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  • il y a 10 mois
Avec François-Xavier Ménage, auteur de "Les Oubliés" éd. Robert Laffont


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##LE_FACE_A_FACE-2025-10-27##

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News
Transcription
00:00La France dans tous ses états, le face à face.
00:04La France dans tous ses états, le titre de cette émission est particulièrement indiqué pour parler du sujet de notre invité du jour,
00:14François-Xavier Ménin, journaliste, et vous avez publié, vous publiez chez Lafon, un document historique, politique,
00:23qui fera date, on peut évidemment le compléter, et je crois que c'est un constat et c'est un témoignage percutant et pertinent.
00:35Vous êtes un journaliste de terrain, je suis journaliste moi-même, jamais le mot terrain ne m'est apparu, je disais aussi pertinent et percutant,
00:44qu'en lisant votre livre, c'est un boulot énorme, vous êtes allé dans la France, que l'on ignore, que l'on méprise, les oubliés,
00:52c'est un titre tout à fait indicatif, je dirais même que c'est un voyage au pays du réel, un réel que l'on ne veut pas voir,
00:59ou que l'on ignore, les oubliés, ce sont tous ces gens qui sont en marche, qui sont dans ce qu'on appelle la périphérie,
01:07Jérôme Fourquet et Jean-Christophe Guilly ont disserté sur les conditions sociologiques et géographiques,
01:13vous, vous allez les voir, vous les rencontrez, vous les faites témoigner,
01:16on se dit, on se dit que si la France en est là aujourd'hui, c'est que la situation est vraiment très grave.
01:23D'autres, d'autres personnalités comme Axel Kahn, Jean Lassalle, Gérald Delandrieu, mon confrère,
01:28ont traversé la France à pied pour voir, c'était cette même démarche,
01:32vous ne vous êtes pas contenté de traverser la France, d'aller voir ces paysages,
01:34vous êtes allé décrire des situations humaines, des réalités qui sont bouleversantes.
01:41C'est quoi les oubliés, en un mot ?
01:45Ce sont, et d'abord merci pour vos mots, parce que ça me touche beaucoup,
01:48le livre j'ai d'abord écrit avec mon ventre, et je l'ai écrit en tant que journaliste, et pas autre chose.
01:53Je vais vous donner un exemple de reporter.
01:55C'est une infirmière, dans un désert médical comme il y en a tant en France,
01:59les sables du désert médical n'arrêtent pas de bouger,
02:02c'est une infirmière qui en arrive pour aider des patients qui n'ont plus de médecins,
02:05donc ça veut dire plus d'ordonnances,
02:07cette infirmière travaille une partie de sa journée bénévolement.
02:10Elle ne les fait pas payer.
02:11Elle ne les fait pas payer, avec un coût immense pour elle, pour sa famille, pour sa santé,
02:17et le cœur de ce livre, c'est de se dire, que se passe-t-il,
02:21quand ces soldats du quotidien, invisibilisés, eux, dont on parle peu,
02:25qui n'ont pas toujours envie de prendre la parole,
02:26mais qui ont, en revanche, le sentiment d'être méprisés,
02:29qu'est-ce qui se passe quand leur moteur, à eux, s'arrête, ou est sur le point de s'arrêter ?
02:33On est dans le sacerdoce, on est d'accord, là vous voulez.
02:34On est dans le sacerdoce.
02:35Et à un moment donné, ils peuvent flancher.
02:36Ils peuvent flancher qu'est-ce qui se passe à sa suite ?
02:38Parce que, bien sûr, la plupart du temps, quand ils flanchent pas,
02:41c'est que ça leur coûte encore un peu plus,
02:43et se développe, chez eux, une colère,
02:45qui n'est pas la colère qu'on entend sur les réseaux sociaux,
02:48c'est pas le dégueulis, c'est pas les sauts de merde
02:50qu'on peut se prendre dans la gueule
02:51quand on allume son ordinateur, son téléphone,
02:54et parfois aussi la télé.
02:55On est dans toute autre chose.
02:57Cette colère, elle est insondable,
02:59on en parle rarement,
03:01elle n'est pas populiste, cette colère,
03:03elle est intrinsèque à de nombreux Français
03:05qui ont le sentiment de donner,
03:08mais de ne pas recevoir assez,
03:09et on parle pas de fric,
03:10on parle de reconnaissance.
03:13C'est une colère qui est quelquefois passive,
03:15qui est assumée,
03:17c'est un inventaire que vous faites.
03:18Vous faites un inventaire des réalités
03:20et des vulnérabilités.
03:22Vous tenez beaucoup à ce terme,
03:23des vulnérabilités françaises.
03:24On ne pourra pas décrypter la totalité des livres,
03:29il faudrait trois émissions
03:30et vous reviendrez certainement
03:31pour nous en dire davantage.
03:33Quand on lit votre ouvrage,
03:36quand on fait le point,
03:38quand on a fini le livre,
03:40on s'est dit,
03:40mais le pays dans lequel nous sommes
03:43n'est pas toujours une nation,
03:46n'est pas toujours une république.
03:47C'est pas possible que l'image que nous avons de la France,
03:50le pays des droits de l'homme,
03:51le pays des droits sociaux,
03:52le pays de la tolérance,
03:53liberté, égalité, fraternité,
03:55j'en parle même pas.
03:56Les scènes que vous décrivez,
03:57les situations que vous décryptez
03:59sont indignes pour la France.
04:02Et pourtant, il y en a de plus en plus.
04:04Alors, certaines sont, c'est vrai,
04:05indignes, choquantes, étonnantes.
04:07Et je précise bien que les oubliés
04:09peuvent être partout,
04:10y compris à l'autre bout de la rue.
04:11Il faut arrêter de penser
04:12que ceux qu'on ne connaît pas
04:13sont ceux qui habitent à l'autre bout de la France.
04:15Ils peuvent être partout.
04:15Vous le prouvez, ils sont partout.
04:16Et c'est pas seulement la périphérie,
04:18c'est pas seulement le monde rural,
04:19c'est vraiment, ça peut être partout.
04:22Mais il y a quand même
04:23des étincelles d'espoir.
04:25Et je vais vous donner juste un exemple
04:26qui relève du sémantique.
04:28C'est que la plupart des personnes
04:29que j'ai rencontrées,
04:31et il y en a des centaines
04:32en l'espace de 4 ans,
04:34emploient le « on » et pas le « je »,
04:36disent « nous » et pas « je »,
04:38évoquent du collectif,
04:40un esprit de métier,
04:42évoquent une territorialité
04:44dans ce que ça a de positif.
04:45Et donc, moi, je considère
04:47qu'il y a quand même encore
04:47énormément d'étincelles d'espoir.
04:49J'en rends compte aussi dans le livre
04:51parce que tout n'est pas pourri,
04:52tout n'est pas en train
04:53de se péter la gueule.
04:53Et par ailleurs,
04:55j'ai oublié de vous dire
04:55le plus important,
04:56il y a un seul critère,
04:58si je puis dire,
04:59pour évoquer le casting de ce livre.
05:01C'est que tous les Français
05:02que j'ai rencontrés
05:03sont dans l'action.
05:04Il n'y en a aucun,
05:05le cul sur son canapé,
05:06en train de dire que c'est foutu.
05:07Tous agissent,
05:08donc on ne pourra pas
05:09leur faire ce reproche-là.
05:10Ils font société,
05:13mais ils aimeraient
05:13qu'on les aide
05:14à ce que ce soit plus facile,
05:15que l'on parle à la fois
05:16des normes,
05:17des contraintes
05:18et aussi une question
05:19qui, moi, je trouve
05:20est abyssale.
05:21Qui définit aujourd'hui la France ?
05:23Pas un,
05:24la baissée des bras.
05:25Il y en a qui vous disent
05:26leur résignation,
05:27leur souffrance
05:28et je crois que leur dernier espoir
05:30c'est de continuer
05:30à se battre.
05:32Que ce soit celle
05:33qui a vécu toute sa vie,
05:34toute sa vie au SMIC.
05:36Un des premiers témoignages,
05:38c'est Patrick Arnay,
05:39c'est le conducteur,
05:40SDF,
05:41vous titrez SDF
05:43et pourtant il a un CDI,
05:46c'est-à-dire qu'il a un emploi,
05:47un contrat duré indéterminé,
05:49un emploi fixe,
05:50j'allais dire simplement rémunéré,
05:52mais ça tombe tous les mois.
05:53Pour autant,
05:53il n'arrive pas à trouver le logeant,
05:55il vit dans sa voiture.
05:57Mais c'est sage,
05:59quand on voit ça aux infos,
06:00on dit bon,
06:00c'est un phénomène épisodique.
06:03Non, c'est une réalité.
06:05Et là aussi,
06:05il faut rentrer dans les détails
06:06parce que c'est en contextualisant
06:07qu'on se rend compte aussi
06:08du moteur
06:10qui est celui de ceux qui,
06:11effectivement,
06:12ont envie quand même
06:13de servir.
06:14C'est vraiment pas une phrase
06:14qu'on entend souvent.
06:16Cet homme qui maintenant
06:17est en train d'avoir
06:17une situation qui s'arrange
06:18parce que la RATP
06:19qui l'embauchait en CDI
06:20a fini par lui proposer
06:22un logement
06:22parce que la RATP
06:23a un parc social.
06:24Mais tout ça ne se fait pas
06:25dans le domaine magique.
06:25Il n'y avait rien de disponible
06:26au moment où il était.
06:27Il n'y avait rien de disponible
06:28et c'était très très long
06:29et d'ailleurs au début
06:29il ne l'osait pas demander.
06:31Ça aussi,
06:31c'est une partie
06:32de la France silencieuse.
