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Dans le contexte de la guerre froide, le général de Gaulle fait de l'arme nucléaire une priorité pour assurer l'indépendance et la puissance de la France. Après des essais en Algérie, la Polynésie est choisie comme nouveau site pour les expérimentations atomiques, en raison de son isolement. Entre 1966 et 1996, 193 essais y sont réalisés, avec des impacts durables sur la société, la politique et l'environnement local. Le premier essai de la bombe H, en 1968 à Fangataufa, symbolise l'entrée de la France dans le club des puissances thermonucléaires. La population polynésienne, peu informée, subit cette transformation imposée.
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02:59O commissário à energia atomica, com como objetivo de acelerar o desenvolvimento do núcleo.
03:07Para esta missão, ele nome Frédéric Joliot-Curie, prix Nobel de Chimie em 1935.
03:14Os americanos têm avançado.
03:16Depois de esses assuntos no deserto, eles seguem suas experimentações no Pacífico.
03:21Eles escolhem o atol isolado de Bikini e eles sabem se meter em cena.
03:25Uma verdadeira armada de observadores, entre os quais muitos estrangeiros,
03:32foram convidados a assistir a esse evento que marquou para o mundo a nascimento de um novo age.
03:38A bomba de Bikini é resta em todas as memórias.
03:55La course à l'arme nucléaire é lançada.
04:00Os russos realizam, eles, mais discrètement, o primeiro essai atomico, em août 1949.
04:06Os anglais y parviennent também, três anos atrás, na isla Montebello, ao largo de l'Australie.
04:13Des essais que não são sem danger e não sempre maitáveis.
04:16Um exemplo, esse accident em 1954, com esses pêcheiros japonais blessados,
04:22à la suite de um assai americano.
04:35De Gaulle a quitté o poder em 1946.
04:39Em um contexto de course aos armamentos,
04:41o escalade nuclear é inéluctável.
04:43Um evento accélere a consciência do retardo da França.
04:48Em 1956, os anglais e os franceses tentam de dissuader o presidente égyptian Nasser
04:54de nationalizar o canal de Suez.
04:57Eles montam uma operação militares conjuntas, rapidamente stoppada.
05:02Os EUA, a invasão é qualificada de agressão.
05:06Um cesse-feu é então decrétido.
05:08Um cesse-feu é percebido que a França não pesa mais.
05:13O presidente do Conselho, Pierre Mendez-France, disse que se não tem a bomba,
05:17não tem mais nada na negociações internacionais.
05:20Um cesse-feu é que a França não é percebido que os EUA protegerão com seus parapluies nucleares.
05:29Mátrise a arma atomica, que é o objetivo.
05:31De Gaulle l'affirmou já na conferência de presse em 1954.
05:36Ele disse que se precisava ser uma potência nuclear.
05:40Se a a bomba, mostra-se que o custo das atas excece os benefícios.
05:47Não é a guerra, mas é a evitação.
05:50Ele chama isso o equilíbrio da terror.
05:53Quando a longa traversada do deserto político, o general prepara seu retorno ao poder.
06:06Ele se rende em 1956 no Pacífico e, para a primeira vez, em Polynésia.
06:11Um dos primeiros territórios que havia ralliado a França livre em septembro 1940.
06:17O pai e o grande-pére de Mayanna são parte de uma influente família tahitiana que sempre
06:23a soutenu o general de Gaulle.
06:25Os bombriches.
06:27A visite de Gaulle foi marquada na escritas do meu grande-pére.
06:32A visite do general foi formidable.
06:36Um acolho triomfal, etc.
06:39Foi um honneiro e um honneiro para os anciãos combatantes que l'am retransmis à
06:46da população.
06:47Ele se envolvava também na escritas do general de Gaulle.
06:50Então, em 1956, foi um momento forte.
06:52Então, ele não tinha nenhuma função electiva.
06:55Ele era simplesmente o que liberou a França.
06:59E nós, fomos partidos para liberar a França com ele.
07:03Então, essa foi a ambiência.
07:05Quando ele veio aqui, em 1956, ele precisava de ouvir os discursos.
