- il y a 3 mois
Carlos Tavares, ancien PDG de Stellantis et auteur du livre "Un pilote dans la tempête" (Plon).
Retrouvez « L'invité de 8h20 » sur France Inter et sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien
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00:00Il était un grand patron respecté pour ses bons résultats et critiqué pour son salaire.
00:05On l'a laissé il y a un an qui tente avec Fracas Stellantis, dont il était le directeur général.
00:11Poussé dehors, disait-on à l'époque, par le conseil d'administration de ce géant de l'automobile.
00:16Avec Alexandra Bensaïn, nous recevons Carlos Tavares, qui livre sa vérité dans un livre qui vient de sortir.
00:22Un pilote dans la tempête, c'est aux éditions Plon.
00:25Bonjour Carlos Tavares.
00:26Bonjour.
00:270-1-45-24-7000 et applications de Radio France, comme d'habitude pour nos éditeurs qui veulent réagir et interagir.
00:34C'est peu dire que depuis le Portugal, où vous menez désormais vos affaires, Carlos Tavares, vous portez un regard assez sévère
00:40sur tout à la fois vos successeurs à la tête de Stellantis, sur la France, où l'on aurait oublié la valeur travail
00:46et où Emmanuel Macron a échoué à réindustrialiser le pays, sur l'Union Européenne, qui va se faire manger tout cru, dites-vous, par la Chine.
00:53On va parler de tout cela. Mais revenons d'abord sur votre démission, le 1er décembre 2024.
00:58Vous dites, si je résume, non, je n'ai pas été mis à la porte, je suis parti, parce que d'autres estimaient que j'allais trop vite vers la voiture propre.
01:07C'est vraiment ce qui s'est passé ? Vous étiez un patron trop écolo ?
01:11En tout cas, vous avez dans le livre, dans ce récit, tous les détails de ce week-end, le week-end du 1er décembre 2024,
01:19au cours duquel, effectivement, j'ai pris la décision de partir en pleine convergence avec le président du Conseil d'administration,
01:24puisque nous avons fait le constat du début d'une méfiance réciproque entre le Conseil d'administration et moi-même.
01:31Et donc, ceci est devenu immédiatement symétrique.
01:34Partissement où c'était symétrique, la décision qui s'imposait, c'était de partir en bon ordre et en bonne intelligence,
01:39ce que nous avons fait en toute responsabilité avec le patron du Conseil d'administration.
01:42L'objet de la discorde, c'était donc cet objectif fixé à 2035 par l'Union Européenne pour atteindre la voiture propre,
01:49donc zéro voiture thermique neuve. Vous, vous vouliez aller encore plus vite.
01:53Est-ce que vous dites toujours qu'il faut aller plus vite sur cet objectif ?
01:56Oui, vous avez raison de poser cette question.
01:58Nous avions présenté en mars 2022 un plan stratégique pour l'entreprise,
02:02qui, comme tout plan stratégique d'une entreprise de cette taille, avait été validé par le Conseil d'administration.
02:07Ce plan stratégique, on était en pleine exécution.
02:10Nous avons eu, à l'automne 2024, une période où tous mes concurrents ont commencé à pleurer.
02:16Vous les appelez les pleurnicheurs dans le livre.
02:17Voilà, donc c'était trop dur, on n'était pas préparé.
02:21Tout ça était évidemment prévu de longue date, puisque la réglementation était connue depuis de nombreuses années.
02:26Nous avions le plan stratégique pour faire face à ça.
02:29Nous avions investi et préparé tous les composants des chaînes de traction électrique.
02:34Nous étions prêts.
02:35Et donc, ce que moi je prenais, et c'est probablement la raison fondamentale de mon départ,
02:40c'est pendant que les autres pleurent et qu'ils freinent, moi j'accélère.
02:43Ce qui me permettra évidemment de gagner la course.
02:46Alors aujourd'hui, Carlos Tavares, on est toujours dans ce débat-là.
02:48Est-ce qu'il faut maintenir ou non cette date de 2035 pour interdire la vente de voitures à moteur thermique ?
02:56Et il y a un débat entre Paris qui dit, on va la maintenir, mais on va introduire des souplesses technologiques,
03:02c'est-à-dire que ce n'est pas du tout électrique.
03:03Et puis il y a Berlin qui dit, non, il faut vraiment repousser ce 2035.
03:06Vous êtes où, vous ?
03:07Il y a une solution très simple à tout ça, et c'est décrit dans l'ouvrage,
03:12qui est tout simplement de ne pas être dogmatique.
03:15Le problème que nous avons sur ce sujet-là, c'est le dogmatisme,
03:18la réaction émotionnelle du Parlement européen,
03:22le dogmatisme de la Commission et le manque de sagesse du Conseil.
03:26Dans cette prise de décision, la trilogie a gravement dysfonctionné.
03:30La solution est très simple.
03:31Il suffit de dire qu'en 2035, vous pouvez continuer à vendre des véhicules thermiques
03:36à condition qu'ils aient moins de 100 grammes d'émissions
03:38pour remplacer un parc vieillissant qui, lui, a plus de 300 grammes d'émissions.
