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Les invités de #HDPros2 débattent des grands thèmes de l'actualité. Présenté par Pascal Praud du lundi au jeudi et Julien Pasquet le vendredi.
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00:00Bonsoir à tous et bienvenue à L'Hour des Pros, le pays fondateur de la construction européenne,
00:04émis ce soir en minorité sur un sujet qu'il tient pour majeur, constat de faillite bien sûr.
00:09Emmanuel Macron ne signera pas l'accord sur le Mercosur, c'est l'information du soir.
00:14On va en parler avec Véronique Jacquet, Gilles-William Gonadal, Geoffroy Lejeune, Joseph Massescaron, Johan Ouzahim
00:20et on part tout de suite en direct de la Place de l'Étoile avec José Pérez.
00:25Bonsoir Monsieur, vous êtes président de la coordination rurale du Lot-et-Garonne.
00:30Vous êtes une figure emblématique des bonnets jaunes, le surnom des membres de la coordination rurale du Sud-Ouest.
00:36Vous avez appris ce soir qu'Emmanuel Macron ne signerait pas cet accord qui entrera quand même en vigueur.
00:42Qu'est-ce que ça change pour vous ?
00:45Vous avez entendu ma question ?
00:53Je sais qu'il y a sans doute beaucoup de bruit autour de vous et notamment ces tracteurs.
00:57Est-ce que José Pérez m'entend ? José Pérez de la coordination rurale ?
01:03José Pérez manifestement ne m'entend pas. José Pérez va toucher son oreillette.
01:10Vous m'entendez José Pérez ? Est-ce que vous m'entendez ?
01:14Vous ne m'entendez pas. On va essayer de rétablir la liaison dans une seconde.
01:17Johan Ouzahim, c'est quand même l'information du soir.
01:19Il y a une forme d'hypocrisie pour Emmanuel Macron parce que ce traité correspond tout à fait à sa philosophie libre-échangiste et il ne le signe pas.
01:31Donc j'ai envie de dire qu'il gagne presque sur les deux tableaux ou en tout cas il peut apparaître comme gagnant sur les deux tableaux.
01:36Vous avez prononcé le mot. Il y en a marre de cette hypocrisie en fait.
01:39Il y en a marre de ces manœuvres écœurantes dont est coutumier le Président de la République et qui vient faire croire aux agriculteurs
01:45que la France a encore les moyens de faire capoter ce traité, ce qui n'est pas vrai.
01:50Si Emmanuel Macron ce soir dit que la France ne signera pas le Mercosur, c'est parce que ça ne change rien.
01:55Emmanuel Macron, il est favorable à ce traité-là.
01:57Ça fait neuf ans qu'il est à l'Elysée. Ça fait neuf ans qu'il négocie ce traité-là.
02:01Et là, depuis quelques semaines, soudainement, il vient de nous expliquer que c'est un traité d'un autre temps
02:06qui aujourd'hui viendrait mettre en péril la filière agricole.
02:09Je vous interromps parce que José Pérez, pour tout vous dire, la peur que nous avons,
02:13c'est que José Pérez ne puisse pas continuer l'interview et que les forces de l'ordre lui demandent de partir de la place de l'étoile.
02:21Monsieur Pérez, bonsoir.
02:23Oui, bonsoir.
02:24Et merci d'être avec nous. Je disais que vous êtes une figure emblématique des bonnets jaunes
02:30qui est le surnom des membres de la coordination rurale du Sud-Ouest.
02:34Vous êtes mobilisé depuis ce matin. Vous souhaitez d'ailleurs, paraît-il, dormir sur place sur les Champs-Elysées.
02:39On a appris donc ce soir qu'Emmanuel Macron ne signerait pas le Mercosur, l'accord du Mercosur.
02:44Et je voulais savoir ce que ça changeait pour vous.
02:48Qu'est-ce que ça change ? C'est important, déjà au moins qu'ils le disent.
02:52Après, est-ce qu'ils seraient en capacité de ne pas le faire ? Ça, c'est encore un autre débat.
02:57C'est des décisions européennes et c'est un vote.
03:01Donc, si même qu'ils disent non, et c'est normal qu'ils disent non, c'est pas sûr que le Mercosur ne passe pas quand même.
03:09De toute façon, a priori, il est en vigueur et la signature de la France ne change rien.
03:15Alors, on a entendu depuis de nombreuses journées vos doléances, mais qu'est-ce que vous pouvez faire maintenant ?
03:21Qu'est-ce qu'on peut faire maintenant ? Aujourd'hui, quelque chose qui serait simple, c'est que le gouvernement signe un moratoire sur la suppression des normes franco-françaises qui tirent l'agriculture vers le bas.
03:36Il y a des réglementations européennes et déjà, celles-là sont bien assez strictes et si on supprimait les réglementations franco-françaises, ça permettrait de produire et donc de s'assurer un revenu un peu meilleur.
03:53Aujourd'hui, les normes et les charges qu'on a en France sont énormissimes.
03:58Alors, les charges, elles sont effectivement pour toutes les entreprises, mais les normes, elles vous concernent, vous particulièrement ?
04:04C'est vrai qu'on a le sentiment de souvent poser les mêmes questions et d'avoir les mêmes réponses et que rien ne change et que le Mercosur, au fond, n'est qu'un prétexte à votre colère, en tout cas à votre présence à Paris.
04:15Parce que ces normes qui, chaque jour, cette surnorme ou les surnormes, si j'ose m'exprimer ainsi, qui existent en France, le paradoxe, c'est que la France va au-delà des normes européennes.
04:29Pourquoi ? C'est parce qu'il y a un lobby écologiste en France qui pousse à appliquer des normes que même l'Europe ne souhaite pas appliquer ?
04:38Ah oui, tout à fait. Aujourd'hui, c'est un lobby bobo écolo qui pousse à ça. Je ne comprends pas en France pourquoi cet acharnement.
04:51Après, par contre, quand il manque de production française, on n'a aucun scrupule à aller chercher de la marchandise dans des pays européens ou même maintenant avec le Mercosur extra-européen,
05:02qui ne correspondent pas du tout aux réglementations françaises. Et là, ça ne gêne plus personne. Malheureusement.
05:09Vous avez le sentiment également d'être traité différemment avec des agriculteurs à qui on permet parfois d'utiliser certains produits, alors que vous, on vous empêche d'utiliser ces produits.
05:19C'est vrai en Europe, mais c'est vrai également avec des pays du Mercosur où la réglementation est plus floue et en tout cas les contrôles impossibles, si j'ai bien compris.
05:28Oui, oui, c'est tout à fait ça. Nous, on nous empêche d'utiliser des produits phytopharmaceutiques pour gérer des insectes, pour pallier des insectes, alors que dans d'autres pays, ils ne se gênent pas.
05:44Donc nous, ça nous fait des pertes de production et donc des revenus, des pertes de revenus.
05:51Donc tout ça accumulé aux charges qui explosent. Et bien voilà où se retrouve aujourd'hui l'agriculture française en grande difficulté.
06:01Vous voyez, les agriculteurs sont venus de toute la France manifester à Paris.
06:05Ils sont venus porter la détresse au plus près des hautes sphères. Et finalement, on se rend compte que rien ne change, rien n'évolue.
06:16José Pérez, vous êtes place de l'étoile. C'est évidemment pas la place sur laquelle vous êtes habituellement, mais vous avez reçu beaucoup de témoignages aujourd'hui.
06:23Il y a beaucoup d'empathie du public, il y a beaucoup d'empathie de gens qui sont en train de nous écouter parce que vous incarnez la tradition française,
06:30l'excellence française, l'histoire française, la culture française et que les gens ne veulent pas que cette agriculture meure.
06:38Précisément, il y avait une pancarte cet après-midi. Est-ce que vous voulez faire mourir vos agriculteurs ?
06:42Est-ce que ce soutien-là du public et peut-être des gens que vous avez rencontrés aujourd'hui vous fait chaud au cœur ?
06:51Bien évidemment que le public, bien évidemment que tout ça, ça nous fait très chaud au cœur.
06:56On nous a apporté des choses. Ça fait des mois et des mois qu'on manifeste.
07:00On a eu un soutien parfait de toute la population.
07:05Sur les barrages qu'il y a encore actuellement, le public vient tous les soirs pour t'en manger.
07:11Pour les agriculteurs, c'est très très important.
07:14Nous sans la population, on ne peut pas vivre et la population sans nous, c'est pareil.
07:19Aujourd'hui, il faut qu'on avance main dans la main et on remercie vraiment tout le monde, tous les gens qui nous soutiennent.
07:25C'est très très important et ça fait chaud au cœur aux agriculteurs parce qu'aujourd'hui, malheureusement, on se sent soutenus par très très peu de gens.
07:35Nos structures, c'est difficile. Les banques, je ne vous en parle même pas, il n'y a plus aucun soutien.
07:41L'administration et le gouvernement ne nous soutiennent pas du tout.
