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  • il y a 13 heures
Dans un entretien accordé à TVL, Marc Daoud, directeur du magazine alternatif et indépendant Nexus, alerte sur la mutation profonde du monde médical.
Un robot prépare désormais une dent en quinze minutes là où plusieurs heures étaient nécessaires. L’intelligence artificielle réussit des examens médicaux parmi les plus exigeants et analyse des milliers de données en un instant. À l’hôpital, les algorithmes assistent déjà les diagnostics, pilotent des respirateurs et optimisent les traitements. Promesse d’efficacité, de précision, de gain de temps : la révolution numérique est en marche.
Mais à mesure que la technique progresse, la question du lien humain se pose avec acuité.
- La médecine peut-elle se réduire à des courbes, des scores et des protocoles standardisés ?
- Qu’advient-il de l’intuition clinique, de l’écoute, du regard posé sur un patient singulier ?
Entre fascination technologique et crainte d’une déshumanisation, le débat s’intensifie. Pour Marc Daoud, l’avenir de la santé se jouera dans "un statut hybride", un équilibre fragile et plein de dangers, entre puissance des machines et conscience des hommes.

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Transcription
00:06L'intelligence artificielle ou l'humain, qui nous soignera demain ?
00:10Cette question est à la une du magazine Nexus qui revendique son indépendance de tout pouvoir politique et financier
00:16et le directeur de cette publication, Marc Daoud, est notre invité.
00:20Bonjour Monsieur.
00:20Bonjour Martial.
00:21Je l'ai dit à la une du magazine, vous posez la question suivante, l'IA envahit l'univers de
00:26la santé.
00:26Va-t-on vers une médecine gérée totalement par les algorithmes ?
00:30C'est un dossier important que vous consacrez à cette question.
00:34Exactement, parce qu'on voit la prédominance de l'intelligence artificielle,
00:38maintenant dans toutes les sphères sociales et économiques qui arrivent ces dernières années
00:42et la santé n'est pas en reste.
00:44Et on a bien vu à la faveur de la crise sanitaire ces dernières années,
00:49qu'on veut nous apposer une standardisation des protocoles
00:54et on veut évincer le plus possible l'humain.
00:57Bon, ça on l'a tous constaté.
00:59Et malheureusement, l'intelligence artificielle, potentiellement, a cette capacité à pouvoir remplacer l'humain,
01:06on va dire, pas dans l'efficacité vraiment pour notre santé,
01:08mais en tout cas pour les profits, pour Big Pharma,
01:11qui peut standardiser des protocoles de soins, des traitements,
01:14et aussi répondre à ces fameux déserts médicaux que l'État ne veut pas essayer de combler.
01:22Au contraire, il veut essayer de nous mettre des télécabines
01:25et de nous habituer à cette normalisation de la machine.
01:29Il y a quelque chose d'assez surprenant dans le dossier,
01:31c'est que vous actez la disparition programmée des praticiens.
01:36Vous ciblez à ce moment-là, non pas l'intelligence artificielle,
01:39mais les médecins eux-mêmes, leur responsabilité,
01:42vous mettez le doigt sur la déshumanisation de la médecine
01:45et tout particulièrement la disparition, en fait, de la relation avec le patient.
01:52Donc vous ne s'attaquez pas à l'IA, vous s'attaquez aux médecins eux-mêmes.
01:54En disant que vous avez creusé la tombe dans laquelle on va vous mettre.
02:00On pense qu'il y a eu beaucoup de médecins, pas tous évidemment,
02:03puisqu'on a vu qu'il y a énormément de médecins
02:05qui se sont opposés à ce qu'on a essayé de leur imposer
02:10pendant la crise sanitaire et qui en ont payé le prix fort.
02:13Mais la masse, en tout cas, qui suivent les directives
02:16et qui suivent les fameux protocoles qu'on leur appose
02:19sont en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis.
02:22Pourquoi ? Parce que malheureusement,
02:24à accepter les conditions dans lesquelles ils sont,
02:28à accepter de traiter des patients en cinq minutes,
02:31à accepter d'appliquer des protocoles sans même les remettre en question,
02:34petit à petit, ils sont en train de nuire à la relation médecin-patient
02:38qui est la base du socle du soin.
02:42C'est cette relation-là qui permet aux soins d'être exercés.
