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  • il y a 4 mois
L'ambassadeur de Russie en France est convoqué vendredi au ministère français des Affaires étrangères pour évoquer l'incursion des drones en Pologne, a annoncé sur France Inter le chef démissionnaire de la diplomatie, Jean-Noël Barrot, emboitant le pas à plusieurs autres pays européens. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20/le-grand-entretien-du-vendredi-12-septembre-2025-7307535

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00:00Grand entretien ce matin avec Marion Lourdes, nous recevons celui qui est toujours le chef de la diplomatie française,
00:07ministre des missionnaires de l'Europe et des affaires étrangères.
00:11Vos questions, vos réactions chers auditeurs au 01 45 24 7000 ou sur l'application de Radio France.
00:19Bonjour Jean-Noël Barraud et bienvenue juste pour un exercice de pédagogie dans une période comme celle-ci
00:26où il y a donc un nouveau Premier ministre qui n'a pas encore formé son gouvernement.
00:31Vous êtes toujours en train de travailler sur les dossiers dont vous aviez la charge jusqu'à présent.
00:37Le monde ne s'arrête pas de tourner, vous le savez.
00:42La continuité de l'État est assurée, le gouvernement fonctionne sous le régime des affaires courantes et sous l'autorité du Premier ministre.
00:49Alors justement, puisque le monde n'arrête pas de tourner, c'était hier soir le ministre iranien des affaires étrangères
00:56qui a affirmé, je le cite, un accord sur l'échange des prisonniers français en Iran qui approchait maintenant de sa phase finale.
01:04Aucune réaction de la France pour le moment et merci d'être là ce matin pour nous en dire plus.
01:10Trois Français sont détenus en Iran, Cécile Colleur et Jacques Paris qui sont accusés d'espionnage au profit d'Israël
01:17et qui sont arrêtés depuis plus de trois ans en Iran.
01:20Lénard Monterlos qui a été interpellé en juin pendant un voyage à vélo.
01:26Quand l'Iran annonce qu'un accord avec la France pour un échange de prisonniers est proche, qu'en est-il Jean-Noël Barraud ?
01:31La France exige avec constance la libération immédiate et inconditionnelle de nos ressortissants en Iran.
01:39Et je ne ferai aucun commentaire sur les propos du ministre iranien.
01:43Pourquoi ?
01:44Aucun commentaire.
01:47Non, mais pourquoi ?
01:48Parce que ce sont des sujets sensibles, des sujets d'une grande gravité et que je n'ai pas de commentaire à faire.
01:53Non, justement, puisque lui en parlait et qu'il disait que l'accord se rapprochait et que j'imagine que ça donne énormément d'espoir aux amis, aux proches, aux familles des otages.
02:03Mais bon, si vous n'en dites rien, passons au dossier suivant avec vous Marion.
02:08Oui, je voulais vous parler de ces 19 drones qui ont survolé l'espace aérien polonais dans la nuit de mardi à mercredi.
02:16Le président de la République a annoncé hier soir que la France allait mobiliser trois rafales pour contribuer à protéger cet espace aérien polonais face à 19 drones dans l'espace aérien, face à un pays membre de l'OTAN qui se sent menacé.
02:31Est-ce que c'est suffisant trois rafales ?
02:33D'abord, ces incursions sont absolument inacceptables. Ça n'est pas nouveau. C'est une stratégie délibérée de la Russie pour nous intimider, pour nous tester.
02:42Pas un accident.
02:43L'année dernière, accident ou pas, c'est inacceptable. L'année dernière, ce sont 15 incursions de vecteurs russes qui ont touché les territoires européens ou de l'OTAN.
02:53Face à ça, la réaction a été extrêmement ferme puisque des moyens militaires européens, dans le cadre de l'OTAN, ont été mobilisés pour intercepter des drones.
03:02Ce sont des avions polonais, des avions néerlandais et italiens. Et puis, et je veux le souligner, parce que ça n'est que la huitième fois depuis la création de l'OTAN, il y a 76 ans,
03:12les pays membres de l'OTAN se sont réunis au titre de l'article 4 et ont unanimement condamné ces incursions et rappelé leur soutien à la Pologne.
