- il y a 4 mois
Vjeran Tomic, surnommé l'homme araignée. Un cambrioleur escaladeur comme on en voit seulement dans les séries télé. Plus de quinze ans avant le Louvre, il a commis un vol entré dans l'histoire criminelle. Cinq tableaux de maître dérobés au musée d'Art Moderne de Paris. Un scénario spectaculaire, et des arrestations mais peu de réponses.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.
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00:00Tout de suite.
00:0214h15, c'est l'heure du crime sur RTL.
00:05Jean-Alphonse Richard.
00:07J'ai décroché le fermement léger et le mojigrani par rapport à la commande.
00:11Il était là à côté de la femme à l'éventail, le rouge que j'ai pris.
00:15Et je l'ai contemplé comme ça à savoir est-ce que je le prends ou pas.
00:17Finalement je ne l'ai pas pris parce que bon, ce tableau-là c'est un peu comme si vous preniez la joconde.
00:22Bonjour, Vieran Tomic, surnommé l'homme araigné.
00:26Un cambrioleur-escaladeur comme on en voit seulement dans les séries télé.
00:31Plus de 15 ans avant le Louvre, il a commis un vol entré dans l'histoire criminelle.
00:36Cinq tableaux de maîtres dérobés au musée d'art moderne de Paris.
00:40Un scénario spectaculaire.
00:42Vieran Tomic, Picasso, Modigliani et l'homme araigné.
00:47C'est l'heure du crime.
00:48La seule émission Radio 100% fait divers et c'est tout de suite sur RTL.
00:51Jeudi 20 mai 2010, peu après 7h30, le commissariat du quartier de Chaillot, au cœur de Paris,
01:04est alerté d'un cambriolage au musée d'art moderne.
01:07Un gardien qui vient de prendre son service a fait comme d'habitude sa ronde autour du bâtiment.
01:12Il a tout d'abord remarqué une issue de secours fermée de l'extérieur avec du fil de fer.
01:18Puis, il a découvert une grande baie vitrée, 2,35 mètres de haut.
01:23Celle qui donne sur la salle numéro 2, ouverte aux quatre vents.
01:27La vitre, qui pèse 80 kilos, a été soigneusement démontée, délicatement déposée sur le sol.
01:35Dans la salle numéro 2, nature morte au chandelier de Fernand Léger a disparu.
01:40Le ou les voleurs ont poursuivi leur visite des lieux.
01:44En s'emparant, salle numéro 1 du Pigeon au petit poids de Picasso,
01:50de l'Olivier près de l'Estac, de Georges Braque et de la pastorale d'Henri Matisse.
01:55Salle 8, c'est la femme à l'éventail de Modigliani qui n'est plus là.
01:59Cinq chefs-d'oeuvre envolés, seuls les cadres sont retrouvés sur la terrasse.
02:03La conservatrice en chef du musée, Marie-Sophie Caron de la Carrière, arrivée vers 8h20 et sidérée.
02:10Le préjudice est considérable.
02:13Selon elle, rien que le Modigliani pourrait valoir 20 millions d'euros.
02:18La ville de Paris évalue les œuvres volées entre 90 et 100 millions d'euros.
02:23Le ou les cambrioleurs étaient très expérimentés, ou très bien renseignés.
02:31Aucune alarme ne s'est déclenchée quand la baie vitrée a été démontée normale.
02:35Elle ne se déclenche que si la vitre est cassée, et ce n'est pas le cas ici.
02:39Aucune alarme non plus à l'intérieur.
02:41En fait, le système de sécurité est défaillant depuis deux mois.
02:46Les détecteurs de mouvements sont inopérants.
02:49La vidéosurveillance du PC sécurité est déréglée.
02:53Les courbes de température enregistrées dans le musée situent le cambriolage autour de 3h30 du matin.
02:59Entre 3h35 et 3h51, une caméra a filmé.
03:04L'image fugitive d'un individu qui emporte un tableau.
03:08La femme à l'éventail.
03:09Une inspection administrative déplore une intrusion facile, rapide.
03:14Les policiers s'intéressent au personnel du musée et ils font le tour du quartier.
03:18Un jeune SDF qui passe ses journées sur l'esplanade du Trocadéro
03:22dit avoir aperçu deux jours avant le vol, vers 18h, un homme grand, athlétique.
03:28Il fixait les fenêtres du musée.
03:29Il a cru que c'était un flic en civil.
03:32L'individu était de retour le lendemain.
03:35« J'ai vraiment eu l'impression qu'il était au boulot », déclare le témoin.
03:38Jeudi 18 novembre 2010, 6 mois après le vol,
03:43les policiers de la BAC du 16e arrondissement sont informés par un contact anonyme
03:48que le voleur du musée d'Armodène pourrait être un certain Tomic,
03:52dit Tom, 1m90 et 100kg.
03:55Il se déplace dans un renou-espace.
03:57Il habite le 16e arrondissement.
03:59Vieran Tomic, 41 ans, né à Paris, d'origine croate,
04:04est effectivement connu pour des vols de bijoux et d'œuvres d'art.
04:07C'est un homme araigné, capable d'escalader les façades des immeubles bourgeois de la capitale.
04:13Un penchant pour les 8e et 16e arrondissements,
04:16interpellé plusieurs fois, la police l'a surnommé Spiderman.
04:20Il s'est démonté des fenêtres et des baies vitrées.
04:23Le squatteur du trocadéro le reconnaît sur photo
04:26comme étant l'individu qui rôdait autour du musée.
04:31Vieran Tomic est placé sous surveillance.
04:36Et encore quelques mois,
04:38et les policiers de la BRB, la brigade de répression du banditisme,
04:41vont se rapprocher de ce voleur professionnel qui se fait des plus discrets.
04:45Une écoute téléphonique et puis des témoignages vont le mettre en danger.
04:49Cet homme reste à savoir ce que sont devenues les œuvres.
04:52Parce que là, l'heure tourne, les semaines passent, les mois défilent.
04:56Mais les tableaux ne ressurgissent pas.
04:57Et on sait que vraiment le temps dans ce genre d'affaires est ennemi, ennemi des enquêteurs.
05:02Et évidemment ennemi du musée qui ne retrouve pas ses toiles.
05:05On va voir si, effectivement, on va pouvoir mettre la main sur ces tableaux ou pas.
05:09Alors il y a eu récemment le casse du Louvre.
05:12Évidemment, vous connaissez ce casse du Louvre.
05:14Mais plus de 15 ans avant, c'était donc celui du casse du musée d'Armondin de Paris.
05:18Et qui frappe toujours autant aujourd'hui.
05:21Avec le recul, quand on relie les procès-verbaux de l'époque, les comptes-rendus administratifs,
05:26les rapports qui ont été faits, c'est la facilité avec laquelle tout ça s'est produit.
05:31Bonjour Olivier Bouchara.
05:34Bonjour Jean-Alphonse.
05:34Merci beaucoup d'être avec nous aujourd'hui dans l'heure du crime.
05:38Vous êtes journaliste, directeur éditorial du magazine Vanity Fair France et auteur de documentaires.
05:43Et vous connaissez parfaitement cette affaire.
05:45Vous la connaissez d'autant mieux que vous avez interrogé à plusieurs reprises,
05:49et vous allez nous en parler, le principal protagoniste, Vieran Tomic.
05:53À lui tout seul, c'est un personnage qui fait presque toute cette histoire.
05:57Alors Olivier Bouchara, question simple.
05:59Ce cambriolage, tout de suite, et c'est incroyable, ce cambriolage en plein Paris,
06:04dans un des musées les plus célèbres de la catipitale,
06:07et peut-être sans doute l'un des mieux protégés,
06:09ce cambriolage, c'est un coup de tonnerre.
06:11Ah oui, c'est extraordinaire.
06:12C'est toute une partie de l'histoire de l'art qui a disparu cette nuit-là.
06:16Il y a l'une des plus fascinantes nature mortes de Picasso, le pigeon au petit poids.
06:20Il y a deux trésors du fauvisme,
06:22la pastorale de Matisse et l'olivier près de l'estac de Georges Braque.
06:27Et il y a deux merveilles des avant-gardes,
06:29la nature morte au chandelier de Fernand Léger
06:31et la femme à l'éventail de Modigliani.
06:34Oui, et ça, ça vaut des millions,
06:35100 millions d'après les estimations de la ville de Paris,
06:38puisque ce musée, il est géré par la ville de Paris.
06:41Encore une question, Olivier Bouchara.
