- il y a 10 mois
Le PDG d’Airbus, Guillaume Faury, évoque les différentes alertes de ces dernières semaines (logiciel vulnérable, panneaux de fuselage), la concurrence chinoise et la défense et les rapports qu'entretient le groupe aéronautique avec les politiques.
Retrouvez « L'invité de 8h20 » sur France Inter et sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien
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00:00La grande matinale.
00:01Et dans le grand entretien avec Benjamin Duhamel, nous recevons ce matin le patron d'Airbus,
00:06leader mondial de l'aviation commerciale.
00:09Vos questions et réactions chers auditeurs au 01 45 24 7000
00:13et sur l'application Radio France.
00:16Bonjour Guillaume Faury.
00:17Bonjour Florence.
00:18Bonjour.
00:18Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter.
00:20On précise qu'Airbus a aussi une branche défense, une division satellite.
00:25On va en parler dans un contexte de réarmement et de débat sur la souveraineté européenne
00:30en matière de défense face aux Etats-Unis.
00:33Mais d'abord, si Airbus a fait la une de l'actualité ces derniers jours,
00:37c'est à cause de ces 6000 avions A320 qui ont été cloués au sol fin novembre
00:42à cause d'un problème de logiciel de pilotage vulnérable aux radiations solaires.
00:47Qu'est-ce qui s'est passé Guillaume Faury ?
00:49Est-ce que les passagers étaient en danger ?
00:51Qu'est-ce qui a justifié qu'on mette à l'arrêt ces avions ?
00:54On a identifié à travers un incident qui a lieu en vol aux Etats-Unis il y a un peu plus d'un mois
00:59une vulnérabilité sur un de nos systèmes.
01:03Et quand on a compris quelle était la vulnérabilité, on a choisi d'aller très très vite
01:06pour mettre à jour le logiciel et ne pas continuer à voler dans ces conditions
01:10pour mettre la priorité sur la sécurité des vols.
01:13On a mis en pratique ce qu'on dit d'habitude, c'est qu'on met la sécurité avant le reste.
01:18Et donc on a fait ça très très vite.
01:19Il y avait un certain risque de difficulté sur la vitesse de rétrofit des avions,
01:26c'est le mot qu'on utilise chez nous.
01:28Mais finalement les compagnies aériennes se sont très bien organisées
01:30et ça s'est passé dans le week-end.
01:32Donc ça a été finalement quelque chose qui s'est bien passé j'allais dire.
01:36Donc tout est rentré dans l'ordre ?
01:37Tous les logiciels ont été changés ?
01:39Oui, les logiciels ont été changés.
01:40Donc les avions sont conformes au niveau de configuration exigée.
01:45Et puis on a un certain nombre de choses à faire pour comprendre ce qui fait qu'on est arrivé là
01:49et apprendre des erreurs ou des difficultés.
01:52C'est quelque chose qu'on fait toujours dans l'aéronautique.
01:53On regarde ce qui se passe bien, on en apprend et on regarde aussi ce qui se passe moins bien
01:58pour être sûr de prendre les bonnes mesures pour le futur.
02:00Florence rappelait ce chiffre, 6 000 avions cloués au sol fin novembre.
02:04Là il en reste combien qui sont encore coincés sur les termes ?
02:07Donc tous les avions ont pu repartir ?
02:08Tous les avions qui étaient...
02:10Alors 6 600 c'était tous les avions concernés,
02:12dont une partie n'était pas en vol, dont une partie était en maintenance,
02:15dont d'autres étaient dans un certain nombre de configurations qui n'étaient finalement pas exposées.
02:19Mais il y a plus de 4 000 avions qu'il a fallu mettre à jour en quelques jours.
02:24Et au bout de 3 jours on avait fait 4 000 des 4 400 avions.
02:27Et au bout de 4 jours on avait tout fait.
02:29Donc tous les avions qui volent aujourd'hui sont rétrofités.
02:31On avait dit après le samedi soir, j'ai oublié la date exacte,
02:35il n'y a plus aucun avion non conforme qui vole.
02:37Donc voilà, on a fait ça très très rapidement.
02:39Il y a eu ces questions de radiation.
02:41Et puis il y a les problèmes détectés sur les panneaux de fuselage.
02:44Plusieurs centaines d'avions déjà en service qui vont devoir être inspectés.
02:48Là encore, qu'est-ce que vous pouvez nous dire ce matin de ce problème de sécurité
02:52qui, dans l'esprit des gens qui montent dans des Airbus,
02:54se rajoute à ce qui est arrivé avec ces radiations ?
02:57Oui, alors dans le cas des panneaux, on n'est pas sur un sujet de sécurité.
03:02On est sur un sujet de qualité.
03:03Et on s'assure que...
03:04Ce qui n'a aucun impact sur la sécurité en vol.
03:06Et qui ne doit avoir aucun impact sur la sécurité en vol.
