- il y a 10 mois
Romain Dominati est le co-fondateur du parti Mileiste. Un compte X promeut le libéralisme du président argentin pour la France. Il publie un programme politique dont les recettes visent à baisser les dépenses publiques. Dans cet entretien sont abordées les questions du libéralisme, de la politique internationale, et du poids de l’Etat en France.
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00:00– Bonjour à tous, chers téléspectateurs de TVL,
00:08et bienvenue dans ce nouveau Zoom avec un invité spécial aujourd'hui,
00:12Romain Dominati, qui est le président du Parti Milléiste.
00:16Bonjour Romain Dominati.
00:17– Bonjour.
00:18– Alors, ce nom Parti Milléiste est un peu intriguant, qu'est-ce que c'est ?
00:21– Ce n'est pas un vrai parti, c'est une page sur les réseaux sociaux,
00:26principalement sur X, mais j'en profite pour passer le mot,
00:28on est également sur Instagram et Facebook,
00:31qui se dédie à véhiculer des nouvelles d'Argentine,
00:35de ce qui se passe dans l'Argentine de Millé,
00:37et des solutions libérales qui pourraient s'appliquer à la France,
00:42que l'on peut constater tous les jours, mais qu'aucun politique ne veut reprendre.
00:47Donc c'est vraiment un conte au départ un petit peu fantaisiste, on va dire.
00:53L'idée est venue après l'élection de Millé,
00:56et puis petit à petit ça a pris en audience,
01:01et aujourd'hui c'est vrai qu'on a une certaine rigueur
01:04pour décortiquer ce qui ne va pas en France,
01:07et ce qu'on peut reproduire depuis l'Argentine,
01:11et aussi d'autres modèles libéraux, d'autres pays, d'autres époques,
01:15puisque la liberté, ça fonctionne partout et toujours.
01:18– Vous avez des liens justement avec ces équipes de Millé en Argentine ?
01:22– Non, on n'a pas de lien direct, on a essayé d'établir des connexions, des ponts,
01:28parce que ça peut être intéressant de faire des échanges,
01:32avec notamment des responsables politiques français,
01:36ou des journalistes, ou des think tanks, des académiciens, etc.,
01:40qui voudraient rencontrer les équipes politiques, mais aussi techniques de Millé,
01:46pour savoir comment il a fait, sa stratégie, pour arriver au pouvoir,
01:49mais aussi ensuite comment appliquer les réformes, couper dans les budgets.
01:54Donc depuis quelques temps, on essaye de nouer des contacts,
01:58donc j'ai quelques pistes, mais pour l'instant, rien d'officiel, ni de concret,
02:04mais j'espère que ça viendra.
02:05– Alors vous l'avez dit, vous avez un compte X,
02:07et moi j'ai été un petit peu voir ce que vous faites,
02:09vous avez notamment teasé l'existence d'un programme politique
02:12qui sera peut-être sorti lorsque cette émission sera apparue,
02:17est-ce que vous pouvez nous donner quelques éléments,
02:19quelques mesures phares de ce programme Milléiste en France ?
02:23– Alors oui, c'est gentil d'en parler, je sais qu'il y a une belle attente,
02:28mais on a teasé un peu le programme ces dernières semaines.
02:32Déjà c'est un gros travail, on s'est rendu compte très vite
02:36que pour établir un programme, il faut du temps,
02:39il faut fouiller les comptes de l'État,
02:42il faut aller voir vraiment là où on peut faire quelque chose,
02:45et on se rend compte que, nous ça nous a pris des mois,
02:48évidemment on a aussi un métier à part, on ne fait pas ça à plein temps,
02:53mais il faut une grande expertise.
02:55Donc le programme, je vous donne en avant-première les grandes lignes,
03:01on coupe beaucoup dans les dépenses, jusqu'à 700 milliards,
03:05pour faire retomber le poids de la dépense publique à 35% du PIB,
03:11c'est-à-dire un pays normal.
03:15Avec ces 700 milliards de coupes, ça permet d'envisager plus de 500 milliards
03:19d'allègements fiscaux, parce qu'il y a aussi le déficit qu'il faut combler,
03:25donc ça veut dire plus de déficit, plus de 500 milliards d'impôts en moins,
03:32et ces impôts, en grande majorité, c'est la suppression intégrale
03:37de toutes les charges qui pèsent sur les actifs.
