- il y a 5 jours
Ancien haut dirigeant d’entreprise, Marc Rousset est essayiste et analyste géopolitique français.
Il est l’auteur de « Notre faux ami, l’Amérique, pour une alliance avec la Russie », un ouvrage qui s’inscrit en dehors du cadre narratif dominant.
Se revendiquant patriote et gaullien, il place l’intérêt national français au cœur de son analyse.
Sur le plan historique et stratégique, il estime que l’hypothèse d’une alliance avec la Russie n’a rien d’absurde.
Depuis 2022, cette position est toutefois assimilée à une légitimation de l’intervention militaire russe ou à une rupture de solidarité avec l’Ukraine.
Marc Rousset conteste cette lecture.
Il affirme notamment que la Russie ne cherche pas à agresser l’Europe et que c’est elle qui est un pays menacé.
Cet entretien propose une analyse de l’état réel du conflit ainsi que des évolutions récentes et des stratégies des grandes puissances.
Marc Rousset évoqué aussi longuement toutes les perspectives de négociation à venir et le rôle possible de la France.
Il est l’auteur de « Notre faux ami, l’Amérique, pour une alliance avec la Russie », un ouvrage qui s’inscrit en dehors du cadre narratif dominant.
Se revendiquant patriote et gaullien, il place l’intérêt national français au cœur de son analyse.
Sur le plan historique et stratégique, il estime que l’hypothèse d’une alliance avec la Russie n’a rien d’absurde.
Depuis 2022, cette position est toutefois assimilée à une légitimation de l’intervention militaire russe ou à une rupture de solidarité avec l’Ukraine.
Marc Rousset conteste cette lecture.
Il affirme notamment que la Russie ne cherche pas à agresser l’Europe et que c’est elle qui est un pays menacé.
Cet entretien propose une analyse de l’état réel du conflit ainsi que des évolutions récentes et des stratégies des grandes puissances.
Marc Rousset évoqué aussi longuement toutes les perspectives de négociation à venir et le rôle possible de la France.
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00:00Générique
00:00Ancien haut dirigeant d'entreprise, Marc Rousset est essayiste,
00:10analyste géopolitique français et il est entre autres l'auteur du livre à succès
00:14« Notre faux ami l'Amérique pour une alliance avec la Russie ».
00:19Un livre qui sort du cadre narratif dominant.
00:22Bonjour Marc Rousset.
00:23Bonjour.
00:24Préfacé par Piotr Tolstoy, je tiens à le dire.
00:26– Sur le plan historique et stratégique, vous prenez une alliance avec la Russie,
00:33mais si on prône une alliance, voire même un partenariat avec la Russie,
00:37vous considérez que ça n'a rien d'absurde, mais depuis 2022,
00:40on ne doit cesser de vous répéter que toute proposition d'alliance
00:44est une légitimation implicite de l'action militaire russe,
00:49que c'est une forme de désalignement moral par rapport à l'Ukraine
00:54qui est l'allié de la France.
00:55Qu'est-ce que vous répondez à cet argument et à vos contempteurs ?
00:59– Je dis que nous vivons dans un monde où mon attitude,
01:05qui est une attitude pro-française, je tiens à le dire,
01:07je ne suis pas un pro-russe, je suis un pro-français, un pro-européen,
01:10et qui, comme le général de Gaulle, pense que c'est l'intérêt de la France
01:13et de la civilisation européenne, j'en suis persuadé, la tête sur le bio,
01:16de se rapprocher de la Russie, et qu'il faut se le nommer absolument de l'Amérique.
01:19C'est le thème de mon ouvrage.
01:21Donc, les personnes qui me disent que je ne…
01:26justement, que je suis du mauvais côté, voire que je suis un traître…
01:31– Vous faites une rupture de solidarité.
01:33– Un traître en guillemets.
01:33– Une rupture de solidarité.
01:35– Voilà, une rupture de solidarité, moi, la seule chose qui m'intéresse,
01:39c'est quel est l'intérêt de mon pays, voilà.
01:41Et d'ailleurs, je tiens à dire, par exemple, que lorsque je suis intervenu,
01:45tout récemment, j'ai eu un très grand succès en Russie, il n'y a pas d'autre terme,
01:49lorsque j'ai fait mon discours à la…
01:52« Quelle émission de Russie ? » et lui, par ailleurs,
01:54les Russes, eux-mêmes, ne sont pas dupes de la chose.
01:57Ils ont dit « Marc Rousset, attention, ce n'est pas un monsieur
01:59qui est pro-russe, ami de la Russie,
02:01c'est un patriote français qui veut se rapprocher de la Russie. »
02:06Et alors, lorsque j'ai dit ça, déjà, c'est une partie de la réponse.
02:08Et alors, je tiens à dire, la première chose, c'est qu'on inverse tout.
02:12On inverse tout.
02:14La Grèce, aujourd'hui, il est clair, et je le démontre,
02:18je ne vais pas en parler pendant des heures, ça peut faire toute l'émission,
02:20que Montesquieu, il a dit une chose très juste,
02:24celui qui est responsable d'une guerre,
02:27ce n'est pas celui qui entre en guerre et qui agresse un pays,
02:30c'est celui qui est à l'origine de la guerre.
02:32Alors déjà, lorsqu'on a compris ça, on a déjà avancé d'un cran.
02:37Or, Poutine, et je le dis et je l'écris tout récemment,
02:42dans un truc qui a fait fureur,
02:43les 30 raisons qui justifient l'intervention militaire en Russie,
02:47je dis bien, ce n'est pas un agresseur,
02:49Poutine est en état de légitime défense.
