
24:50qui a à la fois une chance
24:51mais une malédiction
24:52pour ce pays.
24:54Je rappelle que partout
24:55en 51,
24:56donc Mossadère
24:57qui est un nationaliste,
24:59un laïc,
24:59pardon,
25:00oui, avant,
25:01quand lui il arrive
25:01c'était en 51
25:02mais quand il arrive au pouvoir
25:04il va nationaliser
25:06dans les années
25:07qui suivent le pétrole
25:08et ensuite
25:09les Etats-Unis
25:09et les Britanniques
25:10pour précisément
25:11protester
25:13parce que c'est évidemment
25:14les compagnies
25:15anglaises
25:16qui avaient des concessions
25:18qui étaient très avantageuses
25:19au détriment d'ailleurs
25:20des Iraniens
25:21et bien qui ont décidé
25:22de faire un coup d'Etat.
25:24On le sait tout ça
25:24c'est pas du tout complotiste
25:26que de le dire
25:26et donc c'est avec l'aide
25:28des services britanniques
25:29et de la CIA
25:30que le Shah
25:32qui était en exil
25:33et bien a pu revenir.
25:35Et donc cette histoire
25:36finalement
25:36des puissances étrangères
25:38qui pour des intérêts
25:39qui sont toujours les mêmes
25:40et qui n'ont pas changé
25:41et qui se servent
25:43littéralement
25:43dans les ressources
25:44du pays
25:44et bien vont
25:45au gré de leurs intérêts
25:47privilégier tel ou tel
25:48candidat.
25:48Mais là on peut dire
25:49qu'elles sont remises
25:51au goût du jour
25:51on peut dire avec Trump
25:52Chirine
25:53un décanif
25:54qui se passe au Venezuela.
25:56C'est malheureusement
25:57l'histoire qui se répète
25:58et le peuple iranien
25:59j'espère qu'il aura
26:00la clairvoyance
26:01et bien de ne pas sombrer
26:04dans la même utopie
26:06qui a été celle de 79
26:07en croyant trouver son salut
26:10auprès de sauveurs suprêmes
26:11alors là il se trouvait
26:12qu'en 79
26:13c'était un clair
26:14et bien j'espère que là
26:16ils ne mettront pas
26:17leur destin entre les mains
26:18d'un autre sauveur suprême
26:20mais cette fois
26:21qui a une couronne
26:22et qu'ils diront
26:23le peuple iranien
26:24doit décider par lui-même
26:26en Iran
26:27avec l'opposition iranienne
26:29qui n'est pas en exil
26:30et en indépendance
26:31c'est-à-dire
26:32sans qu'il y ait
26:32d'intervention
26:33On n'en est pas là
26:34Chirine Ardekani
26:35C'est-à-dire on n'en est pas là
26:36On n'en est pas
26:36un choix tel que
26:37là vous parlez
26:38d'une vraie transition
26:39Mais pourquoi on n'en est pas là ?
26:39Et bien justement
26:40si on en est là
26:41moi je crois qu'on en est
26:42justement là
26:42parce que moi je vais vous dire
26:43quelque chose
26:44j'étais pas née en 79
26:45mais par contre
26:46les gens qui ont fait
26:46la révolution de 79
26:47je les connais
26:48Et ce qu'ils me disent tous
26:49c'est
26:49tu sais on l'a pas vu venir
26:50Khamenei
26:51Donc vous dites
26:52il va chuter ce régime
26:53Non mais
26:54moi je suis sûre
26:55que ce régime va chuter
26:56Tout seul il va s'effondrer
26:56Non mais je ne sais pas
26:57quand est-ce qu'il va s'effondrer
26:58Il va peut-être s'effondrer
27:00dans une semaine
27:00comme il va s'effondrer
27:01dans un an
27:02Mais ce qui est sûr
27:03c'est que ce régime
27:04il va s'effondrer
27:05Tout seul
27:05donc pas besoin
27:06d'intervention américaine
27:07ou israélienne
27:07Il ne sortait pas
27:08Mais c'est la force du nombre
27:09qui l'emporte
27:10Quand vous avez
27:1110 millions d'Iraniens
27:13dans la rue
27:13Vous n'allez pas pouvoir
27:14tous les tuer
27:15Et bien là
27:15Justement
27:16si on arrive à ce niveau-là
27:18lorsqu'on analyse
27:19les différentes dictatures
27:20qui tombent au Moyen-Orient
27:21Regardez Ben Ali
27:23Regardez Mubarak
27:24Regardez les autres
27:25ou même en Iran
27:26Lorsque vous avez
27:2710 millions
27:28bien évidemment
27:29là le changement
27:30devient impératif
27:32Mais lorsqu'en termes
27:34quantitatifs
27:35J'ai parlé énormément
27:36avec notre chercheur
27:37basé à Téhéran
27:38aujourd'hui
27:39Il me disait
27:40mais clairement
27:40quantitativement parlant
27:42on est très très très loin
27:43Mais si jamais
27:44je lui ai demandé
27:45si jamais
27:46est-ce qu'il y a
27:46la possibilité
27:47que par exemple
27:48les grandes villes
27:49comme Téhéran
27:49et les autres villes
27:50descendent massivement
27:52Ils me disaient
27:52mais c'est quoi
27:53massivement pour vous ?