07:12E eu segui os discursos, mas eu restava na foule, evidentemente.
07:16E, efetivamente, ele era um homem brilhante.
07:23Mas, a sensação de se preparar para ir para vir.
07:27E, efetivamente, ele era algo ali.
07:31Ele veio agradecer as populações.
07:40Mas, sempre com essa ideia, eu posso sempre ser útil.
07:44E ele disse, principalmente aos anciãos combatantes,
07:47Ele se pode que, um dia, eu ainda precisava de vocês.
07:52Quando esse tempo, e discreitamente ainda,
07:54o Hexagone se prepara à l'air nuclear,
07:57como l'explica esse filme produzido por l'armão.
07:59A França dispõe de importantes gizemos de uranium.
08:06Na explicação de Bessines, em Limousin,
08:09o minerai é extraiço a céu aberto.
08:15O minerai, após o tratamento, será transformado em uranium metal,
08:18que servirá de combustível nuclear,
08:21é da três pilas que se forme o plutonium.
08:25Maîtriser o plutonium permet de concevoir a bomba,
08:28uma necessidade no contexto da guerra fria.
08:32Malgris a instabilidade política que marca a IVe República,
08:35os nombreux governos que se succedem
08:38seguem o desenvolvimento da filiais nuclear.
08:41O retorno do general ao poder, em 1958,
08:43dá uma impulsão decisiva para a realização do objetivo atomico.
08:47L'obsession de De Gaulle, c'est la grandeur de la France.
08:50Toute ma vie,
08:51je me suis fait une certaine idée de la France
08:53et il ne l'imagine pas sans la grandeur.
08:55Mais, ce qui compte, c'est la défense.
08:58Et donc,
08:59la bombe,
09:00oui, c'est une priorité.
09:01Et donc, il confirme
09:03les décisions secrètes
09:05qui avaient été prises par ses prédécesseurs
09:07et désormais,
09:08ça devient chose publique.
09:10Je dis que la France,
09:13du moment que les trois autres restent pour leur compte surarmées,
09:20la France ne concentre pas du tout
09:23à une infériorité chronique et gigantesque.
09:29D'ailleurs,
09:31quand nous serons une puissance atomique,
09:34ce qui ne tardera plus guère,
09:38nous aurons
09:40d'autant plus de moyens
09:44pour faire sentir notre action
09:48dans les domaines
09:49qui nous sont chers
09:52et qui sont utiles à tous les hommes,
09:55c'est-à-dire la sécurité mondiale
09:58et aussi le désarmement.
10:01Le concept de dissuasion se met en place.
10:04Posséder l'arme nucléaire
10:05permet à la France de faire peur à l'adversaire
10:08pour qu'il n'attaque pas.
10:11Les premiers essais vont se faire au Sahara,
10:13mais de Gaulle sait la perte de l'Algérie inéluctable.
10:16Il doit prévoir d'autres terrains d'expérimentation.
10:21Le 12 novembre 1958,
10:23une réunion secrète en présence du général,
10:25évoque d'autres sites possibles.
10:28Il définit en quelque sorte
10:30ce que sera la bombe française.
10:34Et une question est posée,
10:36finalement, est-ce que dans le Sahara
10:38on pourra faire des essais de grande puissance ?
10:41Et le directeur du CEA,
10:44donc le haut-commissaire à l'énergie atomique,
10:46Francis Perrin, dit non,
10:48dans quelques années,
10:49il faudra aller dans une île du Pacifique.
10:52Aucune décision officielle n'a été prise
10:54concernant la possibilité de faire des essais en Polynésie.
10:57Pourtant, à Papé-Été,
10:59le pouvoir arrête un opposant indépendantiste, Pouvana.
11:03Plusieurs fois député et très populaire,
11:05il fait peur aux autorités,
11:07dans la perspective encore lointaine des essais.
11:10C'était un agitateur des consciences populaires.
11:14Et l'agitateur des consciences populaires
11:16était un agitateur sous toutes ses formes.
11:20Voilà.
11:21Pouvana est arrêté en 1958.
