- il y a 3 mois
Vendredi 31 octobre 2025, retrouvez Florence Veilex (Présidente, Vinopôle), Marine Rozenblat (Chargée de mission Développement Durable, Maison Ackerman) et Etienne Goulet (Directeur Technique, Interloire) dans LA LOIRE EMBOUTEILLE, une émission présentée par Sibylle Aoudjhane.
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00:00Générique
00:00Bonjour à toutes et à tous, je suis ravie de vous retrouver pour ce deuxième épisode du podcast
00:12La Loire en bouteille, toujours au cœur des vignes du domaine de Haute-Perche dans le Val-de-Loire, près d'Angers.
00:18Nous poursuivons notre série de podcasts consacrés au réemploi dans les vins de Loire
00:22en l'inscrivant dans une réflexion plus large sur la durabilité de la filière profondément ancrée dans son territoire.
00:29Dans le cadre du plan filière vins de Loire 2030 et avec le soutien d'Interloire,
00:34la filière des vins de Loire s'engage pour réduire son empreinte environnementale.
00:38Le réemploi des bouteilles constitue une démarche à la fois ambitieuse et concrète,
00:43mais il s'accompagne aussi d'une diversité d'autres initiatives portées et expérimentées par les acteurs du secteur.
00:49Nos trois invités vont partager avec nous leurs recherches, leurs solutions pratiques
00:53et la manière dont leurs approches se complètent pour donner corps à de véritables plans d'action écologiques.
00:59Je rappelle que l'abus d'alcool est dangereux pour la santé.
01:02C'est parti pour la Loire en bouteille.
01:05Et pour ces échanges, j'ai le plaisir de recevoir Florence Velex,
01:08qui est présidente du Vinopole, le centre Val-de-Loire.
01:10Bonjour, merci d'être avec nous.
01:12Bonjour à tous.
01:13Merci.
01:13Marine Rosenblatt, vous êtes chargée de mission développement durable et animatrice sécurité chez Ackermann.
01:19Merci d'être avec nous.
01:19Oui, bonjour.
01:20Etienne Goulet, vous êtes directeur technique d'Interloir.
01:23Merci d'être avec nous.
01:24Et bonjour.
01:25Alors, Etienne, je me tourne tout d'abord vers vous pour cette première question.
01:28Est-ce que vous pouvez nous rappeler le rôle d'Interloir et surtout son rôle pour engager cette dynamique,
01:34pour conduire la filière vers un avenir plus vertueux au niveau de l'environnement ?
01:39C'est vrai qu'on a parlé dans le premier podcast vraiment du réemploi, mais d'une vision plus large.
01:44Comment est-ce que vous embarquez tous les acteurs dans cette dynamique ?
01:47Oui, plus largement, mais c'est en fait, c'est une spécificité des vins de Loire.
01:52C'est toujours été tourné vers l'environnement.
01:55Donc, ce n'est pas nouveau.
01:56Ce qui, aujourd'hui, ce qu'on ressent, c'est une meilleure structuration, en fait.
02:01La filière se structure plus, ce qui permet, par exemple, soit pour Interloir de faire des actions directes.
02:08Il y a quelques temps, deux, trois ans, l'interprofession s'est dotée d'une mission climat-eau-carbone.
02:17Donc, ça, c'est un signal fort envoyé à la filière.
02:19C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on a une mission spécifique, un chargé de mission qui s'occupe du climat, de l'eau, du carbone.
02:27Donc là, vraiment, on a structuré, on a mis les moyens, justement, pour aussi coordonner.
02:31Cette personne-là, elle fait des actions directes.
02:33Enfin, on y reviendra, on a des actions directes au niveau de l'interprofession.
02:37Mais il y a aussi une coordination avec l'ensemble des autres acteurs qui travaillent au niveau de l'environnement globalement,
02:44que ce soit les entreprises, mais aussi les instituts techniques, etc., les chambres, les ODG, tout le monde.
02:50Donc, il y a un rôle de structuration.
02:52Et ça, ce rôle de structuration, il passe notamment par le plan filière 2030 pour les mâles de loi.
03:00Oui, j'imagine que c'est fondamental d'être bien structuré, de savoir où l'on va.
03:04Justement, il y a eu un plan filière 20 de loi 2030.
03:07Est-ce que vous pouvez nous expliquer quels sont les grands axes et peut-être aussi le calendrier qu'on doit suivre ?
