- il y a 9 mois
Dans C'est Excellent, Judith Beller reçoit Alain Kruger, auteur de 'On ne parle pas la bouche pleine' et Audrey Dana, autrice du roman 'Illuminée'
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00:00Sud Radio, c'est excellent, Judith Bélaire.
00:04Bienvenue à toutes et à tous, c'est excellent, votre rendez-vous de l'excellence française sur Sud Radio tous les dimanches à 19h.
00:11C'est une artiste que vous connaissez pour son énergie, sa sensibilité et son regard juste sur nos failles humaines.
00:18Comédienne, réalisatrice, podcasteuse et désormais romancière, Audrey Dana est avec nous. Bienvenue Audrey.
00:24Merci de m'accueillir, quelle joie.
00:26Audrey, vous venez aujourd'hui avec Illuminé, c'est votre premier roman, c'est sorti chez Jean-Claude Lattès.
00:31On va en parler bien sûr, sans oublier, vous avez aussi la série Rosoro qui passe sur France Télé, les dimanches à 20h.
00:37Et puis vous officiez dedans, aux côtés de Jean-Judy Jujardin.
00:40Puis il y a de vos deux podcasts aussi, Sous les jupes des femmes, Regardez l'invisible.
00:43Autant dire qu'avec vous, les frontières sont bien plus poreuses qu'il n'y paraît.
00:47C'est un gourmet érudit en esprit vif, un homme qui fait du ventre une porte d'entrée vers la culture.
00:52Le producteur, journaliste et auteur Alain Crugère est avec nous sur Sud Radio.
00:56Bienvenue Alain.
00:57Merci de nous accueillir.
01:00Vous publiez chez Albert Michel, donc On ne parle pas à la bouche pleine.
01:02C'est une petite encyclopédie de la gourmandise qui est née de votre émission culte.
01:05On y croise carême, Obélix, Sancho, Panza, Proust, Hugo, La Fontaine, Shakespeare.
01:10À travers ce livre, vous nous offrez un regard actuel sur la gastronomie comme fait culturel total.
01:15Et bien ça résonne en cette période de fête.
01:18C'est vrai, je dois le reconnaître.
01:20Allez, c'est excellent sur Sud Radio, bienvenue chez vous.
01:25Audrey Dana, vous êtes illuminée donc.
01:28Je ne sais pas, mon héroïne l'est en tout cas, moi je ne sais pas.
01:31Il y a un peu de vous dans cette héroïne, dans cette Alice.
01:33Je pense qu'il y a un peu de soi dans tout ce qu'on crée.
01:36C'est vrai.
01:37Alors le pitch, vous nous entraînez donc dans la renaissance d'Alice.
01:40C'est la renaissance vraiment parce qu'elle est dépassée par la vie après une expérience de mort imminente.
01:45C'est une quadragénaire, elle voit tout basculer et puis elle reçoit, elle se donne en fait presque une mission inattendue, trouver l'amour.
01:52Très vite, on comprend que c'est surtout d'elle-même qu'elle doit se rapprocher.
01:55Alice, elle découvre un monde qu'elle ressent différemment.
01:58C'est une nouvelle version d'elle-même qui bouscule l'ancienne puisque l'ancienne, elle a du mal à s'en aller quand même.
02:02Et puis dans ce choc intérieur, il y a une bataille entre raison et intuition.
02:06Il y a de la lumière dans tout ça.
02:07C'est ça que vous dites.
02:08Je ne sais pas s'il me donne très très envie ton pitch.
02:13Déjà ce qui est marrant, c'est qu'elle meurt très très vite.
02:16Elle meurt au début, donc en général...
02:17Elle meurt 40 minutes en tout.
02:18Elle meurt 40 minutes, mais surtout elle meurt au tout début de l'histoire.
02:22C'est une fille, somme toute, assez moderne et classique.
02:27Elle a 4 enfants de 3 pères différents.
02:31Elle est en galère sentimentale.
02:34Et en fait, elle ne se donne pas du tout la mission elle-même.
02:36Elle va mourir pendant 40 minutes, vivre une expérience de mort imminente telle qu'elle est extrêmement cartésienne.
02:42Et là-bas, de l'autre côté, là-haut, je ne sais pas comment on appelle ça...
02:45On lui envoie un message, c'est ça que vous dites ?
02:47On lui dit, si tu veux mourir en paix...
02:50Alors pardonnez-moi, ce n'est pas ça mon interprétation de son trouver l'amour.
02:54Après, il y a plein d'autres choses.
02:55On lui dit, il faut que tu trouves l'amour.
02:57Mais elle revient vraiment dans le but de trouver l'amour pour pouvoir repartir au plus vite.
03:02Parce qu'elle a adoré l'expérience.
03:03Oui, c'est ça.
03:05Effectivement.
03:06C'est un texte qui insiste sur l'importance aussi de faire la paix avec le pire et le meilleur de soi-même.
03:10Parce que c'est vraiment deux versions d'une personne qui se retrouvent dans le même corps.
03:13Oui, parce que quand elle revient, elle a tout à changer.
03:17Elle n'est plus cartésienne.
03:21Elle n'a même plus la déco de son appartement.
03:23Le seul point commun qu'elle a avec l'ancienne version d'elle, c'est ses enfants et l'amour qu'elle a pour ses enfants.
03:29Et donc, en effet, les deux vont cohabiter en fait.
03:33Et ce n'est pas l'une qui est meilleure et l'autre qui est pire.
03:36Elles ont chacune leur force et leur faiblesse.
03:41Alors, il y a une phrase qui m'a touchée, moi, que vous dites dans le bouquin.
03:44Une phrase qui n'est pas de vous.
03:45Le bonheur, c'est tout ce qu'on vit pour la première fois.
03:48Même si les premières fois, elles ne rendent pas forcément heureuses.
03:50Ça, c'est vous qui le dites.
03:51Et cette phrase, elle est de Claude Lelouch.
03:53Et c'est une phrase qui résume aussi un peu, je pense, tout notre positionnement à nous tous et toutes vis-à-vis de ces premières fois qui sont parfois un peu déroutantes.
04:01En tout cas, moi, Claude, il m'a dit ça une fois et j'ai adoré l'expression.
04:07C'est pour ça que je l'ai citée dans le livre.
04:09Il y a quand même beaucoup de choses qu'on fait pour la première fois qui sont réjouissantes.
04:13Parce que, justement, on découvre et que ça nous offre un nouveau pan, une nouvelle vision du monde et de soi.
04:22Mais là, en effet, quand elle revient dans ce corps qui lui semble presque trop étroit,
04:27elle ne va faire que vivre des premières fois.
04:30ses sens ont changé, ses perceptions ont changé, ses goûts ont changé.
04:35Et c'est trop déroutant pour elle.
04:37C'est trop, en fait.
04:38Elle n'arrive pas à revenir, elle n'arrive pas à réintégrer ce corps,
04:42elle n'arrive pas à se réadapter, elle n'arrive pas avec son boulot.
04:46C'est un cauchemar pour elle de retourner au travail.
04:49Donc, en effet, c'est que des premières fois et elle ne trouve pas que c'est très heureux.
04:53D'où elle vous vient, cette Alice, Audrey Dana ?
04:56Elle me vient de...
04:59En fait, c'est Maïr Güven qui est venu me chercher, qui travaille chez La Thèse,
05:04qui est venu me chercher en me proposant de faire un roman de fiction.
05:07Et j'étais surprise, j'étais déroutée.
05:11Et j'ai eu envie de parler d'éveil.
05:15J'ai eu envie de parler de métamorphose.
05:17C'était surtout ça, en fait, mon envie.
05:19Et de cette envie-là est née cette Alice.
05:21Je ne sais pas trop si c'est moi qui ai accouché d'elle ou elle qui ai accouché de moi en tant qu'auteur.
05:27Je ne sais pas.
05:27Et puis, ça correspond à votre chemin aussi, parce que vous avez un podcast,
05:30on va en parler tout à l'heure, mais je l'ai dit tout à l'heure,
05:33qui est Regardez l'Invisible.
05:34C'est aussi votre rapport, vous, à la découverte de ce vide qui est plein,
05:38qui nous entoure, et à votre propre mysticité aussi.
05:42Alors, je ne sais pas si je suis mystique.
05:43En tout cas, je me pose beaucoup de questions.
05:45Ça, c'est certain.
05:47Et plus les années passent, plus je me pose de questions.
05:49J'avais une tendance, quand j'étais gamine, à trouver la vie magique.
05:52Puis, j'ai poussé.
05:54J'ai trouvé la vie un peu fade.
05:56Et d'ailleurs, j'ai eu très envie de jouer la comédie
05:58pour aller incarner des personnages haut en couleur,
06:02aux aventures incroyables.
06:04Et puis, j'arrive aujourd'hui à un âge où je trouve en fait la vie absolument dingue.
06:09Je m'intéresse à la physique quantique.
06:11Je m'intéresse aux neurosciences.
06:14Je regarde la nature autour de moi, comment elle fonctionne.
06:18Rien que notre corps humain, qui est le plus complexe de tous les ordinateurs qu'il soit.
06:22Et puis, j'entends.
06:23J'entends des histoires.
06:24J'entends des histoires d'expériences de mort imminente.
06:26J'entends des histoires, on va dire, magiques, entre guillemets,
06:31qui m'interrogent.
06:31Qui sont finalement peut-être explicables scientifiquement.
06:33C'est ça que vous dites aussi, un petit peu.
06:34Je pense que tout est explicable, même si on n'arrive pas encore à l'expliquer.
06:38Ça, c'est juste.
06:40Finalement, ce que vous nous dites aussi, c'est que la vie ne se limite pas à ce qu'on voit,
06:43mais aussi à ce qu'on ressent.
06:45C'est très important d'écouter ces sensations qui nous traversent, en fait,
06:49en fonction des événements qu'on vit, etc.