11:25C'était un nationaliste.
11:27Et on imagine mal un nationaliste
11:30acceptant qu'on fasse des essais
11:33dans un pays qu'il estimait être le sien.
11:36Et puis, très curieusement,
11:39on élimine ce personnage,
11:41on l'arrête, on le met en prison,
11:43ensuite on le met en exil en France.
11:45Alors que la France décolonise en Afrique,
11:48dans le Pacifique, c'est l'inverse.
11:50En Polynésie, l'État supprime certains pouvoirs
11:53de décision de l'Assemblée territoriale.
11:55Une véritable reprise en main politique.
11:57Donc, vraisemblablement, à moins de prouver le contraire par A plus B,
12:06il y a quand même un certain nombre de choses
12:08qui se mettent en place pour préparer le terrain.
12:12Condamné à 8 ans de réclusion criminelle,
12:15Pouvana est libéré en 1968,
12:17puis réhabilité en octobre 2018, 40 ans après sa mort.
12:22La révision de son procès pointe la responsabilité de l'État français
12:28dans cette arrestation injuste.
12:34Les expérimentations en Algérie
12:36débutent le 13 février 1960 dans le Sahara.
12:40L'essai Jarboise bleue est un essai atmosphérique.
12:44La bombe repose sur une tour métallique haute de 70 mètres.
12:485, 4, 3, 2, 1, feu !
13:05Vous venez d'assister à la première explosion nucléaire française.
13:08L'Hexagone devient la quatrième puissance atomique du monde,
13:12après les États-Unis, l'Union Soviétique et le Royaume-Uni.
13:17Prévenu de ce succès, le général envoie un télégramme devenu célèbre.
13:21Hourra pour la France, depuis ce matin, elle est plus forte et plus fière.
13:26C'est une démonstration que la France a faite de ce qu'elle vaut.
13:31Elle ne veut pas le faire, bien entendu, pour menacer personne,
13:35mais il faut que la France prenne conscience de ce que cela vaut pour elle
13:42et de ce que cela lui donne de force pour entrer plus avant encore dans les grandes délibérations,
13:52d'où, je le crois et je le veux, sortira la paix du monde.
13:57L'explosion est 4 à 5 fois plus puissante que celle d'Hiroshima, soit 70 kilotonnes.
14:14On estime aujourd'hui que les retombées radioactives du nuage ont atteint le sud de l'Algérie,
14:19une partie de l'Afrique centrale puis de l'Ouest, ce qui n'était pas prévu par les scientifiques.
14:24On a fait d'abord des essais aériens et puis on s'est rendu compte qu'on ne pouvait pas continuer trop comme ça
14:33parce qu'on risquait donc de polluer, de voir des ennuis.
14:37Donc on a cherché d'autres solutions et on a pensé aux tirs en galerie.
14:46Poursuivant la réalisation de son programme atomique,
14:49la France a procédé le 1er mai à une explosion nucléaire souterraine dans le Hoggard.
14:53L'expérience a été conduite dans un massif granitique au fond d'une galerie creusée dans la montagne.
14:58Outre son aspect militaire, l'intérêt de ce type d'essai est de permettre d'envisager des applications pacifiques des explosions nucléaires
15:04et d'exclure les risques de retombées radioactives.
15:07L'ébranlement du sol soulève les poussières accumulées depuis des millénaires par l'érosion, sans cassure de la montagne.
15:18Elles ne sont pas radioactives.
15:20Les émanations sont en permanence contrôlées pour déceler tout danger accidentel.
15:24Ça a marché plus ou moins, notamment il y a eu un accident au moment de celui qu'on appelle le tir Beryl, où la montagne a explosé.
15:34Et où il y a eu des retombées, notamment sur des ministres qui assistaient aux essais.
15:40Pierre Mesmer, le ministre des armées et le millier de personnes qui participaient aux essais, ont été exposées à des fuites radioactives.
15:51La France procédera finalement à 4 essais atmosphériques et à 13 essais souterrains dans le désert algérien.
15:58Aujourd'hui encore, les sites non décontaminés sont interdits au public.