02:46Et malheureusement, beaucoup ont tacitement
02:51ou de manière complice, bon gré mal gré,
02:54accepté, on l'a vu pendant la crise sanitaire,
02:57d'appliquer les protocoles.
02:59Restez chez vous, prenez du Doliprane
03:01et vous attendez que les symptômes s'aggravent,
03:05sans même prendre en considération ce que leur confrère disait
03:09sur les traitements existants,
03:11ne serait-ce que même prendre en charge les patients.
03:14Et on a vu qu'il y a une sorte d'obéissance
03:19qui, malheureusement, pour la plupart des médecins,
03:23va s'accompagner d'un remplacement de leur pratique
03:27puisque la machine sera tout à fait apte à appliquer les protocoles.
03:31– Mais vous allez même plus loin,
03:33parce qu'en affirmant par la voix de l'anthropologue Philippe Bobola
03:36qui témoigne dans Nexus,
03:39que l'intelligence artificielle peut sembler plus empathique.
03:42C'est le terme qu'il utilise que certains médecins.
03:45L'empathie simulée n'est pas et ne sera jamais pourtant
03:48une relation humaine authentique, non ?
03:50– Évidemment, c'est qu'une illusion.
03:53La machine est très bonne pour singer l'humain
03:55et c'est vrai qu'en singeant l'humain,
03:56parfois, elle donne l'impression d'être plus humaine
03:58que les humains eux-mêmes.
03:59On l'a tous fait l'expérience,
04:01de voir cette capacité que ChatGPT
04:05et d'autres intelligences artificielles
04:08ont de singer de l'empathie,
04:10d'avoir des approches psychologiques
04:12et même de rassurer les personnes
04:14qui écrivent sur leur clavier.
04:16Alors que parfois, on se rend compte que,
04:18et là, à la décharge des médecins,
04:20je le mettrai quand même à leur décharge,
04:22ils n'ont pas le temps.
04:24On pousse les médecins à faire du chiffre
04:26parce que malheureusement,
04:28on réduit le niveau des prestations,
04:30on les met dans des conditions déplorables
04:31et finalement, au fil du temps,
04:34ils s'habituent eux-mêmes
04:35à être un petit peu comme des robots.
04:37Ils sont plus machines que la machine
04:39et c'est ça qui pose problème.
04:41Et là où il y a des médecins
04:42qui ont refusé d'aller dans cette voie-là,
04:46et on le voit avec des médecins
04:48comme le docteur Louis Fouché,
04:50Denis Agré,
04:51le docteur Odile Waché,
04:53qu'on a reçu à Nexus,
04:54et bien d'autres que vous avez reçus aussi,
04:56eux ont refusé,
04:57eux ont laissé l'humain au centre de leur pratique
05:00et évidemment que c'est là le nerf de la guerre.
05:03– Parce que l'humain dispose,
05:04et vous le dites dans le dossier,
05:06d'une capacité que vous appelez l'intuition clinique
05:09qui est quand même supérieure à l'intelligence artificielle
05:12au moment où nous parlons.
05:13– Évidemment, parce que ça fait partie
05:15de ces talents, de ces dons que les humains ont,
05:19qu'on doit cultiver aussi,
05:21et que certains médecins ont plus que d'autres,
05:23de cette intuition qui leur permet
05:24d'évaluer une situation à travers leur expérience,
05:27leur ressenti, leur sensibilité,
05:30le ressenti et la psychologie de leurs patients,
05:32et toutes ces données-là, évidemment,
05:34ne s'apprennent pas à la faculté de médecine,
05:37ne s'apprennent pas dans des encyclopédies
05:39et l'intelligence artificielle ne pourra jamais le singer,
05:43ça fait partie de l'expérience humaine d'un médecin
05:46qu'il acquiert au cours de son parcours.
05:49– Alors dans ce duel annoncé
05:50entre l'intelligence artificielle et les médecins,
05:52on peut se poser légitimement la question
05:55quand les algorithmes passeront du statut d'outil d'aide
05:58à celui de décideur principal.
06:00Et là, votre journaliste prend le cadre,
06:02très intéressant, des respirateurs artificiels
06:05en soins intensifs.
06:06Ça mérite peut-être une explication.