06:51De s'écouter cette petite voix-là.
06:53Ça, c'est sûr.
06:54En tout cas, celle qui revient, elle n'a pas d'autre choix.
06:57Celle qui revient dans le corps d'Alice n'a pas d'autre choix que de s'écouter.
07:00C'est-à-dire que c'est impossible pour elle de faire autrement.
07:03Et ça, c'est vrai que c'est quelque chose...
07:06Celle qui revient, ce n'est pas la même, non ?
07:07C'est ça que vous nous dites quelque part.
07:08Non, elle revient, elle est complètement différente.
07:10Déjà, je pense que quand on est persuadé qu'après la mort, c'est un trou noir
07:15et qu'en fait, on se retrouve face à des êtres de lumière et face à une grande lumière,
07:21ça change beaucoup, beaucoup de choses.
07:22Bien sûr.
07:23Parce qu'on peut vivre dans la peur de mourir,
07:25mais on peut aussi vivre dans la peur de l'infini.
07:27C'est deux angoisses tout à fait différentes, en fait.
07:31Et c'est ce qui lui donne envie de mordre la vie,
07:32parce qu'il y a aussi plein d'histoires d'amour, d'hommes qui passent.
07:35C'est une dévorante, c'est une dévoreuse.
07:37On pourrait dire que c'est un peu une Bridgette jaune à la française.
07:40C'est une femme qui essaye, qui goûte,
07:42et puis qui verra bien, justement, sur lequel ça tombe.
07:46Alors, elle est gourmande, ça c'est sûr.
07:49Celle d'avant aussi, il y a beaucoup de pères, beaucoup d'enfants,
07:54beaucoup d'hommes dans sa vie.
07:55Mais celle-ci, elle revient, elle veut surtout repartir,
08:00honorer sa mission, qui est de trouver l'amour et repartir.
08:03Donc, elle va essayer un petit peu partout.
08:04Elle va aller voir ses ex, elle va aller voir les nouveaux.
08:08Et puis, comprendre que c'est peut-être autre chose qu'on lui demande, au final.
08:13Et alors, vous parlez de votre rapport à la nature aussi.
08:16Vous le faisiez à l'instant.
08:17Il y a une petite phrase que j'ai relevée aussi,
08:18respire, me souffle l'âme, respire.
08:21Puisque Alice, elle fait des câlins aux arbres.
08:23Et c'est aussi comme ça qu'elle s'accroche à cet invisible.
08:26Ça, est-ce que vous le faites, vous ?
08:28Alors, moi, j'ai une passion totale pour les arbres.
08:32Sans spoiler, je pense que la plus grande histoire d'amour dans Illuminer,
08:36c'est avec un arbre qu'elle la vit.
08:39J'ai un respect infini pour ces antennes sacrées
08:44qui font quand même beaucoup pour nous
08:47et qui nettoient les sols, qui nettoient l'air, qui nous nourrissent,
08:51qui nous permettent aussi de fabriquer nos meubles, de nous chauffer.
08:56Enfin voilà, l'arbre, c'est magique.
08:58Et on appelle ça la sylvothérapie.
09:02Je crois que c'est né au Japon à la base.
09:04Mais c'est vrai que les arbres font du bien.
09:06Les arbres sont comme des espèces de médecins
09:09puisqu'ils émettent des phytoncides qui vont apaiser notre système nerveux.
09:15Et il paraît, ça a été prouvé scientifiquement,
09:17qu'un malade va guérir plus vite s'il voit un arbre par sa fenêtre
09:21que s'il n'y en a pas.
09:23Donc l'arbre est véritablement magique.
09:25Et j'ai évidemment profité de cette Alice
09:27et du fait qu'elle est complètement illuminée
09:29pour mettre les arbres en lumière dans ce livre.
09:35Puisque vous parlez de lumière, justement, Alain Crugère,
09:37Audrey nous raconte aussi comment on peut transformer les épreuves
09:41ou la vision ou se transformer vers la lumière ou en lumière.
09:44Vous, vous transformez les gestes, les saveurs, les souvenirs en plaisir, en goût.
09:49Finalement, le plaisir de vivre d'ailleurs à la table,
09:51que ce soit à la table comme ailleurs, c'est une forme de résistance.
09:55C'est surtout le désir aussi d'élévation.
09:58Je crois qu'il se passe quelque chose de magique autour d'une table.
10:03D'abord, moi je ne mange jamais seul et je ne bois jamais seul.
10:09Je pense que le fait de partager ces moments-là
10:13et le grand privilège qu'on a dans les pays de la Méditerranée,
10:17en France, en Italie en particulier,
10:19c'est que la table, c'est un lieu magique.
10:23Donc moi je ressens, je suis très sensible aux arbres aussi,
10:26mais je trouve qu'il se passe quelque chose.
10:30L'agroforesterie, c'est un truc merveilleux d'ailleurs pour l'alimentation.
10:35Dites-nous en plus en quelques mots.
10:38Non, c'est-à-dire que l'agroforesterie...
10:40Oui, oui !
10:42L'agroforesterie, c'est le fait de mélanger,
10:47que tout se passe dans le même lieu,
10:50c'est-à-dire que les arbres soient au milieu de l'endroit où on va cultiver,
10:55que les arbres donnent de l'ombre pour les plantes qui seront en dessous,
11:01donnent aussi de l'ombre pour les petits animaux,
11:06quelle que soit la nature des bêtes, des poules, des cochons,
11:09des lapins qui seront en dessous
11:11et qui vont donner ce goût de la forêt, ce goût du bois.
11:17C'est la fermaculture des arbres.
11:18Oui, absolument, bien sûr.
11:21Et ce qui est merveilleux, c'est que tout ça, on le ressent.
11:26On le ressent physiquement.
11:28Moi, je n'aime pas du tout qu'on parle d'environnement,
11:31parce que nous sommes la nature.
11:34On en fait partie, bien sûr.
11:35On en fait partie, on est à l'intérieur.
11:38Et oui, ce que j'ai essayé aussi, c'est toujours de réunir,
11:43de ne pas dire d'un côté, on ne parle pas la bouche pleine,
11:48des intellectuels, et de l'autre, le on ne parle pas la bouche pleine,
11:52des manuels.
11:53J'essaye aussi de rendre l'intelligence de la main,
11:59de lui redonner tout son sens.
12:01Et quand on voit le geste de certains agriculteurs,
12:05ou de certains boulangers, ou de certains cuisiniers,
12:08il y a une beauté du geste sublime.
12:11Allez, Sud Radio, c'est excellent, vous l'aurez compris.
12:13Ce soir, on se fait plaisir avec l'esprit illuminé de Audrey Dana
12:16et le non-pêché gourmand de Alain Crugère.
12:18Vous restez avec nous.
12:19Sud Radio, c'est excellent, Judith Bélaire.
12:24C'est excellent sur Sud Radio, ce soir pour vous,
12:26la comédienne, réalisatrice et auteure de Audrey Dana
12:28et son roman illuminé qui est sorti chez Jean-Claude Lattès.
12:31Sans oublier vos podcasts, Audrey,
12:33Sous les jupes des femmes et Regardez l'invisible,
12:35on va en parler.
12:36Puis le journaliste producteur et gourmet, Alain Crugère.
12:39Et son livre, On ne parle pas la bouche pleine,
12:40c'est chez Albin Michel.
12:42On ne parle pas la bouche pleine.
12:44On ne parle pas la bouche pleine, non.
12:46Bon, pour commencer, je dis que c'est un livre
12:49qui est tiré de vos émissions.
12:51On ne parle pas la bouche pleine,
12:52qui était des émissions phares, on peut le dire.
12:54On peut citer les concurrents, les collègues,
12:56chez France Culture.
12:57Et ça s'est arrêté en 2020.
12:59En 2020, même un petit peu avant.
13:02Et dites-nous en plus déjà de ce titre, s'il vous plaît.
13:06Écoutez, c'était tout simple.
13:07On m'a dit un jour,
13:08est-ce que tu n'as pas eu une idée ?
13:1025 émissions pour le mois prochain.
13:14Et moi, je n'avais jamais fait de radio,
13:16donc j'ai dit, oui, bien sûr, j'ai une idée.
13:18Ça s'appelle, on ne parle pas la bouche pleine,
13:19c'est le monde vu du ventre.
13:20Et il fallait raconter 5 continents,
13:23une émission par jour,
13:265 jours pour les 5 jours de la semaine.
13:28Et voilà.
13:29Et ça commençait par l'Algérie,
13:31ce qui me touchait, puisque moi j'y étais né.
13:33Vous nous avez créé une véritable petite encyclopédie culturelle
13:40de la gourmandise, en fait.
13:41C'est ça que vous nous proposez.
13:43C'est un peu l'idée.
13:44C'est un peu l'idée, c'est-à-dire que tout est bon
13:48quand on sait regarder au bon endroit.
13:50Et la gourmandise est très présente dans notre culture,
13:55dans la littérature.
13:57Alors, si on part du...
13:59Depuis...
14:01C'est Daniel Mendelssohn qui m'avait dit
14:03est-ce que tu sais quelle est la première comédie
14:08de l'histoire de l'humanité ?
14:09Et que cette première comédie est un roman de gastronomie.
14:14Parce que dans l'Odyssée d'Ulysse,
14:16on ne fait que manger.
14:17Ah, c'est vrai, ça.
14:18Et on passe son temps à manger.
14:20Et le premier grand roman de Cervantes,
14:25enfin, le roman qui va moderniser le roman,
14:30c'est bien sûr la merveilleuse aventure de Don Quichotte.
14:34Et là aussi, on a Sancho.
14:39Sancho.
14:39Mais non, il y a Sancho qui mange.
14:41Sancho Panza et sa pence pleine de symboles.
14:43La pence de Sancho et les jeunes de Don Quichotte.
