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  • il y a 2 mois

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00:0011h30, 13h, Christine Kelly sur Europe 1.
00:30Il connaît chaque tâche sur le front de ses bêtes, les veaux-nés dans la nuit, les hivers, les tempêtes.
00:42Mais ce matin, dans la boîte aux lettres du portail, un papier venu d'en haut tombe comme un coup de métal.
00:54Voilà une chanson que vous retrouvez un peu partout sur les réseaux sociaux qui est absolument poignante de la part.
01:09C'est le cri des agriculteurs. On veut crier avec eux aujourd'hui.
01:13On veut crier avec eux parce qu'ils sont en train de tous se rendre en ce moment.
01:17Ils sont en 10 000 attendus aujourd'hui à Bruxelles pour crier non seulement contre l'abattage de leurs troupeaux,
01:22mais aussi par rapport au Mercosur.
01:25Ils ne montent pas à Bruxelles pour la première fois. Ils l'ont déjà fait.
01:28Et s'ils retournent aujourd'hui, ce n'est pas par habitude mais par nécessité.
01:31C'est ce que je disais tout à l'heure.
01:33On a l'impression que c'est toute la souveraineté française qui s'échappe, qui est partie en fumée.
01:39Et on voit que tout le pouvoir se concentre à Bruxelles.
01:41Est-ce que la souveraineté française s'est finie ?
01:43Est-ce que vous l'acceptez, vous, auditeurs d'Europe 1 ?
01:46Appelez-nous pour pouvoir réagir.
01:49On aura dans un instant Christian Converse, qui est ancien secrétaire général de la coordination rurale.
01:55On aura aussi le président de la coordination rurale d'Occitanie pour pouvoir réagir.
01:59D'abord, Gabrielle Cluzel, j'aimerais bien entendre votre avis ce matin,
02:04puisqu'on va d'abord parler notamment du Mercosur.
02:08Et pour savoir, effectivement, est-ce que vous pouvez peut-être planter le décor un peu
02:12sur ce qu'on attend aujourd'hui du Mercosur.
02:15On a entendu Emmanuel Macron dire que tout n'est pas encore prêt.
02:18Où en sommes-nous aujourd'hui, concrètement ?
02:20Alors, il faut savoir que le Mercosur, c'est un serpent de mer qui date de 1999.
02:26C'est un accord sans précédent, un accord commercial absolument énorme,
02:30puisque je crois qu'il va rassembler 770 millions de consommateurs.
02:34Donc, c'est énorme.
02:35Avec d'un côté l'Amérique latine, constituée des pays d'Amérique latine,
02:40l'Argentine, le Brésil, le Paraguay, l'Uruguay, la Bolivie.
02:43Alors, le Venezuela a été prévu aussi, mais c'est en suspens depuis 2016,
02:47parce qu'il ne remplissait pas les conditions exactement.
02:49Et puis, de l'autre côté, l'Union européenne.
02:52Et on sait pourquoi cet accord patine et piétine.
02:57Eh bien, parce qu'un certain nombre de pays savent qu'ils risquent d'être piétinés,
03:01en particulier leur agriculture.
03:02Il faut voir.
03:03Et c'est là toute la contradiction qui est intrinsèque, inhérente à l'Union européenne.
03:09Et c'est pour ça que les agriculteurs l'ont bien compris,
03:12ils s'avouaient le pouvoir, ils vont vers Bruxelles.
03:14C'est qu'il y a des intérêts divergents.
03:18Voilà.
03:18Alors, vous avez aujourd'hui un certain nombre de pays qui s'opposent à ce Mercosur.
03:22Alors, soyons très clairs, la France n'a pas été toujours très claire sur ces...
03:25Justement, on va en parler avec Eric Tegner tout à l'heure.
03:27Donc, il y a eu beaucoup d'attermoiements, mais en tout cas...
03:29Et même là, tout à l'heure, Emmanuel Macron, ce matin, on dirait...
03:31On est dans la suspension, pas dans la fin.
03:34C'est-à-dire que je pense qu'un certain nombre de gens, quand même,
03:37commencent à sentir que les agriculteurs pourraient aller très loin
03:39et très longtemps dans leur opposition.
03:43Donc, on temporise, mais il n'y a pas d'opposition franche et farouche.
03:48Donc, parmi les opposants, il y a la France, évidemment,
03:50pays agricole s'il en est.
03:52Mais il y a aussi l'Italie, ça c'est récent, pas l'Espagne, justement,
03:56la Pologne, l'Irlande, et puis, là, Hongrie, évidemment.
04:02Et en revanche, il y a un certain nombre de pays comme l'Allemagne,
04:04comme l'Espagne, j'en parlais, qui a un petit peu bougé, d'ailleurs, sur ce sujet.
04:07Mais Pedro Sanchez, actuellement, est pour le Mercosur,
04:10parce qu'il pense écouler, par exemple, son huile d'olive,
04:14un certain nombre de services, des éoliennes, par exemple.
04:19Et puis, il y a aussi une proximité culturelle avec l'Amérique latine,
04:21dont ils comptent profiter.
04:22L'Allemagne, c'est évidemment, parce que c'est son industrie,
04:24elle va écouler ses voitures.
04:25D'ailleurs, les agriculteurs français le disent souvent,
04:27ils disent, allez sacrifier nos vaches à vos voitures.
04:30Donc, eux, ils sont pour.
04:32Donc, on a ces deux fronts.
04:33Il faut voir quand même qu'aujourd'hui, avec le ralliement de l'Italie,
04:36il y a la possibilité de trouver une minorité de blocage.
04:39Parce que vous savez, une minorité de blocage,
04:41c'est 65% du total de la population de l'Union européenne.
04:45Donc, un petit pays seul, par exemple, la Hongrie, tout seul,
04:47ne peut rien faire.
04:48Mais là, si tous ces pays-là tiennent le coup,
04:51il y a une minorité de blocage.
04:53Mais après, ça peut bloquer un certain temps.
04:55Voilà, c'est ça, minorité de blocage.
04:57Et puis, en plus, on connaît assez bien les systèmes de l'Union européenne.
05:01C'est-à-dire que ce qu'on a fait sortir par la porte,
05:03rentre par la fenêtre.
05:04C'est ça.
05:04Mais disons qu'un sursis sera peut-être accordé par ce biais-là.
05:09Mais ne croyons pas que l'accord va en rester là.
05:12Vous vous rendez compte ?
05:13Ils y bossent depuis 1999.
05:15Ils ne vont pas le laisser.
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