06:07– C'est vrai qu'on voit que sur plusieurs outils,
06:10dont les respirateurs et d'autres,
06:11l'intelligence artificielle a cette capacité
06:14de pouvoir plus qu'orienter,
06:18voire peut-être prendre des décisions,
06:19vont aider le médecin avec sa capacité
06:23d'agréger un nombre de données incommensurables
06:27que l'humain ne peut pas en quelques secondes.
06:29Donc c'est vrai que sur ces outils,
06:31de manière très précise,
06:32l'intelligence artificielle,
06:33si elle est bien accompagnée derrière avec un humain,
06:37peut être un outil extrêmement utile,
06:40si tant est que,
06:41on ne laisse pas l'intelligence artificielle
06:44remplacer l'humain.
06:45– On va garder l'exemple
06:46de ces respirateurs adaptatifs.
06:47Ils optimisent, vous venez de le dire,
06:49tous les paramètres complexes,
06:51et elle le fait en temps réel.
06:54– Il ne reste pas moins que confier des décisions
06:57qui sont des acquisitions vitales à un algorithme
07:00pose quand même des problèmes éthiques,
07:02mais aussi juridiques majeurs.
07:03En l'État, la responsabilité pénale,
07:05elle incombe toujours aux médecins.
07:06– Qui est responsable dans le cas d'une erreur ?
07:08Est-ce que c'est le fabricant du logiciel
07:10qui peut être à un bug
07:12ou à mal configurer son matériel ?
07:14Est-ce que c'est l'équipe de soins
07:17qui est peut-être à mal paramétrer ?
07:19Est-ce que c'est le médecin
07:20qui peut-être s'est trop reposé sur l'outil ?
07:22Et c'est là où vont se poser
07:24des problèmes juridiques forts.
07:25C'est qu'en cas de problème,
07:27qui est responsable ?
07:28Et c'est là où on va voir.
07:30On l'a vu d'ailleurs
07:30avec les voitures autonomes aux États-Unis,
07:33dans le cas où dans certains États,
07:35les voitures autonomes ont le droit
07:36de rouler sans conducteur,
07:37qui est responsable en cas d'accident ?
07:40Et c'est des questions
07:41qui sont difficiles à trancher.
07:42Et c'est là où malheureusement,
07:44si on laisse faire,
07:46on va se retrouver dans des situations
07:47où demain,
07:47on ne pourra même plus se tourner
07:48vers la structure administrative,
07:51vers le personnel de soins.
07:52Tout le monde va se défausser
07:53vers la machine.
07:54Et c'est beaucoup plus facile.
07:54– C'est-à-dire que globalement,
07:55vous pensez qu'à un moment donné,
07:56des gens porteront plainte
07:57contre chaque GPT ?
07:58– Contre OpenAI
07:59ou contre évidemment
08:00les fabricants de ces grands groupes
08:02qui pourront être évidemment
08:03tenus responsables
08:04parce que c'est eux
08:05qui fourniront le support
08:07pour ces outils-là.
08:08– Et parce que ça entraîne
08:09tout cela à une question essentielle.
08:11c'est en fait combien de temps,
08:13c'est la question,
08:14c'est combien de temps
08:15le verrou réglementaire
08:17et le cadre éthique
08:18tiendront-ils ?
08:18Parce que vous évoquiez
08:19la question de la crise sanitaire,
08:21Marc Daoud,
08:21vous avez beaucoup travaillé
08:22à ce moment-là
08:23avec Nexus.
08:24On garde bien évidemment,
08:26mémoire,
08:26cette déflagration
08:27lors de la crise sanitaire du Covid.
08:29La crise sanitaire,
08:30elle a fragilisé
08:31tous les garde-fous
08:32éthiques et juridiques.
08:34– C'est vrai.
08:35Et on a vu à quel point
08:36il était très facile
08:38pour l'État
08:39d'imposer des nouveaux standards
08:41et ensuite de se défausser.
08:43Non, c'était l'urgence,
08:44c'est l'urgence sanitaire,
08:45donc on n'est pas responsable.
08:47D'ailleurs,
08:47les grands groupes pharmaceutiques
08:49ont réussi quand même
08:50au préalable
08:51à signer leur déresponsabilisation.
08:53Non, on fabrique un produit,
08:54mais c'est l'urgence
08:55qui nous l'a imposé,
08:56et donc nous,
08:57on ne peut pas être tenus responsables.