06:43Le ou les voleurs ont bénéficié de l'état déplorable du musée ?
06:46Ça, on le découvre avec cette affaire.
06:49En matière de sécurité, c'est épouvantable.
06:51Oui, en fait, on va découvrir que depuis des mois,
06:53l'alarme du musée ne fonctionnait pas.
06:55On va découvrir aussi que certains détecteurs de mouvements,
06:59vous savez, ces petites diodes qui passent du rouge au vert,
07:03selon votre présence, ne marchent pas non plus.
07:05Donc, on va découvrir que le musée était une cible de choix
07:08pour les cambrioleurs, pour le cambrioleur,
07:11comme on le verra par la suite.
07:12Bonjour Laurent Alverola.
07:14Bonjour.
07:15Merci beaucoup d'être avec nous aujourd'hui
07:16dans le studio de l'heure du crime.
07:17Vous êtes ancien commandant de la brigade de répression du banditisme,
07:20la fameuse BRB, où vous êtes toujours sur les très gros coups dans ces affaires.
07:26Vous êtes les premiers sur place.
07:28Vous étiez chef de groupe vol avec effraction.
07:32Donc là, vous êtes au cœur de votre discipline et de votre expérience.
07:37Qu'est-ce qu'on se dit, monsieur Alverola,
07:40dès lors qu'on a ce genre de vol, on se dit
07:42qu'il y a des complicités internes.
07:43Ce n'est pas possible.
07:45Pas forcément, non.
07:46Pas forcément.
07:47Non, non.
07:48On en trouve parfois, évidemment, sur les affaires.
07:51C'est ce qu'on cherche dans un premier temps.
07:54Mais dans le cas d'espèce, non.
07:57Alors, on ne connaît pas encore...
07:59On ne sait pas que Tommy, qui est l'auteur du vol.
08:01Bien sûr.
08:01Mais avec ce type de personnage,
08:04il a rarement de complicité interne.
08:06On n'en a pas besoin.
08:07Ils sont en solo ?
08:08Tout à fait.
08:09Tout à fait.
08:10C'est un solitaire.
08:11D'ailleurs, il n'a confiance en personne.
08:16Un petit peu dans son recéleur, quand même,
08:18parce qu'il est obligé.
08:20Mais c'est un garçon qui vit seul,
08:21qui ne fréquente personne.
08:23Et ce qui fait que,
08:26pour ce qui le concerne,
08:28non, il y a rarement de complicité.
08:29Voilà.
08:30Alors, à la fois, c'est plus facile pour vous,
08:31parce qu'il y a un seul homme, j'ai envie de dire.
08:33Et c'est moins facile,
08:34parce que quand ils sont plusieurs,
08:35ça commence à parler beaucoup plus.
08:37Question aussi.
08:38La baie vitrée, je disais, la vitre,
08:41elle fait 80 kilos.
08:43Alors, on l'a soulevé avec des ventouses, certes.
08:45Alors là, il faut une expérience.
08:47Il faut de la puissance.
08:49Ce n'est pas donné à tout le monde,
08:50de faire ce genre de coup.
08:51Alors, absolument.
08:52Mais c'est ce qui caractérise Tomic.
08:54C'est un athlète.
08:56Il est de grande taille.
08:58Il est très, très, très costaud.
09:01C'est un type qu'on a suivi plusieurs jours.
09:03Et on l'a vu s'entraîner quotidiennement,
09:05à faire des tractions,
09:06au bois de Boulogne,
09:07sur un parcours sportif.
09:10Donc, c'est tout à fait...
09:12En plus de ça,
09:14il a une technique.
09:16Évidemment, c'est quelqu'un de chevronné.
09:18Il sait comment dépasser des choses lourdes,
09:20que ce soit l'immobilier
09:21ou des fenêtres comme celle-là.
09:24Donc, ce n'est pas surprenant.
09:25Non, non, moi, ça ne me surprend pas
09:26qu'il y soit parvenu.
09:28Olivier Bouchara,
09:29il y a le choix des tableaux.
09:30Alors, ce n'est pas un hasard, finalement, ce choix.
09:33On pense tout de suite qu'il s'agit d'une commande ?
09:37Au départ, les enquêteurs imaginent
09:38qu'il y a un gang derrière cette opération.
09:41Ils imaginent qu'il y a plusieurs hommes,
09:43peut-être venus de l'Est,
09:45qui ont répondu à une commande très précise
09:46pour prendre ces cinq tableaux.
09:48On découvrira par la suite
09:49que ce n'est pas tout à fait ça.
09:52Encore une question, Olivier Bouchara.
09:54Ça fait scandale, ce système des faillances ?
09:57Je voudrais qu'on revienne un peu là-dessus
09:58parce qu'effectivement,
09:58la sécurité du musée n'était pas terrible.
10:01À l'époque, c'est un scandale absolu.
10:03L'adjoint à la culture du maire de Paris
10:05dénonce des manquements graves.
10:08C'est proprement hallucinant.
10:10Au départ, on imagine
10:11qu'il y a des complicités en interne.
10:14On se dit que ce n'est pas possible.
10:15On ne peut pas rentrer comme ça dans ce musée.
10:16et voler en 17 minutes
10:19cinq tableaux majeurs de l'histoire de l'art.
10:21On va se rendre compte par la suite
10:23que si, c'était tout à fait possible
10:24et même par un seul homme.
10:27Laurent Alverrola,
10:28juste un petit mot sur la vidéo.
10:29On voit une vidéo,
10:30on voit une ombre fugitive,
10:31je crois,
10:32qui emmène un tableau.
10:33Vous arrivez à déterminer un petit peu ?
10:35Non, on ne peut pas.
10:37L'image n'est pas assez nette,
10:39pas assez précise
10:39pour identifier l'individu.
10:41Toutefois,
10:43mais ça,
10:43on a pu l'établir après,
10:45effectivement,
10:46la silhouette correspond
10:47à celle de Tomic.
10:48Oui,
10:49vous avez quelqu'un d'athlétique.
10:50Oui,
10:50quelqu'un d'athlétique,
10:51assez grand,
10:52très calme,
10:54très calme,
10:55qui déambule dans les couloirs,
10:56dans les salles du musée,
10:57de manière tout à fait tranquille.
11:00Il ne court pas.
11:01Comment ?
11:02Il ne court pas.
11:02Ah non,
11:03il ne se déplace,
11:04il marche.
11:05Il marche avec les tableaux,
11:06avec les cadres dans les bras
11:07et ça demande effectivement une force,
11:10une certaine force,
11:11puisque en manipulant ces objets,
11:12mes collègues ont pu constater
11:13que c'était très lourd
11:15et qu'il fallait être doté
11:17d'une certaine force physique
11:18pour pouvoir le faire.
11:20Un seul homme sur ces images,
11:22six mois après le vol,
11:23premier signalement de Vieran Tomic,
11:26connu de la police
11:26et même surnommé Spider-Man.
11:29Mais qui est-il ?
11:30Un an après le vol,
11:31Spider-Man va être interpellé.
11:34Dieran Tomic,
11:35Picasso,
11:35Modigliani
11:36et l'homme araigné,
11:37quand j'ai vu que l'alarme
11:38ne se déclenchait pas,
11:40j'ai continué,
11:41il fallait que j'en profite.
11:43L'enquête de l'heure du crime,
11:44on se retrouve dans un instant
11:45sur RTL.
11:4714h15,
11:48c'est l'heure du crime sur RTL.
11:5314h15,
11:54Jean-Alphonse Richard sur RTL.
11:57L'heure du crime.
11:59L'heure du crime,
12:00consacrée aujourd'hui
12:00au vol spectaculaire
12:02au musée d'art moderne à Paris
12:03en mai 2010,
12:0415 ans avant le Louvre.
12:06Cinq toiles de mètres
12:07remportées avec une facilité
12:09déconcertante,
12:10la piste de l'homme seul
12:11se précise.
12:12Six mois plus tard,
12:13un cambrioleur
12:14surnommé Spider-Man
12:15est sous surveillance.
12:16Les policiers de la BRB
12:20ne lâchent plus
12:20Vieran Tomic.
12:22La téléphonie montre
12:23que l'homme araigné
12:25a passé de nombreux appels
12:26la nuit du cambriolage
12:27au musée,
12:28sauf entre 2h et 6h du matin,
12:31le créneau au cours duquel
12:32le vol a été commis.
12:33Vers 7h,
12:34Tomic était aux abords
12:35de la gare de Lyon.