03:14Alors, le calendrier, effectivement, ça, c'est une grosse réflexion qu'il y a eu de la filière.
03:19Ça a duré plusieurs mois avec un tas d'ateliers de réflexion.
03:23Et puis, en 2020, voilà, on a abouti à ce plan filière avec un grand objectif, c'est la création de valeur.
03:32Ça, c'est l'objectif principal.
03:34Et ensuite, on a trois engagements.
03:36Donc, un engagement sur l'environnement, pour l'avenir.
03:40Il y a un engagement sur le social, tout ce qui, par exemple, est lié à l'emploi.
03:45Et un engagement sur le sociétal, par exemple, sur la consommation modérée, etc., d'alcool, etc.
03:54Donc, pour en revenir sur l'engagement, donc trois engagements.
03:57Sur l'engagement environnemental, on ne parle pas, évidemment, que du climat ou que du carbone.
04:03On embrasse l'ensemble des thématiques environnementales, tout simplement parce que ça doit être cohérent.
04:09On ne peut pas travailler quelque chose dans un secteur, par exemple, la réduction des imprints, se dire, tiens, on va mettre en place telle et telle action, etc.
04:17Si c'est un impact négatif, sur le carbone.
04:21Voilà, donc c'est essentiel d'avoir une vision large au niveau de l'environnement, justement, pour être performant dans chacun des secteurs.
04:29Oui, parce que j'imagine que chaque acteur a une vision très proche de terrain.
04:34Et c'est difficile pour eux, peut-être, de prendre le recul et vous avez ce rôle.
04:37Alors, heureusement, tous les acteurs ont certaines spécificités, peuvent être experts dans un domaine.
04:46Donc, ça, c'est hyper important de s'appuyer sur toutes ces structures-là qui sont experts.
04:51Et justement, voilà, ce recul d'essayer de mettre tout le monde ensemble pour conduire, finalement, une direction cohérente.
05:00Ça ne sera pas forcément la même pour tout le monde.
05:01Au final, c'est les entreprises qui vont faire les choses.
05:05Nous, on peut dire, voilà, on a tel objectif, tel objectif.
05:09Et puis, on s'est doté d'indicateurs dans le plan filial.
05:12Donc, on les suit, indicateurs de moyens, indicateurs de résultats.
05:16Mais en fait, ce ne sont pas juste des incantations.
05:20On met en place des actions qui, au final, doivent profiter aux entreprises.
05:26C'est elles-mêmes qui vont changer.
05:28Nous, on est là, au niveau collectif, simplement pour donner des pistes, des orientations, des facilités.
05:33Au final, c'est les entreprises elles-mêmes, les domaines, les négoces, etc., qui vont mettre en œuvre ces actions.
05:41Florence Velex, de votre côté, vous pouvez nous rappeler quelle est la fonction, la mission du Vinopole Centre Val-de-Loire ?
05:48Oui, je vais resituer ça par rapport à tout ce qu'a dit Étienne.
05:51En fait, le Vinopole Centre Val-de-Loire, il a été créé par la filière, par les professionnels de la filière, avec cette idée.
05:57Donc, on fait du collectif, on fait du temps long, mais pour l'instant, on est entre nous.
06:01Et comment est-ce qu'on fait pour s'ouvrir ?
06:03Parce que sur ces réflexions, Étienne disait que ça doit être global, mais ça doit être tellement global qu'il faut aussi sortir de chez nous, si je peux m'exprimer comme ça.
06:12Et on a rassemblé quatre grandes populations.
06:16Nous, les pros, les institutionnels, qui sont aussi parfois des financeurs dans nos recherches, les privés, et les chercheurs et formateurs.
06:24Et l'objectif du Vinopole, depuis 2013, a été de mettre toutes ces populations ensemble, pardon, populations, toutes ces personnalités, pour bosser ensemble, sur le temps long.
06:36Et en 2019, on s'est dit, ok, on bosse ensemble, mais c'est quoi vraiment notre mission ?
06:41Et on s'est dit, en fait, la structuration de la filière, elle est quand même forte sur la partie collective et sur la partie de temps long.
06:48Elle s'occupe du futur.
06:49Très bien.
06:50Mais au-delà du futur, il y a quoi ?
06:53On a appelé ça un grand futur.
06:55Et on dit toujours, maintenant, il faut bosser pour nos petits-enfants.
06:58Il se trouve que moi, j'ai l'âge de bosser pour mes petits-enfants.