08:58On le voit aujourd'hui
08:58avec les victimes
09:01de ces produits-là
09:02qui tentent tant bien que mal
09:04d'obtenir,
09:05un, leur reconnaissance,
09:06voire parfois des indemnisations,
09:08et c'est très compliqué,
09:09aux États-Unis aussi.
09:10Donc, effectivement,
09:12la question est plus que légitime
09:15et cette question d'éthique
09:16et de responsabilisation juridique
09:18n'est pas encore tranchée.
09:20– Et on voit que ces grands groupes
09:21arrivent à se déresponsabiliser.
09:22On peut penser qu'OpenAi
09:24pourrait, elle aussi,
09:25se mettre dans les conditions
09:26de déresponsabilisation,
09:28sous-entendu,
09:28tout ce que je dis
09:30n'est pas de ma responsabilité,
09:32mais de celle qu'il utilise.
09:35– Comme le vendeur d'un outil,
09:36bon, on peut utiliser cet outil
09:37pour tuer ou pour bricoler,
09:40qui est responsable,
09:41et on l'a vu à quelques…
09:42– C'est-à-dire qu'il n'y a plus
09:42de responsable à ce moment-là.
09:43Si ce n'est pas le praticien,
09:44si ce n'est plus l'intelligence artificielle,
09:46si ce n'est pas l'humain,
09:46si ce n'est pas la machine,
09:48il n'y a plus de responsable.
09:49– Il n'y a plus de responsable
09:49et on rentre dans une société
09:51de post-responsabilité
09:52où du coup,
09:53on n'a plus d'interlocuteurs,
09:54on n'a plus de personnes
09:55avec laquelle interagir
09:57ou même ne serait-ce que pouvoir
10:02choisir une responsabilité
10:03en cas de problème.
10:04On l'a vu il y a quelques semaines
10:05ou quelques mois avec,
10:07je crois que c'est un Américain,
10:08qui s'est suicidé
10:09après avoir discuté,
10:11je crois que c'est Tchad GPT,
10:13et au bout d'un moment,
10:14dans la discussion,
10:14la machine, l'IA,
10:16a eu des propos incitatifs
10:19dans le passage à l'acte.
10:21Qui est responsable dans ce cas-là ?
10:23Est-ce que c'est l'humain désespéré
10:24qui utilise une machine
10:25et qui oriente la réponse de la machine,
10:27qui elle veut faire plaisir
10:28parce que dans son algorithme,
10:29elle est programmée pour ça ?
10:30Ou alors,
10:31est-ce que c'est le fabricant
10:32qui lui est censé mettre des garde-fous
10:34pour empêcher ces dérives-là ?
10:37– Votre dossier plaide,
10:39et c'est un peu une surprise au final,
10:41pour un statut hybride,
10:43c'est-à-dire une alliance
10:44entre l'intelligence et l'intuition humaine,
10:48entre l'IA et l'humain,
10:51entre d'une part le progrès
10:53et d'autre part l'intelligence artificielle ?
10:56– On se dit qu'une troisième voie est possible,
10:59parce qu'évidemment,
11:00un retour en arrière
11:02est difficile dans notre monde.
11:04On pourrait avoir envie
11:06de revenir à l'avant-intelligence artificielle
11:09avec un monde où l'humain prédomine.
11:11Évidemment que c'est la meilleure solution.
11:12Néanmoins, dans la configuration actuelle,
11:15on voit qu'on doit être réaliste
11:18et la voie du tout numérique est un piège.
11:22Et la voie utopique, malheureusement,
11:25du sans numérique n'est pas possible.
11:28Peut-être qu'une troisième voie est possible.
11:30Elle est très difficile à protéger,
11:34parce que, malheureusement,
11:36je pense que l'un des pièges
11:38de l'industrie pharmaceutique et du big data,
11:41ce sera de nous faire croire à cet IA washing.
11:44Ne vous inquiétez pas,
11:44on va vous donner une IA éthique,
11:46on va vous donner un outil
11:48qui va mettre plus d'humains dans l'humain,
11:50alors que finalement,
11:52ils seront là pour remplacer l'humain.
