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00:00:00Bonsoir à tous et bienvenue dans cette édition spéciale consacrée à l'entrée de Robert Badinter au Panthéon.
00:00:24Robert Badinter au Panthéon, la cérémonie va bientôt commencer au Temple Républicain.
00:00:28Robert Badinter a mené de grands combats. L'ancien garde des Sceaux a aboli la peine de mort, dépénalisé l'homosexualité.
00:00:35Il a amélioré les conditions de détention des détenus et du personnel pénitentiaire.
00:00:41Robert Badinter a lutté contre l'antisémitisme. On va vous faire vivre cette cérémonie.
00:00:46Vous voyez en ce moment le cénotaphe de Robert Badinter en bas de la rue Soufflot avec ce public.
00:00:53Et bien il va remonter cette rue Soufflot jusqu'au Panthéon avant d'entrer sur le Panthéon.
00:01:00Et la cérémonie, vous l'avez entendue, va bientôt débuter.
00:01:02On va vous la faire vivre avec Stéphanie Trouillard qui est avec nous, journaliste à France 24, spécialiste de l'histoire.
00:01:09Merci d'être là Stéphanie. En face de vous, Frédéric Chauveau.
00:01:12Frédéric Chauveau, bonsoir. Vous êtes historien, spécialiste de l'histoire de la justice pénale.
00:01:16Vous avez connu d'ailleurs Robert Badinter. Bienvenue.
00:01:19Boris Rosenthal, bonsoir.
00:01:20Bonsoir.
00:01:20Avocat pénaliste associé et fondateur du cabinet Chango Avocat.
00:01:25Vous aussi, vous avez rencontré plusieurs fois Robert Badinter puisque la promotion, votre promo, porte le nom de l'ancien garde des Sceaux.
00:01:34Et puis au Panthéon, nous avons Pauline Godard, notre envoyée spéciale.
00:01:38Le Panthéon, ce temple républicain. On va revoir donc l'image justement du cénotaphe de Robert Badinter.
00:01:46Le voilà, le voilà. Et on va tout de suite écouter Pauline Godard la retrouver justement au milieu de la foule.
00:01:53Pauline.
00:01:55Tout est en place. La cérémonie pour la panthéonisation de Robert Badinter va bientôt débuter.
00:02:01Et sur le Panthéon, il y a écrit ces deux phrases symboliques.
00:02:04La justice française ne sera plus une justice qui tue. La peine de mort est abolie.
00:02:10Robert Badinter va bientôt donc faire son entrée au sein du Panthéon.
00:02:1544 ans, jour pour jour, après la promulgation de la loi qui a aboli la peine de mort et dont il était l'auteur en tant que garde des Sceaux.
00:02:24Il était également un défenseur infatigable des droits humains.
00:02:28Ici, comme vous pouvez le constater, beaucoup de personnes ont fait le déplacement pour assister à cette cérémonie.
00:02:36Il y a notamment Françoise avec qui nous avons pu parler.
00:02:39Elle n'habite pas à Paris et il fallait qu'elle soit là coûte que coûte.
00:02:42C'était une évidence d'être ici pour Robert Badinter.
00:02:45J'étais abolitionniste. Il incarne avec beaucoup de droiture.
00:02:48Il a incarné avec beaucoup de droiture la République et ses valeurs.
00:02:52Et on en a bien besoin en ce moment.
00:02:55En effet, les d'autres personnes nous ont confié que cette cérémonie était comme une parenthèse
00:03:00par rapport à ce que la France traverse en ce moment et cette crise politique.
00:03:04Et ça permettait aussi d'avoir en tête que la France peut être grande
00:03:08et que c'est important de s'en souvenir lors de ces cérémonies de panthéonisation.
00:03:15Jean Avocat nous a lui expliqué que Robert Badinter avait été un modèle pour lui
00:03:21et que c'est lui qui lui avait donné l'envie d'être avocat pénaliste.
00:03:25Quant à Paul-Emile, il est venu exprès depuis Nancy.
00:03:29Il fait du droit pour lui, pour les jeunes, nous a-t-il dit.
00:03:33Robert Badinter était un symbole et il espère pouvoir un jour faire une carrière comme la sienne.
00:03:38Je vous le disais, la cérémonie va démarrer dans quelques minutes.