03:22Ensuite, au niveau national, nous avons immédiatement marqué notre disponibilité pour contribuer davantage encore au renforcement de la protection de ce qu'on appelle le flanc est de l'OTAN,
03:33c'est-à-dire l'est de l'Europe. Et le président de la République a décidé de déployer trois chasseurs rafales qui auront pour mission la détection
03:41et le cas échéant, la destruction de vecteurs, de drones qui menaceraient le territoire polonais. Et d'autres pays suivront.
03:48Donc, vous pouvez détromper Volodymyr Zelensky, le président ukrainien, qui disait que les États condamnés, mais sans vraiment apporter de réponse ferme.
03:56Les Européens l'ont démontré la semaine dernière à l'initiative de la France à Paris. Je crois qu'il faut le rappeler parce que c'est absolument spectaculaire.
04:06Ils se sont réunis à l'initiative du président de la République pour apporter une réponse à la question des garanties de sécurité.
04:14Qu'est-ce que ça veut dire concrètement ? Ça veut dire que pour la première fois dans leur histoire, sans le faire au sein de l'OTAN,
04:20les pays européens, mais aussi des pays asiatiques et des pays d'Amérique du Nord ont décidé de mettre en commun des moyens militaires
04:26pour que le jour où un cessez-le-feu interviendra en Ukraine, la paix puisse être garantie, durable, et que la sécurité européenne puisse être assurée.
04:35Et donc, il y a vraiment quelque chose qui est en train de se passer. Non pas dans une logique d'agressivité ou d'escalade,
04:40mais dans une logique de défense. Défense de l'Ukraine, défense du territoire européen.
04:44Est-ce que ce n'est pas le signe, justement, d'une faiblesse de la défense antidrone de l'OTAN qui a été mise en lumière par cet épisode ?
04:53Les alliés de l'OTAN ont décidé, vous vous souvenez, avant l'été, ce sommet de l'OTAN qui a été parfois tourné en dérision,
05:02ils ont décidé, ils ont pris la décision de consacrer des ressources beaucoup plus importantes qu'auparavant à défendre l'Alliance.
05:09Vous vous souvenez, c'est le relèvement des dépenses de défense jusqu'à 3,5% et puis 5% une fois qu'on ajoute les dépenses qui concourent à la défense sans être des dépenses militaires à strictement parler.
05:19A quoi servait ce relèvement de la défense ?
05:21Précisément à pouvoir combler ces déficits, si l'on peut dire, qui ont pu s'accumuler au fil du temps,
05:29alors qu'à nos portes se joue une guerre qui est d'un ordre totalement nouveau, avec une participation, avec une contribution très significative des drones sur le front et sur les villes de l'arrière.
05:41Et donc l'OTAN est en train de se préparer justement à faire face à ces menaces.
05:45Mais je veux dire aussi que la Russie commettrait une grossière erreur à considérer que les Européens et les alliés de l'OTAN ne sont pas solidaires.
05:54Parce que l'OTAN, qui est une alliance, contrairement à tous les mensonges du Kremlin et de ses télégraphies, c'est une alliance défensive.
06:00Mais c'est l'alliance la plus puissante et la plus dissuasive du monde.
06:04Est-ce que l'ambassadeur de Russie est convoqué au quelle heure c'est ?
06:08Il sera convoqué ce matin.
06:09Il sera convoqué ce matin, qu'allez-vous lui dire ?
06:11Nous allons lui dire ce que je viens de vous dire.
06:13C'est-à-dire que nous ne nous laisserons pas intimider, que l'OTAN et ses alliés ont une vocation défensive et dissuasive qui est la plus puissante du monde
06:23et qu'il faut cesser de nous tester et de tenter de nous intimider.
06:27Alors il faut regarder les choses dans le détail.
06:30Face à la menace russe, la Pologne a demandé à l'OTAN d'activer l'article 4 du traité de l'Alliance.
