Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 1 an
Dans son édito du 02/10/2025, Thomas Bonnet revient sur l'alerte de la Cours des comptes sur l'implication du narcotrafic aux municipales 2026.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Oui, la France est à ce point gangrénée par le trafic de drogue que l'exercice démocratique en est impacté.
00:05Les élections menacées par les réseaux criminels et leur influence grandissante.
00:10Une pieuvre extrêmement efficace, selon les mots même de Christian Charpy,
00:15qui est le président de la Commission nationale des comptes de campagne.
00:19La menace est tellement pressante qu'il a dû distribuer un guide
00:23à destination de l'ensemble des candidats pour les élections municipales.
00:27Voilà ce qu'il dit dans les colonnes de la Provence.
00:29Les organisations du narcotrafic sont puissantes, riches et très organisées.
00:34Aujourd'hui, elles ont une capacité de corruption considérable.
00:38Et qu'est-ce qu'il nous dit aussi ?
00:39Ça s'est déjà produit que des organisations de narcotrafic essayent de convaincre des maires
00:45de ne pas être trop regardants.
00:47En clair, des mafias qui veulent favoriser les candidats qui opposeront le moins d'obstacles à leur business.
00:53Il peut s'agir donc de pression, mais aussi de tentatives plus ou moins déguisées
00:57avec des aides financières via des entités qui n'ont a priori rien à voir avec le narco-banditisme.
01:03Quelles sont les villes concernées par ce phénomène ?
01:05Il y a bien sûr les grandes métropoles, les grandes agglomérations où se développent les trafics,
01:09mais plus préoccupant encore, il y a désormais des petites villes qui étaient jusque-là épargnées.
01:14Selon les chiffres de l'OFAST, 79% des communes en France sont concernées par le trafic de stupéfiants.
01:19Le risque existe donc aussi dans des petites villes où les élus sont forcément moins sensibilisés à ces questions.
01:26Le président de la commission des comptes de campagne alerte particulièrement sur la situation dans les Bouches-du-Rhône
01:31où les réseaux criminels s'étendent chaque jour davantage.
01:34Voilà donc notre démocratie prise en tonaille par l'influence galopante du narcotrafic.
01:39Il faut ajouter à cela les enjeux communautaires qui pèsent sur ces élections municipales.
01:45Le ministre de l'Intérieur, Bruno Rotaillot, avait lui-même alerté sur les possibles tentatives d'entrisme
01:50dans les scrutins locaux de la part des responsables religieux désireux, eux aussi,
01:54de s'acheter la mensuétude des maires afin de poursuivre leur activité.
01:58On peut le dire, être maire en France en 2025, c'est une expérience qui n'a plus grand-chose à voir
02:03avec être maire dans les années 90.
02:05Qu'est-ce que ces menaces nous disent de l'état du pays, de l'état de la France ?
02:09Ça montre que l'état a trop longtemps fermé les yeux sur le fléau du narcotrafic
02:13conjugué à l'abandon de certains quartiers.
02:15Cet aveuglement a fait fleurir des zones de non-droit,
02:17des zones où l'autorité de l'état ne s'exerce qu'à chaque rare incartade des forces de l'ordre dans ces quartiers.
02:23À force de laisser prospérer le trafic, on a laissé s'implanter des réseaux mafieux,
02:27quasiment des cartels dotés d'une puissance financière sans précédent,
02:31de main-d'oeuvre prête à tuer sur commande.
02:33Les narcotrafiquants sont désormais en mesure de peser sur l'organisation de notre vie en société.
02:39Il faut quand même se rendre compte de l'ampleur du phénomène.
02:41Bruno Rotaillot, lui, semble avoir pris la mesure du problème,
02:44notamment avec la loi narcotrafic qui a été adoptée ces dernières semaines,
02:48un arsenal législatif innovant et qui, je vous le rappelle,
02:51a été censuré en partie par le Conseil constitutionnel,
02:54qui avait été saisi, et c'est important de le souligner, par des élus de gauche.
02:57Et c'est à tout le drame de notre paysage politique en France,
03:00certains élus à gauche ne tirent pas dans le même sens que les autres.
03:04Comment expliquer leur réticence à frapper fort contre des réseaux qui n'ont plus aucune limite ?
03:08Cette mensuétude, on la retrouve à l'échelle locale.
03:11Je vous rappelle ce qu'avait dit, au mois de janvier dernier,
03:14Éric Piolle, le maire de Grenoble,
03:16il appelait un modus vivendi avec les dealers.
03:18Autrement dit, le vivre ensemble avec les narcotrafiquants.
03:23Donc on imagine que c'est typiquement le genre de discours
03:25qui auront demain les faveurs du narco-banditisme,
03:28parce que c'est bien là le drame d'une partie de la gauche
03:30qui est plongée dans une idéologie au détriment du réel.
03:33Les légalisateurs en herbe oublient que chaque centimètre de terrain géographique
03:37ou moral cédé aux narcotrafiquants.
03:39C'est toute la République qui recule.
03:41C'est inquiétant.
03:42Très inquiétant.
03:43Très inquiétant.
03:44Qui va pouvoir vérifier les listes ?
03:49Ça va passer sous les...
03:51C'est le rôle de la commission des comptes de campagne
03:53qui va veiller à ce qu'il n'y ait pas évidemment de personnes incriminées.
03:57Donc ça, ça va être en travail avec le ministère de l'Intérieur,
03:59incriminé directement par un narcotrafique.
04:01J'imagine que les narcotrafiquants ne vont pas envoyer des condamnés,
04:03ils vont envoyer des gens qui vont travailler pour eux,
04:05mais qui sont clean d'extérieur.
04:07Ou alors ils peuvent soit envoyer des candidats et participer aux listes,
04:10ou simplement avoir une forme de bienveillance de la part du maire
04:14en échange d'un soutien financier.
04:16Et le soutien financier, ce n'est pas du cash qu'on va distribuer dans une mallette.
04:19C'est parfois plus indirect et plus insidieux.
04:22Une organisation qui est une société écran du narcotrafique
04:26et qui pourra servir de relais financiers.
04:31Sous-titrage Société Radio-Canada

Recommandations