14:47Et ce que je trouve formidable,
14:48c'est que c'est vrai que c'est resté.
14:50C'est-à-dire que pendant très longtemps,
14:52on ne parlait pas...
14:54C'était très vulgaire de parler de nourriture à table.
14:59C'était réservé à la valetaille.
15:01Et on le voit d'ailleurs chez Molière,
15:03ce qui est merveilleux,
15:04c'est que c'est ce capin, c'est ce ganareul
15:07qui boivent et qui mangent.
15:08Oui, c'est vrai.
15:08Et les autres, bon.
15:11Ou le bourgeois gentilhomme,
15:12parce que justement, il est bourgeois plus que gentilhomme.
15:16Mais moi, je me régale de ça,
15:17parce que je trouve qu'il n'y a rien de meilleur
15:20que de parler de nourriture à table
15:22et d'échanger des recettes imaginaires.
15:27Alors, il n'y a pas beaucoup de recettes dans ce livre.
15:29Il y a une recette d'omelette.
15:30Oui.
15:31Vous nous parlez surtout de ce que la nourriture nous raconte,
15:34en fait, de ces nourritures.
15:35Comment elle nous nourrit.
15:36Oui, c'est ça.
15:37Comment elle nous nourrit intellectuellement.
15:41Comment elle nous fait...
15:42On démarre avec La Fontaine,
15:44avec qui mange qui, la chaîne alimentaire.
15:46Parce que La Fontaine, ce qui est merveilleux,
15:48c'est que Patrick Dandré nous raconte comment...
15:52En fin de compte, dans La Fontaine,
15:53tout le monde se mange.
15:55On se mange les uns les autres,
15:56ce qui n'est pas forcément désagréable, d'ailleurs.
15:58Mais ce qui est assez rigolo,
16:01c'est qu'il dit...
16:03Il faut retenir une chose, par exemple,
16:05c'est que, déjà, les deux premières fables
16:09ne parlent que de nourriture.
16:10La cigale et la fourmi et le corbe ou le renard.
16:13Il n'y a pas de vin.
16:14Mais il y a du fromage,
16:17il y a des petites graines.
16:19Et sinon, ce que je trouve aussi merveilleux,
16:24c'est dans Le Chasseur et le Loup,
16:27c'est qu'il dit, il faut jouir.
16:30Et il faut jouir,
16:32et à la fois la convoitise
16:34et l'avarice
16:36sont les deux péchés capitaux.
16:38Voilà, là, ce sont des péchés capitaux.
16:40Mais la gourmandise...
16:41Ce n'est pas le cas, comme on le disait hors antenne,
16:43de la curiosité et de la gourmandise.
16:45Bien sûr, la gourmandise, c'est une qualité majeure.
16:48C'est la gouinfrerie qui n'est pas une qualité.
16:50Surtout de la curiosité, moi, j'aurais dit.
16:52La curiosité, c'est la première étape vers la gourmandise.
16:55Ça va ensemble, oui, j'ai envie de dire.
16:57Je suis curieux de découvrir ça.
17:00Et du coup...
17:01Et alors, votre titre, c'est aussi d'expliquer que...
17:03Parler de ce qu'on mange, comme vous venez de le dire,
17:05ou de la manière dont on le mange,
17:06c'est aussi une manière de comprendre qui on est, en fait.
17:10Puisque vous, vous faisiez le tour du monde
17:11avec votre émission.
17:13La bouffe, on peut le dire comme ça.
17:15Oui, on peut le dire comme ça.
17:16Ça fait parler du peuple, quoi,
17:16et de la culture, et d'où on vient,
17:18de qui on est.
17:20Et découvrir aussi ces cultures
17:21quand on ne les connaît pas.
17:23C'est Monique Lévi-Strauss qui racontait, justement,
17:25que quand elle était avec son mari, Claude Lévi-Strauss,
17:29la consigne, c'était
17:30« On ne refuse rien ».
17:32Donc, quand on fait le tour du monde,
17:33quand on nous fait manger des animaux vivants,
17:35on les mange, quand même.
17:37Donc, il faut avoir...
17:38Et là, nous, on va un peu plus loin aussi,
17:41puisqu'on s'intéresse aux cuisines de Gaston Lagave,
17:45qui sont extrêmement intéressantes, pas forcément.
17:47Il y a un chaudron d'Obelix aussi.
17:49C'est-à-dire qu'Obelix, ce qui est frappant,
17:50c'est qu'Obelix, il a le corps d'une marmite.
17:54Oui, c'est vrai.
17:55C'est frappant, c'est saisissant.
17:57Donc, on comprend qu'il ait de l'appétit.
18:01Surtout qu'il est tombé dans une marmite lui-même, le pauvre.
18:03Et ce qui est merveilleux aussi,
18:05c'est qu'on a, par exemple,
18:07l'histoire,
18:09les prémices de la naissance du film « La grande bouffe »,
18:13qui est un film terrible.
18:14Parce que là, on est dans...
18:15Dans la gouinfrerie.
18:16On est vraiment...
18:17On est dans le suicide, même.
18:19La gouinfrerie jusqu'au suicide.
18:20Et Philippe Sard, avec sa voix très basse, très lente,
18:27racontée de façon absolument merveilleuse
18:30comment était né ce repas préparé par Hugo Toniazzi.
18:36Ils avaient ramené un grand morceau de parmesan sans la croûte.
18:42Et Hugo leur avait fait des pâtes.
18:44Et c'était partie de là.
18:45Et je crois que, d'ailleurs,
18:47ils avaient fait venir des filles aussi.
18:48Mais je ne sais pas.
18:49Et puis, la nourriture, c'est aussi la mémoire.
18:51Donc, c'est la madeleine de Proust.
18:52C'est l'odeur.
18:53C'est le souvenir de l'enfance.
18:56C'est la manière dont on se construit, en fait.
18:58C'est-à-dire que je crois que quand on ressent les choses,
19:01c'est quand même un des buts de la vie,
19:04un des plaisirs de la vie,
19:06on commence par...
19:09On fait jouer des cinq sens.
19:11Et que le premier sens, c'est la vue.
19:13Le deuxième sens, c'est l'odorat.
19:16Donc là, on...
19:17Et c'est vrai que quand on voyage,
19:19moi, je sais que des odeurs d'enfance,
19:22en allant au Los Angeles,
19:23j'ai retrouvé des odeurs du sud de la Méditerranée.
19:27quand on va...
19:29Donc, la madeleine, quand elle est chaude et tiède,
19:34alors, ce qui est merveilleux,
19:35c'est que là, c'est un japonais,
19:39Yuji Murakami,
19:41qui est un ancien spécialiste de l'affaire Dreyfus,
19:50de Proust dans l'affaire Dreyfus,
19:53et qui raconte comment, justement,
19:54il a lui-même organisé aussi des repas
19:56pour apaiser les relations entre Dreyfusard et Antidelfusard.
20:01Parce que la cuisine, ça peut être politique aussi, en fait.
20:03La cuisine, c'est hyper politique.
20:05C'est hyper politique.
20:06Alors, justement, on a des exemples comme ça,
20:09de grands repas, de grandes rencontres internationales
20:11qui se sont faites autour d'une table.
20:13Et ce qui se passe autour de cette table,
20:14et ce qui est posé sur la table à ce moment-là,
20:16ça change tout, en fait, d'un côté ou de l'autre.
20:19Oui, alors, ce qui est amusant,
20:21c'est que le chef Bernard Paco,
20:24qui avait organisé le repas
20:25pour les accords de Paris,
20:30où il y avait Obama et Hollande,
20:32m'avait raconté qu'Obama n'avait rien mangé.
20:37Et que Hollande regardait avec gourmandise l'assiette
20:41qu'il voulait finir l'assiette d'Obama,
20:44qui n'avait rien mangé.
20:45Ce qui était bien dommage,
20:46parce que le repas était excellent.
20:47Donc, ce n'était pas un très bon signe
20:49que Obama ne mange pas ?
20:50Non.
20:51Mais quelqu'un, un homme ou une femme
20:52qui ne mange pas,
20:53c'est toujours très inquiétant.
20:55Parce que se nourrir, c'est penser,
20:57mais c'est donc ce que vous dites,
20:58c'est la base du partage, en fait.
21:00On tourne en rond, mais c'est vrai.
21:02Oui, se nourrir à plusieurs, oui.
21:05En fait, partager un repas,
21:06c'est faire humanité, quoi, en fait.
21:09Oui, oui, oui.
21:10C'est une façon de voir les choses,
21:12mais je pense que c'est la bonne, oui.
21:14Et puis, il y a Carême, le génie de la grande cuisine.
21:16Quelques mots là-dessus ?
21:17Alors, Antonin Carême,
21:19c'était un enfant,
21:22alors, soi-disant,
21:23abandonné par ses parents.
21:24A priori, il aurait été confié plutôt
21:26à un gargottier.
21:28Et il s'est trouvé à être
21:30rue Vivienne,
21:31dans la plus grande,
21:34le plus grand traiteur de l'époque,
21:35qui était juste en face
21:36de la Bibliothèque Nationale.
21:37Et là, il allait voir les dessins,
21:39et petit à petit,
21:41il est devenu
21:42une espèce de star.
21:44C'est ça.
21:44Une espèce de star de l'alimentation.
21:47Pâtissier d'abord,
21:48cuisinier ensuite,
21:50et il a servi
21:51dans les plus grandes maisons,
21:52puisqu'il a été
21:53un extra...
21:55Il y a une série sur lui, je crois.
21:56Pardon ?
21:57Il y a une série sur lui.
21:57Alors, il y a eu une série,
21:58mais qui est très fantaisiste.
22:00Oui.
22:00La série est très fantaisiste.
22:03C'est Benjamin Voisin
22:05qui joue le rôle de Carême.
22:06Carême était beaucoup plus austère,
22:08moins sexy que Benjamin Voisin.