06:34Et ce qu'il avait
06:35comme priorité
06:35dans son budget
06:36chaque semaine,
06:37c'est de passer au pressing
06:38pour que sa chemise blanche
06:39qui est celle qu'il utilise
06:41dans les transports en commun
06:42quand il conduit des bus,
06:43que cette chemise
06:44soit impeccable.
06:45Et bien je pense
06:45que ça résume
06:46effectivement
06:48une France de la débrouillardise.
06:50J'ai tendance à dire
06:51la débrouillardise contrainte,
06:53subie,
06:53mais débrouillardise quand même.
06:54Dans sa misère
06:55parce que ça en est une
06:56de ne pas avoir d'habitat
06:57et il avait la chance
06:58d'avoir une voiture
06:58ou parler de quelqu'un d'autre
06:59qui vit sur des cartons.
07:01Il avait gardé le sens
07:02de la dignité
07:03et on sent cette énergie
07:04à l'intérieur.
07:04On reste droit
07:05même dans l'adversité.
07:07Oui, il y a la gratitude
07:08au bout de la rue.
07:09Là, c'est les éboueurs.
07:10Là aussi,
07:10profession essentielle
07:12dont certains
07:13vivent un cauchemar.
07:15Applaudis
07:15pendant le Covid
07:16et dès que c'est terminé.
07:17Au revoir,
07:18on n'applaudit plus.
07:18Et moi, j'ai suivi
07:19un jeune homme
07:20qui était dans les rues de Paris
07:21qui se lève très tôt le matin
07:22évidemment pour nettoyer ses rues.
07:24Il a une physique
07:25de, on pourrait dire,
07:26un peu,
07:26allez,
07:27Justin Timberlake
07:28ou Matt Pokora.
07:29C'est étonnant,
07:30c'est la mairie de Paris
07:31qui m'avait proposé
07:31de le suivre lui
07:32et donc,
07:34il nous expliquait,
07:34vous voyez cette rue là,
07:365h50 ou 6h,
07:37on va tout nettoyer
07:39et on va repasser
07:4045 minutes plus tard.
07:43On est repassés
07:4445 minutes plus tard.
07:45Je faisais le reportage
07:45pour TF1.
07:46Et les poubelles
07:46étaient encore plus pleines.
07:47Et là, c'était
07:48le bordel absolu.
07:48Ils m'ont dit.
07:49Voilà, je ne suis pas
07:49en train de dire
07:50que tous les Parisiens
07:51sont dégueulasses,
07:52évidemment que non.
07:52Mais en tout cas,
07:53ce qui est certain,
07:54c'est que cette notion
07:54de vivre ensemble
07:55est plus ressentie,
07:57plus pratiquée
07:58par certains
07:58que par d'autres
07:59et ça donne
08:00une société à deux vitesses.
08:02Mais on ne parle jamais
08:02de cette société à deux vitesses
08:03qui est celle du vivre ensemble
08:04ou pas du vivre ensemble.
08:05Vous décryptez,
08:07François-Xavier Ménage,
08:08des situations
08:08qui sont notre quotidien,
08:09notre réel.
08:10Je me rends compte
08:11que je passe ma vie
08:11à passer à côté
08:12de ce genre de choses.
08:14Il y a des moments
08:15où vous vous doutez
08:15qu'il y a quelque chose
08:16qui coince,
08:17mais il y a des situations
08:18où on ne peut pas imaginer
08:19que c'est ça.
08:21Donc, les oubliés,
08:22c'est vraiment les oubliés.
08:24Je rappelle aux éditions
08:25Robert Laffont,
08:26vous nous appelez
08:26au 0-826-300-300.
08:29Auditeur de Sud Radio,
08:30j'ai vraiment besoin
08:32de votre témoignage.
08:33Appelez,
08:34parce que je suis sûr
08:35que vous aussi,
08:36vous connaissez ce genre
08:36de situation.
08:37Peut-être que vous y êtes
08:38même directement confronté.
08:39En tout cas,
08:40vous savez bien
08:41que ce que François-Xavier
08:42nous raconte aujourd'hui,
08:43c'est une réalité française
08:44et elle n'est pas mineure.
08:46Alors, il y a la brigade
08:47de la RATP
08:47qui est de vivre ensemble.
08:48Là aussi,
08:49c'est Didier Robinou.
08:51Là aussi,
08:51témoignage extraordinaire.
08:52Donnez-nous un exemple,
08:53par exemple,
08:54de ce qu'il y a.
08:54Sur ces brigades
08:55effectivement de la RATP,
08:57en gros,
08:58pour le coup,
08:58ils se prennent des claques
08:59matin, midi et soir
09:00quand ils font des contrôles
09:02pour vérifier
09:02que les usagers
09:03ont ou non des tickets
09:04et ça déborde.
09:07C'est-à-dire qu'ils peuvent
09:08voir des scènes
09:09de drogue,
09:10de vente de drogue.
09:11Alors,
09:11c'est évidemment pas
09:11dans toutes les stations
09:12de métro de Paris
09:12mais c'est vrai
09:13et parfois,
09:14il faut même appeler
09:14d'ailleurs des agents
09:15de sécurité privés.
09:17En tout cas,
09:17la violence est installée
09:18aujourd'hui
09:18dans les rapports minimums.
09:19Voilà, exactement.
09:20C'est ça.
09:21Les rapports minimums.
09:22je crois que vous avez donné
09:22un mot-clé
09:23et donc,
09:24c'est intéressant
09:25de voir ceux qui,
09:26au quotidien,
09:27font en sorte
09:27que ce rapport minimum
09:29soit un peu enrichi
09:30et puis,
09:30il faut voir la passivité,
09:32le côté effectivement méprisé
09:33de ceux qui utilisent
09:35ces transports
09:35et qui ne font pas
09:36le boulot qu'il faudrait
09:36et c'est-à-dire
09:37réfléchir à l'autre.
09:38Aussi bêtement que ça.
09:38On est au-delà
09:39de la résilience,
09:40vous êtes d'accord ?
09:40On est au-delà
09:41de la résilience
09:42mais je prends soin
09:43quand même à chaque fois
09:44de préciser
09:44que vous avez quand même
09:46des soldats du quotidien
09:48qui sont très nombreux.
09:49c'est probablement
09:49le premier parti de France.
09:50C'est le parti
09:51de la débrouillardise.
09:52Ils ont parlé facilement,
09:54j'allais dire
09:54vous les faire parler.
09:55On sent qu'à un moment donné
09:56c'est vous
09:56qui avez usé
09:58beaucoup de perspicacité
09:59pour qu'ils arrivent
09:59à se confier à vous.
10:00Alors,
10:01moi ma méthode
10:01elle est simple
10:03et pas simple
10:03mais j'ai tendance
10:04à dire qu'il faut aller
10:05vers ceux qui ne lèvent pas le doigt
10:06et donc,
10:07je fais parfois
10:08du porte-à-porte.
10:09Je vais arrêter des gens
10:09spontanément dans la rue
10:10avec une idée précise en tête
10:12c'est-à-dire
10:12est-ce qu'on parle d'insécurité,
10:14est-ce qu'on parle de problèmes migratoires
10:15est-ce qu'on parle de pouvoir d'achat
10:16ensuite on discute
10:17et après
10:18quand on voit
10:18qu'il y a une matière intéressante
10:20et que cette personne
10:20face à moi
10:21est ok pour parler
10:22alors là on peut passer
10:23une journée,
10:23deux journées,
10:24trois journées
10:24avec cette personne
10:25et c'est là
10:26je pense que
10:27des scènes
10:27qui révèlent
10:28qui racontent notre société
10:29et bien elles font sens
10:31et elles permettent de surgir.
10:33Donc ça c'est le premier principe.
10:34Je ne vais pas vers ceux
10:34qui lèvent le doigt spontanément
10:35en tout cas pas tout le temps
10:36loin de là
10:36pourquoi vous intéressez à moi
10:37ce n'est pas intéressant
10:38ce que j'ai à vous dire
10:39et là
10:39là je pense qu'il faut combattre
10:41et je vais vous donner
10:41un petit détail
10:42qui en fait moi me heurte
10:43j'ai des collègues
10:45ces dernières semaines
10:46qui m'ont dit
10:46mais pourquoi tu as fait
10:47un bouquin sur les oubliés
10:48qu'est-ce qu'on en a à foutre
10:49ou alors
10:49mais écoute
10:50c'est bizarre
10:52que tu t'intéresses à ça
10:53mais alors
10:54déjà
10:55et puis d'autres qui me disent aussi
10:56mais c'est un peu militant
10:57de faire ça
10:57alors oui
10:58c'est le militantisme
10:59du reporter
11:00et du journalisme
11:01on est payé
11:02pour aller voir
11:03des gens
11:03qui n'ont pas la parole
11:04François-Xavier Ménage
11:05on marque une petite pause
11:06et je vais vous poser
11:07la question là-dessus
11:07parce que ce que vous avez à dire
11:08est très important
11:09à tout de suite
11:09vous restez sur Sud Radio
11:11pour nous écouter
11:12Sud Radio
11:13nous sommes avec
11:14François-Xavier Ménage
11:15qui a publié
11:17les oubliés
11:18vous voyez
11:18c'est un terme simple
11:20les oubliés
11:20mais on n'imagine pas
11:21à quel point
11:22il y a des oubliés
11:23en France
11:23mais c'est même la France
11:24qui s'oublie
11:25c'est la République
11:26qui est oubliée
11:26ce sont nos valeurs
11:27qui sont oubliées
11:29François-Xavier Ménage
11:30deux scènes
11:31deux chapitres
11:32montent
11:33elles sont au début
11:34du bouquin
11:34elles m'ont perturbé
11:36je vous jure
11:36c'est l'association
11:38la Scala
11:39à Nemours
11:40l'association
11:41pour de la musique
11:43qui est dans un quartier
11:44de mixité
11:44brûlée pendant
11:46les émeutes
11:47de juin 2023
11:48brûlée
11:49détruite
11:49comme vous dites
11:50par les grands frères
11:52de ceux à qui
11:53cette initiative
11:54était destinée
11:55et puis
11:56ce club de boxe
11:57de Mohamed Oudji
11:58à Amiens
12:00félicité par le Président
12:01de la République
12:02c'est brûlé également
12:03et rien derrière
12:04c'est quand même
12:05deux cas
12:05qui sont emblématiques
12:07de la folie
12:08dans laquelle on vit
12:08et de la tragédie
12:09que l'on traverse
12:10et d'abord de héros
12:11alors je prends bien
12:11soin de préciser
12:12qu'à chaque fois
12:13les incendies
12:14c'est quoi
12:14ils sont deux
12:15trois
12:16trois
12:26quatre
12:26évidemment
12:27on va pas généraliser
12:28mais c'est deux
12:28trois quatre
12:29qui foutent un bordel
12:29ensuite sans nom
12:30parce que ça casse
12:31le tissu social
12:32et le rapport aux autres
12:34et dans le cas
12:34de cette association
12:35ils se mettent dedans
12:36pour essayer de la protéger
12:37et puis finalement
12:38ils n'y arrivent pas
12:38et elle est brûlée
12:39entièrement brûlée
12:40exactement
12:40c'est pour l'association culturelle
12:42Laskala
12:42et ensuite pour Mohamed
12:44et son club de boxe
12:45à Amiens
12:45qui fabrique
12:46accessoirement
12:47disons-le
12:47j'ai envie de lui rendre hommage
12:49des champions
12:49d'Europe
12:50parfois même du monde
12:51il va les chercher
12:52dans la rue
12:53il se débrouille
12:53pour leur trouver des logements
12:54il appelle d'anciens footballeurs
12:56pour dire
12:56est-ce que tu peux pas
12:57me louer ton appart
12:57parce que là
12:58j'ai une graine de star
12:59qui deviendra quelqu'un
13:00mais il faut l'aider
13:01Mohamed c'est un héros
13:03c'est une machine à gagner
13:05c'est l'honneur de la République
13:06il a été salué par l'Elysée
13:08et il se sent aujourd'hui
13:09après avoir été salué
13:10sali
13:11pourquoi ?