06:36Et c'est très important, puisque c'est un article qui, je le cite, dit que les partis se consulteront à chaque fois que de l'avis de l'une d'entre elles,
06:46l'intégrité territoriale, l'indépendance politique, la sécurité de l'une des parties sera menacée.
06:51Il y a l'article 4 et il y a l'article 5.
06:54L'article 5, c'est celui qui, justement, permet la solidarité des acteurs de l'Alliance
06:59qui considèrent que l'attaque contre la Pologne serait une attaque dirigée contre l'ensemble des membres de l'Alliance Atlantique.
07:08On n'en est pas là.
07:11Je vous l'ai dit, l'article 4 témoigne de la gravité de la situation, puisque les consultations...
07:17Graves, mais pas si graves.
07:18Ça ne nous concerne pas directement.
07:20Ça n'est que la huitième fois depuis 76 ans, c'est-à-dire la gravité de la situation.
07:24Ensuite, je le disais, on ferait une grave erreur à penser que la solidarité entre les Européens est friable.
07:32Et je veux dire que dans les liens de solidarité qui nous lient avec la Pologne,
07:37il y a bien sûr l'OTAN, mais il y a aussi l'Union Européenne,
07:40et qu'il y a enfin le traité de Nancy que nous avons signé cette année, le 9 mai,
07:44et qui prévoit une clause de défense mutuelle.
07:50Je crois qu'il faut que chacun soit bien conscient, une nouvelle fois,
07:54que les Européens, l'OTAN, forment ensemble une puissance militaire qu'il ne faut pas tester.
08:02Mais Jean-Noël Barraud, il faut revenir sur cet article 5,
08:04parce que là, après la réunion, le secrétaire général de l'OTAN, Marc Rutteux,
08:09annonce une enquête sur le caractère accidentel ou non de ces intrusions de drones.
08:13Il y en a quand même eu neuf depuis 2022.
08:16On peut s'interroger sur le caractère accidentel.
08:19Finalement, est-ce que quand c'est la neuvième, on ne peut pas dire,
08:22c'est une attaque armée, il faut solliciter l'article 5
08:25et la solidarité des pays entre eux face à une attaque ?
08:28Je vous l'ai dit, intentionnel ou non, accidentel ou non,
08:32tout cela est très grave, tout cela est absolument inacceptable.
08:35Tout cela vient s'ajouter aux innombrables provocations de Vladimir Poutine
08:39qui voudraient faire croire que ce sont les Européens qui sont débattants en guerre,
08:42alors qu'il se permet de faire des incursions sur le territoire de pays européens.
08:47Et nous y avons répondu avec force.
08:48Je veux vous dire que quand des avions polonais, mais aussi néerlandais et italiens,
08:52abattent des drones russes quelques dizaines de kilomètres
08:57dans la profondeur du territoire polonais, c'est une réaction très forte
09:01et la décision du président de la République démontre notre intention
09:05de ne pas nous laisser intimider.
09:07Êtes-vous inquiet alors que commence aujourd'hui,
09:10juste à la frontière polonaise, un exercice militaire de la Biélorussie
09:15avec la Russie ?
09:17Jusqu'à 13 000 soldats qui vont être mobilisés pendant plusieurs jours,
09:21une démonstration de force, hasard du calendrier ou véritable tentative d'intimidation ?
09:26Toujours la même chose, la même tentative d'intimidation des Européens.
09:32Mais nous y répondons.
09:33Et je veux saluer d'ailleurs la décision ou l'annonce qui a été faite
09:36par la présidente de la Commission européenne,
09:38nous l'avons appelée à la faire depuis de longs mois maintenant,
09:42d'apporter 6 milliards d'euros supplémentaires à l'Ukraine
09:45pour qu'elle puisse fabriquer ses drones intercepteurs
09:49qui lui permettront de faire face aux attaques massives
09:52qui sont lancées par la Russie sur les villes de l'arrière
09:55pour mieux masquer son incapacité à progresser sur le front.
09:59Et puis en parallèle, lundi, ce lundi, l'Union européenne...
10:03Vous avez dit nous y répondrons.