27:54Je disais
27:5410 millions
27:55Lorsque 10 millions
27:56seront dans la rue
27:57le régime va tomber
27:58bien évidemment
27:59Mais est-ce qu'on n'est pas
28:00très très loin
28:01de ce scénario ?
28:02Il y a eu 3 millions
28:03de manifestants
28:04à Téhéran en 2009
28:05contre la réaction
28:06de Mahmoud Ahmadinejad
28:07Et même avec 3 millions
28:08on n'est pas tombé ?
28:09Non
28:09Non il n'est pas tombé
28:11Il n'est pas tombé
28:11il a essayé justement
28:12en forcée
28:13J'ai beaucoup parlé
28:14je redirai après
28:15Richard Verli
28:17De Donald Trump
28:18et de ce que peuvent faire
28:19les Etats-Unis
28:19D'abord Donald Trump
28:21pardonnez-moi l'expression
28:22je crois qu'il se fiche
28:23complètement des Iraniens
28:24Bien sûr
28:25C'est pas son sujet
28:26D'ailleurs il se fiche
28:27un peu de tous les peuples
28:27Même s'il arrête pas
28:28de parler de la population
28:29iranienne
28:30et de la population venezuelienne
28:31C'est pas son sujet
28:32Son sujet c'est
28:34dans la région
28:34le pétrole
28:35et la sécurité d'Israël
28:37Après
28:38on pourrait imaginer
28:39un scénario
28:40là on est dans l'échafaud
28:42des théories
28:42S'il y avait
28:44à Téhéran
28:45une république islamique
28:46qui serait conforme
28:48aux intérêts des Etats-Unis
28:49ou qui prendrait
28:50l'engagement
28:51de ne pas mettre en péril
28:53les intérêts des Etats-Unis
28:54et donc
28:54d'ouvrir un dialogue
28:55avec Israël
28:56ça lui conviendrait
28:57sans doute très bien
28:58Absolument
28:59à Donald Trump
28:59Il ne demande
29:00un changement de régime
29:02on le voit au Venezuela
29:03que si ce régime
29:04n'obéit pas
29:05aux Etats-Unis
29:06mais si le régime
29:07alors on va voir
29:08ce que ça donne
29:09au Venezuela
29:09si ce régime
29:10finalement
29:11obéit
29:12et rentre dans les clous
29:14ça lui convient
29:15très bien
29:15Il s'est passé en 1979
29:17Roménie
29:18le sort du chat
29:20est scellé en 1978
29:21lors d'un sommet
29:22de la Guadeloupe
29:22où notamment
29:23Valéry Giscard d'Estaing
29:24et à l'époque
29:25le président américain
29:27décident de ne plus
29:28soutenir le chat
29:28de soutenir Roménie
29:29parce que Roménie
29:29leur promet
29:30qu'il y aura des contrats
29:32notamment sur le pétrole
29:33mais Roménie arrive
29:34c'est l'avènement
29:35l'instauration
29:36dans la République islamique
29:36très vite
29:37il y a la prise d'otages
29:38à l'ambassade américaine
29:39les Américains
29:41comprennent
29:41qu'ils se sont fait duper
29:42et c'est comme ça
29:44mais Roménie
29:44n'oublions pas
29:45qu'en 1979
29:46on le présentait
29:47quand même
29:47comme le Gandhi iranien
29:49comme un homme
29:50qui allait apporter la paix
29:51donc tout le monde
29:52s'est trompé à l'époque
29:53mais ce qui est intéressant
29:54quand on parle
29:54les femmes se sont pas trompées
29:57les femmes iraniennes
29:58très tôt ont dit
29:58on n'a pas confiance
29:59dans celui-là
30:00mais elles n'étaient pas écoutées
30:01vous savez aujourd'hui
30:02la moitié de la population iranienne
30:03n'a pas connu
30:04la révolution islamique
30:05aujourd'hui les enfants
30:06qui sont
30:06les jeunes qui sont
30:07dans les rues en Iran
30:08leurs parents
