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  • il y a 2 jours
Guerre en Ukraine, opération américaine au Venezuela, possible annexion du Groenland par Donald Trump... Jean-Noël Barrot, Ministre de l’Europe et des Affaires Étrangères, est notre invité. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-du-mercredi-07-janvier-2026-2287810

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00:00France Inter, Benjamin Duhamel, Florence Paracuelos, la grande matinale
00:07Et dans le grand entretien avec Benjamin Duhamel, nous recevons donc ce matin le ministre des affaires étrangères
00:12Chers auditeurs, posez-lui vos questions, faites-lui vos commentaires au 01 45 24 7000 et sur l'application Radio France
00:20Bonjour Jean-Noël Barraud, merci d'être avec nous ce matin sur France Inter
00:24Au lendemain d'une réunion cruciale à Paris entre les Européens volontaires pour garantir la sécurité de l'Ukraine
00:30En cas de cesser le feu, le président ukrainien et les émissaires de Donald Trump
00:35Peut-on faire confiance aux Américains dans le contexte actuel ?
00:39Washington veut annexer le Groenland, on se demande jusqu'où ira Donald Trump après son opération au Venezuela
00:44Et si les Européens ne sont pas trop tendres avec les Etats-Unis, on va en parler parce que c'est capital
00:50Mais d'abord, cette séquence hier soir à l'Elysée, les chefs d'Etat réunis ont annoncé le soutien des Américains
00:56A une force internationale déployée en Ukraine quand il y aura un cessez-le-feu
01:01Ça veut dire que ça y est, Washington a clairement choisi son camp entre Kiev et Moscou ?
01:06Oui clairement hier ça n'était pas une réunion comme les autres, c'était un grand jour pour la paix
01:11Pour la paix, pour l'Ukraine et pour l'Europe
01:13Parce que c'est la première fois depuis des décennies qu'une trentaine de pays, de l'Europe mais aussi de l'Amérique du Nord et de l'Asie
01:22Mettent en commun leurs forces militaires pour que la paix en Ukraine, une fois conclue, puisse être garantie
01:28C'est totalement inédit, c'est une initiative française et il y a donc de quoi être fier
01:33Et contrairement à ce que disait Pierre Aski à l'instant, ça n'est pas un miracle
01:37C'est le fruit de mois et de mois de négociations
01:40Et effectivement les Etats-Unis, puisque vous m'interrogez là-dessus, qui poursuivent leur médiation entre l'Ukraine et les Etats-Unis
01:46Ont hier, à Paris, pris leur responsabilité
01:50Ils ont dit qu'ils prendraient en charge le suivi et la vérification du cessez-le-feu
01:55Ce qui est absolument majeur puisque vous savez qu'une fois qu'on conclut un cessez-le-feu, encore faut-il vérifier qu'il n'est pas violé
02:01Mais ils sont allés plus loin et ils ont dit qu'ils apporteraient leur soutien à la force multinationale pour l'Ukraine
02:07Qui, comme vous l'avez dit, en deuxième rideau, à l'arrière de la ligne de front
02:11Viendra soutenir la première ligne qui est l'armée ukrainienne
02:16Qu'est-ce que ça veut dire, Jean-Noël Barraud, apporter son soutien ?
02:18Ça veut dire riposter en cas d'attaque russe ?
02:20Ça veut dire d'abord apporter un certain nombre de capacités militaires
02:24En soutien des capacités militaires de cette coalition des volontaires
02:28Qui eux-mêmes, en arrière de la ligne de front, soutiennent cette armée ukrainienne
02:32Qui va, avec 800 000 militaires, être, je dirais, la première ligne de défense de l'Ukraine
02:39Et puis, effectivement, se pose la question du cas où
02:43Là, même si, je dirais, ces garanties de sécurité ont vocation à dissuader toute nouvelle agression
02:49Mais pour qu'elle soit dissuasive, il faut pouvoir dire qu'en cas de nouvelle agression, il y aura une réponse
02:55Et cela aussi, les Etats-Unis se sont...