13:11parce qu'il peut pas reconstruire
13:12sa salle de boxe
13:13alors qu'il est l'exemple même
13:15du vivre ensemble
13:16et que dans un quartier
13:17où il n'y a rien
13:18même pas de supérette
13:19dans cette banlieue d'Amiens
13:20et bien il est cet espoir
13:22et l'espoir
13:22à force d'être cabossé
13:24et bien c'est difficile de se relever
13:25il se relève quand même
13:27tous les jours
13:28donc racontons ces parcours
13:29qui donnent une autre image
13:31effectivement
13:31de la volonté d'y arriver
13:33quand pour le coup
13:33on n'est pas aidé
13:34revenons à Nemours
13:35association d'Ascala
13:36musique
13:37avec des instruments de musique
13:38un très joli local
13:39dans un quartier difficile
13:41sociologie particulière
13:43et des enfants
13:45des gamins
13:45viennent apprendre de la musique
13:47alors que si cette association
13:48ne s'était pas trouvée là
13:49ils n'auraient jamais pu accéder
13:51à cette culture musicale
13:52ça brûle
13:53ils sont obligés
13:53d'aller dans une espèce
13:54de zone commerciale
13:56artisanale extérieure
13:57qui n'a plus rien à voir
13:58c'est loin du quartier
13:59ça veut dire que les enfants
14:01du quartier
14:01comment s'appelle le quartier
14:02où était la Scala
14:03à Nemours
14:03je ne me souviens plus
14:04je ne l'ai plus en tête
14:04voilà peu importe
14:05ces enfants-là
14:06ne pourront pas continuer
14:07à accéder à de la musique
14:09qui leur faisait du bien
14:10qui les intégrait
14:11ou qui les épanouissait
14:12en tout cas
14:12qui leur ouvrait l'esprit
14:13et donc c'est tout à fait autre chose
14:15et bien rien
14:16pas de pouvoir public
14:17pas d'initiative
14:20j'allais dire politique
14:21pour que cette Scala
14:22soit reconstruite
14:23pas à la hauteur
14:25de ce qu'aurait voulu
14:27l'association
14:27là aussi
14:28sans caricature aucune
14:29la mairie répond
14:30on a aussi
14:31beaucoup d'autres urgences
14:32cet incendie
14:32ça nous coûte une fortune
14:33les assurances ne marchent pas
14:35on pourra reparler
14:35des normes en suite
14:36mais il y a un moment
14:37il faut se battre
14:38des mois et des mois
14:38maintenant ça se compte
14:40en années
14:40pour qu'ensuite
14:41il y ait reconstruction
14:43et ce qui est important
14:44à souligner aussi
14:45dans le cadre
14:46de cette association
14:46mais c'est vrai
14:47pour tellement d'autres
14:48c'est que vous avez
14:48des centaines de milliers
14:49de personnes
14:49qui essayent de faire du bien
14:50et que ce bien-là
14:51n'est pas toujours reconnu
14:52pour ce qu'il devrait être
14:53et qu'au bout d'un moment
14:54il y a une fatigue
14:55qui fait que ce n'est pas
14:55possible de continuer
14:56la responsable de l'association
14:58certains
14:58ils sont une infime minorité
15:00ils lui ont dit
15:01ne revenez pas
15:02ne revenez pas
15:02parce que
15:03vous dites ça
15:03ne revenez pas
15:04si on donne un peu le contexte
15:05il y a une notion
15:06de défiance
15:07et donc
15:08quand des associations
15:09sont traitées
15:11comme peuvent l'être
15:11des responsables
15:12politiques locaux
15:13ou des députés
15:14je ne dis pas
15:14que c'est bien ou mal
15:15je dis qu'aujourd'hui
15:16c'est que les émeutiers
15:17on considère que l'association
15:18qui était faite pour eux
15:19représente l'état
15:21la police, l'autorité
15:22et on fout le feu
15:23sans savoir ce que c'est
15:24c'est là où c'est un peu embêtant
15:25c'est le moins qu'on puisse dire
15:26parce qu'effectivement
15:27il n'y a plus d'hierarchisation
15:28donc on est dans un flou
15:31avec un problème de verticalité
15:33qui est évident
15:34et qui en paye le prix ?
15:36les habitants
15:36qui n'ont plus cette association
15:37et les bénévoles
15:39qui agissent
15:40et qui se disent
15:41mais jusqu'à quel point
15:42je vais pouvoir continuer
15:43dès l'instant
15:43où en face
15:45on me dit
15:45ne venez plus
15:45c'est une infime minorité
15:47mais sauf que
15:48ça crée un sentiment de peur
15:49et après
15:49on ne va plus de l'avant
15:50quant à Mohamed Oudji
15:51donc l'animateur
15:52du club de boxe
15:53Damien
15:53comme vous dites
15:54il a fait
15:55alors là
15:55on peut dire
15:56qu'il a fait des miracles
15:56et c'est vraiment
15:58il pourrait être qualifié
15:59d'utilité publique
16:00bien sûr
16:00il est reçu
16:01le gouvernement l'a dit comme tel
16:02il a été salué
16:03par l'ancien ministre des sports
16:04il est reçu à l'Elysée
16:05je crois
16:06le président de la république
16:07l'encourage
16:08en disant
16:08on sera là bien entendu
16:09parce que
16:10rappelons qu'Emmanuel Macron
16:12est Damien
16:12donc il connaît bien
16:13la réalité de ce terrain
16:14et j'ai du mal à croire
16:16quand vous dites
16:16il ne s'est rien passé
16:18la parole présidentielle
16:20la salle n'a toujours pas été reconstruite
16:22on voit des débris encore
16:24à même le sol
16:25et ce responsable
16:27vraiment d'association
16:28qui est
16:28j'insiste
16:29un fabricant
16:30de stars sportives
16:31il est obligé de bosser
16:32sur des tatamis
16:33avec un club de judo
16:34ou de karaté
16:35qui dit
16:35attendez c'est bon
16:36on n'a pas envie de partager notre salle
16:37parce que nous-mêmes
16:37c'est compliqué
16:38c'est à dire que c'est perdant
16:39pour tout le monde
16:40et cet homme
16:41est vraiment j'insiste
16:43un ambassadeur
16:44du vivre ensemble
16:45un héros
16:45je dirais un héros de la république
16:47un héros de la république
16:48il vient du mal
16:50il n'a fait rien
16:50il s'est investi
16:51il s'est intégré
16:52il fait vraiment tout
16:53pour que la république
16:54et il en parle
16:54avec des trémolos
16:55il parle de cette notion
16:58de république
16:59avec une force
16:59que j'entends assez peu
17:00et bien je pense
17:02que justement
17:02il faut donner
17:03la parole
17:04à ces personnes
17:05qui ont les deux mains
17:06sur le volant
17:07et qui connaissent mieux que d'autres
17:08la manière dont la France
17:10François-Xavier Ménage
17:11il nous donne une leçon
17:12Mohamed Oudji
17:13il nous donne une leçon
17:14de démocratie
17:15de citoyenneté
17:16de responsabilité
17:17alors je ne sais pas
17:18s'il a une vocation politique
17:19mais je serai un homme politique
17:20aujourd'hui
17:21j'irai voir cet homme
17:21et je m'inspirerai
17:23de son enseignement
17:24de sa ferveur
17:25de son énergie
17:26parce que ce sont des gens
17:26comme ça qui vont s'enlever la France
17:28je vous en donne un autre
17:29oui allez-y
17:30allez-y
17:30une prof qui avait fait Sciences Po
17:32étudiante brillante
17:33et qui avait d'ailleurs
17:34dans sa promo
17:35rencontré des personnalités
17:36qui aujourd'hui sont députées
17:37à l'Assemblée
17:38et elle dit
17:38non mais moi je ne voulais pas
17:39ce parcours-là
17:40et donc elle arrive ensuite
17:41dans une ville
17:42juste à côté de Paris
17:43dans le nord
17:44qui est en difficulté
17:46c'est moins qu'on puisse dire
17:46la ville et le lycée
17:48où elle va donner
17:49donc des cours
17:49et le plafond tombe
17:51et quand il pleut
17:52il pleut littéralement
17:53sur les élèves
17:54et elle dit
17:54quand on offre ça
17:56à des élèves
17:57retenez cette phrase
17:59c'est le rapport
18:00à la République
18:01qui s'abîme
18:02et je trouve que ça aussi
18:04c'est important
18:04à rappeler
18:04soyons factuels
18:05l'État dépense plus
18:06pour des élèves lycéens
18:08à Paris
18:08qu'en Seine-Saint-Denis
18:09voilà c'est écrit
