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00:00Europe 1 Soir, 19h-21h, Pierre de Villeneuve.
00:04Toujours avec Catherine Ney d'Europe 1, Antonin André, réélecteur en chef politique du journal du dimanche.
00:10Cette décision d'Emmanuel Macron d'aller à l'encontre de la signature de cet accord où il avait changé d'avis plusieurs fois,
00:18bon, c'est un non, mais c'est un non pour la gloire, parce qu'on sait très bien que ça ne marche pas.
00:21C'est un non pour la gloire, puisque la France n'a pas de minorité de blocage.
00:24Et par ailleurs, moi je suis quand même stupéfait de la stratégie de communication du gouvernement sur le Mercosur depuis le début.
00:32Depuis le début ? Depuis 25 ans vous voulez dire ?
00:34Non, mais depuis ces deux dernières années, si vous voulez, qui consistent à dire aux agriculteurs,
00:38oui c'est un très mauvais accord, oui on va tout faire pour qu'il n'ait pas lieu, on veut des mesures, des clauses de sauvegarde.
00:44Mais il n'y a pas de discours porté par le gouvernement positif sur le Mercosur.
00:48Or, cet accord sur le Mercosur est un accord positif pour la France, il faut le dire, pour des centaines d'entreprises.
00:54Pour également des activités agricoles, je pense aux vins et spiritueux qui ont absolument besoin de cet accord, le fromage aussi.
01:02Et comme l'a montré d'ailleurs l'accord avec le Canada, la filière fromage et la filière vin sont largement exportatrices.
01:07Vous parlez de la communication, c'est-à-dire des interviews dans les journaux ?
01:10Mais pas seulement de communication, en fait de dire sur le fond que cet accord est bon pour l'économie française.
01:17Il est bon pour l'économie française, voilà.
01:19Mais ce qui est extraordinaire, c'est qu'il est bon pour beaucoup d'industriels, pour beaucoup de professions,
01:24et que ceux pour qui c'est bénéfique se taisent.
01:27Moi je ne sais pas pourquoi, on n'organise pas, ils ne viennent pas eux-mêmes dire,
01:32mais voilà, c'est au contraire, c'est un grand marché qui s'ouvre au moment où ils se ferment aux Etats-Unis et en Chine,
01:37c'est une opportunité qu'il faut absolument saisir.
01:39Alors il y a certaines choses pour les agriculteurs, et c'est vrai que depuis longtemps, les OGM du Brésil arrivent déjà,
01:47il y a des choses où on ne joue pas, les agriculteurs ne jouent pas à Somme Égale, vis-à-vis dans le marché.
01:54Mais il y a une forme de lâcheté d'une partie des acteurs économiques français.
01:59Souvenez-vous la bataille des retraites, le patronat n'avait absolument pas soutenu le gouvernement,
02:04ni aidé le gouvernement, ni pris position publiquement de façon assez offensive,
02:07avant même d'ailleurs que la situation dégénère, à l'automne qui précède le grand débat
02:14et l'adoption de la réforme des retraites avec les grèves de l'hiver,
02:17le gouvernement aurait souhaité que le patronat, que les grands industriels se mobilisent pour défendre cette mesure-là.
02:23Il ne l'avait pas fait. Il y a une espèce de prudence des acteurs économiques en la matière
02:27pour ne pas prendre parti et donner le sentiment, d'une certaine façon, d'être du côté du gouvernement.
02:32Mais c'est dommageable.
02:33C'est-à-dire qu'Emmanuel Macron a fait énormément de choses avec les investisseurs étrangers,
02:38Choose France, leur demandait de venir choisir la France pour s'implanter,
02:41avec aussi la BPI qu'il reçoit.
02:44La banque publique d'investissement.
02:45Oui, la banque d'investissement.
02:47Il a vraiment vu tous les start-up, tous ces gens-là.
02:51Mais ce qui est le patronat, dans le fond, ça faisait partie des gens avec les syndicats.
02:57Je crois que les rencontrer, ce n'est pas quelque chose de naturel.
03:01Naturellement, je crois que ça lui cassait les pieds, pour dire les choses.
03:05Donc les syndicats, il ne les a pas reçus, les patrons non plus.
03:08Mais les patrons eux-mêmes ne lançaient pas des choses,
03:12alors qu'il a fait beaucoup pour les entreprises.
03:14Vraiment pour...
03:15Mais il y a deux choses en plus dans cette crise agricole.
03:18C'est que, alors c'est vrai, il y a toute une panoplie de points intéressants
03:23pour aussi certains agriculteurs, les céréales, les filières viticoles,
03:26qui ne sont pas bien expliquées, en tout cas par le gouvernement.
03:30Mais il y a deux choses.
03:30La première, c'est que, à chaque fois que certains acteurs,
03:35et notamment les membres du gouvernement, essayent d'expliquer ça,
03:37vous remarquerez que sur différentes antennes,
03:40ils se font, j'allais dire, bâcher par les journalistes qui disent
03:43« Vous comprenez, les volaillers, les petits agriculteurs,
03:48les producteurs de lait, sont vent debout, qu'est-ce que vous leur répondez ? »
03:52Donc finalement, cette explication, elle ne passe pas, ça c'est la première chose.
03:55La deuxième, c'est que j'ai l'impression qu'on passe à côté de chiffres.
03:58Tout à l'heure, je voyais qu'il y a des quotas pour la viande bovine
04:02en provenance du Mercosur, et qu'il y a 99 000 tonnes maximum par an,
04:06c'est-à-dire 1,6% pour la viande bovine,
04:091,6% de toute l'Union Européenne.
04:13Qu'est-ce que vous voulez que ça mette en concurrence
04:16un élevage français ou allemand ?
04:19Je l'ai déjà dit à ce micro, mais l'essentiel de la production de volaille
04:22et même de bœuf produite en Amérique du Sud part en Chine,
04:25parce que les Chinois en consomment énormément et ils en voudraient davantage.
04:28Mais ce sont des éléments qui n'ont pas été expliqués
04:32ou mal expliqués par le gouvernement,
04:33qui a épousé d'une certaine façon, peut-être par peur d'ailleurs,
04:37de la pagaille politique et dans un réflexe défensif,
04:40qui a toujours épousé ce discours décliniste sur le Mercosur,
04:43ce qui est dommageable, parce que si on dézoome un peu la focale,
04:46de façon générale, tout cela entretient une espèce de sentiment
04:49de repli, de défiance et de peur de l'étranger.
04:51Enfin, mince, la France, c'est la 11e puissance du monde,
04:55récemment, un classement international l'a placé même devant l'Allemagne
04:58en termes de solidité économique.
05:00On est une puissance économique,
05:02une puissance qui produit encore des biens et des services
05:05et qui a vocation à être exportatrice.
05:08Le libéralisme ne devrait pas nous faire peur,
05:10le libéralisme devrait nous motiver
05:12et on devrait avoir plus de confiance en nous.
05:14Le secteur agricole, depuis 10 ans, perd des parts de marché,
05:18on importe quand même la moitié de nos légumes, de nos fruits,
05:21tout ça parce qu'on ne peut pas utiliser les produits.
05:24Le beurre pour l'industriel, pour l'industrie alimentaire,
05:31on importe la totalité du beurre.
05:33Ce n'est pas le beurre qu'on a dans Donne-Bourrier,
05:35mais en tout cas pour l'industrie.
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