07:44Alors merci à la population qui est là et qui nous apporte au quotidien un peu de chaleur, de réconfort.
07:51Merci beaucoup à tout le monde.
07:53Si on peut vous apporter effectivement, en tout cas, vous donner la parole à ce que vous incarnez, des valeurs aussi de travail.
08:01Parce que moi, j'ai parlé avec beaucoup d'agriculteurs aujourd'hui.
08:04J'étais ce matin, cet après-midi sur l'antenne d'Europe 1 avec quelqu'un qui produit du fromage de chèvre
08:13et qui se lève deux fois, trois fois par semaine à trois heures du matin pour aller vendre ce fromage de chèvre
08:19et qui continue sa journée. C'est des journées de 60 heures, 70 heures par semaine.
08:24Qu'est-ce que vous faites ce soir, José Pérez ? Vous dormez où ce soir ?
08:28Ce soir, on voulait rester ici. On était bien sous l'arc de Triomphe, en face de la plus belle avenue du monde.
08:40Mais malheureusement, monsieur le ministre de l'Intérieur en a décidé autrement,
08:46puisqu'ils nous ont demandé de quitter les lieux, de quitter Paris et sûrement de ne jamais revenir.
08:55Aujourd'hui, je suis scandalisé de voir les moyens qui ont été mis pour nous sortir de Paris,
09:04les moyens qui ont été mis pour que surtout on n'arrive pas à Paris.
09:08Si tous ces moyens, si les moyens comme ça ont été mis pour changer l'agriculture,
09:18je vous garantis que les choses iraient mieux.
09:20Mais ça va dans un sens et pas dans l'autre, malheureusement.
09:24Ce que vous allez faire ce soir, vous repartez, vous considérez que la manifestation est terminée.
09:30Qu'est-ce que vous faites ?
09:31Malheureusement, on nous chasse de Paris.
09:34Donc, vous savez, à un moment donné, c'est les forces de l'ordre qui nous chassent.
09:39On respecte l'autorité, on respecte l'uniforme.
09:44On nous demande de partir, on le fait.
09:47Alors, ce n'est pas de quitter de cœur qu'on le fait,
09:49parce qu'on repart encore une fois sans rien, sans aucune avancée.
09:54Enfin, on pensait que Mme Genevard allait s'exprimer ce soir,
09:58ou le Premier ministre allait s'exprimer ce soir pour nous apporter quelques mesures.
10:03Mais je vois que non.
10:04Et bon, mais ce n'est pas grave.
10:06On part d'ici, de Paris.
10:09Mais chez nous, c'est chez nous qu'on est fort.
10:13On se remettra en place.
10:15Et s'il faut remonter à Paris, on montera.
10:17Maintenant, vous savez, c'est la deuxième fois qu'on monte à Paris.
10:20On est capable de se déplacer partout, à Bruxelles.
10:23Enfin, s'il faut, on bougera.
10:26Mais quelque chose est sûr, c'est qu'on ne crèvera pas sans rien dire.
10:31On ne crèvera pas en silence, parce que les agriculteurs, on est débattant.
10:37Et on se lève tous les jours.
10:39Le monde agricole, l'agriculture est un combat permanent.
10:43Sauf qu'aujourd'hui, vraiment, on arrive au bout.
10:46Les agriculteurs sont usés.
10:48Et il faut vraiment trouver des solutions rapidement
10:50pour maintenir l'agriculture française.
10:54Merci, José Pérez.
10:55Et vous ne crèverez pas.
10:56Vous ne crèverez pas parce qu'on vous aidera, d'abord.
10:59Parce que la France vous aidera.
11:00Parce que la population vous aidera.
11:03Et parce que vous incarnez les valeurs dont on a parlé tout à l'heure
11:08qui sont si importantes pour notre pays.
11:10Merci, merci beaucoup.
11:13Bon retour sur vos terres.
11:15Et à travers votre témoignage, c'est tout le monde agricole
11:19qu'on salue ce soir, son engagement, sa qualité, son excellence, son travail.
11:24Et pour avoir écouté beaucoup de personnalités qui se sont exprimées
11:29chez Christine Kelly, chez Laurence Ferrari, chez Romain Desartes ce matin
11:33et sur toutes les antennes, avec Sonia Mabrouk également,
11:36l'authenticité dont vous faites preuve, l'engagement dont vous faites preuve,
11:39la qualité de vos interventions nous ont touchés.
11:44Et comme elles ont touché, je pense, également tous les téléspectateurs de CNews.
11:48Donc merci.
11:49Merci José Pérez.
11:51Merci beaucoup.
11:51Et on comprend évidemment ce combat.
11:55Johan, vous parliez d'hypocrisie tout à l'heure.
11:58Il y a 350 000 ou 400 000 agriculteurs en France.
12:03Beaucoup qu'on interroge, pas tous, beaucoup qu'on interroge,
12:06n'arrivent même pas à avoir des revenus pour eux en fin d'année.
12:10Et malgré ça, ils continuent.
12:12Pourquoi ? Parce que leurs parents faisaient cela parfois avant.
12:14Parce que l'engagement, parce que la tradition, parce qu'ils aiment ça.
12:18Parce qu'ils aiment la nature.
12:19Parce qu'ils sont contents de faire ce qu'ils font.
12:21Parce que c'est leur métier.
12:23Et effectivement, on a envie d'aider cette population
12:26qui aujourd'hui est en grande difficulté.
12:30Et ce n'est pas nouveau, ça fait 40 ans.
12:31Moi, je trouve écœurant et inadmissible que le président de la République
12:35se moque d'eux de cette manière-là.
12:37Emmanuel Macron, il s'est réveillé il y a quelques semaines.
12:39Il découvre que le monde agricole est en train de crever.
12:41Il les a laissés crever depuis 9 ans, progressivement.
12:44Mais il ne le connaît pas.
12:45Et aujourd'hui, il se réveille parce qu'il sent qu'il y a une tension dans le pays.
12:48Il dit effectivement que la colère agricole, elle peut prendre de l'ampleur.
12:52Donc il se réveille et il dit, je suis opposé au Mercosur.
12:54C'est faux.
12:55Il est favorable à ce traité-là.
12:57Et il ne le signe pas.
12:57Alors pourquoi d'ailleurs, il ne le signe pas ?
12:59Parce qu'il a peur ?
13:00Pourquoi il ne le signe pas ?
13:01Il ne le signe pas parce qu'il a peur effectivement de la colère agricole.
13:04Il a peur éventuellement que les colères se multiplient dans le pays,
13:10que ça puisse partir du monde agricole.
13:11Mais il ne le signe pas parce qu'il sait que ça n'aura aucun impact.
13:15Si cette non-signature avait un impact, évidemment, il aurait signé ce traité.
13:20Alors on voit son tweet pendant que vous parlez.
13:22La France est favorable au commerce international,
13:23mais l'accord Mercosur est un accord d'un autre âge,
13:26négocié depuis trop longtemps sur des bases trop anciennes.
13:29Si la diversification commerciale est nécessaire,
13:32le gain économique de l'accord sera limité pour la croissance française et européenne.
13:36Et Benjamin Aume dit que ce soir un sondage est arrivé.
13:3979% des Français soutiennent les agriculteurs.
13:45Soutenez-vous la mobilisation des agriculteurs, 79%.
13:48Mais on est au cœur.
13:50Enfin, on a fait ces émissions 50 000 fois, ce sont toujours les mêmes.
13:55La sur-interprétation des normes de Bruxelles par la France,
14:01c'est invraisemblable.
14:02Mais on a parlé de M. Canfin, on a parlé du pouvoir écologiste en France,
14:06des lobbies, on a parlé de tout ça.
14:07Pourquoi d'après vous 79% ?
14:10Parce que je pense que dans l'inconscient national,
14:13dans paysans, il y a pays.
14:16Et que les agriculteurs représentent au sens littéral du terme
14:20les racines de la France qui ne veut pas mourir.
14:23Déjà.
14:24Déjà, cette adhésion entre la majorité du peuple français
14:27et les paysans français, elle vient de là, profondément.
14:32Et pour le reste, pour M. Macron,
14:34à supposer même qu'il soit sincèrement contre le Mercosur,
14:40contre ces termes du Mercosur,
14:41ça montre la déliquescence de son pouvoir.
14:45Ça veut dire simplement que la France en Europe
14:47a perdu, a perdu totalement sa force et son prestige,
14:52notamment au plan économique,
14:54et que lui, le plus grand européiste,
14:56le plus grand européiste,
14:58a moins maintenant de pouvoir en Europe
15:02que Mme la Première Ministre italienne,
15:07que l'on disait post-fasciste.
15:08Ça montre le rapport de force.
15:09Mais nous avons commencé cette émission comme cela,
15:11c'est-à-dire que le pays fondateur de la construction européenne
15:14est mis en minorité.
15:16Et aujourd'hui, c'est pour des gens de ma génération,
15:23c'est absolument invraisemblable.
15:24Invraisemblable.
15:25La Pâques, ce que ça pouvait représenter.