00:03:41Une cérémonie qui se veut sobre et solennelle à la demande de la famille de Robert Badinter.
00:03:47Un discours d'Emmanuel Macron est attendu, mais aussi la prestation du chanteur français Julien Clerc.
00:03:53Il doit chanter cette chanson symbolique, l'assassin assassiné.
00:03:58Une chanson qui dénonce la peine de mort.
00:04:02Cette cérémonie qui va bientôt démarrer, Stéphanie Trouillard.
00:04:05Un petit mot tout de même, effectivement, cette cérémonie a lieu le 9 octobre,
00:04:08le jour de l'anniversaire de la promulgation de la loi d'abolition de la peine de mort.
00:04:12Il y a 44 ans, on peut dire que c'est un symbole fort pour y faire entrer au Panthéon Robert Badinter.
00:04:17Oui, c'était la date qui s'imposait.
00:04:19Mais c'est vrai que c'est l'homme de l'abolition de la peine de mort en France.
00:04:23Mais cette cérémonie aussi va marquer tous ses combats.
00:04:25Donc elle va s'organiser autour de trois grands thèmes.
00:04:28La mémoire, la justice et la République.
00:04:31Robert Badinter, ce n'est pas seulement l'homme de l'abolition.
00:04:33C'est aussi un homme qui a combattu toute sa vie l'antisémitisme.
00:04:36Il a continué à combattre aussi l'abolition à travers l'abolition universelle.
00:04:40C'est un homme qui a aussi été le président du Conseil constitutionnel.
00:04:43Donc voilà, il y a beaucoup de choses à dire dans une cérémonie qui se veut assez sobre et solennelle.
00:04:47Asse sobre, qui a été en fait aussi organisée par sa femme, Elisabeth Badinter,
00:04:52qui a beaucoup contribué au programme de cette cérémonie.
00:04:55Oui, c'est d'ailleurs elle, Pauline le rappelait, c'est un cénotaf.
00:04:57Donc en fait, le corps de Robert Badinter est toujours dans le cimetière de Bagneux.
00:05:02Malheureusement de triste actualité aujourd'hui parce que sa tombe a été profanée.
00:05:06Donc le corps va rester à la demande de la famille dans sa tombe.
00:05:09Et c'est notable, donc dans ce cercueil symbolique, il va y avoir plusieurs éléments.
00:05:14Sa robe d'avocat et sa femme a choisi trois livres.
00:05:17Donc Idis, c'est un livre qu'il avait fait en hommage à sa grand-mère qui est morte au cours de la Seconde Guerre mondiale.
00:05:21Un livre de Victor Hugo, chose vue, qui était son modèle, son modèle dans l'abolition de la peine de mort.
00:05:26Et aussi la biographie qu'ils avaient écrite ensemble, Elisabeth Badinter et Robert Badinter,
00:05:32sur Condorcet qui était aussi l'un des modèles de Robert Badinter.
00:05:34Guillaume Gallienne qui va d'ailleurs faire un discours, qui va lire ce discours de Victor Hugo,
00:05:39ce discours du 15 septembre 1848, sur justement, contre la peine de mort.
00:05:45Ça va être en fait la première lecture du comédien Guillaume Gallienne.
00:05:49Ça sera dans une dizaine de minutes.
00:05:51On va la suivre bien sûr ensemble en direct.
00:05:53Frédéric Chauveau, vous qui êtes l'historien spécialiste de l'histoire pénale,
00:05:57qu'est-ce qui vous marque le plus quand on parle de Robert Badinter ?
00:06:00C'est justement l'abolition de la peine de mort ?
00:06:03Oui, le premier élément qui arrive, c'est l'abolition de la peine de mort.
00:06:06C'est assez indiscutable.
00:06:08C'est un rayonnement, une déflagration considérable à l'échelle internationale.
00:06:12Mais c'est aussi le combat permanent pour un certain nombre de causes,
00:06:16puisque cela a déjà été dit, mais sans doute que le combat majeur,
00:06:20tout au long de sa vie de Robert Badinter,
00:06:22ça a été contre toutes les formes de discrimination.
00:06:24Ça, c'est une constante.
00:06:26Des pénalisations de l'homosexualité ?
00:06:27Des pénalisations de l'homosexualité, un certain nombre d'autres combats.
00:06:32Et puis comme historien...