02:57Donc là-dessus, c'est clair, parce que dans la déclaration finale, ce n'était pas indiqué
03:01Si cesser le feu, il y a et on n'en est pas là
03:05S'il y a force internationale, force d'interposition en quelque sorte en Ukraine
03:09S'il y a attaque russe, les Etats-Unis riposteront et aideront les troupes européennes
03:15C'est aussi clair que ça ?
03:16Il est normal que dans des déclarations diplomatiques
03:21On fasse une certaine économie des mots et des propositions
03:26Mais ce que je peux vous dire, c'est que par rapport à là où nous en étions
03:30Il y a encore neuf mois, au moment de l'altercation entre le président Trump et le président Zelensky
03:36Nous avons franchi un nombre considérable d'étapes
03:39Et que désormais, bien que poursuivant leur médiation entre la Russie et l'Ukraine
03:44Les Etats-Unis ont pris leur responsabilité
03:47Il y a un petit sujet entre Européens
03:48Parce que si le président Macron parle de plusieurs milliers de soldats français potentiellement déployés en Ukraine
03:54Les Italiens et les Allemands ne veulent pas envoyer de militaires sur le terrain ukrainien
04:00Il y a plus de 30 pays qui sont impliqués
04:02Impliqués pour faire quoi ?
04:05D'abord, régénérer l'armée ukrainienne
04:08L'armée ukrainienne, avant l'agression et l'invasion de la Russie, c'était moins de 400 000 soldats
04:15L'objectif c'est de les maintenir à 800 000
04:19Donc il va falloir leur donner des capacités
04:20Premier élément
04:21Deuxième élément, cette force multinationale pour l'Ukraine
04:25Qui, en arrière de la ligne de front, dans les airs, en mer et sur terre
04:29Va exercer un soutien et donc une présence dissuasive
04:34Mais donc tous n'y participeront pas ?
04:35Et chacun participe à l'une ou l'autre des composantes
04:38Ce qu'il faut dire c'est que tout ça c'est en cas de cesser le feu
04:41Et que ce cesser le feu il paraît encore très loin
04:45Ça bloque toujours sur les mêmes points de territoire
04:50Le président ukrainien parlait d'un accord de paix scellé à 90%
04:53Même si les 10% manquants sont ceux qui contiennent tout
04:56C'est quoi l'échéance à venir ?
04:59Qu'est-ce qu'on peut imaginer en termes de cesser le feu dans les semaines, les mois qui viennent ?
05:02Évidemment la balle est désormais dans le camp de la Russie
05:04Qui doit accepter de mettre fin à cette guerre d'agression
05:09Qui épuise les ressources du peuple russe etc
05:12Mais je veux quand même souligner qu'au-delà de l'Ukraine
05:15Qui est une priorité absolue pour nous, pour la sécurité de l'Europe
05:18Cet exercice inédit qui a conduit des chefs militaires
05:22Venant de plus de 30 pays à l'initiative du président de la République
05:25A partager une planification militaire en commun
05:29C'est un gage pour notre capacité à nous défendre à l'avenir
05:33Contre toutes les menaces, contre d'autres menaces
05:35Sauf que Jean-Noël Barraud, il y a cette situation paradoxale que soulevait il y a quelques instants Pierre Aski
05:39Vous vous félicitez encore ce matin de l'appui des Américains
05:43Ces mêmes Américains qui l'assument
05:46Ils veulent annexer un territoire européen
05:47Dans le cas d'espèce le Groenland
05:48Qui appartient au Danemark
05:50Qui fait partie de l'alliance atlantique
05:54Territoire européen au sens propriété du Danemark
05:56Même si les Américains considèrent que ça appartient à ce qu'ils appellent l'hémisphère occidental
05:59Encore cette nuit, la porte-parole de la Maison-Blanche dit que Donald Trump étudie plusieurs options
06:04Y compris celle d'utiliser l'armée
06:07Comment est-ce qu'on peut faire confiance à des interlocuteurs
06:10Qui, le mardi, vous soutiennent sur cette coalition des volontaires
06:16Et qui, dans la nuit, assument de vouloir annexer un territoire qui appartient au Danemark ?