03:42Donc la première chose à faire, c'est de remplacer les vieilles voitures
03:46qui émettent beaucoup par des voitures plus jeunes qui émettent un tiers
03:50et que la classe moyenne peut acheter.
03:53Parce que le point fondamental, c'est celui-là.
03:54Si la classe moyenne ne veut pas acheter des voitures propres,
03:56il n'y a pas d'impact au volume sur la planète.
03:58J'observe d'ailleurs que la question du réchauffement climatique
04:01n'est plus un sujet d'actualité dans le monde occidental.
04:03Alors, vous êtes un convaincu du réchauffement climatique.
04:07Vous dites, je vis au Portugal, il fait 46 degrés l'été.
04:09Mais vous nous dites en même temps dans le livre
04:12que vous avez fait des allers-retours pendant le confinement en avion
04:1515 fois avec le Portugal.
04:17Pas en avion.
04:18Alors, pas en avion, c'était en voiture ?
04:19En voiture, en vanne.
04:21Oui, c'est polluant aussi.
04:23Oui, et alors ?
04:23La liberté de mouvement, ça existe.
04:25Ah d'accord.
04:26Donc la liberté de mouvement, il y a quand même une dimension chez vous
04:31où la liberté de mouvement ne doit pas être entravée
04:33par ce réchauffement climatique et les inquiétudes ?
04:36Ce que je dis, très simplement, c'est qu'il n'y a pas de démocratie sans liberté de mouvement.
04:41Et aujourd'hui, on veut interdire la liberté de mouvement ?
04:44C'est que la mission d'un constructeur automobile, c'est d'offrir une liberté de mouvement
04:48qui soit sûre, propre et abordable.
04:51Mais les trois facteurs sont importants et ils doivent être présents au même moment.
04:55Et donc je dis, oui, la mission d'un constructeur automobile, c'est de protéger la liberté de mouvement
04:59en offrant cette mobilité surpropre et abordable.
05:01Les constructeurs, ils n'ont pas fait beaucoup d'efforts pour proposer des petites voitures
05:06propres aux consommateurs.
05:07Ça a été ça quand même le problème.
05:09C'est pour ça que les consommateurs disent aujourd'hui, on n'y arrive pas, on ne peut pas les acheter.
05:12Ça vaut très cher.
05:13C'est vrai que ça vaut très cher, ce n'est pas faute d'avoir prévenu.
05:17Mais il y a quelque chose que vous pouvez constater comme moi, c'est que l'offre de véhicules électriques
05:22est très abondante.
05:24Il y a une offre très abondante.
05:25Donc on ne peut pas dire que les constructeurs ne sont pas au rendez-vous.
05:28On peut dire que la technologie est chère et les constructeurs ont bien alerté,
05:32et moi en particulier, sur le fait que cette technologie est 50% plus chère
05:35que la technologie conventionnelle et que la classe moyenne
05:38n'allait pas être capable de la payer.
05:40C'est ça que nous avons expliqué.
05:41En tout cas, quand on vous lit Carlos Tavares, on se dit que Stellantis a eu tort de ne pas vous garder
05:46puisque vous vous dites, je ne sais pas si le groupe sera encore là dans 10 ans.
05:50Pourquoi vous dites ça ?
05:51Parce que je pense qu'il y a dans un monde qui se fragmente,
05:55évidemment des forces qui pourraient conduire à l'éclatement du groupe
05:59compte tenu de ces pôles historiques qui sont le pôle français avec Peugeot,
06:02le pôle italien avec Fiat et le pôle américain avec Chrysler.
06:05Et donc, pour maintenir la cohésion de cette entreprise,
06:09c'est un travail managérial intense et il faut rester concentré sur cette cohésion.
06:13Et vous l'auriez mieux fait ?
06:14Je ne sais pas.
06:14En tout cas, ça a bien fonctionné pendant 4 ans.
06:17Ce que je peux vous dire, c'est que ce problème-là,
06:19c'est exactement le même problème que nos sociétés européennes
06:22et notamment le problème de la France.
06:23C'est la fragmentation de la société qui pose le problème de fond.
06:27Qu'est-ce que vous dites en attendant aux plus de 30 000 salariés de Stellantis en France,
06:32notamment à ceux des sites de Mulhouse, Sochaux, Poissy,
06:35qui sont à l'arrêt ou ralentis depuis des semaines ?
06:38Que c'est le résultat de ce qui a été fait sur le marché européen par la réglementation.
06:43C'est à cause des normes ?
06:44En particulier, puisque c'est l'établissement de ces normes-là
06:48qui a ouvert un boulevard à la concurrence chinoise
06:51qui va bientôt être à 10% de part de marché.
06:53Ce qui représente à peu près, en Europe, 10 usines.
06:57C'est le fruit de choix aussi de l'entreprise Stellantis
07:00qui investit 13 milliards aux Etats-Unis, par exemple,
07:04dans d'autres pays, le Maroc, la Serbie, pourquoi pas en France ?
07:08Il y a des investissements en France qui sont extrêmement importants.
07:10Extrêmement importants, de plusieurs milliards d'euros également.
07:13Est-ce que ça suffit de dire cela à des salariés qui,
07:16si l'on vous suit dans un avenir proche, risquent de perdre d'emploi ?
07:20On a l'impression que l'usine de Poissy, elle est en sursis.