18:10c'est noir sur blanc
18:11et donc
18:11là aussi le boulot du reporter
18:13c'est d'aller voir
18:14là où ça ne va pas
18:15pour faire le constat
18:16ce n'est pas moi
18:17qui donnerai les solutions
18:17vous savez qu'un jour
18:18celle qui est aujourd'hui
18:19porte-parole du gouvernement
18:20m'avait engueulée
18:21sur une émission de télé
18:21elle m'a dit
18:21oui mais enfin bon
18:22là vous donnez une France
18:23toute noire
18:23et vous apportez pas de solution
18:24elle m'avait engueulée
18:26j'avais voulu poursuivre
18:26la conversation après avec elle
18:27elle avait tourné les talons
18:29vous ne l'avez pas inventé
18:30cette phrase
18:31non mais ce qui est certain
18:32c'est que nous on n'est pas là
18:33pour apporter des solutions
18:33on est là pour décrire
18:34mais il y en a
18:36cela dit plein dans le livre
18:37des petites solutions
18:38localement
18:39qui sont inspirantes
18:40ça sera ma conclusion
18:42parce que là
18:42on est en train d'égrainer
18:43les tragédies
18:44et les souffrances
18:45bien sûr qu'à la fin
18:46de votre ouvrage
18:46on voit bien qu'il y a une lueur
18:48ce chapitre là
18:49vous l'avez intitulé
18:50la longue glissade
18:50des premiers de cordée
18:51ça veut dire que le premier de cordée
18:53qui dans la tête
18:53telle que l'avait définie
18:54Emmanuel Macron
18:55c'est le gagnant
18:56c'est le puissant
18:56le premier de cordée
18:57c'est pas celui-là forcément
18:58c'est aussi celui
18:59qui en bas de l'échelle
19:00fait en sorte que les autres
19:01s'en sortent
19:02et ces gens-là
19:02aujourd'hui en France
19:03ils n'existent pas
19:04on les considère pas
19:05on les considère pas
19:06et une fois de plus
19:07ce n'est ni du misérabilisme
19:08ou du populisme
19:09que de parler ainsi
19:10et l'autre problème
19:11qui est très important
19:13le problème de fond politique
19:14c'est que
19:15malheureusement
19:16heureusement
19:16on a parlé d'eux à un moment
19:17pendant le Covid
19:18et on a fait les promesses
19:20le Covid
19:20et les gilets jaunes
19:21et les gilets jaunes
19:22c'est vrai
19:22tout à fait
19:23ce qui sont deux moments
19:24très importants
19:25qui sédimentent énormément de choses
19:26dans cette colère
19:27même si moi la mienne
19:27est encore beaucoup plus large
19:28votre couverture est jaune
19:29c'est un petit
19:30bon d'accord
19:31j'ai cru que c'était
19:32le manifeste des gilets jaunes
19:34d'un certain gilets jaunes
19:35mais vous voyez
19:36mais ça fait partie
19:37de la réalité française
19:38oui mais sauf que
19:39je vais vous surprendre
19:40j'ai quasiment plus personne
19:42qui me parle des gilets jaunes
19:43sur le terrain
19:43comme si cette colère-là
19:45était maintenant
19:46dépassée
19:47évaporée
19:48veine
19:49je ne pourrais pas vous répondre
19:50mais beaucoup
19:51et si elle avait décuplé
19:53qu'on ne voyait pas là
19:53c'est l'arbre qui cache la forêt
19:54si elle était devenue une forêt
19:56qui un jour peut rebrûler
19:57alors c'est là où
19:58moi mon boulot s'arrête là
20:00je ne sais pas
20:00je ne sais pas
20:01parce qu'à la fin de votre livre
20:02on peut être inquiet
20:03on peut être inquiet
20:04mais pour autant
20:05si on n'apporte pas
20:06les solutions que vous suggérez
20:07et que d'autres suggèrent
20:09on a peut-être matière
20:10à s'inquiéter
20:10on a matière à s'inquiéter
20:11même si la colère
20:13j'insiste
20:13qui est très présente
20:15dans ce livre
20:15elle est souvent indicible
20:17elle est invisible
20:17elle est difficile à ranger
20:18et en vérité
20:20je crois que
20:20rappelez-vous
20:21en septembre
20:21on s'est tous dit
20:22quand il y avait une journée d'action
20:24qui était prévue
20:24qui ressemblait un petit peu
20:26à celle des gilets jaunes
20:26on s'est trompé
20:27il n'y a pas eu en tout cas
20:28de basculement
20:29ça ne se passe jamais comme ça
20:30rien ne se passe comme on croit
20:32il n'y a pas de météo politique
20:32rien ne se passe comme on croit
20:33en revanche
20:34et c'est l'intérêt de ce livre
20:36j'espère en tout cas
20:37qu'il sera perçu comme tel
20:38c'est que dans un pays
20:39où on est tous
20:39complètement paumés
20:41on a un nuage
20:42qui fait que vraiment
20:42c'est compliqué
20:43d'avoir des perspectives
20:44et de comprendre
20:45quel est l'état de cette société
20:46c'est super qu'on ait des politologues
20:48des sociologues
20:49qui nous disent
20:49aujourd'hui
20:50qu'elle est le thermomètre
20:51mais il y a un moment
20:52c'est super le thermomètre
20:53mais il faut voir
20:54ce qui pousse sur la terre
20:54et donc
20:55c'est le terrain
20:56qui nous permet
20:57de comprendre
20:58un tout petit peu plus
20:59les soubresauts
21:00très violents
21:01qui traversent la France
21:02cette France qui avance
21:03beaucoup plus vite
21:04qu'on ne croirait
21:04et donc je pense
21:05qu'il faut la décrire
21:06cette France qui avance
21:06en tout cas
21:07vous avez pris le thermomètre
21:08c'est pas qu'un thermomètre
21:09il y a aussi une ordonnance
21:11bien sûr
21:11mais surtout
21:12vous avez décrit
21:14la diversité des situations
21:16l'ampleur des souffrances
21:17et chez les plus malheureux
21:20jamais un mot méchant
21:21jamais un mot de haine
21:22oui
21:22un mot de ressentiment
21:24un mot de détresse
21:25tout en s'excusant
21:25jamais
21:26jamais d'animosité
21:27en disant
21:28pas d'esprit de vengeance
21:30pas de repris de revanche
21:31c'est fabuleux
21:32c'est très très juste
21:33ce que vous dites
21:34parce que c'est effectivement
21:35une colère très intériorisée
21:36qui bien souvent
21:37ne se traduit pas politiquement
21:39parce que je suis obligé
21:40d'être tout à fait transparent
21:41avec vous
21:41le livre est politique
21:43par définition
21:43puisqu'il parle de notre pays
21:44aujourd'hui
21:44j'en doutais pas
21:45mais
21:45quand est-ce que je parle politique
21:47avec mes interlocuteurs
21:48et ça m'a frappé
21:49de m'en rendre compte
21:50au fur et à mesure
21:50de l'écriture de ce livre
21:51c'est parce qu'à chaque fois
21:52c'est moi qui évoquais la question
21:54vous voulez que je vous dise
21:54tout le temps
21:55et pourtant ce n'est jamais ça
21:56et c'est ça la politique
21:58vous restez avec nous
21:59parce qu'on est avec
21:59François-Xavier Ménage
22:00qui a écrit Les Oubliés
22:01et là on va parler
22:02des paysans
22:02et là aussi
22:03il y a beaucoup beaucoup à dire
22:05et des témoignages
22:05absolument percutants
22:07et vous
22:07est-ce que vous vous reconnaissez
22:09dans cette France des Oubliés
22:10on attend vos témoignages
22:11au 0826 300 300
22:13sur Sud Radio
22:14on est ensemble
22:14jusqu'à 14h
22:15à tout de suite
22:16Nous sommes avec François-Xavier Ménage
22:27qui a écrit Les Oubliés
22:29qui a conçu
22:30j'allais dire
22:31qui a vécu Les Oubliés
22:32avec un parcours de 4 ans
22:35dans la France de la souffrance
22:38bon ce sont des tragédies
22:40qui dépracent
22:40les faits divers insurrectionnels
22:42parce qu'on suggère
22:43à un moment donné
22:43qu'évidemment
22:44un jour ça peut péter
22:45pour l'instant
22:45ça ne pèse pas
22:46un avertissement
22:46un avertissement historique
22:48quand même
22:48que votre ouvrage
22:50vous pointait
22:51alors là
22:51la fracture sociale
22:52est liée
22:53on en parle beaucoup
22:54consécutive à
22:55l'insouciance
22:56l'aveuglement
22:57la surdité
22:58j'allais dire
22:59l'arrogance
23:00de la classe politique
23:01consécutive à quoi ?