03:08On fait ce qu'il faut pour qu'il n'y ait pas d'impact de sécurité.
03:10Donc c'est deux problèmes très différents.
03:12Il y en a un qui est un sujet de configuration, de définition de l'appareil.
03:15C'était le sujet qui nous a amené à faire les remplacements très rapides de logiciels.
03:19L'autre, c'est un sujet de production.
03:21On a des productions non conformes.
03:22Et quand on se rend compte qu'on a une production non conforme, on fait l'analyse.
03:25Donc c'est essentiellement un très gros travail d'analyse pour regarder quel est le niveau de non conformité.
03:29Et dans quelques cas exceptionnels, on va remplacer les panneaux.
03:32Dans les autres cas, une fois qu'on a fait la vérification,
03:35les avions continuent à voler ou vont continuer à être produits.
03:38Ce qui fait que cette crise est très visible, c'est qu'elle arrive au mois de décembre.
03:40Et comme tous ces avions doivent être inspectés, on ne pourra pas les livrer avant qu'ils aient été inspectés.
03:45Et donc ça nous a amené à changer la prévision du nombre d'avions qu'on va livrer cette année.
03:50Et ça, c'est un élément important que beaucoup de gens regardent.
03:53Donc cette crise qualité, ce sujet qualité, pour ne pas non plus l'exagérer,
03:57il a eu beaucoup de visibilité parce qu'il arrive à la fin du mois de novembre, début du mois de décembre.
04:02Vous deviez livrer quoi ? 820 à 320 ? Il va falloir en livrer moins ?
04:07Non, alors en fait, 820, c'est le nombre qu'on avait donné pour l'ensemble des avions qu'on va livrer en 2025.
04:15A peu près les trois quarts de ces avions sont les A320,
04:18mais on ne donne pas d'indication sur chaque famille de produits.
04:21Et donc on a dit qu'on n'allait plus livrer environ 820 avions, mais plutôt 790 avions.
04:26Et effectivement, la grosse majorité de ce qu'on ne va pas livrer, c'est les A320 à cause de ce problème.
04:31On va parler de l'état de votre entreprise, d'un certain nombre de sujets liés à la défense et à l'international.
04:39Mais juste pour ceux qui nous écoutent et qui ont entendu, qui ont vu les déboires de votre principal concurrent, Boeing,
04:45qui là envoie quelques-uns, aujourd'hui c'est à votre tour de subir ce genre de problème.
04:51Maintenant, avant c'était Boeing et on a vu effectivement les problèmes qu'il y a pu avoir en vol.
04:55Maintenant c'est Airbus ?
04:56On n'est pas du tout dans la même situation que ce qui s'est passé il y a quelques années avec Boeing et le 737 MAX,
05:03où il y a eu deux accidents fatals.
05:05Il y a eu une immobilisation pendant un an, un an et demi.
05:09Nous, on n'est pas dans cette situation.
05:11Et l'incident qu'on a eu, on l'a traité très rapidement pour ne pas prendre le risque sur les passagers ou sur le vol sur une période longue.
05:19Donc on n'est pas, à mon avis, du tout dans la même situation.
05:21Ce qui est commun, c'est qu'on a des difficultés, on est tous imparfaits parce qu'on est des humains qui faisant voler des machines complexes.
05:28Et il faut que l'organisation soit capable de prendre les bonnes décisions, d'apprendre et puis d'avoir un niveau d'excellence dans le domaine de l'ingénierie.
05:35On est plus en sécurité dans un Airbus que dans un Boeing ou pas ?
05:38Ce n'est pas à moi de répondre à cette question-là.
05:39Ce que je peux vous dire, c'est que la sécurité, c'est vraiment notre obsession chez Airbus.
05:44C'est ma première priorité et on a mis en œuvre, avec le soutien du conseil d'administration et de l'ensemble de mon équipe de direction,
05:52notre vision de la sécurité quand on a été confronté à ces sujets-là.
05:55Et je pense qu'on les a raisonnablement bien traités.
05:58Et vous assumez d'être plus transparent en fait que votre concurrent ?
06:01On veut être transparent.
06:02Quand on fait ce qu'on pense être la bonne chose, c'est assez facile d'être transparent et c'est plutôt utile.
06:07Et dans le monde d'aujourd'hui, de toute façon, je pense qu'il n'y a pas beaucoup d'autres bonnes solutions
06:10que de faire ce qu'il y a à faire et de le faire en communiquant et en partageant les informations.
06:15Oui, on essaie de travailler comme ça.
06:17Guillaume Faurier, aujourd'hui, vous êtes le premier avionneur au monde.
06:20On parle de la flotte commerciale, des avions de ligne.
06:23Boeing pourrait engranger davantage de commandes que vous, cette année.
06:28Ils vont vous repasser devant ?