10:06De quoi ?
10:07Vous avez dit vous nous y répondrons ?
10:09Non, je dis simplement que la Commission européenne
10:11vient d'annoncer des mesures financières
10:13qui vont permettre de répondre aux attentes exprimées par l'Ukraine
10:17pour fabriquer des drones de nature à défendre les villes de l'arrière
10:20contre les attaques massives et meurtrières lancées par la Russie.
10:23Mais je dis aussi que lundi, l'Union européenne, et c'est très important,
10:27va présenter un nouveau paquet de sanctions
10:29qui, pour la première fois que Donald Trump est revenu à la Maison-Blanche,
10:32aura été coordonné directement avec lui.
10:35Mais il y en a eu beaucoup, des paquets de sanctions.
10:38Qui, pour la première fois depuis l'arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche,
10:42aura été coordonné directement avec lui.
10:45Et c'est la garantie du succès, ça ?
10:46Ça va exercer une pression colossale sur la Russie de Vladimir Poutine,
10:52sur les ressources qu'il engouffre dans cette guerre d'agression,
10:57cette guerre impérialiste et coloniale,
10:59avec un seul objectif, faire changer son calcul
11:02et l'amener à consentir à cesser le feu.
11:04Alors, non, je parlais de votre phrase « nous y répondrons »
11:08puisque j'évoquais donc cet exercice militaire.
11:11Vous avez dit « nous y répondrons » et je me demandais comment, justement.
11:14Le soutien à l'Ukraine, le soutien militaire, le soutien financier
11:17et les sanctions qui, je le redis, c'est très important
11:20puisque nous y avons travaillé depuis des mois,
11:23malgré certaines tergiversations,
11:26pour faire en sorte que les États-Unis rallient
11:28les Européens, les Britanniques, les Canadiens
11:31dans l'effort de sanctions
11:33qui s'appliqueront sur Vladimir Poutine
11:35pour le faire changer d'attitude.
11:37Alors, autre sujet brûlant,
11:39c'est évidemment le Proche-Orient
11:41et autre sujet dans l'actualité internationale,
11:44Jean-Noël Barraud.
11:45Il y a eu cette déclaration définitive
11:48de Benyamin Netanyahou,
11:49le Premier ministre israélien,
11:52il y a quelques heures,
11:53lors d'une cérémonie de signature
11:55d'un important projet de colonisation
11:57en Cisjordanie occupée.
11:59Il n'y aura pas d'État palestinien.
12:01Cet endroit nous appartient.
12:03Israël qui approuvait le mois dernier
12:05la construction de milliers de logements
12:07en Cisjordanie
12:08qui devraient couper ce territoire en deux
12:10et qui interdirait de fait
12:12la constitution d'un État palestinien.
12:15Qu'est-ce que ça vous inspire ?
12:17Il n'y aura pas d'État palestinien
12:19alors que nous sommes à une dizaine de jours
12:21de la reconnaissance prévue par la France
12:23et d'autres pays de cet État palestinien.
12:27Eh bien moi, je dis qu'il y aura
12:28un État palestinien
12:30parce que c'est la seule solution
12:32susceptible d'apporter la paix
12:34et la stabilité dans la région
12:35parce que c'est la seule alternative
12:38à l'État de guerre permanent
12:40et c'est la seule manière
12:42de mettre fin au Hamas.
12:43Et vous le savez,
12:45il y a 6 millions de Juifs,
12:47il y a 6 millions d'Arabes
12:49sur ce territoire
12:50qui ne vont pas disparaître
12:51et seule une solution politique
12:54avec un État palestinien démilitarisé
12:57apportant toutes les garanties
12:59de sécurité à Israël
13:00et susceptible d'y mettre fin.
13:02C'est dans cet esprit
13:03que la France
13:05et l'Arabie Saoudite
13:06ont il y a 9 mois
13:07pris une initiative
13:09qui a créé une dynamique irréversible
13:11qui est en train de changer la donne
13:13et de lever une nouvelle espérance.
