00:00Et à 7h20 sur Europe 1, Dimitri Pavlenko place à l'édito éco.
00:04Bonjour Agnès Verdier-Molinier.
00:05Bonjour Dimitri, bonjour à tous.
00:07Agnès, vous revenez sur ce nouvel impôt qui a été voté vendredi par nos parlementaires,
00:11impôt sur la fortune dite improductive.
00:15Et oui, cet impôt a été voté en remplacement de l'actuel impôt sur la fortune immobilière.
00:20Alors, son visé dans ce nouvel impôt, les actifs qui, soi-disant, ne contribuent pas directement à l'économie réelle.
00:26Par exemple, les bijoux, les œuvres d'art, les yachts, les avions.
00:30Et là, on peut se poser une question.
00:32Qui peut dire qu'un actif ne contribue pas directement à l'économie réelle ?
00:37Quand on regarde les chiffres de la filière bijouterie, par exemple 25 000 emplois,
00:41les cinq plus grands compétiteurs de la géo-aillerie mondiale sont français.
00:45La filière nautique, c'est pareil.
00:47Selon le ministère de la Mer, la France est le second fabricant mondial de bateaux de plaisance et le premier en Europe.
00:53Quant aux œuvres d'art, la France est à la quatrième place pour le marché mondial de l'art.
00:58Oui, c'est bien de l'avoir en tête tout ça.
00:59Les assurances-vie également en fonds euros, elles sont également visées par cette nouvelle taxe sur la fortune improductive.
01:06Et oui, l'exposé des motifs évoque la taxation des assurances-vie, le placement préféré des Français.
01:122 000 milliards d'euros pour les fonds non alloués à l'investissement productif.
01:16Alors, ça veut dire quoi ? Ça devient lunaire.
01:19La taxe viserait les fonds en euros des assurances-vie, c'est-à-dire ceux qui ne sont pas placés en action.
01:25Considérer ces produits comme improductifs est totalement incohérent.
01:29Les fonds en euros servent aux banques à respecter les obligations qui leur sont imposées
01:33pour garantir qu'elles disposent de fonds propres suffisants face aux risques qu'elles financent.
01:38Et cet argent est aussi placé en dette publique française.
01:41Autrement dit, cet argent, cet impôt, s'il était confirmé, aurait pour effet de décourager,
01:47voire de sanctionner l'achat de dettes souveraines françaises,
01:50alors que les assureurs-vie se sont déjà détournés de la dette française.
01:54Ils en détenaient 40% en 2000 et plus que 10% aujourd'hui.
01:57Donc finalement, les promoteurs de cette nouvelle taxe, Modem, PS, l'IOT, le RN aussi,
02:02reconnaissent implicitement qu'investir dans l'État français, ça n'est pas productif.
02:07Mais oui, et si ce n'était pas si triste, ce serait drôle.
02:09Finalement, on peut se demander s'il n'est pas effectivement plutôt l'État qui est le plus improductif dans tout ça.
02:16Il estime le château de Versailles où le Louvre a un euro dans son comptabilité.
02:20Il refuse de laisser évaluer la productivité de ses ministères et de ses opérateurs,
02:24de ses caisses sociales, de ses agents, au point de nous mettre dans une situation
02:28où tout ce qui bouge encore dans le secteur privé peut se faire taxer du jour au lendemain d'improductif.
02:35Voilà, je ne savais pas que le Louvre ne coûtait qu'un euro et que Versailles ne coûtait qu'un euro.
02:39En tout cas, c'est l'estimation.
02:40C'est dans la comptabilité nationale.
02:43Intéressant.
02:44Merci beaucoup.
02:44Ça n'a pas de prix, ça n'a pas de...
02:45C'est ça.
02:47Merci beaucoup Agnès Verdier-Molligny.
02:48Signature Europe 1.
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