07:00Donc, qu'est-ce qu'on fait pour que nos petits-enfants nous disent, ah ouais, mais t'aurais pu penser à ça, quoi ?
07:05Le t'aurais pu penser à ça, c'est quoi aujourd'hui ?
07:08C'est quoi ces grandes thématiques qui nous demandent, ou sur lesquelles il va falloir travailler ?
07:13Attention, c'est pas simple.
07:15Voilà, c'est ça le rôle du Vinopole.
07:17Et puis, combien de temps que vous travaillez sur l'ambition environnementale de la région ?
07:22Ah, depuis le début.
07:23Depuis le début du Vinopole.
07:24Ça, c'était 2013, donc ?
07:25Ah ouais, et puis la filière, ça fait beaucoup plus longtemps que ça.
07:28Enfin, moi, je dois dire que, allez, je vais parler un peu perso, mais moi, j'ai repris un domaine en 2003.
07:35Et en 2003, c'était déjà au cœur des sujets.
07:38Donc, c'est pas nouveau.
07:39Ce qui change, c'est la façon dont on l'aborde et c'est l'importance qu'on lui donne.
07:43Donc, le réemploi, c'est vraiment une pierre dans tout cet écosystème qu'on veut mettre en place.
07:51Parfaitement juste.
07:53Et est-ce que vous auriez justement un exemple d'un projet qui a été mené au Vinopole ?
07:57Peut-être que sur la base de justement tout ce consortium qui a dit que, voilà, on va commencer à mettre en place cet élément.
08:04Alors, la question, elle est difficile parce que le Vinopole, il est là pour œuvrer au niveau des idées sur la vraiment réalisation des projets.
08:14Ce sont les structures pertinentes qui le font.
08:16C'est pas notre rôle.
08:17Nous ne sommes pas une structure de plus.
08:20On est vraiment un lieu d'émergence.
08:23Mais par exemple, si je réfléchis à ce que j'ai pu voir de ce qui s'était passé il y a une quinzaine d'années,
08:29c'est là qu'on a commencé à travailler d'une façon, comme disait Étienne, plus systémique.
08:33Par exemple, sur les modèles agricoles, en commençant à réfléchir à des modèles agricoles plus systémiques.
08:38Et ensuite, ça a été mis en musique, mis en œuvre.
08:42Et aujourd'hui, il y a plein d'expérimentations.
08:44Il y a plein de domaines qui pratiquent ce qu'on va appeler l'agroécologie pour faire simple.
08:48Mais ce n'est pas le Vinopole en tant que tel.
08:50C'est vraiment les professionnels qui se sont complètement emparés des sujets.
08:53Donc, vous pensez à quoi du coup ?
08:55À l'agroécologie.
08:55L'agroécologie, par exemple.
08:56D'accord.
08:57Voilà, qui a une vue plus globale et plus systémique des principes agronomiques.
09:01Marine Rosenblatt, au sein d'Akerman, comment est-ce que vous faites pour identifier les solutions qui sont les plus pertinentes pour votre domaine ?
09:09Il a fallu cibler.
09:11Tout d'abord, on a réalisé notre empreinte carbone en 2021.
09:14Et à partir de là, on a pu voir et orienter différentes actions.
09:17Donc, réaliser son empreinte carbone, c'est vraiment quelque savoir ce que vous émettez chaque année ?
09:21Voilà, c'est une des premières actions à faire.
09:24C'est assez large, en fait, en vérité, ça approche différents domaines.
09:30On a été accompagné par un cabinet qui est Carbone 4 sur ce sujet-là.
09:33Et là, on a réalisé que le poste le plus émetteur en émissions carbone, en fait, ce sont nos achats.
09:39Et dans nos achats, il y a deux choses.
09:40Il y a le verre, la bouteille de verre, et tous nos approvisionnements en raisin, vin et mou.
09:46Donc, pour le verre, les actions sont assez simples.
09:48Il y a deux axes.
09:49La première, c'est d'alléger la bouteille de verre, la bouteille de vin, surtout sur nos vins dits tranquilles, donc sans bulles.
09:56Donc là, notre poids moyen actuel, il est de 450 grammes.
10:00Notre objectif est d'aller vers 420.
10:02Et pour nous, à peu près 10% de moins, en fait.
10:05D'accord.
10:05Et pour cela, il faut embarquer tout le monde sur ce sujet-là.
10:08Le deuxième axe, c'est le réemploi, effectivement.