06:20D'abord, nous l'avons dit clairement
06:23Le président de la République l'a dit sur place au Groenland
06:25Je l'ai dit moi-même sur place, à nuque
06:28Le Groenland n'est pas à vendre
06:30Il appartient aux Groenlandais
06:32Et son avenir se définira dans l'accord entre les autorités du Groenland et du Danemark
06:37Quant à une éventuelle intervention par la force
06:42Même si je ne fais pas de politique ou de diplomatie fiction
06:45Là, ce n'est pas de la politique fiction, c'est la porte-parole de la Maison-Blanche
06:48Elle n'aurait absolument aucun sens
06:50Pour un pays de l'OTAN
06:52De s'en prendre à un autre pays de l'OTAN
06:55Ça n'aurait aucun sens
06:56Et surtout, ça serait absolument contraire aux intérêts des Etats-Unis
07:00Mais sauf que, pardon mais Jean-Noël Barraud
07:02Vous dites que ça n'aurait aucun sens
07:04On entend le président de la République qui, d'hier soir, chez nos confrères de France 2
07:07Ne pas imaginer que les Etats-Unis puissent violer la souveraineté danoise
07:10Absolument
07:10Mais c'est soit de la naïveté, soit du déni
07:13Puisque là, vous avez la Maison-Blanche qui, officiellement, dit
07:16On envisage toutes les options, y compris celles d'utiliser l'armée
07:19Et qui donne même un échéancier
07:21Puisqu'il y a quelques jours, Donald Trump disait
07:22On va s'en occuper dans les 20 jours
07:24Donc c'est très concret, c'est pas une vue de l'esprit
07:26Je crois que les Etats-Unis d'Amérique, jusqu'à Nouvel Ordre
07:29Sont très attachés à l'Alliance transatlantique, à l'OTAN
07:33Auquel ils ont apporté leur concours
07:37Avec la sécurité de l'Europe
07:39Mais dont ils ont retiré des dividendes
07:42Des bénéfices exceptionnels
07:43Et je crois qu'il faut faire attention
07:45Tout en les prenant au sérieux
07:47A ne pas surinterpréter certaines voix qui s'expriment
07:49Puisque moi-même, j'étais hier au téléphone
07:52Avec le secrétaire d'Etat, le responsable de la diplomatie
07:54Des Etats-Unis d'Amérique
07:56Marco Rubio, qui a confirmé
07:58Que ça n'était pas l'optique retenue par les Etats-Unis
08:02Donc lui vous dit, on ne touchera pas au Groenland ?
08:04Il a écarté qu'on puisse imaginer
08:08Que se produise au Groenland
08:10Ce qui vient de se produire au Venezuela
08:11Mais pourtant, je ne comprends pas très bien
08:13Parce que Donald Trump, jusqu'à présent
08:15Il fait à peu près tout ce qu'il dit
08:16Donc quand il répète qu'il veut se procurer le Groenland
08:20Ça n'est pas forcément par voie militaire
08:22Je vous invite à peut-être qualifier un tout petit peu vos propos
08:25Puisque si je vous prends au mot
08:27Il met souvenir que Donald Trump a dit
08:31A plusieurs reprises
08:32A de nombreuses reprises qu'il mettrait fin
08:34A la guerre en Ukraine dans 24 heures
08:35Ce n'est pas tout à fait ce qui s'est passé
08:37Donc si vous voulez bien
08:38Ne soyons pas fascinés
08:39Comme des spectateurs impuissants
08:41Par le déploiement de forces
08:44Auxquelles on assiste
08:44Et regardons les choses avec sang-froid
08:47Il y a aux Etats-Unis
08:48Un soutien massif
08:50Pour l'appartenance de ce pays à l'OTAN
08:52Appartenance qui, du jour au lendemain
08:55Serait compromise
08:57Par, je dirais, toute forme
09:00D'agressivité à l'égard d'un autre membre
09:03C'est une alliance
09:04Les membres se doivent le respect mutuel
09:06Comment est-ce que vous qualifiez
09:08Ce que répète Donald Trump depuis quelques jours
09:10Sur le Groenland
09:11Si ce n'est pas une menace, c'est quoi ?