06:30Alors, ça fait cinq ans de suite qu'on est devant Boeing en termes de prise de commandes,
06:35en termes de livraison et en termes de résultats financiers.
06:38Le fait qu'on soit devant eux depuis cinq ans en termes de prise de commandes
06:42fait que notre carnet de commandes est très largement supérieur à celui de notre principal concurrent.
06:47Donc, ils ne sont pas au point de revenir sur nous en termes de carnet de commandes.
06:52En revanche, c'est vrai qu'ils ont été beaucoup aidés par le président américain
06:55dans le cadre des négociations sur les tarifs avec un certain nombre de pays
06:59où le sujet des avions, des prises de commandes sur les avions commerciaux
07:03est rentré dans la résolution du différent commercial.
07:07Et donc, ça a beaucoup aidé Boeing cette année.
07:09Maintenant, on ne va pas gagner la bagarre sur les prises de commandes
07:11tous les ans sur les dix ans qui viennent.
07:13Il faut quand même être lucide.
07:14Et donc là, vous anticipez plutôt le fait qu'ils vont vous passer devant ?
07:17On n'est pas encore à la fin de l'année.
07:19Ils sont en avance pour l'instant.
07:20On s'en approche.
07:21Les mois de décembre sont parfois assez actifs.
07:23Donc, c'est possible qu'ils soient devant à la fin de l'année.
07:26Une fois encore, ce n'est pas un problème très grave.
07:28Aujourd'hui, la bagarre, elle est surtout sur la livraison et la montée en cadence
07:31parce que les carnets de commandes sont remplis des deux côtés de l'Atlantique.
07:34Il y a le concurrent Boeing et puis il y a un autre concurrent qu'on connaît évidemment moins
07:37qui décolle discrètement.
07:39C'est le chinois Comac qui a commercialisé il y a deux ans le C919,
07:43un avion moyen courrier qui ressemble à votre A320.
07:46Pour l'instant, il est seulement limité à des vols intérieurs
07:49et quelques vols en Asie du Sud-Est.
07:51Est-ce que vous prenez au sérieux ce Challenger ?
07:54Est-ce qu'il faut s'attendre à ce que dans les prochaines années,
07:57des avions chinois volent notamment dans le ciel européen ?
08:00Alors, le Comac est rentré sur le marché avec le C919 il y a deux ans.
08:06Il y en a à peu près 25 qui volent en Chine aujourd'hui.
08:08Le marché chinois qui est environ 20% du marché mondial,
08:12l'accès leur est très très fortement facilité.
08:14Donc, ils vont rentrer sur ce marché probablement beaucoup plus facilement
08:18que d'autres constructeurs pourraient le faire dans le monde.
08:21Et on les prend très au sérieux parce qu'aujourd'hui,
08:23ça serait une faute majeure à mon avis de ne pas prendre au sérieux
08:26un acteur chinois soutenu par une politique publique là-bas
08:29quand on voit la vitesse à laquelle ils vont dans toutes les technologies.
08:33Donc oui, on les prend très au sérieux
08:34et ça nous oblige à continuer à investir,
08:36à continuer à préparer les technologies,
08:38à préparer les produits de la génération d'après
08:40pour essayer de garder de l'avance.
08:41Mais oui, on était deux grands concurrents
08:43et là, ils sont juste émergents.
08:46Mais on considère que c'est un troisième qui arrive
08:47et qu'il faut prendre très au sérieux.
08:49Alors, on a justement une question au standard
08:50sur cette concurrence chinoise.
08:52C'est Christophe. Bonjour et bienvenue Christophe.
08:54Bonjour, vous avez presque répondu à ma question.
08:58Il y a une vingtaine d'années,
08:59on a appris aux Chinois à fabriquer des avions
09:01comme des trains à grande vitesse.
09:04Et maintenant, ils en exportent.
09:05Alors, sur une échelle de l'erreur stratégique de 0 à 10,
09:09vous mettez cette stratégie à combien ?
09:12Je ne sais pas à qui vous attribuez cette stratégie.
09:15On n'a pas aidé les Chinois à apprendre à concevoir des avions.
09:21Simplement, ils se sont mis au boulot
09:22et ils ont travaillé avec beaucoup de partenaires,
09:27de fournisseurs du monde occidental
09:30pour constituer leurs avions.
09:32C'est vrai qu'on les a, l'Occident au sens large,
09:35accompagnés dans la conception de leurs avions.
09:37Ce n'est pas ce qu'Airbus a fait.
09:38Nous, on les voit comme un concurrent
09:39et on n'est pas en coopération avec eux,
09:40juste pour être très très clair.
09:42En revanche, on est présents industriellement là-bas.
09:44Maintenant, votre question est très pertinente.
09:45Vous construisez des avions en Chine ?
09:46La question, on produit, oui.
09:48On assemble les avions en Chine.
09:49Maintenant, la question est pertinente.
