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00:00Alors deux minutes, nous sommes avec Guillaume Perrault, bonsoir à vous, nous sommes avec Jean-Michel Salvatore, Gauthier Lebrecht, nous sommes avec Geoffroy Lejeune, Naïma M. Fadel et Arnaud Benedetti.
00:10La colère des agriculteurs, elle gronde, elle s'étend à tout le territoire. Certains d'entre eux ont pris la route de Bruxelles, on rejoindra dans un instant de nos envoyés spéciales, Mathilde Libanaise et Emma Loro.
00:20Mais d'abord écoutons l'un d'entre eux, un agriculteur qui se trouve à Limoges et qui dit son ras-le-bol.
00:25Aujourd'hui les actions c'est plus symbolique, donc ça va être, on va emmurer la préfecture de Paille, on va faire un mur devant les portails, plus quelques baines de bâches qui seront bainées devant et puis ça sera une action simple.
00:41Mais c'est vraiment maintenir la pression sur les préfectures pour faire monter à nos ministres notre ras-le-bol et notre mécontentement sur la DNC.
00:50Gautier Lebret, on est face à une colère qui s'étend et qui, Geoffroy Lejeune qui est avec nous, a passé une partie de la journée sur un rond-point, c'est pas sur une autoroute mais un rond-point.
01:00Il y a comme un petit air de gilet jaune en fait, un parfum de gilet jaune. Sur les ronds-points les gens klaxonnent, soutiennent les agriculteurs.
01:06Il y a un soutien populaire massif à ce moment, agriculteurs.
01:09Et ça, c'est vrai que c'est une tâche d'huile qui se répand sur tout le territoire. Il y a des blocages un peu partout, des actions un peu partout, dans le nord, dans le sud, dans le centre de la France.
01:17Et je pense qu'il y a eu une mauvaise interprétation de la part au début du gouvernement, de la ministre de l'Agriculture.
01:23Ils n'ont pas vu venir ce qui est en train de se produire.
01:26Et la question, c'est évidemment ce week-end, signature ou non du Mercosur, qui va gagner le bras de fer engagé entre l'Allemagne, d'un côté la France.
01:37Aujourd'hui, si Emmanuel Macron ne change pas d'avis parce que quand il croise le président Lula, il dit formidable, on refait le Mercosur.
01:41Puis après, il revient en France, il croise un agriculteur et il dit on ne fait pas le Mercosur.
01:44Donc, s'il tient sa ligne et qu'il est contre la ratification du Mercosur, on verra ce qui se passe ce week-end.
01:51Parce qu'Ursula von der Leyen, elle n'attend qu'une chose, c'est partir en Amérique latine pour ratifier le traité du Mercosur.
01:56Évidemment, dans ce cas-là, s'il est signé, la crise va monter crescendo et il y aura des actions encore plus fortes.
02:03Soutien populaire, et c'est aussi pour ça que le maintien de l'ordre a totalement changé.
02:07On n'en voit plus les centaures, les blindés de la gendarmerie pour faire partir nos agriculteurs.
02:12C'était d'ailleurs la ligne de Gérald Darmanin lors de la première crise, quand c'était lui le ministre de l'Intérieur.
02:17On voit d'ailleurs aussi que le dossier n'est plus au ministère de l'Agriculture.
02:20Il est sur le bureau désormais de Sébastien Lecornu, c'est là que s'est déroulée la réunion d'hier soir.
02:24Donc il a repris la main, à mon avis, tant sur le volet du maintien de l'ordre avec Laurent Nunez,
02:29qui, à mon avis, a fait une erreur politique en envoyant les centaures de la gendarmerie.
02:35Et les hélicoptères.
02:36Exactement, ça c'était donc jeudi.
02:38Et en reprenant aussi, puisque après elle a fait des annonces, malgré tout, c'est quand même Annie Gennevar qui a fait les annonces,
02:43le fonds de 10 millions notamment de soutien pour les petits agriculteurs,
02:46mais il reprend aussi le volet de l'agriculture.