07:22Dans tous les cas, la question qu'il faut se poser,
07:25c'est pourquoi est-ce que le marché européen recule ?
07:28Pourquoi est-ce que les classes moyennes n'arrivent pas à acheter des voitures propres ?
07:32C'est ça le vrai sujet de fond.
07:33Mais ça, tout le monde a évité de répondre à cette question-là.
07:37Lorsque nous avons dit que cette réglementation, elle n'est pas neutre en technologie,
07:41elle impose une technologie qui est excessivement onéreuse
07:44et les classes moyennes ne vont pas pouvoir se la payer,
07:47cette question de fond, personne n'y a répondu.
07:49Et vous, vous pensez qu'on va se faire dévorer,
07:51que les constructeurs vont se faire dévorer par les constructeurs chinois ?
07:54C'est ça qui va se passer ?
07:55Vous dites 10% à quelle échéance ?
07:5710% de part de marché ?
07:57Quelques années, à moins de 5 ans, ils seront à 10%.
07:59Vous pensez que ce sont les Chinois qui vont remporter la mise ?
08:03En tout cas, c'est ceux qui sont les mieux préparés,
08:05c'est ceux qui travaillent le plus
08:06et c'est ceux qui ont manifestement bien préparé leurs choses
08:11dans un contexte où nous leur avons créé un boulevard.
08:14Mais c'est trop tard ?
08:15Non, je ne pense pas que ce soit trop tard.
08:16Alors à quelles conditions ça n'est pas trop tard ?
08:18Comment est-ce qu'on peut récupérer ?
08:19Je peux répondre à votre question sur un commentaire
08:22qui ne va pas me rendre populaire, mais ce n'est pas très grave.
08:24Il faut travailler plus, en travaillant mieux.
08:27Mais il faut travailler plus.
08:28Il ne faut pas expliquer aux Européens
08:30qu'ils vont pouvoir garder leur lifestyle
08:32ou leur mode de vie en concurrence avec l'Asie
08:35sans travailler plus.
08:36Mais par rapport aux usines chinoises,
08:39vous savez bien comment ça se passe.
08:40C'est-à-dire que nous ne serons jamais en Europe,
08:43et vous sauriez un peu quand je vous dis ça,
08:45nous ne serons jamais des salariés chinois.
08:48Ce n'est pas la même société.
08:49Ce n'est pas le point essentiel celui-là.
08:50Alors qu'est-ce que ça veut dire travailler plus ?
08:52Ça veut dire déjà, dans une journée de 10 heures,
08:55je parle comme un portugais, de 10 heures,
08:58vous avez 7 heures consacrées à la bureaucratie
09:01et à combattre la technocratie
09:02et 3 heures à créer de la valeur.
09:03Ça va se passer comme ça chez Stellantis ?
09:06Parce qu'à Radio France, c'est différent quand même.
09:07Chez Stellantis, moi je combattais la technocratie,
09:10la bureaucratie, oui.
09:11Mais vous vous élevez contre ces normes.
09:13On va y revenir en France, en Europe,
09:15que vous dites beaucoup trop contraignantes,
09:18on vous entend.
09:19Mais est-ce qu'il ne faudrait pas des règles,
09:21par exemple, pour inciter les constructeurs
09:23à se fournir chez les équipementiers en France ?
09:25C'est ce que préconisent des sénateurs
09:27dans un rapport il y a 10 jours.
09:28Est-ce que ça peut être une solution, ça ?
09:29Est-ce que ça peut contribuer
09:31à rendre la mobilité propre, sûre
09:33et aussi abordable ?
09:34Je vous pose la question.
09:35Ça peut peut-être préserver des emplois en France ?
09:38Mais ce n'est pas la question que je vous pose.
09:40Est-ce que ça contribue à une mobilité
09:42propre, sûre et abordable ?
09:44Puisque c'est ça la mission des constructeurs automobiles.
09:45Et pourquoi pas ?
09:47Posez-leur la question.
09:48Donc vous n'êtes pas pour le contenu local ?
09:50Vous ne pensez pas que ça soit la solution ?
09:51Le contenu local, c'est une manière de forcer
09:53les constructeurs qui ont un avantage compétitif
09:56à prendre une partie de notre non-avantage compétitif.
10:01Qui va payer à la fin ?
10:02C'est le consommateur avec des prix plus élevés.
10:03Vous me direz que les gens ne peuvent pas se payer
10:05des véhicules électriques.
10:06Vous avez raison.
10:07Une question justement de Louis
10:09au standard de France Inter.
10:11Bonjour Louis.
10:13Oui, bonjour.
10:14Bonjour madame, bonjour messieurs.
10:15Merci d'avoir retenu ma question.
10:19Moi j'ai une question à poser à monsieur Tavares.
10:21Donc très simple.
10:23Donc Toyota, un des premiers constructeurs mondiaux
10:25arrive à fabriquer des Toyota Yaris à Valenciennes.
10:28Donc c'est des petites voitures.
10:29Alors que PSA depuis très longtemps,
10:32Renault pareil, ne fabrique aucune 208,
10:35aucune C3, aucune Clio en France.
10:39C'est ça que je ne comprends pas.