15:27C'est invraisemblable.
15:28C'est invraisemblable de penser qu'aujourd'hui,
15:32l'axe qui était autrefois sur la Pâques,
15:35Paris-Berlin, est mort.
15:36Aujourd'hui, vous avez un axe,
15:38Rome-Berlin, comme Gilles William l'a rappelé.
15:41Ça, ça existe aujourd'hui.
15:42Il y a un couple.
15:42Aujourd'hui, le couple, il est allemand-italien.
15:45C'est-à-dire que nous avons perdu
15:47ce qui était censé être notre force en Europe.
15:49C'est quand même...
15:50Enfin, le bilan est catastrophique.
15:53Le bilan est catastrophique.
15:54– Le bilan est catastrophique à l'image
15:56des neuf années d'Emmanuel Macron.
15:58C'est-à-dire que vous pouvez ouvrir n'importe quelle porte.
16:00– Et vous savez, ce qui me met aussi en colère,
16:03c'est que, bien sûr, le 12 janvier,
16:06ça va être signé, comme vous l'avez tous rappelé,
16:08ça n'a pas changé.
16:08Mais, quand même, il y a une autre bataille
16:11qui peut se jouer,
16:12qui est sur la ratification au Parlement européen.
16:15Parce que ça, il doit y avoir,
16:16ça doit passer devant le Parlement européen.
16:19Personne ne le dit.
16:20Est-ce que vous avez des responsables politiques
16:21dans l'exécutif qui disent,
16:23très bien, au Parlement européen,
16:24on va retrousser nos manches
16:25et on va faire en sorte,
16:26ce que font les Italiens ou les Allemands,
16:28on va faire entendre la voix de nos agriculteurs.
16:30Est-ce qu'il y en a un seul qui dit ça ?
16:31Personne.
16:32Et je vais vous dire pourquoi.
16:34Parce qu'ils ne sont pas à niveau.
16:36Le fond aussi du problème.
16:37C'est-à-dire qu'il y a bien sûr l'idéologie,
16:39mais il y a aussi le fait
16:40qu'ils ne sont pas au niveau.
16:41Parce que quand vous voyez
16:42les Italiens débarquer à Bruxelles
16:44avec leurs propositions,
16:46avec leurs lignes,
16:47leurs conduites, leurs projets,
16:48vous vous dites, mais ce n'est pas vrai.
16:49En France, qui défend la France à Bruxelles ?
16:53À part Monsieur Séjourné.
16:54On arrête la fin de la récréation.
16:56Qu'est-ce que c'est que cette blague ?
16:57Il y a aussi le fait que, de toute façon,
16:58les signaux sont au rouge pour la France
17:01sur le terrain de l'agriculture,
17:03puisque pour la première fois en 2025,
17:05la balance commerciale agricole de la France
17:07a été déficitaire,
17:09même avec les vins et les spiritueux.
17:11C'est dire où on en est.
17:13C'est-à-dire que, de toute façon,
17:14on est dans le rouge de partout.
17:16On a perdu notre souveraineté alimentaire.
17:17On était le premier exportateur.
17:18Non, mais le vrai sujet,
17:19c'est la souveraineté,
17:20qu'elle soit alimentaire,
17:21qu'elle soit agricole,
17:22qu'elle soit politique,
17:23qu'elle soit économique.
17:24C'est ça, le vrai sujet.
17:25Et le pire,
17:26c'est que ça ne va même pas être un enjeu
17:28de la campagne présidentielle de 2027.
17:31Vous verrez qu'on n'en parlera même pas,
17:32alors que c'est pourtant crucial.
17:34Pourquoi vous pensez ça ?
17:36Parce qu'on va nous sortir le pouvoir d'achat.
17:41Parce que moi,
17:41j'aimerais bien,
17:42vous voyez,
17:42moi, quand j'ai vu les images cet après-midi,
17:44je me suis dit,
17:45les Français soutiennent les agriculteurs.
17:47D'accord.
17:48Et s'il y a une convergence des luttes,
17:49par exemple,
17:50comme certains en rêvent,
17:51les marins-pêcheurs
17:52qui viennent soutenir les agriculteurs,
17:56les gueux d'Alexandre Jardin,
17:58souvenez-vous,
17:58il y avait cette question-là
18:00à la rentrée 2025,
18:01cette convergence des luttes
18:03pour lutter contre toute la technocratie française,
18:06les éoliennes,
18:07etc.
18:08Est-ce que les Français sont capables
18:09de descendre dans la rue
18:10pour descendre leurs agriculteurs ?
18:12Parce que leur apporter des croissants,
18:13des sandwiches,
18:14etc.
18:14C'est bien.
18:15Mais est-ce que la lutte,
18:16elle va plus loin que ça ?
18:17Est-ce que le Français,
18:18elle est capable de sortir de son confort ?
18:20Oui, mais ce que j'ai dit William,
18:22je trouve, est assez juste.
18:24C'est qu'il y a un symbole
18:25dans la lutte des paysans.
18:28Il y a un symbole
18:29parce que c'est une France
18:30qui est attaquée sur ses racines,
18:33sur son histoire.
18:33Bien sûr, il y a une crise existentielle.
18:35Et les paysans incarnent cela.
18:39Pourquoi ?
18:39Parce qu'on est tous fils ou petits-fils
18:41où à trois ou quatre générations,
18:43la France était rurale.
18:45Donc il y a quelque chose de symbolique
18:46à avoir précisément
18:48cette ruralité mourir
18:50au moment où précisément
18:51la France elle-même est attaquée.
18:55Donc ce parallèle,
18:56chacun voit le symbole qui existe.
18:59C'est ce que disait Gilles William.
19:00J'ai trouvé qu'il était très juste.
19:01On va marquer une pause.
19:03La vraie question,
19:04c'est être dans la soumission ou pas ?
19:06On va marquer une pause,
19:07cher Abhi.
19:09Et on revient dans une seconde.
19:14Nous sommes avec Véronique Jacquet,
19:16avec Gilles William Golnadel,
19:17avec Geoffroy Lejeune,
19:18avec Joseph Marès-Escarand,
19:19avec Yoann Ozaïe.
19:20Vous avez entendu beaucoup
19:21de témoignages aujourd'hui
19:23d'agriculteurs
19:25qui vont tous dans le même sens.
19:27Alors, je voulais vous faire peut-être
19:29écouter Anne Sicard,
19:30qui est députée
19:31du Rassemblement National,
19:32qui est venue sur la place de l'Étoile
19:34et qui a proposé
19:35le lit et le gîte et le couvert,
19:38comme on disait
19:38jadis,
19:40aux agriculteurs.
19:41Je suis venue
19:44en tant que représentante
19:45du peuple,
19:46soutenir le peuple.
19:47Le peuple paysan
19:48qui est ici,
19:49qui en fait
19:50essaie de ne pas mourir.
19:52Et voilà,
19:53je viens les soutenir,
19:54je viens soutenir
19:54leur mouvement.
19:55Oui, s'ils ne savent pas
19:55où dormir,
19:56je leur dis,
19:57pour certains,
19:57dans la mesure de posséder,
19:58on campera,
19:59mais qu'ils peuvent venir chez moi
20:00pour passer la nuit,
20:01prendre une douche
20:02et se remettre en forme
20:04pour pouvoir attaquer
20:04la journée de demain
20:05qui va être longue également.
20:06Et puis au hasard
20:07de tout ce que nous avons
20:08entendu aujourd'hui,
20:09Maxime Roquet
20:10qui est un agriculteur corse
20:12qui était ce matin
20:14en direct d'ailleurs
20:15avec nous
20:15place de l'Étoile
20:17et qui a autre chose
20:18à faire
20:18qu'à être place de l'Étoile,
20:20ce n'est pas son métier.
20:21Lui, il nous dit
20:22les conséquences,
20:22si l'accord est signé
20:24les conséquences
20:24pour lui,
20:25agriculteur.
20:27On aura des produits
20:27d'une qualité moindre
20:29par rapport aux normes françaises
20:30qui vont arriver
20:31sur le territoire national
20:32et donc on ne boxe pas
20:33dans la même catégorie,
20:34on aura plus de
20:35contraintes administratives,
20:37moins de produits
20:39phytosanitaires
20:40et donc c'est une concurrence
20:41déloyale jusqu'au bout
20:42et pour le prix,
20:43on ne pourra pas lutter.
20:44Voilà, là,
20:44il en va de la survie
20:45de nos exploitations.
20:46Moi, j'aimerais comprendre
20:47pourquoi à chaque fois
20:48au niveau européen,
20:49par exemple,
20:50les Italiens ont fait
20:50leurs négociations
20:51et finalement,
20:52ils sont revenus
20:52sur le Mercosur,
20:53finalement,
20:53ils acceptent
20:54alors que nous,
20:55en France,
20:55on est toujours
20:55le dernier du peloton
20:56et on se fait avoir
20:57comme ça.
