Skip to playerSkip to main content
  • 2 days ago

Category

🗞
News
Transcript
00:00Merci beaucoup Anne Corpé pour le débrief de ce discours dans lequel Emmanuel Macron a dénoncé en premier lieu une vraie tentation de se partager le monde entre grandes puissances, le processus de recolonisation qui était évidemment à la ligne de cette intervention, l'agressivité néocolonialiste de certains.
00:21Nous devons montrer de la constance et de l'action mais il va falloir de l'endurance. Alors comment réagir face à ces menaces, un tacle à peine voilé forcément aux Russes, vous le disiez à l'instant Anne, mais aussi aux Américains et à l'administration Donald Trump qui fait beaucoup parler d'elle en ce moment.
00:38Aline Aïdi, vous aussi, vous étiez sur cette intervention sous l'angle européen avec cette question, comment la France et les Européens peuvent-ils répondre à ce défi constant qu'on situe Donald Trump aujourd'hui ?
00:50Alors on a senti le Président en effet très satisfait de ce qu'il avait imputé ou influé dans l'Europe à partir de ces deux mandats.
01:01Simplement c'est vrai que l'Europe a réagi avant le Président, je veux dire, il y a eu une prise de conscience des Européens qui commence en 2016 avec le Brexit et le premier mandat de Donald Trump.
01:13Et aussi, part aussi la Chine, il y a eu une affaire qui était très célèbre en 2016 qui était l'affaire KUKA, c'est les Chinois qui ont acheté une entreprise allemande de robotique très performante.
01:25Et là, tout à coup, ça a inquiété les Allemands. Et c'est vrai que les Français ont toujours été fer de lance de la protection européenne au sein des instances européennes.
01:34Et à partir de 2017, en effet, les Allemands se sont mis derrière Paris et ont poussé un petit peu plus pour cette protection.
01:43Et donc, on a vu arriver un certain nombre de textes, comme en 2017, le fameux règlement sur le filtrage des investissements étrangers
01:50qui était essentiellement destiné à filtrer les investissements de la Chine en Europe.
01:56Donc, ça a commencé quand même avant le Président. Mais il faut reconnaître que le Président Macron a toujours poussé sur le plan stratégique,
02:04sur le plan militaire, sur le plan économique, en effet, pour que l'Europe se réveille sur ces questions.
02:10Après, il a parlé, en effet, de changement de logiciel au niveau des élites européennes.
02:15Bon, c'est un terme que, dans les milieux de l'intelligence économique, on utilise depuis 30 ans.
02:20C'est une super idée, mais après, il faut la conflitiser.
02:21C'est pas nouveau. C'est pas nouveau. Et vraiment, il y a des acteurs qui poussent depuis 30 ans là-dessus.
02:27C'est vrai que la base de la Commission européenne, pendant ces 30 dernières années, l'objectif, c'était de signer des traités de libre-échange.
02:35Et lorsqu'on leur disait à Bruxelles, mais à quoi bon ? Pour quel but ? Est-ce que vous protégez réellement les Européens ?
02:41Ils s'en fichaient totalement. L'objectif, c'était le libéralisme.
02:45Et c'était sans doute d'être plus royaliste que le roi, parce que les Européens étaient beaucoup plus libéraux que les autres.
02:51Ils ouvraient leur marché, alors qu'aux États-Unis, au Japon et en Chine, ils étaient fermés.
02:56Donc, le Président a eu raison d'insister sur cette notion de changement de logiciel.
03:02Il y a aussi des moments surprenants de la part dans ce discours.
03:05Par exemple, quand il dit tout à coup que... Qui devait s'attendre aux tarifs américains ?
03:13Mais pardon, c'était inscrit.
03:15Ça fait des années que Trump, comme candidat de nouveau à la Maison-Blanche, dit, annonce qu'il va faire une guerre commerciale.