02:48Donc on va voir s'il arrive à décoincer tout cela.
02:51Et puis enfin, un dernier point, et j'arrête là, c'est aussi par contre nous faire croire que c'est l'ultra-gauche qui était face aux gendarmes.
02:58Je dis, c'est aussi une manière de botter en touche.
03:00Dieu sait que ce n'est pas mon genre de disculper l'ultra-gauche.
03:06Laurent Nunez le premier.
03:07Quand même, on ne les croit pas, on ne peut plus les croire.
03:09Laurent Nunez, je ne dis pas qu'il y avait peut-être quelques militants d'ultra-gauche.
03:13Je dis que la très très grande majorité étaient des agriculteurs.
03:16Et hier, la phrase texto de Sébastien Lucornu, c'est jamais les gendarmes ne se sont retrouvés face aux agriculteurs.
03:21Si, évidemment que les gendarmes se sont retrouvés face aux agriculteurs.
03:24Et c'était bien malheureux et ils n'avaient pas envie d'être là.
03:26Et c'est la même France.
03:27Agriculteurs et gendarmes, c'est la même France.
03:28Non mais c'est très révélateur parce que ce que dit Gauthier Lebrecht,
03:31cette sous-évaluation de la situation est absolument incompréhensible.
03:36Parce que quand même, quand on connaît le pays, on sait que les colères paysannes
03:40sont des colères qui peuvent être extrêmement dures, extrêmement violentes et très contagieuses,
03:43si je puis dire, et prendre cette comparaison.
03:46Parce que c'est ce qui s'est déjà passé.
03:47Ils se sont bien au CES, c'est dans le Sud-Ouest.
03:50C'est un seul syndicat, ça va passer.
03:51Je veux bien qu'ils n'aient pas la mémoire des jacqueries du Moyen-Âge.
03:56Mais s'ils n'ont pas la mémoire du mouvement de 2023, c'est qu'il y a quand même un vrai problème.
04:01Donc ça c'est un vrai sujet.
04:02Et ensuite, en effet, dire que c'est l'extrême gauche et l'ultra-gauche
04:06qui est derrière les mouvements de mobilisation qui se sont déroulés devant les fermes en Ariège,
04:13c'est ne rien connaître à la sociologie électorale du monde agricole et du monde paysan aujourd'hui.
04:18La coordination rurale n'est pas connue, que je sache, pour voter particulièrement à gauche
04:23ou même voter pour LFI.
04:24La confédération paysanne un peu plus.
04:25La confédération paysanne beaucoup plus.
04:26Et ils sont alliés.
04:27Et en fait, ils sont alliés sur le terrain.
04:29Ils ont fait l'union.
04:30Donc si vous voulez, si on caricature un peu et qu'on dit effectivement
04:33coordination rurale c'est la droite, confédération paysanne c'est la gauche,
04:36à grands traits, ils sont alliés en ce moment.
04:38Donc il n'y a pas de politique là-dedans.
04:41Ils ne répondent pas au RN ou à LFI, peu importe le syndicat.
04:44Là, ils sont alliés.
04:45Et donc ils sont alliés contre ce gouvernement.
04:48Et contre évidemment le Mercosur.
04:49Geoffroy Lejeune, on va repartir sur le terrain dans un instant,
04:51on enjouera notre emmédié spécial qui monte à Bruxelles avec les agriculteurs.
04:54Vous étiez donc sur un rond-point aujourd'hui.
04:56Qu'est-ce qui les met le plus en colère, ces agriculteurs que vous avez rencontrés,
04:59avec qui vous avez passé la journée ?
05:00Le traitement médical sur la dermatose, enfin vétérinaire,
05:04le Mercosur, la PAC qui va être maniée,
05:06l'Ukraine qui va arriver bientôt dans l'Union ?
05:09Tout ça à la fois.
05:10J'ai l'impression que tout ça à la fois.