30:09pour certains
30:09ont fait la révolution islamique
30:11sont descendus dans la rue
30:12pour manifester
30:13contre le chat
30:14le 16 janvier 1979
30:16et depuis
30:17moi je remarquais ça
30:17quand je vivais en Iran
30:18il y a une très grande
30:19nostalgie
30:20et une idéalisation
30:21de cette période
30:22de la monarchie
30:23pas la vie
30:24mais ce qui est intéressant
30:25c'est de voir
30:26ces jeunes
30:27dont les parents
30:28ont pour la plupart
30:29fait la révolution islamique
30:30parce qu'il ne faut pas oublier
30:30que durant le règne du chat
30:32c'était aussi une dictature
30:33il n'y avait pas
30:33de liberté politique
30:34il y avait une police politique
30:37qui s'appelait la SAVAC
30:37qui faisait peur
30:39à tout le monde
30:40reprendre les mêmes slogans
30:41que leurs parents
30:42il y a 47 ans
30:43c'est ça qui est intéressant
30:43c'est de voir
30:44ce miroir
30:45effectivement
30:45on a l'impression
30:46moi quand je parle
30:47avec des personnes
30:48qui ont connu
30:48cette période de 1979
30:50qui ont été dans la rue
30:50ou qui ne l'ont pas été
30:51d'ailleurs
30:52mais ils me disent
30:52moi je sens
30:53cette même atmosphère
30:54qu'il y avait
30:55en 1979
30:56lorsque le chat est tombé
30:57mais est-ce que le pouvoir
30:58est verrouillé en fait
30:59c'est ça
30:59vous dites non
30:59si vous me permettez
31:01est-ce qu'il y aurait
31:01des passes d'avant
31:02qui accepteraient un deal
31:03avec les américains
31:04ça serait possible
31:05c'est tout à fait possible
31:06mais juste rapidement
31:07en fait
31:08vous avez absolument raison
31:10que Donald Trump
31:11s'en fiche royalement
31:12de la démocratie
31:13de la sorte du peuple iranien
31:15de la liberté etc
31:16et ce peuple
31:18ce grand peuple iranien
31:20bien éduqué
31:21conscient de ce qui se passe
31:24dans son Moyen-Orient
31:25voit très bien
31:26que Donald Trump
31:27est l'ami
31:27avec toutes les dictatures
31:30de la région
31:30n'est-ce pas
31:31et ça pose aucun problème
31:32c'est pourquoi
31:33selon tous les indicateurs
31:34qu'on analyse
31:35parce qu'on a un observatoire
31:36dans notre institut
31:37qui s'appelle
31:37l'Observatoire d'Iran
31:38tous les indicateurs
31:39qu'on analyse
31:40c'est qu'une grande partie
31:42de ce peuple
31:43ne fait absolument pas confiance
31:45au discours de Donald Trump
31:47sur la démocratie
31:48et sur la liberté
31:49et ils ne comptent
31:49que sur eux-mêmes
31:50mais en revanche
31:51effectivement
31:52un pouvoir
31:52ami
31:53entre guillemets
31:54c'est-à-dire
31:54parce que
31:56vous dites
31:56si Khamenei
31:58était enlevé
31:59ou si
32:00il mourait
32:00de toute façon
32:00son fils
32:01est prévu
32:01donc tout le système
32:02est encore verrouillé
32:03c'est ça que ça veut dire
32:04est-ce qu'il pourrait y avoir
32:05au contraire
32:06un certain nombre
32:07de cercles du pouvoir
32:09qui accepteraient
32:10un autre type de système
32:11alors pas une démocratie
32:12mais peut-être
32:13de renoncer
32:13à l'aspect peut-être
32:14révolutionnaire
32:15de la république islamique
32:16côté peut-être
32:17plus conservateur
32:18enfin voilà
32:19Khamenei
32:20juste
32:21il n'avait pas vocation
32:22à rester