09:13Je l'ai dit à plusieurs reprises
09:15D'abord, je ne suis pas là pour commenter
09:17Ou qualifier
09:18Ce que j'ai dit à plusieurs reprises
09:19C'est que le Groenland n'est ni à prendre
09:21Ni à vendre
09:22Que c'est un territoire arctique
09:23Et que c'est un territoire européen
09:24Et qu'il le restera
09:25Juste deux commentaires politiques
09:28Edouard Philippe qui, dans les colonnes du Figaro ce matin
09:29Dit que l'Europe est devenue un commentateur du monde
09:31L'ancien président de la République hier
09:33Qui chez nos confrères de France Info
09:34Vous appelle à assumer davantage le rapport de force
09:38Est-ce qu'il n'y a pas un peu de faiblesse
09:40Dans votre discours ?
09:42Je vais juste citer cette déclaration commune
09:44France, Allemagne, Italie, Pologne, Espagne, Royaume-Uni
09:45Il revient au Danemark et au Groenland
09:47Et à eux seuls de décider des questions
09:48Concernant le Danemark et le Groenland
09:49Est-ce que vous ne gagneriez pas
09:51Y compris ce matin
09:52A être plus ferme vis-à-vis de l'administration américaine
09:54Vis-à-vis de Donald Trump ?
09:57Je crois que nous ne manquons
09:58D'aucune forme de fermeté
09:59D'ailleurs regardez, nous n'avons pas attendu
10:01Les déclarations récentes
10:03Que vous avez mises au menu de cet entretien ce matin
10:05Pour nous préoccuper du Groenland
10:07Le président de la République, je le disais, s'y est rendu
10:09Je m'y suis rendu moi-même
10:11J'y ai annoncé la création d'un consulat
10:13J'y ai séjourné sur un bâtiment militaire français
10:16Qui participait à des exercices militaires
10:18En lien avec la marine danoise
10:20Les autorités groenlandaises
10:22Donc nous sommes présents
10:24Nous avons même renforcé notre présence
10:26Depuis que cette question a été posée
10:29Quant à la situation plus générale du monde dans lequel nous sommes
10:33Notre position, ça n'est ni de nous lamenter comme des spectateurs
10:37Des violations du droit international
10:39Ni de jeter le droit international avec l'eau du bain
10:42Notre position, c'est de défendre ces grands principes
10:45Parce qu'ils sont justes
10:47Mais en même temps, de nous renforcer
10:49Et de nous réarmer
10:50Pour pouvoir nous défendre contre la loi du plus fort
10:53Nous avons Frédéric au standard
10:55Dans ce contexte de bouleversement du monde
10:58Tel qu'on le connaît aujourd'hui
10:59Bonjour Frédéric, bienvenue
11:00Vous avez une question à poser au ministre
11:04Bonjour
11:05Seulement vous, monsieur Trond, est-il toujours notre ami, un personnel, un concurrent, voire un adversaire
11:13Ou un ami ou même un autre patron
11:16En fonction de votre analyse, j'aimerais savoir ce que comptent faire les autorités françaises
11:22En dehors du déni que soulevait, à mon avis, ce titre d'agenda de la main
11:28En dehors de publier des communiqués, souvent contradictoires
11:32Merci Frédéric, la ligne n'est pas très bonne
11:34Donc je résume, Trump, un ami, un adversaire, un patron
11:38Et qu'est-ce qu'on fait ?
11:40Merci beaucoup Frédéric et bonne année à vous et à vos proches
11:43Posez, à mon avis, la question principale de cette rentrée
11:46Alors, entre les pays du monde, il n'y a pas tellement d'amitié
11:51Il y a des intérêts, il peut y avoir des valeurs partagées
11:53Donc je n'irai pas jusqu'à qualifier d'amitié les relations entre les pays
11:57Ensuite, la France n'a pas de patron
11:59La France est indépendante, c'est une grande nation qui est souveraine
12:03Qu'est-ce qu'on fait ?