13:15Et je veux dire aussi
13:16que ce sont les déclarations
13:17du Premier ministre israélien
13:19mais qu'il y a des débats profonds
13:21qui traversent la société israélienne
13:23et ce que nous nous apprêtons à faire
13:25avec le Président de la République
13:27à New York
13:28dans 10 jours maintenant
13:30c'est de leur donner raison.
13:32De donner raison
13:33aux Palestiniens
13:34qui ont fait le choix
13:35de renoncer à la violence
13:37et de faire le choix
13:40de reconnaître Israël
13:42et c'est de donner tort
13:44notamment au Hamas
13:46et de lui faire échec définitivement.
13:47Il y a 148 États
13:48qui déjà reconnaissent l'État d'Israël
13:50et ça n'a rien changé pour l'instant.
13:51Vous ne craignez pas pour la France
13:52les mesures de rétorsion d'Israël,
13:54l'éventuelle fermeture
13:55du consulat français à Jérusalem
13:57l'impossibilité pour le moment
13:59pour le Président français
14:00de se déplacer en Israël ?
14:02Je veux redire
14:03l'esprit dans lequel
14:05nous avons construit cette démarche
14:06et en particulier
14:07ce que cela signifie
14:09s'agissant du Hamas.
14:11Nous n'avons
14:11contrairement à ce que j'ai pu entendre
14:13ou lire
14:14depuis que nous avons lancé
14:18cette initiative
14:18nous n'avons aucune sympathie
14:20pour ce mouvement terroriste
14:22coupable du pire massacre antisémite
14:24de notre histoire
14:25dans lequel 51 de nos compatriotes
14:28ont perdu la vie.
14:29Nous l'avons démontré
14:30dès les premiers jours
14:31avec cette coalition
14:32contre le Hamas
14:33qui a accueilli des réunions à Paris
14:35et permis d'assécher
14:36les financements du Hamas.
14:38Nous l'avons ensuite démontré
14:39lorsque nous avons sanctionné
14:40au niveau européen
14:41et au niveau national
14:44des responsables du Hamas.
14:45Et nous allons le démontrer aujourd'hui.
14:46Aujourd'hui,
14:48le 12 septembre,
14:49on le retiendra
14:51comme le jour
14:51de l'isolement international
14:53définitif du Hamas.
14:54Aujourd'hui,
14:55pour la première fois
14:56à l'initiative de la France,
14:57les Nations Unies
14:58vont condamner le Hamas.
15:00Plus précisément,
15:01un texte
15:02qui est le fruit
15:03de ce travail lancé par la France
15:04depuis neuf mois
15:04va être présenté
15:06à l'Assemblée Générale
15:06des Nations Unies,
15:07va être largement adopté
15:09qui condamne le Hamas
15:10et ses crimes,
15:11qui appelle à son désarmement
15:12et qui appelle
15:13à son exclusion définitive
15:14de toute participation
15:16à l'avenir de la Palestine.
15:17Plusieurs questions
15:18et vous vous en doutez
15:18de nos auditeurs
15:20ce matin
15:20qui concernent justement
15:21la question
15:22de la Palestine
15:24et la question
15:25de la guerre à Gaza.
15:27Marianne,
15:27qui se demande
15:28ce que vous pensez
15:29des conséquences
15:30de la reconnaissance
15:31de l'État de Palestine
15:32et si elle est de nature
15:34à suffire
15:35pour sauver
15:36le peuple palestinien.
15:39La reconnaissance
15:40de l'État de Palestine,
15:41je l'ai dit,
15:42nous l'avons conçue
15:43pour créer
15:43une dynamique irréversible
15:45réouvrant
15:46le chemin
15:48d'une paix
15:49et d'une stabilité
15:49dans la région
15:50et faisant échec
15:52au camp de la guerre
15:53à ceux
15:53qui voient
15:54l'avenir
15:55sous l'angle
15:56d'un grand Israël
15:57ou sous l'angle
15:58d'une Palestine
15:59qui irait du Jourdain
16:00à la mer.
16:01Mais ce n'est pas
16:01la seule chose
16:01que nous faisons,
16:02évidemment.
