Skip to playerSkip to main content
  • 2 months ago

Category

🗞
News
Transcript
00:00Bonjour Laurent Champenois, vous êtes donc agriculteur-éleveur, secrétaire général de la FDSEA 51.
00:05On l'a entendu, hier Sébastien Lecornu a annoncé sa volonté d'accélérer la vaccination.
00:10Le Premier ministre qui annonce aussi la mobilisation des vétérinaires de l'armée.
00:15Pas suffisant selon vous ?
00:18Bonjour, merci de m'inviter.
00:21Pas suffisant, je ne sais pas.
00:24Ce qu'on sait aujourd'hui, c'est qu'effectivement, il y a un protocole qui avait été validé avec les vétérinaires, avec la profession.
00:32Ce protocole, aujourd'hui, il évolue puisqu'on est en mesure de vacciner un peu plus d'animaux.
00:37Et donc, on va être capable de vacciner 700-800 000 animaux en faisant un vrai cordon
00:42et finalement essayer d'assainir toute une zone du territoire pour éviter la progression de la maladie.
00:47Est-ce que c'est assez aujourd'hui ? Je ne sais pas.
00:48L'évolution des choses fait qu'il y a une évolution aussi du protocole en termes de vaccination.
00:54Donc, on peut envisager et espérer que ça suffira pour bloquer la maladie dans le sud de la France.
01:00Sébastien Lecornu va recevoir dans la semaine à Matignon les syndicats.
01:04Qu'attendez-vous désormais du Premier ministre des annonces supplémentaires ?
01:09Des annonces supplémentaires.
01:11Il y a une vraie état de crise.
01:12Il y a une situation de crise qui est énorme sur la dermatose.
01:15Mais pas que. C'est aussi un ras-le-bol complet du monde agricole.
01:20Nous, demain, nous serons à Bruxelles pour trois points importants,
01:23que sont la politique agricole commune, le Mercosur et puis la taxe azote.
01:28Donc, il y a un vrai ras-le-bol complet du monde agricole.
01:32Et donc, finalement, tout le monde sort dans la rue pour montrer ce ras-le-bol.
01:38Maintenant, il y a différents points.
01:41La politique agricole commune, on a besoin d'une vraie stratégie européenne.
01:44La stratégie européenne, elle passe par un projet agricole qui nous amène vers la souveraineté alimentaire
01:50et non pas des contraintes telles que la taxe azote qui nous arrive
01:53ou le Mercosur où on va importer des animaux et de la viande qui ne correspondent pas à nos modèles de production.
01:59Et puis, il y a la dermatose où, finalement, on est contraint de respecter un protocole.
02:03Le sanitaire, on ne doit pas plaisanter avec ça.
02:07Il y a un enjeu capital qui est de préserver les 18 millions de bovins qui sont présents sur la France.
02:15Et donc, il faut être parfois dur.
02:18Et effectivement, le protocole, il est très, très dur.
02:21Et il ne faut pas toujours mettre les sentiments.
02:23Si on met les sentiments dans un protocole sanitaire, on n'avance pas.
02:28Alors, aujourd'hui, le protocole, il est ce qu'il est.
02:30Nous, ce qu'on apprécie, effectivement, c'est qu'il y ait une évolution au travers de la vaccination.
02:33Maintenant, peut-être qu'il faudra qu'il évolue dans le temps.
02:36Et c'est aussi l'objet des différents rendez-vous avec le Premier ministre.
02:39Peut-être de le faire évoluer en fonction aussi de la situation.
02:43Toujours en accord avec les scientifiques.
02:45Parce que, nous, notre position, c'est effectivement les scientifiques qui nous alimentent et qui nous donnent aussi une position à défendre.
02:53Si vous n'êtes pas écouté, vous serez toujours aussi déterminé à poursuivre les blocages, même pendant Noël et le Nouvel An, s'il le faut ?
03:02Écoutez, nous, comme je vous l'ai dit, on va à Bruxelles demain.
03:05En fonction du retour de Bruxelles et autres, peut-être qu'il y aura d'autres blocages, d'autres mobilisations.