12:04Eh bien, dans un moment où le monde, de toute évidence, est désormais soumis à la loi du plus fort
12:09Même si nous le regrettons et que nous ne pouvons pas nous y résoudre
12:12Parce que la loi du plus fort conduit à l'instabilité et à la guerre
12:16Eh bien, nous nous renforçons, nous nous réarmons
12:19Réalement sur le plan militaire, sur le plan économique et sur le plan moral
12:23Et c'est la raison pour laquelle, Frédéric, il est si important
12:26Que nous puissions donner à la France un budget le plus rapidement possible
12:30A nos armées un budget le plus rapidement possible
12:33Pour que nous puissions nous défendre
12:35Contre ceux qui pourraient, d'une manière ou d'une autre, porter atteinte à nos intérêts
12:39Jean-Noël Barraud, juste avant de parler du Venezuela
12:41Puisque Frédéric, vous posez la question de ce que vous faites
12:44Là encore, restons un instant sur la question du Groenland
12:46Si d'aventure, Donald Trump décidait de passer à exécution quant à ces menaces d'annexion de ce territoire
12:52Qu'est-ce que vous feriez ? Est-ce que vous avez un plan ?
12:55Par exemple, à votre place hier, dans ce studio avec Florence, Dominique de Villepin disait
12:59Eh bien, il ne faut pas hésiter à menacer d'utiliser ce qu'on appelle l'outil anti-coercition européen
13:03C'est-à-dire des mesures de rétorsion économique
13:05Est-ce que vous avez un plan si Donald Trump décide de dire le Groenland est à nous ?
13:11Dominique de Villepin était un grand ministre des Affaires étrangères
13:14Son privilège, c'est de ne plus l'être et de pouvoir donc faire un peu de diplomatie fiction
13:19Ce que je me refuse à faire
13:20Ce que je puis vous répondre en tout cas
13:21C'est que, quelle que soit la forme des intimidations et quelle que soit leur provenance
13:27Eh bien, nous avons engagé un travail, bien sûr, au Quai d'Orsay
13:30Pour nous préparer à riposter, à répondre et à ne pas répondre seul
13:37Parce que pour répondre, il faut être convaincant et percutant
13:41Et donc, une fois que ce travail aura abouti dans les prochains jours
13:46Pour pouvoir le partager avec nos principaux partenaires
13:48C'est-à-dire un plan si d'aventure le Groenland était annexé
13:50Quelles que soient les formes de l'intimidation
13:52On est là aujourd'hui sur le Groenland parce qu'on a entendu dans la nuit
13:55Des déclarations tonitruantes
13:58Parce qu'on l'entend
13:58En venant des Etats-Unis
13:59Pardonnez-moi, il y a eu d'autres gestes qui s'apparentent à des formes d'intimidation
14:03Rappelez-vous des sanctions qui ont été prises à l'encontre de cinq personnalités européennes
14:07Il y a encore quelques jours
14:09Eh bien, face à ces barques d'intimidation
14:11Nous voulons agir, mais agir avec nos partenaires européens
14:15C'est la raison pour laquelle j'ai invité aujourd'hui mon collègue allemand et mon collègue polonais
14:21Puisque nous formons ensemble un triptyque, un trio qui a une capacité d'entraînement sur l'Europe
14:27Et c'est de cette question dont nous allons discuter aujourd'hui
14:30Mais qu'est-ce qu'on attend, Jean-Noël Barraud ?
14:32Pourquoi est-ce qu'on est si lent à réagir et à mettre un pied dans ce rapport de France ?
14:37Non, je ne crois pas qu'on soit inactifs
14:41Est-ce qu'on doit accélérer le tempo ? Oui
14:42Et d'ailleurs, ça fait huit ans que la France le dit
14:44Et on a obtenu des premiers résultats
14:46Pour revenir à la première question que vous m'avez posée tout à l'heure, regardez
14:50C'est pas très clair, Jean-Noël Barraud ne peut pas dire que ça dissuade franchement
14:52Les responsables de l'administration américaine
14:54De ne pas avoir ces propos tonitruants comme celui de cette nuit
14:57Ah, vous savez, je pense que les voix européennes restent entendues aux Etats-Unis d'Amérique
15:02Où beaucoup sont conscients de la valeur de l'appartenance à l'OTAN
15:08Du fonctionnement de l'OTAN pour la sécurité américaine
15:11Juste avant de parler du Vénézuat, vous aviez il y a quelques instants cette expression
15:14Il n'y a plus d'amitié entre les... Il n'y a pas d'amitié entre les peuples
15:16Il n'y a pas d'amitié...