11:53Mais si nous, en tant que citoyens,
11:56en tant que médias alternatifs
11:59qui pouvons donner la parole
12:01à des médecins,
12:03des vrais médecins qui font leur travail,
12:04des médecins qui sortent du dogme,
12:06si on permet aux citoyens
12:08de s'approprier librement,
12:10et il faudrait que ce soit open source,
12:12et c'est là où tout l'enjeu réside,
12:16si on pouvait librement utiliser ces outils-là,
12:18les intégrer dans un parcours de soins,
12:21on va dire, complet,
12:23et que ce soit uniquement un outil d'aide
12:26à l'analyse et à la prise de décision,
12:29mais que l'humain reste,
12:31et les moyens de rester au centre
12:34du parcours de soins
12:35et au centre de la décision,
12:36je pense qu'on pourra gagner.
12:38– Louis Fouché, dans l'entretien
12:39que vous publiez dans votre magazine,
12:41évoque le projet, un projet s'appelle MEMA,
12:43qui est rendre l'Europe à nouveau
12:45en bonne santé en français.
12:46– Il plaide pour parallèlement
12:48à un modèle hybride de soins,
12:49donc il vous suit sur cette notion-là,
12:52il parle du rétablissement
12:53de la souveraineté alimentaire,
12:55la relocalisation de la production
12:56des médicaments,
12:58comme l'augmentin par exemple,
13:00qu'on connaît bien,
13:02pour les enfants aussi d'ailleurs,
13:04est-ce que ça,
13:05ce sont des éléments qui sont importants,
13:08c'est-à-dire qu'on ne peut pas mener
13:10de front à ce système hybride
13:12si on ne va pas plus loin,
13:15relocalisation, rétablissement,
13:16de la souveraineté alimentaire, etc.
13:17– Et il a parfaitement raison,
13:19et ce qui est certain,
13:20c'est qu'on aura beau mettre de l'IA
13:21un peu, beaucoup et énormément,
13:24ça ne réglera pas les problèmes de base,
13:26c'est que la santé,
13:26c'est d'abord de l'alimentation,
13:28ce n'est pas l'intelligence artificielle
13:29qui va nous permettre de mieux manger,
13:31c'est d'abord nos choix politiques,
13:33nos choix de consommateurs,
13:34manger sainement,
13:35bon aujourd'hui ça coûte cher,
13:36manger bio, manger local,
13:38manger le moins de produits transformés,
13:40c'est déjà…
13:40la santé commence là,
13:41on n'aura même pas besoin
13:42de parler d'intelligence artificielle
13:44si tout le monde était en bonne santé,
13:45donc le premier enjeu il est là,
13:47et la relocalisation évidemment,
13:50puisqu'on dépend aujourd'hui de groupes
13:53qui sont en dehors de la France
13:55pour fabriquer des médicaments de base,
13:57on l'a vu pendant la crise Covid,
14:01rien que pour la chloroquine,
14:03alors qu'il a été décrié,
14:04que nos grands et chers médias mainstream
14:06et politiques ont essayé de marginaliser
14:09et de mettre sous le tapis pendant ce temps-là,
14:12le Maroc, elle,
14:13récupérait les stocks de chloroquine de Sanofi,
14:16malgré que ce soit une entreprise française,
14:19et le ministère des Armées françaises
14:21faisait un stock de chloroquine,
14:23mais sur le territoire national,
14:24pour les citoyens,
14:25il n'y avait presque plus rien,
14:26à part les médecins bien informés
14:28qui arrivaient à s'en procurer
14:29pour soigner, quand ils le pouvaient,
14:32leurs patients, en catimini.
14:34Mais là on voit un objet intéressant
14:36de relocalisation.
14:38Pareil pour les masques,
14:38alors, si tant est que ce soit efficace,
14:41on avait largement discuté
14:43de l'inefficacité de cette mesure,
14:45mais si tant est qu'elle le soit,
14:48on a bien vu qu'en fait,
14:49en France on était incapable
14:50d'avoir des stocks de masques
14:52au moment où…
14:52– Non périmés.
14:53– Non périmés,
14:54au moment où on prétendait
14:55qu'ils étaient utiles.
14:56Donc en fait,
14:57et puis on peut répéter le raisonnement
14:59pour tout ce qui est paracétamol, etc.
15:01Donc ce sont des éléments stratégiques
15:04de notre santé qu'on ne peut pas délocaliser.
15:07Donc en fait, finalement,
15:09l'intelligence artificielle,
15:10elle vient en dernier maillon
15:11de cette chaîne de la santé.
15:13C'est-à-dire mieux manger,
15:14avoir une agriculture saine,
15:16avoir des industries sur le territoire français
15:19pour produire les médicaments chez nous.