16:04Les accords déviants en 1962 mettent un terme à la guerre d'Algérie.
16:09Le général de Gaulle sait désormais qu'il va falloir trouver un autre site pour faire des expérimentations plus puissantes.
16:16Contrainte majeure, il faut des lieux isolés et peu habités.
16:20Les autorités évoquent les îles Kerguelen, la Réunion et même différents territoires métropolitains.
16:26Les Alpes ou encore la Corse sont cités, mais une protestation populaire dans l'île fait échouer le projet.
16:33On ressort alors une étude de 1957 qui proposait la Polynésie.
16:37Atout majeur du territoire, son isolement au milieu du Pacifique en fait un terrain d'expérimentation idéal.
16:45Un océan où Américains et Anglais ont déjà fait des essais.
16:48Tout cela est secret.
16:58Les Polynésiens ne savent toujours rien, pourtant le territoire se transforme.
17:01Il voit se construire à grande vitesse un aéroport, officiellement pour faire venir des touristes.
17:07Mon grand-père menait fortement la danse depuis 1945, afin qu'il y ait la construction d'une piste internationale à Traiti.
17:19Parce que le prix du copra avait chuté au niveau mondial, il fallait penser à autre chose et pour lui autre chose c'était le tourisme.
17:29Au début des années 60, on ne peut venir en Polynésie qu'en bateau.
17:33Sans aéroport, impossible d'acheminer la logistique et le personnel indispensable aux expérimentations nucléaires.
17:39On décide la construction de l'aéroport qui jusque-là paraissait impossible.
17:46Bon, on débloque des crédits.
17:49Il y a quand même le directeur de l'aviation civile qui dit de toute façon,
17:54c'est pas pour les touristes qu'on va faire cet aéroport, mais pour des raisons hautement politiques.
17:59Toutes les archives nous montrent qu'on construit l'aéroport très vite avec beaucoup d'argent, beaucoup de moyens,
18:04mais qu'on n'a rien prévu pour le tourisme.
18:13Le 27 juillet 1962, lors d'un conseil de défense exceptionnel, le général de Gaulle tranche.
18:20Les essais se feront en Polynésie française, mais la décision reste toujours secrète.
18:24Il s'agit de savoir si, pendant que les autres se sont faits et continuent de se faire,
18:33des armes capables de détruire l'univers et nous aussi.
18:39Il s'agit de savoir si nous aurons ou si nous n'aurons pas, nous aussi, de quoi nous défendre.
18:47Il lui faut désormais convaincre les hommes politiques locaux.
18:51Jacques-Denis Drolet était un ancien de la France libre, fidèle de de Gaulle.
18:56Il est élu à l'Assemblée territoriale de Polynésie et, à ce titre, il est convoqué à l'Élysée par le général.
19:02Après les salutations d'usage, il est tout de suite rentré dans le sujet.
19:08Le général n'est pas une personne qui s'ennuie dans les détails.
19:13Il rentre.
19:17Me disant que, m'expliquant sa politique nucléaire, pourquoi il avait choisi la Polynésie pour ses expérimentations.
19:29Il a souligné l'urgence du démarrage des travaux.
19:32C'était urgent, il fallait le faire vite.
19:34Et il souhaitait que tout se passe bien.
19:36Je crois qu'il y avait une tendance à vouloir me mettre devant le fait accompli,
19:41à me traiter un peu comme un subaterne, toujours à ses ordres.
19:44Et comme c'est un général qui n'a pas l'habitude de présenter,
19:48il avait l'air très pressé et il était décidé.
19:54Et à un certain moment, il a peut-être vu que j'étais embarrassé, que je me posais des questions.
20:05Je n'ai même pas eu le temps de parler.
20:07Il m'a dit que, si ça ne se passait pas bien, qu'il allait faire décréter que la Polynésie française devient un territoire militaire.
20:18Il n'a pas perdu de temps avec moi, il m'a dit au revoir et je suis parti.
20:24Et donc, les hommes politiques vont raconter ensuite, oui, on a été informé comme ça, on ne nous a pas demandé notre avis.