22:10Moins beau.
22:12Mais en revanche,
22:13il a été extra
22:15chez Talleyrand,
22:17chez le Tsar,
22:19chez le régime d'Angleterre,
22:22chez les Rothschild.
22:23Enfin, la maison qu'il préférait,
22:25c'était celle des Rothschild.
22:26Audrey Dana,
22:27vous, quand vous êtes sur un tournage
22:29ou avec vos équipes,
22:30on imagine qu'il y a des temps repas aussi,
22:32qui sont des temps importants,
22:33finalement, de cohésion,
22:34où vous avez le temps
22:35de partager,
22:35de ressentir,
22:36de réexpliquer,
22:38de rire ?
22:38Moi, j'ai de la particularité,
22:40enfin, j'ai de la chance
22:41de pouvoir,
22:42enfin, de diriger des plateaux
22:44et de faire mes films.
22:45Et donc,
22:46je réalise mes fantasmes
22:48sur mes films
22:49autour de la nourriture,
22:50parce que ça,
22:51c'est quelque chose
22:51qui me désespère dans le cinéma.
22:53C'est les tabrégies
22:54couvertes de sucreries
22:57qui ne sont pas des gourmandises,
22:58qui sont vraiment
22:59des aliments
23:00destinés à nous plomber,
23:02à nous créer
23:02une espèce de sugar high.
23:04Après, boum, ça descend.
23:05Et je me dis,
23:06mais on est tous là
23:07pour accomplir un exploit,
23:09savoir faire un film,
23:10travailler des repas possibles,
23:11être hyper concentré.
23:13Ça passe par la nourriture,
23:15en fait,
23:15parce que la nourriture,
23:16c'est aussi ça.
23:17il y a le convivial du repas ensemble
23:21et la pause,
23:21la pause déjeuner,
23:22la pause dîner,
23:23mais il y a aussi
23:24ce qu'on se met dans le système
23:25et qui nous compose.
23:27Quand même,
23:28on est fait de ce qu'on mange.
23:31Quelle force ça va créer en nous
23:32ensuite.
23:33Quelle force ou faiblesse
23:34ça va créer en nous.
23:35Et donc, moi,
23:36sur mes tournages,
23:36je m'amuse beaucoup
23:37à mettre des vrais
23:40et bons
23:41et beaux aliments.
23:42Donc,
23:44je choisis des cantines.
23:45C'est très, très, très,
23:46très important pour moi.
23:48Il y a des cantines
23:49extraordinaires.
23:50Mais bien sûr,
23:51les gens sont heureux
23:53de s'arrêter pour manger.
23:54Les gens repartent
23:55avec la pêche.
23:56Normalement,
23:56la nourriture nous donne
23:57de l'énergie
23:58et elle ne nous en prend pas.
24:00Donc,
24:00la bouffe,
24:01c'est vraiment un sujet.
24:02Si on est fatigué
24:02après un bon repas,
24:03c'est qu'on a à peu près
24:04juste trop mangé.
24:05Ou trop mangé
24:06ou mal mangé.
24:07Ou que les produits
24:08étaient bons.
24:09Avec modération.
24:09C'est vrai que
24:10quand on mange
24:11des choses délicieuses
24:12avec des amis délicieux.
24:15On a l'énergie après.
24:16On est en pleine forme.
24:17J'adore cette émission.
24:19Allez,
24:19entre littérature
24:20et gourmandise aujourd'hui,
24:21c'est excellent
24:21sur Sud Radio
24:22avec l'actrice-réalisatrice,
24:23auteur Audrey Dana
24:24et puis le journaliste producteur
24:26qui écrit aussi,
24:26Alain Crugère.
24:27Vous restez avec nous.
24:28A tout de suite.
24:31Sud Radio,
24:31c'est excellent.
24:32Judith Bélair.
24:33Vous êtes bien sur Sud Radio
24:34et c'est excellent.
24:35Vous l'aurez compris
24:36comme mes invités.
24:37Ce soir,
24:37vous êtes avec Audrey Dana
24:38qui nous entraîne
24:39dans l'invisible
24:39et puis dans le fantasme.
24:41C'est aussi un petit peu
24:42avec Illuminé
24:43chez Jean-Claude Lattès
24:43chez Jean-Claude Lattès
24:45et puis Alain Crugère
24:46qui nous donne envie
24:46de déguster avec son livre.
24:48On ne parle pas
24:48la bouche pleine
24:48mais on parle aussi
24:49de déguster des livres
24:50avec vous.
24:51C'est excellent.
24:52C'est chez Albain Michel.
24:53Oui,
24:53c'est chez Albain Michel.
24:55Alors Audrey Dana,
24:57quand même votre podcast,
24:57on va en parler un petit peu.
24:58On va commencer par
24:59Sous les jupes des femmes.
25:01Vous explorez l'intime
25:02au féminin.
25:03C'est dans la continuité
25:05de votre film
25:05qui est sorti en 2014.
25:06En fait,
25:07je vais faire
25:09un second opus,
25:13on va dire.
25:14Donc,
25:15ce ne sont pas
25:15les mêmes actrices.
25:16Ce n'est pas
25:16rapport à Alice Belaïdi.
25:18C'est d'autres actrices,
25:19d'autres personnages.
25:20Donc,
25:20ce n'est pas une suite
25:21mais je réunis à nouveau
25:23des femmes
25:23pour lesquelles j'écris.
25:25Et comme pour le premier opus,
25:28j'ai été interviewée
25:29des femmes
25:29parce que je ne voulais pas
25:31qu'on soit dans le microcosme
25:32juste des interrogations
25:33et de nos sujets
25:36à nous,
25:36les actrices.
25:37Et donc,
25:38alors que je préparais
25:39les interviews
25:40pour me relancer
25:41dans l'écriture
25:43de ce
25:44Sous les jupes des femmes
25:45et pas Sous les jupes des filles,
25:47je me suis dit
25:47mais en fait,
25:48c'est un podcast
25:49qui serait super
25:50si tant est
25:51que les femmes
25:51osent parler.
25:53Parler,
25:53vraiment raconter
25:54cette atmosphère.
25:56Puis votre authenticité
25:57aussi,
25:58la manière
25:58de vous les questionner,
25:59finalement,
25:59ça crée
26:00cette possibilité
26:01de confessions
26:02presque en fait.
26:03En fait,
26:04mon envie,
26:05c'est là en l'occurrence,
26:06j'interview des femmes
26:06on va dire d'influence,
26:08c'est-à-dire des femmes
26:09qui, je ne sais pas,
26:10vendent beaucoup de bouquins
26:10ou beaucoup d'albums
26:12ou voilà,
26:12qu'on connaît
26:13qui vont nous raconter
26:16ce qui les met par terre.
26:18Parce qu'en fait,
26:19il y a un fantasme
26:20vachement nourri
26:21par le papier glacé
26:22que ces personnalités-là
26:24pourront aller très bien
26:25et puis qu'elles vont très bien
26:26alors que ce n'est pas vrai.
26:28Évidemment,
26:28on est toutes,
26:29toutes à galérer
26:30que ce soit
26:30dans notre maternité
26:32ou dans nos histoires d'amour
26:34ou dans notre boulot
26:36où on a toutes des challenges
26:38et tous aussi.
26:40En l'occurrence,
26:40moi, mon sujet,
26:41c'est les femmes
26:42puisque c'est surtout les femmes
26:43en fait qu'on va vouloir lisser.
26:45Quand on ouvre un magazine,
26:46on se dit
26:47waouh,
26:47elle,
26:48elle est magnifique,
26:48elle a tout.
26:49Bon, déjà,
26:49il y a un travail de Photoshop
26:50qui est exceptionnel.
26:51Énorme même.
26:52Et puis,
26:52on vend du rêve.
26:53Les réseaux sociaux
26:54vendent du rêve
26:55et ce rêve complexe.
26:57Ce rêve fait que
26:59l'aspectatrice,
27:01l'auditrice,
27:01la complexité,
27:02la difficulté,
27:04le fait que c'est des humaines
27:05comme les autres.
27:06Est-ce que toi,
27:07tout va bien 100% ?
27:08Jamais.
27:10Mais en même temps,
27:10ça serait trop facile.
27:12On s'ennuierait beaucoup.
27:12On s'ennuierait beaucoup.
27:14C'est aussi ça qui est intéressant.
27:15Le but,
27:15c'est de regarder derrière
27:16les apparences
27:17et de décortiquer
27:19ce qu'on attend de nous.
27:20Finalement,
27:20il faut de ces femmes-là.
27:22La société attend toujours
27:23quelque chose
27:23d'être effectivement
27:24à son maximum
27:25alors qu'on est aussi belle
27:26quand on est dans la faiblesse,
27:27parfois.
27:28Et puis,
27:28c'est surtout de décomplexer.
27:30Je sais que beaucoup de femmes
27:32se disent
27:33moi,
27:34je n'y arrive pas
27:34alors que toutes les autres
27:35y arrivent.
27:35Non,
27:36en fait,
27:36on est toutes les mêmes.
27:38Il y en a toutes
27:39des obstacles
27:40à passer.
27:42Et qui permettent
27:43de grandir.
27:44D'évoluer.
27:45Il y a
27:46Regarder l'invisible aussi.
27:47J'ai trouvé ça
27:48très intéressant.
27:48C'est Écouter ce qu'on ne voit pas
27:49en fait.
27:50C'est ça que vous nous racontez,
27:51non ?
27:51Écouter ce qu'on n'entend pas
27:52ou regarder ce qu'on ne voit pas.
27:54Oui,
27:54là,
27:55j'ai envie
27:55en fait,
27:56en femme très curieuse
27:58que je suis,
27:59j'ai envie
27:59d'interviewer
28:00des experts,
28:04des artistes,
28:05des philosophes
28:07sur les questions
28:09qui nous taraudent
28:10tous
28:11la vie après la mort
28:12Ça vous fascine un peu ?