10:40Et il n'y a jamais aussi peu de voitures
10:42fabriquées en France.
10:44C'est dramatique.
10:45Merci Louis.
10:46Merci beaucoup pour votre question.
10:48Carlos Tavares, Renault, dont vous avez été un dirigeant
10:51pendant des années avant de rejoindre PSA,
10:54Peugeot Citroën, qui est donc devenu Stellantis.
10:57Et vous avez tous beaucoup délocalisé.
11:00Alors, reprenons-nous à cette intéressante question.
11:02D'abord, cet auditeur ne sait pas
11:05si la production de ces voitures-là en France
11:09est rentable pour ce constructeur-là.
11:11Pour Toyota en l'occurrence ?
11:12On ne le sait pas.
11:12Et il y a bon nombre de stratégies qui passent par
11:16si je veux m'imposer dans un marché,
11:18je vais accepter pendant quelque temps
11:19de perdre de l'argent sur ces véhicules-là.
11:23L'usine d'Onan, ça fait un bout de temps qu'elle existe dans le Nord.
11:25C'est pas quelque temps...
11:26Et la part de marché de Toyota en Europe ne sait de croître.
11:29Y compris en France, d'ailleurs.
11:31Donc, il y a un moment donné, vous devez vous poser cette question-là.
11:33Quelqu'un est en train, éventuellement, de financer ça ?
11:36Vous pouvez poser la même question avec les Chinois, de la même manière.
11:38Donc, en fait, le lecteur, et moi non plus, je ne le sais pas.
11:41Je ne sais pas si cette production est rentable.
11:44J'observe qu'elle est très bien utilisée dans la communication
11:47pour expliquer que Toyota est un constructeur responsable
11:51puisqu'il fabrique en France, etc.
11:53Je peux vous faire la liste de toutes les usines que nous avons en France
11:55et de la production que Stellantis et que Renault ont en France,
11:58ce qui reste significatif, même si elle baisse.
12:00Et alors, la question qui se pose, c'est
12:02qu'est-ce que nous faisons, nous,
12:04pour aider à ce que ces constructeurs
12:06puissent progresser sur le marché européen ?
12:08C'est une question européenne, ce n'est pas une question française.
12:10Justement, si on vous lit, le coupable désigné,
12:13c'est Bruxelles, monstre technocratique
12:15qui viendrait, si je résume votre propos,
12:17remplir le vide laissé par l'abandon de nos valeurs,
12:23de l'éducation, de la valeur travail, etc.
12:26C'est ça le constat.
12:27Aujourd'hui, est-ce que le tableau n'est pas un peu noir ?
12:29Non, c'est surtout votre constat qui est caricatural.
12:31Pas forcément noir.
12:33J'essaie de résumer ce que vous dites dans le livre.
12:35Je peux vous citer si vous voulez.
12:36La régulation compulsive est le reflet
12:38d'un effondrement des valeurs occidentales.
12:41On remplit avec des lois le vide laissé
12:42par la dégradation de l'éducation,
12:44par l'érosion des valeurs,
12:46par la dévalorisation de la discipline
12:47et la déresponsabilisation individuelle et collective.
12:50Excusez-moi s'il y a un tableau noir, c'est le vôtre.
12:52Je confirme.
12:53Je confirme ce que vous venez de mentionner.
12:56Écoutez, de toute façon, ce qui est clair,
12:58c'est que le dysfonctionnement de la trilogie
13:01Parlement, Commission, Conseil
13:04sur la réglementation des émissions
13:06est plus que patent.
13:07Est-ce que quelqu'un a demandé des comptes
13:10à l'Union Européenne
13:11sur les 50 à 100 milliards d'euros
13:13qui ont été gaspillés
13:15dans cette aventure ?
13:17Personne.
13:18Personne ne demande des comptes.
13:19Ça représente 50 et 100 milliards
13:20des investissements qui ont été faits
13:22par les constructeurs européens
13:24et qui probablement ne vont pas être rentabilisés.
13:26Personne ne demande des comptes.
13:27Sans ces normes, est-ce que les constructeurs
13:28seraient allés vers des voitures plus propres ?
13:30Non.
13:30Les normes, en définition,
13:31elles sont respectées par les constructeurs.
13:32Voilà.
13:33Parce que ce sont des délégalistes.
13:34Est-ce qu'à un moment donné, absolument,
13:36vous dites toujours faites une loi,
13:37je la respecterai.
13:38Exactement.
13:39S'il n'y avait pas eu de normes,
13:40est-ce que les constructeurs
13:41seraient allés vers des voitures plus propres ?
13:43Les normes sont nécessaires
13:44et personne ne le conteste.
13:46Maintenant, en tant que citoyen,
13:48nous avons besoin de normes
13:49qui soient intelligentes.
13:51C'est des normes qui aient
13:52un coût pour la société minimale
13:54et une efficacité pour la planète maximale.
13:57C'est ça que je critique.
13:58C'est que le dogmatisme nous a conduit
13:59à un choix d'une solution
14:01qui est extrêmement coûteux pour la société
14:03et très peu efficace pour la planète.
14:06Carlos Tavares,
14:07vous semblez penser qu'à un moment donné,
14:08le Portugal, vous vivez aujourd'hui,
14:10devra se poser la question
14:11de rester ou pas parmi les 27.