05:11Mais déjà pour raconter sur la discussion qu'on vient d'avoir,
05:14très intéressant, moi les agriculteurs avec qui j'étais tout à l'heure
05:16ont prévenu hier la gendarmerie de leur action
05:19et ont été escortés dans une ambiance très bonne enfance ce matin
05:22par les gendarmes vers le fameux rond-point où ils étaient.
05:25Ce qui prouve qu'en effet ce sont des gens qui se connaissent,
05:27ils sont de la même famille parfois,
05:29ils sont à un kilomètre les uns des autres, etc.
05:30Il n'y a pas d'antagonisme entre les gendarmes et les paysans.
05:34Sauf quand l'ordre politique qui vient d'en haut
05:36leur ordonne qu'il y ait un face-à-face.
05:39Premièrement.
05:39Deuxièmement, en effet moi j'ai vu sur le rond-point
05:41des gens de la Confédération paysanne
05:42et des gens de la coordination rurale ensemble
05:44qui par ailleurs sont copains parce qu'ils ne vivent pas loin
05:45et donc ils ont peut-être des sensibilités politiques,
05:48je ne sais pas, mais sur les sujets du moment
05:49ils étaient 100% alignés, il n'y avait zéro sujet politique,
05:52zéro sujet syndical, guerre de territoire, etc.
05:55Ensuite j'ai vu toute la génération,
05:57des gens qui étaient retraités,
05:58qui avaient déjà cédé leur exploitation,
06:00des gens qui étaient en ce moment actifs
06:01et, je vous l'ai raconté tout à l'heure,
06:03les gamins du lycée agricole d'à côté
06:04qui sont venus soutenir, dire merci, etc.
06:06et qui étaient alignés à 100% sur le discours.
06:08Avec un slogan que vous m'avez dit tout à l'heure ?
06:10Ah bah oui, dans le livre d'or,
06:12un gamin qui a écrit, un lycéen qui a écrit
06:14« Petit, on en rêve, grand, on en crève ».
06:16Et c'est vrai que ça crève le cœur d'écouter ça,
06:19enfin de lire ça.
06:21Et ils ont le dans de très bon enfant
06:22et des gens qui passaient sur le rond-point
06:23ou sur la rocade au-dessus
06:24en klaxonnant pour dire leur soutien.
06:26Ça fait beaucoup d'éléments,
06:27moi je ne suis pas spécialiste des mouvements sociaux,
06:29mais ça fait beaucoup d'éléments où vous dites
06:30« Là, si j'étais en responsabilité,
06:32je ferais très attention à tout ce qui se passe ».
06:33Et sur les colères, la vermatose,
06:35écoutez c'est simple,
06:36pourtant ça fait maintenant une dizaine de jours
06:37qu'on a commencé à travailler sur le sujet,
06:39je n'ai pas entendu un éleveur dire
06:41que la solution adoptée par les autorités sanitaires
06:44était la bonne, pas un seul.
06:45Moi ce qui m'a plus frappé,
06:47c'est que quand vous discutez avec ces gens-là,
06:49moi je ne suis pas de la campagne
06:50et je ne connais pas tous ces sujets-là,
06:52mais vous vous dites
06:52pourquoi on ne leur confie pas la gestion du territoire français.
06:55Ils connaissent tout,
06:56comme vous disiez tout à l'heure,
06:57les saisons, la manière de faire pousser...
07:00C'est eux qui ont façonné notre pays.
07:02Exactement.
07:03Et vous vous dites,
07:03et on a des gens en cravate dans des bureaux à Paris
07:05ou dans des grandes villes,
07:07ou à Bruxelles,
07:07qui vont décider comment ils doivent faire leur boulot,
07:10c'est épouvantable.
07:10Et ensuite, quand vous ouvrez,
07:12moi j'ai pris une vague gigantesque
07:13parce que j'étais venu pour poser des questions,
07:15expliquez-moi ce qui ne va pas.
07:15Et là, vous en prenez pour 4 heures.
07:17Tout le monde, il va de son histoire.