02:52Alors ça, je peux en parler pendant des heures, pour justifier.
02:54Donc, Poutine a été acculé et obligé de faire la guerre.
02:58J'ai dit moi-même, il y a quelques années, ici, avec Roland Elie et Philippe Ronda,
03:03j'étais interviewé ici, pour montrer que je suis un géopoliticien,
03:07et puis pas un homme de circonstance.
03:09C'était une semaine avant l'intervention militaire en Russie,
03:12et moi, en tant que patriote français, en pensant que c'était l'intérêt de la France,
03:15jugeant les choses d'une façon froide, et non pas sentimentale,
03:19je ne suis pas un pro-Poutine, je ne suis pas un pro-Russe,
03:21j'ai dit la chose suivante, qui montre quand même que j'ai une certaine vision géopolitique,
03:26et j'ai dit, et si M. Poutine, je pense, contrairement à ce que tout le monde disait,
03:29en tant que géopoliticien, que l'intervention militaire russe en Ukraine est probable,
03:34et j'ai ajouté une chose, alors qui est gravissime,
03:36mais que je maintiens urbi et torbi,
03:39et que si M. Poutine n'a pas le courage d'intervenir militairement en Russie,
03:44« Pour moi, ce ne sera plus un grand homme d'État ».
03:47Voilà comment Marc Rousset, une semaine avant l'intervention militaire en Russie,
03:52jugeait les choses, c'est-à-dire que moi, je ne suis pas du tout un homme pro-Russe,
03:56je ne suis pas un inconscient de Poutine, je suis un géopoliticien,
04:00et qui suis persuadé que notre intérêt français, c'est de nous rapprocher de la Russie.
04:05Et alors, en ce qui concerne la guerre en Russie,
04:07là, je peux rentrer dans le détail, mais il y a d'autres questions,
04:09je peux, article 51, on peut en parler, ça peut faire presque l'émission,
04:16je peux justifier pourquoi la Russie est en légitime défense.
04:20C'est-à-dire, en très gros des idées, la Russie, elle a commencé,
04:23on peut dire, depuis la reine Victoria,
04:25depuis que les anglo-saxons ont voulu se payer la Russie,
04:28l'intervention russe en Ukraine, elle a commencé au traité,
04:34à la chute du mur de Berlin, puisque l'OTAN n'a pas respecté sa parole,
04:38et elle a commencé même en 2014, suite à un coup d'État des États-Unis à Maïdan,
04:44ce que les gens oublaient, la guerre, elle n'a pas commencé en 2022,
04:47elle a commencé en 2014, et elle avait même commencé en 2004,
04:50puisqu'il y avait eu la révolution orange, qui avait été aussi faite par les Russes.
04:54Alors, c'est lorsqu'on voit des choses comme cela que la vérité apparaît.
04:57Et dans cette chronique où il y avait, j'ai trouvé 30 raisons,
05:01j'ai trouvé 30 raisons qui justifient l'intervention militaire.
05:04On revient plus précisément à l'Ukraine et à la guerre qui s'y déroule.
05:07En cette fin d'année, on enregistre le 31 décembre,
05:10la Russie est d'accord avec Donald Trump pour dire que les pourparlers sur l'Ukraine
05:14en sont à leur phase finale, même s'il y a eu l'idée de drone sur la propriété de Vladimir Poutine
05:22qui semble rejeler un peu cette situation.
05:25Je me permets d'en douter.
05:27Alors là, je suis peut-être aussi un autre.
05:30Je me permets d'en douter.
05:31Alors, je dis bien, j'ajoute mon petit grain de sel,
05:35de la même façon que j'avais vu les choses tout à fait différemment
05:38lorsqu'il y avait eu l'intervention militaire.
05:41Moi, je n'arrive pas à croire, en étant objectif,
05:43je n'ai pas vendu à la Russie, les choses sont claires.
05:46Je n'arrive pas à croire comment M. Poutine, justement,
05:48que je considère qu'il était un homme agressé par les États-Unis,
05:51qui aujourd'hui a perdu environ le dixième des pauvres soldats ukrainiens qui sont morts,
05:57on peut s'y mettre qu'il y a un million d'ukrainiens de morts,
05:59et au maximum 100 000 russes, selon moi.
06:04Je ne peux pas imaginer pourquoi ces accords,
06:15de la même façon que j'avais dit qu'il fallait une intervention militaire,
06:18je ne peux pas imaginer qu'actuellement, sur la base de ce qui est dit actuellement,
06:21alors on peut en discuter en détail,
06:23que Poutine soit suffisamment bête pour accepter toutes les conditions
06:28qu'on veut lui imposer, lorsque j'entends parler d'une armée de 800 000 ukrainiens.
06:32Alors j'ai une chose très importante à dire, M. Bid, à ce sujet,
06:36c'est une idée très importante, qui a d'ailleurs été reprise
06:39dans certains journaux en Russie, lors de mon dernier voyage,
06:42c'est l'idée suivante, que je me permets de dire en tant que géopoliticien à la Russie.
06:46Vous, les Russes, ne commettez pas l'erreur qu'ont fait les Français en 1918,
06:51c'est-à-dire on a signé l'armistice beaucoup trop tôt,
06:55et 20 ans après, il y a eu la guerre.
06:56Je dis, toute fausse paix, toute fausse trêve en Ukraine,
06:59qui est mal foutue, c'est la guerre annoncée à court terme.
