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00:00C'est donc soulagé que Sébastien Lecornu a quitté dans la foulée l'hémicycle et le Parlement.
00:05Le Premier ministre qui est reparti à pied en direction Matignon après avoir lâché quelques mots à la presse tout de même.
00:10Il fallait que les débats puissent démarrer. A-t-il réagi disant souhaiter maintenant se mettre au travail ?
00:16Bonjour Richard Verli.
00:17Bonjour.
00:17Merci d'avoir accepté notre invitation. Vous êtes correspondant France-Europe du média suisse Blic.
00:22C'est une longue séquence que les chaînes d'info ont couvert en direct tout à l'heure.
00:27Le retour à pied du Premier ministre illustrant de fait aussi sa méthode.
00:32Son succès qu'on commente aujourd'hui, c'est son pari finalement qui a fonctionné, reculé sur la réforme des retraites.
00:40Oui effectivement. Alors d'abord il faut quand même dire une chose, c'est que tout ça est à court terme.
00:44Aujourd'hui ce gouvernement n'a qu'un objectif, c'est Sébastien Lecornu qui l'avait dit, faire voter un budget.
00:50Donc on va voir s'il y arrive.
00:51Et de toute manière, le parti socialiste a redit nettement, on l'a écouté quand ce député a été interrogé,
00:58il n'a pas fait un pacte de non-censure.
01:00Il a juste décidé aujourd'hui de ne pas censurer si on était au poker, on dirait pour voir en quelque sorte.
01:06Donc maintenant il va s'agir pour Sébastien Lecornu de démontrer que véritablement il est prêt à faire des concessions.
01:13Il en a affiché avec le dépôt du budget, suspension de la réforme des retraites, mais ça doit encore faire l'objet d'un amendement au projet de loi de finances de la sécurité sociale.
01:23Et puis le débat budgétaire va s'engager.
01:25Et là toute la question, vue d'Europe avec un peu de recul, c'est où va-t-on aller ?
01:30C'est-à-dire, est-ce que les députés, notamment socialistes, vont essayer de tirer au maximum sur la corde en augmentant les dépenses à but social,
01:39en augmentant les impôts sur les plus riches, et ça pourrait créer un conflit avec la droite ?
01:44Alors quand on les écoute, les socialistes d'ailleurs, qui n'ont pas tout suivi la consigne de ne pas voter l'ascension, je crois qu'il y a eu 7 dissidents.
01:49Tout à fait, dont des ultramarins qui avaient annoncé qu'ils le feraient parce qu'ils estiment que les mesures de pouvoir d'achat pour l'outre-mer ne sont pas suffisées.
01:57Voilà, il y a ceux qui avaient assumé en amont qu'ils allaient voter la censure, et puis ceux qui ont fait, au final, été dévoilés, parce que ce vote, il est public.
02:05D'ailleurs, c'est très important au niveau local, on peut voir quel député s'est prononcé pour ou contre ce gouvernement.
02:12Quand on les entend, quand même, les socialistes s'exprimer, et on va entendre tout de suite Laurent Baumel, on se dit une chose, c'est que ça va être extrêmement compliqué pour la suite. Écoutez-le.
02:22Monsieur le Premier ministre, en préambule de cette intervention, je veux aussi vous dire que notre non-censure d'aujourd'hui n'est évidemment en aucun cas un pacte de non-censure.
02:32Sur la suspension des retraites, je vous le dis solennellement ce matin, il n'y aura pas d'entourloupe ou de ruse procédurale.
02:38Vous êtes le garant qu'à la fin du processus, la suspension devienne une réalité juridique.
02:46Richard Verli, le plus dur reste à venir, non ?
02:49Oui, le plus dur reste à venir sur deux terrains. D'abord, je le répète, parce que c'est le plus important, c'est celui qui sera regardé par les partenaires européens de la France,
02:56et celui qui sera regardé par la Commission européenne, c'est combien tout cela va coûter à la fin, et quel va être le résultat.
03:02C'est quand même important. La copie qui a été soumise au Parlement, c'est une copie à 30 milliards d'euros d'économie budgétaire.
03:09Je rappelle que François Bayrou, lui, proposait 44 milliards et ça n'est pas passé, il a dû démissionner.
03:14Le deuxième, je dirais, défi, c'est le défi procédural. C'est le mot qui a été employé. Pourquoi ?