09:51Quand on est dans une conquête d'un marché,
09:53on est présent sur le marché,
09:54on met ces produits là-bas.
09:56Quand c'est des produits qui ont une dimension réglementaire,
09:59il faut travailler avec les autorités.
10:00Elles demandent un certain nombre de contreparties,
10:02en particulier de la production locale.
10:04Et donc, on s'expose à du rattrapage.
10:06Il ne faut pas oublier que dans l'aéronautique,
10:07c'est un petit peu ce qu'on a fait, nous, les Européens,
10:09avec des technologies américaines après-guerre.
10:12Donc, c'est quelque chose où il y a des risques.
10:14Il faut en être conscient.
10:15Et puis, il faut continuer à avancer vite.
10:17C'est surtout ça qui nous protège.
10:18Juste avant de parler de la décarbonation
10:20et la perspective peut-être dans les prochaines années
10:22d'un avion électrique,
10:23un point, vous étiez avec le président de la République
10:26il y a quelques jours en Chine.
10:27Et cet été, il y avait eu ce bruit
10:30d'une commande importante de la Chine
10:33pour Airbus avec plusieurs centaines d'avions.
10:36Est-ce que cette commande, elle a été actée ?
10:37Est-ce que vous avez signé avec les Chinois
10:40pour plusieurs centaines d'avions ?
10:43Non, il n'y a pas eu de signature de commande d'avions de plusieurs centaines.
10:47Il faut garder en tête que si les Chinois font des achats centralisés sur la négociation,
10:53après, les commandes se font compagnie aérienne par compagnie aérienne.
10:56Donc, il n'y aura pas d'annonce d'une commande en tant que telle de plusieurs centaines d'avions.
11:01En revanche, ce qui se passe traditionnellement,
11:03c'est qu'il y a la signature de ce qu'on appelle un General Terms of Agreement
11:07qui est là pour permettre aux compagnies aériennes de prendre livraison des avions.
11:11C'est une autre partie du processus industriel.
11:14Et ça, ça n'a pas eu lieu pendant la visite.
11:17L'un des gros enjeux de l'aéronautique,
11:19qui est un des grands producteurs de gaz à effet de serre,
11:22c'est la décarbonation.
11:24Vous y travaillez ?
11:25Vous travaillez à un avion plus sobre
11:28en visant un objectif de neutralité carbone pour 2050.
11:33À quoi ça peut ressembler un avion plus sobre ?
11:36Alors, c'est un des gros enjeux de notre industrie,
11:38c'est d'arriver à décarboner l'aviation commerciale
11:42qui fait 2,5% à peu près des émissions de carbone.
11:46Et c'est stable depuis plusieurs décennies,
11:49alors qu'on a une croissance très très forte du trafic aérien.
11:52Et c'est stable parce qu'on a déjà énormément réduit
11:54la consommation de carburant par passager et par 100 km.
11:58sur un vol.
12:00En fait, par rapport aux années 60,
12:02on a réduit de 80% la consommation de carburant
12:05par passager et par 100 km.
12:06Et depuis les années 90, on a réduit de 50%.
12:09Donc, c'est vraiment considérable.
12:10Donc, ça, c'est le message à ceux qui disent
12:11qu'en gros, l'avion est un problème,
12:14un des parmi les principaux problèmes
12:15quant au réchauffement climatique.
12:17Il faut remettre les choses en perspective.
12:19Ce secteur contribue au réchauffement climatique
12:21par ses émissions de carbone,
12:22mais c'est 2,5% des émissions de carbone mondiales.
12:25Il reste 97,5% dont il faut s'occuper également.
12:29Donc, quand on met l'aviation commerciale,
12:32quand on la pointe du doigt
12:35comme l'art responsable du carbone,
12:37ce n'est vraiment pas du tout adapté.
12:39Maintenant, on veut aussi prendre notre part.
12:41On est un secteur qui est en forte croissance
12:43au niveau mondial.
12:44Et donc, si on ne fait rien,
12:45les émissions, elles ne vont pas baisser.
12:47On aura du mal même à les garder.
12:48Donc, il y a une feuille de route
12:51de l'ensemble de l'industrie
12:52pour effectivement être décarbonée en 2050
12:54qui passe par plusieurs leviers.
12:56Et il ne faut pas oublier que c'est un secteur difficile
12:58à décarboner parce qu'on utilise du carburant
13:01qui est très dense en énergie,
13:04qui est le fuel, le kérosène en fait,
13:07qui est très dense en énergie.
13:09Et donc, ce n'est pas facile
13:09de trouver des solutions alternatives.
13:11Alors, comment on s'y prend ?
13:12On a plusieurs leviers qu'on a besoin de combiner
13:15pour arriver à ce résultat en 2050.