03:24Pendant son premier mandat, il a dit qu'il aimait les guerres commerciales, parce que les guerres commerciales étaient gagnées par les États-Unis.
03:33Donc, c'est encore surprenant d'entendre qu'en effet, les Européens semblent surpris par le fait que le Président Trump a imposé des tarifs.
03:43Vous voyez, il y a encore un très gros travail intellectuel à fournir de la part de l'Europe, des dirigeants européens.
03:51Un travail qui devra, de fait, se porter sur trois éléments qui me semblent pour moi fondamentaux.
03:58La première, c'est essayer à 27 vraiment d'élaborer une doctrine de sécurité générale, tout comme les États-Unis ont une doctrine de sécurité.
04:08La dernière a été publiée il y a quelques semaines et attaque frontalement l'Europe, sur deux points.
04:14Le soutien aux partis traditionnalistes, populistes et d'extrême droite.
04:19Et sur l'autre point, sur le fait que l'Europe est en train de s'effacer sur le plan de la civilisation.
04:25Donc, l'attaque est très claire. Les Européens doivent donc construire une doctrine de sécurité économique, politique, stratégique très forte.
04:33Ils doivent élaborer une vision sur ce que sont les rapports de force, parce que ça, ça avait totalement disparu à Bruxelles ces 30 dernières années.
04:42On ne parlait pas de rapports de force, on ne parlait pas de puissance.
04:45Bon, là, la Marthe, la puissance allemande, évidemment, ça fait mal, ça rappelle des mauvais souvenirs, mais on ne parlait pas de puissance.
04:51Et enfin, troisième élément, sans doute le plus difficile à obtenir, il va falloir de la part des Européens du courage.
04:59Ils en ont face à Poutine, très clairement.
05:03Mais il va falloir aussi du courage pour dire non à ses alliés et en particulier aux États-Unis.
05:07Bon, c'est là que c'est problématique, parce que les Européens, ils ne parlent pas toujours d'une même voix.
05:12Ils ne sont d'ailleurs pas du tout connus pour ça.
05:13Ils sont assez divisés quand même en matière de politique étrangère et de sécurité économique aujourd'hui.
05:18Alors, sur le plan de la politique étrangère, ils s'accordent beaucoup plus facilement que sur le plan de la politique économique.
05:27Alors, c'est vrai, encore une fois, que ces dernières années, il y avait des intérêts qui étaient clairement divergents.
05:32La France, depuis des années, avait intérêt à ce que le président a annoncé, à plus de protection.
05:38L'Allemagne, non.
05:38Le modèle de l'Allemagne, c'était le gaz pas cher de la part des Russes et l'exportation des machines-outils et de leurs automobiles en Chine, aux États-Unis.
05:50Ce modèle-là est mort avec l'invasion de l'Ukraine en 2022.
05:55Et puis, il y a d'autres pays aussi qui n'ont pas intérêt à ce que les Européens s'entendent.
05:59C'est les Pays-Bas.
06:00Les Pays-Bas, c'est le hub d'entrée de tous les produits chinois.
06:03Et donc, forcément, il y a un déficit énorme des Pays-Bas vis-à-vis de la Chine.
06:10Mais ce déficit est récupéré puisque tous les produits qui rentrent aux Pays-Bas sont ensuite destinés à aller dans les autres pays membres de l'Union Européenne.
06:20Donc, là, le président a raison de parler de changement de logiciel.
06:24Mais c'est plus que ça.
06:26C'est un aggiornamento, vraiment, à une pensée complètement différente auxquelles les Européens sont confrontés.
06:33avec une Chine qui est sur le plan économique très agressive,
06:38des Russes qui sont très agressifs sur le plan militaire,
06:41et des Américains à l'Ouest qui ne semblent plus être les fameux solides alliés de l'Europe.
06:47et des Américains à l'Ouest qui sont très agressifs sur le plan économique très agressifs sur le plan économique très agressif.
Be the first to comment
Add your comment

Recommended