23:03des lâchetés
23:03des démissions
23:04des désertions même
23:06pour ne pas dire
23:07des collaborations
23:07d'un système
23:08avec un gâchis
23:09gigantesque
23:10un des plus gros gâchis
23:12c'est notre patrimoine agricole
23:13qui devrait nous rendre
23:14le pays le plus heureux
23:15et nos paysans
23:15devraient être les plus heureux
23:17et vous avez vécu
23:18de la détresse aussi
23:18et des situations
23:19absolument inextricables
23:20en prenant un exemple concret
23:21qui est un virus
23:23qui est en train de frapper
23:24donc c'était il y a un an
23:25qui était en train de frapper
23:26une grande partie
23:27des troupeaux en France
23:28en tout cas on avait peur
23:29que ça soit encore plus grave
23:30ça venait de Hollande
23:31ça continue
23:32la langue bleue
23:33et ça c'est fascinant
23:36tristement fascinant
23:37de voir que des agriculteurs
23:39qui ont mis parfois
23:40tout leur argent
23:41dans une entreprise familiale
23:43où ceux qui ont 75 ans
23:44aident encore leurs enfants
23:45et des petits-enfants
23:46qui aident aussi
23:47tout le monde dans le même bateau
23:48pour résumer
23:48et là ça se pète la gueule
23:50et ça se passe dans une souffrance
23:52sans nom
23:53et le seul qui les aide
23:55est le vétérinaire
23:56qui va là encore
23:57un peu comme l'infirmière
23:58dont je parlais tout à l'heure
23:58va travailler souvent bénévolement
24:00et va être cette écoute
24:02et cette attention
24:03qui fait que
24:04les agriculteurs
24:05ne tombent pas
24:06et ça c'est une
24:07j'allais pas dire majorité
24:08mais c'est une minorité silencieuse
24:10qui fait aujourd'hui
24:11l'agriculture en France
24:12qui n'est pas représentée
24:13qui n'est pas évoquée
24:14et dont on ne dit pas bravo
24:15et je pense que ces mots-là
24:16sont peut-être
24:17tout aussi essentiels
24:18que les aides économiques
24:19dont ils pourraient prétendre
24:20ce sont des scènes
24:21du 19ème siècle
24:22que l'on voit dans Dickens
24:23en Angleterre
24:24ou dans Zola en France
24:25où le médecin
24:26prête l'argent
24:27pour les médicaments
24:28mais on est en 2025
24:30on n'est pas en 1865
24:32ou en 1850
24:33il y a des situations
24:35qui n'ont pas évolué
24:37on est revenu
24:38on a fait une marche arrière
24:39sur des cas
24:42votre chapitre suivant
24:43s'appelle
24:44silence
24:44on trime
24:45une femme
24:46qui a été au SMIC
24:47à vie
24:48au SMIC
24:49à vie
24:50et c'est cette France
24:51qui fait ses courses
24:52la calculette
24:53à la main
24:54puisqu'une fois
24:55elle n'a pas pu payer
24:56elle a dû rentrer chez elle
24:57sans prendre ses courses
24:58c'est là où elle a décidé
24:59de faire des enveloppes
25:00dans une boîte en métal
25:02et ensuite elle va
25:03avec Patrice
25:04son mari je crois
25:04et avec la calculette
25:06elle fait les courses
25:07au centime près
25:08on pensait que c'était
25:09des cas isolés
25:10non
25:11il y a des gens
25:11qui font les courses
25:12en grande surface
25:13au centime près
25:14ce qui est très fort
25:16avec le témoignage de René
25:17c'est que
25:17puis je l'ai longuement suivi
25:19sur des mois et des mois
25:20donc je connais vraiment
25:21son histoire
25:22c'est le luxe du reportage
25:24exactement
25:24en Bretagne
25:24elle ne voulait pas
25:26qu'on donne le lieu exact
25:27donc évidemment je respecte
25:28mais pourquoi justement
25:28elle ne voulait pas ?
25:30parce que même quand elle calcule
25:31avec son téléphone portable
25:32le montant du caddie
25:33il ne faut pas que ça se voit
25:35elle le cache
25:35elle le cache
25:36pour des raisons
25:37qu'on comprend éminemment
25:38mais son objectif
25:40de vie
25:40était qu'elle puisse
25:42dépasser le SMIC
25:42et
25:43sans râler
25:44sans crier
25:45sans rien du tout
25:46et quand on parle
25:46d'une France de profiteurs
25:48prenons l'exemple de René
25:49parce que
25:50arrive le moment
25:51où elle ne peut pas payer
25:52sa facture de chauffage
25:53dans une maison
25:54qui est très énergivore
25:55elle va avoir le secours catholique
25:57elle va avoir le secours catholique
25:58qui très vite
25:59parce que sa situation
26:00est compliquée
26:01lui dit
26:01on va vous donner
26:02une enveloppe justement
26:03pour le coup
26:03un coup de main
26:03qu'est-ce qui se passe
26:05juste après ?
26:06René dit
26:06je vous rembourserai
26:07sur 12 mois
26:07l'association dit
26:09non non non
26:09on vous donne cet argent
26:11elle dit
26:12sœur de question
26:12d'autres ont plus besoin que moi
26:13voilà un récit
26:15qui
26:15le sens de l'honneur
26:16voilà
26:16et en se disant
26:18il y a peut-être
26:18plus malheureux que moi
26:19exactement
26:20et ça ce sont des témoignages
26:21qu'on n'entend jamais
26:22et c'est une France
26:23qu'on décrit peut-être pas assez
26:25parce que je pense que justement
26:26l'arme du reportage
26:27l'arme j'insiste
26:29c'est justement
26:30de décrire ces nuances
26:31qui vont nous faire comprendre
26:32c'est le principe du livre
26:33que en fait
26:34la France n'est pas
26:35tout à fait aussi caricaturale
26:37que ce qu'on voudrait faire croire
26:38alors Jean-François
26:38François-Xavier
26:40nous avons Jean-François
26:41qui nous appelle
26:42de Saint-Bonnière
26:43il dit
26:44je suis si réallié
26:45et oui nous sommes les oubliés
26:46Jean-François
26:47vous nous entendez ?
26:49Oui bonjour
26:49je l'entends
26:50vous voulez poser une question
26:52à François-Xavier Ménage
26:53ou vous voulez témoigner
26:54de quelque chose ?
26:55Non moi je vais vous témoigner
26:56tout simplement quoi
26:58nous le monde agricole
27:00pendant un an
27:01on a bloqué
27:01voilà
27:03on s'est battu
27:05Beste-Vong
27:05on nous a promis
27:07tant et plus
27:08et à la sortie
27:09il n'y a rien du tout
27:10Vous êtes dans quelle région ?
27:11Où se trouve Saint-Bonnière ?
27:12Au contraire
27:12je n'aime mieux que ça
27:13ils veulent nous
27:15ils veulent nous
27:16diminuer la PAC
27:17de 18%
27:18Où est-ce que vous êtes
27:19Jean-François ?
27:19Jean-François
27:22où est-ce que vous êtes
27:22en France ?
27:23Jean-François ?
27:24A Sabonner
27:25je suis dans le 31
27:26limite du 32
27:27En Haute-Garonne
27:29près du Gers
27:29entre Gers et Haute-Garonne
27:31d'accord
27:31en pleine Gascogne
27:32si on peut dire
27:32Voilà
27:33en pleine Gascogne
27:33un bon Gascogne
27:34Qu'est-ce que vous produisez ?
27:37Qu'est-ce que vous produisez ?
27:38Des céréales ?
27:38Donc 18%
27:39là sur la PAC
27:41qui va arriver
27:42Voilà
27:43Le problème
27:44c'est qu'aujourd'hui
27:45la France
27:45ne maîtrise plus rien
27:46C'est Mme Bandor-Layonne
27:48qui pousse qu'elle a bu
27:48Aujourd'hui
27:50les agriculteurs
27:51ont eu le moulin
27:52de l'échange
27:53pour que Mme Bandor-Layonne
27:54continue à vendre
27:55des voitures allemandes
27:56à l'étranger
27:56Oui c'est vrai
27:58C'est une réalité
28:00Vous avez vécu
28:01des situations tragiques
28:03ou non vous-même
28:03personnellement Jean-François ?
28:06Moi je vais vous dire
28:06moi personnellement
28:07non
28:08Mais autour de vous ?
28:08Autour de moi
28:09j'en ai vu quoi
28:09Voilà
28:11Moi je suis arrivé un jour
28:12chez deux agriculteurs
28:13avec un mois
28:16et demi de décors
28:17Je pense que je suis arrivé
28:18au bon moment
28:19Sans ça
28:21ça aurait été
28:21un petit peu plus
28:22et il passait à l'acte
28:24Je pense
28:25Je pense
28:26Je pense
28:26Voilà
28:27Quand vous voyez quelqu'un
28:28à qui vous parlez régulièrement
28:30qui a le sourire et tout
28:31et puis que là
28:32le gars
28:33il a voulu parler
28:34mais il n'est plus là quoi
28:35Pourtant
28:36on a eu des
28:37on a eu des initiatives politiques
28:39Egalim 1
28:40Egalim 2
28:41Egalim 3
28:42Gabriel Attal
28:44devant Samuel Defoin
28:46mais justement
28:47je crois que c'était
28:48dans le Gers
28:49qui dit qu'on va tout changer
28:51et qu'on va prendre
28:51le dossier à bras-le-corps
28:52Et on en est où aujourd'hui ?