07:20Vous prenez, il y a 40 ans,
07:21aujourd'hui,
07:22vous avez l'impression qu'il n'y a pas une décision
07:23qui a été prise dans leur sens.
07:24Et donc à la fin,
07:25vous les voyez en effet,
07:26donc la dermatose, je vous l'ai dit,
07:27mais sur ce que vous avez dit
07:28sur le Mercosur
07:29ou tous les traités de libre-échange,
07:31quand vous expliquez à ces gens-là
07:32dont la vie est pourrie
07:33par le fait de...
07:35Quelqu'un qui par exemple
07:35a décidé de vendre sa viande.
07:37Il y en avait un tout à l'heure.
07:39Décider de...
07:39Donc il élève des bêtes.
07:40Il va à l'abattoir.
07:42On interdit maintenant
07:42les abattoirs municipaux.
07:43Donc ils font des kilomètres
07:44pour aller abattre leur viande.
07:46Il a un laboratoire chez lui.
07:47Il est capable de conditionner sa viande
07:48et de la vendre.
07:49C'est des bâtons dans les roues
07:50invraisemblables.
07:51Il est contrôlé tout le temps.
07:52Il galère comme ce n'est pas possible.
07:53Alors qu'au supermarché d'à côté,
07:56il y a quelque chose
07:56qui a traversé la planète deux fois,
07:58qui est beaucoup moins écologique,
07:59beaucoup moins bon,
07:59probablement pas du tout traité
08:01de manière aussi saine.
08:02Comment vous voulez lui faire comprendre
08:03que le monde dans lequel il y vit
08:04est bon pour lui ?
08:06C'est faux.
08:06Vous avez raison.
08:07Rapidement, Emma,
08:08il va écouter une séance.
08:08Vraiment, quand je vous écoute,
08:10Geoffroy, ça me rappelle vraiment
08:11le mouvement des Gilets jaunes.
08:13Parce qu'effectivement,
08:13c'était les ronds-points,
08:14c'était Bonenfant.
08:16Et ils étaient applaudis.
08:18On venait même les voir
08:19pour les ramener d'aimer, etc.
08:21C'était vraiment le chat.
08:22Pour moi, le rat des villes
08:24est contre le rat des chants,
08:27tout simplement.
08:28Et je me retrouve exactement
08:29dans ce que vous venez de dire
08:30par rapport à ce qui se passe
08:31pour nos paysans.
08:33Et ça m'attriste énormément
08:34parce que je pense sincèrement,
08:35Laurent, je suis désolée
08:36de le dire ainsi,
08:37mais je pense qu'ils sont sacrifiés,
08:39non pas par Mme von der Leyen,
08:40mais par nos propres gouvernants.
08:42Je pense que c'est une œuvre commune,
08:43malheureusement.
08:44On va dans un instant,
08:45je vous dis,
08:46retrouver notre envoyé spécial.
08:47Avant ça, une petite séquence
08:48qui va sans doute éveiller
08:49votre attention,
08:50Gauthier Lebrecht.
08:51Je crois que ça se passe
08:52à Strasbourg.
08:53Manon Aubry arrive sur un barrage
08:55et rencontre des agriculteurs.
08:57Pour nos auditeurs,
08:58vous tendez bien l'oreille
08:59parce qu'au début,
09:00on ne comprend pas bien,
09:01mais à la fin, on ne comprend.
09:02Et là, l'agriculteur lui tourne le dos
09:03et lui dit,
09:04mais on ne veut même pas vous parler.
09:06Vous avez embrassé Mme von der Leyen
09:08lorsqu'elle a été élue.
09:10Écoutez cette séquence.
09:11– Bonjour, il y a la maman aussi qui est là.
09:14– Bonjour.
09:14– Non, pas bonjour.
09:16– Ah, là, vous nous êtes tous les temps.
09:18– Ah ben moi, je vous savais que je préside le…
09:21– Ah, non, vous êtes tous les temps.
09:22– Je vous savais que je…
09:23– Moi, je préside le seul groupe.
09:27– Moi, je préside le monsieur.