03:21Alors là, c'est très compliqué, on ne va pas essayer de résumer ça, mais en gros, le gouvernement a promis de faire un amendement au projet de loi de finances sur la sécurité sociale
03:31pour suspendre l'âge de départ à 64 ans, c'est-à-dire qu'on resterait à 62 ans et 9 mois.
03:38Mais qui dit amendement, dit adoption du budget. Si le budget n'est pas adopté, l'amendement introduit ne le sera pas non plus.
03:45Donc vous voyez que tout se tient, j'allais dire que tout le monde se tient par la barbichette en quelque sorte.
03:50Si les socialistes veulent que la suspension de la réforme des retraites soit actée, ils doivent adopter le budget
03:57et ce budget doit être acceptable par les autres partis qui soutiennent le gouvernement, c'est-à-dire le centre, d'une part, et la droite.
04:04Surtout que là, aujourd'hui, on est en train de parler de la réforme des retraites, beaucoup, mais c'est un peu l'arbre qui cache la forêt parce qu'il y a d'autres revendications.
04:10Derrière Olivier Faura dit ce matin, nous allons permettre de grandes conquêtes. Qu'est-ce qu'il faut entendre là-dedans ?
04:16C'est qu'il va y avoir d'autres revendications qui vont arriver, non ?
04:18De manière de voir les choses. Soit vous regardez le terrain social, et c'est vrai que la France est en ébullition,
04:24c'est vrai qu'il y a des problèmes de paupérisation, et donc vous regardez les concessions sociales
04:29que le parti socialiste juge indispensable pour les Français, mais aussi indispensable pour son avenir électoral.
04:34Le gel des prestations sociales, par exemple, ça c'est un gros sujet.
04:37Tout à fait. Donc le parti socialiste, aujourd'hui, est dans la position où il a impérativement besoin de gagner des concessions sociales du gouvernement,
04:45pour ensuite les afficher et dire aux électeurs, vous voyez ce que nous avons obtenu par le débat parlementaire.
04:51Puis il y a l'autre manière de voir les choses, c'est la manière de l'équation budgétaire.
04:55La France est en situation difficile, une dette de 3345 milliards d'euros, qui est une dette record, y compris au sein de la zone euro.
05:04Comment faire pour que ce budget-là ne soit pas un budget qui augmente considérablement les dépenses publiques,
05:10et qui dès lors mette la France en difficulté vis-à-vis de ses créanciers internationaux, vis-à-vis de ses partenaires européens ?
05:16Alors effectivement, il y a moult questions qui vont se poser, notamment la question de l'augmentation des impôts.
05:23C'était l'un des totems d'Emmanuel Macron depuis 8 ans, ne pas augmenter les impôts.
05:27Le nouveau budget de Sébastien Lecornu prévoit d'y déroger avec 14 milliards d'euros de hausse d'impôts.
05:32Qui exactement pourrait être concerné ? Les membres de réponse tout de suite avec Julien Bigard et Louane Ouvray, pour nos confrères de France de regarder.
05:40Plus de 30 milliards d'euros d'efforts demandés. Mais qui sera le plus touché ?
05:46L'un des choix du gouvernement s'est arrêté sur les retraités.
05:51A eux seuls, ils représentent 3,5 milliards d'euros d'économie.
05:56D'abord, terminer l'abattement fiscal de 10% dont il bénéficie, il sera remplacé par un abattement de 2000 euros.
06:03Cela augmentera donc l'impôt des retraités aisés.
06:06Mais la mesure qui rapportera le plus, c'est le gel des pensions.
06:09Pas d'augmentation l'an prochain d'un peu plus d'un pour cent pour suivre l'inflation.
06:12A Lyon, dans ce boulodrome, la nouvelle a entraîné la même grimace qu'après une défaite.
06:18Ce retraité qui touche 2000 euros de pension par mois, nous calcule son manque à gagner.
06:231% par mois ?
06:24Ça ne représente pas grand-chose, ça va représenter 20 euros.
06:28Mais bon, 20 euros c'est 20 euros.
06:30C'est obligatoirement une perte de pouvoir d'achat.
06:32Autre choix du gouvernement, faire contribuer les Français via l'impôt sur le revenu.
06:37Gains espérés, 2 milliards d'euros.
06:41Concrètement, le barème de l'impôt sera gelé et ne suivra pas l'inflation.
06:45Des ménages qui ont reçu une hausse de salaire et qui ne payaient pas d'impôt, risquent donc de devenir imposables.
06:52200 000 nouveaux contribuables selon le gouvernement.
