00:00La NFA, l'accélérateur de changement des services de l'automobile présente
00:05Les vraies voix qui font bosser la France
00:08Et nous sommes avec Guillaume Fauri, délégué général de la NFA.
00:14Merci d'avoir accepté notre invitation.
00:16On va parler intelligence artificielle avec vous.
00:18Aujourd'hui très médiatisé, est-ce que c'est déjà une réalité dans les ateliers de la filière automobile ?
00:24Alors ça commence, effectivement c'est très médiatisé.
00:26C'est pour ça qu'on a produit une étude très récemment et qu'on a publiée il y a quelques semaines.
00:31Donc on constate aujourd'hui un frémissement plutôt qu'un engouement sur l'IA
00:36puisque c'est 6% des entreprises de la branche des services auto aujourd'hui qui l'utilisent.
00:42Donc c'est les balbutiements.
00:44Alors pourquoi l'adoption de l'IA reste-t-elle aussi faible dans les services de l'automobile ?
00:48Alors pourquoi ? Tout simplement c'est qu'on n'a pas terminé encore une étape qui est la mue de la digitalisation
00:54puisqu'en fait on est encore sur un tissu économique où 90% des entreprises de la branche est moins de 11 salariés.
01:03Donc il y a tout ce travail de digitalisation qui est encore en cours.
01:06Donc c'est pour ça aussi que ce sujet n'a pas été complètement pris à bras le corps
01:10même s'il y a beaucoup d'acteurs aujourd'hui qui proposent une offre très très dense de services à base d'IA pour les garagistes.
01:18Est-ce que ça veut dire qu'on va changer des métiers ?
01:20Est-ce que ça veut dire que ce sont les tâches plutôt qui vont être pris à bras le corps par l'IA ?
01:25Alors plus que les métiers c'est les tâches qui évoluent.
01:28L'analyse qu'on a pu conduire avec cette étude c'est que ça ne menace absolument pas l'emploi chez nous.
01:34Mais par contre il va falloir apprendre à travailler avec.
01:37Et je pense notamment des acheteurs en véhicule d'occasion ont vraiment recours aujourd'hui à l'IA
01:42pour des positionnements de prix, pour une expertise du véhicule également dans le cas des sinistres.
01:47C'est vraiment le secteur, la carrosserie, où on a le plus gros recours à l'IA.
01:50Ça veut dire que c'est plus précis ?
01:52C'est plus précis, oui, il y a un gain de temps.
01:55Après aujourd'hui ce qu'on constate aussi c'est qu'il y a peut-être une sous-cotation
01:59et on veille aussi à cela, c'est-à-dire que l'outil IA qui arrive sur le marché
02:03derrière ne déstabilise pas économiquement nos petites structures.
02:07Peut-on parler d'un risque pour l'emploi ou plutôt d'un outil d'assistance, Guillaume ?
02:12Non, c'est ce que je viens de dire.
02:13C'est plus un outil d'assistance qui permet du gain de temps.
02:18Il y a tout ce qui peut, les usages administratifs de l'IA.
02:20C'est plus ça aujourd'hui dans les services automobiles qu'on constate.
02:24Mais il y a quand même des gestes qui vont disparaître.
02:26Il y a des gestes ? Oui et non.
02:27Parce que si on parle de gestes, on parle de travail manuel.
02:30Et nous, plus de 50% des effectifs, donc 250 000 personnes, ce sont des métiers du geste.
02:36Donc déjà, c'est des métiers qui sont non liables.
02:38Donc quelque part, c'est aussi un argument qu'on nous rejoint.
02:40Faire la vidange avec l'IA, c'est compliqué.
02:42Il faut enlever le joint, le bouchon, etc.
02:44C'est tout de suite plus complexe.
02:45Donc non, ce n'est pas une menace.
02:47Mais est-ce qu'on est prêts, les compétences en tout cas, par exemple en ruralité,
02:51de se dire que le petit garage de demain, on l'imagine quand ?
02:55Déjà, pourvu par l'intelligence ?
02:58Oui, c'est ça.
02:59Très complexe.
02:59Parce qu'en fait, aujourd'hui, un petit garagiste, il est pris par plein de sujets du quotidien
03:04qui font qu'il n'a pas le temps de se mettre vraiment dans ce sujet-là.
03:06Donc c'est pour ça que sur la base de cette étude, on va proposer au sein de la branche
03:11une acculturation au sujet de l'IA et finalement à tout ce qu'on peut en tirer parti.
03:17Parce qu'aujourd'hui, le paradoxe, c'est peut-être les petites structures qui auront tiré parti
03:21pour justement tout ce que ça peut apporter en termes d'assistance, en soutien.
03:26Et ça seraient les premiers intéressés et finalement, ce n'est pas ceux qui l'utilisent le plus.
03:29Est-ce que le diagnostic assisté par IA change la responsabilité d'un professionnel ?
03:33Non, aujourd'hui, en fait, en tout cas, c'est un moyen finalement d'atteindre un objectif.
03:38Donc c'est un soutien, une aide complémentaire.
03:41Mais à la fin, c'est quand même le garagiste qui pose sa signature,
03:44qui est responsable des travaux effectués.
03:47Est-ce que ça peut répondre aux tensions, par exemple, liées à l'emploi aujourd'hui ?
03:52Ouvrir peut-être des champs ?
03:53Ça ouvre des champs, mais on va dire que ça peut porter un petit peu, abaisser un peu la tension.
03:59Je pense notamment à la carrosserie.
04:00On voit apparaître des solutions technologiques comme des bras robotisés
04:03qui permettent d'assister, mais il faut quand même un opérateur pour le gérer.
04:07Donc aujourd'hui, c'est quand même quelque chose d'assez très minoritaire.
04:11Merci beaucoup Guillaume Fauré, délégué général de la NFA.
04:14Et dans ce studio, l'intelligence est purement naturelle, vous l'avez remarqué.
04:17Absolument.
04:18Merci.
04:19Merci.
04:20Merci.
04:21Merci.
04:22Merci.
04:23Merci.