00:06:32Pour l'égalité des hommes et des femmes ?
00:06:34Pour l'égalité des hommes et des femmes, le fait que par exemple,
00:06:36c'est grâce à lui la loi de 1983, le chef de famille n'existe plus.
00:06:40Du coup, il y a effectivement égalité au sein du couple pour élever les enfants.
00:06:45Et puis comme historien, c'est aussi, il ne faut pas l'obliger,
00:06:47c'est un homme de culture.
00:06:49Il a travaillé aussi beaucoup sur la prison.
00:06:52Il a rencontré toute une série de personnalités.
00:06:55Et dans son bureau, il avait notamment un portrait du philosophe Michel Foucault,
00:07:00qui avait œuvré beaucoup sur les prisons.
00:07:03Et donc, Robert Badinter, ça reste aussi pour les historiens une icône.
00:07:07Mais ce n'est pas simplement quelqu'un qui est mis sur un piédestal.
00:07:10C'est aussi un combat qui est constant, permanent,
00:07:12et qui reste toujours fragile parce qu'il n'est jamais terminé.
00:07:15Boris Rosenthal, vous, il était le parrain de votre promotion ?
00:07:17Il était le parrain de la promotion de l'EFB, l'école de formation des barreaux,
00:07:23après la Cour d'appel de Paris.
00:07:25Quel est son héritage pour vous ?
00:07:27Il y a beaucoup d'héritage.
00:07:28J'entends beaucoup, il s'est battu contre, il s'est battu contre.
00:07:30Moi, l'héritage principal, et si je devais le résumer,
00:07:33j'ai plutôt tendance à parler en positif.
00:07:35Il s'est battu pour l'humanité, en réalité.
00:07:38Pour l'humanité, pour rendre l'humanité aux personnes qui étaient condamnées à mort,
00:07:41pour rendre l'humanité dans la parole,
00:07:44pour rendre l'humanité aux personnes incarcérées.
00:07:47Pour rendre l'humanité, contre l'homophobie,
00:07:50mais pour rendre l'humanité à ceux pour qui la nature...
00:07:57Mais pour un avocat, il a quand même transformé le droit français.
00:08:01Absolument.
00:08:02Il a transformé, et puis j'entendais un de mes confrères tout à l'heure,
00:08:04à travers l'envoyé spécial, qui disait que c'est un modèle,
00:08:06et c'est un vrai modèle, en tout cas pour moi et pour toute une génération.
00:08:10Vous vous inspirez quand vous avez choisi ce métier ?
00:08:13Il m'inspire chaque jour.
00:08:13J'ai un grand portrait d'un père dans mon bureau.
00:08:16Il m'inspire chaque jour.
00:08:17Il m'inspire dans les dossiers, dans la manière de traiter les dossiers,
00:08:21dans la manière de traiter avec humanité les dossiers, dans chaque plaidoirie.
00:08:24Et son éloquence ?
00:08:25Et son éloquence, et son art oratoire.
00:08:26C'est quelqu'un, et on en parle...
00:08:29Stéphanie parlait tout à l'heure de la profanation aujourd'hui de sa tombe.
00:08:33Dans les heures troubles qu'on vit, il avait tendance à parler avec énormément de nuances et de justesse,
00:08:42ce qu'on a tendance à oublier aujourd'hui.
00:08:43Et il prenait toujours la parole d'ailleurs, y compris lorsqu'on parle d'antisémitisme.
00:08:47Il a pris la parole souvent, Stéphanie, fils d'immigré d'une famille juive de Bessarabie.
00:08:53C'était Robert Badinter.
00:08:54La Bessarabie, c'est un territoire qui est situé aujourd'hui en Moldavie,
00:08:58marqué par la déportation de son père.
00:08:59C'est un peu là que tout a commencé ?
00:09:01Oui, j'ai rédigé un article pour le site de France 24 où je l'ai appelé « L'éternel orphelin ».
00:09:04Vraiment, c'est sa blessure originelle.
00:09:07Alors, il faut noter aussi qu'il est décédé dans la nuit du 8 au 9 février 2024,
00:09:11donc l'année dernière.
00:09:12Et c'est le 9 février 1943 que son père, Simon, a été arrêté à Lyon
00:09:15lors d'une rafle rue Sainte-Catherine, orchestrée par Klaus Barbie,
00:09:19qui était le chef de la SS à l'époque.