15:22– Voilà, ça c'est un dossier d'un exus,
15:24mais je voudrais aussi,
15:24puisque vous êtes là,
15:26escalité directeur de la publication,
15:27qu'on parle de votre publication,
15:28parce qu'on ne parle pas que de ça
15:29dans ce numéro-là de mars-avril
15:31qui est en vente dès maintenant
15:33dans les kiosques
15:35et chez les marchands de journaux.
15:35Je rappelais que Nexus vivait sans publicité,
15:38sans allégeance d'aucune sorte.
15:39Un modèle, finalement,
15:41authentiquement alternatif.
15:42Ça me fait d'ailleurs penser
15:43à un autre modèle alternatif de télévision.
15:45Et cette attitude,
15:46ces principes dans un manifeste
15:48qui rappelle, je cite,
15:49« Les journalistes de Nexus
15:50posent les questions qui dérangent
15:51en toute indépendance ».
15:53Est-ce que c'était nécessaire
15:54de rappeler ça dans un manifeste
15:55que vous publiez toujours en page 2 ?
15:57– Pour nous, c'est une évidence
16:01de se dire qu'en kiosque,
16:02on est censé rappeler un petit peu notre ADN.
16:04Les gens qui nous connaissent,
16:05les gens qui nous suivent
16:07n'ont plus besoin de savoir
16:09quelles sont nos lettre-motives.
16:11Néanmoins, en kiosque,
16:12on fait un peu figure d'exception
16:14et on avait besoin quand même
16:15de montrer pas de blanche,
16:16de dire, attention,
16:17voilà ce qu'est censé être le journalisme.
16:19Alors, vous, vous l'appliquez
16:20à TV Liberté,
16:21d'autres l'appliquent,
16:22mais force est de constater
16:23que c'est une véritable exception
16:25dans le paysage journalistique français.
16:27Bon, on est ce qu'on appelle
16:28les médias alternatifs.
16:31TVL, on voit que vous êtes quand même
16:34très bien implantés.
16:36Malgré tout, comparé à des gros groupes,
16:38on pèse très peu.
16:41Et ils ont dévoyé la notion de journalisme,
16:44ils ont dévoyé la charte de Munich
16:45et on est censé nous le rappeler
16:48comme un porte-étendard.
16:50– Et c'est ce que vous dites
16:51à votre rédaction,
16:51c'est-à-dire que les journalistes
16:52suivent ce manifeste-là.
16:54Je ne vais pas dire qu'ils le signent,
16:55mais c'est un peu une charte
16:56de déontologie quand même.
16:58– Ça fait partie de l'identité
16:59des gens qui travaillent pour Nexus
17:02et étant donné que Nexus est là
17:04depuis plus de 25 ans,
17:06c'est quelque chose
17:07qui a été assez bien perpétué.
17:08– C'est ce que j'allais dire
17:09depuis 25 ans,
17:11sans arrêt de parution.
17:12– Sans arrêt de parution,
17:14sauf pendant la crise Prestalis
17:16et la crise Covid
17:17qui se sont enchaînées pour nous
17:19et qui nous ont empêché
17:21de publier deux numéros en kiosque.
17:23Sinon, depuis 1999,
17:26Nexus, sans discontinuer,
17:27tous les deux mois,
17:28fait ce travail-là.
17:29On est passé par des obstacles,
17:32vous en avez connu aussi certains.
17:34On voit que le pouvoir
17:35a essayé parfois
17:36de nous tordre le bras.
17:38Jusqu'ici, on arrive
17:39à faire notre travail,
17:40on espère pouvoir le continuer
17:41le plus longtemps possible.
17:43– Vous étiez aussi 0% pub.
17:45Je sais moi pourquoi
17:46il n'y a pas de pub.
17:47Est-ce qu'on peut rappeler
17:48en quoi c'est important ?
17:49C'est important et courageux.
17:52Courageux parce que, bien évidemment,
17:53la pub, c'est aussi un moyen
17:54de faire vivre un magazine.
17:56Mais 0% de pub,
17:58c'est le gage de l'indépendance.
17:59C'est-à-dire que les annonceurs
18:00pèsent sur la presse.
18:01Vous pensez à ce point ?
18:03– Je pense,
18:05ayant eu quelques discussions
18:07avec certains autres médias
18:10ou en discutant un petit peu
18:12avec des annonceurs,
18:13que la publicité, évidemment,
18:15est très rentable
18:16pour des médias,
18:18quels qu'ils soient,
18:19surtout si elle est bien ciblée.