28:55Mais rien du tout
28:56Mais rien du tout
28:57Mais je veux dire mieux que ça
28:59on est en train de nous passer
29:01une taxe sur les engrais azotés
29:03je pense qu'on va plus pouvoir fouiller
29:05Aïe Aïe
29:08On entend
29:10on entend votre
29:11on entend presque votre colère
29:12Au fond de vous
29:14Pour les engrais azotés
29:15je veux me le
29:16le truc un peu
29:16des engrais que j'ai acheté
29:18moi
29:18390 euros
29:20vaut aujourd'hui
29:21entre 560 et 580 euros
29:24C'est clair
29:25quand vous avez une semis
29:26qui fait 28 tonnes
29:27regardez combien ça fait
29:29et quand il vous en faut 3 ou 4
29:30regardez combien ça fait
29:31voilà
29:33et au commerce extérieur
29:36est-ce que
29:36C'est surtout la concurrence
29:40la concurrence de pays
29:41où on peut produire une agriculture
29:43avec des denrées interdites
29:45en France
29:45des ingrédients
29:46et vous vous êtes soumis
29:47à cette concurrence déloyale
29:48et je parle pas du Mercosur
29:50Jean-François merci pour votre témoignage
29:51effectivement ça corrobore tout à fait
29:53François-Xavier
29:54vous voulez réagir
29:55Juste un mot sur
29:56effectivement ces lois
29:57qui se sont multipliées
29:59avec beaucoup de bonnes choses
30:01à l'intérieur
30:01de l'avis général
30:02sauf que qu'est-ce qui se passe après
30:03vous avez aussi
30:04une fabrication
30:05de normes
30:07de règles
30:07qui étouffe
30:08quand on arrive encore
30:10à gérer des dossiers
30:11pour ce qui est du
30:11des dossiers
30:12pour les aides
30:13de la PAC
30:13de la PAC
30:14pardon
30:14il faut voir
30:15la complexification
30:17qui est très très compliquée
30:19pour des agriculteurs
30:19et certains qui disent
30:20bon je laisse tomber
30:21parce que je vais pas y arriver
30:21mais derrière il y a quoi ?
30:23il y a aussi
30:23et c'est une vraie question
30:24de fond de société
30:25qui est
30:25si vous n'avez pas
30:26les armes juridiques
30:27si vous n'arrivez pas
30:28à comprendre
30:28quelles sont toutes ces normes
30:29qui s'accumulent
30:30et bien vous coulez aussi
30:31je donne l'exemple d'élus
30:33qui rappellent
30:34400 000 normes
30:37quand on est maire
30:38il faut jongler avec 400 000 normes
30:39L'expression que vous utilisez
30:40c'est les normes
30:41qui abîment la république
30:42et quand vous avez par exemple
30:43la construction d'une route
30:44et que
30:45c'est ce que me dit
30:45le maire de Dreux
30:47et que vous devez vérifier
30:48s'il y a de l'amiante
30:49sur le bitume
30:50lui-même dit
30:51mais vous connaissez
30:51beaucoup de français
30:51qui vont lécher des routes
30:52et donc qu'est-ce qui se passe après ?
30:54Vous embauchez des juristes
30:55vous êtes obligé
30:56de demander à votre personnel
30:57en mairie
30:58de se former
30:59pour essayer de comprendre
30:59des décrets
31:00qui parfois sont d'ailleurs
31:01antinomiques les uns
31:02en tout cas
31:02l'administratif complexe
31:04et il faut de plus
31:04ce n'est pas du populisme
31:05moi dans le livre
31:06je compile
31:06toutes les promesses
31:07des anciens présidents
31:09de la république
31:09et de l'actuel
31:10nous disant que
31:11ça y est
31:11on va désépaissir le mammouth
31:12et que ça va se faire
31:13vraiment de manière
31:14extrêmement efficace
31:16bon c'est le contraire
31:17et derrière
31:18et ça c'est un ingrédient
31:20de base aujourd'hui
31:21de la colère
31:21c'est qu'il y a des promesses
31:22qui ne sont pas tenues
31:23et quand ces promesses
31:24ne sont pas tenues
31:25elles abîment le rapport
31:26à la politique
31:27avec de moins en moins
31:28de personnes
31:28qui considèrent
31:29que la politique leur parle
31:30et donc mon constat
31:31c'est que pour beaucoup
31:31de français
31:32sans que ce soit
31:33là encore un jugement
31:34la politique est dans
31:34la pièce d'à côté
31:35et on est en train
31:36de fermer la porte
31:36c'est le cas
31:37pour les familles
31:38monoparentales
31:39là aussi des situations
31:40tragiques
31:41et cette maman
31:42qui au bout du compte
31:44est obligée
31:45d'aller chercher
31:46des couches
31:47au restaurant du coeur
31:48elle n'ose même pas
31:49formuler la demande
31:50et c'est le responsable
31:51du restaurant du coeur
31:52qui lui propose
31:53mais le nombre
31:54de bébés
31:55et de très jeunes enfants
31:56aidés par les restos du coeur
31:58et l'explosion
31:59du nombre de ces cas
32:00depuis maintenant 10 ans
32:01est alarmant
32:02alors ça va bien
32:0328 000
32:03vous dites 28 000 bébés
32:05sont nourris
32:06directement ou indirectement
32:08par les restaurants du coeur
32:09et les restos du coeur
32:10et les restos du coeur
32:10disent
32:11on fait un travail
32:12qu'on n'a plus les capacités
32:13de faire
32:13parce qu'on n'a pas assez d'argent
32:14donc rappelez-vous
32:15il y a un an
32:16on s'est tous demandé
32:16si ça allait pouvoir continuer
32:18Coluche n'imaginait pas
32:19qu'il y aurait autant
32:19au contraire
32:20il s'est dit
32:20l'évolution fera
32:21qu'il y aura de moins en moins
32:22et il y en a de plus en plus
32:23et on en revient
32:24à cette question aussi
32:24d'associations qui disent
32:25on fait un peu le travail
32:26de l'Etat
32:26Etat qui pour autant
32:27fait beaucoup de choses
32:28et puis objectivement
32:29je ne voudrais pas être ministre
32:30aujourd'hui
32:30parce que c'est compliqué
32:31mais ce qui est certain
32:32c'est qu'il y a un problème
32:33d'efficacité
32:34qui est prouvé de toutes parts
32:35le principe du livre
32:36c'est d'aller voir
32:36ce qui se passe
32:37sur le terrain
32:38quand c'est efficacité
32:39les logements insalubres
32:40les logements insalubres
32:41vous les citez
32:42des cas qui sont hallucinants
32:44dormir dans les caves
32:44les tours de 14 étages
32:47en faillite
32:48sans ascenseur
32:49et des logements insalubres
32:51qui sont quand même loués
32:52alors il y a l'administration
32:53l'espoir
32:54des gens qui habitent là
32:55dans des conditions inhumaines
32:57des conditions inhumaines
32:58et on leur dit
32:58non on va réagir
32:59la préfecture va agir
33:00pour eux
33:01est-ce que ça aboutit ?
33:02ça c'est peut-être
33:04la métaphore aujourd'hui
33:05de ce que l'on demande
33:06à l'Etat
33:07on parle d'ascenseur social
33:08là c'est l'ascenseur tout court
33:0914 étages
33:10Mulhouse
33:11un immeuble qui effectivement
33:12était quelque chose
33:13de très couru
33:14dans les années 60
33:14et qui aujourd'hui
33:15est en décrépitude
33:16parce que quelques-uns
33:17ne payent pas leur charge
33:17et ensuite ça devient
33:18une boule de neige
33:20et un fardeau
33:21résultat des courses
33:222 ans qui n'ont plus d'ascenseur
33:24quand vous habitez au 14ème
33:25c'est quand même compliqué
33:25et à la fin
33:26l'immeuble est tellement
33:28en décrépitude
33:29que c'est l'Etat
33:30qui va aider
33:31par le biais de la mairie
33:32et à la fin
33:33et ça c'est tristement
33:35malheureusement
33:35la situation
33:36de pas mal d'immeubles
33:37en 2025
33:37et bien pour sauver l'immeuble
33:39il va falloir que la mairie
33:41transforme cet immeuble
33:42qui est issu du parc privé
33:43en HLM
33:45et donc là
33:46il y a un naufrage
33:47François-Xavier
33:47les conditions d'habitation
33:49et de logement
33:50ce sont
33:50j'allais dire
33:51des sujets
33:52des dossiers
33:53sur lesquels
33:53le pouvoir public
33:54peut agir plus facilement
33:55c'est des endroits qui existent
33:56il y a des contrats de location
33:57il pourrait y avoir
33:58une présence administrative
34:00ou publique
34:01plus forte
34:02allez poursuivre
34:03les vendeurs de toddy
34:05les marchands de sommeil
34:06et autres
34:06ça dure des années
34:08ils disparaissent
34:09ils savent très bien
34:09comment disparaître
34:10c'est parfois industrialisé
34:12ils sont quelques-uns
34:13à foutre un bordel sans nom
34:14et généralement
34:15vous n'arrivez pas
34:16à les arrêter
34:16et pour autant
34:17et là aussi
34:18il faut être tout à fait honnête
34:18une ville comme Saint-Denis
34:20qui est tristement connue
34:21comme étant la capitale
34:22du logement insalubre
34:22vous avez
34:23des élus locaux
34:25et des fonctionnaires
34:27qui travaillent
34:27mais d'arrache-pied
34:28ils ont créé une police
34:29des logements insalubres
34:31donc ils font des efforts
34:32monumentaux
34:33ils arrivent à obtenir
34:34des victoires
34:35mais ça se compte
34:36souvent
34:36sur le temps long
34:37c'est-à-dire en années
34:38pour réussir à obtenir
34:40gain de cause
34:40donc il y a énormément
34:41de personnes qui se battent
34:42avec eux
34:43franchement
34:43il faut les saluer
34:44mais ça ne suffit pas
34:45vous restez avec nous
34:46vous êtes sur Sud Radio
34:47vous nous appelez
34:48au 0826 300 300
34:52quand vient de le faire
34:53Claude
34:54que nous prenons
34:54dans quelques instants
34:55qu'il y a besoin
34:56de parler de la France