14:13Est-ce que vous,
14:14vous envisagez la désintégration de l'Europe
14:16comme une possibilité ?
14:17Absolument.
14:19Absolument.
14:19Et je pense que c'est une question
14:21qu'il faut se poser
14:21au niveau de la stratégie du pays.
14:24Il faut se poser la question de savoir,
14:25jusqu'à présent,
14:26le Portugal a été
14:27le bon élève de l'Europe.
14:28il a été
14:30remorqué par l'Europe
14:32vers le haut.
14:34Si l'Europe a une trajectoire déclinante,
14:35la question se pose.
14:36Évidemment.
14:37Un pays tout seul,
14:38l'Europe n'est pas le bouclier.
14:39On est coincé entre la Chine
14:41et les Etats-Unis.
14:42Vous pensez qu'un pays tout seul,
14:43le Portugal aujourd'hui,
14:44la France,
14:45peut se débrouiller ?
14:46Vous pensez qu'on est en train
14:47de renforcer le pôle européen
14:49face aux Etats-Unis
14:50et face à la Chine ?
14:50Évidemment que non.
14:52Évidemment que non.
14:52Nous ne sommes pas en train
14:53de renforcer le pôle européen.
14:54Nous n'avons pas
14:55une destination politique
14:56pour l'Europe.
14:57C'est le marché européen,
14:59le marché commun européen
15:00et la monnaie unique
15:02qui sont en avance
15:02sur le politique.
15:03Le politique n'a pas
15:04de vision pour la destination.
15:05Et donc ça,
15:06c'est un problème grave
15:07qui peut effectivement
15:08conduire à la désintégration
15:09de l'Europe.
15:09Le politique a permis
15:10un accord sur les droits
15:11de douane par exemple
15:12qui est en défaveur
15:14de l'Europe
15:15mais qui aura pu être pire
15:16si un pays comme le Portugal
15:18par exemple,
15:18je ne sais pas le chiffre
15:19mais c'est 40 millions d'habitants
15:20je crois le Portugal.
15:21Non c'est 10 millions.
15:22Oui, ben voilà.
15:23Vous voyez,
15:2310 millions.
15:24J'ai eu la main lourde.
15:27Donc 10 millions d'habitants
15:28en Portugal
15:28tout seul face aux Etats-Unis
15:30sur les droits de douane.
15:31Si vous me le permettez,
15:32vous tombez dans le panneau
15:33de la stratégie trumpienne.
15:35Trump,
15:36il fait 10 pas en avant
15:37et tout le monde crie au scandale
15:39et ensuite il recule de deux pas
15:40et tout le monde pense
15:40qu'il a obtenu une victoire.
15:42Bon,
15:42vous avez perdu 8 pas.
15:44Donc ce n'est pas grâce à l'Europe.
15:45Il ne faut pas tomber
15:45dans ce panneau-là.
15:46Évidemment,
15:46c'est sa stratégie de négociation.
15:48Carlos Tavares,
15:49sur la France,
15:50vous avez aussi un regard sévère
15:52voire interrogatif.
15:53interrogatif
15:54sur l'avenir de la France.
15:56Vous dites
15:56la France peut-elle s'en sortir ?
15:58J'ai un vrai doute.
15:59Est-ce que la France
15:59peut se réformer sans violence ?
16:02Je ne suis pas sûre.
16:03Ça va mal se terminer.
16:04Pourquoi tant d'amertume
16:05de noirceur aujourd'hui ?
16:07C'est le débat politique ?
16:08Ce n'est pas de l'amertume,
16:09c'est de la préoccupation
16:11pour mes amis français.
16:12J'ai 95% de mes amis
16:13qui sont français.
16:14Donc par définition,
16:15c'est des gens très bien
16:15puisque ce sont de mes amis.
16:17Et j'ai la préoccupation
16:18de voir que sur des sujets
16:21aussi basiques
16:21que d'avoir un budget
16:23à l'équilibre,
16:25on n'arrive pas
16:25à trouver un consensus
16:26dans le pays
16:27et on n'arrive pas
16:27à protéger la cohésion
16:28de la société
16:29sur un sujet aussi basique.
16:30C'est basique
16:31de ne pas dépenser plus
16:32que ce que vous gagnez.
16:33On vous appelait
16:33le cost killer
16:34pendant des années
16:35chez Stellantis
16:36et vous dites
16:36j'en suis fier.
16:37J'en suis fier,
16:38je l'assume
16:39et je peux vous dire
16:40que le Portugal,
16:41il a des budgets
16:41systématiquement à l'équilibre
16:43depuis plusieurs années.
16:44Le pays vit avec ça.
16:46Évidemment,
16:46ce n'est pas facile
16:46tous les jours,
16:47c'est un pays pauvre
16:48mais c'est parfaitement possible
16:50et parfaitement raisonnable.
16:51Donc un pays
16:52qui sur une donnée
16:52aussi fondamentale
16:54n'arrive pas à protéger
16:55la cohésion de sa société
16:57pour arriver à quelque chose
16:59qui relève du simple bon sens,
17:01c'est inquiétant
17:01et je m'inquiète
17:02pour mes amis français.