13:17Le premier, c'est d'avoir des avions
13:18qui consomment beaucoup moins de carburant
13:20et qui sont capables de consommer
13:21100% de carburant d'aviation durable.
13:24Je vais y revenir.
13:25La deuxième chose, c'est qu'on a besoin
13:26de travailler sur le contrôle aérien
13:29parce qu'aujourd'hui,
13:30le vol n'est pas du tout optimisé.
13:32Les avions, pour aller d'un point A à un point B,
13:34pourraient consommer en moyenne
13:3510% de carburant en moins,
13:37mettre 10% moins de temps,
13:38avoir un vol qui soit 10% moins cher.
13:40Donc, tout est positif.
13:42Si on passait d'une gestion du trafic aérien,
13:45je dirais, de la Deuxième Guerre mondiale,
13:48à une gestion du trafic aérien
13:50du XXIe siècle
13:51en digitalisant le ciel
13:53et les trajets dans le ciel.
13:54Et ça, c'est tout à fait possible.
13:56Les technologies existent.
13:57Il y a une décision politique à prendre.
13:58Et le troisième point,
13:59ce sont les carburants durables.
14:01Ce sont les carburants durables.
14:02Et ça, c'est un très gros sujet
14:04sur lequel il faut continuer à travailler.
14:05En quelques mots, Guillaume Fauri,
14:06la perspective de moteur électrique,
14:09c'est quoi ?
14:09C'est quelques années ?
14:10Quelques décennies ?
14:11Alors, le sujet pour nous,
14:14ce n'est pas les moteurs électriques.
14:15C'est le stockage de l'électricité à bord.
14:17Parce que, comme je l'ai dit tout à l'heure,
14:20le carburant qu'on utilise aujourd'hui,
14:21le kérosane,
14:22il est très très dense en énergie.
14:24Malheureusement, une batterie,
14:25ce n'est pas du tout dense en énergie.
14:27Comment on peut stocker de l'énergie à bord
14:29de façon très dense
14:30qu'on va pouvoir utiliser sur un moteur électrique ?
14:32C'est une pile à combustible.
14:34Donc, pour nous,
14:34le futur de l'avion électrique,
14:36c'est un avion à hydrogène.
14:38C'est pour ça qu'on travaille sur l'avion à hydrogène.
14:39Ok.
14:41Guillaume Faury, on le disait,
14:42Airbus est aussi la défense.
14:43Vous êtes leader sur les hélicoptères de combat.
14:46Vous produisez un avion ravitailleur.
14:50Vous fabriquez aussi des drones de reconnaissance.
14:53Dans un moment où l'Europe se réarme,
14:55où la guerre en Ukraine continue,
14:56les Américains menacent de se désengager.
14:59On dit que l'industrie de défense
15:01tourne à plein régime.
15:02C'est le cas chez vous, chez Airbus aussi ?
15:04Alors, Airbus, c'est effectivement
15:0518% de notre chiffre d'affaires
15:07dans le domaine de la défense,
15:08qui, compte tenu de la taille de l'entreprise,
15:10c'est beaucoup.
15:11On est le premier,
15:13ou suivant les années, les classements,
15:15on est la deuxième,
15:15la première ou la deuxième entreprise de défense
15:18au niveau européen.
15:21Donc, on est un acteur important.
15:23Et on voit une montée en cadence significative
15:25des activités au titre de la défense.
15:27Il faut comprendre que les budgets
15:28ou l'augmentation des budgets
15:29sur lesquels les pays de l'OTAN se sont engagés
15:31n'est pas encore devenu complètement une réalité.
15:34Et les acteurs de la défense
15:36qui, aujourd'hui, voient leur chiffre d'affaires
15:38augmenter très rapidement
15:39sur ceux qui font des munitions pour l'Ukraine,
15:41des missiles ou des armements terrestres.
15:43Dans notre domaine,
15:44ça prend plus de temps
15:45de voir les commandes arriver,
15:46se transformer en livraison
15:47et en résultats financiers.
15:49C'est en train de se passer.
15:50On monte, effectivement,
15:52assez fortement dans le domaine de la défense.
15:54Mais je pense que ça va continuer
15:55à s'accélérer dans les années qui viennent.
15:566 milliards d'euros prévus
15:57dans le budget de l'État en France
15:59pour la défense.
16:00Ça, ça va vous bénéficier ?
16:01Alors, c'est 6 milliards de plus.
16:03En fait, le budget de la défense,
16:04il est beaucoup plus important que ça.
16:05Et effectivement, ça dépend
16:06de la façon dont le budget va être voté.
16:08Mais la loi de programmation militaire
16:09prévoit une augmentation forte
16:11dont nous bénéficierons
16:12comme d'autres acteurs.
16:13Sur les appels qu'il y a régulièrement
16:15de responsables politiques nationaux en Europe
16:17à muscler l'industrie de défense européenne,
16:21notamment face à la perspective
16:22du désengagement américain,
16:23vous avez les discours
16:24et puis vous avez les actes
16:25où un certain nombre de pays européens
16:26continuent d'acheter,
16:27notamment sur étagères, aux États-Unis.