07:04Et l'exemple que j'ai à donner, c'est l'armistice,
07:08comme certains le savent, ou certains ne le savent peut-être pas,
07:11vous aviez Fauche lui-même, Mangin, qui lui disait,
07:15attention, et Fauche a dit un jour,
07:18finalement on aura gagné simplement 20 ans de paix.
07:21Voilà. Et moi, je pense que si on part comme ça,
07:25je n'y crois pas.
07:25Moi, je n'y crois pas.
07:26Moi, je n'y crois pas, parce que je dis bien à M. Bill,
07:29pour la raison suivante,
07:31c'est que si Poutine accepte ça,
07:34lui-même, avec les Silovitis,
07:36il aura des reproches.
07:38Il peut même être éjecté et quitter son poste.
07:41Parce que pour moi, en tant que géopoliticien,
07:43je dis bien, je ne peux pas comprendre
07:45comment la Russie, après tout le mal qu'on lui a fait,
07:49pourrait accepter de ne reprendre qu'un pibou du Donbass.
07:52Pour qu'il y ait la trêve, il faut que l'Ukraine,
07:55il faut que l'un des deux gagne définitivement.
07:57– Alors, on va dans ce cas-là aller du côté de l'Ukraine.
07:59On voit bien qu'il y a aujourd'hui une capacité,
08:03une difficulté à juger de sa capacité de résistance.
08:06L'Ukraine dispose-t-elle encore à ce stade de moyens militaires,
08:09mais aussi politiques, avec un Zelensky très affaibli
08:12par des affaires de corruption, pour influer sur l'issue ?
08:16– Alors là, j'ai une réponse très claire,
08:18sans me prétendre pour Nostradamus.
08:21Moi, je pense que la guerre sera finie au plus tard,
08:24au printemps 2026, au juin 2026.
08:27Et que les Ukrainiens sont sur le point de s'effondrer
08:31lorsqu'on regarde le nombre de désertions,
08:33si on regarde la supériorité de l'armement russe.
08:38– Vous n'avez pas un accord de paix,
08:39mais vous me dites finalement que…
08:40– Non, je ne veux pas un accord de paix
08:42qui sera un faux accord de paix.
08:44Parce qu'il est impossible pour les Russes,
08:46je dis bien géopolitiquement,
08:48moi-même d'ailleurs ayant traîné mes oreilles
08:50tout récemment en Russie,
08:52le problème des Russes, c'est ça qu'il faut savoir,
08:55je tiens à le dire,
08:56les Russes ont été refaits,
08:58contrairement à ce que l'on dit,
08:59Urbée et Torbille en Occident,
09:01par les accords de Minsk.
09:02Les Russes, il faut savoir que depuis le traité de Berlin,
09:06on les traite dans le…
09:07on paye leur têtes, n'est-ce pas ?
09:09On leur avait dit,
09:11un monsieur James Baker avait promis
09:13que l'OTAN n'avancerait pas d'un pouce,
09:15et aujourd'hui, la Russie est encerclée.
09:18Poutine l'a dit lui-même,
09:19il faut savoir que les accords de Minsk,
09:21là je n'invente rien,
09:22ce n'est pas un pro-russe qui parle,
09:24c'est ce qu'a dit et a reconnu Mme Merkel,
09:26et ce qu'a reconnu François Hollande
09:29dans une interview au Frankfurter Allgemeine Zeitung,
09:33et qui s'est fait piéger en disant,
09:35nous n'avons pas respecté les accords de Minsk,
09:38parce que nous voulions prolonger la guerre.
09:42Le grand problème de ce qui se passe actuellement,
09:45c'est que les Européens,
09:46l'Amérique a rêvé,
09:48en croyant régler son compte,
09:49c'est ça le fond de l'histoire,
09:51qu'ils allaient régler son compte à la Russie,
09:56et que l'entreprise a échoué.
09:58Et le plus grand crime qu'a commis l'Occident,
10:02c'est lorsque les Américains et Johnson
10:05sont allés en avril 2022,
10:08alors que l'Ukraine et la Russie
10:11étaient sur le point de faire la paix,
10:13avec des conditions qui étaient acceptables pour l'Ukraine,
10:16puisque l'Ukraine aurait perdu que la Crimée
10:20et peut-être même pas le Donbass,
10:23alors que maintenant,
10:24les choses étant ce qu'elles sont,
10:25peut-être lui, il a des comptes à rendre
10:26avec ses 100 milliers de morts.
10:28– On a du mal d'ailleurs à comprendre
10:29les objectifs réels de la Russie
10:32ou ceux qui sont prioritaires pour Moscou.
10:34– Je les connais, je réponds du tout.
10:35– Alors c'est quoi ?
10:35C'est consolider ces positions crimées,
10:37dans le Donbass, dans certains oblasts,
10:39ou c'est forcer une négociation ?
10:40– C'est complètement à côté de la plaque.
10:42C'est que la Russie, comme l'a dit Dugin,
10:44combat, les gens n'ont pas réalisé
10:46en Occident,
10:47quel combat pour sa survie ?
10:49L'agresser, c'est la Russie.
10:52Poutine a tout fait
10:53pour ne pas déclencher la guerre.
10:55C'est ce que les gens n'arrivent pas à comprendre.
10:57Il faut savoir, pour montrer que ce n'est pas un guerrier,
10:59ce n'est pas Bonaparte Poutine,
11:01c'est un homme du KGB.