32:22ils ont mis
32:23beaucoup d'heures
32:24pour délibérer
32:24pour le choisir
32:25à la mort
32:25de Khamenei
32:27en 1989
32:29donc 10 ans après
32:29le début de la république islamique
32:31ça fait 37 ans
32:32qu'il est au pouvoir
32:32et effectivement
32:33quand vous voyez
32:34le système
32:35c'est intéressant
32:36mais ça mériterait presque
32:37une émission
32:38de parler du Velaya Tefari
32:39le système de république islamique
32:40tel qu'il a été pensé
32:41c'est-à-dire qu'il y a
32:42ce guide suprême
32:43qui est l'équivalent
32:44de Dieu sur terre
32:45du représentant
32:45de Dieu sur terre
32:46comme les rois d'ailleurs
32:47comme les rois
32:48mais d'ailleurs
32:49on avait dit
32:50à Téhéran à l'époque
32:51on avait un roi
32:52maintenant il y en a
32:53mille qui ont des palais
32:54voilà c'était
32:54c'est une image
32:55que les Iraniens
32:56donc c'est un scénario
32:57qui vous semble
32:58quasi un peu
32:59il ne faut pas améliorer
33:00le rôle des gardiens
33:00de la révolution
33:01s'ils voient
33:02que leur pouvoir
33:02est menacé
33:03que leur économie
33:04que leur gain
33:05est menacé
33:05ils peuvent tout à fait
33:07c'est une des possibilités
33:08qu'on évoque à chaque fois
33:09un coup d'état militaire
33:10des gardiens de la révolution
33:11Chirin Ardakani
33:12non mais moi
33:13ce que j'aimerais dire
33:13c'est que
33:14pourquoi ils ne l'ont pas
33:14déjà fait en fait
33:15c'est ça la question
33:16qu'on se pose
33:16la république islamique d'Iran
33:17c'est une dictature
33:19cléricalo-militaire
33:21ça veut dire que
33:22vous avez là
33:23deux méga-structures
33:24qui sont les plus organisées
33:27et qui donnent en fait
33:28une bureaucratie totalitaire
33:30donc c'est-à-dire
33:30que l'espèce de fantasme
33:32qui consiste à dire
33:33vous allez juste
33:34enlever la tête
33:35et après
33:35la structure
33:36va s'effondrer
33:37c'est pas vrai
33:38en plus
33:39c'est pas n'importe quel islam
33:40c'est les chiites
33:41ils sont ultra organisés
33:43donc en fait
33:44finalement
33:45vous prenez
33:46blanc bonnet
33:47bonnet blanc
33:47à la limite
33:48j'ai même envie de dire
33:49c'est la même chose
33:50donc vous avez
33:51ces deux méta-structures
33:52donc le coup d'état militaire
33:54et tu as raison
33:55Mariam
33:56quand tu dis
33:56que les gardiens
33:57de la révolution
33:58c'est pas juste
33:59leur survie à eux
34:00ils ont des biens
34:01ils ont des familles
34:03et donc
34:03vous touchez au pactole
34:04donc ils vont quand même
34:05pas se laisser faire comme ça
34:06et ils vont évidemment
34:07protéger leurs intérêts
34:09donc
34:09ils étaient favorables
34:10à l'ouverture de l'Iran
34:11d'ailleurs en 2015
34:12non pas du tout
34:13ils étaient opposés
34:14c'était leur manne financière
34:17qui
34:17voilà
34:18Mariam connaît mieux le sujet
34:20mais
34:20donc ce qui veut dire
34:21que la tentative d'ouverture
34:23finalement
34:23il n'y a pas
34:25les sanctions les arrangent
34:26les gars dans l'avion
34:27il n'y a pas
34:27il n'y a aucune chance
34:28d'ouverture
34:29dans ce système là
34:30la
34:31la
34:31la
34:32la
34:32la
34:32la
34:32la
34:33la
34:33la
34:34la
34:34la
34:34la
34:35la
34:35la
34:35la
34:35la
34:35la