20:34Mais en fait, c'était un peu un jeu de dupe.
20:39Chacun savait que l'autre savait qu'il savait qu'il savait.
20:42Donc, c'était un peu du pipeau.
20:44Une pression efficace.
20:47Les deux atolls inhabités de Fangatofa et Mururoa, dans l'archipel des Tuamutu, accueilleront les essais.
20:54Ils sont cédés gratuitement par la Polynésie à la France.
20:58Moins de 2300 habitants dans un rayon de 500 km habitent ce territoire.
21:02L'endroit est idéal, parfaitement isolé et éloigné, comme l'explique ce film produit par le service communication de l'armée.
21:09C'est dans la partie la plus isolée de l'archipel que se situe la zone de tir de Mururoa.
21:19Loin de cette zone, et en remontant vents et courants, vivent les premières populations naturellement abritées des retombées radioactives.
21:26Pour les responsables politiques, c'était en même temps permettre à la Polynésie de s'enrichir, de se développer,
21:38et peut-être aussi à eux de profiter.
21:42Tout le monde avait finalement intérêt à ce que ça se passe bien.
21:47C'est ce que l'ami de Montaigne, Étienne de la Boétie, avait appelé la soumission volontaire.
21:56Les Polynésiens apprennent début 1963 que leur territoire va désormais servir aux essais nucléaires français.
22:07On emmène alors une délégation d'hommes politiques locaux dans le Sahara,
22:11pour voir les expérimentations atomiques qui se déroulent toujours en Algérie.
22:14Ils ont assisté à un tir, ils ont pu poser des questions, ils n'étaient eux-mêmes pas du tout rassurés en arrivant,
22:24parce que la bombe atomique, ils disaient la bombe atomique, c'était dangereux.
22:28Et puis, pendant la visite à Reagan, ils se sont dit qu'il n'y a pas de risque zéro,
22:36mais tout est fait pour éviter que ça ne déborde, qu'il y ait un risque pour les populations.
22:42À 300 kilomètres au sud-est, la zone de radioactivité est déjà complètement inoffensive.
22:48Il faut dire qu'ils m'ont fait visiter les lieux parce que nous avions beaucoup d'appréhension sur la façon dont les militaires s'installaient.
22:57Et qu'on ne pouvait pas s'installer n'importe comment en Polonésie française qui était un pays à vocation touristique.
23:07On ne pouvait pas mettre n'importe quoi, n'importe où, n'importe comment, ce qui ne les a pas empêchés d'ailleurs de le faire.
23:12Ils sont revenus en disant qu'ils étaient tout de même rassurés.
23:17C'était une belle performance de communication qui a marqué, qui a réussi en tout cas.
23:27Quand on leur dit que c'est sans danger, ils le croient. On ne leur a pas parlé du tir beryl.
23:34Et donc, ils sont revenus éblouis.
23:35Et ils étaient persuadés que les ingénieurs français mettaient tout en place pour protéger les populations.
23:43À cette époque, on navigue à vue.
23:45Les scientifiques ne connaissent pas bien les conséquences des essais.
23:48Mais il faut avancer coûte que coûte.
23:53Le général confie en décembre 1962 au gouverneur de la Polynésie
23:56Les Polynésiens sont gentils. Il ne faut pas regarder à l'argent.
24:01Une manière d'acheter sans douleur le silence des habitants.
24:06L'arrivée du CEP, le centre d'expérimentation du Pacifique, devient une réalité pour les Polynésiens.
24:12Des bâtiments se construisent. L'aéroport est prêt.
24:16Le port de Papéité s'agrandit. Le territoire change.
24:19Au début des années 60, Bernard est un jeune soldat venu de France.
24:39Il débarque parmi les premiers sur l'atoll quasi vide de Mururoa. Il n'a pas 20 ans.
24:43Nous sommes revenus avec lui sur les lieux, 60 années après son premier débarquement.
24:49C'est une grande émotion parce que quand on a passé au moins presque,
24:54j'allais dire un tiers de sa vie, peut-être pas tout à fait quand même,
24:58mais c'est très impressionnant. Et puis surtout, quand je suis arrivé sur cet atoll,
25:03il n'y avait rien. Si, il y avait simplement 7 tombes.