11:02On a reproché, les Silovitis,
11:04on reprochait déjà à Poutine,
11:05en 2014,
11:06de ne pas avoir repris Odessa.
11:09Ils lui ont dit, vraiment,
11:10vous avez été trop bon prince,
11:12Odessa était à votre portée,
11:14pour montrer que Poutine,
11:16pour moi, les gens ne le savent pas,
11:18mais en Russie, ce n'est pas Brigogine.
11:20En Russie, c'est un homme qui est relativement modéré.
11:23C'est ça, on le présente, nous,
11:25comme un va-t'en-guerre,
11:26mais ce n'est pas du tout la réalité.
11:28La vérité, c'est que c'est un homme mesuré,
11:31très cultivé,
11:32et qui a tout fait
11:33pour préserver la paix.
11:36Minsk, c'est les Européens,
11:40c'est la France et l'Allemagne
11:41qui sont responsables,
11:43mais le faux voyeur de la guerre,
11:44au départ,
11:45le seul responsable,
11:47c'est l'Amérique.
11:47En rejetant tous les objectifs
11:49que j'ai cités,
11:50vous donnez du grain à moudre
11:51aux Européens
11:51qui disent que la Russie
11:53inscrit sa démarche
11:55dans un affrontement,
11:56demain,
11:57même militaire,
11:58à très court terme,
11:59avec l'Europe.
12:01Ah non ?
12:01Vous donnez du crédit
12:02à Emmanuel Macron ?
12:03Je ne donne aucun crédit à Macron.
12:06La Russie,
12:08si,
12:08il faut savoir une chose,
12:09que si,
12:10moi,
12:11j'ai une réponse aussi
12:12qui tue,
12:13je vais la dire.
12:14Ça fait partie
12:15des 30 choses
12:16que j'ai dites.
12:18C'est pour bien comprendre
12:19que, d'abord,
12:20il y a l'éthique
12:21de la conviction,
12:22comme chacun le sait,
12:24de Max Weber,
12:26et l'éthique
12:26de la responsabilité.
12:28Je dis bien,
12:29et je pèse mes mots,
12:30que si
12:31Poutine
12:33n'était pas intervenu
12:34militairement
12:35comme il l'a fait
12:36et comme il se devait
12:36de le faire,
12:37de toute façon,
12:38il faut savoir
12:38que les coups de canon
12:40et tout ça,
12:41il y avait déjà
12:41une offensive
12:42qui était en cours,
12:43les gens ne savent pas,
12:44le 14 février,
12:45ça s'est prouvé par...
12:46Il aurait commis.
12:48Alors,
12:49tenez-vous bien,
12:50tout le monde
12:50accroche sa ceinture,
12:52il aurait fait,
12:52il aurait commis
12:53la même faute
12:54que la France
12:55a commise,
12:56là elle aussi,
12:57en 1936,
12:58lorsque Hitler
12:59est intervenu
13:00à occuper la Rhinanie,
13:01on aurait pu lui régler
13:02son compte
13:02en 15 jours
13:04et M. Deladier,
13:05parce que l'Angleterre
13:07avait décidé
13:07de ne pas intervenir,
13:09n'a pas jugé
13:09bon de bouger
13:10et le général Gamelin
13:12a prétexté,
13:14un des plus mauvais générales
13:15de notre histoire,
13:16que nous n'avions pas
13:17suffisamment
13:18d'aviation
13:19pour régler son compte
13:20à Edolf Hitler
13:21qui lui a toujours dit
13:22qu'il n'avait jamais compris,
13:24Hitler l'a dit,
13:25c'est le seul moment
13:26dans sa vie
13:26où il a eu une frousse,
13:28la frousse de sa vie,
13:29il n'a jamais compris
13:30pourquoi la France
13:32n'avait pas réagi
13:32lorsqu'il a récoupé
13:33la Rhinanie.
13:33– Marc Roussel,
13:34je vous repose ma question,
13:35est-ce que vous pensez
13:36que, comme Emmanuel Macron
13:37et comme d'autres dirigeants
13:39européens,
13:39qu'il y a un risque
13:40d'affrontement de l'Europe
13:41avec la Russie
13:42ou d'agression de la Russie
13:43sur des pays européens ?
13:44– Non, la Russie,
13:45alors je tiens à le dire,
13:46et ça j'ai mis ma tête
13:46sur le bio,
13:47la Russie ne veut pas
13:49agresser l'Europe,
13:50je connais trop bien
13:51les choses,
13:51j'ai discuté avec des Russes
13:52pour une raison très simple.
13:54La Russie,
13:55c'est un pays
13:55qui a 17 millions de kilomètres carrés,
13:58qui a aujourd'hui
13:59140 millions d'habitants
14:00qui se courent après
14:01avec un taux de maternité
14:02que Poutine a réussi
14:03à remonter difficilement
14:05de 1,1,
14:06on est à peu près
14:07à 1,6,
14:08qui est un pays,
14:09je l'ai dit aux Russes
14:11eux-mêmes,
14:11dans les plus grandes universités
14:13où j'étais invité,
14:14je considère qu'aujourd'hui,
14:15nous, la France,
14:16on est en décadence,
14:16on est au fond du trou,
14:18mais je dis qu'à terme,
14:19civilisationnellement,
14:21la Russie est un pays
14:23encore plus menacé
14:24que l'Europe.