00:09:22Et Robert Badinter a failli être arrêté ce jour-là.
00:09:24En fait, il s'est rendu sur place parce que ne voyant pas son père revenir.
00:09:26Il a eu la présence d'esprit de partir à temps.
00:09:30Et son père a été arrêté puis déporté à Sobibor.
00:09:32On voit le public là, Laurent Fabius.
00:09:34On voit aussi Yel Brun Pivet, la présidente de l'Assemblée nationale dans le public.
00:09:40Cette cérémonie qui devrait commencer probablement dans quelques minutes.
00:09:44Michel Sapin est également là, je le vois.
00:09:47Donc un certain nombre de personnalités politiques.
00:09:49Il y a aussi un certain nombre d'avocats.
00:09:51Et puis les biographes de Robert Badinter sont aussi présents.
00:09:56Vous les voyez, ils sont tous là où c'est à l'intérieur du Panthéon.
00:10:01Ça sera donc la phase finale puisque vous avez vu que le cénotaphe de Robert Badinter,
00:10:07pour l'instant, se trouve en bas de la rue Soufflot.
00:10:09Ça se passe dans le 5e arrondissement à Paris.
00:10:11Et ils vont donc remonter son cénotaphe jusqu'à le faire entrer dans ce temple républicain qu'est le Panthéon.
00:10:21On parlait d'antisémitisme, de justice.
00:10:24Est-ce que c'est particulièrement important aujourd'hui, Frédéric Chauveau,
00:10:28cette entrée au Panthéon de Robert Badinter,
00:10:31dans une période où vraiment on voit que le droit international est bafoué tous les jours,
00:10:36que cette nuance dont on parlait est de moins en moins vraie.
00:10:39Les réseaux sociaux ne font que polariser la population un peu plus.
00:10:43Donc est-ce que ça peut avoir un impact peut-être sur ceux qui nous regardent,
00:10:47sur la mémoire, de le faire entrer au Panthéon en ce moment ?
00:10:52Oui, je crois que c'est indéniable.
00:10:54Il y a forcément un impact sur la mémoire dans toute une série de domaines.
00:10:59Vous avez évoqué la question de l'antisémitisme,
00:11:01qui malheureusement aujourd'hui est très présente et circule par toute une série de canaux.
00:11:06Donc ça, c'est un message qui est fort.
00:11:09Mais il existe aussi toute une série d'éléments,
00:11:11même encore aujourd'hui sur la peine de mort.
00:11:13Parce que dans le cadre du Panthéon, il ne faut pas oublier,
00:11:17Robert Badinter a aussi prononcé un grand discours
00:11:20pour l'abolition universelle de la peine de mort.
00:11:24Donc pour lui, c'était un combat qui était présent,
00:11:26mais un combat évidemment qui n'est jamais terminé.
00:11:29Ce n'est pas un combat à mener en France ?
00:11:30Oui, tout à fait.
00:11:30C'est beaucoup plus large que cela.
00:11:32Il fallait que ce soit le cas dans d'autres pays.
00:11:36Cette abolition, cette époque en fait,
00:11:39est-ce que c'est ça finalement qui reflète Boris Rosenthal,
00:11:44Robert Badinter, toute une époque en fait ?
00:11:47Est-ce qu'on peut encore utiliser son héritage aujourd'hui
00:11:50dans l'époque dans laquelle on vit ?
00:11:52Plus que jamais.
00:11:52Les combats sont présents.
00:11:53Je me souviens, je garde en mémoire son discours
00:11:55lors de l'entrée solennelle de notre promotion à l'EFB.
00:11:58Il disait que les combats ne sont pas du passé,
00:12:00les combats, ils sont devant nous et les combats, ils sont à portée de main.
00:12:03Il faut s'en saisir, il faut s'indigner.
00:12:04L'abolition universelle de la peine de mort que poursuit une association
00:12:08ensemble contre la peine de mort dont il est un des fondateurs
00:12:12et président d'honneur de cette association, ça c'est un combat.
00:12:16mais il en avait plein d'autres et vous les avez cités, la surpopulation carcérale aujourd'hui...
00:12:21Alors ça c'est un de ces combats aussi très importants.
00:12:24L'indignité...
00:12:24Il était quoi ? Humaniser les prisons, ça faisait partie...