16:03Nous voulons
16:03continuer d'accentuer
16:04la pression
16:05sur le gouvernement israélien,
16:06pas sur le peuple israélien
16:07avec lequel la France
16:08a des liens
16:09et d'effectifs
16:09mais sur le gouvernement israélien.
16:10Justement,
16:11il y a une question
16:12d'un auditeur,
16:13Adrien,
16:13qui vous demande
16:14s'il faut sanctionner Israël.
16:16Lorsque vous entendez
16:17le Premier ministre israélien
16:19Benyamin Netanyahou
16:20et je répète cette phrase
16:21« Il n'y aura pas
16:21d'État palestinien
16:23cet endroit »
16:24parlant donc
16:24de la Cisjordanie
16:25nous appartient.
16:26Faut-il sanctionner Israël ?
16:28Je le dis,
16:30ce qui se passe
16:31à Gaza,
16:32la famine,
16:34ce qui se passe
16:34en Cisjordanie,
16:35la colonisation,
16:37le blocus financier
16:38sur l'autorité palestinienne,
16:39tout ça est inacceptable
16:40et il faut, oui,
16:41accentuer la pression
16:42sur le gouvernement israélien,
16:43pas sur le peuple
16:44mais sur le gouvernement israélien.
16:45Mais vous ne répondez pas
16:46précisément à ma question.
16:47Faut-il des sanctions ?
16:48Nous avons soutenu
16:49la démarche européenne
16:51visant à examiner
16:53le respect
16:53par le gouvernement israélien
16:55de l'article 2
16:56de l'accord d'association
16:57entre l'Union européenne
16:58et Israël.
16:58L'article 2,
16:59c'est le respect
17:00des droits de l'homme.
17:01La conclusion
17:01de cet examen
17:02a été la violation
17:04par le gouvernement israélien
17:05de ses obligations
17:06au titre du respect
17:07des droits de l'homme.
17:08Nous avons dit
17:09qu'il fallait
17:10en tirer les conséquences
17:11et prendre des mesures
17:13de restriction
17:14ou de sanction.
17:15Malheureusement,
17:16faute de majorité
17:17entre les Européens,
17:19tout ça n'a pas pu aboutir.
17:20Mais,
17:21mais,
17:22mercredi,
17:22dans son discours
17:23au Parlement européen,
17:24pour la première fois,
17:26la présidente
17:26de la Commission européenne
17:27a fait des ouvertures
17:29sur la sanction
17:30de certains responsables
17:31israéliens,
17:33sur la remise en cause
17:34de certaines
17:35des dimensions commerciales
17:36de l'accord
17:37d'association
17:40entre l'Union européenne
17:41et Israël.
17:41Peut-être,
17:42je l'espère en tout cas,
17:43que cela va faire
17:44bouger les lignes.
17:45Jean-Noël,
17:45revu le contexte actuel,
17:47on voulait aussi forcément
17:48vous parler de politique,
17:49de politique française.
17:51La France en est
17:51à son quatrième
17:52Premier ministre
17:53en moins de deux ans
17:54avec une dette
17:54de plus de 3 300 milliards d'euros.
17:58Vous qui rencontrez
17:59régulièrement
17:59des interlocuteurs étrangers,
18:02est-ce que notre voix,
18:03elle est encore audible
18:04et crédible aujourd'hui ?
18:05Ce qui est clair,
18:07c'est que notre poids
18:08à l'extérieur,
18:09notre force à l'extérieur
18:11dépend très directement
18:12de notre force intérieure,
18:14de notre force militaire,
18:16de notre force économique
18:17et financière,
18:18mais aussi de notre force morale.
18:19Mais on les entend,
18:20les médias étrangers,
18:21dire la France devient
18:22l'homme malade de l'Europe,
18:23on nous compare à la Grèce,
18:24on emprunte plus cher
18:25que l'Italie.