03:40C'est-à-dire, on part de ce qu'on appelle aujourd'hui le brut-brut,
03:45le super-brut, le hyper-brut, appelez-le comme vous voulez,
03:48mais en gros de combien le patron paye à ses employés,
03:51combien ça lui coûte d'avoir monsieur ou madame qui vient tous les matins
03:55travailler dans son entreprise,
03:56donc c'est la vraie valeur du travail de l'employé,
03:59et bien on la restitue intégralement à l'employé.
04:01Évidemment, ça change tout, puisque ça veut dire que le revenu des actifs,
04:08en fait ça veut dire que si on prend le salarié moyen,
04:13il va gagner 70% en plus que ce qu'il gagne aujourd'hui.
04:18Donc c'est colossal, et ça a forcément libéré la France,
04:23et l'activité en France d'une manière spectaculaire,
04:26les gens tout d'un coup seraient beaucoup plus motivés à travailler,
04:30puisqu'ils récupéraient tout, le fruit de leur travail.
04:33Toute la valeur ajoutée, elle reste dans les mains des gens qui l'ont créé.
04:37Les actifs seraient tous beaucoup plus riches,
04:39donc auraient beaucoup plus aussi à dépenser, à épargner, à investir,
04:43à se projeter sur le long terme, etc.
04:45C'est un changement majeur.
04:48En plus de cela, on allège l'impôt sur les sociétés,
04:51on fait disparaître les droits de succession,
04:54et on supprime tout un tas de milliers de micro-taxes.
04:58Quand je dis milliers, je n'exagère pas.
05:00En fait, on a commencé à regarder les taxes qu'on peut supprimer,
05:02et puis en fait, il y en a plus de…
05:04Oui, il y en a des milliers.
05:06On a dit, on enlève tout,
05:08parce qu'il y a un manque de clarté évident en France.
05:11Il y a tellement de taxes qu'en fait,
05:12à chaque fois qu'on crée une taxe sur quelque chose,
05:14ça peut être quelque chose de dérisoire.
05:16Il peut y avoir des taxes sur la tasse de thé,
05:19mais elle est compensée par une niche fiscale,
05:21parce qu'en fait, on n'avait pas anticipé
05:22que les producteurs de thé, ils allaient perdre,
05:24donc on fait une niche fiscale pour eux,
05:25et puis après, il faut faire une autre micro-taxe sur le sachet de thé.
05:28C'est infini, plus personne n'y voit clair,
05:31donc on enlève tout, et on enlève toutes les niches aussi,
05:34et ça s'équilibre largement,
05:36et bien sûr, les contribuables et les actifs sont les grands gagnants.
05:41Alors, quand on vous entend,
05:41on a l'impression que c'est un programme idyllique,
05:44mais en France, on constate quand même
05:46que la société est fragilisée pour le moins,
05:48et que beaucoup de gens survivent
05:50grâce à des rentes de situation et à des subventions publiques.
05:53Est-ce qu'on ne risque pas là de casser ce qu'est de la cohésion sociale ?
05:57– Je pense que c'est presque l'inverse.
06:00Pour moi, la cohésion sociale,
06:02c'est quand les gens cèdent les uns les autres volontairement.
06:07Quand on vole à l'un pour donner à l'autre,
06:09ce n'est pas de la cohésion sociale, c'est de la coercition.
06:13S'il y avait vraiment cohésion sociale,
06:15je pense qu'on le constaterait dans notre vie de tous les jours.
06:17Aujourd'hui, ce qu'on constate, c'est au contraire une société fragmentée.
06:22Les groupes d'intérêts, d'électeurs qui s'affrontent les uns les autres
06:26pour tirer à eux la couverture de l'État.
06:28Les générations qui s'opposent.
06:31La cohésion sociale, c'est si vraiment on est responsabilisé,
06:34on doit prendre soin de nos enfants, de nos proches,
06:37des gens qu'on aime, de nos amis, de nos aînés.
06:39Là, ça crée de la cohésion sociale.
06:41Si c'est l'État qui se met en intermédiaire
06:43et qui prend dans la poche de l'un pour le distribuer à l'autre,
06:45il casse cette cohésion sociale.
06:48Pour répondre, parce que je comprends votre question sur le fond,
06:51je pense qu'en fait, énormément de gens pensent vivre grâce à l'État
06:55parce qu'ils reçoivent chaque mois un chèque.