00:12:27Et combattre l'indignité en prison, combattre la surpopulation carcérale,
00:12:30combattre les conditions indignes de détention.
00:12:33Une société qui incarcère dans ces conditions-là n'est pas digne de juger et d'incarcérer.
00:12:41Et c'est ce que disait Robert Badinter, c'était un de ces...
00:12:45Mais il dénonçait aussi le tout répressif aujourd'hui, non ?
00:12:47Parce que c'est un peu ça aujourd'hui, on n'est plus dans l'humanisation vraiment des prisons.
00:12:52C'est encore une fois, ce n'est plus vraiment l'époque.
00:12:54Non, non, non, c'est plus vraiment l'époque et en même temps j'ai tendance à croire
00:13:00que s'il était aujourd'hui encore là, il pourrait combattre les procédures les plus indignes de la justice
00:13:09qui sont par exemple les comparutions immédiates dont on parle de manière assez régulière
00:13:13et qui sont une procédure expéditive et avec une proportion très importante d'incarcération.
00:13:20Un mot aussi sur Condorcet, parce que c'est quand même intéressant de le dire.
00:13:24Stéphanie Trouillard, il avait écrit un livre sur Condorcet avec Elisabeth Badinter.
00:13:29Condorcet est au Panthéon, enfin d'ailleurs ils n'ont jamais retrouvé son corps.
00:13:33Donc là aussi c'est un cénotaphe de Condorcet.
00:13:36Il va être à côté de Condorcet, ça aussi c'est important comme symbole ?
00:13:39Oui, il va rentrer dans le caveau des révolutionnaires, au côté de Condorcet, l'abbé Grégoire.
00:13:43Donc on parle beaucoup de Victor Hugo qui était l'un de ses modèles, mais aussi Condorcet.
00:13:47Alors pour l'abolition de la peine de mort, mais aussi pour d'autres éléments, notamment l'instruction publique.
00:13:51Il était abolitionniste aussi, Condorcet.
00:13:52Il était abolitionniste aussi, c'est lui aussi qui a été moteur dans l'idée de l'instruction publique.
00:13:57Après c'est Ferry qui a suivi.
00:14:00Aussi l'égalité homme-femme, le couple que formait Condorcet avec sa femme était complètement moderne pour l'époque.
00:14:05Donc c'était aussi l'un de ses modèles et il en a fait cette biographie avec sa femme
00:14:10que symboliquement va être dans ce cénotaphe et il va reposer de manière symbolique,
00:14:15donc pas son corps, dans ce caveau et rejoindre aussi tant de grands hommes pour lesquels il avait tant d'admiration.
00:14:22Donc Victor Hugo et Condorcet, c'était vraiment pour le coup, ils étaient au panthéon.
00:14:27Oui, c'était un homme qui était aussi prêtré, on parlait de littérature, qui a aussi laissé une œuvre.
00:14:32Alors il refusait d'écrire son autobiographie, ça c'est quelque chose qu'il n'a pas fait,
00:14:36mais il a écrit notamment aussi un livre sur le barreau de Paris lors de l'occupation,
00:14:41la Seconde Guerre mondiale, pour montrer comment les avocats juifs avaient été traités à cette époque-là.
00:14:45C'est quelqu'un qui s'intéressait à énormément de domaines.
00:14:48Ce livre qu'il a consacré à sa grand-mère qui est morte durant l'occupation,
00:14:51donc il a laissé une œuvre très riche.
00:14:54Alors justement, sur le droit en particulier, puisque vous êtes un spécialiste de la justice pénale,
00:15:00Frédéric Chauveau, ces valeurs de tolérance, de justice, est-ce qu'elles font encore partie du droit ?
00:15:07Est-ce qu'on peut défendre cela encore aujourd'hui, alors qu'on voit qu'on est plutôt dans une époque de révolution conservatrice,
00:15:15donc on dénonce le réalisme juridique, on dénonce ce droit qui s'adapte à la société aujourd'hui.
00:15:20Donc il faut continuer à le défendre, ça doit être un des combats.
00:15:25Il faut continuer à le défendre, parce que ce qu'on oublie aussi parfois, c'est que c'est grâce à lui aussi,
00:15:30on a eu une véritable reconnaissance du droit des victimes.
00:15:33Quelque chose qui était évidemment sous la table, qui n'était pas à l'ordre du jour.