34:35la
34:35la
34:36la
34:36la
34:36la
34:36la
34:36la
34:37la
34:37la
34:38la
34:38la
34:38la
34:39la
34:39c'est le
34:40blocage
34:40on est vraiment dans un blocage
34:42total
34:42parce que la réforme n'est pas possible
34:44de l'intérieur
34:45le changement du régime
34:47là aujourd'hui
34:48n'est pas disponible
34:49une intervention massive
34:51à l'irakienne en 2003
34:52totalement exclue
34:54c'est pourquoi je
34:55je
34:55je
34:56je ne suis pas très très
34:57optimiste par rapport à
34:59à ce mouvement
35:00Richard Verlick
35:01tout de même
35:01ça reste dans le discours de Trump
35:03il l'a encore redit
35:04on
35:05ça reste aussi dans le discours de Netanyahou
35:07bien sûr
35:07puisqu'il y a cette
35:08une opération contre l'Iran
35:10appelée Iron Strike
35:11qui serait un plan d'attaque
35:12qui a été discuté avec Trump
35:13le 29 décembre
35:14en Floride
35:15donc
35:16tout ça reste
35:17voilà
35:18envisageable
35:19il y a
35:20outre les intérêts géopolitiques
35:21qu'on a évoqués
35:22il y a une autre réalité
35:23qui est très importante
35:25aux yeux de Trump
35:25et vous connaissez bien
35:26les Etats-Unis
35:27Stéphanie
35:27c'est qu'il y a deux régimes
35:28qui depuis des décennies
35:30traitaient les Etats-Unis
35:32de diable et de Satan
35:33sur terre
35:33c'était Chavez
35:35au Venezuela
35:35qui avait même dit
35:36à la tribune des Nations Unies
35:37je succède au diable
35:39parce que la veille
35:40George W. Bush
35:41était devant la tribune
35:42des Nations Unies
35:43et le régime iranien
35:44qui régulièrement
35:45désigne les Etats-Unis
35:46comme le grand Satan
35:47donc avoir
35:48quand on a le tempérament
35:50de Donald Trump
35:51la tentation
35:52de mater
35:53ou de décapiter
35:54celui qui passe
35:56son temps
35:56à insulter
35:57les Etats-Unis
35:58depuis des décennies
35:59je pense que quand même
36:00quelque part
36:01c'est important pour lui
36:02parce qu'il se construit
36:04une stature
36:04Donald Trump
36:05il n'y a pas
36:06que le prix Nobel
36:06de la paix
36:07il y a aussi
36:08le 250ème anniversaire
36:09de la déclaration
36:10d'indépendance
36:11en juillet
36:11et donc tout ça
36:12contribue au narratif
36:14au récit
36:14du grand président
36:16qu'il veut être
36:17dans l'histoire
36:17le seul problème
36:18c'est que le régime
36:20iranien
36:21le régime de la république
36:21islamique
36:22n'est pas le régime
36:22bassiste au Irak
36:23au Irak
36:24vous enlevez
36:24Saddam Hussein
36:25il n'y a rien
36:25tout
36:26tout
36:26mais là
36:27au Iran
36:28vous enlevez
36:28Ali Khamneyi
36:29il y aura
36:29250 Ali Khamneyi
36:30à sa place
36:31c'est pourquoi
36:32assassiner
36:33ou enlever
36:34Ali Khamneyi
36:35pourquoi pas
36:35mais ça change
36:36absolument rien
36:37mais alors comment
36:38puisque vous avez l'air
36:39d'y croire
36:39tout de même
36:40Chirine Ardakani
36:40à la chute
36:41à la fois de ce régime
36:42et un changement
36:43comment
36:43comment une démocratie
36:46éventuellement
36:47est-ce que
36:47Narges
36:47la prix Nobel
36:50de la paix
36:51qui est emprisonnée
36:51est-ce que
36:52ce serait-elle
36:54c'est possible
36:54ou pas
36:55déjà moi je crois
36:56que là
36:57il y a quand même