06:58Parce que, bon, on ne va pas s'étendre là-dessus,
07:02mais il y a mille raisons de recevoir une aide ou un chèque de l'État chaque mois.
07:06Mais ce que les gens oublient, c'est qu'une partie de l'argent qu'ils ont payé
07:10que l'État daigne leur rendre.
07:13Parce que tout le monde paie des impôts, en fait.
07:14Tout le monde paie des impôts, que ce soit les impôts indirects
07:16via les biens qu'on achète, la production, etc.
07:19Mais même, tout le monde paie, par exemple,
07:20même quelqu'un qui ne vivrait qu'à 100% des aides de l'État,
07:23il n'y en a pas tant que ça, mais mettons,
07:26eh bien dès qu'il va au supermarché acheter quelque chose, il paie la TVA.
07:28Donc, au lieu de lui prendre ses 20% de TVA, laissons-lui son argent
07:33et on n'aura pas à lui distribuer un chèque chaque mois.
07:35Si chacun pouvait juste profiter de son argent et être responsable avec,
07:40on n'aurait pas besoin d'un intermédiaire au milieu qui, évidemment, coûte de l'argent.
07:44Ça coûte des serfas, ça coûte des bureaux, ça coûte des fonctionnaires.
07:47Donc, il y a une disparition, un gaspillage de valeur ajoutée
07:50à chaque fois que l'État se mêle de quelque chose.
07:52– Alors, pour revenir un peu sur Milley, justement,
07:56et un petit peu comparer l'expérience argentine,
07:59voir si elle est réplicable en France,
08:02on a vu récemment quand même des protestations contre Milley,
08:06que ce soit les manifestations, la pauvreté qui grimpe,
08:08mais aussi du point de vue électoral, ça s'est un peu compliqué pour le président argentin.
08:12On a eu un échec récemment et des soupçons de corruption.
08:16Est-ce que Milley va réussir à remonter la pente ?
08:19– Alors, oui, c'est une bonne occasion de le défendre.
08:21Alors, déjà, la pauvreté n'augmente pas, elle est en chute libre.
08:25Donc, sur ce point-là, c'est une énorme victoire de Milley
08:29d'avoir fait chuter la pauvreté aussi rapidement.
08:31Les manifestations sont très rares.
08:33Il y en a, évidemment, il y a toujours des gens mécontents.
08:35Il y a toujours des gens, effectivement, qui étaient dépendants directement de l'État
08:39ou d'une faveur étatique parce qu'ils avaient un contrat avec l'État,
08:43c'était le cousin d'un tel, etc.
08:45Donc, ces gens-là, effectivement, ils ne sont pas contents.
08:47Ils essayent de manifester un petit peu.
08:48Moi, j'ai vécu en Argentine de nombreuses années.
08:50J'ai connu des énormes manifestations quand le pays allait vraiment mal.
08:55Bon, c'était des vrais mouvements populaires qui bloquaient tout le pays
08:58avec des centaines de milliers de personnes.
09:00Là, ce n'est pas du tout le cas.
09:02C'est sporadique.
09:03Et sur l'autre point, alors là, oui, effectivement, il y a eu…
09:07Ce n'est pas un échec électoral à proprement parler
09:10parce qu'en fait, ça ne concernait qu'une élection locale,
09:13qui est la province de Buenos Aires, qui est un bastion de gauche depuis toujours.
09:18C'est un peu, en fait, la banlieue, la grande banlieue de la capitale.
09:21Et effectivement, la liberté d'avant de ça, donc le parti de Milley espérait faire mieux
09:28parce qu'il comptait sur les voix de l'ancien centre droit,
09:33on rentre dans la politique argentine,
09:34qui s'était déplacé pour voter lors de la présidentielle,
09:37qui s'était motivé pour voter pour Milley,
09:38qui lui avait donné une victoire donc très large à 55%.
09:41Cette fois-ci, en fait, on voit que les électeurs de Milley se sont déplacés,
09:46ont voté massivement pour lui, et même plus que lors de la présidentielle.
09:49Par contre, ceux du centre droit sont restés chez eux.
09:51Donc il y a eu un taux d'attention assez élevé,
09:53qui fait que la victoire, en fait, est toute relative,
09:57c'est-à-dire qu'en fait, le Milley gagne des sièges, évidemment,
10:00puisqu'il n'en avait quasiment pas.