00:15:37Ensuite, sur la question de la prison...
00:15:39Qu'est-ce qu'il a fait pour le droit des victimes en particulier ?
00:15:42Du coup, désormais, parce que lui...
00:15:44Il a créé le statut...
00:15:45Voilà. Il était donc vraiment indigné pour le sort qui était réservé aux victimes,
00:15:49alors pas simplement des victimes de terroristes, mais aussi par exemple des victimes d'accidents de la route,
00:15:53en disant que voilà, c'était les laissés pour compte, la justice ne s'en occupait pas,
00:15:57et qu'il était donc absolument important de s'en saisir.
00:16:00Mais sur la prison, enfin lui aussi, et ça c'est toujours d'actualité,
00:16:04en disant que la prison est toujours extrêmement répressive.
00:16:08Lui-même a étudié par exemple la prison républicaine entre 1875 et 1914.
00:16:13Là, il y a des mesures qui ont été prises, comme par exemple la loi sur le sursis,
00:16:16la libération conditionnelle, et il a observé qu'il y avait donc un affaissement du nombre de détenus.
00:16:22Et pour lui, la priorité, c'est de rendre un citoyen à la société.
00:16:25Sinon, la prison n'a pas de sens.
00:16:27Donc dans toute une série de domaines, ces combats sont toujours d'actualité.
00:16:31Il faut simplement, enfin simplement, le mot est un peu faible,
00:16:35prolonger l'ensemble de ces combats et ces actions, mais l'actualité reste brûlante.
00:16:39Et vous, c'est l'héritage justement que vous voulez mettre en avant, celui-ci ?
00:16:43Pour rebondir là-dessus, oui, c'est l'humanité sous toutes ses formes,
00:16:45et particulièrement aussi des victimes humaines.
00:16:49Pardonnez-moi, je vous interromps, parce qu'on vient de voir l'arrivée de François Hollande,
00:16:52on voit Alain Juppé également, Bernard-Henri Lévy,
00:16:54qui sont au premier rang, ce sont les images au Panthéon,
00:16:59Michel Sapin, Elisabeth Guigou, ancienne garde des Sceaux également présente,
00:17:03Manuel Valls, personnel politique, vous venez de voir aussi l'ancien ministre de l'Éducation,
00:17:09de Do, tout ça se passe au Panthéon.
00:17:13On s'attend à ce que la cérémonie démarre très bientôt,
00:17:16en tout cas vous voyez que les invités ne sont pas encore totalement installés,
00:17:22donc il va falloir attendre encore probablement quelques minutes.
00:17:25Stéphanie, Emmanuel Macron a panthéonisé davantage que ses prédécesseurs,
00:17:32donc Robert Badinter est le cinquième à entrer au Panthéon avec Emmanuel Macron,
00:17:38il y a eu Maurice Genevoix, Simone Veil, Joséphine Baker,
00:17:41Misak Manoukian et puis Marc Bloch, ça c'est le mois prochain.
00:17:45Finalement sur les six personnalités, il y en a cinq qui sont liées à la Seconde Guerre mondiale.
00:17:50Oui, parce que ça reste une histoire qui est quand même très prégnante,
00:17:53encore d'actualité aujourd'hui.
00:17:55Donc à part Maurice Genevoix, qui était un écrivain, un ancien soldat de la Première Guerre mondiale,
00:18:00ce sont vraiment tous des symboles de la Seconde Guerre mondiale
00:18:02qui sont rentrés au Panthéon ces dernières années.
00:18:05C'est vrai que ça s'est un petit peu enchaîné, Marc Bloch sera le dernier en 2026,
00:18:10mais ce sont des figures très marquantes.
00:18:12Mais bon, Robert Badinter, ce n'est pas contrairement à Joséphine Baker
00:18:15ou à Simone Veil, qui aussi avait marqué son temps pour la loi, pour l'IVG,
00:18:22mais Robert Badinter ne représente pas, c'est une partie,
00:18:24c'est ça qu'on va montrer à travers ce combat pour la mémoire,
00:18:29mais c'est quand même l'homme de l'abolition de la peine de mort.
00:18:32Mais tout son engagement s'est formé au cours, effectivement, de la Seconde Guerre mondiale.