18:27Certes,
18:27n'oublions quand même pas
18:29que c'est à Paris
18:29la semaine dernière
18:30que les Européens,
18:32Asiatiques,
18:33Américains,
18:34se sont réunis pour cet exercice
18:35dont je le disais,
18:37qu'il est historique
18:38pour mettre en commun
18:39leurs moyens militaires
18:40au service de l'Ukraine
18:40et c'est encore
18:41à l'invitation de la France
18:42que le 22 septembre prochain
18:44à New York,
18:45un certain nombre d'autres pays
18:46se présenteront
18:46pour reconnaître
18:47l'état de Palestine
18:48ou pour condamner le Hamas.
18:50Cette voix singulière
18:51de la France
18:51que le Quai d'Orsay
18:54et ses agents
18:55cultivent au quotidien
18:57nous permet d'être entendus.
18:59Mais notre influence
19:00dépend de notre force intérieure
19:01et c'est dans ce contexte
19:02que Sébastien Lecornu
19:03arrive avec des qualités précieuses.
19:05Qualités d'homme humble,
19:07d'homme enraciné
19:09dans la réalité
19:09des difficultés
19:10qu'éprouvent les Français.
19:12Un homme qui connaît
19:12parfaitement le Parlement,
19:13qui a su trouver
19:14des majorités introuvables
19:15lorsqu'il a fallu faire voter
19:17le relèvement historique
19:18du budget de nos armées.
19:20Puis c'est un homme
19:20d'écoute, de dialogue
19:21et j'ose le dire
19:22de diplomatie
19:23ce qui lui permettra
19:24je l'espère
19:25de trouver les voies
19:26pour sortir de l'impasse.
19:28C'est notre intérêt collectif
19:29qui réussisse
19:29et quant à moi
19:30je ferai tout pour l'aider.
19:31Et donc vous avez obtenu
19:32la garantie de rester
19:33à votre poste ?
19:35Il n'y a aucune garantie
19:36qui soit donnée à quiconque.
19:37Mais vous en avez parlé
19:38avec Sébastien Lecornu ?
19:39Non, mais vous savez
19:40les questions de personnes
19:42sont secondaires.
19:44Je souhaite que le pays réussisse
19:46et donc que le gouvernement réussisse.
19:47Vous dites vouloir l'aider ?
19:49Bien sûr, mais on peut aider
19:50de plein de manières différentes.
19:51En restant le chef
19:51de la diplomatie française ?
19:53Et s'agissant, vous le savez
19:53Ali Badou, s'agissant des nominations
19:55c'est une prérogative
19:56qui appartient strictement
19:57au président de la République
19:58et au Premier ministre.
19:59Vous êtes issu du Modem
20:00Jean-Noël Barraud
20:00le parti de François Bayrou
20:02qu'est-ce qui selon vous
20:03l'a conduit à l'échec ?
20:04Je ne dirais pas
20:05qu'il a été conduit à l'échec.
20:09Je pense que la postérité
20:10rendra justice
20:11à ce que François Bayrou
20:12a fait à Matignon.
20:13Je pense qu'il a réussi
20:15dans un contexte extrêmement dégradé
20:16à faire adopter un budget.
20:18Vous vous souvenez,
20:18c'était l'hiver dernier.
20:20Je pense qu'il a eu le courage...
20:21François Bayrou n'a pas échoué.
20:22Mais alors pourquoi est-il parti ?
20:23Je pense qu'il a eu le courage
20:24de mettre l'intérêt du pays
20:25au-dessus du sien
20:26et surtout je crois
20:27qu'il a initié
20:28des chantiers essentiels,
20:30des combats essentiels
20:30que nous allons continuer de mener.
20:31Mais pourquoi est-il démissionné ?
20:32Le combat de la dette.
20:34À vous écoutez.
20:35Parce que les forces politiques
20:38présentes au Parlement
20:39ont refusé d'agréer
20:42ou en tout cas de répondre oui
20:44à la question qui était posée.
20:45C'est-à-dire est-ce que
20:46la situation de nos finances publiques
20:48est grave ou non ?
20:48Le nouveau Premier ministre
20:49dont vous parliez
20:50a annoncé des ruptures
20:51sur la forme et sur le fond.