10:01Le parti est très jeune, il n'a pas la structure,
10:03le maillage territorial d'un vrai parti.
10:05Mais effectivement, c'est en deçà des espérances,
10:09donc ça donne un signal de renforcement de l'opposition kirchneriste.
10:16Après, sur les scandales de corruption, honnêtement,
10:19je ne veux pas trop m'avancer, j'en sais rien,
10:22mais pour l'instant, c'est vraiment du vent,
10:25c'est une tactique habituelle en Argentine.
10:28Juste avant l'élection, on balance un pseudo-scandale.
10:31Pour vous résumer le truc, c'est en gros,
10:34quelqu'un qui connaît Milley, c'est un collaborateur,
10:37qui n'est pas ministre, qui n'est pas un élu,
10:39qui est responsable d'une agence étatique,
10:43qui avait sur son téléphone un audio par WhatsApp,
10:47où lui-même dit que la sœur de Milley serait corrompue.
10:52Mais c'est-à-dire qu'on n'entend pas son interlocuteur,
10:53on n'entend que la voix du monsieur en question,
10:57qui dit qu'elle serait corrompue.
10:58Donc en gros, moi je prends mon téléphone,
11:00je fais un audio et puis je donne à la presse.
11:02Si ce monsieur est de mauvaise volonté ou qu'il a été approché par l'opposition,
11:08ça semble très, très, très léger.
11:10Maintenant, la justice va se prononcer, il va y avoir une enquête, etc.
11:14Mais voilà, pour dire à quel point l'accusation est légère,
11:18mais les vieux coups marchent toujours.
11:20Et donc à trois jours avant l'élection de balancer ça,
11:22effectivement, ça a eu son petit effet.
11:25Maintenant, pour répondre à la question finale,
11:26oui, je pense qu'il va repartir de l'avant.
11:30J'espère ne pas me tromper, il y a les élections là le 26 octobre.
11:33Il y a un bel élan parce que je pense que les gens ont compris
11:37que c'est d'ailleurs son stockant de campagne,
11:41que si la liberté n'avance pas, l'Argentine recule.
11:45C'est le retour aux années très difficiles du kirchnerisme,
11:49à l'explosion de l'inflation et de la pauvreté.
11:52Et bien que ça fait effectivement deux ans
11:55que la situation est difficile dans le pays
11:56parce qu'il faut se serrer la ceinture pour assainir la situation.
12:00Les Argentins quand même sont bien conscients
12:03qu'ils ne sont passés pas loin du drame
12:04et sont reconnaissants des réformes de Milley.
12:09Et j'espère bien qu'ils vont le dire dans les urnes.
12:13– Vous défendez le premier bilan de Milley à la présidence.
12:17On a quand même constaté, là j'avais l'article sous les yeux,
12:20que le président a dû appeler à l'aide son allié Donald Trump
12:23qui lui a consenti une aide américaine de 20 milliards de dollars.
12:27Donc les États-Unis ont eux-mêmes acheté de la monnaie argentine
12:31pour éviter qu'elle ne se déprécie encore plus.
12:33Et justement, est-ce qu'en se liant un petit peu comme ça aux Américains
12:36et aux dollars, est-ce que Milley n'a pas un petit peu bradé
12:40la souveraineté de son pays ?
12:41Est-ce que vous en pensez ?
12:43– Oui, c'est une bonne question.
12:45Écoutez, pour répondre à cette question, il faut déjà expliquer un petit peu
12:48dans quelle situation se trouvait l'Argentine aux auditeurs français
12:51qui peuvent difficilement l'imaginer parce que l'Argentine a fait faillite
12:5627 fois dans son histoire.
12:58Donc elle a fait toute une série de défauts de paiement,
13:00ce qui fait qu'elle n'a plus accès au marché financier.
13:02Donc contrairement à la France ou à n'importe quel pays développé,
13:06elle ne peut pas emprunter pour rembourser sa dette.
13:08La dette accumulée par la gauche est colossale
13:12et une partie de la dette arrive à échéance en janvier.
13:17Donc ils doivent absolument la rembourser.
13:20Donc le plan du gouvernement de Milley depuis le début était de dire
13:24on a cette échéance, on le sait, donc on va équilibrer le budget
13:27pour assainir les comptes, montrer qu'on fait des vrais efforts
13:31pour redresser le pays et faire rentrer de l'argent
13:35et rassurer les marchés, pouvoir à nouveau entrer sur les marchés internationaux,
13:41emprunter de la nouvelle dette pour rembourser cette échéance
13:44qui arrive en janvier.