12:37Le nom de l'antiquaire,
12:38Jean-Michel Corvez,
12:39qui tient dans le quartier
12:40la boutique Paris Or,
12:42apparaît.
12:43Sept mois après
12:44le vol des tableaux,
12:45les enquêteurs notent
12:46que Tomic,
12:47pris en filature
12:48est sur ses gardes.
12:50Il apparaît
12:50comme un cambrioleur
12:51extrêmement méfiant,
12:53opérant seulement la nuit
12:54lorsque les rues
12:55de la capitale
12:56ne sont traversées
12:57que par quelques noctambules,
12:59note un rapport policier.
13:00Sur une écoute,
13:01Tomic finit par se trahir.
13:03Il parle du vol du musée.
13:05« Les flics veulent
13:06que je leur ramène
13:07les tableaux,
13:08mais ils savent très bien
13:09qu'ils ne les auront pas.
13:11Je les ai vendus
13:12à 35 000 euros par tête. »
13:14Tomic ajoute.
13:16« Ils n'arrivent pas
13:17à comprendre
13:18que les tableaux
13:19sont vendus,
13:20mais c'est un truc
13:20de malade. »
13:23Mardi 14 juin 2011,
13:2413 mois après le vol
13:26au musée d'art moderne,
13:27Vieran Tomic,
13:29qui vient d'être incarcéré
13:30pour un vol
13:30de 8 toiles de mètre
13:32dans un immeuble
13:33du 16e arrondissement,
13:34est extrait
13:34de sa cellule
13:36et placé en garde à vue.
13:37Il ne tergiverse pas.
13:40Il avoue le vol
13:40au musée.
13:41Il explique
13:42avoir reçu
13:43une commande
13:44de quelqu'un
13:44vivant à l'étranger
13:46pour un Fernand Léger
13:47qui était intitulé
13:48« Les disques ».
13:49Mais le tableau
13:50n'était plus exposé.
13:51Le commanditaire
13:52se serait donc
13:53rabattu
13:54sur la nature
13:55morte au chandelier.
13:57Tomic a fait
13:58de nombreux repérages,
13:59visité le musée
14:00comme un simple touriste.
14:01Il a acheté
14:02pour 200 euros
14:03de matériel
14:04chez Castorama.
14:05Il a préparé
14:06plusieurs soirs
14:06la fenêtre
14:07de la salle numéro 2,
14:08décapant,
14:09tournevis.
14:10Il savait
14:11qu'il lui faudrait
14:1130 à 40 minutes
14:13pour démonter
14:14la vitre
14:14soulevée
14:15avec des ventouses.
14:16« J'ai travaillé
14:17presque 6 nuits
14:18pour bien préparer
14:19mon coup.
14:19Je ne voulais rien
14:20laisser au hasard »
14:21dit Tomic.
14:22Il avait des gants,
14:23un sweat
14:24à capuche,
14:25un bandana
14:25sur le visage.
14:27Quand il a vu
14:27qu'aucune alarme
14:28ne se déclenchait,
14:29il a été surpris.
14:30Il ignorait
14:31que le système
14:32était hors service.
14:33« Il fallait
14:34que j'en profite,
14:35reconnaît-il,
14:35pour le mot
14:36d'Igliani.
14:37Il a failli
14:38emporter la femme
14:39aux yeux bleus,
14:39mais dès qu'on s'est vus,
14:42elle et moi,
14:43il y a eu un problème.
14:44Je me suis dit
14:45« Ne la touche pas,
14:47sinon tu auras
14:48la poisse de ta vie »,
14:49racontera-t-il
14:50dans le journal Vanity Fair.
14:51Il s'est donc
14:52rabattu sur la femme
14:53à l'éventail.
14:54Le casse,
14:55selon lui,
14:56a duré 17 minutes. »
14:59Vieran Tomic
14:59explique avoir remis
15:00les tableaux
15:01à son commanditaire
15:02au quatrième sous-sol
15:03d'un parking
15:04dans le quartier
15:05de la Bastille.
15:06Deux jours plus tard,
15:07il a reçu 40 000 euros
15:08en coupure
15:09de 10 et 20 euros.
15:11Un mois après
15:11les aveux de Tomic,
15:12l'antiquaire
15:13de la gare de Lyon,
15:14Jean-Michel Corvez,
15:15est placé en garde à vue.
15:17Il dit tout ignoré
15:18du vol du musée
15:19d'art moderne.
15:20Tout ce qu'il sait,
15:21c'est ce qu'il a lu
15:22dans les journaux.
15:23Après quelques heures
15:24d'interrogatoire,
15:25il admet que
15:25les cinq tableaux
15:26sont bien passés
15:27entre ses mains.
15:29Tomic,
15:29dit-il,
15:30ne devait lui remettre
15:31qu'une seule toile,
15:32le Fernand Léger.
15:33Il croyait
15:34que la toile
15:35avait été volée
15:35chez un particulier,
15:37Corvez,
15:38certifié
15:38qu'il n'a plus
15:39les tableaux.
15:40Il les a gardés
15:41pendant un peu plus
15:41de six mois.
15:42Puis,
15:43un jeune bijoutier
15:44lui a proposé
15:45de les stocker
15:46dans son atelier.
15:49Et on va bien sûr
15:50se rapprocher
15:50de ce mystérieux joaillier.
15:52On suit à la trace
15:53ses œuvres d'art.
15:54Reste à savoir
15:55où elles se trouvent
15:56et si elles n'auraient
15:57pas déjà changé de main.
15:59Ainsi fonctionnent
15:59souvent les recéleurs,
16:01les fourgues,
16:02comme on les appelle
16:02dans le métier.
16:04On va suivre
16:04cette piste
16:05dans le prochain chapitre
16:07de l'heure du crime.
16:08Un an pour remonter
16:10jusqu'à Vieran Tomic.
16:13Laurent Alverola,
16:14vous êtes avec nous
16:15dans cette heure du crime,
16:16ancien commandant
16:16à la BRB,
16:18chef du groupe
16:18Vol avec Effraction.
16:20Vous êtes à l'époque
16:20sur cette enquête,
16:22très précisément.
16:23Lorsque, évidemment,
16:24vous aviez Tomic en tête,
16:26vous nous l'avez dit,
16:26vous commenciez
16:27à le suivre,
16:28à le filocher,
16:29etc.
16:30Comment,
16:31quand vous l'avez,
16:31cet homme en garde à vue,
16:32je précise
16:33qu'il a déjà fait de la prison,
16:34il connaît un petit peu
16:34la musique des gardes à vue
16:35et tout.
16:36Quel est le personnage
16:37que vous avez en face de vous ?
16:39Alors,
16:40c'est un client,
16:42pour nous,
16:42c'est un client agréable
16:43dans la mesure où
16:45c'est quelqu'un
16:47qui va reconnaître
16:49assez facilement
16:49les faits.
16:51Quand, évidemment,
16:51on a suffisamment
16:52de billes
16:53en termes de métier,
16:56suffisamment d'éléments
16:57à lui servir,
16:59ce n'est pas quelqu'un
17:00qui va se...
17:03évoquer le droit
17:04au silence,
17:05comme la plupart
17:06des gardés à vue
17:08et qui plus est,
17:10c'est quelqu'un
17:10qui est fier,
17:12fier
17:12et qui a parfaitement
17:14conscience
17:15de ses qualités
17:16hors normes,
17:17un petit peu,
17:18de cambrioleur.
17:19Donc,
17:19il a envie
17:20qu'on connaisse
17:21et il a envie
17:22de faire savoir
17:23qu'il est quand même
17:24un personnage particulier
17:25dans ce milieu
17:27de cambrioleur.
17:28Oui,
17:28ce n'est pas n'importe qui,
17:29c'est ce que vous voulez dire,
17:30il a un certain égo,
17:31il a un égo
17:33assez surdimensionné,
17:35même,
17:37et il a besoin,
17:38il sait qu'il a des qualités
17:41hors normes
17:41et il a besoin
17:43de le faire savoir
17:43et il aime le faire savoir
17:45et c'est ce qui va faciliter
17:47notre tâche
17:48puisqu'il va reconnaître
17:49très très rapidement
17:50qu'il est l'auteur
17:51du musée d'art moderne,
17:52du vol au musée d'art moderne.
17:53C'est un artiste
17:54et il a agi
17:55comme un artiste.
17:56Quelque part,
17:56quelque part,
17:57c'est ça,
17:57il a aussi,
17:58il a porté
18:00son activité
18:01assez haut
18:03et il en a fait
18:05un art.