15:17Si, de l'amitié entre les peuples, il y en a
15:19Mais en général, on ne parle pas d'amitié entre les nations
15:25Vous voyez, il y a des intérêts, des valeurs partagées
15:27Donc les Etats-Unis, ce n'est pas un pays ami, ce n'est plus un pays ami
15:29Le peuple américain et le peuple français ont une longue histoire commune
15:33De défense de la liberté
15:35Qui a commencé avec, vous savez, cette aventure extraordinaire du jeune Lafayette
15:40Qui a 19 ans est allé prêter secours à ces Américains
15:44Qui voulaient obtenir leur indépendance
15:46Et au XXe siècle, je dirais, les jeunes marines américains
15:52Qui ont débarqué sur les plages de Normandie au péril de leur vie
15:54Au sacrifice de leur vie pour libérer la France
15:56Donc il y a cette amitié ancrée dans l'histoire
15:58On a la sensation que les temps changent tout de même
16:00Et si on s'interroge sur la faiblesse des Européens, Jean-Noël Barros
16:03C'est aussi à cause de la réaction initiale d'Emmanuel Macron
16:07Après l'opération du Venezuela, l'opération américaine
16:10La capture du président Maduro
16:13Le chef de l'Etat, Emmanuel Macron, dans un premier temps
16:16Il n'a pas dit un mot du droit international
16:18Et du non-respect du droit international
16:20Il a fini par durcir ses propos
16:22Quelques jours plus tard
16:24Est-ce que c'est une erreur ? Est-ce que c'est une faute ?
16:28Je suis un peu déçu
16:29Parce que vous me donnez l'impression de ne pas lire les communications du Quai d'Orsay
16:33Alors tout à fait, de votre côté, vous étiez plus ferme
16:36La France parle d'une seule voix
16:38Elle a d'abord dit, par une communication du Quai d'Orsay
16:41Les crimes de Nicolas Maduro
16:43Dictateur sans scrupules
16:45Qui a confisqué les libertés à son peuple
16:47Et qui lui a volé les élections
16:49Elle a dit dans le même élan
16:50Que la méthode employée contrevenait au droit international
16:54Et elle a même été jusqu'à dire
16:55Que la multiplication des violations
16:58Par des membres permanents du Conseil de sécurité
17:01Quels qu'ils soient du droit international
17:04Aurait de lourdes conséquences sur la sécurité du monde
17:07Et ce faisant, la France a eu sans doute le propos le plus tranché
17:11Et ça c'est vous qui l'avez dit
17:12Parce qu'Emmanuel Macron, son message
17:14Il était tellement sympathique pour Donald Trump
17:17Que Donald Trump l'a retweeté
17:19Troisième élément de la réaction française
17:23Nous avons dit, par la voix du président de la République
17:25Que nous appelions à une transition démocratique, pacifique
17:29Qui respecte la souveraineté du peuple vénézuélien
17:32Et le choix du peuple vénézuélien
17:34Jean-Noël Barraud
17:35Cette voix de la France, elle est une, unique
17:38Et elle est cohérente
17:39Le reste, c'est de la littérature
17:42Et ça n'intéresse pas
17:43C'est absolument pas pour sous-estimer l'importance que vous avez
17:46Comme chef de la diplomatie
17:47Non, non, pas du tout
17:48Et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle on vous invite dans ce studio
17:51Mais sous la Ve République
17:52Le président de la République, il est chef des armées
17:54C'est lui qui prend les décisions, la diplomatie
17:56Et quand on regarde d'ailleurs par rapport à ces homologues européens
17:59Qui, certes, ont eu des propos pour le moins elliptiques ou embarrassés
18:02Au moins, il y avait des références
18:04Plus ou moins claires aux droits internationaux
18:06Là, il n'y en avait aucune
18:06Le propos est repris par Donald Trump
18:08Au fond, c'est un peu la même question qu'on se pose
18:10Sur les, parfois, les contorsions qu'il y a
18:13Quant au Groenland
18:13Est-ce que vous avez peur de froisser Donald Trump ?