13:45Donc ce n'est pas un nouvel endettement qui était prévu,
13:48c'est juste prendre de la nouvelle dette pour payer l'ancienne,
13:51c'est ce que fait la France tous les jours.
13:54Malheureusement, comme vous l'avez signalé,
13:56il y a eu ce petit revers électoral et surtout,
13:58il y a le fait que Milley n'a pas du tout de majorité parlementaire.
14:02Donc le Sénat et le Congrès argentin ont fait passer tout un nombre de lois récemment
14:10pour faire dérailler l'équilibre budgétaire.
14:12Ils ont volontairement fait passer des lois où ils disent
14:14on dépense des milliards pour tout et n'importe quoi.
14:17Le seul objectif était de faire dérailler l'équilibre.
14:21Donc ils l'ont fait passer et ils ont fait passer énormément de lois
14:23pour limiter les pouvoirs du président.
14:25Il ne peut plus le diriger par décret, il a beaucoup moins de pouvoir que ses prédécesseurs
14:30parce qu'il y a eu des nouvelles lois.
14:33Ce qui fait que les marchés ont pris peur pour le revers électoral,
14:37le fait qu'ils ne puissent plus vraiment diriger
14:38et le fait que la gauche soit prête à tout s'aborder pour faire dérailler le budget.
14:43Les marchés n'ont pas accepté une nouvelle entrée de l'Argentine.
14:47Donc elles se retrouvent dans une situation où elles ne peuvent pas emprunter
14:49pour payer cette échéance qui arrive.
14:51Et donc elles pourraient faire faillite, à nouveau, pour la 28ème fois.
14:54Et c'est là que Milley a activé le réseau américain avec ses liens avec Donald Trump.
15:02Il a envoyé son ministre de l'économie pour négocier un deal
15:04qui effectivement vient d'être divulgué.
15:08Le deal, il est extraordinaire parce qu'il y a non seulement 20 milliards de dollars
15:14qui servent à rembourser cette échéance, enfin en partie,
15:16parce qu'ils ont dit, l'échéance n'est pas 20 milliards, je ne la connais pas exactement.
15:20Mais ils ont dit, voilà, vous pouvez piocher dans ces 20 milliards pour rembourser l'échéance
15:22et si vous avez besoin de plus, il y aura plus.
15:24Mais en plus, effectivement, ils achètent des pesos argentins
15:28pour les mettre dans le trésor américain.
15:31Ça, c'est un fait rarissime parce que les fois où le trésor américain achète une monnaie étrangère,
15:37ils se comptent, je crois, sur les doigts d'une main.
15:38Ils ont acheté des euros, ils ont acheté du yen japonais,
15:43ils ont acheté du bitcoin, ils ont acheté de l'or.
15:45C'est ça qu'il y a dans les caisses.
15:47Et là, maintenant, il y a du peso argentin.
15:49Donc, c'est un signe de confiance énorme.
15:52Les Argentins, d'ailleurs, sont stupéfaits et se disent, mais attendez,
15:57la monnaie qui ne valait plus rien, il y a encore deux ans, il y avait 250% d'inflation.
16:01Moi, quand je suis arrivé dans le pays, il y avait des pièces, il y avait des centimes,
16:04il y avait des billets de 2 pesos, de 5 pesos.
16:06Quand je suis parti du pays, les billets de 2 et 5 avaient disparu,
16:10tout simplement parce que le papier valait plus cher que ce qui est écrit sur le billet.
16:15On pouvait l'utiliser pour allumer un feu, c'était plus rentable,
16:18pour se rendre compte à quel point le pesos ne valait plus rien.
16:21Aujourd'hui, cet argent qu'on jetait à la poubelle il y a encore deux ans,
16:24les Américains l'achètent pour le stocker dans leur trésor.
16:27Le signe est vraiment très puissant de la part des Américains.
16:32Ce n'est pas du tout une manière de se féoder aux États-Unis.
16:36Déjà, la dette qu'avait contractée avant la gauche, c'était auprès de la Chine.
16:40Donc bon, là, on n'est pas forcément mieux que l'autre.
16:42Et puis, en fait, c'est juste une relation de bon partenariat.