16:29Est-ce que là, vous y voyez
16:30une forme d'hypocrisie
16:31ou est-ce qu'on est en train
16:32de basculer pour aller vers
16:36une favorisation de l'industrie
16:38de défense européenne ?
16:40Alors, il y a plusieurs choses
16:41que nous, les Européens,
16:42on ne fait pas bien
16:42en termes d'industrie de défense.
16:44La première, c'est qu'on dépense
16:45très peu d'argent.
16:46Et on a effectivement bénéficié
16:48de la protection américaine
16:50en tant qu'Européens.
16:51Je ne parle pas spécifiquement français,
16:52mais je parle européen.
16:53On a profité de la protection américaine
16:56pendant des décennies.
16:57C'est ça que Trump dénonce
16:58et dit aux Européens.
16:59Maintenant, prenez-vous en main.
17:00Donc, il faut dépenser.
17:01La France, on appelle
17:01les dividendes de la paix.
17:02Exactement.
17:02On a laissé les États-Unis dépenser.
17:04Exactement.
17:04Donc, la sécurité assurée
17:05par les Américains.
17:06Aujourd'hui, les Américains disent
17:07c'est terminé.
17:08Prenez-vous en main.
17:08Donc, dépensez plus d'argent.
17:10La deuxième chose,
17:10c'est qu'on a tendance
17:11à acheter pas en Europe.
17:13Plus de la moitié,
17:15les chiffres qui circulent,
17:15c'est entre 60 et 70%
17:17des équipements de défense
17:19qui sont achetés par les Européens
17:20sont achetés à des entreprises
17:21non-européennes.
17:23Donc, on ne contribue pas
17:24au renforcement de notre industrie,
17:25je vais y venir,
17:26en achetant non-européens.
17:28Et puis, la troisième chose,
17:29c'est qu'on dépense mal
17:30de cet argent.
17:31C'est-à-dire qu'en Europe,
17:31on fait plein de systèmes
17:32au niveau national
17:33qui ne sont pas à l'échelle,
17:35qui sont trop petits
17:36et mal investis.
17:37Là où les Américains
17:38font un seul développement
17:40à l'échelle des États-Unis
17:41et donc, ils ont des produits
17:42qui ont bénéficié
17:43de beaucoup plus d'investissements.
17:44Ils en ont moins,
17:45mais beaucoup plus d'investissements.
17:45Moins en nombre de produits.
17:47Donc, ça, il faut le faire changer.
17:49Mais comme aujourd'hui,
17:49la défense et la sécurité
17:50sont des prérogatives nationales,
17:52c'est très difficile
17:53de créer les conditions
17:54de la coopération.
17:55Et puis, souvent,
17:57un certain nombre de pays
17:57préfèrent acheter américains
17:58pour continuer à bénéficier
18:00de la protection américaine
18:01plutôt qu'acheter
18:01un autre pays européen.
18:03Parce qu'acheter un autre pays européen,
18:04ça ne donne pas la même chose.
18:05Donc, on a vraiment à changer
18:06notre logiciel en européen
18:09pour la défense.
18:10Alors, justement,
18:10sur cette question
18:11de coopération européenne
18:13de la défense,
18:14on a une question
18:14de Rémi Ostandard.
18:16Bonjour et bienvenue, Rémi.
18:17Je crois que vous voulez
18:18nous parler du SCAF,
18:20ce fameux projet
18:21d'avion de chasse franco-allemand
18:23qui a du plomb dans l'aile.
18:25Oui, bonjour France Inter
18:26et merci de prendre ma question.
18:28Bonjour également
18:28à M. Fauri.
18:30Alors, moi,
18:30j'ai une question
18:31sur le SCAF
18:31et sur la défense européenne.
18:35Donc, vous avez vu
18:35que Airbus produit en Chine.
18:37Donc, la Chine produit
18:38des avions
18:38et les commercialise
18:40sous marque non Airbus.
18:42Alors, moi,
18:42j'ai une question.
18:42Du coup, maintenant qu'on sait
18:44que les brevets,
18:45quand ils sont développés
18:46en Chine,
18:48sont donc produits
18:49par les Chinois,
18:50pourquoi Airbus
18:51et quand est-ce que Airbus
18:52va accepter
18:52le leadership français
18:54sur le SCAF
18:54pour le produire ?
18:56Merci.
18:57Voilà.
18:57Et juste pour éclairer,
18:59parce que Rémi,
18:59vous connaissez le SCAF
19:00pour éclairer nos auditeurs,
19:01la bataille
19:02dans ce projet
19:03d'avion de chasse
19:04du futur franco-allemand,
19:05c'est qu'il y a d'un côté
19:06Dassault côté français,
19:08Airbus côté allemand
19:08et que vous n'avez pas
19:11spécialement envie
19:11du leadership d'Assault
19:13dans ce projet
19:14d'avion de chasse
19:15franco-allemand ?