14:25Il faut savoir une chose,
14:26c'est que si vous regardez
14:27l'histoire de la Russie,
14:28vous avez Jean-Giscan,
14:29vous avez 6 000 kilomètres
14:30avec la Chine,
14:32aujourd'hui,
14:33c'est un faux allié,
14:34ils sont des faux alliés,
14:35la Russie et la Chine.
14:36Vous avez l'Asie centrale
14:37avec un taux de fécondité
14:38de 3 enfants,
14:40vous avez 80 millions
14:41d'habitants en puissance,
14:42vous avez la Turquie au sud,
14:46vous avez eu,
14:47si on regarde l'histoire,
14:48vous avez eu Charles XII de Suède,
14:50vous avez eu Napoléon,
14:51vous avez eu Hitler,
14:52vous avez le Caucase explosif,
14:54à l'intérieur,
14:56le danger musulman,
14:57contrement à ce que les gens savent,
14:59parce qu'ils ne connaissent pas
15:00l'histoire,
15:00le problème,
15:01comme j'ai eu la chance
15:02de les connaître,
15:03n'est pas un véritable problème.
15:04Aujourd'hui,
15:05la Russie,
15:06à l'intérieur,
15:06avec ses musulmans,
15:07donc la Russie,
15:09c'est un pays
15:09qui est très menacé.
15:11Et que voulez-vous
15:12que Poutine,
15:13qui a suffisamment de problèmes
15:14avec un pays immense,
15:15avec un Extrême-Orient
15:16à développer,
15:18avec une Chine
15:20qui ne cherche qu'une chose,
15:21un jour,
15:22c'est de prendre la revanche
15:23des traités inégaux,
15:24n'oublions pas
15:25le traité pérennés,
15:26il commette cette bêtise,
15:29il n'a pas les moyens militaires,
15:30avec 140 millions de personnes,
15:32de tenir son territoire russe,
15:33et de se payer le luxe
15:36de rentrer en Europe.
15:37C'est un mensonge de l'État.
15:39– Dans ce cas-là,
15:39on va aller du côté européen,
15:41cette fois-ci.
15:42Vous savez qu'Emmanuel Macron
15:42veut dans quelques jours
15:43réunir les Ukrainiens
15:44et les Européens.
15:46– Moi, c'est du cinéma
15:47qui ne correspond à rien.
15:48– Au début janvier,
15:49les choses sont claires.
15:50Alors, est-ce que l'Union européenne,
15:51ça vous semble aujourd'hui,
15:53un ensemble qui est dans une logique
15:56de stratégie,
15:57d'ailleurs réfléchie,
15:58ou est-ce que c'est davantage
15:59dans la gestion contrainte
16:00d'un conflit
16:01qui lui échappe complètement ?
16:02– Non, non, ce sont des gens
16:03qui, alors c'est beaucoup plus grave,
16:05ce sont des gens
16:05qui veulent garder leur pouvoir.
16:06Il faut savoir une chose
16:07que les gens ne savent peut-être pas,
16:09c'est que Macron,
16:09il a ses lettres
16:11étant donné son taux de popularité.
16:13Mais le chancelier Mers,
16:14chers auditeurs,
16:15je tiens à le dire,
16:16lui-même est sur la Seine-Est.
16:17Il y a quelque chose de scandaleux
16:18en ce moment
16:19que les gens ne savent pas,
16:20c'est que cette alliance
16:21actuellement Mers est au pouvoir
16:22parce que les partis,
16:25politicalement,
16:26ont même été d'une...
16:27c'est l'infamie.
16:28Il faut savoir que le parti
16:30de Mme Zara,
16:31Wagenknecht,
16:32le parti BSV,
16:33a fait 4,85% des voix
16:37aux dernières élections
16:38et que tous les partis
16:40ont fait en sorte
16:41que les voix
16:42ne soient pas recomptées.
16:43Or, un premier recomptage
16:44a montré
16:45que le parti BSV
16:46de Zara Wagenknecht
16:48aurait les 5%.
16:49Si elle a les 5%,
16:50elle va avoir un nombre
16:51de députés nouveaux
16:52et à ce moment-là,
16:54l'alliance CDU-SPD au pouvoir
16:56sera remise en créant.
16:59Mais ce qui est beaucoup plus grave,
17:00c'est que toutes les lois,
17:01tout ce qui aura été passé
17:02rétroactivement
17:03depuis que Mers
17:04est au pouvoir,
17:05sera automatiquement annulé.
17:07Voilà.
17:08Donc, nous,
17:09voilà ce qui se passe.
17:10– On va rester sur la France.
17:10On va rester sur la France.
17:11Vous dites...
17:12– La France.
17:12– J'ai entendu, vous dites,
17:13moi, c'est en tant que Français
17:15pour l'intérêt national.
17:15– Oui, moi, je suis un patriote français.
17:17– La France,
17:17est-ce qu'elle a encore
17:17des capacités
17:18de jouer dans ce conflit
17:19un rôle diplomatique spécifique
17:22ou a-t-elle perdu
17:23toute marge
17:23d'initiative autonome
17:24ou voire toute marge
17:25d'initiative
17:26tout court ?
17:28– Non, moi, je pense
17:29que la France,
17:30même si c'est une France décanante,
17:32le seul problème,
17:33là aussi,
17:34je vais peut-être étonner
17:35certaines personnes
17:36parce que j'ai approfondi,
17:38je dis bien ces problèmes,
17:39plus que d'autres personnes.