20:54Quelle rupture vous semble nécessaire ?
20:56Est-ce que ça peut être par exemple
20:57une taxation plus élevée
20:59pour les riches,
21:01pour les ménages les plus riches
21:02comme la taxe Zuckman par exemple
21:04qui est demandée de ses voeux
21:05par le Parti Socialiste
21:06dont le gouvernement a besoin du soutien ?
21:09D'abord la rupture.
21:11Je crois que le Premier ministre
21:12est dans cet esprit.
21:14C'est d'abord chacun
21:15qui doit la faire
21:17avec ses propres habitudes.
21:18Rupture avec les postures,
21:20rupture avec les lignes rouges,
21:22rupture avec la volonté
21:24de s'imposer.
21:25Personne n'a de majorité,
21:26personne ne peut imposer ses idées.
21:28Quant à la question que vous soulevez,
21:31l'accumulation des patrimoines
21:33et des richesses s'accélère
21:34au point qu'il devient difficile
21:37voire impossible
21:38de corriger par son travail
21:39dans notre pays
21:40les inégalités de la naissance.
21:44Le Parti Socialiste
21:45appelle à une contribution
21:47renforcée
21:47des très hauts patrimoines,
21:49des très hauts revenus.
21:49C'est un appel
21:50qui trouve un écho
21:51dans la société française.
21:52Chez vous ?
21:52Qui trouve un écho
21:53dans certaines forces politiques
21:55y compris le Modem
21:55qui depuis 2017
21:57a fait un certain nombre
21:58de propositions.
21:59Moi-même,
21:59député à la Commission des Finances,
22:01j'en ai proposé.
22:03C'est j'espère
22:04des éléments
22:04qui contribueront
22:06à façonner
22:07le compromis indispensable
22:08dont nous avons besoin.
22:09Et vous pensez que
22:10Sébastien Lecornu
22:11est la personne idoine
22:12pour mener à bien
22:14ses ruptures ?
22:15Je vous ai listé
22:16les raisons
22:18pour lesquelles
22:19je pense que
22:20dans le contexte
22:21que nous connaissons,
22:23politique mais aussi
22:23international,
22:24il a les armes
22:26nécessaires
22:26pour nous permettre
22:27d'y parvenir.
22:28Mais c'est une responsabilité
22:29qu'il partagera
22:30avec les responsables
22:32des forces politiques
22:32qui,
22:34le Parti Socialiste,
22:36doivent eux aussi
22:37prendre le chemin
22:38du compromis.
22:39Responsable
22:40de forces politiques,
22:41Marine Le Pen
22:42dit qu'il n'y a
22:43qu'une alternative,
22:45la démission
22:46ou la dissolution.
22:47C'est évidemment
22:48irresponsable,
22:49c'est la recherche
22:50d'une forme de chaos,
22:51ça n'est pas une surprise,
22:52c'est une stratégie
22:53constante de la part
22:54du Rassemblement National
22:55que nous combattons
22:57et que nous combattrons
22:58toujours.
22:58Ce n'est pas un constat
22:59et un regard
23:00froid
23:02sur la réalité
23:02de la situation
23:03politique française ?
23:04Écoutez,
23:05je vous le dis,
23:06regardez les attentes
23:07des Français,
23:07ils sont une majorité
23:08à attendre de la stabilité,
23:11à vouloir eux-mêmes
23:13à leur échelle,
23:14quel que soit
23:15leur engagement,
23:16quel que soit
23:17leur métier,
23:18contribuer à la réussite
23:19du pays.
23:20Vous avez une situation
23:21internationale
23:22qui exige de l'audace
23:23et du courage.
23:24Je ne peux pas
23:25me résoudre à l'idée
23:25que notre classe politique
23:27manquerait à ce point
23:28de courage
23:29pour ne pas trouver
23:30le compromis
23:30nous permettant
23:31de sortir de l'impasse.
23:32Merci Jean-Noël Barraud
23:34d'avoir été l'invité
23:35de France Inter
23:36ce matin
23:37et bonne journée
23:38à suivre la revue de presse.
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