34:57des oubliés lui aussi
34:58à tout de suite
34:58Sud Radio
35:00votre attention
35:01est notre plus belle récompense
35:03midi 14h
35:04Sud Radio
35:05la France dans tous ses états
35:07nous sommes avec
35:08François-Xavier Ménage
35:09qui a publié
35:10Les oubliés
35:11chez Robert Laffont
35:11qui est un résumé
35:13à la fois terrifiant
35:14mais plein d'espoir
35:16plein d'espoir
35:17si la classe politique
35:18a le courage
35:18de s'en saisir
35:19sur la détresse française
35:20sur la fracture sociale
35:21nous sommes avec Claude
35:22qui nous appelle
35:23de Perpignan
35:24en Catalogne
35:25bonjour Claude
35:27est-ce que vous êtes
35:28est-ce que vous êtes
35:28oui bonjour
35:30j'étais un habitué
35:33de la séquence de temps
35:34et la première fois
35:35que je vous ai en direct
35:36je vous félicite
35:37que ce soit vous
35:38c'est un honneur
35:39pour moi aussi
35:39mon cher Claude
35:40est-ce que vous êtes
35:41est-ce que vous êtes
35:42un oublié
35:42alors est-ce que vous êtes
35:43un oublié
35:43ou est-ce que vous
35:44connaissez des oubliés
35:45non alors des oubliés
35:47si vous voulez
35:47moi j'en connais
35:48parce que j'en suis
35:49entouré aussi
35:50ma fille fait des maraudes
35:51à Toulouse
35:52enfin je veux dire
35:52bon les oubliés
35:53on en voit partout
35:54mais je voudrais
35:56vous livrer simplement
35:57une réflexion
35:58quand vous parliez
35:59de classe politique
36:00en fait
36:00moi je me demande
36:01si un des drames actuel
36:04c'est pas la coupure
36:06qu'il y a
36:06entre les gens
36:08qui font des carrières
36:09politiques
36:09et ça c'est plutôt
36:10les gens qui sont
36:11au niveau national
36:13alors que les maires
36:14comme celui
36:14qu'on a eu tout à l'heure
36:16le maire de Vendée
36:16qui a une réussite
36:18exceptionnelle
36:19Christophe Augard
36:19il y a des gens
36:20maires les herbiers
36:21il y a beaucoup de gens
36:22il y a beaucoup de gens
36:23en politique
36:23mais il y a des petits maires
36:24aussi en compris
36:25méritants
36:25et là on apprend
36:28la macroéconomie
36:30la macro société
36:31on n'apprend pas
36:32les gens
36:33on ne voit pas
36:34les gens
36:34qui sont dans le cambouis
36:35en fait
36:35et les oubliés
36:36il y a ceux
36:37qui sont dans le cambouis
36:38les maires
36:38tous les gens
36:40qui s'engagent
36:41qui sont dans la société
36:42qui fait autre
36:43et qui se dévoulent
36:44pour essayer
36:45de résoudre
36:45les problèmes
36:46micro
36:47mais qui empoisonnent
36:48la vie de tous les gens
36:49alors qu'en haut
36:50on a des gens
36:51finalement
36:51ils résonnent en macro
36:52ils ne voient rien
36:53et puis j'entends les rues
36:54Justement François-Xavier Ménage
36:57fait un chapitre
36:57sur les maires
36:58les petits maires
36:59les oubliés de la République
37:00eux aussi
37:00ce sont des héros
37:01Justement la maire
37:02d'une petite commune
37:03à une heure de Paris
37:04vraiment 500 habitants
37:05qui me dit
37:06j'ai l'impression
37:07qu'on oublie la France
37:07elle est sans étiquette
37:09et ce qu'elle raconte
37:09est très très intéressant
37:10elle va plus loin
37:11d'ailleurs je ne suis pas
37:12la seule à avoir le sentiment
37:13qu'on nous oublie
37:14les électeurs eux-mêmes
37:15oublient la politique
37:16et elle livre une scène
37:18qui pour moi
37:19résume incroyablement
37:21le rapport
37:22de certains Français
37:23en tout cas avec la politique
37:24elle décrit
37:25parce qu'elle les a regardés
37:26les électeurs
37:28qui viennent
37:28dans sa mairie
37:29voter le jour
37:30des européennes
37:32et elle dit
37:33ils sont agarres
37:35ils ne savent même plus
37:36je caricature sa phrase
37:37qui est gentil
37:38qui est méchant
37:39et si ça changera
37:40quoi que ce soit
37:40et bien décrire le visage
37:42de ces électeurs
37:43au moment où ils posent
37:44leur bulletin dans l'urne
37:45raconte quelque chose
37:46d'une fragmentation
37:47qui n'est pas très heureuse
37:48après est-ce que c'est foutu
37:50évidemment que non
37:50mais en tout cas
37:51il faut questionner
37:52effectivement ce rapport
37:53à la politique
37:54pour beaucoup
37:55c'est devenu quelque chose
37:56je considère moi
37:57de vaporeux
37:58et là aussi
37:59c'est pas une bonne nouvelle
38:00bien sûr
38:00vous êtes en train
38:01d'expliquer
38:02et vous l'écrivez bien
38:04dans le livre
38:04cette détresse
38:06ces oubliés là
38:07c'est une machine
38:07à l'abstention
38:08c'est des gens
38:09qui ne croient plus
38:09dans nos institutions
38:10qui ne croient plus
38:11dans la classe politique
38:13en gros
38:13qui ne croient plus
38:14la république pour russe
38:15c'est un 20 move
38:17totalement virtuel
38:18et ils sont déconnectés
38:19les gens
38:21ce que vous dites
38:22ils ne se reconnaissent plus
38:23dans leurs représentants
38:24oui absolument
38:25l'école
38:28on sait que c'est l'école
38:30la solution
38:30c'est là où il faudra
38:32prendre le combat
38:33le taureau par les cornes
38:34l'école
38:35quand vous la décrivez
38:36il y a des scènes
38:36qui sont absolument
38:37ubuesques
38:38le lycée de la honte
38:39à Pantin lycée
38:40Bertelot
38:40on a du mal
38:42à croire que c'est une réalité
38:43où les professeurs
38:45font des cagnottes
38:45pour certains enfants
38:46qui dorment
38:47dans la voiture
38:48de leurs parents
38:49faute de logement
38:50c'est les profs
38:51qui font un boulot
38:52déjà que c'est des héros
38:53mais alors là
38:53pardon
38:53il faudra leur donner
38:54des médailles
38:54ils le font sans bruit
38:55sans rien
38:56et c'est une cagnotte litchie
38:57et au bout de quelques semaines
38:58on arrive à sauver des enfants
39:00qui vont pouvoir avoir
39:00un logement Airbnb
39:01voilà un peu le type
39:03de débrouillardie
39:04chez ces profs
39:04qui par ailleurs
39:05endurent quand même
39:06un quotidien pas très simple
39:07et des élèves
39:08eux-mêmes
39:09quand vous les interrogez
39:10moi c'est ce que j'ai fait
39:10aux portes de Paris
39:11ils disent
39:11mais attendez
39:12à 4 kilomètres
39:12on a des établissements
39:14qui c'est vrai
39:15ce sont des établissements
39:15d'excellence
39:16et nous on a moins
39:17d'argent public dépensé
39:18pour nos études à nous
39:19alors qu'on en a plus besoin
39:21et puis les petites écoles
39:23dans les tout petits villages
39:24où généralement
39:25vous le savez
39:25le budget pour les écoles maternelles
39:27et primaires
39:27pour ce qui est des murs
39:28ça relève de la commune
39:30il y a des inégalités
39:31parce qu'il y a des communes
39:32on le sait
39:32mais on le rappelle
39:33qui ont beaucoup d'impôts
39:34qui touchent beaucoup d'impôts
39:35qui ensuite peuvent fabriquer
39:36ou retaper des écoles
39:38beaucoup mieux
39:38que là où il n'y a pas d'impôts
39:39et bien vous avez
39:41des élus
39:42je prends l'exemple
39:43dans le Morbihan
39:43des élus qui 5 jours
39:45avant la rentrée des classes
39:46début septembre
39:47appellent tous les adjoints
39:48et aussi des ados
39:49à qui on va donner
39:49un peu d'argent de poche
39:50et on repeint
39:51et on s'occupe
39:52des fils électriques
39:53et on repimpe
39:54d'une certaine manière
39:55ces écoles
39:55pour que le jour de la rentrée
39:57le lundi
39:57les parents et les élèves
39:58disent super
39:59elle est quand même convenable
39:59cette école
40:00ça a personne n'en parle
40:02il n'y a jamais de publicité
40:03faite à ces élus
40:04qui sont les élus
40:04de la débrouillardise
40:05et franchement
40:06ils font société
40:07on peut pas le dire autrement
40:08c'est le cas
40:09de l'école Sainte-Anne
40:10à Bain-de-Bretagne
40:11avec des profs
40:12qui mettent la main
40:13à la pâte
40:13et c'est une école privée
40:15et on fait des tombolas
40:17et on essaye de faire en sorte
40:18de récolter un petit peu d'argent
40:19et puis on découvre ça
40:21il y a du mécénat
40:22pour des écoles
40:22aujourd'hui en France
40:23donc c'est intéressant aussi
40:24de voir ce système
40:25de débrouillardise
40:26où on va draguer
40:27des entreprises
40:28pour dire
40:28vous pouvez nous aider
40:28à retaper telle école
40:29ça c'est vrai
40:30dans le parc privé
40:30et ainsi
40:31l'école s'en sort
40:33un petit peu mieux
40:33donc qu'on arrête de dire
40:34qu'il n'y a pas assez
40:35de débrouillardise du quotidien
40:36dans les rues de France
40:37François-Xavier Ménage
40:39pour revenir
40:39à ce que Claude dénonce
40:40cette rupture
40:41entre les élites politiques
40:42et le peuple
40:43vous avez forcément
40:44au cours
40:45de vos enquêtes
40:46de votre enquête
40:47de ce voyage
40:49dans la détresse française
40:50rencontré des élus
40:51vous avez interpellé forcément
40:52je ne sais pas à quel niveau
40:53c'est que vous avez vu
40:54quelquefois des ministres
40:55en tout cas vous avez vu
40:55des parlementaires
40:56vous ne leur en avez fait pas
40:56qu'est-ce qu'ils vous répondent ?