36:57une chose sur laquelle
36:58il faut aussi
36:59quand même recentrer
37:00c'est qu'à l'heure
37:01où on se parle
37:01là il y a
37:02des manifestants
37:03dans la rue
37:03qui sont en huit clos
37:05total
37:05parce que l'Iran
37:06enfin le régime iranien
37:07a coupé complètement
37:08les communications
37:09moi j'ai eu
37:10grande difficulté
37:10ce matin
37:11et encore cet après-midi
37:12à communiquer
37:13avec mes proches
37:14qui sont en Iran
37:14parce qu'en fait
37:15internet a été coupé
37:16et on sait que
37:17quand internet est coupé
37:18c'est que précisément
37:19les basidji
37:20et les forces de sécurité
37:21se préparent
37:22à réprimer massivement
37:24dans le bain de sang
37:25je sais que ce soir
37:26il était prévu
37:26que beaucoup de gens
37:27aillent manifester
37:28parce que
37:29c'est ce que vous disiez
37:30tout à l'heure
37:30il y a une grande ville
37:31qui était un peu absente
37:32de ces mobilisations-là
37:33c'était Téhéran
37:34or moi des échos
37:35que j'ai précisément
37:36aujourd'hui et demain
37:38il était question
37:39que massivement
37:40les Téhéranais
37:40parce que demain
37:41on est vendredi
37:42donc c'est un jour férié
37:44aillent dans les rues
37:45donc je crois que là
37:46quand même
37:46les 48 prochaines heures
37:47vont un peu être déterminantes
37:48et on sait que ce huis clos
37:50c'est le moment
37:50où il va y avoir
37:51le plus de violence
37:52donc déjà moi j'appelle
37:53toutes les personnes
37:54qui nous regardent
37:55à se recentrer
37:56sur la question
37:57de ce qui va se passer
37:58pour les gens
37:58qui vont risquer leur vie
38:00dans les rues
38:00et là je vois
38:01sur votre antenne
38:02qu'il y a quelques minutes
38:03Berlin s'est exprimé
38:06en condamnant
38:07les répressions
38:09des manifestants
38:09et moi je pense que
38:10déjà le pouvoir politique
38:11de l'Union Européenne
38:13peut commencer
38:14donc vous attendez
38:14une réaction de l'Union Européenne
38:15le silence là quand même
38:16il commence à se faire
38:17un peu lourd
38:17alors je comprends bien
38:19qu'il y avait autre chose
38:20et notamment
38:20de condamner
38:21l'impérialisme vénézuélien
38:23même si ça arrivait
38:23un petit peu tard
38:24quand même
38:24pour l'expression
38:26mais toujours est-il
38:27que là je crois
38:28que l'expression
38:28de l'Union Européenne
38:29et de tous les grands démocrates
38:30c'est de veiller
38:32à ce que la population iranienne
38:33ne se fasse pas massacrer
38:34dans les 48 prochaines heures
38:36d'une part
38:36et ensuite
38:37je termine
38:38parce que j'ai beaucoup parlé
38:38je crois qu'il y a
38:39trois choses
38:40pour qu'un mouvement
38:41révolutionnaire arrive
38:42le premier
38:43c'est que les gens
38:44ils doivent descendre
38:44massivement dans la rue
38:45donc là ça n'est pas encore
38:46assez massif
38:47voilà
38:47la deuxième chose
38:48c'est qu'il faut que
38:49les démocrates
38:51y compris en Europe
38:52prennent le parti
38:53des Iraniens
38:54et disent
38:55aujourd'hui
38:55il y a la rue
38:56et il y a le régime
38:58ça pour le moment
38:58ça n'a pas été fait
38:59Emmanuel Macron
39:01l'Union Européenne
39:02vous voulez dire
39:02une déclaration
39:03ça suffirait ?