10:10Là, c'est un axe beaucoup plus fort et beaucoup plus impactant.
10:13Sur les bulles, là, on a déjà allégé.
10:16On est environ à 775 grammes.
10:19Donc, ce n'est pas le premier sujet.
10:21Ensuite, pour les raisins, vin et mou, là, il faut travailler avec nos apporteurs.
10:25On travaille déjà depuis plusieurs années avec les apporteurs qui sont situés en région Val-de-Loire.
10:31Donc, en termes de distance, on est déjà dans une proximité.
10:34Et la grande majorité d'entre eux ont déjà des certifications environnementales.
10:37Ils ont soit le domaine, ils ont soit HVE, donc haute valeur environnementale, ils ont la certification TheraVitis ou encore biologique.
10:46Donc, il y a déjà des pratiques durables et environnementales qui sont inscrites dans leur conduite viticole.
10:52Ça peut être, par exemple, la séquestration carbone avec l'implantation de couverts, de haies ou de arbres.
10:57Ça, ça aide à réduire aussi.
10:59Après, on peut travailler sur d'autres sujets comme le transport ou l'énergie, puisque le bilan carbone, l'empreinte carbone englobe aussi ces démarches-là.
11:06Mais nos principaux axes, c'est ceux-là, le verre et les raisins, les vins et l'huile.
11:11Et justement, sur le réemploi, comment est-ce que vous avez réussi à le mettre en place ?
11:15Vous avez dit que vous deviez embarquer tout le monde.
11:18Ça veut dire quoi, ça ?
11:19Alors là, nous, on a adapté une gamme complète.
11:22Donc, c'est un sujet assez technique, en vérité, puisqu'il faut choisir la bonne bouteille, qui est adaptable au réemploi.
11:28Il faut adapter nos étiquettes.
11:30Donc, il faut que ce soit plus sobre en encre.
11:32Il faut aussi la bonne colle, le bon papier, la bonne colle pour que ça se décolle hydrosoluble, donc que ça se décolle facilement, le bon papier.
11:40Et puis, il faut indiquer au consommateur que cette bouteille, elle est bien réemployable.
11:43Donc, indiquer le logo réemploi, notamment à l'arrière, sur les contre-étiquettes.
11:47Et là, il faut que le consommateur aussi la ramène en magasin.
11:50C'est un peu l'histoire du colibri, cette affaire.
11:53Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est l'histoire du colibri.
11:56Il y a un incendie et il y a un colibri qui amène, comme il peut, une petite couteau pour éteindre cet incendie.
12:01Et les autres animaux lui disent, mais ça ne sert à rien ce que tu fais là, ça ne suffit pas.
12:04Il dit, oui, mais moi au moins, je fais ma part.
12:06Eh bien, le réemploi, c'est ça.
12:08Chaque acteur, chacun doit faire sa part et chaque acteur doit participer pour qu'on puisse y arriver et réduire nos tempins de carbone.
12:15Mais pas seulement.
12:16Comme disait Étienne, pour le réemploi, ça baisse aussi l'énergie et ça baisse aussi l'eau.
12:21Et ça, c'est important.
12:21Oui, Étienne Goulet, on parle beaucoup de la bouteille comme étant un facteur déterminant au niveau de l'empreinte carbone.
12:29Est-ce que c'est réellement l'élément le plus déterminant ou il y a d'autres éléments qui sont aussi très forts ?
12:33Oui, c'est un élément très fort, la bouteille.
12:38Globalement, c'est souvent le poste le plus important en termes de l'empreinte carbone.
12:43Mais ça va dépendre aussi en fonction des exploitations, des itinéraires globaux, de ce qu'ils font à côté.
12:52Et également sur ce conditionnement.
12:55Donc, ça peut varier d'une structure à l'autre.
12:59Mais globalement, le poste vert, le poste bouteille est toujours...
13:03Est-ce qu'on a des échelles de pourcentage où vous avez vu à peu près combien ça représentait ?
13:07Ce n'est pas assez important.
13:08On peut être entre 30 jusqu'à même quelquefois 50% en fonction aussi des structures.
13:15On a des structures qui sont souvent différentes.
13:18Mais oui, c'est plus du tiers quelquefois de l'empreinte carbone globale.
13:23Et comment est-ce que vous faites pour accompagner les différents acteurs avec lesquels vous travaillez pour réduire justement l'empreinte carbone et surtout peut-être d'abord la mesurer ?
13:32Ça, c'est quand même un premier enjeu.