17:40Pour moi, le vrai problème,
17:41et peut-être que les gens
17:42vont être étonnés
17:43par ma réponse,
17:44c'est que je suis persuadé
17:45que le vrai problème,
17:46c'est de savoir
17:47lequel des deux États,
17:49c'est-à-dire l'Allemagne
17:50ou la France,
17:51sera le premier,
17:53inéluctablement,
17:54dans les années qui viennent,
17:55à se rapprocher de la Russie.
17:56Voilà.
17:57Et j'aimerais que ce soit la France
17:59dans une approche gaullienne.
18:00– Mais la France,
18:01elle a versé des sommes importantes
18:02en matériel,
18:04en direct,
18:05pour éviter tout état crédit.
18:07Et quand, à l'heure,
18:08sera la reconstruction,
18:09est-ce que cet investissement stratégique
18:11ne doit pas se transformer
18:12en un investissement économique ?
18:15– Oui, mais c'est l'économie,
18:17mais il faut voir…
18:17– Non, non,
18:17jusqu'à parler peut-être
18:18de rentabilité,
18:19de retour sur investissement.
18:20– Oui, mais alors,
18:21le problème économique,
18:23justement,
18:23nous vivons dans un monde
18:24où la réflexion est évidemment valable
18:29et acceptable,
18:31puisque vêtement,
18:33nous faisons des prêts actuellement
18:35que nous ne devrions pas faire.
18:36Un pays corrompu,
18:38qui a déjà perdu la guerre ?
18:40Il faut aussi savoir une chose
18:41que les gens ne savent pas,
18:42mais c'est que la Ukraine
18:44a déjà perdu la guerre
18:45d'une façon irréversible.
18:46mais elle n'a aucune chance
18:47de pouvoir la gagner.
18:50Donc, ce qui est important,
18:51c'est l'avenir,
18:52c'est de sortir
18:53de cette attitude monstrueuse
18:56et que petit à petit,
18:58les pays européens se rapprochent.
19:00Donc, pour moi,
19:00il faut que l'Union européenne
19:02éclate ou soit réformée complètement.
19:04Il faut quitter l'OTAN
19:05et les choses étant ce qu'elles sont,
19:08il faut que l'Union européenne
19:09et ça finira comme ça.
19:11Et le plus grave,
19:13c'est que le problème,
19:14parce que je connais bien,
19:15en étant bilingue en allemand,
19:17ayant écrit avec M. Alain Perfit
19:18la nouvelle Europe de Charlemagne,
19:20le problème,
19:21c'est que j'ai bien peur
19:22que ce soit l'Allemagne
19:23qui soit le premier pays
19:24à se rapprocher de la Russie.
19:25C'est pour dire que je suis un monsieur
19:28qui ne pense pas,
19:30comme tout le monde dans les journaux,
19:31je suis un peu en avance,
19:32je suis un homme de vision,
19:34je suis un géopoliticien,
19:36je ne suis pas un politicien
19:37qui réagit en fonction
19:40des circonstances ou des idéologies.
19:43– Marco, c'est géopoliticien.
19:44Alors, on va aller sur cet aspect-là,
19:48puisque autour de la table,
19:49j'ai évoqué bien évidemment
19:50l'Ukraine, la Russie, l'Europe,
19:53la France reste un autre acteur
19:55et un dernier acteur
19:56que je n'ai pas évoqué,
19:56je vais le faire maintenant,
19:57c'est bien évidemment les États-Unis.
19:59– Je vous cite.
20:00– Je vous cite.
20:01Nous sommes en mai 2024.
20:02Si nous avons la guerre en Ukraine,
20:04c'est uniquement à cause de l'Amérique.
20:06Le responsable, c'est l'Amérique
20:08et personne d'autre.
20:09Marc Rousset avec Trump à la Maison-Blanche,
20:11faut-il mener la guerre à l'Amérique ?
20:13– Non, la guerre à l'Amérique,
20:16ce qu'il faut, c'est continuer ce que je dis,
20:18c'est-à-dire de voir
20:19qu'on ne peut pas faire confiance à l'Amérique,
20:21elle est en train de le montrer.
20:23Le problème de Trump,
20:25c'est un monsieur qui sait
20:26que lui, la guerre est perdue.
20:28Donc, il est en train de dire
20:29« ce n'est pas moi, c'est Biden ».
20:32Et il a raison.
20:33En ce sens, il est dix fois plus intelligent
20:34que les Européens.
20:36Lui, il dit « les carottes sont cuites ».
20:37Donc, moi, je me retire du jeu.
20:41Le scandale absolu,
20:43c'est que les Européens,
20:44dans ces conditions,
20:45devraient arrêter de soutenir l'Ukraine.
20:48Non, ils prennent une attitude
20:50de « va-t'en-guerre »
20:53qui est absolument d'autant plus inacceptable
20:56qu'ils n'ont plus le soutien
20:58de l'Amérique.
21:02Donc, pourquoi est-ce qu'ils font ça ?
21:05Parce qu'ils s'accrochent au pouvoir.
21:06Parce que les trois principaux responsables
21:08de cette fameuse alliante,
21:09c'est qui ?
21:09C'est Mers,
21:10qui, comme je l'ai dit,
21:11les gens ne le savent pas.
21:12Mais ça dépend.
21:14Finalement, c'est la Cour de Constitution
21:15de Karlsruhe
21:16qui va trancher son sort.
21:18Actuellement,
21:20Macron, il est sur la sénette,
21:22c'est archi-connu en France.