18:07Olivier Bouchara,
18:08vous êtes avec nous
18:08dans l'heure du crime,
18:09journaliste,
18:10directeur éditorial
18:11de Vanity Fair France,
18:12vous connaissez
18:13très très bien
18:14ce dossier
18:14et vous connaissez
18:15très très bien
18:16cet homme,
18:17Tomic,
18:18garde à vue
18:19pour le musée
18:20d'art moderne.
18:21On a l'impression
18:21que ce casse
18:23pour Vieran Tomic,
18:26c'était
18:26un jeu d'enfant.
18:28Cette nuit-là,
18:29vers 3h du matin,
18:30il retire les vis
18:30définitivement
18:31qu'il a préparées,
18:33il soulève
18:33la baie vitrée
18:34qui pèse quand même
18:3580 kg
18:36à l'aide
18:36de deux ventouses
18:37et il la fait glisser
18:39sans bruit
18:39sur des planchettes
18:40en bois.
18:41Après,
18:42il y a un dernier rideau
18:43de fer métallique,
18:44il a un coupe-boulon,
18:45il le fait sauter.
18:46Le musée est ouvert,
18:47pas besoin de lampe de poche,
18:48à l'intérieur,
18:49il y a des veilleuses
18:50dans chaque pièce.
18:52Tomic fait quelque part
18:53à l'intérieur,
18:53il ressort,
18:54il patiente un quart d'heure
18:55sur les quais de Seine
18:56histoire de vérifier
18:57qu'une alarme silencieuse
18:59n'a pas été déclenchée.
19:01Olivier Bouchara,
19:02Laurent Alvérolat,
19:03le policier,
19:04nous disait il y a un instant
19:05et nous faisait le portrait
19:06de cet homme très particulier.
19:08Évidemment,
19:09c'est un sportif,
19:10c'est un as de la grimpe,
19:11c'est un escaladeur.
19:12C'est un as de la varap.
19:15Il est très fort en escalade,
19:17il s'entraîne dur,
19:19il fait deux heures
19:20de course à pied chaque matin,
19:21suivi de séries de traction
19:23avec 15 kg de l'est
19:24à chaque cheville.
19:26Il a un régime de sportif,
19:27pas de pain,
19:28pas de sucre,
19:29pas de sel.
19:30En fait,
19:30il sait que s'il n'est pas en forme,
19:32il y a une phrase très belle,
19:33il dit
19:34si tu n'es pas en forme,
19:35le vide t'aspire.
19:36Et il sait qu'une seconde
19:38d'inattention
19:39et c'est terminé.
19:40Alors là,
19:41on n'est pas dans l'escalade,
19:42mais enfin,
19:42on est dans la force pure.
19:44C'est presque un travail
19:44herculéen
19:45qu'a fait cet homme
19:46pour arracher
19:47cette vitre
19:48du musée
19:49et pouvoir pénétrer
19:50à l'intérieur.
19:51Encore une question
19:52pour vous,
19:52Olivier Bouchara.
19:53Vierane,
19:55on a l'impression
19:55qu'il y a un dialogue
19:57entre lui
19:58et les tableaux
19:59qu'il vient décrocher
20:00de ses cimèzes.
20:01Il fait attention
20:02à ce qu'il fait.
20:03Il choisit
20:04comme si c'était lui-même
20:06un artiste
20:06qu'il a ajouté
20:09sa touche
20:09de peinture
20:11finalement
20:11à ses tableaux
20:12et à ce musée.
20:13Il en fait peut-être
20:14un peu trop,
20:14non, quand même ?
20:16Chez les grands voleurs,
20:17il y a quelque chose
20:18de paradoxal.
20:19C'est-à-dire qu'ils agissent
20:20dans une infinie discrétion.
20:22C'est le principe
20:23de leur métier
20:23de ne jamais être démasqués.
20:25Mais quand ils le sont,
20:26ils éprouvent
20:27une forme d'orgueil.
20:29Il dira, d'ailleurs,
20:30Vierane,
20:30il dira,
20:31ce sont mes tableaux.
20:32Comme si le vrai chef-d'oeuvre,
20:34c'était celui
20:35qu'il avait commis
20:35en pleine nuit,
20:37en 17 minutes,
20:38sans se faire prendre.
20:41Laurent Alvérola,
20:42c'est compliqué.
20:43Vous êtes,
20:44à l'époque,
20:44chef de groupe
20:45Vol avec Effraction.
20:46Vous les connaissez bien,
20:46ces voleurs,
20:47ces recéleurs
20:48d'oeuvres d'art.
20:50Un mot sur l'antiquaire,
20:51Jean-Michel Corvez.
20:53Il esquive les questions.
20:55Mais finalement,
20:56c'est très compliqué
20:56de savoir
20:57ce qui s'est passé
20:57avec ces gens
20:58qui ne vous répondent jamais,
21:00qui sont autour du pot.
21:01C'est très compliqué.
21:02C'est un drôle de milieu,
21:03c'est ça ?
21:04Oui, complètement.
21:04C'est très compliqué
21:07si vous n'avez pas fait
21:07un travail
21:08en amont
21:09de l'interpellation.
21:11Jean-Michel Corvez
21:12a été placé sur écoute
21:13pendant plusieurs semaines,
21:14plusieurs mois.
21:16Et on avait défini
21:16assez précisément
21:17quel était son rôle
21:19et qui était ce personnage ?
21:22Et on a découvert
21:23que c'est quelqu'un
21:24de très organisé,
21:27qui passait donc
21:29des commandes
21:29régulièrement atomiques.
21:34Allez-y.
21:35Pardon.
21:35Allez-y.
21:36Et c'est effectivement
21:38quelqu'un d'organisé,
21:40le véritable recèleur
21:42qui connaît la valeur
21:43des choses,
21:44des objets,
21:45qui va préciser à Tomic
21:48les objets
21:48que Tomic doit voler.
21:51Puisque à plusieurs reprises,
21:54il va lui dire,
21:55lui donner des conseils,
21:56en lui disant ça,
21:57ne prends pas ça,
21:58prends plutôt ça,
21:59etc.
21:59Non, c'est un personnage
22:02effectivement qui s'est fermé
22:03dès qu'il a été placé
22:05en garde à vue.
22:05Il s'est totalement fermé.
22:07Alors, c'est l'attitude
22:08opposée à celle de Tomic
22:09qui, lui, va s'ouvrir
22:10et nous déclarer
22:11des choses
22:12très très intéressantes
22:13pour l'enquête.
22:14Alors que Corvez
22:16va se taire
22:19et refuser
22:19de répondre
22:20à certaines questions.
22:21Et du coup,
22:22on ne sait pas
22:22où sont évidemment
22:23ses oeuvres.
22:24Mais voici les confidences
22:25du recèleur numéro 2.
22:27Bieran Tomic,
22:29Picasso,
22:30Modigliani
22:31et l'homme araigné.
22:32J'étais ahuri
22:33par le butin
22:34qu'en me montrait
22:35l'enquête de l'heure du crime.
22:36Que sont devenus
22:37les 5 chefs-d'oeuvre
22:38perdus,
22:39vendus,
22:39revendus,
22:40partis à l'étranger
22:41ou bien détruits
22:42de façon sacrilège ?
22:43A suivre
22:44dans un court instant
22:45sur RTL.
22:4614h15
22:47C'est l'heure du crime
22:49sur RTL
22:50Avec Jean-Alphonse Richard
22:51Calme
22:5314h15
22:55C'est l'heure du crime
22:57sur RTL
22:58Il m'arrive même
23:00de rêver
23:00que je mets la radio
23:02le matin
23:02qu'on apprenne
23:05que les tableaux
23:06ou un tableau
23:06déjà un tableau
23:07a été retrouvé.
23:08Ça m'est arrivé
23:09de le rêver.
23:11Au programme
23:11aujourd'hui
23:12de l'heure du crime
23:12l'histoire de
23:13Vieran Tomic
23:14surnommé
23:14l'homme araigné
23:15voleur professionnel.
23:16Il a avoué
23:17le cambriolage
23:18spectaculaire
23:19du musée des Beaux-Arts
23:19à Paris
23:20Au printemps 2010
23:21les policiers
23:22recherchent
23:23les 5 toiles
23:24disparues.
23:26Mardi 13
23:27septembre 2011
23:2816 mois
23:28après le cambriolage
23:29du musée des Beaux-Arts
23:30le bijoutier
23:32Jonathan Birn
23:33est à son coup
23:34tour
23:35en garde à vue.