39:04oui aujourd'hui
39:05Emmanuel Macron
39:05déclaration
39:06ça aurait de la force
39:07malheureusement
39:07ce que font
39:08les tyrans
39:08c'est-à-dire ce que font
39:09Netanyahou
39:10et Donald Trump
39:12qui disent
39:13aujourd'hui
39:13il y a le peuple iranien
39:14et il y a le régime
39:16et le peuple iranien
39:17n'est pas le régime
39:18voilà
39:18ça ça n'a pas été fait
39:19par l'Union Européenne
39:20l'Union Européenne
39:21n'a pas dit
39:22Khamenei
39:23n'est plus légitime
39:24à gouverner
39:24voilà
39:24donc déjà ça
39:25ça pourrait aider
39:26une transition démocratique
39:27et enfin
39:28dernier point
39:28il faut libérer
39:30les prisonniers politiques
39:31c'est-à-dire qu'à un moment donné
39:33si l'expression
39:34y compris des gouvernements
39:35démocratiques ici
39:36ce n'est pas de dire
39:37il faut mettre dehors
39:39les nargaises mohamadis
39:40les prisonniers d'opinion
39:42et bien il n'y aura pas
39:43d'alternative politique possible
39:44parce que ces gens-là
39:45concrètement
39:45ils ne sont pas libres
39:46mais pourquoi le feraient-ils
39:47aujourd'hui
39:48alors qu'ils répriment
39:48de plus en plus ?
39:50c'est-à-dire
39:50ils ne vont pas libérer
39:51les prisonniers politiques
39:52non mais il faut que
39:52la pression politique internationale
39:54ce soit
39:55de faire en sorte
39:56que les forces vives
39:57qu'il y a dans ce pays
39:58puissent s'organiser
39:59c'est comme ça
40:00qu'on arrive à faire en sorte
40:01que le mouvement révolutionnaire
40:03il aboutisse en fait
40:04les sanctions finalement
40:05n'ont pas du tout eu
40:06ce résultat
40:08non sur la population
40:09mais c'est une aubaine
40:11pour les révolutions
40:12qui s'enrichissent
40:13grâce aux sanctions
40:14mais en fait
40:15il faut arrêter de dire
40:16que la situation économique
40:17de l'Iran
40:17est liée aux sanctions
40:18elle l'a aggravée
40:19mais à la base
40:20c'est quand même
40:20une mauvaise
40:21une mauvaise gouvernance
40:22et une corruption
40:23qui est endémique en Iran
40:24qui fait qu'on est arrivé
40:25à cette situation économique
40:27dramatique
40:27pour les Iraniens
40:28il ne faut pas oublier
40:29que l'Iran est un pays
40:29très très riche
40:30troisième réserve
40:31de pétrole au monde
40:32deuxième réserve de gaz
40:33des matières premières
40:34à foison
40:35donc les Iraniens
40:36le comprennent
40:37et d'ailleurs
40:37un des slogans phares
40:39de ces douze derniers jours
40:40c'est
40:40ni Gaza ni Liban
40:41je sacrifierai ma vie
40:42pour l'Iran
40:43c'est-à-dire
40:43arrêtez d'enlever de l'argent
40:44au proxy
40:45pour protéger la république islamique
40:46occupez-vous plutôt
40:47de la population
40:48et ça c'est un slogan
40:49qui est très fort
40:49et qui revient
40:50très régulièrement
40:51à chaque fois
40:51qu'il y a un mouvement
40:52de contestation
40:52on va suivre tous ces slogans
40:54et ces manifestations
40:55qui ont lieu en Iran
40:56merci beaucoup
40:57d'avoir été avec nous
40:59Shirin Ardakani
41:00merci Mariam
41:01Mariam Tirzadeh
41:02Adèle Bakawan
41:02merci Richard Verly
41:04merci à vous tous
41:05de nous avoir suivis
41:06vous retrouvez
41:06ce débat
41:07sur les réseaux sociaux
41:08et sur Youtube
41:09restez avec nous
41:10merci à vous
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