06:55Et parmi les ménages imposés, beaucoup risquent de voir leur impôt augmenter s'ils ont reçu une revalorisation.
07:00Un coup dur pour cette salariée d'un hôpital.
07:02Moi je trouve que je paye trop, ça fait deux ans que je ne peux pas faire d'économie pour ma retraite.
07:07C'est épouvantable, je trouve ça super dur.
07:11Le gouvernement veut enfin faire payer les plus riches.
07:152,5 milliards d'euros de taxes supplémentaires en limitant leur optimisation fiscale.
07:20Comme cette année, les personnes qui gagnent plus de 250 000 euros par an devront payer 20% d'impôt minimum.
07:2724 000 foyers seront mis à contribution.
07:29Une taxe sur les holdings familiales, parfois utilisée pour contourner l'impôt, sera aussi instaurée.
07:36Reste au gouvernement de convaincre l'Assemblée nationale de voter ses propositions.
07:41Voilà, ces débats autour du budget dont le texte a été présenté en Conseil des ministres ce mardi, il y a deux jours donc, prévoient un effort d'une trentaine de milliards d'euros.
07:51On l'a dit, on va enfin pouvoir commencer à l'Assemblée nationale.
07:54Ça va démarrer dès la semaine prochaine avec une commission de finances qui va s'emparer du projet de loi pour une arrivée prévue dans l'hémicycle vendredi.
08:02Donc on va commencer lundi à regarder ce qui est posé sur le papier et puis après on va débattre.
08:07On a évoqué tous ces amendements qui pourraient être déposés vu les délais qui sont posés.
08:1450 jours pour examiner le projet de budget de la sécurité sociale, 70 jours pour le budget de l'État.
08:18Est-ce que ça vous paraît possible dans ce délai imparti de s'entendre sur un projet de budget ?
08:24On nous répond que oui tous les jours mais moi j'en doute quand même.
08:27Alors oui c'est possible si derrière les apparences il y a une sorte de pacte budgétaire qui a plus ou moins déjà été conclu entre les formations qui soutiennent ou qui s'abstiennent en quelque sorte.
08:41C'est-à-dire de la droite traditionnelle aux socialistes.
08:43On peut penser que c'est un peu le cas.
08:45Il n'y a pas seulement ce qu'on voit et ce qu'on entend à l'Assemblée.
08:48Il y a des discussions aux coulisses.
08:50Vous l'imaginez, ça voudrait dire, et c'est comme ça que ça se passerait dans une démocratie parlementaire classique,
08:55que ces partis, pour qui la survie du gouvernement est indispensable, sont d'accord sur un objectif budgétaire.
09:03Ensuite vous prenez quelques marqueurs.
09:0630 milliards d'euros c'est les efforts qui sont demandés par ce budget.
09:10Le Haut Conseil des Finances Publiques a rendu un avis où il a dit que c'était très optimiste parce que les prévisions de croissance etc.
09:15C'était dans le meilleur des cas effectivement.
09:16Voilà, dans le meilleur des cas.
09:18Le parti socialiste avait un contre-projet budgétaire à 22 milliards d'euros d'économie.
09:23Mettez le curseur au milieu, vous êtes à 25-27, c'est peut-être là qu'on va aboutir.
09:28Et puis il y a un autre sujet qui est absolument essentiel, c'est cette imposition des riches.
09:32Parce que là on est dans le symbole.
09:34Là pour la droite, on est dans le symbole.
09:36Alors est-ce que la droite, c'est-à-dire les 50 et quelques députés, les républicains, vont accepter de cautionner un budget qui tape sur leur clientèle,
09:46qui tape sur la richesse aussi acquise par l'innovation, par l'entreprise.
09:50Ça on est quand même sur un totem de droite.
09:52Pour le coup la retraite c'était le totem des socialistes.
09:54L'impôt des riches c'est le totem de la droite.
09:57Alors on parle de droite et de gauche, mais est-ce que ça a encore lieu d'être aujourd'hui ?
10:01Parce qu'on voit quand même qu'au sein des partis, il y a énormément de nuances maintenant.
10:07Alors je pense que ça a encore un sens, puisque vous avez une...
10:10On est au fond dans une situation assez conforme à l'ensemble des démocraties parlementaires européennes.
10:16Vous avez une force de droite traditionnelle, qu'ailleurs on appellerait conservateur,
10:20qui est en train de s'éroder au profit de la droite nationale populiste.
10:25C'est-à-dire en France, l'ERN et M. Ciotti.