23:36C'est lui
23:37qui aurait récupéré
23:38les Picasso
23:39Léger
23:40Braque
23:41Wodigliani
23:42Matisse
23:43confiés par l'antiquaire
23:44Jean-Michel Corvez.
23:46Birn
23:47confirme
23:48que Corvez
23:48a bien déposé
23:49chez lui
23:49deux ou trois sacs
23:51poubelles
23:51assez volumineux
23:52mais il certifie
23:54qu'il ignorait
23:55leur contenu.
23:56Il les a jetés.
23:57Le joaillier
23:58revient vite
23:59sur ses déclarations.
24:00Il s'est en fait
24:01débarrassé des toiles
24:02car il était affolé.
24:04Il les a jetés
24:05dans le bac
24:05à ordures
24:06de l'immeuble.
24:07Quatre toiles
24:08auraient été déchirées
24:09dans les sous-sols
24:10d'une banque
24:11du boulevard Haussmann
24:12où il détenait
24:13un coffre.
24:14Il aurait mis en pièce
24:15la cinquième
24:16dans son atelier
24:17de joaillerie.
24:18Jonathan Birn
24:19affirme qu'il ne connaît
24:21pas l'homme araigné
24:22Vieran Tomic
24:23lors d'une confrontation
24:24entre les deux hommes.
24:26Il finit par admettre
24:27qu'ils se sont croisés
24:28une fois
24:29dans la boutique
24:29de Corvez.
24:31Jean-Michel Corvez
24:33le recèleur numéro 1
24:35se souvient
24:36d'avoir été
24:37ahuri
24:37par l'ampleur
24:38du butin
24:39ramené
24:39par Vieran Tomic.
24:41Les deux hommes
24:41selon Tomic
24:42avaient déjà
24:43travaillé ensemble
24:44la 4 ou 5 reprises.
24:46Corvez
24:46est questionné
24:47sur l'identité
24:48du fameux
24:49client saoudien.
24:51Il ne peut rien dire
24:51car sa vie
24:52serait en danger.
24:53C'est quelqu'un
24:54avec qui j'ai réalisé
24:55deux opérations
24:56dans le passé
24:56explique l'antiquaire.
24:58Un mystérieux acheteur
25:00qui ne parlerait pas français
25:01et qui a fini
25:03par laisser tomber
25:04la transaction
25:05vu l'ampleur
25:06que prenait l'affaire.
25:07Un autre client
25:07pour l'omodigliani
25:09a lui totalement
25:10disparu.
25:11Il a été
25:11également
25:12apeuré
25:13par l'ampleur
25:15de l'opération.
25:17Alors c'est intéressant
25:18parce que là
25:19on est dans la chaîne
25:19du vol
25:20et du recel.
25:21Tomic est un voleur
25:22professionnel
25:23les deux autres
25:24ils sont
25:25est-ce qu'ils sont
25:26vraiment aguerris
25:27je ne sais pas.
25:28Laurent Alverola
25:28vous êtes avec nous
25:29dans cette heure du crime
25:30policier
25:31ancien commandant
25:32à la BRB
25:33chef de groupe
25:33vol avec effraction
25:35vous avez mené
25:35cette enquête
25:36avec d'autres
25:37policiers de la BRB
25:39sur Veran Tomic
25:40et puis tous ces gens
25:41qui gravitent
25:43autour de cette histoire
25:44est-ce que les deux
25:46les deux recelleurs
25:47on peut dire
25:48est-ce que ce sont
25:48des débutants
25:49ou bien ils arrivent
25:50à très bien jouer
25:51la comédie ?
25:53Alors pour ce qui
25:53concerne Corvès
25:54Jean-Michel Corvès
25:55il est clair que
25:56ça n'est pas un débutant
25:57c'est quelqu'un
25:58qui est un recelleur
25:58depuis de longues dates
26:00depuis plusieurs années
26:01en tout cas
26:01et qui a pris l'habitude
26:03de travailler avec
26:04Veran Tomic
26:05Jonathan Birn
26:07est plus jeune
26:09déjà
26:09beaucoup plus jeune
26:10et je dirais
26:13peut-être
26:13en apprentissage
26:15en apprentissage
26:17chez Corvès
26:18il fait ses premiers pas
26:20dans le recel
26:21il a déjà été
26:22moi je l'ai vu
26:24apparaître
26:24au contact
26:25de voyous
26:26sur le secteur
26:27de l'hôtel de Rouault
26:28vraisemblablement
26:30dans le rachat
26:30de montres volées
26:31mais c'était
26:32sa spécialité
26:33là avec Corvès
26:34il prend un peu plus
26:35d'envergure
26:36pour participer
26:37pleinement
26:39au recel de vol
26:40vous qui connaissez bien
26:41ce milieu
26:43des voleurs
26:44des recelers
26:44etc
26:45là on est dans
26:45des vols d'oeuvres d'art
26:47et des vols de tableaux
26:47c'est très particulier
26:48et dans un musée
26:49il y a peu de vols
26:52sans commande
26:53de ce genre de pièces
26:54c'est clair
26:55c'est clair
26:55il n'y a quasiment
26:57jamais de vols
26:58sans commande
26:59a fortiori
27:00pour ce qui concerne
27:01les tableaux
27:02un tableau
27:03c'est un des objets
27:04c'est un objet
27:04très chaud
27:05comme on dit
27:06c'est à dire
27:08qu'on va
27:08en cas de découverte
27:10on va l'identifier
27:10immédiatement
27:11on ne peut pas
27:13transformer un tableau
27:14donc les voleurs
27:15aguerris
27:16pour la plupart
27:17qui procèdent
27:18à ce genre de vol
27:19ne touchent pas
27:20un tableau
27:20quelque chose
27:21qu'on ne va pas prendre
27:23même Tomic
27:25lorsqu'il rentre
27:25dans un appartement
27:26ou un musée
27:27s'il n'a pas
27:28à l'assurance
27:29de pouvoir
27:30refourguer
27:31ce tableau
27:32il ne va pas y toucher
27:32il ne va pas le revendre
27:33il ne le touchera pas
27:34donc ça c'est très important
27:36on ne prend pas au hasard
27:36des oeuvres d'art
27:37pour essayer ensuite
27:38de les disperser
27:39dans la nature
27:40alors il y a
27:42ces aveux
27:43finalement
27:43de Jonathan Birn
27:45il dit
27:46je me suis affolé
27:47j'ai tout détruit
27:49vous y croyez
27:49quand il vous dit ça ?
27:51non
27:51que ce soit affolé
27:52qu'il ait eu peur
27:53par l'ampleur
27:55que prenait cette affaire
27:55oui
27:56certainement
27:57ça n'est pas
27:58ça n'est pas un voyou
27:59au sens
28:00au sens vrai du terme
28:02au sens
28:02dans le sens
28:03où c'est un
28:04c'est un type
28:05voilà
28:05qui
28:05qui petit à petit
28:07a été
28:08a eu des contacts
28:10parmi les voyous
28:11et
28:12il n'a pas du gain
28:13vraisemblablement
28:15et il a commencé
28:16à racheter
28:16de la marchandise volée
28:17mais
28:18moi je l'ai
28:20j'ai vu son comportement
28:21en garde à vue
28:22puisque j'ai eu
28:22à l'entendre
28:23moi dans le cadre
28:24de ce dossier
28:25c'est quelqu'un
28:26qui est très intelligent
28:28et qui ne panique pas
28:30qui face aux questions
28:32que je lui posais
28:33pour tenter
28:35d'approcher la vérité
28:36a toujours trouvé
28:37une réponse
28:38je savais pertinemment
28:39qu'il mentait
28:40mais il avait toujours
28:41une réponse à donner
28:41qui pouvait
28:43très bien
28:44satisfaire le magistrat
28:46vous y croyez
28:47vous
28:47au commanditaire
28:48saoudien
28:49à l'étranger
28:50c'est possible
28:51oui
28:51c'est possible
28:52oui
28:52qu'il y ait eu
28:53un commanditaire étranger
28:54oui c'est vraisemblable
28:55Olivier Bouchara
28:56un mot
28:58revenons sur Tomic
28:59qui est un peu
28:59j'allais dire
29:00la star de cette histoire
29:01non mais en tout cas
29:02c'est le personnage
29:03le plus incroyable
29:04de cette histoire
29:04le voleur
29:05Spiderman
29:06il faut du cran
29:08pour s'attaquer
29:09à un musée
29:10en un mot
29:12qu'est-ce qu'il vous a dit
29:13lui
29:13parce que vous l'avez rencontré
29:14à plusieurs prises
29:15comment a-t-il fait
29:15il a fait beaucoup de repérages
29:17c'est ça ?