00:18:36Mais moi, ce que je retiens, c'est la dignité, je pense que c'est vraiment le fil rouge de cet homme,
00:18:44ce combat pour la dignité.
00:18:46On parlait des prisons, je sais qu'il avait été assez critiqué aussi pour avoir introduit des télévisions.
00:18:50Dans les prisons, il prenait des décisions qui étaient contre aussi ce que pensaient aussi beaucoup de gens dans la population.
00:18:56Oui, des décisions contre la majorité de l'opinion publique.
00:18:58C'était le cas de la peine de mort.
00:19:00C'était le cas de la peine de mort, mais il avait créé aussi une prison modèle,
00:19:02aussi l'idée d'une prison modèle, et les gens aussi critiquaient beaucoup en disant
00:19:06mais voilà, on met des criminels en prison, c'est pas pour qu'ils soient au club même,
00:19:10mais lui, l'idée c'était d'humaniser les prisons et de rendre la dignité aux personnes dans le but de les réinsérer aussi.
00:19:15Et c'est ce procès, Buffet-Bontemps, en 1972, Frédéric Chauveau,
00:19:19qui a un peu changé pour Robert Badinter, puisqu'il n'a pas réussi justement à faire en sorte que Bontemps ne soit pas,
00:19:27d'ailleurs ils ont tous les deux été condamnés à mort, exécutés,
00:19:30et après ce procès en 1972, il dit Robert Badinter,
00:19:34je suis devenu, évidemment ça a toujours été mon combat, l'abolition de la peine de mort,
00:19:37mais je suis devenu un militant à ce moment-là.
00:19:40Il y a eu une espèce de moment de bascule.
00:19:42Oui, oui, tout à fait, parce qu'avant c'était une conviction intellectuelle,
00:19:45effectivement avec ses lectures, Victor Hugo, lecteur de Chauve-Vue,
00:19:49quand Victor Hugo raconte qu'en fait, tout jeune, il avait assisté au suppli d'un parricide
00:19:54et qu'il le râle du supplicie, parce qu'à l'époque on lui coupait le point droit,
00:19:57lui est resté en mémoire, et donc lorsque Robert Badinter lit ça et découvre ça,
00:20:02intellectuellement, là il se prononce contre la peine de mort.
00:20:05Son mentor, qui était un autre avocat très célèbre, Henri Torres,
00:20:10était aussi prononcé contre la peine de mort,
00:20:12mais là effectivement, parce que pour lui, c'est un vrai scandale,
00:20:15parce que pour la première fois...
00:20:16Pardonnez-moi, je vous interromps, on voit les images du président de la République,
00:20:21me semble-t-il, qui sort à l'instant de son véhicule
00:20:26et qui va se diriger avec Brigitte Macron vers le Panthéon.
00:20:32Il va probablement remonter la rue Souffleau.
00:20:36Ah non, il passe par derrière.
00:20:38Donc il arrive au Panthéon, place Edmond Rostand,
00:20:42où se trouve le Panthéon, et il va passer par derrière
00:20:45pour justement arriver directement au Panthéon.
00:20:49Il n'a pas pris la rue Souffleau, on voit donc le chef de l'État,
00:20:52ainsi que Brigitte Macron.
00:20:55On le disait, cette importance pour Emmanuel Macron,
00:20:58Stéphanie Trouillard, de ce Panthéon,
00:21:00de faire entrer ces personnalités qui ont joué un rôle important
00:21:04pendant la Seconde Guerre mondiale,
00:21:06ou Maurice Genevois pendant la Première Guerre mondiale, au Panthéon.
00:21:08Oui, il y a certaines personnes qui critiquent,
00:21:10en disant qu'on a peut-être un peu d'essoufflement aussi
00:21:12avec ces cérémonies qui se répètent solennelles.
00:21:15C'est vrai que par rapport à d'autres,
00:21:17François Hollande avait fait rentrer quatre résistants au Panthéon en 2015,
00:21:21Germaine Tillon, Geneviève, Antonio de Gaulle,
00:21:23et Pierre Brossolette, et Jean Zay.
00:21:27Mais c'est vrai qu'il y a une accumulation ces dernières années.
00:21:31On sait que le président apprécie ces moments.
00:21:33C'est le moment pour assembler la nation, comme Robert Beninter.
00:21:37Et on peut dire que c'est le coup d'envoi de la cérémonie.
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