10:28Donc ça c'est une force qui existe.
10:29Vous avez un centre, qui est le camp macroniste.
10:32Vous avez une gauche sociale-démocrate et une gauche radicale.
10:35Cette configuration elle est vraie à peu près dans tous les pays européens.
10:39La différence aujourd'hui c'est que pour la première fois en France,
10:42ça s'est fait dans d'autres pays,
10:44mais pour la première fois en France on demande aux socialistes, aux sociodémocrates,
10:48de travailler dans un même but avec la droite traditionnelle.
10:52Je vous rappelle que ça existe en Allemagne aujourd'hui,
10:55la coalition a quelques problèmes,
10:57mais vous avez au pouvoir les chrétiens-démocrates et les sociodémocrates ensemble.
11:01Au fond, si on voulait résumer, on dirait que Sébastien Lecornu est l'allemand de service.
11:06Il veut essayer de faire travailler ses forces politiques ensemble.
11:09Sauf qu'on n'est pas vraiment allemand aujourd'hui,
11:10on n'a pas la même habitude et résilience aussi peut-être.
11:14Je repose ma question sur ces nuances politiques qu'on retrouve maintenant beaucoup à l'intérieur des partis.
11:22Vous parlez du parti socialiste,
11:23mais on voit aujourd'hui que certains sont encore restés en mode nupès,
11:26d'autres pas du tout.
11:28À droite aussi, les Républicains, tout le monde ne dit pas la même chose.
11:32On a un Bruno Retailleau, un Laurent Wauquiez qui s'affronte régulièrement,
11:35qui s'écharte encore plus depuis ce recul sur la réforme des retraites.
11:39Et on a aussi Horizon qui a fait tomber des murs il y a quelques jours à peine.
11:45Comment est-ce qu'on peut deviner ce qui va se passer sur ce vote du budget demain ?
11:48Moi, ça me paraît quand même compliqué.
11:50Alors, votre question est tellement juste que c'est pour cette raison que ces partis-là,
11:54ceux que vous avez cités, ne veulent pas aller aux élections.
11:56Parce qu'ils savent que s'il y avait une dissolution et s'il fallait retourner devant les urnes,
12:00leur parti risquerait d'imposer.
12:02Vous avez absolument raison.
12:03C'est tout à fait ce qui risque de se passer.
12:05Mais pour l'instant, ils sont dans un navire.
12:07Et ils ont fait le calcul qu'il vaut mieux rester tant bien que mal arrimé à ce navire.
12:12Chacun en tiré bénéfice.
12:14Les deux qui sont, et là encore vous voyez juste,
12:17les deux qui sont dans la position la plus délicate, pour l'instant,
12:20c'est la droite traditionnelle.
12:22D'abord parce qu'elle est en mauvaise posture avec le départ de M. Retailleau
12:24et toute la crise de la semaine dernière.
12:26Mais en plus parce qu'elle risque de devoir avaler un budget qui est beaucoup plus social
12:30qu'elle ne peut le supporter.
12:32Et le deuxième camp politique qui aura de la difficulté, c'est Horizon.
12:35Pour une raison simple, c'est que son leader Edouard Philippe a demandé la démission du président.
12:40Il a en quelque sorte franchi la ligne rouge.
12:42Et maintenant, il va falloir expliquer comment un parti qui demande la démission du président
12:47reste dans un gouvernement.
12:49Il vote un budget aussi.
12:51Il faut rappeler qu'il va y avoir des élections locales, des élections municipales bientôt.
12:55Et ça, les Français l'ont peut-être oublié.
12:57Mais les députés, en votant ce budget, ils pensent à leur enjeu local.
13:02Leur prise d'opposition, elle est aussi liée à cette élection qui va arriver.
13:05Alors oui, ça l'est un peu moins maintenant, vous savez, puisqu'il y a eu ce...
13:10On a coupé le cordon entre mandats locaux et mandats nationaux.
13:14Auparavant, c'était les députés maires.
13:15Alors là, c'était vraiment...
13:16Tout était lié.
13:17Ça, c'est la théorie, mais on sait que dans les faits, quand même, ça continue à poser.
13:20C'est vrai, c'est juste.
13:21Ce qui risque de se passer, ne l'oublions pas, il y a un scénario.
13:24C'est le scénario où le budget est voté, donc la France atterrit budgétairement parlant.
13:31Et ensuite, chacun ressort ses poignards.