29:18ah ouais
29:18il faut un cran monumental
29:19pendant six nuits
29:21il va préparer la fenêtre
29:22pendant six nuits consécutives
29:25il se présente
29:26il met une sorte de bleu de travail
29:28vers deux heures du matin
29:28comme si on avait appelé
29:30un vitrier en urgence
29:31il installe son escabeau
29:33il pose son matériel
29:34et il attaque la peinture
29:35il est ultra méthodique
29:37appliqué
29:38et d'ailleurs
29:39avant de commencer
29:39il a choisi chaque outil
29:40avec soin
29:41chez Castorama
29:42et il travaille sa fenêtre
29:44et le 20 mai
29:44le dernier jour
29:45donc la dernière nuit
29:46la fenêtre est prête
29:47et entre temps
29:48il s'est entendu
29:48avec le russelleur
29:49sur la commande finale
29:50qui lui a dit
29:51bon
29:51prends un fermement léger
29:52et peut-être un Modigliani
29:55si c'est pas trop risqué
29:56le trio
29:57ne va être jugé
29:59Vieran Tomic
30:00Picasso Modigliani
30:01et l'homme araigné
30:02j'étais fasciné
30:03par le Modigliani
30:04j'étais ébloui
30:05et amoureux
30:06l'enquête de l'heure du crime
30:08on se retrouve dans un instant
30:09sur RTL
30:10L'heure du crime
30:11présenté par Jean-Alphonse Richard
30:13sur RTL
30:14conseiller
30:15L'heure du crime
30:17présenté par Jean-Alphonse Richard
30:18sur RTL
30:20Retour
30:21aujourd'hui dans l'heure du crime
30:22sur le vol spectaculaire
30:24au musée d'art moderne de Paris
30:25en 2010
30:265 toiles de maître
30:27volées en 17 minutes
30:28par l'homme araigné
30:30Vieran Tomic
30:31il est jugé
30:327 ans après les faits
30:33avec deux recéleurs
30:34les toiles ont disparu
30:36Lundi 30 janvier 2017
30:39Vieran Tomic
30:4049 ans
30:41carure d'athlète
30:42crâne rasé
30:43penché en arrière
30:44scrutent les boiseries
30:45du tribunal correctionnel
30:47de Paris
30:47il est le personnage central
30:49du procès du cambriolage
30:51au musée d'art moderne
30:52vous n'êtes pas en train
30:53de faire un repérage
30:54quand même
30:55s'amuse le président
30:56du tribunal correctionnel
30:58les deux autres prévenus
31:00les recéleurs
31:00Jean-Michel Corvez
31:0161 ans
31:02Jonathan Birn
31:0340 ans
31:04spécialiste des montres
31:06de collection
31:06sont en retrait
31:07le président du tribunal
31:09espère qu'on en saura plus
31:11sur la destination
31:12des tableaux volés
31:13Vieran Tomic raconte
31:15son vol
31:15très facile
31:16j'ai connu des appartements
31:18mieux protégés
31:19que ce musée
31:19affirme-t-il
31:20le montant l'air
31:21reste persuadé
31:22que les tableaux
31:23n'ont pas été détruits
31:25ils n'ont pas été perdus
31:26pour tout le monde
31:27je sais que les toiles
31:28ont été achetées
31:29j'ai des preuves
31:30j'ai vu des emballages
31:31les mêmes
31:32que ceux utilisés
31:33dans les musées
31:33j'aimerais bien savoir
31:35ce que sont devenus
31:36mes tableaux
31:38affirme-t-il
31:39vos tableaux
31:39s'étonne le président
31:40c'était mon travail
31:42répond Spiderman
31:43l'antiquaire
31:45Jean-Michel Corvez
31:46répète
31:47qu'il ne peut
31:48toujours pas donner
31:49le nom de son acheteur
31:50quant à
31:51Jonathan Birn
31:52il est très souvent
31:53en larmes
31:54quand il a vu
31:55le Modigliani
31:55il a été ébloui
31:57j'étais tellement fasciné
31:58que j'ai oublié
31:59tout ce qu'il y avait
32:00autour
32:00explique-t-il
32:01il ajoute
32:02être tombé amoureux
32:03de ce tableau
32:03au point de vouloir
32:04l'acheter
32:05ce qui ne l'a pas
32:06empêché
32:07de le briser
32:07en mille morceaux
32:08il a aussi détruit
32:09les quatre autres œuvres
32:11j'ai fait la pire faute
32:13de mon existence
32:14dit-il
32:14entre deux sanglots
32:15le musée réclame
32:16109 millions d'euros
32:18de dédommagement
32:19aux prévenus
32:19dans l'échelle
32:20de Richter
32:21des plus grands vols
32:22de tableaux
32:23celui-là
32:23figure au pinacle
32:24résume l'avocat
32:26de la ville de Paris
32:27William Bourdon
32:28et effectivement
32:31à ce procès
32:31on n'est pas beaucoup avancé
32:33sur la destination
32:34des tableaux
32:35un petit mot là-dessus
32:36Laurent Alverrola
32:37ancien commandant
32:38à la BRB
32:39et puis chef de groupe
32:40vol et avec effraction
32:41et vous avez travaillé
32:44sur ce dossier
32:44et vous nous l'expliquez
32:45dans cette heure du crime
32:46c'est très étonnant
32:49parce que
32:49dans ce genre d'affaires
32:50vous arrêtez le voleur
32:52vous arrêtez
32:53les recéleurs
32:54et puis là
32:55il y a une espèce
32:55de porte coupe-feu
32:57qui se met en place
32:58il n'y a plus rien derrière
32:59comment ça se fait
33:00que c'est si dur
33:01de savoir
33:01qui peut être encore derrière
33:04derrière ce rideau
33:05alors c'est difficile
33:06peut-être
33:07parce que
33:08généralement
33:09vous travaillez
33:10les services de police
33:11travaillent sur le voleur
33:12il y a un gros travail
33:13qui est fait
33:13sur le voleur
33:14accessoirement
33:17on arrive
33:19à identifier
33:20parfois
33:20des recéleurs
33:21mais c'est difficile
33:23c'est un travail
33:25de longue haleine
33:25et puis après
33:26vous êtes
33:27vous êtes content
33:28d'avoir identifié
33:29le recéleur
33:30et puis l'affaire
33:31s'arrête là
33:31parce que
33:33le recéleur
33:34ne parle pas
33:34ou parce que
33:36effectivement
33:36il ne veut pas
33:37mettre en cause
33:37ou donner des éléments
33:39sur ses acheteurs
33:41alors ça peut s'expliquer
33:43peut-être
33:43parce que
33:44le travail
33:45n'est pas suffisamment
33:46fait
33:47sur le recel
33:49en France
33:50on ne porte pas
33:50assez l'accent
33:51là-dessus
33:51non
33:51on ne porte pas
33:52assez l'accent
33:53sur le recel
33:54peut-être
33:56tout simplement
33:57parce que
33:58c'est chronophage
33:59en termes d'heures
33:59en termes de
34:00travail
34:02d'écoute
34:03etc
34:03il y a
34:04peu de services
34:05judiciaires
34:06en France
34:07en tout cas
34:07ont le loisir
34:09ont le confort
34:10je dirais
34:11entre guillemets
34:11de travailler
34:12de faire un travail
34:13de fond
34:14sur le recel
34:15on peut craindre
34:15que ça soit la même chose
34:16pour le Louvre
34:17je pense
34:17c'est ça
34:19finalement
34:20on peut
34:21transposer
34:23tout à fait
34:24les difficultés
34:25sur ces dernières affaires
34:28Olivier Bouchara
34:29journaliste
34:29directeur éditorial
34:30de Vanity Fair France
34:31vous êtes avec nous
34:32dans cette heure du crime
34:33Sevier Antomitch
34:35je le disais
34:35vous le connaissez parfaitement
34:37vous l'avez rencontré
34:37en plusieurs reprises
34:38il vous l'a dit d'ailleurs
34:39c'était censé être
34:41son dernier coup
34:42le musée d'art moderne
34:43de Paris
34:43ouais
34:45à l'époque du casse
34:46Vier Antomitch
34:47a 42 ans
34:48et il a une somme
34:50non négligible
34:51qui lui est promise
34:5140 000 euros
34:52il se dit que
34:54si les autres tableaux
34:55arrivent à être vendus
34:56il arrivera peut-être
34:57à 100
34:58100 200 000 euros
34:59donc lui
35:00bon
35:00il se dit
35:01c'est mon dernier coup
35:01avec cet argent
35:02je vais ouvrir
35:03un petit commerce
35:04à la montagne
35:05et je raccroche
35:07et c'est un cambrioleur
35:09professionnel
35:10Tomitch
35:11on a l'impression
35:12qu'il a fait un peu
35:12des tonnes
35:13sur ses tableaux volés
35:15est-ce qu'il est sincère
35:16ou pas selon vous
35:17à propos de ses tableaux ?