09:29– C'est là, vous êtes des hypocrites.
09:31– Vous avez embrassé Mme von der Leyen
09:35après sa réélection, madame.
09:37– Vous êtes vous.
09:39– Vous êtes vous.
09:42Vous avez embrassé Mme von der Leyen.
09:43C'est pas possible.
09:44– C'est celle-là qui me fout le temps.
09:46– Non, je ne peux pas vous écouter.
09:47– Parce que quand vous écoutez, c'est quand vous écoutez…
09:49– C'est pas possible.
09:51– C'est pas possible.
09:53– Et voilà, terminé.
09:54Pas de discussion.
09:55Manon Aubry a dû faire demi-tour.
09:56– Pour une fois que la France Insoumise salue un adversaire politique,
09:59généralement, ils refusent de leur serrer la main.
10:00Donc là, effectivement, c'était une image qui avait beaucoup fait le tour des réseaux.
10:03C'est Ursula von der Leyen qui est réélu.
10:07Et Manon Aubry l'embrasse, lui tombe un peu dans les bras.
10:10Et donc, on se dit qu'elle est la réalité de cette opposition.
10:14Bon bref, même si je trouve que pour une fois que LFI salue un opposant politique,
10:18alors que, par exemple, Jordan Bardella, on ne lui sert jamais la main.
10:21Quand il croise un député LFI sur un plateau, Mathilde Panot, quelqu'un d'autre,
10:25il refuse de lui serrer la main.
10:26Sur le fond, on voit bien la détestation que représente Ursula von der Leyen
10:30envers les agriculteurs, parce que je vous le disais tout à l'heure,
10:32elle n'attend qu'une chose.
10:33Elle, elle est à fond, évidemment, pour le Mercosur.
10:36Elle n'attend qu'une chose, c'est de pouvoir sauter dans un avion, rencontrer...
10:38L'Allemagne aussi, bien sûr.
10:41Et rappelez-moi la nationalité d'Ursula von der Leyen.
10:45Exactement.
10:45Et c'est le reproche qu'on lui fait depuis très longtemps, justement,
10:48d'être là au service uniquement de l'Allemagne
10:51et pas de l'entièreté des 27 pays membres.
10:53Mais donc, elle n'attend qu'une chose, c'est de monter dans un avion
10:56pour pouvoir signer et ratifier le Mercosur avec les pays d'Amérique latine.
11:00Lula, le président bolivien, met la pression.
11:03Quand il croise Lula, encore une fois, Emmanuel Macron,
11:05il cède à sa pression et il dit, bien sûr, on va faire le Mercosur
11:07depuis l'Amérique latine, depuis le Brésil.
11:09Donc, une fois qu'il revient en France,
11:12il croise un agriculteur et il lui dit, non, on ne le fait pas.
11:15Donc, un peu de cohérence, peut-être, ça serait bien.
11:18Guillaume Perrault.
11:18Une des choses tragiques dans cette affaire,
11:20c'est que la politique agricole commune
11:22est la plus ancienne politique de la communauté économique européenne
11:26qui maintenant s'appelle Union européenne.
11:28Ça a été créé dans les années 60.
11:29À l'époque, c'était le premier budget de la CE.
11:32Je crois que c'est d'ailleurs toujours le premier budget de l'Union européenne.
11:34Donc, c'est quand même des sommes colossales qui sont en jeu.
11:37Et il y a eu des bras de fer politiques mémorables
11:39pour savoir si la France allait avoir un droit de veto ou non
11:43dans les années 60.
11:44La politique de la chaise vide,
11:45que De Gaulle a ordonné d'observer à Bruxelles,
11:48où la France a bloqué le fonctionnement des institutions en 1965,
11:52c'était pour obtenir un droit de veto
11:54qui n'était pas dans les traités,
11:56mais qui était un accord, un gentleman agreement, comme on dit.
11:58Et ça s'est appelé le compromis de Luxembourg,
12:01qui a été adopté en 1966
12:03et qui, longtemps, a été la toile de fond des rapports de force
12:07entre les États membres.