28:15Bien sûr,
28:15ça me fascine.
28:16Évidemment que ça me fascine.
28:17Mais en fait,
28:17on va tous mourir,
28:18ça nous fascine tous.
28:19C'est des questions.
28:21Plus ou moins ?
28:22Plus ou moins.
28:23En fait,
28:24j'ai la sensation
28:25que notre humanité
28:27a très peur
28:28de la mort
28:29et que,
28:30étrangement,
28:31on est quand même
28:31la première civilisation
28:32à scier la branche
28:33de l'arbre
28:34sur laquelle on est assis.
28:35Ça, c'est vrai.
28:36Et donc,
28:37si,
28:38peut-être,
28:38j'attire ce dont j'ai peur.
28:40Alors,
28:40si on faisait la paix,
28:41avec ce concept
28:43de la mort,
28:44est-ce que notre terre
28:45se mettrait à refleurir ?
28:46Voilà.
28:46En fait,
28:47ma dynamique,
28:47quelque part,
28:49derrière ce podcast,
28:51derrière ces questions
28:52que je pose,
28:52derrière ces invités
28:53que je vais chercher,
28:54c'est d'essayer d'apaiser
28:55cette peur de la mort
28:56qu'on a.
28:57souvent,
28:58j'aime bien
28:58la comparaison
29:00avec les arbres.
29:02Si les feuilles
29:03qui tombaient
29:03se mettaient
29:04à se prendre la tête
29:04comme nous,
29:05on se prend la tête
29:05avec la mort,
29:06ce serait vraiment
29:06la galère,
29:07alors que l'arbre
29:07est toujours là,
29:08en fait.
29:09Et puis,
29:10c'est un podcast
29:11qui fait écho
29:11à votre roman,
29:12du coup,
29:12Illuminé,
29:12puisqu'elle,
29:13elle a une expérience
29:14de mort éminente
29:15qui lui ouvre
29:16un monde
29:16de perceptions nouvelles.
29:18Vous,
29:18ce que vous allez chercher,
29:19c'est la réponse d'après.
29:20Voilà,
29:21c'est ça.
29:21En fait,
29:22les podcasts,
29:23mon roman,
29:24elle a croisé
29:24les deux podcasts
29:25puisque c'est une femme,
29:27l'amour,
29:28la quête d'amour,
29:30la complexité
29:30des relations,
29:32de la maternité,
29:33d'être femme,
29:34du travail,
29:34de tout ça,
29:35de sa place
29:35en tant que femme,
29:36de renaître
29:36en tant que femme.
29:38Et puis,
29:38ces questions
29:39de la vie et de la mort,
29:40mais pas que
29:41de la vie et de la mort,
29:41de tout ce qu'on n'est
29:44pas capable,
29:45en fait,
29:46de définir totalement,
29:48ce qui peut nous habiter,
29:50nous traverser,
29:51mais qu'on ne s'est pas
29:52encore tout à fait nommé.
29:53Bien sûr.
29:54Alain Crugère,
29:55vous,
29:55vous filmez le goût aussi,
29:57vous faites ça,
29:58vous êtes aussi producteur
29:59éditorial du Cercle Cinéma
30:02sur Canal+,
30:02et en fait,
30:05ça rejoint aussi
30:05la façon dont vous parlez
30:07de nourriture,
30:07parce qu'il y a une vraie
30:08esthétique aussi,
30:09une symbolique
30:09dans votre manière
30:10d'en parler,
30:12parce que la nourriture,
30:14c'est un motif majeur
30:15du cinéma.
30:16Ah ben oui,
30:16la nourriture,
30:17c'est assez constitutif
30:20du cinéma,
30:21depuis le repas de bébé
30:24il y a 130 ans
30:26de l'eau lumière
30:27jusqu'à aujourd'hui,
30:30alors il y a bien sûr
30:31des films qui marquent.
30:33Le festin de Babette,
30:34c'est la transmission
30:35du repas gastronomique
30:37des Français
30:38classé au patrimoine
30:39immatériel
30:40d'une humanité,
30:41et la grande bouffe
30:42dont on parlait,
30:43mais on peut aller,
30:44je l'évoquais tout à l'heure,
30:45à la gorstronomie,
30:46les morts-vivants
30:49se nourrissent
30:50que de chair vivante
30:51d'ailleurs.
30:52Ça c'est vrai,
30:52ça j'y avais pas pensé.
30:53Oui mais c'est une vraie question,
30:55il faut pas mourir
30:56si on veut nourrir
30:57un mort-vivant,
30:59sinon,
31:01et puis il y a des cinéastes
31:03qui ont accompagné ça
31:04de façon magistrale,
31:06alors des cinéastes gourmands
31:08comme Chabrol,
31:09des cinéastes
31:11comme Claude Sauté
31:14qui pareil
31:14le fait de façon magnifique,
31:17Tavernier aussi,
31:19Lelouch,
31:20on mange aussi beaucoup
31:21dans les films
31:22de Lelouch,
31:23et puis il y a aussi
31:25des cinéastes
31:27qui ont un rapport
31:30à la nourriture
31:31qui est particulier,
31:33alors c'est vrai
31:34que la table
31:34c'est aussi un lieu
31:36où on se bagarre,
31:38on va pas aller
31:38jusqu'à Festen
31:39où on annonce
31:40des choses épouvantables,
31:42mais c'est vrai
31:42que c'est un lieu
31:44de parole.
31:45Le repas de famille.
31:46Le repas de famille.
31:47Le repas de Noël.
31:48Les repas qui arrivent là.
31:50Oui,
31:51donc il faut essayer
31:53justement,
31:54je trouve,
31:55de poser à la fois
31:56son téléphone
31:57à l'entrée
31:58et aussi
31:59ses problèmes
32:00et arriver à table
32:01avec
32:02un sentiment
32:04de connivence,
32:05de plaisir
32:06et aussi
32:08de goût
32:08de goût
32:09de la fête
32:10parce qu'il faut
32:11que chaque repas,
32:12moi je trouve
32:12qu'il faut que chaque repas
32:13soit...
32:14Le repas c'est le goût,
32:16ça crée un souvenir,
32:17ça crée du plaisir,
32:19ça crée
32:19l'intelligence de la main,
32:21le geste,
32:22qui est très important
32:23pour vous aussi.
32:24Il y a un truc
32:24que je trouve très important
32:25où vous dites
32:25que ça crée du souvenir,
32:26c'est vrai.
32:27Bah oui.
32:27Je pense que ce qui est
32:28très important
32:29et moi je pense souvent
32:30aux chefs,
32:32les chefs qui font
32:32une oeuvre,
32:34c'est-à-dire
32:34on fait un film,
32:35le film existe toujours,
32:37même après
32:37notre mort,
32:39on fait un plat,
32:41il n'existe que le souvenir.
32:43Et donc les chefs
32:44souvent ont un peu
32:46la dépression
32:47du post-repas.
32:51Il y avait un grand chef italien
32:52qui,
32:53quand il a eu
32:54sa première étoile,
32:55il a dit
32:55je supprime
32:56la moitié des tables,
32:57la deuxième étoile
32:58je supprime
32:59la moitié des tables
32:59et la troisième étoile
33:01je ferme.
33:02Parce que c'est trop.
33:03Parce que c'est trop.
33:04Parce que c'est pas possible.
33:05Et qu'il y a
33:06le désir aussi de...
33:09Parce que la troisième étoile
33:10elle enlève le désir
33:11vous pensez un petit peu ?
33:11Non, non,
33:12je pense pas que ce soit ça.
33:13Je pense que c'était plutôt
33:14l'expression
33:16d'une dépression.
33:17D'accord.
33:18L'expression d'une dépression
33:19par rapport à la fabrication.
33:22On fabrique du désir,
33:24on fabrique
33:24de l'envie,
33:26de la gourmandise
33:27et puis une fois
33:29qu'elle est mangée
33:29elle disparaît.
33:30Ce qui est très frappant
33:31c'est que
33:31dans les restaurants
33:32les bons chefs
33:34surveillent des assiettes
33:35qui reviennent
33:35de la table
33:36s'il en reste.
33:39C'est un bon indicateur.
33:40Oui, c'est un super indicateur.
33:41Puis ça aide
33:42ça aide les gens
33:43dans la cuisine.
33:43Parce que des fois
33:43on peut manger sans faim
33:44aussi, par vraie gourmandise.
33:47Oui, c'est vrai.
33:47Si l'assiette revient
33:49pas vide...
33:50Ne pas manger
33:51parce qu'on n'aime pas ça.
33:53Alors vos oeuvres
33:54à tous les deux
33:54elles sont traversées
33:55par l'idée
33:55qu'on regarde autrement.
33:56Moi j'ai trouvé ça
33:57comme lien.
33:57Audrey, vous
33:58on regarde autrement
34:00l'invisible
34:00parce qu'en fait
34:01il est plein,
34:01enfin le vide
34:02puisqu'il est plein
34:03et puis les femmes aussi
34:05on les regarde autrement
34:06chez vous.
34:06Alain, vous
34:07vous regardez le monde
34:08à vue du ventre.
34:10Vous avez vraiment
34:11ce lien de...
34:12Finalement, on décide
34:13un peu ce qu'on voit aussi.
34:14Qu'est-ce que vous en pensez
34:15Audrey-Vana ?
34:16Je trouve que c'est ça
34:17qui est merveilleux
34:18dans le fait d'être humain.
34:19C'est que
34:19il y a autant
34:21de visions
34:22du monde
34:23que d'humains
34:24sur cette planète
34:25et puis même
34:26moi je vais très loin
34:27dans ma tête
34:28mais je veux dire
34:29quand je visite
34:31les différents appartements
34:32d'un même immeuble
34:33c'est pas la même vue
34:34en fait.