13:33Oui, parce que là, on parle beaucoup...
13:35Marine a parlé tout à l'heure de l'empreinte carbone qui avait été réalisée.
13:40C'était la première étape, c'est ça ?
13:41Voilà, c'est ça.
13:42C'est de mesurer.
13:44Alors, ce n'est pas une fidélité en soi justement de mesurer.
13:47C'est un objectif, c'est un préalable à la mise en place d'actions de décarbonation.
13:52En fait, en mesurant et surtout, on peut mesurer du coup secteur par secteur, poste par poste,
13:57ce qui nous permet à toutes les entreprises individuellement de savoir quels sont les postes qui, dans sa structuration,
14:07émettent le plus de carbone ou au contraire, stockent le plus de carbone, on en a parlé.
14:11Donc, tout ça, cette mesure-là, elle est importante, c'est un préalable.
14:14On ne peut pas mettre en place des actions, on va dire, efficaces, surtout efficaces, précises,
14:21mais efficaces si on n'a pas avant cette évaluation de où, en fait, on dépose.
14:26Donc, au niveau d'Interloir, ce qu'on a proposé, voilà, on a parlé tout à l'heure de ce calcul d'empreinte carbone
14:33qui peut être assez long, assez chronophage.
14:37Certaines entreprises, Marine vient de le dire, l'ont déjà réalisé.
14:41Nous, ce qu'on propose pour faciliter cet accès à l'empreinte carbone,
14:45c'est d'utiliser un outil simple de calcul de l'empreinte carbone
14:51avec une société qui s'appelle Foodpilot qui a développé, du coup, un partenariat avec Interloir,
14:58l'outil OnePilot qui est disponible pour tous les opérateurs de la Loire sur le portail unique d'Interloir.
15:07Et là, ça facilite, voilà, c'est un calcul simplifié qui permet, allez, en une grosse demi-journée,
15:15d'avoir son empreinte carbone.
15:16Si on a tous les éléments, tous les papiers, etc., une grosse demi-journée,
15:20ça nous permet d'avoir l'empreinte carbone de l'entreprise et ça poste par poste.
15:26Donc ça, c'est vraiment le préalable pour pouvoir ensuite mener à bien les actions de décarbonation.
15:32Il y a aussi, dans cet outil, il y a aussi toutes les actions de décarbonation possibles.
15:36Oui, je l'ai dit.
15:37Voilà, c'est ce que tu proposes après.
15:39C'est ça, et ça permet aussi de simuler, c'est-à-dire qu'on a notre empreinte carbone
15:43et on se dit, bah tiens, par exemple, si je vais sur le réemploi ou si je vais sur l'allègement de la bouteille,
15:48pour l'année prochaine, si je mets 10% en moins de verre, etc., de poids,
15:58quel est l'impact ?
16:00Donc c'est vraiment un outil de calcul pour savoir.
16:03Il y a la possibilité ensuite de choisir des actions qu'on mettra en place
16:08et donc un outil de simulation pour voir concrètement quels sont les résultats.
16:13Parce que chaque entreprise, chaque domaine, on ne va pas forcément appliquer les mêmes actions de décarbonation.
16:20Il y en a, globalement, elles sont toutes connues,
16:22mais par exemple, certaines sont plus efficaces que d'autres dans un domaine, etc.
16:27Marie, vous avez fait comment ?
16:28C'était difficile pour vous de faire ce premier calcul d'empreinte carbone ?
16:32Vous avez dit que vous avez été accompagné aussi ?
16:34Oui, on a été accompagné sur la mesure de cette empreinte parce qu'en fait, il y a des normes internationales.
16:39On ne calcule pas comme on veut, il faut suivre une conduite, certaines règles.
16:44Donc là, nous, la norme qui a été utilisée, c'est le GHG protocole.
16:47Et Carbone 4 nous a aidé dans cette mission.
16:50On a accumulé plein de données pendant toute une année entière,
16:53avec différentes unités de mesure.
16:54On a des euros, on a des poids, on a des kilos.
16:57Et là, on les a traduits en tonnes d'équivalent, c'est CO2 ensuite.
17:01Ce qu'il faut comprendre, c'est qu'il y a différents périmètres quand on fait cette traduction en carbone.
17:07Ces périmètres, ça s'appelle des scopes.
17:09Vous avez le scope 1 et 2.
17:12Là, c'est tout ce qui est émission directe.