12:08Aujourd'hui, évidemment, c'est plus difficile d'en invoquer
12:10parce qu'il faut être crédible politiquement et économiquement
12:13pour pouvoir sortir ce compromis de Luxembourg.
12:16Ça, c'est une première remarque.
12:17Ce qu'il y a de tragique, c'est que la nature même de la PAC
12:21a changé au début des années 90.
12:24Il y avait avant le système de la préférence communautaire
12:27avec des droits de douane
12:28qui frappaient les importations
12:32et le produit de ces droits de douane
12:33était utilisé pour financer la PAC.
12:36Tout ça a été démantelé au profit d'un libre-échange
12:38qu'on est en droit de trouver naïf.
12:40Au début des années 90,
12:42quand j'étais élève,
12:43on m'a appris que les traités,
12:45la réforme du GATT,
12:45le Rue Gouhéran,
12:4692,
12:48c'était au moment du traité de Mastiche.
12:50On m'a appris à l'école que c'était fameux,
12:53c'était formidable,
12:53c'était très bénéfique.
12:55C'était certainement une vision beaucoup trop abstraite
12:57de ces questions.
12:58Mais là, aujourd'hui, on est en 2021.
12:58Déjà, les paysans étaient dans les campagnes
13:00et dans les rues à ce moment-là.
13:01Oui, mais il y en avait plus.
13:03Alors, M. Salvatore veut intervenir ?
13:04Moi, ce qui me frappe,
13:05c'est qu'en fait,
13:06il n'y a pas un homme politique
13:07qui est capable de parler aux agriculteurs aujourd'hui.
13:09Alors, on le voit avec Manon Aubry,
13:11on n'est pas très surpris.
13:12Mais même au gouvernement,
13:13et là, on est un peu plus surpris.
13:14Surtout au gouvernement.
13:15Parce que Sébastien Lecornu,
13:16il a quand même la réputation
13:17d'être un élu de terrain.
13:19Il a été maire très tôt, etc.
13:21Il est très implanté dans l'heure.
13:22Et finalement, même lui,
13:24il n'a pas eu les signaux suffisants
13:25qui pouvaient lui faire penser
13:27que cette crise était quand même
13:29une crise extrêmement grave,
13:30une crise quasiment existentielle
13:32et qu'il y a un vrai risque de boule de neige.
13:34On voit bien que
13:35s'il y a une décision défavorable
13:38sur le Mercosur,
13:38il y aura une amplification
13:40de cette crise.
13:43Et on voit bien que les agriculteurs
13:45sont très résolus,
13:49n'ont plus rien à perdre.
13:50Et c'est vrai qu'ils sont victimes
13:52d'une accumulation de taxes,
13:54de normes,
13:55de directives européennes,
13:56d'ordres, de contre-ordres.
13:58Ils n'en peuvent plus.
13:59Et là, on voit bien
14:00que le politique est totalement démuni
14:03face à ce problème.
14:04Et je trouve que Macron,
14:05il est quand même le dernier
14:06à savoir le roi.
14:07Gautier Lebrecht,
14:07quand on regarde le vote
14:09des agriculteurs,
14:11il est plutôt à droite,
14:12évidemment.
14:14Mais on voit qu'il rejette
14:15la France insoumise.
14:16Il rejette à peu près
14:17tous les politiques,
14:18en réalité.
14:19Parce qu'il les accuse tous,
14:20plus ou moins,
14:21d'avoir fait le jeu
14:22des institutions européennes.
14:23Je pense que...
14:24Alors, on aura Marine Le Pen
14:25demain soir avec Sonia Mabrou.
14:27On lui reposera la question.
14:28Je pense que,
14:29comme le disait Geoffroy,
14:30et comme on le disait à l'instant,
14:32quand on voit que la coordination rurale
14:33et la confédération paysanne
14:35sont unies,
14:36main dans la main,
14:37que, effectivement,
14:38la question,
14:38elle n'est pas partisane.