17:03Mais à cause de quoi
17:03la France est dans cette situation ?
17:06Vous avez parlé tout à l'heure
17:07de...
17:08C'est vous qui économiquement
17:11êtes mieux placé que moi
17:12pour répondre à cette question.
17:13Vous parliez tout à l'heure
17:13de la disparition
17:15de la valeur travail.
17:17On a oublié vraiment
17:17le goût de l'effort en France.
17:19C'est ce que vous dites
17:19dans le livre.
17:20Plus personne ne veut faire
17:21d'effort en France,
17:22je vous cite.
17:22De manière générale,
17:24l'Europe ne veut pas
17:25faire la course.
17:27Si vous ne voulez pas
17:28faire la course
17:28dans un monde
17:29où le PIB
17:30est à peu près constant,
17:32il croit de 2% par an,
17:33ceux qui gagnent,
17:35c'est au détriment
17:35des autres qui perdent.
17:36C'est un jeu à somme nulle.
17:38Donc, appartement,
17:38vous ne faites pas la course,
17:39vous laissez l'Asie
17:41gagner la course
17:42et produire une richesse
17:43plus importante
17:44au détriment
17:45du monde occidental
17:46et notamment de l'Europe
17:47puisque de toute façon,
17:49nous avons un jeu
17:49à somme nulle.
17:50Donc, en fait,
17:51on appauvrit.
17:52En ne faisant pas la course,
17:53on appauvrit le pays,
17:54on appauvrit l'Europe.
17:55Emmanuel Macron
17:55avait pour objectif
17:56de réindustrialiser le pays
17:58et justement,
17:59disait-il,
17:59de libérer les énergies,
18:01de faciliter l'entreprise
18:02pour se replacer
18:03dans cette course ?
18:04Pourquoi n'y est-il
18:05pas parvenu,
18:06d'après vous ?
18:06En tout cas,
18:07c'est ce que vous dites
18:08dans le livre,
18:08il a échoué sur ce point.
18:10En tout cas,
18:10c'est une question
18:11qui ne s'adresse pas
18:12qu'au président de la République.
18:14C'est une question
18:14qui s'adresse
18:14à chacun des Français.
18:16Parce qu'on ne peut pas...
18:17Dans quelle mesure ?
18:18Dans la mesure où il faut
18:19un changement
18:20qui permette
18:21de libérer ses énergies.
18:22Et nous sommes dans une société
18:23qui n'aime pas le changement.
18:24Et je ne parle pas
18:25que de la France.
18:26Le Portugal, c'est pareil
18:26et l'Europe, c'est pareil.
18:27Donc il faut d'abord
18:28accepter la course.
18:31Pour faire la course,
18:32il faut s'adapter
18:32au changement.
18:34Sinon, c'est darwinien.
18:35Et donc il faut
18:35absolument avancer.
18:37Vous parliez
18:37il y a quelques instants,
18:38Carlos Tavares,
18:39du budget,
18:40de l'incapacité
18:41à trouver un équilibre.
18:43Quelle doit être
18:43la part des entreprises ?
18:44Là, par exemple,
18:45ces dernières heures,
18:46l'Assemblée nationale
18:47a voté
18:48la prolongation
18:49de la surtaxe
18:50sur les grandes entreprises.
18:51Elle rapportait 8 milliards,
18:52elle va encore
18:53rapporter 6 milliards.
18:55C'est de la justice fiscale ?
18:56C'est une bonne décision ?
18:58Il y a deux choses.
18:59D'abord, je pense
18:59qu'il faut se préoccuper
19:01de la cohésion de la société.
19:03Le plus important
19:04dans un État,
19:05quel qu'il soit,
19:06c'est la cohésion
19:06de sa société.
19:07Tout ce qui conduit
19:08à la fragmentation
19:09de la société
19:09a un impact négatif
19:11d'une manière ou d'une autre.
19:12Ça peut être la sécurité,
19:13ça peut être l'économie,
19:14ça peut être le modèle social,
19:15c'est ce que vous voulez.
19:16Mais d'abord,
19:16la cohésion de la société.
19:17Protéger la cohésion.
19:18C'est-à-dire ne pas
19:19prendre une partie de la société
19:20pour combattre
19:21l'autre partie de la société.
19:22Deuxièmement,
19:23il faut que ce soit prévisible.
19:26Quel que soit
19:27le niveau de taxation,
19:28il faut que ce soit prévisible
19:29et que ce soit stable
19:30pour qu'on puisse
19:31élaborer des plans
19:32de création de valeur
19:33qui tiennent compte
19:34de cette réalité.
19:35Donc, il faut quelque chose
19:36qui ne change pas
19:37tous les quatre matins
19:38et qui soit quelque chose
19:40sur lequel on puisse s'appuyer.
19:41Donc, les pulsions internes
19:42à la société
19:43qui conduisent
19:44à ce type de changement,
19:46qui est le résultat
19:46de la fragmentation
19:47du spectre politique,
19:49c'est évidemment nuisible
19:50à l'économie
19:50et donc la création de valeur.
19:51Alors, une surtaxe ?
19:52Là, on a un problème.
19:53On a un déficit.
19:54On a ce problème de dette.
19:55La surtaxe sur les grandes entreprises,
19:57bonne ou mauvaise décision ?