20:58Maintenant,
20:58il faudrait que Macron
20:59prenne ses responsabilités
21:00et négocie comme il se doit
21:01pour la survie
21:02de son agriculture.
21:03Alors,
21:03la balle,
21:04il la lance
21:05dans le camp d'Emmanuel Macron,
21:07Geoffroy Lejeune,
21:08mais qui, lui,
21:09ne la récupère pas.
21:11En fait,
21:11Emmanuel Macron,
21:12il est en train d'appliquer
21:13littéralement,
21:14très exactement,
21:15tout ce qui s'est passé
21:16dans le comportement
21:16de Ponce Pilate
21:17au moment de la mort de Jésus.
21:18C'est-à-dire que Ponce Pilate,
21:19pour garder la paix civile
21:20sur la province
21:21sur laquelle il est censé régner,
21:23souhaite plutôt éviter
21:25de fâcher les gens
21:26qui veulent la mort de Jésus,
21:27mais il fait porter
21:28la responsabilité à d'autres,
21:29il se lave les mains,
21:30c'est la formule consacrée,
21:32eux, sans devoir l'assumer.
21:33C'est le pire comportement,
21:34c'est exactement ce qu'il fait.
21:35Alors,
21:36je vous interromps
21:37parce que vous voyez
21:37ces images qui sont en direct.
21:39En direct,
21:40d'abord,
21:40il faut saluer
21:40la non-violence
21:43de ces paysans
21:46que vous avez entendus
21:47tout à l'heure,
21:48à l'image de M. Pérez
21:49qui a dit
21:49nous, on respecte
21:50l'autorité.
21:50Ils ont même chanté
21:51la Marseillaise.
21:52Ça, c'est vraiment
21:53très, très important.
21:55Et là, manifestement,
21:57ils doivent quitter
21:57la place de l'étoile.
21:59Alors, Laurent Nunez
21:59a dit que cette manifestation
22:01n'était pas
22:01déposée
22:02et qu'effectivement,
22:04ils ont enfreint
22:05la loi.
22:07Et ces images
22:08que vous voyez à l'instant,
22:09ce sont effectivement
22:11ces tracteurs.
22:12Vous savez,
22:12on était tout à l'heure
22:13avec une personne
22:15qui s'appelle Nicolas,
22:16je vous en ai parlé
22:16tout à l'heure,
22:17qui est fromagé.
22:18Il n'a pas dormi
22:18depuis trois jours.
22:20Bon,
22:20il dort
22:21parfois dans son tracteur
22:23lorsqu'il est venu
22:25pour Paris,
22:26lorsqu'il est venu
22:28à la capitale.
22:29Donc, ce sont des gens,
22:31on le dit,
22:32engagés
22:32et qui ne demandent
22:34qu'une chose,
22:35c'est à travailler.
22:36Ils demandent
22:36à ne pas mourir.
22:38Donc là,
22:38ces images
22:39que vous voyez
22:42à l'instant,
22:43ils vont quitter
22:44la capitale
22:45et ils vont repartir
22:45dans les exploitations,
22:46ce que nous disait
22:48M. Peres tout à l'heure.
22:49Mais vous vous rendez compte,
22:49c'est quelque chose
22:50qui n'existe quasiment plus.
22:52Moi, j'ai suivi
22:52une manifestation
22:53il y a quelques semaines
22:54sur un rond-point
22:55en province
22:56et aujourd'hui,
22:56je suis passé porte d'auteuil
22:57où il y avait un blocage.
22:58Et sincèrement,
22:59quand je vois ça,
23:00j'ai les larmes aux yeux quasiment.
23:02Vous avez des choses
23:02qu'on ne voit plus quasiment.
23:03Des manifestations
23:04ultra pacifistes,
23:05ultra joyeuses,
23:06des saucisses qui grillent,
23:07de la musique,
23:08des gens qui parlent
23:09avec les policiers
23:09de manière respectueuse.
23:11Moi, j'ai vu aussi,
23:11vous savez,
23:12des gens qui viennent
23:12du Lot-et-Garonne
23:13et en même temps
23:14de la région centre
23:15et d'ailleurs,
23:16ils ne se connaissent pas
23:16mais ils partagent tout.
23:18Ils ont un pays en commun
23:19mais en réalité,
23:20c'est naturel, spontané.
23:26Là, ils sont copains
23:26alors qu'ils sont connus
23:27il y a cinq minutes.
23:28C'est ultra émouvant.
23:29Mais c'est ce que disait
23:30Gilles William aussi.
23:31Pourquoi ça nous touche tant ?
23:32Parce que ce sont des gens
23:33qui sont ancrés à la terre,
23:35qui ont une conscience nationale.
23:37C'est-à-dire qu'il y a
23:38quelque chose de symbolique
23:39qui va au-delà,
23:41j'ai envie de dire,
23:42du travailleur salarié
23:43tertiaire urbain.
23:45Oui, bien sûr.
23:46Il y a quelque chose
23:46qui est au plus profond
23:48de la conscience nationale.
23:49C'est ça qui touche,
23:51me semble-t-il,
23:52ce côté vraiment ancré
23:54dans la terre.
23:58Enraciné.
23:59C'est une France d'avant
23:59qui n'a pas bougé.
24:00Donc, à un moment
24:02où il y a un souci
24:03sur l'identité
24:04parfois française,
24:06ça vient percuter.
24:07Évidemment.
24:08Je rappelle juste
24:09que le mot humanisme,
24:10s'il y a un mot humus
24:10et l'humus, c'est la terre.
24:12Oui.
24:13Il y a beaucoup de symboles.
24:14Il y a beaucoup de symboles.
24:15C'est pour ça qu'il faudrait
24:15politiquement beaucoup plus
24:16la défendre, cette identité.
24:17Mais je suis d'accord.
24:18Il y a des suicides
24:18d'agriculteurs tous les jours
24:20et 20% vivent sous le seuil
24:21de pauvreté.
24:22Ils nous ont dit aujourd'hui encore
24:24qu'ils sont subventionnés
24:27par la PAC.
24:27Mais comment une agriculture
24:30digne de celle de la France
24:32ne peut vivre que de subventions ?
24:34Ce n'est pas possible.
24:35C'est le signe d'un pays en déclin.
24:36Et on a le sentiment
24:37que ce qui s'en va avec eux,
24:40c'est un peu de nous
24:41qui s'en va.
24:42Et la part du symbole
24:44sur ces sujets-là
24:45est au moins aussi importante
24:47que la réalité.
24:49Écoutez ce que disait Karine Duc,
24:51qui est également
24:53de la coordination nationale,
24:56qui est, je crois,
24:58présidente de la Chambre agriculture,
25:00Lotte-Garonne.
25:01Elle a une toute petite exploitation,
25:03viticole, toute petite.
25:05Elle n'a pas de revenus
25:06depuis 3 ou 4 ans.
25:08Elle peut vivre
25:09parce que son mari est salarié
25:10et son mari n'est pas agriculteur.
25:12On l'a reçu
25:13sur l'antenne d'Europe 1 tout à l'heure.
25:15Et qu'est-ce qu'elle nous dit
25:16qu'au-delà du Mercosur,
25:18il y a effectivement
25:19beaucoup de soucis ?
25:20Il faut arrêter de parler
25:22du Mercosur.
25:23On nous balade
25:25de semaine en semaine
25:25sur le Mercosur.
25:27On nous dit
25:27que c'est l'élément central.
25:29Il n'est pas voté,
25:30qu'on est déjà
25:31au fond du gouffre,
25:32j'ai envie de vous dire,
25:34ou alors dans le mur.
25:36Donc, effectivement,
25:38ça précipitera les événements,
25:40mais on est déjà
25:40en grosse difficulté.
25:42Donc, il ne faut pas,
25:44à un moment donné,
25:44il va falloir arriver
25:45à parler des vrais sujets
25:47et ne pas brandir
25:49quelques petits sujets,
25:50enfin,
25:51des sujets qui sont importants,
25:52mais qui ne sont pas
25:53au cœur des problèmes
25:55des agriculteurs.
25:56Il y a une autre dimension
25:57symbolique, je crois,
25:59et dont parlait
26:00le premier agriculteur,
26:03c'est qu'il met en cause
26:06les écolos bobos
26:07qui se déchaînent
26:08contre les agriculteurs français
26:10au niveau des normes,
26:12au niveau des obligations
26:13écologiques,
26:15contre les français,
26:16mais par contre,
26:17qui sont d'une certaine manière
26:18plus tendres pour l'autre.
26:20C'est-à-dire que
26:20d'autres produits
26:21peuvent arriver,
26:23peu importe justement
26:24que les normes
26:24ne soient pas respectées,
26:26voilà.
26:27Mais dans l'hostilité,
26:28ou en tout cas
26:29dans la non-empathie,
26:30si j'ose dire,
26:31avec la ruralité,
26:32il y a ce monde aussi
26:33de l'espace médiatique
26:34pour qui cette France-là,
26:36c'est la France d'avant,
26:37qu'on ne veut plus.