16:45C'est comme avoir une bonne relation avec son banquier.
16:47Si vous, vous avez un problème, vous entendez bien avec votre banquier,
16:50il vous fait confiance, c'est bon, tu vas t'en sortir, tu vas tout redresser,
16:54ta boîte, elle va cartonner, allez, je te fais confiance,
16:59je rachète ton ancienne dette pour que tu puisses payer la nouvelle.
17:02Il n'endette pas plus le pays, en fait.
17:04Le taux d'endettement est le même.
17:05On prend de l'argent et on rembourse de l'argent.
17:08Donc, ça reste équilibré.
17:10Non, je pense que c'est vraiment assez impressionnant ce qu'il a réussi à faire.
17:16Et connaissant les Argentins qui sont très fiers de la façon dont on les voit à l'étranger,
17:21parce que c'est quand même un pays qui est loin de tout, en marge du monde,
17:26et qui arrive quand même à faire des coups d'éclat internationaux
17:29avec Messi, Maradona, Eva Perron, le Tango, etc.
17:32Ils en sont très fiers.
17:34Je pense que ça, ça va aussi leur donner un petit boost d'orgueil
17:37qui peut aussi aider pendant les élections qui approchent là.
17:41– Alors, sur le plan international, on parle des amis de l'Argentine.
17:45Il y a un ami de l'Argentine, c'est Israël.
17:46En tout cas, c'est Millet qui le déclare ainsi.
17:48Est-ce qu'on assiste un petit peu à un alignement géostratégique
17:52d'une partie de l'Amérique latine avec l'Occident ?
17:56– Peut-être.
17:56En tout cas, Millet a déclaré de nombreuses fois que c'était sa volonté
18:01de s'aligner avec l'Occident sur une stratégie globale,
18:07sur une culture qu'il partage.
18:10Parce que…
18:12Alors, parler d'une partie de l'Amérique latine, je ne sais pas.
18:14Parce que l'Argentine est vraiment à part sur ce continent.
18:18C'est le seul pays où ils sont vraiment européens.
18:22C'est-à-dire que vous, comme moi, on peut passer pour des Argentins
18:26sans aucun problème.
18:28C'est dû à l'histoire du pays.
18:30Il n'y a pas de population andine ou d'anciens esclaves africains
18:37ou même asiatiques comme il peut y avoir au Brésil ou au Pérou.
18:41C'est vraiment des Européens.
18:43Donc, ils ont cette culture commune comme on pourrait l'avoir avec le Canada.
18:48On est occidentaux.
18:51Et c'est vrai que Millet a déclaré de nombreuses fois
18:54qu'il voulait créer une espèce d'alliance entre pays qui partagent cette culture.
18:59Et il fait des appels du pied en plus de Trump,
19:02mais aussi à l'Italie de Mélanie, à Israël.
19:05C'est un axe intéressant.
19:07Pareil, pour moi, c'est une entente entre gens qui se comprennent, tout simplement.
19:12– Alors, pour rester un peu sur l'Amérique latine
19:13et comparer avec les autres pays voisins,
19:16on a aussi Bukele, qui est quelqu'un qui fait beaucoup parler de lui,
19:20mais qui est, quant à son cas, sur un modèle plus étatiste
19:23et qui, a priori, fonctionne quand même.
19:26Pour le coup, il n'est pas ultra-libéral, comme d'aucuns qualifieraient Millet.
19:30Qu'est-ce que vous pensez de Bukele et de son modèle ?
19:32– C'est un modèle très intéressant.
19:35Il avait un pays dans un état désastreux.
19:39Moi, je suis déjà passé par le Salvador, bien avant Bukele,
19:42et c'est une des rares fois où, en voyage, j'ai eu un peu peur,
19:46parce qu'on ne pouvait pas sortir, tout simplement.
19:48On ne pouvait pas sortir dans la rue.
19:50Donc, il avait un problème très précis et très grave.
19:54Donc, il a employé tous les moyens à sa disposition pour le résoudre.
19:58Alors, comme vous l'avez dit, il n'est pas libéral,
19:59mais la première justification de l'existence même d'un état,
20:04c'est de protéger les gens contre les brigands.
20:09Voilà, le chef de la tribu, si c'est lui le chef,
20:11c'est parce qu'il a des gros bras autour
20:13qui peuvent protéger les villageois des brigands.