17:14Donc, l'énergie, les véhicules dans l'entreprise, ce sur quoi on a la main, finalement.
17:20C'est aussi nos propres domaines.
17:22Nous, on a nos propres domaines également.
17:24Et puis, vous avez le scope 3.
17:26Donc là, c'est le scope 3 amont, c'est tout ce qui arrive à l'entreprise.
17:29Donc, pour nous, par exemple, ça va être tous les raisins, les vins, les mous,
17:32tout ce qui est les matières sèches.
17:34Donc là, c'est l'habillage sur la bouteille, donc l'étiquette, le bouchon, etc.
17:38Et puis, vous avez le scope 3 aval.
17:40Donc là, c'est la bouteille qui part, qui part en magasin.
17:42Donc, c'est le transport, où est-ce qu'elle va.
17:44Mais aussi la fin de vie de la bouteille.
17:46Et donc là, le réemploi, c'est important parce que ça va aussi baisser cette partie-là.
17:51Est-ce qu'il y a eu des actions assez simples, finalement, concrètes,
17:56qui vous ont permis d'avoir un impact significatif sur votre empreinte ?
18:00L'allègement de la bouteille, c'est assez simple.
18:02Après, il faut embarquer les différents acteurs, mais c'est assez simple.
18:05Tout ce qui est au niveau de l'énergie, ça semble simple également.
18:08Nous, par exemple, sur notre site de conditionnement,
18:11on a remplacé deux chaudières gaz par une pompe à chaleur industrielle.
18:15Donc ça, c'est une action, on a la main, on peut le faire.
18:17Ça met du temps, mais c'est assez simple.
18:20Après, une petite nuance sur nos domaines.
18:23Ça semble simple, mais pas tout à fait.
18:26Parce que nous, il faut savoir, on a six domaines entre Nantes et Sancerre.
18:30Donc il y a différents sols, différentes situations géographiques et différentes météos.
18:34Et donc, il y a une année où on pourra mettre en pratique certaines actions durables,
18:39comme les couverts végétaux, par exemple.
18:40Et là, ça se passera très bien.
18:42Et l'année d'après, ça ne poussera pas parce que la météo aura été variable.
18:45Donc une petite nuance là-dessus.
18:46Après, là, c'est un peu plus complexe.
18:49Et ça dépend vraiment aussi de la variété et des sols de chaque acteur.
18:53Florence Bélex, on voit en tout cas que tout ça demande beaucoup d'agilité,
18:57de mixité dans les solutions.
19:00C'est comme ça que vous...
19:01Comme est-ce que vous arrivez à proposer aussi des solutions
19:05qui sont équilibrées aux différentes exploitations ?
19:08Alors, nous, on ne va pas aller jusqu'à la proposition de solution 1.
19:12On est bien clairs.
19:12Par contre, dans nos réflexions, c'est exactement ça qu'on intègre.
19:16C'est-à-dire le fait que c'est plein de facteurs différents,
19:19le fait que nous sommes dans une région variée.
19:23Et comme le disait Marine, avec beaucoup de justesse,
19:24on ne va pas faire la même chose à Sancerre et à Nantes,
19:27parce que nous, on travaille très proche de la nature.
19:30Donc on travaille avec aussi les données que nous offrent,
19:33on va dire avec ce mot-là, que nous offrent la nature.
19:36Et ça peut être très différent d'un endroit à l'autre.
19:38Et dans nos travaux de recherche, ce qui est important,
19:41c'est vraiment fondamental dans nos réflexions,
19:44c'est qu'on n'est jamais, dès qu'on discute environnement,
19:47on n'est jamais dans la recherche d'une espèce de solution miracle et idéale.
19:51Jamais.
19:52Et on est vraiment, comme on a eu l'occasion de le dire là,
19:55dans cette espèce de recherche de pistes, de leviers,
20:03qui vont s'adapter à telle ou telle structure,
20:05à telle ou telle nature et à telle ou telle météo.
20:09Enfin voilà.
20:10Et ça, ça guide absolument toutes nos réflexions.
20:13On n'est absolument pas dans ce mythe du machin idéal,
20:16mais on est bien dans la complexité de la chose
20:20et on essaye d'intégrer dans nos travaux cette complexité.
20:23Ce qui n'est pas facile quand on communique,
20:25parce qu'on n'est pas sur quelque chose,
20:27on ne peut pas vous dire un truc,
20:28c'est super, on va faire ci.
20:29On travaille dans cette complexité.