26:39Elle est morte.
26:39Oui, mais non seulement
26:40elle est morte,
26:41mais on n'en veut plus.
26:42On n'en veut plus.
26:43Il y a aussi
26:43cette dimension-là.
26:45C'est pour ça
26:45qu'il y a beaucoup de symboles.
26:46Il y a du mépris.
26:47Mais bien sûr,
26:49il y a du mépris.
26:50Vous avez parfaitement
26:50des hommes politiques
26:51qui considèrent
26:52qu'aujourd'hui,
26:53l'agriculture
26:54ne doit même plus exister.
26:56Et des hommes politiques,
26:57parfois de premier plan,
26:58qui le disent
26:58pas forcément bonnes,
27:00comme on dit,
27:01mais qui peuvent le dire sans.
27:02Les paysans,
27:03combien de bataillons
27:03doivent se demander
27:04M. Mélenchon ?
27:05Voilà ce qu'on pouvait dire
27:07sur ce sujet ce soir.
27:08Alors, bien sûr,
27:10avec Gauthier Lebrecht
27:10tout à l'heure,
27:11il va prolonger
27:12cette actualité.
27:13Mais il y avait
27:14une autre actualité aujourd'hui.
27:16Je voulais vous parler
27:16de François Mitterrand
27:17parce que ça m'intéressait,
27:18François Mitterrand,
27:19mais pas tout de suite
27:20parce que c'est les 30 ans
27:21de François Mitterrand.
27:22Et bien,
27:22François Mitterrand,
27:23c'est aussi Maastricht.
27:24Et Maastricht,
27:25c'est un peu les conséquences
27:26avec le monde de paysans.
27:29Mais écoutons Emmanuel Macron
27:30puisqu'il parlait
27:31devant les ambassadeurs
27:32aujourd'hui.
27:33et il a refusé
27:35le nouveau colonialisme,
27:37dit-il,
27:38et le nouveau monde
27:39qui se met en place.
27:40Écoutez le président
27:41de la République.
27:43Nous sommes
27:44dans un monde
27:46qui se dérègle.
27:48Les instances
27:48du multilatéralisme
27:49fonctionnent de moins en moins bien.
27:51Nous évoluons
27:52dans un monde
27:52de grande puissance
27:53avec une vraie tentation
27:56de se partager le monde.
27:57Et je crois
27:59que ce qui s'est passé
28:00durant les derniers mois
28:01ou parfois les derniers jours
28:02n'a rien enlevé
28:03à ce constat.
28:04Et donc,
28:05c'est le grand risque
28:05de l'ordre international
28:07dans lequel nous vivons.
28:09Les Etats-Unis
28:10sont une puissance établie
28:11mais qui se détourne
28:12progressivement
28:13de certains de ses alliés
28:14et s'affranchit
28:16de règles internationales
28:16qu'elles promouvaient
28:17encore récemment
28:18qu'il s'agisse du commerce,
28:20de certains éléments
28:21de sécurité
28:21ou de certaines enceintes.
28:22Et puis,
28:23le président de la République
28:24a proposé
28:26ou plus exactement
28:27a refusé
28:28ce qu'il appelle
28:28le nouveau colonialisme.
28:31Nous,
28:31nous refusons
28:32le nouveau colonialisme
28:34et le nouvel impérialisme.
28:35Mais nous,
28:36nous refusons aussi
28:37la vassalisation
28:37et le défaitisme.
28:40Nous voulons être
28:40des partenaires forts,
28:41faire le maximum
28:42de ce qu'on peut
28:43mais quand on s'engage,
28:44on est là.
28:45Ça a beaucoup de valeur
28:46pour notre diplomatie,
28:48pour nos entreprises,
28:50pour nos intérêts stratégiques
28:51partout,
28:52à travers le monde.
28:53Yohann Housaï,
28:54ce n'est pas du colonialisme
28:56que d'intervenir
28:57à Caracas.
28:58C'est simplement
28:58de capturer
29:00un dictateur
29:02qui menace l'Amérique
29:03et notamment
29:04par le narcotrafic.
29:05C'est une forme
29:05d'autodéfense,
29:06je suis bien d'accord
29:06avec vous.
29:08Les mots ne me paraissent
29:09pas adaptés,
29:09en tout cas pour Donald Trump.
29:11A l'évidence,
29:12ils ne le sont pas.
29:12Moi, je dirais plutôt
29:13qu'il s'agit de l'autodéfense.
29:14Mais si vous voulez,
29:15ce qui m'inquiète beaucoup,
29:17c'est que pendant
29:17que les autres pays
29:18avancent,
29:20nous, on est là
29:20avec un président
29:21qui dit
29:22je ne vais pas tacler
29:25un tel,
29:25on brandit
29:26le droit international,
29:28on refuse
29:29l'impérialisme,
29:30etc.
29:30Il y a des mots.
29:31Nous, on a un président
29:32qui parle,
29:32alors il parle beaucoup,
29:33il se protège derrière
29:35on ne sait plus trop quoi
29:35et les autres avancent.
29:37Nous, on regarde
29:38comme ça
29:38les choses évoluer
29:40en brandissant
29:40encore une fois
29:41le droit international.
29:42Oui, d'accord,
29:43mais ça va nous mener
29:43à quoi tout cela ?
29:45Au passage,
29:46au passage,
29:47donc c'est la conférence
29:48des ambassadeurs
29:48qui s'est tenue
29:49lundi et mardi
29:50et je rappellerai juste
29:52que le week-end,
29:54il n'était pas prévu
29:55que le président
29:56de la République
29:57intervienne.
29:58Donc il y a un certain
29:59nombre d'ambassadeurs
30:00qui sont montés au créneau
30:01pour dire
30:01la situation quand même
30:02internationale est telle
30:03que le président
30:04de la République
30:05pourrait intervenir
30:06à cette conférence
30:06des ambassadeurs
30:07parce que ce n'était pas prévu.
30:08Ils devaient être là,
30:09les ambassadeurs,
30:10pour se réunir,
30:11pour être en atelier,
30:12en atelier,
30:14vous imaginez.
30:14Voilà.
30:15Donc ils attendaient
30:16quand même juste une ligne.
30:18La pression a été
30:19tellement forte
30:20que l'Élysée a dû céder
30:21et intervenir.
30:23D'où ce discours,
30:24pardonnez-moi,
30:25avec une succession
30:25de portes ouvertes.
30:26Ben oui,
30:27il y a un nouvel impérialisme
30:28dans le monde,
30:28il y a même plusieurs empires.
30:29Bonjour la découverte.
30:30Enfin,
30:31je vous fais souvent
30:32le grief amical
30:33d'attacher un peu
30:34trop d'importance
30:35à la parole présidentielle.
30:38Regardez comment
30:38elle est mouvante.
30:40Monsieur,
30:40le dictateur Maduro,
30:42on n'en parle plus
30:43puisqu'il a effectivement
30:45été critiquée
30:47par rapport justement
30:48à cet appui
30:50à l'initiative de Trump.
30:52Donc,
30:53la girouette,
30:54si j'ose dire,
30:55sauf
30:55le vent respect
30:57ou le vent
30:58a tourné
30:59d'une certaine manière.
31:01Je signale simplement
31:02sur le terrain
31:03du droit international
31:04pour m'en réjouir
31:06que la France
31:07a bombardé
31:08Daesh
31:09en Syrie
31:10sans que
31:11personne
31:12ne s'émeuve
31:13de la moindre violation
31:15du droit international.
31:17Vous voyez ?
31:17On n'a pas posé
31:18la question
31:18s'il y avait
31:18des civils touchés
31:19par exemple.
31:20Parce qu'évidemment,
31:21à chaque bombardement
31:22israélien,
31:22on demande.
31:24Il n'y a qu'Israël
31:25pour faire
31:28des dégâts collatéraux.
31:29Il y a une chose
31:30qui est amusante,
31:30c'est quand même
31:31que quand on écoute
31:31la première partie
31:32de son intervention
31:32que vous avez montrée,
31:33Pascal,
31:34il a plutôt bien compris
31:35ce qui est en train
31:35de se passer.
31:36Moi, ça me surprend.
31:36Je pensais qu'il allait
31:37dire autre chose.
31:38En revanche...
31:38Il est dans un rôle
31:39de commentateur.
31:40Et alors voilà,
31:41mais au moins
31:41le commentateur lucide
31:42sur la première partie
31:43et la deuxième partie,
31:44c'est nous refusons.
31:45Ce qu'il n'a pas compris,
31:45c'est que personne
31:46ne lui a demandé son avis.
31:47Les choses se sont
31:48mises en place comme ça
31:49et en fait,
31:49aujourd'hui,
31:50ne pas comprendre ça,
31:50ne pas s'y adapter,
31:51dire nous refusons le réel,
31:53ça veut dire sortir
31:54de l'histoire en fait.