20:17Si l'état ne remplit même pas cette première mission-là,
20:20c'est-à-dire qu'il est en faillite totale,
20:22il ne sert vraiment plus à rien.
20:23C'était le cas au Salvador.
20:25Donc, il a rétabli l'ordre avec vigueur,
20:31mais il a libéré le quotidien de millions de Salvadoriens
20:35qui étaient opprimés par les gangs.
20:39Et en faisant cela, on peut dire qu'il a redonné un sens
20:44à l'utilité même d'avoir un état.
20:48Donc, c'est un modèle très intéressant,
20:49même si effectivement, sur le reste,
20:51il me paraît peut-être un peu inquiétant,
20:53Boukele, dans sa façon d'agir, d'être,
20:56on a l'impression qu'il se voit bien finir jusqu'à 90 ans
20:59dictateur à vie.
21:01Mais bon, si c'est pour rendre les gens heureux…
21:04Après, non, sur son modèle, vraiment précisément,
21:07comment il a fait pour combattre le crime,
21:09il n'y a qu'à dire bravo et à reconnaître
21:13que ce n'est pas bien compliqué en fait.
21:15On met les méchants en prison et puis les gentils vont mieux.
21:18C'est aussi simple que ça.
21:21D'ailleurs, Mileï a fait des échanges avec les équipes de Boukele.
21:23La ministre de la Sécurité, Patricia Boulrich, en Argentine,
21:27elle est en train d'appliquer un plan inspiré de Boukele.
21:31Et ça a eu des résultats déjà formidables,
21:33puisque Rosario était devenu une plaque tournante de la drogue en Argentine.
21:37C'était la ville la plus dangereuse du pays.
21:39Enfin, je crois que ça l'est toujours malheureusement,
21:41mais avec de nombreux meurtres, une ville qui était vraiment en perdition.
21:44en deux ans, en n'appliquant qu'une partie du plan Boukele,
21:50parce que ce n'est pas du tout de la même ampleur ni de la même échelle,
21:54on a déjà une réduction des crimes, enfin pas des crimes,
21:57des meurtres de 70%.
21:58Donc, c'est colossal.
22:01Et je pense que tous les habitants de Rosario applaudissent dès demain
22:04et sont très contents qu'on puisse appliquer ces méthodes-là en Argentine.
22:08– Alors, pour finir cette interview sur un sujet plus franco-français,
22:12si vous le permettez, est-ce que vous trouvez qu'il y a des candidats,
22:16des partis en France qui soutiennent la comparaison avec Millet
22:19et que vous pourriez soutenir ?
22:22– Alors, la comparaison, quand même pas,
22:24parce qu'il est vraiment très fort et il est unique,
22:28autant dans le style que dans la cohérence,
22:30que dans l'application ensuite de ce qu'il dit.
22:32– Oui, mais le paysage politique français est malheureusement dépourvu de libéraux.
22:41C'est que mon opinion personnelle, mais je ne vois que deux figures majeures
22:45qui semblent en tout cas réellement libérales,
22:49c'est Sarah Knafow et David Lysnard.
22:52Ce sont deux personnalités qui, je pense,
22:55ont une réelle compréhension du modèle libéral.
22:59et une fois qu'on a compris que c'était ça qui fonctionnait,
23:03que tout le reste, c'est à écarter, c'est à fouerra,
23:09et bien après, on en est intimement convaincus,
23:11on a cette énergie pour vraiment le défendre
23:15et avoir la volonté de l'appliquer.
23:17Et on le voit, c'est d'ailleurs deux personnalités
23:19qui ne changent pas de cap, qui ne sont pas au gré du vent.
23:21Ils sont convaincus parce qu'ils savent qu'ils ont raison, tout simplement.
23:26Mais bon, deux parmi des centaines, ça ne fait pas beaucoup.
23:31– Un dernier mot pour les téléspectateurs de TVL ?
23:34– Eh bien, embrasser chaque jour un peu plus les idées de la liberté,
23:39parce que c'est le chemin pour redresser notre pays,
23:43qu'on aime tant, et il est vraiment, vraiment urgent
23:46de couper dans les dépenses de l'État.
23:49Alors suivez-nous sur les réseaux pour en savoir plus sur comment on peut faire.
23:54– Merci à tous et à très bientôt pour un prochain Zoom.
23:57– Sous-titrage ST' 501
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