25:07C'étaient les Polynésiens qui étaient venus faire du copra et qui avaient subi sûrement une maladie.
25:13Et comme il n'y avait pas les moyens de venir les chercher, ni de communiquer,
25:17ils sont décédés sur place.
25:20On m'a dit, le bateau va partir à Mururoa et on va commencer à installer le premier beaching
25:28de manière à ce que les premiers bateaux qui arrivent de France puissent décharger le matériel.
25:32Donc, quand j'ai embarqué sur le Francis Garnier, là, on nous a bien sûr annoncé
25:38qu'on allait commencer à installer le CEP, le Centre d'expérimentation du Pacifique,
25:43qu'on était militaire. Donc, on faisait en moyenne 250 jours de mer par an, ce qui était énorme.
25:49Alors, on avait une vie familiale qui était vraiment très dispersée.
25:54Ce n'était pas simple.
25:56Alors, on vivait sur le bateau comme on vit en pleine mer.
26:00C'est exactement ça.
26:01La seule différence qu'il y avait, c'est qu'on allait chercher les langoustes le soir
26:04et on pêchait le poisson dans la journée.
26:07Ça améliorait le menu.
26:17Et là, il y avait une très belle plage.
26:20On l'appelait d'ailleurs la Croisette.
26:21Et juste au début, là, c'était le club nautique de distraction.
26:28Parce qu'en fait, il faut savoir qu'à Muroroa, on travaillait six jours par semaine.
26:33On n'avait que le dimanche.
26:35Même les jours fériés qui étaient en semaine, on travaillait quand même.
26:39Donc là, le dimanche, il y avait tous les gens quand il faisait beau, bien sûr,
26:42et que le temps le permettait.
26:44Ils venaient se baigner un petit peu comme à la plage de Bora Bora.
26:48On peut pratiquer à Muroroa tous les sports.
26:52Des foyers ou des cercles favorisent la détente à terre.
27:02Lorsque je suis arrivé, c'était vraiment une grande découverte.
27:05Et puis, on ne savait pas trop ce qu'allait se passer.
27:08On était un peu dans le vague.
27:10Et bien sûr, on a découvert au fur et à mesure du temps qui passait,
27:14la réalisation de ce qui était en train de se faire.
27:18Daniel, lui aussi, est arrivé au début des essais.
27:27Il était marin sur l'un des bateaux de logistique envoyés dans l'atoll.
27:29On ne te dit rien. On te dit, vous allez là-bas, vous êtes affecté sur tel bateau.
27:35Quand tu arrives sur tel bateau, tu fais partie d'un équipage de bateau.
27:39En général, ce n'est même pas le commandant, c'est le commandant en second qui est chargé de ça.
27:44Il te dit, on est soumis à certains trucs.
27:47On te distribuait des cartes aussi de l'atoll.
27:49On dirait, il faut mettre les pieds là, il faut mettre les pieds là, il faut mettre les pieds là.
27:54Et puis, c'est tout.
27:55Et puis, après, tu fais ton boulot sur un bateau.
27:57La pression atomique monte.
28:00Les Chinois réussissent leur premier essai nucléaire en octobre 1964.
28:05Ils font exploser une bombe A, bien plus puissante que celle des Français en Algérie.
28:103, 2, 1...
28:14C'est le résultat de l'effort de nos travailleurs, ingénieurs, personnel techniciens, scientifiques,
28:30et employés de l'armée de la libération des gens,
28:33et tous ces concernés,
28:35qui souhaitent réunir la grande flage rouge de Mao Tse-tung.
28:42En Polynésie, les travaux avancent au pas de charge.
28:45Pour préparer les premières expérimentations,
28:47l'atoll de Haau, proche du site des essais,
28:50est complètement transformé pour devenir une base logistique du CEP.
28:54À Mururoa, une piste d'atterrissage et des postes d'observation sont construits.
29:01On compte jusqu'à 4 000 personnes sur l'atoll.