19:58Est-ce que vous savez
19:59réduire les coûts ?
20:00Vous aimez bien répondre
20:01à des questions
20:02par des questions.
20:03C'est vrai, oui.
20:03C'est vous le cost killer.
20:05Je vous l'ai dit.
20:06C'est vous le cost killer.
20:07J'aime bien discuter avec vous.
20:07Je pense que le problème
20:08il est dans les coûts,
20:09il n'est pas dans les recettes
20:10puisqu'on est déjà
20:10un des pays
20:11qui avons le niveau
20:12de prélèvement le plus élevé,
20:13le mode de redistribution
20:14le plus élevé
20:15et on a 7 millions de pauvres.
20:16Comment on explique ça ?
20:18Il faut se poser des questions
20:18sur le système.
20:19Et sur la taxe Zuckman
20:21ou une version allégée
20:23comme celle proposée
20:25par les socialistes,
20:26est-ce que vous,
20:27si vous payez vos impôts,
20:28si vous aviez payé
20:29vos impôts en France,
20:30vous seriez prêt à payer plus ?
20:32D'abord, je suis très loin
20:33d'être concerné par cette taxe.
20:34Très, très, très loin.
20:36Premier point.
20:37Mais deuxième point,
20:38je pense que le problème
20:38est mal posé.
20:40Si je reviens au fondamental
20:41de la cohésion de la société,
20:43si vous avez un plan
20:44pour réduire les coûts
20:45ou augmenter les recettes
20:46et que vous vous adressez
20:47aux différents contributeurs,
20:50vous pouvez vous adresser à eux
20:51en disant
20:51j'ai besoin de tel ordre de grandeur
20:53dans mon plan
20:54pour que l'ensemble
20:56de cette stratégie
20:57tienne la route.
20:58La cohésion de la société,
20:59elle tient aussi
20:59à des symboles
21:00de justice fiscale.
21:01Exactement.
21:02Et donc,
21:02la bonne façon de faire,
21:03c'est de demander
21:04à cette population-là
21:05de faire preuve
21:07de proactivité
21:08en proposant généreusement
21:09un effort
21:10qui soit de l'ordre de grandeur
21:12qui est souhaité
21:12par le gouvernement
21:13pour son plan
21:13dans son ensemble,
21:14de manière à ce que ce soit
21:15une démarche volontaire
21:16de leur part,
21:17généreuse.
21:18Vous auriez préféré
21:20que les gros patrimoines
21:21disent
21:22nous, on va rapporter
21:2315 à 20 milliards.
21:24Nous, on va vous apporter
21:25une contribution
21:26de l'ordre de grandeur
21:27qui aurait été citée
21:29par le gouvernement
21:29dans le cadre d'un plan
21:30qu'ils essaient de construire.
21:32Visiblement,
21:32ça n'a pas marché.
21:33L'autorégulation,
21:34ça ne marche pas.
21:35Peut-être qu'ils n'ont pas essayé.
21:37Puisque l'on parlait
21:38de votre niveau de vie,
21:39Carlos Tavares,
21:39vous nous avez dit
21:40que vous ne seriez pas
21:41en toute hypothèse
21:42concerné par cette taxe
21:43de l'Ouven.
21:44Une question de Pierre
21:45au Standard Inter.
21:45Bonjour Pierre, on vous écoute.
21:47Oui, bonjour M. Tavares.
21:49Bonjour.
21:51Votre société vous a mis de côté
21:52parce que vos résultats
21:54n'étaient pas bons.
21:55Et vous partez
21:56avec une somme colossale,
21:58je dis bien colossale.
21:59Et vous, par contre,
22:00quand vous avez un ouvrier
22:01qui ne fait pas bien son travail,
22:02vous le mettez dehors.
22:03Et en plus,
22:04et en plus,
22:05je dis bien,
22:06il gagne mille fois moins que vous.
22:07Il n'y a pas un problème là.
22:09Quand vous parlez de coûts,
22:11qu'il faut réduire les coûts,
22:12mais attendez,
22:13mais il faut commencer par un haut
22:14pour réduire les coûts,
22:15mais vous avez vu le salaire
22:15que vous avez.
22:16Moi, je trouve ça scandaleux.
22:18Voilà, c'est tout.
22:19C'est tout.
22:19Merci Pierre, Carlos Tavares.
22:21Vous avez le droit
22:22d'être scandalisé.
22:23Moi, je ne le suis pas.
22:24Et vous dites même dans le livre
22:25j'ai gagné 80 millions d'euros
22:27en quelques années,
22:28en 4 ans à la tête de Stéphane.
22:30Je n'ai pas touché d'ailleurs
22:31puisque c'est des actions
22:32qui en ce moment
22:32ne sont pas en bonne position.
22:34Et j'aurais même aimé
22:35gagner plus si j'avais pu.
22:36Et alors ?
22:381500 fois,
22:401500 années de travail
22:42d'un intérimaire
22:43sur des chaînes de production
22:45de vos usines.
22:46Il faudrait dépasser
22:47le stade de l'émotion
22:48et de la pulsion
22:49pour arriver au raisonnement.
22:51Et je vous avance
22:51trois arguments
22:52que vous pouvez détruire
22:53à votre guise.