31:55La Russie a répondu,
31:56elle a averti
31:57que toute présence militaire
31:58occidentale serait considérée
31:59comme une cible légitime
32:00des propos qui répondent
32:01à la volonté des Européens
32:02de déployer des soldats
32:03en Ukraine après la guerre.
32:04Vous en parliez hier,
32:05ça ne me paraît pas
32:06effectivement la meilleure solution.
32:08La porte-parole
32:08de la diplomatie russe,
32:10Maria Zakharova,
32:12a publié un communiqué
32:13aujourd'hui.
32:13Elle a indiqué
32:13que toutes ces unités
32:15et installations
32:15seront considérées
32:16comme des cibles militaires
32:18légitimes
32:19pour les forces armées
32:20de la Russie.
32:21Dans un communiqué,
32:23la Russie a festigé
32:24les déclarations militaristes
32:25après l'accord entre Kiev
32:27et ses alliés européens
32:27de déployer
32:28une force multinationale
32:30en Ukraine
32:30après la fin du conflit.
32:33Donc ça n'existera jamais.
32:34Ça ne se fera pas.
32:35Ça se fera à la limite,
32:37à l'extrême limite.
32:37Si ça se faisait,
32:38ça se ferait à la frontière ukrainienne.
32:41Mais certainement pas en Ukraine.
32:43S'agissant juste
32:44de la fin de l'Ukraine,
32:45il y a une question
32:46que d'ailleurs personne ne pose.
32:47Moi, j'aimerais bien savoir
32:48ce que vont devenir
32:49les armes ukrainiennes
32:50que nous avons envoyées
32:51aux Ukrainiens.
32:52Parce que les armes
32:54au Kosovo,
32:55on le sait,
32:55elles sont dans les banlieues.
32:56Elles sont venues chez nous.
32:57Elles sont venues chez nous
32:57en banlieue.
32:58Donc j'aimerais juste savoir
32:59si les gouvernements européens
33:02ont l'assurance
33:03que ces armes-là
33:04ne reviendront pas
33:04sur le sol européen.
33:06Sarah Knafou
33:06était hier soir
33:08au journal de TF1.
33:09Et alors c'est intéressant
33:10parce que,
33:10on va parler dans une seconde
33:12de ce qu'elle a déclaré,
33:13mais on reproche à TF1
33:16d'avoir invité Sarah Knafou.
33:18Vous n'avez pas vu
33:19le tweet toute la journée ?
33:21C'est assez intéressant.
33:22Alors Émeric Caron
33:23a dit le 20h de TF1
33:24pour annoncer
33:24sa candidature à Paris
33:25alors qu'elle n'a
33:26absolument aucune chance
33:27et que politiquement
33:28elle ne représente pas grand-chose.
33:29ce favoritisme accordé
33:30au racisme
33:31et au néofascisme
33:33rien que ça
33:34par TF1
33:34est scandaleux.
33:35Alors Rima Hassan également,
33:36je suis également
33:37eurodéputé
33:38mais je ne serai jamais
33:38invité au 20h.
33:40Devinez pourquoi
33:40Knafou sert le système
33:41et la caste
33:42qui la protège.
33:43Elle organise des manifs
33:44devant TF1 aussi,
33:45ça n'aide pas.
33:45Exactement.
33:46Mano Aubry,
33:47je ne sais pas
33:48qu'elle soutienne
33:49le terrorisme.
33:50Mano Aubry a dit
33:52quand le fascisme
33:53sera au pouvoir,
33:54les médias devront
33:55faire leur examen
33:56de conscience.
33:58Bon, ça c'est la campagne
33:59pendant deux ans
34:00qui va arriver.
34:02Alors, le positionnement
34:03de Sarah Knafou,
34:04elle dit
34:05je suis candidate
34:06pour être la prochaine
34:07maire de Paris,
34:07je vois la ville
34:08que j'aime décliner,
34:09je vois les femmes
34:09avoir peur dans la rue,
34:10je vois la dette
34:11qui explose,
34:12je vois les impôts
34:13qui augmentent une ville
34:14sale, insalubre,
34:14donc aujourd'hui
34:15l'urgence est à l'action,
34:16c'est pour ça que je me présente,
34:17je veux faire de Paris
34:18une ville heureuse.
34:19Elle va avoir
34:19un positionnement
34:20qui ne va pas être
34:21forcément facile
34:22parce qu'elle ne veut pas
34:23s'afficher
34:24contre Rachida Dati
34:26et au contraire
34:27elle veut être une force,
34:28pourquoi pas,
34:29d'appoint à Rachida Dati
34:31pour imaginer
34:33une forme d'union
34:35des droites
34:35qui dit
34:36ou qui dira son nom
34:37plus tard
34:38mais en même temps
34:39elle se présente
34:40en même temps
34:40que précisément
34:41Rachida Dati.
34:42Donc il va falloir
34:44être sur un fil
34:45pour justifier
34:46une candidature
34:47à côté de Rachida Dati
34:49sans être
34:50son adversaire.
34:53J'ai bien compris ?
34:54J'imagine
34:55et j'ose espérer
34:56qu'elle ne portera
34:56pas trop ses coups
34:57au premier tour
34:58sur Rachida Dati.
35:00J'espère qu'elle va
35:01consacrer ses attaques
35:01sur la gauche
35:02qui a fait tant de mal
35:03à Paris
35:03depuis 2001
35:04parce qu'il y a
35:05un grand besoin
35:05à Paris
35:06d'alternance.
35:07Donc la droite
35:08là a un véritable devoir
35:10à l'exigence
35:11d'être
35:13non pas unie
35:13au premier tour
35:14mais en tout cas
35:14Mais il va falloir
35:15un peu de pédagogie
35:16sans doute pour elle
35:17pour que l'électorat
35:19parisien
35:19voit dans cette candidature
35:22un plus
35:23pour la droite.
35:24C'est déjà
35:24On le voit déjà
35:27sur les affiches
35:28qu'il a choisies
35:28sur la couleur jaune
35:30qui est employée
35:31qui est une couleur lumineuse
35:32sur le slogan
35:33la ville heureuse
35:34Non mais attendez
35:36si parce qu'il y a
35:36une proposition
35:37c'est-à-dire que
35:37tous les Parisiens
35:38honnêtement
35:39sont malheureux
35:39dans leur situation
35:40tous
35:40Pas tous
35:42pas tous les Parisiens
35:43par définition
35:44Une grande partie
35:45Pas tous les Parisiens
35:46parce qu'Anne Hidalgo
35:47a été réélu
35:48par définition
35:49Depuis il s'est passé
35:50des choses
35:50depuis la réélection
35:51d'Anne Hidalgo
35:52ça ne vous a pas échappé
35:52donc simplement
35:53Faites attention
35:55il y a toute une sociologie
35:56bobo-écolo-parisienne
35:59qui votera
36:01C'est justement pour ça
36:02Je me permets
36:05de souligner
36:05qu'en termes
36:06de communication politique
36:07là elle a fait
36:08un pas de côté
36:09et je pense
36:09que c'est un bon pas de côté
36:11avec son slogan
36:12en proposant
36:12une ville heureuse
36:13C'est quelque chose
36:14dont on ne l'attendait pas
36:15et je pense
36:16qu'elle a raison
36:16C'est pas exactement
36:18ce dont je parle
36:18c'est intéressant
36:20de vous écouter
36:21mais je vous parlais
36:21comment se positionner
36:22face à Rachida Dati
36:23c'est ça que je trouve intéressant
36:25Véronique Jacquier
36:26Non mais elle ne peut se positionner
36:27qu'en force d'un point
36:28moi je ne vois que ça
36:29elle sait que le Rassemblement National
36:31ne va jamais s'allier
36:33à Rachida Dati
36:34ils l'ont fait savoir
36:35donc reconquête effectivement
36:36un coup à jouer avec Dati
36:37dans la recomposition
36:39de la droite à Paris
36:40il y a quand même
36:41il y a quand même
36:41quatre mandats
36:43socialistes
36:44donc on en est à 25 ans
36:46de socialisme parisien
36:47on sait qu'il y a quand même
36:48un fort besoin d'alternance
36:50et surtout une forte envie
36:51de la part quand même
36:52de bon nombre de Parisiens
36:54et elle est terriblement ambitieuse
36:56et quand je dis ça
36:57c'est pas du tout un défaut
36:58et elle voit aussi
36:59le coup d'après
37:00c'est-à-dire
37:01je me positionne
37:02dans le paysage
37:03de la droite nationale
37:05et si je vis en force
37:06d'un point de Dati
37:07et bien de toute façon
37:08je compterais pour la suite
37:09je compterais pourquoi pas
37:11pour une primaire de la droite
37:12Laurent Wauquiez a dit
37:13qu'il voulait une primaire
37:14de la droite
37:14de Darmanin
37:15jusqu'à Saracnafo
37:16pourquoi pas
37:17à l'heure où nous en sommes
37:18de toute façon
37:18tout est jouable pour la droite
37:20j'oserais presque dire
37:21qu'elle a un boulevard
37:22je pense que c'est
37:24une bonne analyse
37:25oui
37:25je pense que c'est exactement ça
37:26attention parce que
37:27le rassemblement national
37:28ne fait pas des bons scores
37:29à Paris
37:29ah non
37:30la sociologie
37:31il a encore
37:31mais vous avez
37:33vous avez parfaitement raison
37:34que le RN
37:35qui vise souvent une clientèle
37:37plus populaire
37:38parfois plus rurale
37:40est moins présente
37:41dans la capitale
37:43mais il y a une clientèle
37:46pour Saracnafo
37:47si j'ose dire
37:48une clientèle
37:50de gens sans doute aisés