19:16Alors, je vais essayer
19:16de répondre à la question.
19:17Je dois concéder
19:18que je n'ai pas tout compris
19:19à la relation avec la Chine.
19:21En ce qui concerne
19:21le SCAF
19:23et les développements
19:24dans le domaine
19:25de la défense en Europe,
19:26si on veut être
19:27au bon niveau
19:27de technologie,
19:29si on veut être
19:29au bon niveau
19:30de performance
19:31des systèmes de défense
19:33qu'on produit,
19:34il faut y mettre
19:34beaucoup d'investissements.
19:35Et pour y mettre
19:36beaucoup d'investissements,
19:37il faut s'y mettre
19:38à plusieurs.
19:38Donc, un,
19:39nous, on est convaincus
19:40qu'il faut de la coopération
19:41européenne
19:41dans les grands systèmes
19:42de défense,
19:43pas sur tous les sujets.
19:44C'est le cas là,
19:44100 milliards d'euros
19:45d'investissements
19:46pour ce projet d'affaires.
19:47Et donc,
19:48on est aujourd'hui,
19:49on fait partie
19:50d'un programme européen
19:51qui s'appelle
19:51l'Eurofighter
19:52ou Typhoon en Angleterre
19:55qui est l'appareil,
19:56l'avion de chasse
19:57le plus vendu
19:57en Europe aujourd'hui.
19:58En France,
19:58les gens connaissent bien
19:59le Rafale
20:00développé par Dassault
20:01parce que c'est
20:01l'avion français.
20:02Mais il y a
20:02deux autres avions
20:03européens
20:04dont l'Eurofighter
20:05dans lequel Airbus
20:05est impliqué
20:06et qui est l'avion
20:07le plus vendu en Europe.
20:08Donc, il faut comprendre
20:08que les coopérations
20:09européennes
20:09dans le domaine
20:10de la défense,
20:11ça marche.
20:11Mais sur cet avion
20:11de chasse,
20:12est-ce que ça va se faire
20:13ou pas ?
20:14Alors, le SCAF,
20:15c'est un système de combat
20:16dans lequel il y a
20:17un avion,
20:18des drones,
20:19ce qu'on appelle
20:19un cloud de combat,
20:20c'est-à-dire un système
20:21digital dans lequel
20:22l'ensemble des objets
20:22sont connectés.
20:23Je pense que ce programme
20:24va se faire.
20:25Quels sont les modes
20:26de coopération
20:27sur chacun des piliers,
20:28ça n'est pas encore acquis.
20:30Effectivement,
20:30on a un différent
20:31assez significatif
20:31aujourd'hui
20:32sur la façon
20:32de conduire
20:33le développement
20:33de l'avion.
20:34Vous refusez
20:35que Dassault
20:35ait le lead ?
20:36On est dans une coopération.
20:38Dans une coopération,
20:39il faut développer
20:39quelque chose
20:40qui va à l'ensemble
20:40des parties
20:41qui font l'objet
20:42de la coopération.
20:43S'il y a un acteur
20:44qui dit
20:44c'est à mes conditions
20:45ou ça n'est pas,
20:47c'est vrai que
20:47ce n'est pas très favorable
20:48à une coopération.
20:49Et aujourd'hui,
20:49on est dans cet écartèlement
20:50entre deux types
20:52de vision
20:52de ce que c'est
20:53qu'une coopération
20:54et le besoin
20:54de satisfaire
20:55les besoins
20:56des États derrière.
20:57Donc il faut
20:57qu'on soit capable
20:58de faire un avion
20:59qui corresponde
20:59aux besoins
20:59des Français
21:00mais aussi
21:00des Allemands
21:01et des Espagnols.
21:02Donc on voit
21:03que ce n'est pas gagné
21:03encore la défense européenne
21:05du point de vue industriel.
21:06C'est un chemin de croix
21:07mais quand on arrive
21:08à bosser ensemble
21:08on fait des choses pas mal.
21:09Pour terminer,
21:10Guillaume Faury,
21:11on veut vous entendre
21:11sur le climat politique,
21:13les conséquences économiques
21:15des débats
21:16sur le budget laborieux.
21:18Alors on a eu
21:18un budget
21:18de la Sécurité sociale
21:19qui a été voté hier soir.
21:23L'impôt à la clé,
21:24quel est votre regard
21:26sur ce climat,
21:27sur ce budget ?
21:28Est-ce que vous dites
21:29comme le patron du Medef
21:30Patrick Martin,
21:31il y a quelques jours
21:31qu'on va payer ça
21:32très cher ?