22:54Premier argument,
22:55quand il y a un contrat
22:56pour un pilote de Formule 1
22:58ou un joueur de foot,
23:00il y a deux parties qui signent
23:02et c'est contractuel.
23:03C'est une transaction.
23:04Personne ne s'en étonne.
23:05Pourquoi s'en étonner ?
23:06Pour un patron
23:07d'une grande entreprise.
23:08Point numéro un.
23:08Point numéro deux.
23:09S'il y a une question d'éthique,
23:11vous avez tout à fait
23:12la liberté
23:13de créer un programme,
23:14créer un parti politique,
23:16de gagner les élections
23:17et d'imposer la loi
23:18qui vous permet
23:19de faire
23:20ce que vous pensez
23:21être juste de faire.
23:22Ça,
23:23c'est un projet de société.
23:24J'en connais une
23:25qui n'a pas très bien fonctionné,
23:26ça s'appelait
23:26l'Union soviétique.
23:28Entre 500 fois
23:29ou 1500 fois
23:30le salaire d'un intérimaire
23:31ou 500 fois
23:32le salaire d'un employé moyen
23:33dans votre entreprise
23:35et l'Union soviétique
23:36qui a...
23:36Faites une loi.
23:37Il y a peut-être de l'éthique
23:38quand même.
23:38Stanislas Nershato,
23:39le patron de Doctolib,
23:40qui était à votre micro
23:40il y a quelques minutes,
23:41il dit que personne
23:42n'a besoin d'autant d'argent.
23:43C'est exact.
23:44C'est pour ça que tout à l'heure
23:45je suggérais
23:45que l'on pose la question
23:47aux gens qui sont concernés
23:48par la taxe Zuckman
23:49pour qu'ils fassent
23:49une proposition proactive.
23:51Je finis mon argumentation
23:52parce qu'il y avait
23:52un troisième argument.
23:52Il y a un troisième point.
23:54Troisième point
23:54qui est important.
23:55Vous avez en France,
23:56nous avons en France
23:57un prélèvement de richesse
24:00qui est parmi les plus élevés
24:01au monde.
24:03Nous avons en France
24:03un système de distribution
24:05de cette richesse,
24:07de rééquilibrage
24:08qui est le plus efficace
24:09au monde.
24:10Et nous avons
24:117 millions de pauvres.
24:12Comment vous expliquez cela ?
24:13Et vous savez que les ultra-riches
24:14ne paient pas la même proportion
24:16d'impôts que...
24:17C'est pour ça qu'il faut
24:18leur demander une contribution.
24:18Dernière question,
24:20Carlos Tavares.
24:21Il y en a beaucoup
24:22sur l'application de Radio France
24:23de Serge, Max ou Bruno,
24:25à la fois sur les airbags Takata
24:27et sur les moteurs PureTech
24:28qui sont devenus
24:30une vraie galère
24:31pour beaucoup d'utilisateurs
24:33et de propriétaires de véhicules.
24:35Est-ce que vous vous sentez coupable ?
24:37Est-ce que vous auriez dû réagir
24:38plus tôt sur ces deux dysfonctionnements majeurs ?
24:42D'abord, l'entreprise a été généreuse
24:45dans le traitement de ces sujets-là.
24:47Donc normalement,
24:48il y a les moyens
24:49et largement les moyens qu'il faut
24:50pour traiter ces problèmes-là
24:51de manière généreuse.
24:52Deuxièmement,
24:53il y a des structures
24:54dans les entreprises
24:55de notre taille
24:56et cotées en bourse
24:57qui donnent totale indépendance
25:00aux décideurs
25:01sur les sujets de qualité
25:02pour prendre des décisions difficiles
25:05avec un impact coût important
25:07indépendamment
25:08du leadership de l'entreprise.
25:10C'est-à-dire que l'entreprise
25:11et en particulier son patron
25:12ont la responsabilité
25:13de gérer les conséquences
25:14de la décision.
25:15La décision est prise par une entité
25:17qui a le pouvoir
25:19de le décider toute seule,
25:20c'est-à-dire la direction de la qualité.
25:21Donc, pas de responsabilité pour vous ?
25:23C'est ça que j'entends ?
25:24Non, ce que je dis,
25:24c'est qu'on a fait fonctionner
25:25tous les systèmes normaux
25:27dans une entreprise
25:28comme celle-ci.
25:29Pour vous qui vous décrivez
25:30comme un psychopathe
25:31de la performance,
25:32je vous cite,
25:34il y avait mieux à faire
25:36peut-être sur ce dossier ?
25:38Bien entendu,
25:39on peut toujours mieux faire.
25:40La vie, c'est du 80-20.
25:41N'oubliez jamais ça.
25:42Si vous avez pris 80%
25:43de bonnes décisions,
25:44c'est déjà excellent.
25:45Il y a des morts quand même
25:46avec les airs d'agata.
25:48Malheureusement,
25:48la mobilité,
25:49ça provoque ce genre de sujet.
25:51Merci Carlos Tavares.
25:52Merci à vous.
25:53Ce livre s'appelle
25:54Un pilote dans la tempête.
25:55Il vient de sortir
25:56aux éditions Plon.
25:57Merci.
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