35:19Vier Antomitch
35:20je l'ai vu plusieurs fois
35:21une dizaine de fois
35:22et à chaque fois
35:23on parlait
35:23il parlait de tableaux
35:25il parlait des peintres
35:26qu'il aimait
35:26alors à l'audience
35:27les gens vont se moquer de lui
35:29parce que
35:29au lieu de dire
35:30Matisse
35:31il dira Mattaïs
35:32mais
35:33je pense que
35:34ça l'intéressait
35:35vraiment
35:36mais comme un visiteur
35:37de musée
35:37ce n'était pas
35:40un spécialiste
35:41de l'histoire de l'art
35:42ni un collectionneur
35:43mais
35:43il avait un réel intérêt
35:45pour ce qu'il voyait
35:46il en parlait
35:47avec sincérité
35:49Laurent Alverrola
35:52nous disait
35:53il y a un instant
35:54qu'il pensait
35:55qu'il ne croyait pas
35:55à l'hypothèse
35:56de la destruction
35:57des tableaux
35:58le procureur
36:00à ce procès
36:01ne croit pas non plus
36:02du tout
36:02que le receleur
36:03ait détruit
36:03les tableaux
36:04qu'est-ce qu'on peut
36:05en penser
36:06Olivier Bouchara
36:06à l'audience
36:09la procureure
36:12dira
36:13au receleur
36:14qu'elle n'est
36:14absolument pas
36:15convaincue
36:16par son récit
36:17qu'elle n'est
36:17absolument pas
36:18convaincue
36:18et qu'elle est certaine
36:20que lorsqu'il sortira
36:21de prison
36:21après sa peine
36:23il retrouvera
36:24les tableaux
36:25où il vivra
36:26du fruit
36:26de la revente
36:28Laurent Alverrola
36:31encore une petite question
36:32il y a ce procès
36:33qui est arrivé
36:33vous aviez espoir
36:35qu'il sorte
36:36une vérité
36:36de ce procès
36:37que finalement
36:37l'un des trois
36:39la dise
36:39les tableaux
36:40ils sont là
36:40il y a toujours
36:42un espoir
36:42le seul
36:43à mon sens
36:44le seul
36:45qui serait en mesure
36:46d'apporter
36:47un éclaircissement
36:48sur ce point
36:48c'est
36:49Jonathan Birn
36:50c'est le seul
36:51et
36:51bon ben
36:53comme on le sait
36:53il n'a
36:54fourni
36:55aucun
36:55élément
36:56il maintient
36:58sa version
36:59de destruction
36:59des tableaux
37:00c'est dommage
37:02c'est dommage
37:03parce qu'on ne peut pas
37:04aller plus loin
37:05on est maintenant
37:05contraint d'attendre
37:07et d'espérer
37:08qu'un jour ou l'autre
37:09ces tableaux ressortent
37:10parce que très souvent
37:11il y a des tableaux
37:12vous le disiez
37:12ils sont très identifiables
37:14etc
37:14on ne peut pas comme ça
37:15se promener avec
37:17il y a une possibilité
37:20qu'ils soient chez quelqu'un
37:21ah oui je le crois
37:22je le crois
37:22oui je le crois
37:24il y a ceux-là
37:25et d'autres
37:25et d'autres tableaux
37:26qui ont été volés
37:27dans d'autres affaires
37:29qui dorment
37:30dans des caves
37:32dans des coffres forts
37:33un peu partout
37:34dans le monde
37:35et les recelleurs
37:37n'osent pas
37:37n'osent pas
37:38les ressortir
37:40de peur
37:41d'être identifiés
37:42immédiatement
37:43et donc
37:44on attend
37:44mais qui achète
37:46des tableaux
37:47comme ça ?
37:48alors vous allez me dire
37:49des gens très riches
37:49certes
37:50honnêtement
37:51il y a eu un fantasme
37:53à une époque
37:53il y a quelques années
37:54on parlait
37:55d'oligarques russes
37:57qui achetaient
37:58ce type de tableaux
37:59je ne sais pas
38:00ça reste pour moi
38:01du fantasme
38:03voilà
38:05le jugement
38:07va tomber
38:07Vieran Tomic
38:09Picasso
38:10Modigliani
38:10et l'homme araigné
38:11je frappe
38:12tout ce qui est beau
38:14l'enquête
38:15de l'heure du crime
38:15je vous retrouve
38:16tout de suite
38:17sur RTL
38:18L'heure du crime
38:20c'est avec
38:21Jean-Alphonse Richard
38:22sur RTL
38:23L'heure du crime
38:25présentée par
38:26Jean-Alphonse Richard
38:27sur RTL
38:28dans l'heure du crime
38:30aujourd'hui
38:31les dessous
38:31d'un cambriolage
38:32au musée
38:32pas celui du Louvre
38:33mais celui du musée
38:34d'art moderne
38:35à Paris
38:35en 2010
38:365 tableaux de maître
38:38volés par
38:38Vieran Tomic
38:39l'homme araigné
38:40jugé en 2017
38:41avec 2
38:42rosseleurs
38:43présumés
38:43la décision
38:44tombe
38:45lundi 20 février
38:472017
38:48Vieran Tomic
38:49alias
38:50Spiderman
38:50est condamné
38:51à 8 ans
38:52de prison
38:537 pour l'antiquaire
38:54indélicat
38:55Jean-Michel Corvez
38:566 ans
38:57pour le joaillier
38:57Jonathan Birn
38:59qui malgré ses larmes
39:00et ses regrets
39:01aurait détruit
39:02les 5 chefs-d'oeuvre
39:03le trio
39:04est frappé
39:05d'une colossale amende
39:07à régler
39:07104 millions d'euros
39:09qu'ils ne pourront
39:10sans doute
39:10jamais payer
39:11mi-juillet 2022
39:13Vieran Tomic
39:14sort de prison
39:15les 2 rosseleurs
39:16ont également
39:17purgé leur peine
39:18Tomic
39:19se voit courtisé
39:20par le cinéma
39:20la télé
39:21les policiers
39:22ont toujours douté
39:23que l'étoile
39:24ait pu être détruite
39:25une idée insupportable
39:27pour l'homme araigné
39:28qui déclarait
39:30à Vanity Fair
39:31je frappe
39:32je prends
39:32tout
39:33ce qui est beau
39:34il y a une montée
39:36d'adrénaline
39:36une fois qu'on pénètre
39:37le lieu
39:38je me suis dit
39:39pourquoi pas
39:39300 000 euros
39:40c'était une belle somme
39:41c'est dur à gagner
39:42certaines personnes
39:43mettre des années
39:43à les avoir
39:44pour moi c'était
39:45du vite fait
39:45et bien fait
39:46vis-à-vis d'un musée
39:47qui était défaillant
39:48un musée
39:50qui était défaillant
39:51c'est évidemment
39:52la voix de Vieran Tomic
39:53qui était interrogée
39:54par RTL
39:55c'était en février 2017
39:56devant le tribunal
39:57de grande instance
39:58de Paris
39:59Laurent Alverola
40:01évidemment
40:01vous la connaissez
40:02cette voix de Vieran Tomic
40:03avec cet accent particulier
40:04vous l'avez interrogée
40:07il était en garde à vue
40:08vous l'avez observée
40:09vous l'avez suivie
40:10filochée
40:11comme on dit dans le milieu
40:11pendant des mois
40:13avant de pouvoir l'attraper
40:14effectivement
40:15on se demande
40:17de quoi cet homme est fait
40:19vous aviez en personne
40:22l'archétype même
40:23du cambrioleur
40:25le plus professionnel
40:26qui soit
40:26ce Vieran Tomic
40:27certainement
40:29j'ai eu l'occasion
40:31de travailler
40:32sur un grand nombre
40:33au cours de ma carrière
40:34un grand nombre
40:35de cambrioleurs
40:36et Tomic apparaît
40:38comme un type hors norme
40:41un cambrioleur hors norme
40:42de par le sérieux
40:46qu'il apporte
40:47au vol
40:48qu'il commet
40:48et quand je parle
40:50de sérieux
40:51j'entends des repérages
40:52j'entends de l'entraînement
40:55l'entraînement physique
40:57auquel il s'astreint
40:58pour parvenir à ses fins