14:40Ce n'est pas,
14:41sont-ils pro-RN,
14:42sont-ils pro-LFI ?
14:43Voilà.
14:44Je pense qu'effectivement,
14:45il y a un ras-le-bol
14:45de tous ceux
14:46qui se sont alliés
14:47avec la Commission européenne
14:49ou qui ont soutenu
14:50plus ou moins
14:50le Mercosur.
14:51Enfin, même,
14:52quand vous voyez Manon Aubry
14:52qui ne soutient pas
14:53le Mercosur,
14:54le simple fait
14:54d'avoir embrassé
14:55Ursula von der Leyen
14:55pour la félicité
14:56de sa réélection,
14:57pour eux,
14:58ça fait figure d'épouvantail.
14:59Donc, on est loin des partis.
15:02Là, on est dans une alliance
15:03de syndicats pour cela,
15:06parce qu'ils critiquent
15:06énormément la FNSEA,
15:08qui est pourtant
15:08le syndicat majoritaire,
15:09mais qui représente aussi
15:10des agriculteurs
15:11qui ont des exploitations
15:12beaucoup plus grandes.
15:13Plutôt des céréaliers.
15:13Voilà, beaucoup plus grandes
15:14et certains peuvent avoir
15:16même un intérêt
15:17à un accord de libre-échange
15:18pour des exportations,
15:20alors que là,
15:21on est au départ
15:21sur des exploitations
15:22à taille humaine
15:23avec quelques dizaines
15:26de vaches,
15:27on n'est absolument pas
15:28dans des exploitations
15:29gigantesques XXL.
15:31Et donc,
15:32on a une alliance
15:33de circonstances
15:34entre ces syndicats-là
15:35en opposition
15:35avec la FNSEA.
15:36Donc, je pense qu'il ne faut
15:37pas lire ce mouvement
15:38à l'aune des partis politiques
15:39et à l'aune des...
15:40On disait qu'ils rejettent
15:41les politiques.
15:42Oui, bien sûr.
15:42Ils se sont fait balader
15:43depuis 30 ans,
15:43et ils votent.
15:45Et ils votent.
15:46Jordan Bardella n'a pas été accueilli,
15:47si on est très honnête,
15:48de la même manière
15:48que Manon Aubry.
15:49D'accord.
15:49Il a été beaucoup mieux accueilli
15:51que Manon Aubry.
15:53Regardez le...
15:54Et au Salon d'Agriculture,
15:55il y a toujours
15:55une très grosse différence.
15:56On l'avait vu d'ailleurs
15:57l'année dernière
15:58entre Macron et Bardella.
16:00C'est très clair.
16:01Et même Macron et Attal.
16:02Alors, c'était il y a deux ans.
16:03Mais rappelez-vous,
16:05ça avait même fuité
16:05dans la presse.
16:06L'entourage de Gabriel Attal
16:08qui notait le contraste
16:10entre le Premier ministre
16:11et le Président de la République
16:11qui n'était pas du tout
16:12reçu de la même manière.
16:14Le Salon d'Agriculture,
16:15ça commence fin février.
16:16Emmanuel Macron
16:17ne l'a jamais loupé.
16:20Est-ce qu'il pourra aller...
16:21Alors oui, il ira
16:22avec 250 CRS
16:23et entouré
16:25avec une garde prétorienne
16:26tel un empereur romain.
16:27La dernière fois,
16:28il était resté tanqué
16:29dans une salle,
16:29vous vous rappelez.
16:30La dernière fois,
16:31il avait essayé
16:32d'ambuler dans les allées
16:33avec énormément de CRS
16:34il y a deux ans de mémoire.
16:36C'était deux ans.
16:37Il y avait une tension énorme.
16:38Et la tension était XXL,
16:40il y avait eu des agriculteurs
16:40qui étaient tombés au sol,
16:42il y avait eu des mouvements
16:42presque des mouvements de foule.
16:44Mais il ira sans doute
16:44de la même manière,
16:45encerclé.
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