18:20Et on peut savoir
18:22au combien Nexus
18:22pourrait avoir des publicités
18:24très bien ciblées
18:25sur le domaine de la santé,
18:27entre autres,
18:27alternatives,
18:28qui pourraient évidemment
18:29proposer des contenus
18:30des publicitaires
18:31de qualité aussi.
18:33Il n'y aurait pas de soucis
18:34à ce niveau-là.
18:34Le seul problème,
18:35c'est que je pense
18:36que les revenus publicitaires
18:37dépasseraient les revenus journalistiques.
18:39Et là se pose
18:40une question éthique.
18:41est-ce qu'on produit
18:42un support,
18:44est-ce qu'on produit
18:45un média
18:45qui est un support publicitaire,
18:47puisque finalement
18:48les revenus principaux
18:50viennent de la publicité,
18:51ou est-ce qu'on continue
18:52de faire notre mission ?
18:54Moi,
18:55ayant l'angoisse
18:57de, à terme,
18:58transformer le média
19:00en support publicitaire,
19:02je me dis
19:02qu'il vaut mieux
19:02éviter d'ouvrir
19:03la boîte de Pandore,
19:04éviter de créer
19:06des relations incestueuses
19:08qui pourraient,
19:09en tout cas,
19:09qui pourraient le devenir,
19:10parce qu'on peut faire
19:11de la pub éthique,
19:12c'est vrai,
19:13mais est-ce qu'on peut
19:14être garant
19:16des produits
19:16que l'on met
19:17sur nos pages,
19:18nous en tant que journalistes ?
19:19J'en suis pas sûr
19:20sur le long terme,
19:20donc je préfère éviter
19:22ce risque.
19:22Et puis je me dis,
19:23si un jour Nexus
19:24doit arrêter
19:26parce que les lecteurs
19:28ne suivent pas
19:28et parce qu'on n'a pas
19:29de publicité,
19:30ça voudra dire
19:30que l'information
19:31n'aura pas de valeur.
19:32Et finalement,
19:33pour moi,
19:33c'est la boussole
19:34de notre travail.
19:36Ça veut dire que
19:36si on continue,
19:37c'est parce que
19:38les gens nous achètent
19:39pour l'information
19:40et si demain,
19:42ils arrêtent de nous acheter,
19:43ça voudra dire
19:44qu'on aura fauté
19:45quelque part.
19:47Concrètement,
19:47festival de l'autonomie
19:49et de l'indépendance,
19:5027 et 28 juin prochains,
19:52dans le Jura d'ailleurs.
19:54Belle région.
19:55Très belle région,
19:56dans un lieu exceptionnel,
19:57qui est au château Grévy.
19:59Un lieu déjà
20:00qui a accueilli
20:00plusieurs congrès
20:01de la santé intégrative.
20:03D'ailleurs,
20:03ces sujets
20:04avaient été déjà développés là-bas.
20:06L'alternative
20:07dans lequel on va pouvoir
20:08faire notre premier festival
20:09de l'indépendance
20:12avec plusieurs médias alternatifs,
20:15plusieurs lanceurs d'alerte,
20:17tous les journalistes
20:18qu'on a reçus
20:19à notre micro
20:19pour,
20:20sur ces deux jours,
20:21donc ce sera le 27-28 juin prochain,
20:23pouvoir se rassembler
20:24et aussi dépasser
20:26une chose importante,
20:27c'est les écrans.
20:28C'est sortir
20:30de ces cages numériques
20:32dans lesquelles
20:32on est contraints
20:34d'y aller,
20:34nous en tant que médias aussi,
20:35c'est vrai,
20:36on est obligé
20:36de proposer des contenus,
20:38mais on pense
20:39qu'il faut aussi
20:40proposer des alternatives
20:41parce que le lien humain,
20:43et d'ailleurs on le voit
20:43avec ces oligarchies
20:45qui veulent tout faire
20:46pour nous les diminuer,
20:48le lien humain
20:49est vraiment
20:51le socle
20:52de tout ce qui peut nous permettre
20:54de nous épanouir
20:54en tant que citoyen,
20:55le socle démocratique,
20:56le socle social
20:58et le socle
20:59d'une vie
21:00est tout à fait épanouie.
