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  • il y a 2 mois
Dans son édito du 17/12/2025, Paul Sugy revient sur l'accord du Mercosur.

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Transcription
00:00L'Elysée a rétropédalé en urgence au sujet de l'accord entre l'Union Européenne et le Mercosur.
00:05La colère des agriculteurs était déjà assez forte comme ça.
00:08Pas besoin d'en rajouter avec cet accord entre l'Europe et les pays d'Amérique du Sud.
00:11Mais du coup, on s'y perd un peu.
00:13Quelle est désormais la position de la France sur le Mercosur ?
00:16Bien malin qu'ils sauraient le dire, Romain, vous savez, les biblistes les plus aguerris,
00:20on les appelle les exégètes, essayent de deviner dans l'entrelat des paroles
00:24parfois pas toujours évidentes à interpréter de la Bible, le sens caché.
00:27Et là, il faut au moins une armée d'exégètes pour essayer de comprendre ce que pense exactement le président de la République.
00:32D'ailleurs, quelqu'un qui se reconnaît en la matière peu de talent pour l'exégèse demande une clarification.
00:38C'est Bruno Retailleau qui a appelé le président de la République à sortir de l'ambiguïté dans une conférence de presse en début de semaine.
00:43Bruno Retailleau qui dit qu'on a besoin de savoir où le chef de l'État veut mener la France.
00:47Il faut donc sortir de l'ambiguïté et du « en même temps ».
00:50Il estime que la position du président de la République a varié en fonction du temps et en fonction du lieu.
00:55C'est difficile sur ce point de vue de lui donner tort.
00:57Il faut dire qu'après s'y être fermement opposé, je compte pour essayer de compter les revirements,
01:02après s'y être fermement opposé, Emmanuel Macron avait même essayé de mener une coalition de pays européens
01:08pour essayer de faire tomber l'accord.
01:10Puis ensuite, on a des déclarations au Mexique, il y a à peu près un mois,
01:13où il s'était dit plutôt positif cette fois sur la possibilité d'accepter le traité commercial.
01:17Puis ensuite, il a tout de même réitéré dans le fait que la France ne le signerait pas en l'État.
01:21Et maintenant, quatrième revirement, il dit qu'il faut reporter les discussions.
01:26Il demande à Ursula von der Leyen d'ajourner le calendrier.
01:30Alors, l'idée, c'est d'essayer d'obtenir des garanties suffisantes pour nos agriculteurs avant de signer cet accord.
01:36Oui, mais s'il a signé, qu'il y a des chances d'être signé, ce n'est pas encore certain.
01:40Mais si la France était sûre d'elle-même et sûre d'obtenir ces garanties,
01:44on ne voit pas pourquoi est-ce qu'elle en demanderait le report.
01:46En réalité, cette nouvelle intervention de l'Élysée trahit une fébrilité, voire une fragilité de notre position.
01:52Du reste, la Commission européenne a répondu qu'elle espérait effectivement toujours signer l'accord en fin de semaine.
01:57Le billet d'avion de Ursula von der Leyen est déjà pris.
01:59Elle a hâte d'aller en Amérique du Sud pour aller signer l'accord.
02:02Le gouvernement allemand, qui est devenu le principal VRP de cet accord,
02:06estime donc que sa signature est absolument nécessaire.
02:08Mais les efforts se concentrent maintenant sur l'Italie.
02:10Si la France, la Pologne menacent donc de ne pas le ratifier,
02:13si l'Italie fait partie aussi du camp des opposants,
02:16ça sera très difficile pour les pays partisans de l'accord,
02:19c'est-à-dire les pays d'Europe du Nord, en clair, de le faire ratifier.
02:24Mais entre-temps, il y a eu des garanties.
02:25Mais on mesure aussi leur fragilité, Romain.
02:27Par exemple, le Parlement européen, qui, là aussi encore en urgence,
02:30a fait adopter une protection plus forte que celle qui avait été votée par les États membres.
02:33L'idée, c'est de dire que s'il y a un décalage de plus de 5%
02:36entre les prix de produits importés d'Amérique du Sud
02:39et les prix de produits qui sont produits en Europe,
02:42il y aurait une intervention de la Commission européenne.
02:44Mais ce qui est décidé par un vote au Parlement européen
02:46peut être balayé par un autre vote demain.
02:48On voit bien que ces garanties sont en réalité très fragiles
02:50pour les agriculteurs qui sont aujourd'hui sur les autoroutes.
02:53Est-ce qu'on peut dire que l'ambiguïté de la France met du coup tout le monde en colère ?
02:56C'est le drame de la position
02:57et c'est peut-être le drame de la présidence même d'Emmanuel Macron.
03:01Il a effectivement raison aujourd'hui de dire que le compte n'y est pas
03:04et qu'il faut faire attention.
03:05Mais le problème, c'est que ce nouveau revirement
03:07trahit en fait une instabilité dans sa position qui inquiète tout le monde.
03:10Ceux qui sont partisans de l'accord
03:12et les partenaires de la France dans l'Union européenne
03:14se demandent ce que l'on est en train de faire.
03:16Et ceux qui s'y opposent en France,
03:17les agriculteurs au premier chef et en réalité tout le secteur agroalimentaire,
03:21sont en train de se demander si la position du président de la République
03:23n'est pas une position d'opportunité pour essayer de juguler la colère
03:26mais qu'en réalité, si tôt Noël passé,
03:29à nouveau la France sera favorable à la ratification de cet accord.
03:32Il serait temps de clarifier une bonne fois pour toutes les choses.
03:34Sous-titrage Société Radio-Canada
03:39Sous-titrage Société Radio-Canada
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