37:52sans doute conservateurs
37:54sans doute de droite
37:56qui aura le choix
37:58entre Rachida Dati
37:59et Madame Knafo
38:02bien sûr
38:02il y a énormément de cas
38:04où des candidats
38:05sont servis
38:06par le fait
38:06d'avoir eu
38:07un concurrent
38:07au premier tour
38:08ni les rallies
38:09c'est-à-dire que
38:10faire
38:10être sous
38:11dans le cadre
38:12de Rachida Dati
38:12par exemple
38:13si elle fait
38:13c'était l'UDF
38:14et le RPR
38:15on en revient toujours
38:17à la même chose
38:17il y avait plusieurs familles
38:19à droite
38:20bien sûr
38:20et le parti unique
38:21a beaucoup affaibli
38:22la droite
38:22mais pourquoi
38:23il y a eu un parti unique
38:24ça c'est nos amis
38:25centristes
38:25mais non
38:26pour une seule chose
38:27la logique du parti unique
38:29c'était de mettre
38:30à l'issue du premier tour
38:32de la présidentielle
38:33le candidat en tête
38:34ce n'était que ça
38:35les centristes
38:36ils sont pour rien
38:37ce n'était que ça
38:38c'est-à-dire
38:38c'était une machine de guerre
38:41pour qu'au premier tour
38:43de la présidentielle
38:43le candidat de la droite
38:45soit en tête
38:46avant t'avais RPR
38:47UDF
38:47t'en avais deux
38:48ce qui s'est passé
38:48c'était à 18-18
38:50les deux
38:5018-19
38:51c'est pour ça que
38:53j'incrimine les centristes
38:54parce que Pasqua
38:55avait une formule géniale
38:56il a dit
38:56nous on apporte les électeurs
38:57eux ils apportent les élus
38:58ça ne s'est pas fait
39:00ça ne s'est pas fait
39:01au profit de la droite
39:01est-ce que vous voulez
39:02qu'on parle de François Mitterrand
39:03ce matin j'étais avec
39:05des jeunes gens
39:05qui m'ont dit
39:05mais ça n'a plus aucun intérêt
39:06j'ai été sidéré
39:08il vient de se passer 30 ans
39:09moi ce qui m'intéresse
39:10dans François Mitterrand
39:11ce n'est pas tant le bilan
39:12de François Mitterrand
39:13ce n'est pas ça
39:13ce qui m'intéresse
39:14c'est les options prises
39:16en 80
39:16c'est le bilan du coup
39:18oui mais le bilan
39:19on le connait
39:20ou on le voit
39:20c'est les factures qu'on paye
39:21mais ce qui me frappe
39:23et je l'ai souvent dit
39:25ces dernières heures
39:26c'est que
39:27toutes les options prises
39:28Maastricht
39:29l'entreprise
39:30on a travaillé moins
39:31et moins longtemps
39:32l'immigration
39:33on ne voulait plus entendre
39:35le mot assimilation
39:36les étrangers sont chez eux
39:37en France
39:37mais le mot assimilation
39:39qu'on ne voulait pas entendre
39:41la justice
39:42plus laxiste
39:43avec les lois
39:44qui ont favorisé
39:45criminels et délinquants
39:46parce que plus
39:47davantage
39:48pour les prévenus
39:50la justice
39:51l'école
39:51on a refusé
39:53la hiérarchie
39:53la sélection
39:54tout le monde
39:54toutes les options prises
39:56toutes les portes
39:57qu'on a ouvertes
39:58étaient mauvaises
39:59étaient mauvaises
40:00ça s'appelle le socialisme
40:02oui mais
40:02il y a eu aussi
40:04des gouvernements de droite
40:04entre temps
40:05le problème
40:06c'est qu'ils n'ont rien
40:06défait
40:07c'est à dire que la droite
40:08a continué à faire
40:09comme la gauche
40:09c'est ça qui est intéressant
40:11je trouve
40:12dans le cadre
40:13de l'installation médiatique
40:14mais on pourrait dire
40:15comme ça marche pas
40:16on change
40:16ce qui est encore plus fascinant
40:17c'est qu'à l'heure où on parle
40:18les candidats qui se revendiquent
40:19de cette famille là
40:20continuent à dire la même chose
40:21alors qu'on a sous les yeux
40:22le bilan catastrophique
40:23il n'y a pas un domaine
40:25où tu te dis
40:26alors si on te dit
40:27la peine de mort
40:28bah oui la peine de mort
40:29c'est important
40:30la peine de mort
40:31bien sûr
40:31c'est bien qu'elle ait été
40:33sans doute
40:33comment dire
40:35abolie
40:36mais hormis
40:37non mais
40:38oui
40:38il y a aussi l'international
40:40il y a aussi l'international
40:41et puis il y a un
40:42c'est à dire l'international
40:43Moutryk Maastricht
40:43par exemple
40:44je parle de la manière
40:46dont la France
40:47était représentée
40:49en Europe
40:49ou par exemple
40:50au Proche au Moyen-Orient
40:51je suis désolé
40:52il y avait un Mitterrand
40:52complet
40:53alors là vous avez raison
40:55il y avait une incarnation
40:57présidentielle
40:57qu'on a perdue
40:59après
40:59alors je vais vous montrer
41:00effectivement
41:01je vais vous montrer
41:01une archive extraordinaire
41:02parce que c'est ça
41:03le paradoxe Mitterrand
41:04c'est qu'il y a l'artiste
41:05le charme
41:06la puissance des mots
41:08l'incarnation
41:09c'est une de ces dernières
41:11interventions
41:11allées devant
41:12le Parlement européen
41:13de Bruxelles
41:14ou de Strasbourg
41:15c'est Strasbourg
41:16cette intervention
41:17c'est le jour
41:19où il va dire
41:20le nationalisme
41:20c'est la guerre
41:21vous allez entendre
41:22cette intervention
41:23qui effectivement
41:24en miroir
41:25on se dit
41:26on n'est plus au même niveau
41:28aujourd'hui
41:28je suis bien d'accord
41:29avec vous
41:29et voyez ce que dit
41:30François Mitterrand
41:31c'est une de ses dernières
41:32interventions publiques
41:33sur ce qu'a été l'Europe
41:34et pourquoi elle a été construite
41:35parce qu'au moins
41:35l'Europe nous a préservé
41:36de la guerre
41:37il se trouve
41:39que les hasards
41:41de la vie
41:42ont voulu
41:44que je naisse
41:44pendant la première
41:46guerre mondiale
41:47et que je fasse
41:49la seconde
41:51j'ai donc vécu
41:54mon enfance
41:55dans l'ambiance
41:58de familles déchirées
42:00qui toutes
42:02pleuraient des morts
42:04et qui entretenaient
42:05une rancune
42:07et parfois
42:08une haine
42:09contre l'ennemi
42:10de la veille
42:10l'ennemi traditionnel
42:13mais mesdames et messieurs
42:15nous en avons changé
42:16de siècle en siècle
42:17les traditions
42:19ont changé toujours
42:20j'ai déjà eu l'occasion
42:22de vous dire
42:22que la France
42:23elle est combattue
42:24tous les pays d'Europe
42:25je crois à l'exception
42:26du Danemark
42:27on se demande pourquoi
42:28mais ma génération
42:44achève son cours
42:46ce sont ses derniers actes
42:50c'est l'un de mes derniers
42:51actes publics
42:53il faut donc absolument
42:56transmettre
42:56vous avez vous même
42:59vous êtes nombreux
43:00à garder l'enseignement
43:01de vos pères
43:02à avoir éprouvé
43:04les blessures
43:05de vos pays
43:05à avoir connu
43:07le chagrin
43:08la douleur
43:09des séparations
43:10la présence
43:11de la mort
43:12tout simplement
43:13par l'inimitié
43:14des hommes
43:16d'Europe
43:17entre eux
43:18il faut transmettre
43:21non pas
43:23cette haine
43:23mais au contraire
43:26la chance
43:27des réconciliations
43:29que nous devons
43:30il faut le dire
43:31à ceux qui
43:32dès 1944
43:341945
43:34eux-mêmes
43:36ensanglantés
43:37déchirés
43:38dans leur vie personnelle
43:39le plus souvent
43:40ont une audace
43:41de concevoir
43:42ce que pourrait être
43:43un avenir
43:44plus radieux
43:45qui serait fondé
43:46sur la réconciliation
43:48et sur la paix
43:49c'est ce que nous avons fait
43:50alors
43:51ce discours du ruineur
44:02c'est éblouissant
44:03d'intelligence
44:04et sur le fond
44:05en plus
44:06on est évidemment
44:06tout ça sans une note
44:08on voit qu'il était malade
44:09en plus
44:10tout ce que dit
44:10François Mitterrand
44:11c'est une belle promesse
44:12seulement depuis 1995
44:13tous ces dirigeants
44:15ont transformé
44:15cette promesse
44:16en fardeau
44:16parce que ce célèbre discours
44:18je l'ai vu
44:19je l'ai revu plusieurs fois
44:20après lui
44:21il y a Alain Juppé
44:23qui à l'époque
44:23est ministre des affaires étrangères
44:25qui prend la parole
44:25immédiatement
44:26après François Mitterrand
44:27et qui va dire
44:28exactement la même chose
44:30que lui
44:30et c'est ça depuis 30 ans
44:31tous les dirigeants
44:32de ce pays
44:32depuis 1995
44:33et avant
44:34disent la même chose
44:35sur l'Europe
44:35à l'exception de quelques-uns
44:37que vous avez cités tout à l'heure
44:38c'était Jean-Marie Le Pen
44:39c'était Philippe De Villiers
44:40c'était Philippe Séguin
44:41etc.