34:36Et puis selon
34:36que je suis en bas
34:37et selon mon humeur aussi
34:39enfin il y a quelque chose
34:40de la multifacette
34:42qui est absolument passionnant
34:46et j'adore creuser
34:47ce sillon
34:49et se le rappeler.
34:51On est très souvent
34:52dans une dispute
34:54les gens vont dire
34:56mais moi j'aurais jamais fait ça
34:58heureusement que
34:59tout le monde
35:01n'est pas comme toi
35:02sinon qu'est-ce que
35:02ce serait chiant
35:03le monde en fait
35:03si tout le monde était pareil
35:04si tout le monde réagissait pareil
35:06et cette diversité là
35:07même dans nos propres humeurs
35:10un jour on peut dire blanc
35:11et puis l'autre noir
35:12et le point de table
35:15de la même manière
35:15en fonction de la manière
35:16dont on s'est réveillé
35:17ou de ce qu'on a vécu
35:18dans la journée.
35:18Exactement
35:19et c'est si riche
35:20et si beau
35:21Et c'est pour ça
35:21qu'on a horreur
35:23qu'on nous enferme
35:25dans des normes
35:26qu'on nous oblige
35:27à manger la même chose
35:29qu'on nous interdise
35:33de manger certaines choses
35:34Vous avez déjà fait
35:35l'expérience du jeûne ?
35:37Oui
35:37Parce que c'est génial
35:38après un jeûne
35:40se remettre à manger
35:41Oui oui
35:42Mais je trouve que
35:43Moi si je fais ça
35:45la nourriture après
35:46ça a un goût très différent
35:47Ah bah puissant
35:48Mais c'est beaucoup
35:49plus puissant
35:49On re-save
35:51Et c'est vrai
35:53que tout ce qui nous contraint
35:56c'est intéressant
35:58mais l'idée de la norme
36:00moi j'ai horreur de la norme
36:01et j'ai horreur
36:02du principe de précaution
36:03Je trouve qu'il faut abolir
36:05il faut abolir
36:08toutes ces normes
36:09qui nous entravent
36:10Soyons libres
36:11Attention ça peut être dangereux
36:13aujourd'hui
36:14Oui pareil
36:15Mais justement
36:16c'est pour ça
36:17C'est encore mieux
36:18ça a plus de goût
36:19Allez c'est excellent
36:21sur Sud Radio
36:22on est avec l'actrice
36:23écrivaine Audrey Dana
36:24le journaliste grand gourmet
36:25Alain Crugère
36:26vous restez avec nous
36:27on revient dans un instant
36:28pour la fin de l'émission
36:29à tout de suite
36:29Sud Radio
36:32Sud Radio
36:32c'est excellent
36:33Judith Bélaire
36:34Vous êtes bien sur Sud Radio
36:35et on est bien avec vous
36:37C'est excellent
36:38avec la réalisatrice
36:39et auteure
36:39Audrey Dana
36:40c'est un moment là
36:40Audrey Dana
36:44que vous entendez
36:45son roman
36:45illuminé
36:46c'est sorti chez
36:47Jean-Claude Lattès
36:47sans oublier
36:48ses deux podcasts
36:48à succès
36:49sous les jupes des femmes
36:50regardez l'invisible
36:51puis à ses côtés
36:52le journaliste producteur
36:53et gourmet
36:53Alain Crugère
36:54qui publie chez
36:54Albain Michel
36:55le savoureux
36:56on ne parle pas
36:57la bouche pleine
36:57c'est une encyclopédie
36:58culturelle
36:59de la gourmandise
37:00grosso modo
37:00oui c'est excellent
37:01c'est exactement ça
37:03vous pouvez le redire
37:03encore une fois
37:04c'est excellent
37:05c'est parfait
37:06Audrey Dana
37:07vous avez été révélée
37:08mais vous avez bien bossé
37:09avant quand même
37:09au cinéma en 2008
37:10avec Romand Gard
37:11de Claude Lelouch
37:12justement
37:12ça vous a valu
37:13une nomination
37:14César du meilleur espoir féminin
37:16et depuis
37:17ce qui est intéressant
37:17chez vous
37:18dans votre parcours
37:18c'est que vous n'avez pas
37:19cessé de scruter
37:20les relations humaines
37:21avec humour
37:21avec empathie
37:23avec une certaine lucidité
37:24aussi
37:24vous n'êtes jamais devenu cynique
37:25vous avez travaillé
37:27avec des grands réals
37:28il y a Bélier
37:29il y a Téchiné
37:29vous avez réalisé aussi
37:32aujourd'hui
37:32est-ce que vous avez l'impression
37:33d'être complète
37:34est-ce que
37:35c'est quoi
37:35la prochaine étape ?
37:38alors
37:38j'ai jamais
37:39l'impression
37:39d'être complète
37:42j'ai l'impression
37:42que vivre
37:43c'est un chemin
37:45vers une forme
37:46de complétude
37:47j'ai cru
37:49un moment
37:49qu'il y avait
37:51un endroit
37:51dans sa vie
37:52où on pouvait
37:53atterrir
37:54arriver quelque part
37:55mais en fait
37:55pas du tout
37:55la vie
37:56c'est vraiment
37:57une spirale
37:58et c'est sans fin
38:01j'aime grandir
38:02j'aime me développer
38:03j'aime me déployer
38:04je suis trop
38:05beaucoup trop curieuse
38:06de la vie
38:07j'aime dessiner
38:08j'aime sculpter
38:09j'aime manger
38:09il y a tant de choses à faire
38:12et tant de choses à voir
38:13vous êtes insatiable
38:14je suis insatiable
38:15vraiment
38:16véritablement
38:17profondément
38:18et puis quand on fait du cinéma
38:20on a quand même
38:21enfin je veux dire
38:23un champ des possibles
38:24en termes d'exploration
38:25qui est sans fin
38:26là je repars
38:28sur
38:28sous les jupes des femmes
38:30je fais un film avant
38:31avec Alice Belaïdi
38:32qui va s'appeler Alice
38:33le film qui remet
38:34les cœurs à l'endroit
38:36oui Alice Belaïdi
38:38c'est mon actrice
38:39fétiche
38:40c'est vrai que Alice
38:41c'est le nom
38:42de l'héroïne
38:43d'Illuminée
38:44mais c'est aussi
38:45le nom de mon actrice fétiche
38:46Alice Belaïdi
38:48c'était logique
38:48de l'appeler comme ça
38:49parce que vous avez
38:50construit votre bouquin
38:51un peu comme un film
38:52si on l'imagine
38:53complètement
38:53et puis Alice
38:55c'est aussi pour moi
38:56c'est Lewis Carroll
38:57c'est Alice au pays des merveilles
38:58c'est ce personnage féminin
39:01trouble
39:01qui peut justement
39:03voyager dans les mondes invisibles
39:05et en ressortir grandi
39:07donc Alice
39:08oui c'est un prénom
39:09vraiment
39:09très très important
39:11votre parcours à vous
39:13Alain Crugère
39:14c'est celui d'un homme
39:14qui n'a jamais voulu choisir
39:15entre ses passions
39:16c'est un peu comme Audrey
39:17vous aimez tout
39:18vous avez goûté à tout
39:19vous avez fait du cinéma
39:21enfin vous n'avez pas fait du cinéma
39:22mais c'est une de vos passions
39:23si vous avez fait du cinéma
39:24oui j'ai co-produit
39:26le premier film
39:28et le meilleur film
39:28de Ferdijk Becbédé
39:29qui s'appelait
39:32L'amour dure trois ans
39:33bien sûr
39:34qui est un excellent film
39:35effectivement
39:35bon il y a la littérature
39:37il y a la radio
39:38il y a l'anthropologie du goût
39:40oui
39:41on peut dire ça
39:43on peut dire ça
39:44mais j'ai fait
39:44beaucoup de journaux surtout
39:45j'ai fait cet appareil
39:47d'autres journaux
39:48en fait vous faites partie
39:49de cette génération
39:49de journalistes
39:50qui s'est aussi formé
39:51directement sur le terrain
39:52au contact des rédactions
39:55au contact des studios
39:56j'ai eu beaucoup de chance
39:58parce que je suis un autodidacte
39:59de tout
40:00c'est à dire
40:00quand j'ai fait
40:01on ne parle pas la bouche pleine
40:02j'avais jamais fait de radio
40:03quand j'ai fait cet appareil
40:04j'avais jamais fait de journaux
40:06pareil pour
40:07L'amour dure trois ans
40:09qu'est-ce qui vous prend alors ?