20:32C'est aussi ça qui est passionnant.
20:33Et c'est ça aussi qui fait qu'on essaye d'être multi-acteurs,
20:36multi-pensées, voilà, multi-histoires,
20:40pour, avec cette diversité, répondre à la diversité de l'enjeu.
20:45Il y a aussi des données scientifiques,
20:47une prise de recul que beaucoup d'exploitants ne peuvent pas avoir.
20:51Absolument, mais ça, c'est notre boulot.
20:53Alors, pour le coup, il y a plein de niveaux.
20:55Il y a le niveau de l'exploitation qui va mettre en œuvre,
20:58ce qu'a très bien expliqué Marine.
21:00Et puis, il y a le niveau de la recherche et des expérimentations,
21:04ce dont parlait Étienne,
21:05où là, on essaye d'être hyper scientifique.
21:07C'est-à-dire, on essaye de valider le plus que l'on puisse
21:11la pertinence des solutions.
21:13Et dans la diminution du carbone, c'est crucial.
21:15Et on utilise souvent une technique qu'on appelle, nous,
21:17l'ACV, analyse du cycle de vie,
21:20pour être sûr que la solution n'est pas pire que le problème.
21:23Ça peut arriver, hein ?
21:24Oui.
21:24Oui, on peut avoir des fausses bonnes idées.
21:27Oui.
21:28Donc, on essaye, par exemple,
21:30si on parle du réemploi de la bouteille,
21:31on a bien vérifié que le réemploi
21:33n'était pas moins bien que le recyclage.
21:36Ça, c'est des choses qu'on regarde,
21:39qu'on mesure avec le plus d'objectivité possible.
21:42Et c'est dur d'être objectif, hein ?
21:43On voudrait tellement bien faire que des fois...
21:45Voilà.
21:45Donc, notre boulot, à nous qui sommes plus sur des aspects scientifiques et de recherche,
21:51c'est de valider la pertinence réelle, d'une façon la plus neutre possible,
21:56la validité des solutions, avec toute la diversité dont vous parliez,
22:00avec tous ces petits paramètres, voilà, qui sont juste passionnants.
22:03Complexes, mais passionnants.
22:04Etienne, justement, vous avez, avec Interloir,
22:07réalisé des espaces test où vous pouviez montrer comment ça se passait pour...
22:12Vous avez têté toutes ces solutions, justement.
22:14Oui, oui.
22:15Donc, ça, c'est dans le cadre d'un...
22:17Quand on dit que la filière se structure,
22:18elle se structure aussi au niveau national.
22:20Donc, c'est aussi dans le cadre d'un programme
22:23qui s'appelle un projet national porté par l'Institut français de la Vignée du Vin.
22:27Il s'appelle Vitilience
22:28et qui est déployé ensuite dans tous les bassins viticoles.
22:32Et un Loir, c'est donc Interloir qui est la structure animatrice
22:37et notre chargé de mission climat au carbone
22:39qui anime ce projet Vitilience.
22:43Et donc, dans Vitilience, plein de choses,
22:46mais dans une partie, c'est donc lié au transfert.
22:50L'objectif, c'est bien le transfert de toutes ces actions
22:52en lien avec le climat.
22:54Et on a mis en place ce qu'on appelle des démonstrateurs climatiques.
22:58D'accord.
22:58Donc, là, il est très simple.
22:59Et ce n'est pas justement...
23:01Donc, ces démonstrateurs climatiques,
23:02ce sont des sites, des lieux
23:03qui vont être ouverts aux entreprises.
23:07On va faire des journées techniques.
23:09C'est ouvert.
23:10Les entreprises peuvent venir voir les domaines,
23:12les vignerons.
23:13Tout le monde peut venir voir.
23:14Et là, on met en place...
23:16Finalement, pas...
23:18Souvent, on recherche, on travaille sur des essais factoriels.
23:21Quel est le facteur le plus prépondant ?
23:24Là, on met en place des essais multifactoriels.
23:27Et ce ne sont pas vraiment des essais.
23:28On les met clairement en place dans un itinéraire.
23:33Et donc, on a plusieurs types de combinaisons de leviers
23:37pour montrer que, oui, c'est vraiment un démonstrateur.
23:40Donc, venez.
23:41Voilà comment nous, on les a mis en place.
23:43Et puis, de combiner tel et tel levier.
23:47On parlait tout à l'heure.
23:48Voilà, on peut...
23:49Par exemple, sur le carbone, on a des grands trucs.