18:15Non, non, mais regardez
18:15Vous avez peur de Donald Trump ?
18:17Non, Benjamin Duel
18:17Vous me posez la question inverse
18:19De celle que vous m'avez posée il y a quelques instants
18:21Tout à l'heure, vous me disiez, à juste titre
18:23Mais est-ce que tout ça
18:25Ce n'est pas le symptôme d'une grande impuissance ?
18:27Et maintenant, vous me dites
18:27Pourquoi est-ce que vous ne faites pas des déclarations ?
18:30Eh bien, je vous le répète
18:31Parce que notre position
18:33C'est exactement la même question que je vous pose
18:35Notre position, ce n'est ni de nous complaire
18:36De nous prélasser
18:38Dans des déclarations impuissantes
18:40Ni de jeter les grands principes
18:43Avec l'eau du bain
18:45Et c'est pourquoi, s'agissant du Venezuela
18:47Nous avons d'abord fermement
18:49Exprimé ce que nous pensions
18:51De Nicolas Maduro et de la méthode employée
18:53Mais nous ne nous sommes pas comportés
18:54Sur l'appel à la transition démocratique
18:56Vous avez le sentiment d'être entendu
18:57Parce que quand on voit
18:58Mais si la France ne le dit pas
18:59Qu'est-ce qui peut se passer ?
19:01Eh bien, c'est que le jour d'après
19:02Pour les Vénézuéliens
19:03Eh bien, la transition soit confisquée
19:05C'est pourquoi il était si important
19:06Que la France puisse dire
19:07Hier, la vice-présidente d'Elsi Rodrigues
19:10Qui est donc désormais la présidente par l'intérim
19:12A prêté serment
19:12Les appels à ce que le vainqueur de l'élection de 2024
19:16Puisse prendre le pouvoir
19:17Restent pour l'instant
19:18Et hier, j'ai convoqué cet appel téléphonique
19:22Avec les ministres des Affaires étrangères du G7
19:25Que la France préside depuis le 1er janvier
19:26Et j'ai interrogé le secrétaire d'Etat américain
19:29Sur cette question
19:29Qui nous a dit que l'objectif
19:31Était bien une transition démocratique
19:32Maintenant, nous voulons
19:33Donc visiblement, Marco Rubio
19:34Vous dit beaucoup de choses au téléphone en privé
19:35Qu'il ne dit pas dans les médias
19:37Ou dans des communiqués
19:38Et nous voulons que cette transition
19:39Puisse intervenir le plus rapidement possible
19:41Et c'était très important
19:42Que la France le dise
19:43Parce que si la France ne le dit pas
19:46Eh bien, le risque
19:47C'est que cette transition soit confisquée
19:49Un mot, Jean-Noël Barrault
19:51Quand vous entendez Mathilde Panot
19:52La patronne des députés insoumis
19:53Qui refuse de qualifier Nicolas Maduro
19:56Dictateur
19:56Il va y avoir un débat
19:59A l'Assemblée nationale
20:00J'appelle ça du double standard
20:01Voyez ?