40:11non mais j'ai eu
40:12une grande chance
40:13c'est qu'il y a des gens
40:14qui m'ont fait confiance
40:15j'ai eu la grande chance
40:16je crois à la magie
40:20et je crois
40:21j'ai eu la grande chance
40:22de rencontrer un homme
40:23hors du commun
40:25qui s'appelle Daniel Philippaki
40:26et qui m'a fait confiance
40:27et qui m'a laissé faire
40:29des grosses bêtises
40:30pendant longtemps
40:31et vous croyez en la magie
40:33c'est ça
40:33c'est chouette
40:34c'était un peu une des raisons
40:35pour lesquelles je vous ai rassemblés
40:36tous les deux
40:37vous comprenez
40:38votre but Alain
40:40c'est de comprendre l'humain
40:41par ce qui nous rassemble
40:44mais moi c'est amusant
40:47parce que j'aime beaucoup
40:49Claude Lelouch
40:50je sais que c'est très mal
40:51pour quelqu'un
40:52qui fait une émission de cinéma
40:53d'avouer ça
40:55j'ai toujours beaucoup aimé
40:57Claude Lelouch
40:57je pense que c'est un des plus grands
40:59réalisateurs de l'histoire du cinéma
41:00vous avez le droit
41:01par mon vrai sur Sud Radio
41:02bien sûr
41:03et je trouve que Claude
41:06il a cette façon
41:08de regarder
41:10de l'autre côté du miroir
41:11justement
41:12en permanence
41:14et de jouer
41:15il joue
41:16je veux dire
41:17alors
41:18et
41:20j'aime beaucoup
41:21le film dans lequel
41:22vous jouez le rôle de sa mère
41:23du coup ça fait tomber
41:27alors ça fait tomber du coup là
41:29la béquille
41:30vous voyez
41:30non mais il se passe des trucs
41:31on est dans le domaine
41:33du surnaturel
41:34et
41:35oui
41:36il a cette façon
41:37d'aborder
41:38l'au-delà
41:40le monde
41:42le monde invisible
41:44lui aussi
41:45en permanence
41:46et puis dans sa manière
41:48de diriger
41:49donc on aime
41:50on n'aime pas
41:51le cinéma de Claude Lelouch
41:52je dois dire
41:53que
41:54commencer avec lui
41:55c'est difficile
41:56parce que derrière
41:58on s'ennuie beaucoup
41:59sur les plateaux
42:00il a un enthousiasme
42:02et j'adore ce mot
42:03enthousiasme
42:04parce que
42:05étymologiquement
42:06ça veut dire
42:07avec Dieu en soi
42:08enthousiasme
42:09c'est quand même
42:09très très beau
42:10de se dire ça
42:11il a un enthousiasme
42:13que je n'ai jamais
42:14retrouvé ailleurs
42:15jamais
42:16peut-être chez vous
42:16quand vous dirigez
42:17alors je pense
42:19oui
42:19et inlaterrable
42:21voilà
42:21aujourd'hui encore
42:22il a le même
42:23oui définitivement
42:24j'ai pris ça de lui
42:25ou alors
42:26j'ai reconnu ça
42:28de lui
42:28mais
42:29il a reconnu ça
42:30chez vous aussi
42:30il a reconnu ça
42:31chez moi
42:32mais il a un enthousiasme
42:33mais aussi
42:33il aime les accidents
42:35donc c'est marrant
42:36que la béquille tombe
42:37à ce moment-là
42:37mais parce qu'il aime
42:39les accidents
42:39c'est
42:40quand on est sur un plateau
42:41avec lui
42:42il ne va jamais dire
42:42couper
42:42il va laisser la caméra tourner
42:45parce qu'il adore
42:45que les acteurs
42:46se retrouvent en carafe
42:47qu'il ne sache pas
42:47ce qui va se passer
42:48de temps en temps
42:49il vient
42:50il te dit quelque chose
42:51à l'oreille
42:52pour que tu surprennes
42:53l'autre acteur
42:54tu vas lui dire ça
42:55tu vas faire ça
42:56il se réjouit
42:57il est derrière sa caméra
42:58et il se réjouit
43:00de se dire
43:00je vais capter
43:02attraper
43:04cet éclat
43:05de vérité
43:05c'est vraiment
43:06c'est sa passion
43:07donc oui
43:09il y a
43:09toute la dimension magique
43:11chez Claude Lelouch
43:12où il l'aime
43:12et il ose parler
43:13de vie après la mort
43:14etc.
43:15mais il y a aussi
43:15ces éclats de vérité
43:17il n'aime pas
43:18le préparer
43:19il n'aime pas
43:19le répéter
43:20il dit toujours
43:22qu'il y a la figure
43:22imposée
43:23la figure libre
43:24c'est génial
43:25en tout cas
43:26de tourner avec lui
43:27comme actrice
43:27comme acteur
43:28c'est
43:29allez je vais chercher
43:30un petit peu
43:30les réactions
43:30chez vous aussi
43:31maintenant
43:31parce qu'on ne va pas
43:32tarder à se quitter
43:32c'est lors du portrait chinois
43:34Audrey Dana
43:35si vous étiez
43:35un super pouvoir
43:36je volerais
43:38pourquoi ?
43:39parce que vous voulez
43:39voir le monde d'eau
43:40parce qu'en fait
43:42dans tous mes rêves
43:42je vole
43:43et il y a peu de temps
43:45normalement
43:45c'est toujours
43:45un peu un effort
43:46et il y a peu de temps
43:47quelqu'un me disait
43:48tu n'as pas besoin
43:48de faire tant d'efforts
43:49et hop
43:50je volais
43:50c'était super facile
43:51et j'adorais ça
43:52Alain Kruger
43:53si vous étiez
43:53une table de restaurant
43:54vous seriez où ?
43:56une table de restaurant
43:57je serais sur le toit du monde
43:58bah voilà
44:01Audrey Dana
44:02si vous étiez un livre
44:03qui vous a transformé ?
44:05Rien ne s'oppose à la nuit
44:06de Delphine de Vigan
44:08d'accord
44:08pourquoi ?
44:09parce que
44:10en faisant l'introspection
44:11de sa propre famille
44:13elle m'a permis de voyager
44:14dans la mienne
44:15et ça a guéri quelque chose
44:16comme quoi
44:17les livres ont du pouvoir
44:19Alain Kruger
44:20si vous étiez un chef
44:21si j'étais un chef
44:24un chef de quoi ?
44:27de cuisine à priori
44:28mais vous pouvez dire autre chose
44:29un chef de cuisine
44:30votre chef à vous
44:31si j'étais un chef
44:33vers un jetorix
44:36non si j'étais
44:37si pourquoi pas
44:39vous êtes très attaché
44:40à Astérix Obélix
44:41à priori
44:42ah non non
44:43c'est pas la même période
44:43je suis très attaché
44:44à la Gaule
44:45la Gaule
44:46moi aussi
44:47ben voilà
44:48si vous étiez une première fois
44:50ma chère Audrey
44:51l'amour
44:53le sexe
44:54non ?
44:54oui
44:54ok
44:55Alain Kruger
44:56si vous étiez une page
44:57de littérature
44:58où l'on mange
44:59une page de littérature
45:01où l'on mange
45:02je serais
45:03une des fables
45:04de la fontaine
45:05parce que
45:06on y mange
45:08on y meurt
45:09on y vit
45:10et la langue
45:11est tellement belle
45:11Audrey Dana
45:13si vous étiez
45:14une métamorphose
45:14je serais
45:17un papillon
45:19la chrysalide
45:21Alain Kruger
45:23si vous étiez
45:23une philosophie du goût
45:24je serais
45:25la fameuse
45:27Madeleine de Proust
45:28dont on parlait tout à l'heure
45:29voilà
45:29parfait
45:30Audrey Dana
45:31qu'est-ce qui vous touche
45:32le plus chez les autres ?
45:33leur sensibilité
45:34leur sensibilité
45:37c'est ce que vous voyez
45:38avant tout quoi
45:39quand vous regardez
45:40dans les yeux de quelqu'un
45:41ouais c'est ça
45:42je crois
45:42c'est le vrai
45:44en fait
45:45ce qui n'est pas
45:46forcément
45:47dit
45:49ni montré
45:50a priori
45:51mais il y a quelque chose
45:52derrière
45:52et j'ai l'impression
45:54d'y avoir accès
45:55assez facilement
45:57Alain Kruger
45:59qu'est-ce que vous avez
45:59envie de dire
46:00en premier ?
46:01j'ai envie de sourire
46:02en premier
46:02et après
46:04j'ai envie de dire
46:05merci
46:06en premier
46:06ah bon ?
46:07pourquoi ?
46:08parce que je trouve que
46:09c'est
46:11merci la vie
46:11je trouve qu'on a
46:13on a beaucoup de chance
46:15voilà
46:16j'ai envie de dire
46:17on a beaucoup de chance
46:18et bien en ces temps
46:19c'est assez exceptionnel
46:21ce qui se passe aujourd'hui
46:22c'est excellent
46:23c'est exceptionnel
46:24une dernière question
46:25que diriez-vous
46:26à cette petite fille
46:26que vous étiez ?
46:28je lui dirais
46:28accroche-toi ma cocotte
46:30ça va être génial
46:31ça va aller
46:32Alain Kruger
46:34où seriez-vous
46:35si vous deviez
46:36tout recommencer ?
46:37je serais
46:37où on me posera
46:38parce qu'on ne choisit pas
46:40l'endroit où
46:41et si vous pouviez choisir ?
46:43si je pouvais choisir
46:44je serais au bord
46:45de la Méditerranée
46:45je ne sais pas
46:46de quel côté
46:47avec quelques olives
46:47à l'ombre
46:50de quelques oliviers
46:51et en regardant la mer
46:54merci Alain Kruger
46:56on retrouve tout de suite
46:57la chronique
46:58Parlons de vous
46:59qui met à l'honneur
47:00les personnalités
47:01les marques
47:02et les gens
47:03qui s'engagent
47:03tout simplement
47:04Sud Radio
47:06Parlons de vous
47:08Judith Bélair
47:09Parlons vrai
47:10Parlons de vous
47:11parce que le changement
47:12commence avec vous
47:12sur Sud Radio
47:13je reçois
47:14Edouard Pienz
47:14qui est directeur
47:15stratégie et innovation
47:16de InVivo Group
47:17bonjour Edouard
47:18bonjour Judith
47:19bienvenue
47:20alors aujourd'hui
47:21on parle résilience agricole
47:22avec vous
47:23puisque
47:24Crédit Agricole
47:26InVivo
47:26Sophie Proteol
47:28je l'ai bien descendu
47:29et Unigrain
47:30dévoile une étude inédite
47:31comment rendre
47:32l'agriculture française
47:33souveraine rentable
47:34et durable
47:34d'ici 2050
47:35alors j'ai envie
47:36de vous dire
47:37comment ?
47:39comment ?