21:01– Marc Daoud,
21:02si j'étais un de vos contempteurs,
21:04je dirais,
21:04vous vous rassemblez,
21:05alors vous faites communauté
21:06avec vos lecteurs,
21:07après tout,
21:08d'autres journaux
21:09et pas des moindres
21:10le font régulièrement,
21:12Figaro à Libération,
21:13en passant par
21:14beaucoup d'autres,
21:15Le Monde, etc.,
21:15donc ce n'est pas une innovation,
21:16mais quand on fait
21:17sur les questions alternatives,
21:19qu'on parle de santé alternative,
21:22parce qu'on n'est pas finalement
21:22dans un phénomène
21:23un peu sectaire,
21:24je me fais votre contempteur.
21:25– Mais vous avez raison,
21:26c'est le procès
21:27qu'on nous a déjà fait
21:28et qu'on va nous faire.
21:30Je pense que la dérive sectaire
21:31à laquelle on constate,
21:33c'est celle
21:33dans laquelle on vit
21:34dans cette société
21:35qui veut nous obliger
21:37à ne pas aller voir
21:38dans les angles morts
21:39de ce qu'on nous impose
21:41depuis petit
21:42et de ne pas aller voir
21:43des nouvelles perspectives
21:44et on fait l'exact
21:46de ce qu'on peut faire.
21:46– Ça ne peut être dangereux pour la santé,
21:47ça ne peut être dangereux.
21:49– C'est vrai qu'on propose
21:51des solutions
21:51qui sont dangereuses financièrement
21:53pour les grands groupes,
21:54ça on le conçoit,
21:55mais en tout cas,
21:58le procès en sectarisme
22:00qu'on veut nous faire,
22:01tous les médias alternatifs,
22:02et vous avez raison
22:04parce que tous les lanceurs d'alerte
22:06en ont fait les frais,
22:09Louis Fouché n'en a pas fait exception,
22:10entre autres,
22:11et d'autres médecins,
22:12c'est malheureusement
22:14l'argument de ceux
22:16qui n'en ont plus
22:17puisqu'ils vont essayer
22:18de faire croire aux gens
22:19qu'ils n'ont pas la capacité
22:20de réfléchir et qu'ils suivent
22:22des personnalités
22:23pour leur dogmatisme
22:26et pour leur capacité oratoire,
22:29comme si le monde
22:31dans lequel on était
22:31ne produisait pas
22:32ces effets-là.
22:34Alors que ceux qui viennent
22:35dans des événements,
22:37que ce soit d'ailleurs
22:38pour TV Liberté,
22:39pour d'autres médias,
22:40se réunir parfois
22:42loin de chez eux,
22:44c'est qu'ils veulent quoi ?
22:45Ils veulent créer du lien
22:46là où ça a du sens.
22:48Et le sens,
22:50ils auront bon dire
22:50que c'est du sectarisme,
22:52c'est juste normalement
22:53le socle d'une société saine.
22:56On a perdu ce sens-là
22:57et je pense qu'en tant que médias,
23:00on doit être en capacité
23:01de le proposer
23:01parce que l'information,
23:03c'est une chose,
23:03dénoncer, c'est important,
23:05mais proposer des solutions
23:07et proposer du lien,
23:08c'est la prochaine étape
23:10parce que c'est celle
23:10qui nous permettra
23:11de faire une réelle
23:13contre-société.
23:14Sortons de la société
23:15qu'on veut éviter
23:16de voir tout détruire
23:18parce qu'on la dénonce,
23:19parce qu'on est dedans
23:19et parce qu'on voit
23:20qu'on ne pèse pas encore
23:22très lourd,
23:22faisons un pas de côté,
23:24sortons et permettons
23:26aux gens de voir
23:26qu'une autre société
23:28est possible.
23:28Et tout ça sera ça
23:29dans le Jura,
23:29donc fin juin.
23:31Donc au Château Grévy,
23:32vous pouvez aller
23:33sur notre site internet,
23:35sur nex.fr
23:35pour voir la billette.
23:38Et je reconnais
23:38que le sectarisme
23:39vous est parfaitement étranger
23:40pour bien vous connaître.
23:41Merci beaucoup Marc.
23:42Merci Martial,
23:43merci à vous.
23:43Merci.
23:44Merci.
23:45Sous-titrage Société Radio-Canada
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