23:51Voilà, la bouteille, etc.
23:53Finalement, rien que le fait, autre chose,
23:55d'utiliser des variétés,
23:57des nouvelles variétés résistantes aux maladies.
24:00Ça va nous permettre, tout simplement,
24:02de passer...
24:03C'est bénéfique au niveau des intrants,
24:05phytosanitaires,
24:06mais du coup, ça va nous permettre
24:08de passer beaucoup moins souvent sur la parcelle.
24:11Donc, d'économiser du carburant.
24:13Marie en parlait tout à l'heure.
24:15C'est l'énergie.
24:16Donc, tout ça, on peut mettre en place une parcelle.
24:19Associée à quoi ?
24:20Associée, par exemple, pour le travail du sol,
24:22à un robot, un robot hybride.
24:24Voilà.
24:25Et puis, pourquoi pas d'autres thématiques.
24:29Les copâturages, on a des oies
24:30pour voir ce que ça donne.
24:32Donc, en fait, dans une parcelle,
24:34jusqu'à la 4, finalement,
24:36on va mettre des combinaisons de leviers.
24:38L'idée, c'est de dire, venez voir.
24:40On a mis ça en place.
24:41On a mis ça en place.
24:42Chez nous, ça va.
24:42Et surtout, on les mesure.
24:45L'objectif de ces démonstrateurs climatiques
24:47qui sont portés...
24:48Là, c'est animé par Interloir,
24:50mais c'est porté par l'IFB
24:51au domaine expérimental de Montreuil-Bélé,
24:53par exemple, de l'IFB.
24:54On mesure.
24:55Donc, tout ce qu'on va mettre en place,
24:57on mesure l'impact carbone.
25:00Les réactions entre les gens.
25:01Et également, si l'objectif est bien atteint ou pas.
25:05Si on dit, il faut limiter les adventices dans la vigne,
25:08on va utiliser telle et telle technique,
25:10on va, un, la mesurer au niveau environnemental.
25:13Florence a parlé tout à l'heure de l'ACV.
25:15On fait de l'ACV,
25:16on fait de l'empreinte carbone, etc.
25:18Et deux, est-ce que, oui ou non,
25:19ça a bien contribué à réduire les adventices.
25:23Donc ça, on a, voilà, ces choses-là,
25:27ces démonstrateurs.
25:28Un, plutôt, tourné sur la partie agro-biticole,
25:31au domaine expérimental de l'IFB à Montreuil-Bélé,
25:34et un, plutôt, sur la partie oenologie,
25:36cave, transformation,
25:37à Vertoux, toujours porté par l'IFB,
25:40à la cave expérimentale de la Frémoire.
25:42Et avec des partenaires, bien entendu.
25:44On n'est pas tout seul, il y a l'IFB,
25:45il y a Interloir,
25:46mais il y a les chambres d'agriculture,
25:48il y a les A, il y a les caves coopératives,
25:49parce que l'idée aussi, c'est d'avoir des sites pilotes,
25:52des sites vitrines, des sites pilotes,
25:54sur lesquels on peut, on puisse échanger.
25:56Il y a ce qui se passe dans ces démonstrateurs,
25:59et puis après, on vient échanger.
26:00Les gens viennent, disent,
26:01ah, ça, c'est hyper intéressant,
26:02mais je ne peux pas le mettre en place sur mon domaine,
26:04pour tel ou tel truc,
26:05mais ça, en revanche, c'est bien,
26:06je vois que c'est mis en place,
26:07et puis, ça a l'air de fonctionner,
26:09bah, tiens, je m'y mets aussi.
26:10Voilà, c'est vraiment ces démonstrateurs
26:12pour le transfert, pour faciliter le transfert.
26:15Montrez que c'est possible.
26:16Démontrez.
26:16Eh bien, on va terminer sur cet exemple.
26:19Merci beaucoup à tous les trois pour ces échanges.
26:22Florence Velex rappelle que vous êtes présidente
26:23du Vinopole Centre Val-de-Loire.
26:25Marine Rosenblatt, vous êtes chargée de mission
26:27développement durable et animatrice sécurité
26:29chez Ackermann.
26:30Et Etienne Goulet, vous êtes directeur technique
26:32d'Interloir.
26:33Et merci à vous toutes et tous de nous avoir suivis.
26:35C'était La Loire en bouteille.
26:36Merci.
26:37Merci.
26:38Merci.
26:39Merci.
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