21:34Compte tenu de ce qu'est Airbus,
21:37moi j'ai le privilège
21:38ou la chance
21:38de me déplacer
21:40beaucoup dans le monde.
21:4120% de mes clients
21:42sont aux Etats-Unis,
21:4320% sont en Chine,
21:45beaucoup sont en Asie,
21:46dans les pays du Golfe
21:47et bien évidemment en Europe.
21:48Et donc j'ai la chance
21:50de pouvoir comparer
21:51ce qui se passe là-bas
21:51et aussi de pouvoir
21:52comparer les conditions
21:53dans lesquelles
21:54les entreprises
21:55exercent leur métier.
21:56Et aujourd'hui,
21:57c'est vrai que c'est très difficile
21:58d'être une entreprise innovante
22:00qui investit en Europe
22:01parce qu'on a beaucoup de freins
22:02et un des freins,
22:04c'est le niveau de taxation
22:06qui repose sur les entreprises.
22:07Ce n'est pas le seul.
22:08Il y a aussi beaucoup de freins
22:09qui sont réglementaires
22:10et qui ne coûtent rien
22:11aux contribuables
22:14mais qui coûtent beaucoup
22:14à l'entreprise.
22:16Et je suis très préoccupé
22:17de voir que cette situation,
22:18elle ne s'améliore pas,
22:19que le niveau de lourdeur
22:21qui pèse sur les entreprises
22:22est très élevé
22:22et qui a beaucoup de mal
22:24en Europe
22:24et en France en particulier
22:25à avoir la prise de conscience.
22:27On risque le décrochage ?
22:28Oui, on est en train
22:29de décrocher.
22:30C'est très clair.
22:30Les entreprises américaines,
22:31technologiques
22:32et les entreprises chinoises
22:33vont beaucoup plus vite
22:34que les Européens en général.
22:36Alors nous, Airbus,
22:36on essaie de tirer
22:37notre épingle du jeu
22:37mais l'environnement
22:38ne nous est pas favorable.
22:40Et il faut que les gens
22:41comprennent
22:42que la prospérité
22:43et le niveau de vie
22:44qu'on a à titre individuel
22:45vient de la création
22:47de valeur des entreprises.
22:47Donc si on alourdit trop
22:49la fiscalité sur les entreprises
22:50et les barrières réglementaires,
22:52on décroche
22:52et un jour,
22:53on le paye très cher.
22:54Et ça, ça me préoccupe évidemment.
22:55Un tout dernier mot,
22:55Guillaume Faury.
22:56Selon le journal L'Opinion
22:58et nos confrères des Echos
22:59en parlaient également,
22:59la moitié des PDG
23:00du CAC 40
23:01auront rencontré
23:02Marine Le Pen
23:02et Jordan Bardala
23:03d'ici fin janvier.
23:04Est-ce que vous en faites partie ?
23:05Est-ce que vous avez rencontré
23:06les dirigeants du RN ?
23:07Alors je n'en fais pas partie
23:08aujourd'hui.
23:09Enfin, je les ai rencontrés
23:10précédemment
23:11mais je ne les ai pas rencontrés
23:11récemment.
23:12Précédemment, c'est-à-dire
23:13il y a...
23:14Il y a plusieurs années,
23:15enfin, un an ou deux
23:16mais on les voit
23:17quand ils viennent
23:18au salon du Bourget
23:18et on les reçoit
23:19parce que c'est des...
23:20En tout cas, s'ils sollicitent
23:21un rendez-vous,
23:22vous les rencontrez.
23:23Bien sûr.
23:24Parce qu'on parle beaucoup
23:26en ce moment de la façon
23:27dont le RN réussit
23:29à étendre une sorte de...
23:32Comment ça convaincre
23:33les grands patrons ?
23:34Ils sont une force politique
23:35qui compte en France.
23:37Nous, on est présents
23:37dans le monde entier,
23:38on est présents
23:39dans tous les pays d'Europe.
23:40Ce n'est pas nous
23:41qui choisissons
23:41les partis qui sont puissants
23:45ou qui ont de l'influence
23:46ou qui sont présents
23:47au Parlement.
23:48J'ai cette situation en France
23:49mais pas seulement en France.
23:50Et donc, c'est les Français
23:51qui par leur vote
23:52ou les Allemands
23:53qui par leur vote
23:54choisissent les gens
23:54qui les représentent
23:55et quand on a un parti
23:56qui a un niveau de représentation
23:58comme le Front National
23:59aujourd'hui, oui, on parle.
24:00Et donc, si Jean-Luc Mélenchon
24:01demande à vous voir,
24:01vous le verrez aussi.
24:02Oui, c'est des choses
24:03qu'on fait traditionnellement.
24:04Merci, merci Guillaume Faury,
24:06PDG d'Airbus.
24:07Merci d'avoir été
24:08à notre micro ce matin.
24:10Avec grand plaisir.