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  • il y a 8 mois
Dans son édito du 08/01/2026, Thomas Bonnet revient sur la fermeture d'un site Orange à Marseille après des tirs.

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Transcription
00:00Les beaux discours, les visites sur place du président de la République ou des ministres,
00:04et puis de l'autre, le quotidien de cette pieuvre du narcotrafic qui s'étend chaque jour.
00:08Dans ce quartier de Marseille, la présence de l'entreprise Orange est perçue comme un obstacle au bon déroulé du business des dealers.
00:15Donc, ils intimident.
00:17Déjà en novembre, le site avait fermé quelques temps et les salariés finalement avaient été priés de revenir.
00:22On leur avait garanti que les choses s'étaient arrangées et que leur sécurité était désormais assurée.
00:27Et puis voilà, cette semaine, de nouveau donc, des tirs sur la façade.
00:31Encore la même histoire qui se répète.
00:33Les syndicats demandent désormais, et on les comprend, la fermeture définitive du site et le déménagement durable des collaborateurs.
00:40On les comprend, je le disais, mais quel aveu d'échec ce serait de fermer des bureaux pour laisser prospérer les points de deal.
00:46Ce serait un échec pour qui ?
00:48Un échec collectif, mais d'abord celui des autorités.
00:50Bien sûr, dans la sixième ou la septième puissance mondiale,
00:53il n'est pas possible d'assurer la sécurité d'un site menacé par la violence des trafiquants.
00:58Donc, probablement, on finira par renoncer et l'État enverra ce message désastreux.
01:02L'État recule et avec lui, la prospérité recule.
01:05Nos entreprises déjà étouffées sous les normes, sous la fiscalité,
01:08devront bientôt composer avec la réalité de l'ensauvagement de notre pays.
01:12Alors bien sûr, ça ne concerne pour l'instant que quelques quartiers, dans quelques villes.
01:16Mais imaginez la force du symbole que ça représente.
01:18Avec ce site d'orange qui fermerait et puis qu'il y aurait finalement ces dealers qui feront régner leur loi.
01:24Quel investisseur aura envie par la suite de se lancer dans un pays qui n'offre plus la plus élémentaire des protections ?
01:30Dans une ville qui vibre pour le football, avec ce stade, le stade Vélodrome,
01:34qui porte désormais le nom de Orange Vélodrome.
01:37Mais dans les faits, on l'a bien compris, l'entreprise de télécom n'est plus la bienvenue à Marseille.
01:41Vous dites qu'il faut un sursaut avant qu'il ne soit trop tard.
01:43Oui, tous les élus doivent être mobilisés.
01:45La manifestation autour d'Amin Kessassi, dont les deux frères, je le rappelle, ont été tués par des narcotrafiquants,
01:50nous paraît déjà très lointaine.
01:52Après la première fermeture du site, donc au mois de novembre, le site d'Orange,
01:55le maire de Marseille, Benoît Payan, avait minimisé,
01:58en estimant qu'il n'avait jamais été envisagé le départ des salariés de Marseille.
02:02Un discours finalement rattrapé par la réalité de cette deuxième fusillade.
02:05Il est temps donc de sortir du déni.
02:08Le narcotrafic n'est pas un petit souci de sécurité comme un autre.
02:11Le renforcement de la présence policière ne pourra pas, à elle seule, faire cesser ce fléau.
02:17Il est temps d'adopter des mesures radicales avant qu'il ne soit trop tard.
02:20La hausse des amendes pour les consommateurs, le parquet national, tout ça va dans le bon sens.
02:24Nous sommes à un point de bascule, c'est Gérald Darmanin qui l'a dit il y a quelques jours.
02:28Alors, si on a un point de bascule, il faut prendre des décisions fortes avant qu'il ne soit trop tard.
02:33Inspirons-nous de ce qui marche.
02:35Prenons plutôt la voie du Salvador que celle des Pays-Bas ou encore du Mexique.
02:39Il est encore temps, mais il viendra le moment, il sera trop tard.
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