40:58Alors il y a deux cas de figure
40:59il y a ceux qui me disent
41:02mais attendez
41:02vous ne vous viendriez pas
41:03au ministère
41:04pour nous expliquer
41:04ce qui se passe sur le terrain
41:05ce à quoi je réponds
41:06attendez que le livre sorte
41:07et puis vous me direz
41:08votre commentaire
41:09mais moi j'insiste
41:10je suis juste reporter
41:10mais c'est un mode d'emploi
41:12vous êtes d'accord
41:12le constat
41:13non non
41:14mais rien que le constat
41:15déjà de mettre le doigt
41:17sur ce qui fait mal
41:18et ensuite les solutions
41:19vous les suggérez
41:20entre les lignes
41:21en tout cas
41:21solution de débrouillardie
41:22c'est certain
41:23et puis
41:24et moins de normes
41:25je crois que tout le monde
41:26est d'accord là-dessus
41:26c'est transpartisan
41:27après je ne suis que reporter
41:29et puis vous avez
41:30Ah c'est pas le bouquin
41:31d'un homme politique
41:31ah non
41:32ah non
41:33c'est tout le contraire
41:34et c'est la preuve
41:35vous vous faites un constat
41:36du réel
41:37avec vos mots
41:38les mots de la sincérité
41:40le témoignage des gens
41:41qui vous parlent
41:42avec le coeur
41:43et avec leur trip
41:43et on sait qu'un homme politique
41:45va vous faire un discours
41:46énarchique
41:47mais vous voyez
41:48là aussi il faut faire gaffe
41:49il faut raccourcir
41:49parce que moi je rencontre
41:50assez peu de
41:51ces héros du quotidien
41:52je rencontre assez peu
41:53qui disent
41:53ils sont tous pourris
41:54de toute façon
41:55je ne veux plus jamais
41:55entendre parler de la politique
41:56c'est pas vrai
41:57ils savent aussi
41:58que c'est compliqué
41:58ils savent qu'on manque d'argent
42:00qu'on a quand même
42:00un budget qui ne va pas
42:01très très très bien
42:02et d'ailleurs parallèle
42:03assez fou
42:03le nombre de personnes
42:04qui m'ont dit
42:04mais attendez
42:05moi je suis obligé
42:06de gérer mon budget
42:06non c'est foutu
42:07or au niveau de l'état
42:08ça n'est pas le cas
42:09bref
42:09ça c'est quand même
42:10aussi un décalage
42:11qui est assez peu expliqué
42:12par les dirigeants
42:13mais en tout cas
42:14pour revenir à l'essentiel
42:15c'est vrai aussi
42:16qu'il y a aujourd'hui
42:18un désintérêt
42:18et puis on parle toujours
42:20de cette netflixisation
42:21de la vie politique
42:22alors on a juste oublié
42:23une chose
42:24c'est qu'en fait
42:25nous on est journalistes
42:25on les regarde tous
42:26les épisodes
42:26mais dès l'instant
42:28on ne regarde pas
42:28tous les épisodes
42:29on commence à être paumé
42:30et là c'est tellement complexe
42:31que effectivement
42:32ça participe
42:33du brouillard ambiant
42:35et beaucoup de français
42:35qui disent
42:36mais je ne comprends plus
42:37je vais vous donner
42:37juste une anecdote
42:38je ne comprends même plus
42:39c'est la phrase que j'ai entendue
42:40à Brissure-Marne
42:41il y a 15 jours
42:41un jeune électeur
42:42qui avait un tract
42:44qu'on lui distribuait
42:44avec Bruno Retaille au-dessus
42:45il dit c'est qui ?
42:47donc le militant LR
42:48dit c'est l'ancien ministre
42:50de l'Intérieur
42:50ah bon il était ministre quand ?
42:51pendant un an
42:52ah bon ça n'a pas duré
42:53trois jours lui
42:53et le même électeur paumé
42:55d'ajouter je ne sais plus
42:56qui sont les gentils
42:57et les méchants
42:58donc ça raconte aussi
43:00ce désarroi
43:01et cette désorientation
43:03disons-le
43:03d'une partie en tout cas
43:05des électeurs français
43:06si tant est qu'il puisse
43:07comprendre ce qu'il y a
43:07dans le tract
43:08parce que vous avez même
43:08aujourd'hui des jeunes
43:09et des adolescents
43:10qui ont un problème de lecture
43:11à la deuxième page
43:12ils décochent
43:13parce qu'ils ne comprennent pas
43:14François-Xavier Ménage
43:16on va parler évidemment
43:17d'un thème aussi douloureux
43:18récurrent
43:19qui est l'immigration
43:20vous l'approchez à votre façon
43:21avec beaucoup de précision
43:22beaucoup de prudence
43:23vous dites
43:24immigration
43:24tout le monde est perdant
43:25oui parce qu'il suffit
43:26de regarder le problème
43:27à 360
43:28c'est-à-dire de suivre les migrants
43:30moi je l'ai fait à la porte
43:30d'entrée et de sortie
43:31de notre nation
43:33c'est-à-dire à Menton
43:34à la frontière italienne
43:36et ils repartent par le nord
43:37et quand vous suivez
43:38des migrants
43:38sur plusieurs semaines
43:39quand vous suivez
43:41parallèlement à ça
43:42des policiers aux frontières
43:43quand vous suivez
43:44des associations
43:44et des riverains
43:45et bien le regard
43:47de tout le monde
43:47c'est pas possible autrement
43:48c'est pour ça que
43:49le terrain est encore
43:50je pense
43:50la religion
43:51qui le rend le plus éclairant
43:53et le plus éclairé
43:54et bien vous avez
43:55un regard qui change un peu
43:56et effectivement
43:57c'est un jeu
43:58à somme négative
43:59et vous n'avez
44:00que des souffrances
44:02des incompréhensions
44:02beaucoup beaucoup
44:03beaucoup d'incompréhensions
44:04la détresse humaine
44:06est devenue une réalité
44:07en France
44:08dans des secteurs
44:09d'activité
44:10qu'on peut ne pas soupçonner
44:11dans des catégories sociales
44:13même
44:13dont on se dit
44:14ils sont à l'abri
44:14personne n'est plus
44:16à l'abri
44:16aujourd'hui
44:17de la précarité
44:18d'une détresse
44:19d'une insuffisance
44:20des gens qui finissent
44:21la fin du mois
44:21de façon j'allais dire
44:23héroïque
44:23et pourtant
44:24on garde espoir
44:26c'est vrai
44:26parce que
44:27le constat
44:28vous avez raison
44:29il est double
44:29d'abord c'est qu'il y a
44:30quand même
44:30collectivement
44:31encore des capacités
44:32à s'en sentir
44:33après les français
44:33sont plus optimistes
44:34sur eux-mêmes
44:35que sur le collectif
44:36et puis après
44:36il y a quand même
44:37des chiffres
44:37qu'il faut rappeler
44:38je les ai sous les yeux
44:38
44:39mais bon
44:40maintenant c'était
44:4010 ans dans les années 70
44:41pour devenir proprio
44:43maintenant il faut
44:4323 ans
44:44cette crise du logement
44:45elle est dingue
44:45l'inflation
44:46autre point important
44:47elle n'est pas digérée
44:48pour beaucoup de français
44:49et puis
44:50accessoirement
44:51et c'est plus important
44:52on parle de l'échelle sociale
44:53moi je parle de gâteau
44:54le gâteau n'est pas
44:55en train de grossir
44:56et pour beaucoup de français
44:57l'inquiétude est de savoir
44:58quelle sera la part
44:59qui sera dans leur assiette
45:00pour eux
45:01pour leurs enfants
45:01sans compter ceux qui aident
45:03déjà leurs parents
45:04donc tout ça
45:04rentre en compte
45:05de manière tellement
45:06plus intense
45:07qu'il y a 20 ou 30 ans
45:08je ne dis pas que c'était
45:08mieux avant
45:09clairement pas
45:09mais en tout cas
45:10on est dans des dynamiques
45:12différentes
45:12plus dures à décrire
45:13plus dures à définir
45:14et c'est le principe du bouquin
45:16que d'essayer d'apporter
45:17un éclairage
45:18sur ce qui se passe
45:19sur le terrain
45:20et je pense que
45:21j'espère
45:21j'espère que ça éclaira
45:23ce qui sent de paumé
45:23un très grand défi
45:24parce qu'à la conclusion
45:25de votre bouquin
45:26c'est la république
45:27dans son esprit
45:28dans son essence
45:29qui a été oublié
45:31François-Xavier Ménage
45:32merci
45:32les oubliés
45:33aux éditions
45:34Robert Laffont
45:35enquête aux racines
45:36de la colère française
45:38et plus encore
45:39nous allons retrouver
45:40Brigitte Laé
45:42qui va nous parler
45:42de sujets
45:43peut-être plus rassurants
45:44peut-être plus
45:45j'allais dire
45:46réconfortants
45:46mais bon
45:48c'est aussi
45:48une image de la France
45:50qui est dans tous
45:51ses états aujourd'hui
45:52en l'occurrence
45:53elle était très en souffrance
45:54mais gardons espoir
45:55pour que les choses
45:55s'améliorent
45:56merci
45:56Sud Radio
45:58Parlons Vrai
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