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  • il y a 4 mois

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Transcription
00:00Ce texte, je n'ai évidemment pas voté contre, parce que j'ai moi-même appelé à dénoncer les accords entre la France et l'Algérie,
00:06notamment, et je vous remercie d'avoir mentionné à travers le rapport que j'ai publié sur les coûts pour les finances publiques de ces accords.
00:12Je n'ai certainement pas voté pour, parce que le texte du RN, une résolution,
00:17donc c'est une injonction que l'Assemblée nationale donne au gouvernement, est incomplète et donc dangereuse.
00:23Pourquoi ? Parce que, oui, il faut dénoncer les accords de 68, mais il faut absolument,
00:30et c'est ce que je dis dans le rapport que j'ai remis, prévoir un cadre juridique alternatif,
00:35notamment pour des ressortissants algériens en France.
00:38Et le RN ne prévoit absolument pas ça.
00:40Donc le vide juridique qui est créé, le vide pourrait être largement instrumentalisé par l'Algérie,
00:47et je ne pouvais pas voter pour, pour cette raison-là.
00:50Maintenant, il faut absolument que nous dénoncions les accords de 68,
00:54mais en même temps, au même moment, il faut absolument que nous changeons nos lois,
00:59tout de suite, au même moment que la dénoncition a lieu,
01:02pour pouvoir faire rentrer l'ensemble des ressortissants algériens dans le droit commun,
01:09afin d'éviter que cette situation soit instrumentalisée, notamment par le pouvoir algérien.
01:14C'est l'objet des propositions législatives que je remettrai dès la semaine prochaine.
01:17Donc ce que vous dites, en fait, c'est que le Rassemblement National, vous soutenez, on a bien compris sur la forme,
01:22puisque vous dénoncez, comme le RN, les accords de 1968,
01:26mais vous dites très clairement ce matin sur Europe 1 que le Rassemblement National a des lacunes juridiques,
01:32en fait, ne va pas assez loin, et pourrait, en fait, nous mettre dans une sorte de spirale inverse,
01:39avec une immigration algérienne beaucoup plus massive. C'est ce que vous nous dites, en fait.
01:43Moi, je pense que c'est un risque. Donc oui, il faut dénoncer les accords de 1968.
01:48Pourquoi ? Parce que ces accords ont été détournés de leur intention.
01:52En 1968, quand le gouvernement français, le gouvernement algérien, signe cet accord,
01:56ils le signent parce qu'avant cela, il y avait la libre circulation entre nos deux pays,
02:00et leur but, c'est de contrôler l'immigration entre nos deux pays.
02:04Donc ils veulent contrôler l'immigration de travail,
02:06et ils veulent réduire l'immigration familiale et l'immigration pour soi.
02:09On voit aujourd'hui, à cause des décisions politiques et des décisions de justice qui ont été prises depuis,
02:15que cette intention, elle a évidemment été totalement détournée.
02:19Et c'est évidemment la raison pour laquelle il faut remettre en cause les accords.
02:22Ceci dit, il y a un énorme mais. Il y a une condition majeure.
02:27Il faut prévoir le cadre juridique alternatif.
02:29Je sais que c'est un peu compliqué, mais c'est hyper important.
02:32En fondant cela sur deux principes.
02:34Il faut que nous écrivions dans notre loi, et c'est la proposition que je remets,
02:39qu'un citoyen algérien doit être considéré comme tout citoyen étranger extra-européen sur le territoire français.
02:46Deuxième principe, il faut qu'un citoyen binational, franco-algérien,
02:51soit enfin considéré comme un français comme un autre dans notre droit.
02:56Et ce sont les éléments que je déposerai dans le budget et que je déposerai dans la loi à l'Assemblée nationale,
03:02et qui sont absolument fondamentales si on veut que la dénonciation des accords de 1968 marche et réussisse.
03:10Et c'est ce qu'on n'avait pas prévu le Rassemblement national dans sa résolution.
03:12C'est très clair. Vous êtes donc, vous l'avez dit vous-même, l'auteur d'un rapport sur ces accords de 1968 avec l'Algérie.
03:19Ces accords, ils nous coûtent, vous le dites, 2 milliards d'euros par an.
03:24Est-ce que vous pouvez nous expliquer ce chiffre, Charles Rodwell ?
03:27Alors, on a voulu faire très attention à ne pas tout mélanger.
03:32Donc, de quoi est le signe, de ce que signifie ce chiffre ?
03:36C'est quand même beaucoup d'argent.
03:36On ne parle que des accords de 1968 et de leur déclinaison.
03:41C'est-à-dire, si on prend par exemple la question de la rétention administrative, les OQTF,
03:46si on prend par exemple la question du logement social,
03:48voilà deux sujets qui sont très toxiques et très compliqués entre la France et l'Algérie.
03:53Ce ne sont pas des sujets qui dépendent directement des accords de 1968.
03:57Donc voilà des coûts qu'on a laissés de côté, alors que ce sont des coûts massifs.
04:01Notre objectif, ça a été de centrer notre analyse sur ces accords.
04:06Et le moins qu'on puisse dire, c'est que rien que ces accords nous coûtent extrêmement cher.
04:10Deuxième principe que l'on inclut, ce n'est qu'une estimation.
04:14D'accord, donc ça pourrait être beaucoup plus.
04:17Exactement. Pourquoi ?
04:19Parce qu'aujourd'hui, l'État est aveugle.
04:21Il y a un aveuglement systémique qui est fait que les ministères,
04:25et ce n'est pas la faute de personnes,
04:27les agents que j'ai rencontrés sont des gens formidables,
04:30qui ont un sens dans l'engagement pour notre pays qui est extraordinaire,
04:33mais ils ne sont pas outillés pour évaluer ces politiques publiques.
04:37Et ça, c'est quand même très inquiétant.
04:39C'est vraiment un aveuglement qui est systémique,
04:41et on a remis tout un tas de propositions aussi,
04:44pour que l'État ne soit plus aveugle,
04:46et que les Français puissent enfin connaître le chiffre précis,
04:50et le coût précis de ces accords pour notre pays.
04:53Il faut en tout cas les dénoncer.
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