20:02J'appelle ça du double standard
20:03Comme le Premier ministre l'a fait
20:04Admirablement
20:05Au banc de l'Assemblée nationale
20:06Alors, on n'a hélas pas le temps
20:08De prendre Michel au standard
20:09Qui pose une question intéressante
20:10Comment peut-on donner une image forte
20:12Sur le plan extérieur
20:13Alors qu'on est faible à l'intérieur
20:15J'en veux pour preuve
20:16Le traité du Mercosur
20:18Que l'Europe s'apprête à signer
20:20Avec les pays d'Amérique latine
20:22On a perdu sur ce dossier
20:25La France est la première puissance agricole
20:27Elle ne veut pas de ce traité
20:28Les agriculteurs le font savoir
20:30Sur leur tracteur en ce moment
20:32Pour autant, l'Europe va signer
20:35Vous parlez de force à l'extérieur
20:37Et je veux vous dire
20:38Puisqu'on commémore le triste anniversaire
20:42De Charlie et de l'Hypercacher
20:43Que samedi soir
20:46Les forces militaires françaises
20:48Ont frappé les installations de Daesh
20:51En Syrie
20:52Un an jour pour jour
20:53Après le déplacement que j'ai fait là-bas
20:55Moins de trois semaines
20:57Après la chute du régime de Bachar Al-Assad
21:00Non, mais je crois que ce n'était pas
21:01Tout à fait la question de Michel
21:02La question de Michel, c'est
21:03Comment est-ce qu'on fait pour démontrer
21:04De la puissance à l'extérieur ?
21:06Et bien nous l'avons fait
21:07Avec beaucoup de résolution
21:10Le week-end dernier
21:11Un mot sur le Mercosur
21:12Donc la France première puissance agricole
21:14On est contre, on perd
21:16Il arrive à la France
21:17Et vous avez invité monsieur de Villepin hier
21:19Il arrive à la France
21:20D'être isolé sur certains sujets
21:23Ou de n'être pas tout à fait suivi
21:25Par ses partenaires
21:26Mais l'histoire, souvent
21:27Voir toujours, lui donne raison
21:29Et notre position depuis neuf ans
21:32C'est que l'Europe doit être plus souveraine
21:34Et la souveraineté alimentaire
21:35Elle passe par la défense
21:36De nos agriculteurs
21:37Là, ce n'est pas seulement être isolé
21:38C'est que vous avez des agriculteurs
21:40On en entendait un
21:40Notamment à 7h50
21:41Le patron de la coordination rurale
21:43Qui constate l'impuissance
21:45Et la faiblesse de la France
21:46Vous êtes chef de la diplomatie
21:47La France est la première puissance agricole en Europe
21:49Et est incapable de s'opposer
21:51A la conclusion d'un traité de libre-échange
21:53Entre les pays du Mercosur
21:54Et l'Union Européenne
21:55Mais la messe n'est pas dite
21:57Ah bon ?
21:57Non
21:58On est encore loin
21:59De la ratification de cet accord
22:00Nous allons continuer
22:02A nous opposer à cet accord en l'état
22:03Donc vous avez encore bon essai
22:05J'aimerais simplement attirer votre attention
22:07Sur les concessions inédites
22:10Qui ont été obtenues
22:11Par le Président de la République
22:12Le Premier ministre
22:12Au profit des agriculteurs
22:14Au sein de cet accord
22:16Dit du Mercosur
22:17Mais aussi au-delà
22:18Donc c'est pas si mal
22:19Regardez les annonces
22:19Qui ont été faites hier
22:20Sur d'autres sujets
22:21Qui ne sont pas liées au Mercosur
22:23Mais comme la politique agricole commune
22:25Et regardez les décisions
22:26Que nous avons prises
22:26Pour interdire l'accès au marché unique
22:28De certaines substances agricoles
22:29Donc c'est pas si mal finalement
22:31Vous allez peut-être
22:31Donc il n'y a aucune faiblesse
22:33A la position de la France
22:33Peut-être que vous allez vous abstenir
22:35Quand il faudra
22:35Quand le traité sera lié à la signature
22:38Non le compte n'est pas
22:39D'accord
22:39Vous allez essayer de tenir plus
22:41Cet accord n'est pas acceptable en l'état
22:41Et la souveraineté alimentaire
22:43Nous allons continuer
22:44De convaincre
22:45Nos partenaires européens
22:47Que ça n'est pas accessoire
22:48Mais que c'est essentiel
22:50Merci Jean-Noël Barraud
22:51D'avoir été au micro de France Inter
22:53Ce matin
22:53La revue de presse à suivre
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