00:00La grande interview sur CNews et Europe 1, tandis que la crise de nerfs se poursuit sur le budget à l'Assemblée Nationale,
00:07cette question, est-ce qu'on approche dangereusement du point de rupture sur le consentement à l'impôt en France ?
00:13En somme, est-ce que Nicolas qui paye n'en peut plus de payer ?
00:16Sur ces questions, je reçois ce matin un spécialiste. Bonjour et bienvenue Charles de Courson.
00:20Bonjour.
00:21Merci de votre présence, vous avez été rapporteur général du budget, vous êtes député Lyotte de la Marne,
00:26doyen des députés à l'Assemblée, avant d'évoquer M. de Courson, les questions sur le budget et la poire aux taxes surtout,
00:32regardons ce qui s'est passé cette nuit en Argentine.
00:35Des scènes de joie, de liesse, qu'est-ce qui s'est passé ?
00:56Eh bien l'homme dit à la tronçonneuse pour tailler dans les dépenses, Ravière Milley voit son parti conforté dans les élections,
01:02c'est une large victoire qui lui permet donc de poursuivre sa thérapie de choc pour assainir les finances publiques.
01:09Est-ce qu'il faudrait selon vous Charles de Courson un Milley français ?
01:14Le peuple français n'est pas le peuple argentin. Voilà. Peuple argentin, c'est vrai, a élit le président Milley en rejetant une bonne partie du reste de la classe politique.
01:28A fou et rare.
01:30Absolument, oui, oui, videz-les tous.
01:32Oui, le dégagisme de France.
01:34Le dégagisme, voilà.
01:35Et la France, je pense, est en train d'être aussi concernée par le dégagisme. Pourquoi ?
01:43Parce que que ce soit les péronismes ou la droite argentine, ils ont été incapables de gérer correctement le budget de la nation argentine.
01:55Et donc, je crois que si le président Milley a fait 40% des voix, il n'a pas fait plus de 50, mais il a fait 40 et donc il a la minorité
02:04et qui lui permet de continuer à coup de décret à essayer de redresser l'Argentine.
02:11Et je crois que la leçon qu'on peut tirer de tout ça, c'est que la priorité de la France, c'est de réduire la dépense publique.
02:20Parlons-en, parce qu'au moment où vous dites cela, où des pays, en tous les cas, assainissent leurs finances publiques,
02:24est-ce que vous estimez, avant qu'on rentre dans les questions de budget de détail, Charles de Courson,
02:28qu'on risque d'approcher dangereusement du point de rupture, du consentement à l'impôt ?
02:33Est-ce que c'est un débat qui commence vraiment à être posé dans notre pays ?
02:36Oui, oui, et pas simplement pour les gens les plus aisés.
02:40C'est aussi la réaction de nos concitoyens les plus modestes, qui disent on en a marre de travailler pour alimenter un système,
02:49alors que ceux qui vivent de la solidarité nationale ont un niveau de vie pas très différent de nous qui travaillons.
02:56Et ça, c'est une injustice fondamentale.
02:59Et les gens modestes disent que ce n'est pas juste.
03:02Position que je partage.
03:04Donc le problème, c'est comment est-ce qu'on peut écarter le SMIC net des revenus de solidarité ?
03:09J'ai fait des propositions d'ailleurs depuis plusieurs années pour écarter de 200-250 euros le SMIC net des minimas de solidarité.
03:19Est-ce que si je vous comprends bien, le risque, c'est une rupture du consentement en précision de quoi il s'agit ?
03:23C'est-à-dire de ne plus consentir à payer et à participer à l'effort de solidarité nationale ?
03:30Voilà.
03:30Ce n'est pas rien.
03:32Mais pour les gens raisonnables auxquels j'essaie d'appartenir, à ce moment-là, il faut dire, très bien, mais quelles sont les dépenses publiques qu'il faut réduire ?
03:41Et si on était une démocratie un peu mature, ça serait ça la discussion centrale et pas...
03:47Quels impôts augmenter ?
03:48La foire aux impôts, on va résoudre le problème de l'énorme déficit français à coup d'augmentation des impôts, alors que nous sommes déjà le peuple le plus imposé.
04:01Parlons-en. D'abord, est-ce que la France, selon vous, aura un budget d'ici à la fin de l'année ?
04:06Je rappelle Charles de Courson, c'est quoi ? C'est 3716 amendements éclusés d'ici le 4 novembre, donc une moyenne de 302 jours ?
04:14Oui, oui, mais de toute façon, au rythme à lequel ça s'est passé les deux premiers jours, on a encore 3000 amendements, vous voyez, on en a fait 600, je crois, en deux jours.
04:23Donc on voit qu'on n'y arrivera pas, mais à la fin du temps qu'il nous a apporti, s'il reste encore 1000 ou 1500 amendements, on s'arrêtera là.
04:34Et donc, ordonnance, un budget par ordonnance ?
04:36Et on votera la première partie. Est-ce que la première partie sera votée ?
04:41Ça dépend de discussion et ça peut être très serré. Donc le schéma de l'année dernière peut se reproduire, c'est-à-dire rejet de la première partie.
04:50Or, si on rejette la première partie, qui est la partie recette, il n'y aura pas de deuxième partie, donc direction le Sénat, dans la version initiale du gouvernement.
04:58Au Sénat, il y aura un accord, en commission exparitaire aussi. Le problème, c'est le retour à l'Assemblée pour le vote final.
05:05Parlons d'abord de ce qui est en jeu, donc des tractations, de négociations.
05:09Y aura-t-il un accord, et en particulier avec les socialistes, qui semblent tenir symboliquement le pistolet sur la tempe de Sébastien Lecornu ?
05:17D'abord, est-ce que vous estimez que c'est une forme de chantage ? Ou alors c'est ainsi ?
05:20Aujourd'hui, avec une minorité, entre guillemets, présidentielle, il n'y a pas d'autre choix ?
05:23Le grand problème, c'est qu'il n'y a aucune majorité, ni absolue, ni relative.
05:27Bon, moi je ne reprocherai jamais à ce gouvernement d'essayer de trouver des compromis.
05:33Le problème, c'est que si vous allez trop dans le sens de ce que souhaite le Parti Socialiste,
05:39vous risquez de perdre notamment les Républicains, et donc il n'y aura toujours pas de majorité.
05:45Donc on voit que les Républicains se durcissent beaucoup, ont voté en commission contre la première partie.
05:53Voilà, donc quelle sera la position finale ?
05:57Et même au sein du Parti Socialiste, vous savez, lors du dernier vote de la motion de censure qui n'est pas passé,
06:02il manquait 18 voix, il y en a 7 qui ont voté la motion de censure.
06:07Donc tout se joue cette semaine peut-être vers une taxe Zuckmann.
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