13:33Et pourquoi pas, éventuellement, une censure en début d'année et des élections législatives au printemps
13:40qui viendraient soit en même temps que les municipales, soit qui repousseraient les municipales.
13:44Il ne faut pas oublier ce scénario, autrement dit.
13:47Oui, le choc politique, le duel politique, il n'est pas déprogrammé, il est repoussé.
13:55Si les socialistes estiment qu'ils ont obtenu gain de cause au budget,
13:58ils se sentiront en position de force pour aller à la bataille électorale
14:01et ils ne manqueront pas de le faire et ça passera par une censure du gouvernement.
14:04Donc finalement, quand je vous posais tout à l'heure la question de
14:06est-ce qu'on va réussir à rentrer dans les cases et à tenir le calendrier,
14:09peut-être sur le budget, mais pas sur les municipales, c'est ça que vous êtes en train de dire.
14:12Tout à fait, mais d'ailleurs, Sébastien Lecornu l'a dit.
14:14Il a dit que ce gouvernement n'a qu'un objectif, on pourrait dire un objectif et demi.
14:18Objectif principal, faire adopter un budget pour la France pour 2026.
14:22Le demi-objectif, si je puis dire, c'est la Nouvelle-Calédonie,
14:26faire adopter cette loi, les accords bougivales, de manière à aller au référendum,
14:30puisqu'on a compris que c'est ce qu'il voulait, aller malgré tout au référendum en Nouvelle-Calédonie,
14:35alors qu'on sait qu'une partie des forces politiques canaques refusent les accords bougivales.
14:39J'aimerais qu'on parle un peu des Français.
14:40On en a entendu quelques-uns ici sur la question des impôts et de la taxation, forcément.
14:46Les sondages ne sont pas vraiment favorables à l'exécutif.
14:49Sondage de Doxa pour le Figaro, le dernier.
14:51Deux tiers des Français se disent mécontent de la reconduction de Sébastien Lecornu à Matignon.
14:56Ça fait 62% quand même qui sont en opposition avec ce Premier ministre,
15:00qui certes aujourd'hui remporte une victoire,
15:04mais qui quand même va avoir du mal, de grandes difficultés à parler aux Français, non ?
15:08Les Français, ils sont, si vous regardez les sondages, contradictoires.
15:13Majoritairement, ils veulent la stabilité, pour une raison simple.
15:16C'est parce que beaucoup d'entre eux, tout simplement, travaillent, sont chefs d'entreprise
15:20et se rendent bien compte que l'instabilité aurait un coût important pour leur situation quotidienne.
15:26Mais simultanément, ils ne veulent plus d'Emmanuel Macron.
15:29Et donc Sébastien Lecornu, c'est Emmanuel Macron.
15:31Ils sont très très proches. En quelque sorte, ça copie conforme, même s'il a obtenu des concessions.
15:36Donc on sent bien que l'opinion publique est tiraillée entre ces deux demandes.
15:40Une demande de stabilité et une demande de dégagisme.
15:44Parce que c'est ni plus ni moins ça.
15:45Une demande de stabilité, il y avait quand même 52% des Français qui étaient favorables à cette motion.
15:48Oui, mais ça veut dire que 48% ?
15:49La motion, c'est quand même l'instabilité, c'est pas vraiment la stabilité.
15:52Oui, mais 52%, avouez que c'est la moitié de la population, on voit bien que c'est en balance.
15:56C'est-à-dire qu'il n'y a pas franchement une adhésion au retour aux urnes par crainte.
16:02Là aussi, c'est paradoxal.
16:03Les Français aimeraient qu'on les consulte, ils le disent toujours, mais ils n'en aimeraient pas la conséquence qui est l'instabilité.
16:10Ils redouteraient évidemment la conséquence, l'issue des urnes.
16:12Trois quarts des sondés qui estiment que ce gouvernement ne correspond pas à leurs attentes, ça c'est quand même assez criant.
16:18Bien sûr, mais c'est tout à fait logique, si vous voulez. Emmanuel Macron est en fin de parcours, le macronisme n'est plus du tout populaire dans le pays.
16:26Je rappelle que le président a 14 ou 15% seulement d'opinions favorables, donc on est loin de son socle.
16:32Son socle, ça a toujours été à peu près 25-27%. Là, il est descendu très bas.
16:36Et très vite.
16:37Et très vite, plus personne, enfin plus personne, si, 15% des gens lui font encore confiance.