21:25Et comme chacun sait,
21:27le chancelier britannique,
21:29lui-même,
21:30il a devant lui,
21:33suite au problème d'immigration en particulier,
21:36il a un peuple qui est en train
21:37de se réveiller
21:38et qui risque les prochaines élections.
21:41Il est certain que le Parti de Travice
21:42va perdre des élections.
21:44Donc, ce sont des gens
21:45qui se cramponnent.
21:46Et comme chacun sait,
21:47lorsqu'on perd le pouvoir,
21:49eh bien, la fuite en avant,
21:50c'est d'essayer de déclencher une guerre.
21:52– Oui, mais Macron,
21:52c'est le désengagement de Trump en Europe.
21:55Ça met pas mal l'idée
21:56d'une Europe zone libre-échange
21:58sous commandement américain de l'OTAN,
22:00ce que vous avez toujours indiqué.
22:01– Le désengagement.
22:02Alors, justement,
22:03au lieu de s'en lamenter,
22:04il faut se réjouir.
22:06Les gens se lamentent.
22:08Mais il faut prendre l'occasion.
22:10Il faut dire,
22:11mais oui, M. Trump,
22:12et puis si vous voulez,
22:13je vous offre une place de première classe,
22:15pour revenir à New York.
22:17C'est une chance extraordinaire.
22:18Il faut le prendre au mot.
22:20Et alors, lorsqu'on voit Trump
22:21qui fait du chantage
22:23et qui dit
22:25« Commandez-moi des équipements militaires,
22:28sinon je quitte l'OTAN »,
22:30il faut être stupide,
22:33bête, crétin,
22:34tout ce que vous voulez,
22:35pour rentrer dans ce jeu-là.
22:36Ce sont des gens
22:37qui sont irresponsables,
22:38qui ont cette attitude
22:39et qui n'ont pas le courage.
22:42Il faut que les États-Unis,
22:44c'est très simple,
22:46c'est « US go home ».
22:47Voilà.
22:47Pour des raisons géopolitiques,
22:50je le dis dans mon livre,
22:51c'est la première partie,
22:52depuis que…
22:54L'Amérique,
22:55c'est un faux ami.
22:57– Même quand J.D. Vance
22:58fait son discours à Munich.
22:59– Alors, pour moi,
23:02Trump, c'est un opportuniste.
23:03Il est courageux
23:04parce que je soutiens Trump
23:06dans son combat
23:07pour défendre les valeurs
23:09civilisationnelles
23:10qui sont les valeurs traditionnelles
23:11de l'Europe,
23:12en ce sens.
23:13Et puis, il a raison
23:15pour l'immigration,
23:16pour les droits de douane.
23:17Économiste,
23:18j'ai fait un chapitre sur ce sujet.
23:20La seule chose,
23:20c'est que Trump,
23:22c'est le même monsieur
23:22qui passe son temps à dire
23:24que, bon,
23:25pour la paix, etc.,
23:26avec Poutine.
23:28Mais sachez que si,
23:29Biden,
23:31si l'Amérique
23:32avait réussi son pari guerrier,
23:34Trump serait le premier
23:35à venir dépecer l'Amérique,
23:37la Russie,
23:38les choses sont claires.
23:39Il se trouve que
23:40l'Amérique a tout fait
23:42pour gagner cette guerre,
23:44elle a mis tous les moyens
23:45et le miracle,
23:46c'est que Poutine,
23:49de l'armée en haillons
23:51qui était l'armée de Ensyd,
23:53en a fait,
23:54pour moi,
23:55technologiquement,
23:56la première armée du monde.
23:58C'est ça que les gens
23:59n'arrient pas.
23:59à réaliser.
24:00Et de même,
24:01il faut savoir
24:01que la première puissance
24:02économique du monde,
24:04ce n'est plus l'Amérique,
24:05mais c'est en parité
24:06de pouvoir d'achat,
24:08c'est la Chine,
24:09qu'on le veuille ou non.
24:10C'est ça.
24:11Et avec ces armes technologiques,
24:13elle le montre actuellement,
24:15il faut savoir
24:15que quand même,
24:16cette Russie,
24:17elle a fait frau,
24:19vous aviez des soldats
24:20ukrainiens courageux,
24:21vous avez toutes les ressources
24:22de l'OTAN
24:23qui ont été absolument
24:24laminées par l'armée russe,
24:27et l'armée russe,
24:28qu'est-ce qu'elle fait ?
24:29Elle continue à progresser.
24:30Et pourquoi est-ce qu'elle
24:31ne va pas plus vite ?
24:32Pour deux raisons.
24:33Parce qu'il y a eu
24:33les drones qui sont intervenus,
24:36qui ont changé
24:36le cours de la guerre.
24:39Et la deuxième chose,
24:40c'est que Poutine
24:42ne veut pas perdre d'hommes.
24:43C'est ça,
24:43le signe de raison.
24:44Poutine fait une guerre militaire
24:46en faisant attention
24:48à ses hommes,
24:49alors que l'Ukraine
24:50mène une guerre
24:50médiatique irresponsable.
24:51irresponsable.
24:52Le meilleur exemple
24:53ayant été l'offensive
24:54de Kursk,
24:55où ils ont perdu
24:5580 000 hommes pour rien.
24:58En définitive,
24:58est-ce que vous maintenez
24:59plus que jamais
25:00l'idée d'une Europe
25:00des nations souveraines
25:01et non vassales des Etats-Unis ?
25:03Malgré Trump,
25:04malgré G.D. Vance,
25:05malgré ce qui s'y passe ?