03:10J'avoue que ma volonté, ce n'est pas d'emmener mes adhérents et mes agriculteurs faire des blocages pendant les fêtes de Noël.
03:17Les fêtes de Noël, c'est aussi un moment familial où on doit, à un moment donné, se reposer, se concentrer aussi sur nos valeurs.
03:24Nos valeurs de famille, nos valeurs de collectif, de partage.
03:28Et ce n'est pas ma volonté personnelle d'emmener mes agriculteurs toutes les fêtes de Noël et les fêtes de fin d'année.
03:34J'espère qu'on aura des issues plus favorables et des évolutions dans le temps, de par toutes les actions qui sont aujourd'hui sur le territoire français,
03:43pour amener finalement une fin d'année et un Noël un peu plus joyeux pour nos agriculteurs et nos éleveurs français.
03:51Alors, vous l'avez évoqué, Laurent Champenois, il y a aussi forcément l'épineux dossier du Mercosur.
03:55La France et l'Italie appellent désormais à un report du vote définitif sur cet accord commercial,
04:00donc avec cinq pays sud-américains où, on le rappelle, les normes ne sont pas les mêmes.
04:05Cet accord, il représente un réel danger pour vous, pour votre profession ?
04:10Oui, pour de nombreuses filières.
04:13On va importer 99 000 tonnes de viande bovine, on va importer du sucre, on va importer de l'éthanol.
04:19Et toujours avec des modèles de production qui ne correspondent pas aux nôtres.
04:24La viande bovine, c'est typiquement des modèles d'élevage qui n'ont rien de comparable aux élevages européens et français.
04:30C'est de la concurrence déloyale ?
04:33C'est une forme de concurrence déloyale, puisqu'ils n'ont pas les mêmes coûts de production,
04:38le niveau de charge sociale, le niveau de charge environnementale, les exigences de la population.
04:43Donc, on ne peut pas avoir, nous, les consommateurs français,
04:45qui soient très exigeants avec les producteurs français.
04:48Et on respecte leurs demandes et on fait tout aussi pour finalement apporter des produits de qualité
04:54et des produits qui correspondent à ce que nos consommateurs français veulent consommer au quotidien.
04:58Et puis, dans le même temps, on va importer de la viande et des produits qui ne correspondent pas à ce que le consommateur demande.
05:03Et puis, on va les mettre dans des lieux de consommation où il y aura peu de contrôle, dans des unités de transformation.
05:10Et du coup, le consommateur français ou européen ne va pas se rendre compte.
05:12Donc là, on dit non, il faut globalement les mêmes modèles de production,
05:17les mêmes charges complètes.
05:20Et puis, on peut être sur le marché en concurrence.
05:22Mais là, aujourd'hui, effectivement, c'est de la concurrence complètement dévoyale.
05:25Emmanuel Macron appelle donc, je l'ai dit, à un report de ce vote définitif.
05:29Vous avez l'impression que dans ce dossier, le président de la République, il vous défend ?
05:33Écoutez, notre président, des fois, il nous défend et des fois, il est un peu loin de nous.
05:40Donc, on a du mal à suivre.
05:41Maintenant, on espère que ses derniers propos qu'il a tenus, il va les tenir demain lors du Conseil
05:47et qu'il va effectivement demander un report.
05:50On sait que l'Italie est derrière nous aussi aujourd'hui.
05:53Peut-être que d'autres pays européens vont aussi se poser des questions.
05:56Donc, voilà, pourquoi pas ?
05:58Et on espère qu'il va tenir pour ses agriculteurs français.
06:02Et on attend donc désormais demain 10 000 agriculteurs européens,
06:06dont 4 000 agriculteurs français à Bruxelles pour une forte mobilisation.
06:10Merci beaucoup, Laurent Champenois, d'avoir accepté aujourd'hui l'invitation de France 24.
06:14Merci infiniment.
06:15Merci.
Comments

Recommended