41:00c'est effectivement
41:02quelqu'un
41:03qui marque
41:04dans la carrière
41:05oui alors
41:06on parle parfois
41:07de moine soldat
41:07lorsqu'on dit
41:08des gens comme ça
41:09très ascétiques
41:09qui font le boulot
41:11lui c'est
41:12un moine cambrioleur
41:13parce qu'il s'entraîne
41:14etc
41:14il pense qu'à ça
41:15vous avez dit
41:16c'est un solitaire
41:17il vit tout seul
41:17c'est un peu ça
41:19c'est un peu ça
41:19puisque
41:20Tomic
41:21on l'a assuré
41:23comme on dit
41:24du matin au soir
41:26et du soir au matin
41:27on vivait avec lui
41:29et c'est quelqu'un
41:31qui consacre
41:32ses journées
41:33à l'entraînement physique
41:34au repérage
41:36repérage
41:38de ses objectifs
41:39futurs
41:40et qui a
41:42finalement
41:43assez peu de distractions
41:44peu de plaisir
41:45dans la vie
41:46il consacre
41:47et il a décidé
41:48de consacrer sa vie
41:49au cambriolage
41:49alors il est sorti de prison
41:51Tomic
41:51il a dit d'ailleurs
41:52à Olivier Bouchara
41:54qui est notre invité
41:55aujourd'hui
41:55dans l'heure du crime
41:56il lui a dit
41:58qu'effectivement
41:59il travaillait
41:59que c'était fini
42:00qu'il avait tourné la page
42:01et qu'il travaillait
42:02on n'en sait pas plus
42:03en tout cas
42:04il n'est plus jamais ressorti
42:06dans vos tablettes
42:07vous confirmez
42:08il n'est plus apparu
42:10dans nos radars
42:11mais c'est ce que je lui souhaite
42:13en tout cas
42:14effectivement
42:14de sortir
42:15de cette délinquance
42:17on peut avoir
42:19quelques doutes
42:19quand même
42:20en tout cas
42:21pour l'instant
42:22pas de Tomic
42:23en vue
42:23à l'horizon
42:24dans aucun vol
42:25Olivier Bouchara
42:27justement
42:28je parlais de vous
42:28à l'instant
42:29journaliste
42:29directeur éditorial
42:30de Vanity Fair
42:3115 ans après
42:34l'histoire recommence
42:36avec le Louvre
42:37évidemment
42:38est-ce qu'on peut faire
42:39un parallèle
42:39entre ces deux histoires ?
42:43sans commande
42:43il n'y a pas de vol
42:44on a dit par exemple
42:45au Louvre
42:46que les pièces
42:46étaient invendables
42:48mais en réalité
42:49elles sont quasiment vendues
42:51avant même
42:52d'avoir été volées
42:54les voleurs
42:55c'est les spécialistes
42:55c'est les professionnels
42:56ils savent dérober un objet
42:58mais n'y vont pas au hasard
42:59ils savent exactement
43:01ce qu'ils viennent chercher
43:02pourquoi
43:02et ils savent en partie
43:04pour qui
43:05parce qu'au-dessus
43:06du voleur
43:06il y a un premier intermédiaire
43:08un deuxième intermédiaire
43:09un troisième intermédiaire
43:10parfois
43:11et in fine
43:12le vrai commanditaire
43:13celui qui va récupérer l'oeuvre
43:14vous décrivez bien
43:15cette espèce de millefeuille
43:16comme ça
43:17avec les intermédiaires
43:19successifs
43:20pour Tomic
43:21que vous connaissez si bien
43:2217 minutes
43:23pour un cambriolage
43:24dans un musée
43:25ça c'est du travail
43:26de professionnel
43:27c'est selon
43:29Viran Tomic
43:29une oeuvre d'art
43:3117 minutes
43:32dans un musée
43:32emporter 5 tableaux
43:34l'avoir travaillé
43:35tout seul
43:35c'est ce qui va faire
43:37qu'il y aura
43:37un documentaire Netflix
43:38sur cette histoire
43:39puis un film
43:40de fiction
43:41avec Melville Poupot
43:42et Sofiane Zermani
43:44Les règles de l'art
43:45c'est un travail
43:46troublant
43:47fascinant
43:48et un peu inquiétant
43:51racontez-nous
43:52Olivier Bouchara
43:53parce que c'est extraordinaire
43:55ce qu'il vous a raconté
43:56effectivement Tomic
43:57il va vous parler
43:58de la femme aux yeux bleus
44:00de Modigliani
44:01il l'a regardé
44:02ce tableau
44:03il a regardé
44:03cette femme
44:04dans les yeux
44:05alors là il y a quelque chose
44:05de très poétique
44:06on ne saura jamais
44:07s'il dit la vérité
44:08ou pas Tomic
44:08mais peu importe
44:09l'histoire est tellement belle
44:10il regarde ce tableau
44:11dans les yeux
44:12il dit
44:12à celui-là
44:13je ne peux pas le prendre
44:13parce que ça va me porter malheur
44:15en fait il la regarde
44:17et il dit
44:18le contact ne passe pas
44:20dès qu'on s'est vus
44:21elle et moi
44:22il y a eu un problème
44:23pour en parler
44:24il dit que le tableau
44:25est malsain
44:26comme si un esprit
44:27allait sortir de là
44:27et moi il me raconte
44:29il me dit
44:29quand il l'a vu
44:32il a pensé
44:32ne le touche pas
44:33sinon tu auras la poisse
44:34toute ta vie
44:35alors bon
44:36ce n'est pas une question
44:37de Modigliani
44:37parce qu'il va se rabattre
44:39sur un autre tableau
44:40de Modigliani
44:41moins angoissant
44:43selon lui
44:43qu'est
44:44La femme à l'éventail
44:45un petit mot
44:47Laurent Alverrola
44:48est-ce qu'il y a une chance
44:49un jour
44:49de revoir ses oeuvres
44:50ressurgir
44:51qui sait ?
44:52je l'espère
44:53bien évidemment
44:53je l'espère
44:54mais j'y crois
44:54j'y crois
44:56c'est une possibilité
44:57c'est une possibilité
44:58absolument
44:58c'est bien
44:59c'est optimiste
44:59vous ne fermez pas la porte
45:00non
45:01dernière question
45:03pour vous Olivier Bouchard
45:04à quel souvenir
45:04vous avez
45:05de vos rencontres
45:06juste un mot
45:06là-dessus
45:07avec l'incroyable
45:09Tomic
45:09ouais
45:11moi j'avais
45:12l'impression
45:13de rencontrer un homme
45:14qui était à la fois
45:15lucide et perdu
45:15et il parlait
45:17des tableaux
45:17comme des amis perdus
45:19il avait conscience
45:20d'avoir commis
45:21quelque chose
45:21d'irréparable
45:22sans le relater
45:23tout à fait
45:23et puis je crois
45:25qu'il y avait
45:25comme chez ces grands voleurs
45:26une forme d'ego
45:27donc il savait déjà
45:29dès le procès
45:32il savait qu'un jour
45:32un film serait fait sur lui
45:34et je me souviens
45:35qu'il m'avait dit
45:36Vincent Cassel
45:37il serait pas mal
45:37dans mon rôle
45:38il faudrait qu'il y ait
45:38un peu de muscle
45:39et il serait super
45:40et après il avait ajouté
45:42à la fin
45:42je me souviens
45:43il m'avait dit
45:43mais quand même
45:44donne pas trop de détails
45:45sur le vol
45:46ça pourra inspirer
45:46d'autres voleurs
45:47incroyable
45:49merci beaucoup
45:50Olivier Bouchara
45:51et commandant
45:52Laurent Alverro
45:53d'avoir été tous les deux
45:54les invités
45:55de l'heure du crime
45:55merci à l'équipe de l'émission
45:56rédactrice en chef
45:57Justine Vigneault
45:58préparation
45:59Lisa Canales
46:00Pauline Dessillon
46:01réalisation en direct
46:02Jonathan Gris
46:03de l'équipe de l'équipe de l'émission
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