16:42Et par ailleurs, Sébastien Lecornu n'apparaît pas encore comme un Premier ministre différent de Macron.
16:48Tout l'enjeu de cette discussion budgétaire, ça va être ça aussi.
16:51Ça va être au fond, pour Sébastien Lecornu, de se forger une personnalité de Premier ministre qui n'est pas seulement l'exécutant d'Emmanuel Macron.
17:00Et c'est d'ailleurs, vous voyez, cette expression, il s'en rend bien compte, l'expression « moine soldat » qu'il a utilisée maintenant.
17:05Non, il la retire parce que « moine soldat », ça veut dire qu'on obéit à tout prix.
17:10Et c'est justement l'image inverse qu'il veut donner.
17:12On va se battre désormais pour protéger les Français pied à pied, article par article, amendement par amendement.
17:16Ça, c'est une phrase de Jean-Philippe Tanguy au RN, le Rassemblement National qui se tient prêt.
17:23Absolument. Le Rassemblement National, aujourd'hui, a subi, si l'on peut dire, une défaite parce qu'il n'a pas obtenu la censure.
17:28C'était attendu quand même.
17:29C'était attendu, mais eux, ils avaient l'espoir qu'in fine, ils y arriveraient.
17:33Mais ils gardent deux cartes qui frappent l'opinion et qui sont des marqueurs importants.
17:38Premièrement, le retour au peuple.
17:40Tout le discours de Marine Le Pen était centré là-dessus.
17:42Le déni démocratique.
17:46Il faut retourner au peuple.
17:47Ça, c'est quelque chose que tout le monde comprend.
17:48Dans une démocratie, ça paraît quand même assez logique.
17:51Et la deuxième chose, c'est qu'ils disent que ce budget, en réalité, est un budget manipulé, arrangé par Bercy.
17:57Et que vous allez voir ce que vous allez voir, la copie qui sortira sera une copie d'austérité, une copie difficile.
18:02Ce en quoi elle a peut-être raison.
18:05Donc, pour l'instant, le Rassemblement National n'a pas obtenu de gain de cause.
18:08Mais si vous raisonnez en termes d'arguments électoraux, ils tiennent toujours le haut du pavé.
18:12Avec des phrases comme ça, qui parlent évidemment à tous les Français.
18:16Et au moins, ils n'ont pas varié.
18:17Chose importante, c'est leur force.
18:19Tout comme la France insoumise, c'est qu'ils sont l'un et l'autre cohérents dans leur ligne.
18:22C'est ce qu'on peut effectivement leur accorder.
18:24Est-ce que cette crise, et ce sera ma dernière question, n'a pas rapproché les Français du Rassemblement National, au final ?
18:30Écoutez, moi j'ai écrit un éditorial il y a dix jours où j'ai dit qu'Emmanuel Macron a créé la présidente Le Pen.
18:36Je pense effectivement que la crise politique a encore plus amené Marine Le Pen à apparaître comme une alternative.
18:43Même si on sait qu'il y a l'obstacle judiciaire, son inéligibilité, etc.
18:48Oui, elle est en position et le discours qu'elle a tenu ce matin pour défendre sa motion de censure était clair.
18:54Retour au peuple, la démocratie doit parler et seule la démocratie peut avoir, je dirais, peut accoucher d'un budget digne de ce nom.
19:03C'est un argument qui est solide.
19:04Maintenant, tout le pari de Sébastien Lecornu et des socialistes et de ceux qui soutiennent le gouvernement,
19:09c'est de prouver que par un parlementarisme fait de petits arrangements, on peut arriver à sortir une copie budgétaire qui conviendra aux intérêts de la France.
19:19Ça, c'est un grand pari.
19:20S'il y arrive, alors peut-être que les Français seront reconnaissants, mais peut-être seulement,
19:25parce qu'à ce moment-là, le Rassemblement National dira toujours, c'est au prix d'arrangements politiciens.
19:29Or, malheureusement, et étant Suisse, je sais ce qu'il en est, beaucoup de pays européens fonctionnent comme ça,
19:34le parlementarisme, c'est souvent des petits arrangements.
19:37Merci beaucoup, Richard Verli, d'avoir été l'invité de l'Info du jour.
19:41Évidemment, on continuera à dérouler le fil, à suivre les débats parlementaires sur le budget.
19:45Ça commencera lundi prochain à Paris.
19:48Merci de nous avoir suivis.
19:49Restez à nos côtés dans quelques instants, c'est le journal.
19:51A tout de suite.
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