25:06Bien sûr, mais encore plus.
25:07Quel que soit le...
25:08Quel que soit,
25:09c'est là l'avantage
25:10d'être géopoliticien,
25:12c'est de raisonner
25:12à travers les siècles
25:13avec des arguments
25:14et de dire
25:15que la vraie raison,
25:16elle est géopolitique,
25:17tout court,
25:18c'est que
25:19ce qu'il faut voir
25:20cher M. Bill,
25:22c'est l'idée suivante,
25:24eh bien c'est qu'il y a
25:24l'océan Atlantique
25:25qui sépare,
25:26c'est une lapalisane,
25:27mais encore faut-il le réaliser,
25:29qui sépare l'Europe
25:30de l'Amérique.
25:31Les anglo-saxons,
25:32les anglais
25:32passent leur temps
25:33à dire que l'océan Atlantique,
25:35c'est une mare,
25:36une mare aux canards,
25:37the pond,
25:37comme ils disent,
25:38eh bien non.
25:39Il a fallu quand même
25:39pas mal de temps
25:40avec Christophe Colomb
25:41pour traverser l'Amérique.
25:44Donc, cette Amérique,
25:46son avenir géopolitique,
25:48il est ailleurs.
25:49Tandis que nous,
25:49nous sommes
25:50sur le même continent européen
25:52et la grande chose,
25:54c'est qu'en défendant
25:56le rapprochement
25:57avec la Russie,
25:58c'est ça qui est fondamental,
25:59nous défendons aussi
26:00l'avenir
26:01de la civilisation européenne.
26:03Le grand défi,
26:03et c'est un dédélement nouveau
26:05qui apparaît dans mon livre,
26:06c'est que si le général de Gaulle
26:07s'arrêtait à l'Oural,
26:09moi je m'arrête
26:09à Vladivostok.
26:10Et que le grand enjeu
26:12civilisationnel
26:12pour les Européens,
26:14c'est d'aider la Russie,
26:16c'est que nous,
26:16Européens,
26:17au lieu de faire la guerre
26:17à la Russie,
26:18on se considère
26:19comme l'interlande
26:20de la Russie
26:20et qu'on l'aide
26:21à garder le contrôle
26:23de l'Asie centrale
26:25et de la Sibérie.
26:28Et un mot à ce sujet,
26:29parce que la grande idée,
26:31c'est l'idée
26:31qu'a sorti l'amiral Castex
26:33en 1955
26:34avec un article
26:35qui avait fait fureur,
26:36et là j'attire l'attention
26:37des auditeurs
26:38qui font l'honneur
26:39de nous regarder,
26:41des spectateurs
26:42nous font regarder
26:44en ce moment,
26:45c'est que ce qu'il faut
26:45comprendre,
26:46c'est que la Russie,
26:47c'est le bouclier,
26:48je dis bien,
26:49c'est le bouclier
26:50de l'Europe
26:50par rapport à l'Asie
26:51et que si,
26:53demain,
26:54pour bien comprendre cela,
26:56les Chinois sont à l'Oural
26:57ou si les musulmans
26:59de la vie centrale,
27:00il y a eu Tamerlan,
27:01ne l'oublions pas,
27:02devaient arriver
27:03à Stavropol,
27:04qui était le point de départ
27:05au XIXe siècle
27:07de la colonisation,
27:08avec Tolstoy d'ailleurs,
27:09qui est à la conquête
27:10de l'Asie centrale
27:11et du Caucase,
27:13ce serait une catastrophe
27:15civilisationnelle
27:16pour l'Europe,
27:18aussi grande
27:19et même sans doute pire
27:20que la prise de Byzance
27:22par les Turcs
27:22en 1453.
27:25Voilà,
27:26si vous voulez,
27:27ce qui m'anime,
27:29je ne suis donc pas
27:29un pro-Poutine,
27:33un pro-Russie,
27:34je suis un patriote français
27:36avec une approche gaullienne,
27:40adaptée au goût du jour,
27:41au XXIe siècle
27:42et qui défend
27:43la tête sur le bio,
27:46le rapprochement nécessaire
27:48avec la Russie.
27:49Voilà,
27:49il y a un propos qui sort,
27:50je l'avais dit en exergue
27:51de mon propos,
27:52qui sort du cadre narratif
27:53dominant,
27:54mais je vous ai laissé,
27:55bien évidemment,
27:56cette liberté de présenter
27:57vos arguments
27:58que vous faites
27:58avec beaucoup de sincérité
27:59et aussi avec beaucoup de sérieux
28:01dans cet ouvrage intitulé
28:02Notre faux ami,
28:03l'Amérique,
28:04dont je sais
28:04qu'il aura une refonte
28:07dans les semaines à venir.
28:09Une refonte
28:09et qui a eu un très grand succès
28:10en Russie,
28:10je tiens à le dire,
28:11ou si je suis interdé
28:12d'édition en France,
28:13dans des grands éditeurs,
28:15en Russie,
28:15c'est quand même l'éditeur
28:16de Gorbatchev
28:16qui a fait l'honneur
28:17de m'éditer.
28:18C'est pour dire quand même
28:19qu'en Russie,
28:20ça a été un très grand succès
28:21intellectuel au plus haut niveau.
28:22– Chacun jugera.
28:23Merci à vous, Marc.
28:24Merci, M. Victor.
28:25Merci, M. Victor.
28:25– Merci.
28:25M. Victor.
28:25– Sous-titrage
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