44:42mais sinon la classe politique
44:43la politique vis-à-vis de l'Europe
44:45elle est la même
44:46pour tous
44:46depuis plus de 30 ans
44:47moi je ne partage rien
44:48je ne partage pas du tout
44:49l'admiration
44:50ni pour l'homme politique
44:51ni pour l'homme
44:52qui était un exemple
44:54formidable de duplicité
44:57y compris
44:58à l'égard de certains collaborateurs
45:01et je pense à François Bouchquet
45:02et même en ce qui concerne
45:06la récourciation allemande
45:07il était un peu
45:09le tenant
45:10du journal de Gaulle
45:12qui aimait tellement l'Allemagne
45:13qui aimait tellement l'Allemagne
45:15qu'il était content
45:16qu'il y en avait deux
45:17vous savez
45:17jusqu'au dernier moment
45:19M. Mitterrand
45:20n'était pas très content
45:21de la réunification de l'Allemagne
45:22donc pardon
45:23mais moi je n'ai jamais partagé
45:25l'admiration
45:26pour cet homme-là
45:27qui a
45:28et vous avez rappelé d'ailleurs
45:29les grandes lignes de sa politique
45:30qui continue d'une certaine manière
45:32à faire un animal
45:33qui a conservé son amitié
45:33à René Bouchquet
45:34c'est René Bouchquet
45:35c'est autant pour moi
45:36quand vous dites admiration
45:37ce qu'on voit là
45:39ce qu'on salue là
45:39c'est
45:40le talent
45:41c'est comme Dupond-Moretti
45:46vous pouvez avoir beaucoup de talent
45:47et vous trompez tout le temps
45:48je ne mets pas Dupond-Moretti
45:50au même niveau que François Véterrand
45:51au moins vous comprenez l'image
45:52oui
45:53j'entends bien
45:54mais il y a quelque chose
45:56qui a séduit
45:58à un moment donné
45:58les français
45:59jusqu'à
46:00dans cette dernière
46:02allocution
46:02lorsqu'il avait dit
46:03je crois aux forces de l'esprit
46:05c'est de cela
46:07dont je parlais
46:07mais les deux Gaules
46:08c'était une relation particulière
46:10avec l'histoire de la France
46:11François Véterrand
46:12c'est une relation particulière
46:13avec la géographie de la France
46:14voilà
46:15c'est ça qui était important
46:17puisqu'on parlait de terre
46:17tout à l'heure
46:18en tout cas
46:19ces 30 ans là
46:19sont passés
46:20assez incroyablement vite
46:22disons-le
46:23parce que
46:24c'était donc il y a 30 ans
46:25en 1996
46:28et c'est vrai que
46:29on a l'impression
46:31que c'était hier
46:31bon vous
46:32vous étiez évidemment plus jeune
46:33non je me suis très bien
46:34quand il est
46:34quand il est
46:34vous étiez tout petit
46:35quand il est décédé
46:36ma maman m'a dit
46:37il faut qu'on prie pour lui
46:38oui
46:38et vous étiez tout jeune
46:40parce que moi
46:41j'étais déjà
46:42un grand jeune homme
46:43monsieur Gautier-Lebret
46:46qui lui
46:46évidemment
46:47n'était
46:47même pas né
46:49je suis né en 1995
46:51mais bon
46:51après l'arrivée de Chirac
46:53j'ai pas connu
46:54les ermités randiennes
46:55vous avez préféré
46:56ça a été un choix politique
46:57immédiat
46:59vous avez
47:00je devais naître
47:01sous Chirac
47:02mais je devais naître
47:02sous Chirac
47:03voilà
47:03vous avez dit
47:04je ne veux pas
47:04il y a une forme
47:05de lâcheté
47:06c'est votre premier
47:08acte politique fort
47:09que vous avez préféré
47:12bon
47:12dites-moi
47:13vous allez être
47:14évidemment
47:14je l'ai dit tout à l'heure
47:15vous allez prolonger
47:17d'abord
47:17je vous félicite
47:18parce que hier soir
47:19vous étiez le seul
47:19des chaînes info
47:21à parler
47:22des agriculteurs
47:23et personne n'en parlait
47:25hier soir
47:26vous aviez vu
47:27ces tracteurs
47:28qui arrivaient
47:29dans Paris
47:30et moi je vous ai regardé
47:31et je voyais ce matin
47:33les audiences
47:34comme par hasard
47:35vous étiez première
47:36chaîne info
47:37hier soir
47:37entre 21h
47:38entre les 22
47:39entre 22 et 23
47:40et entre 23 et minuit
47:41donc bravo à vous
47:43parce que vous étiez
47:45dans l'actualité
47:46exactement
47:46et ce soir
47:47vous le serez de nouveau
47:47absolument
47:48avec les agriculteurs
47:49qui quittent Paris
47:51mais qui vont se mettre
47:52à une centaine de kilomètres
47:53de Paris
47:53et qui vont attendre
47:54cette nuit
47:54les consignes
47:56des patrons
47:57de syndicats
47:58et du patron
47:58de la coordination rurale
48:00notamment
48:00et à l'instant
48:01Marine Le Pen
48:02et Jordan Bardella
48:03viennent d'annoncer
48:03le dépôt
48:04de deux motions
48:05de censure
48:06l'une au Parlement
48:06européen
48:07l'autre à l'Assemblée
48:08nationale française
48:09puisqu'ils trouvent
48:10qu'Emmanuel Macron
48:11se moque des agriculteurs
48:12en annonçant
48:13qu'il va voter contre
48:14tout en actant
48:15que le Mercosur
48:16sera adopté
48:17donc que ce n'est
48:18qu'une posture
48:18donc évidemment
48:20on va suivre cela
48:21dans la soirée
48:22et dans les jours
48:23qui viennent
48:23parce que rien n'est terminé
48:24on va voir
48:24ce que font les LR
48:27Jean-Marc Lelouch
48:29était à la réalisation
48:30Robin Dubois
48:31était à la vision
48:32Jean-François Couvlard
48:33était au son
48:34merci à Benjamin Neau
48:35à André Mallet
48:36à Léopold de Biessi
48:37qui nous a rejoint
48:38ce soir
48:38à Valentin Polidori
48:40toutes les émissions
48:41sont à retrouver
48:41sur CNews.fr
48:43comme nous sommes
48:43jeudi soir
48:44demain
48:44ce sera évidemment
48:45Eliott Deval
48:46Eliott qu'on retrouvera
48:48avec Philippe Devilliers
48:49et qui animera
48:50alors je vous vois
48:51des petits échanges
48:52que vous faites
48:52avec Julien Drey
48:53régulièrement
48:54lors de votre échange
48:55du dimanche soir
48:56où vous lancez
48:58des petites pics
48:59sur les réseaux sociaux
49:00oui c'est oui
49:01c'est surtout moi
49:02qui l'attaque
49:03surtout moi
49:04je suis plus agressif
49:05que lui
49:06en même temps
49:06il a l'avantage
49:08dans l'émission
49:08entre le chevalier blanc
49:10et le baron noir
49:11pardon
49:11mais il n'y a pas photo
49:12vous trouvez qu'il a
49:13l'avantage sur vous
49:14dans l'émission
49:14non mais enfin écoutez
49:15on est souvent adversaires
49:18mais on s'aime bien
49:19très sincèrement
49:20je sais
49:21et c'est donc
49:22le dimanche soir
49:23et c'est avec Elliot
49:24bien évidemment
49:24passez une excellente soirée
49:26rendez-vous demain matin
49:28et vous restez avec Gauthier
49:29bien évidemment
49:29et vous restez avec Gauthier
49:33et vous restez avec Gauthier
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