47:39alors déjà
47:40cette étude
47:42elle montre
47:43elle confirme une chose
47:44c'est qu'elle confirme
47:45que le changement climatique
47:46va avoir un impact
47:47sur l'agriculture française
47:48elle va avoir un impact
47:49à deux niveaux
47:50elle va avoir un impact
47:51au niveau du nombre
47:52de jours de chaleur
47:53qui vont beaucoup augmenter
47:54c'est à 14 jours
47:55de chaleur supplémentaire
47:57de plus de 30 degrés
47:58à horizon 2050
48:00c'est énorme
48:01et la deuxième chose
48:02c'est que
48:02la pluviométrie
48:03va changer aussi
48:04plus de pluie
48:05il y aura plus de pluie
48:06à certains moments
48:07de l'année
48:07et moins de pluie
48:08à d'autres moments
48:09de l'année
48:10et cela de manière
48:11un peu différenciée
48:11suivant les régions
48:13donc elle confirme
48:14l'impact
48:15sur les changements
48:16climatiques
48:16la deuxième chose
48:18et ça c'est plutôt
48:19une bonne nouvelle
48:19c'est qu'elle est
48:20en capacité
48:21de dire
48:22qu'il y a
48:23une voie de passage
48:24il y a un chemin
48:24vers une agriculture
48:25résilience
48:26malgré ces changements
48:28climatiques
48:28alors justement
48:30cette étude
48:30qu'est-ce qu'elle va changer
48:31concrètement
48:32pour les agriculteurs
48:33sur le terrain
48:33sur les agriculteurs
48:34sur le terrain
48:35parce qu'on sait
48:35qu'il y a des défis
48:36énormes
48:36qu'il y a des solutions
48:37concrètes pourtant
48:38réalistes et urgentes
48:39qu'on peut mettre en place
48:40pour faire face
48:41à ces défis
48:41justement
48:42alors justement
48:42le but de cette étude
48:43effectivement
48:44c'est de montrer
48:44qu'il existe
48:45ces leviers
48:46qu'il existe
48:46des solutions
48:47pour
48:48contrer les effets
48:50de ce changement climatique
48:51il existe des solutions
48:52des leviers
48:53qui sont de trois natures
48:54des leviers technologiques
48:55des leviers économiques
48:56et des leviers agronomiques
48:58si je prends
48:59les leviers économiques
49:00par exemple
49:01on peut mettre
49:01des panneaux
49:02photovoltaïques
49:03sur les bâtiments agricoles
49:04on peut mettre
49:05si je prends
49:06un levier agronomique
49:08on peut changer
49:09nos pratiques
49:10culturelles
49:11donc la manière
49:12dont on cultive
49:13et ce qu'on plante aussi
49:14j'imagine
49:14les choses qu'on plante
49:15on peut changer
49:16les variétés
49:17on peut changer
49:17effectivement
49:19on peut remplacer
49:19certaines variétés
49:20qui ne sont plus adaptées
49:21à nos sols
49:22qui sont plus adaptées
49:22au climat
49:23en les remplaçant
49:24par des variétés
49:25un peu plus résistantes
49:26résistantes au stress hydrique
49:27au stress climatique
49:29vous avez un exemple ?
49:31ah oui
49:31par exemple
49:31on peut
49:32on peut implémenter
49:33des cultures
49:34comme du lin
49:35ou comme du chanvre
49:36alors à une condition
49:37c'est qu'il y ait
49:39un débouché
49:39c'est à dire que
49:40si tous les agriculteurs
49:42se mettent à produire
49:43telle ou telle culture
49:44et qu'ils ne savent pas
49:45à qui ils vont vendre
49:46les prix vont s'effondrer
49:48et on ne saura pas
49:50quoi faire
49:50de cette production
49:51il est important
49:52de construire
49:53ces filières
49:54il est important
49:54de bien réfléchir
49:56avant de mettre en place
49:57une nouvelle culture
49:58on est bien d'accord
50:00qu'aussi la résilience
50:00ça rime forcément
50:01avec l'innovation
50:02parce qu'aujourd'hui
50:03il faut inventer
50:03des nouvelles solutions
50:04pour continuer à produire
50:05de manière durable
50:06oui
50:06alors ce qu'on montre
50:07dans l'étude
50:07et c'est aussi
50:08une bonne nouvelle
50:09c'est que
50:09ces leviers innovants
50:10ils ont en fait
50:11tous été testés
50:12dans les dernières années
50:13donc on les a déjà testés
50:16dans des fermes pilotes
50:17et maintenant
50:17ce que l'étude montre
50:19c'est qu'il faut
50:19les implémenter
50:21il faut les mettre en place
50:23à grande échelle
50:23partout
50:24il faut convaincre
50:25les agriculteurs
50:26il faut convaincre
50:27les agriculteurs
50:28alors ces leviers
50:29ils seront différents
50:30suivant les exploitations
50:31suivant les typologies
50:32d'exploitation
50:33suivant les territoires
50:35dans lesquels
50:35elles sont situées
50:36bien évidemment
50:36tout le monde
50:37n'aura pas
50:37les mêmes leviers
50:38à appliquer
50:39mais il est important
50:40que tout le monde
50:41les applique
50:42de manière massive
50:44est-ce que vous avez
50:45un exemple concret
50:45d'innovation
50:46qui peut changer
50:47la donne
50:47alors oui
50:48les pratiques
50:48qu'on promeut
50:49aujourd'hui
50:50c'est par exemple
50:51le moindre labour
50:52c'est une pratique
50:53issue de l'agriculture
50:54régénératrice
50:55le moindre labour
50:56c'est de dire
50:57que l'on ne va pas
50:58labourer
50:58entre chaque culture
51:00on va laisser
51:01la nature faire
51:01donc on va laisser
51:02les vers de terre
51:03creuser les galeries
51:04et aérer la terre
51:04on va laisser
51:05les champignons
51:06et les bactéries
51:07nourrir la terre
51:09et transformer la terre
51:10pour qu'elle soit
51:10adaptée à la culture
51:12du blé
51:13de l'orge
51:14etc
51:14ça a l'air simple
51:15comme ça en fait
51:15l'innovation
51:16c'est des vieilles
51:16habitudes
51:17qu'on devrait reprendre
51:18le principe
51:18d'une bonne innovation
51:19c'est qu'effectivement
51:20elle soit simple
51:21la vérité
51:22c'est que
51:23l'agriculteur
51:25en mettant en place
51:25ces pratiques
51:26prend des risques
51:27parce qu'on ne sait
51:28qu'il n'a qu'une seule
51:29culture par an
51:29donc un seul revenu
51:31par an
51:32et il faut que
51:33la manière
51:34dont il cultive
51:35son blé
51:36ou son orge
51:37puisse lui garantir
51:39qu'il aura
51:39les rendements
51:40espérés
51:41et ça c'est faisable
51:41alors c'est faisable
51:42cette garantie justement
51:43alors la garantie
51:44est compliquée
51:46notamment les premières années
51:47parce qu'il faut
51:47il faut t'apprendre
51:48mais ce que l'on montre
51:50c'est que
51:51ça fonctionne
51:52donc au bout de quelques années
51:53oui on peut dire
51:54que
51:54en général
51:55ces pratiques là
51:58fonctionnent
51:59alors selon vous
52:00est-ce que la France
52:01elle sera rentable
52:02et durable
52:02à l'horizon 2050
52:03Edouard Pince ?
52:05alors oui
52:06la ferme France
52:07sera rentable
52:08et durable
52:09en tout cas
52:10si l'on applique
52:11de manière
52:12si l'on passe à l'échelle
52:13si l'on applique
52:13de matière massive
52:14ces leviers
52:14ça c'est le premier point
52:16et le deuxième point
52:17c'est que
52:17pour appliquer ces leviers
52:18il faut que l'ensemble
52:19de l'écosystème
52:20puisse se mobiliser
52:21se mobiliser
52:22pour appliquer
52:23pour
52:24oui pour les mettre en oeuvre
52:26tout simplement
52:26donc l'écosystème
52:27c'est les agriculteurs
52:28l'écosystème
52:29ce sont les agriculteurs
52:30ce sont les coopératives
52:31ce sont tous les
52:32tous les acteurs
52:34tous les acteurs
52:34du monde agricole
52:35l'industrie agroalimentaire
52:39les chambres
52:40les pouvoirs publics
52:41etc
52:41d'accord
52:42plus on est de fous
52:44plus on rit
52:44j'ai envie de dire
52:44en tout cas
52:45il faut allier les forces
52:46pour y arriver
52:46tout à fait
52:47merci Edouard Pince
52:48je rappelle que vous êtes
52:49directeur stratégie et innovation
52:50de In vivo Group
52:51merci
52:52merci à vous
52:53c'était excellent
52:54Audrey Dana
52:54et son roman
52:56illuminé
52:56chez Jean-Claude Lattès
52:57absolument
52:59à lire
53:00absolument
53:00je vous le conseille
53:01sans oublier
53:01les deux podcasts
53:02à suivre aussi
53:03de Audrey
53:04sous les jupes des femmes
53:05et regarder l'invisible
53:06c'est sur les réseaux sociaux
53:07sur Youtube aussi
53:07et sur Spotify
53:08et sur Spotify
53:09Alain Crugère
53:11votre encyclopédie culturelle
53:13de la gourmandise
53:13je la recommande aussi
53:14c'est chez Albin Michel
53:16et c'est
53:17On ne parle pas la bouche pleine
53:18c'est ça
53:18merci à tous les deux
53:19merci à vous
53:20d'être avec nous
53:21chaque dimanche
53:22à 19h
53:23pour cet excellent
53:24sur Sud Radio
53:24vous revenez la semaine prochaine
53:26évidemment
53:26parce que les belles histoires
53:27continuent
53:28et puis on n'oublie pas
53:29Parlons Femmes
53:29le samedi à 13h30
53:30merci à Louane
53:32pour la réalisation
53:33et merci à tous
53:33bisous
53:34Sous-titrage Société Radio-Canada
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