29:04Parmi elles, de nombreux ouvriers polynésiens
29:07qui ont abandonné leurs îles et leurs exploitations agricoles
29:10pour les hauts salaires du CEP.
29:13Un changement majeur pour la Polynésie.
29:16Elle bascule dans une société de consommation à l'occidentale.
29:20Preuve de l'importance que le général accorde à l'avancée des travaux en Polynésie,
29:23il envoie son premier ministre Georges Pompidou en visite officielle sur place.
29:29Ce fut un voyage extrêmement important pour le premier ministre,
29:32car c'était la première fois qu'un chef de gouvernement en exercice
29:35se rendait dans ces territoires.
29:38Monsieur Georges Pompidou a pris contact avec les ouvriers des Polynésiens
29:42qui, depuis quelques mois, sont sur cet atome.
29:45Il y a là une très grande œuvre et quelque chose qui fait honneur, je le crois,
29:50à la France moderne, à son efficacité et à sa capacité.
29:56Jacques Faucard, secrétaire général de l'Elysée et conseiller du Président,
30:01suit au quotidien l'évolution de l'opinion en Polynésie.
30:05Il doit s'assurer que tout va bien et que la population adhère au projet.
30:08Pour cela, il a besoin de relais locaux.
30:13Mon grand-père avait, il y a très fort avec Faucard,
30:16c'était le correspondant de papa.
30:18Les échanges qu'il y avait, c'était beaucoup sur la situation politique du pays,
30:23le comportement des adversaires politiques, le comportement de ses propres troupes.
30:28C'était chaud, il y avait des courriers chauds.
30:31En fait, il donnait à Faucard des leçons de comportement politique en Polynésie.
30:40En 1965, pour la première fois en France,
30:43l'élection présidentielle se joue au suffrage universel.
30:47Pendant la campagne, la question des essais nucléaires est au cœur de l'affrontement politique.
30:52François Mitterrand, le principal opposant au général, est contre.
30:55Ce qui ne l'empêchera pas de changer d'avis quand il deviendra président en 1981.
31:01J'ai déjà affirmé solennellement que l'un des premiers actes de ma présidence
31:06sera de déposer à l'Organisation des Nations Unies
31:09un plan de non-dissémination des forces nucléaires
31:12et d'arrêt des expériences nucléaires qui polluent l'atmosphère
31:15et qui atteignent la santé de l'humanité.
31:17Oui, la République Nouvelle veut doter la France d'un armement nucléaire
31:23parce que quatre autres États en ont un,
31:29parce que tout le monde, sachant qu'elle ne menace personne,
31:36il se trouve qu'un pareil instrument revêt pour sa défense
31:42un caractère de dissuasion incomparable.
31:47Le général de Gaulle l'emporte dans l'Hexagone
31:51et en Polynésie, il obtient 60% des suffrages.
31:55Plus rien ne s'oppose à la mise en œuvre des essais quelques mois plus tard.
32:00Mars 1966.
32:02De Gaulle, nouvellement élu, décide de retirer la France du commandement intégré de l'OTAN.
32:06La bombe doit être prête au plus vite.
32:10Le pays a besoin de son arme de dissuasion nucléaire
32:14pour soutenir la volonté présidentielle d'indépendance face aux autres grandes puissances.
32:19Une barge est installée dans le lagon de Mururoa pour déposer la bombe.
32:24Le déclenchement s'effectue à partir du bateau le De Grasse,
32:28positionné à 20 km du lieu du tir.
32:31Reporté d'une journée à cause des conditions météorologiques,
32:35l'essai est finalement déclenché au matin du 2 juillet 1966.
32:395, 4, 3, 2, 1, feu !
32:44La bombe A, de 28 kilotonnes, représente deux fois la puissance de celle d'Hiroshima.
33:00Nous on était en mer, alors quand le tir a eu lieu,
33:04on avait le droit d'être sur la plage arrière du bateau,
33:07mais il fallait se retourner au compte à rebours.
33:09Et on pouvait regarder après 3, 4 ou 5 secondes,
33:14là on pouvait regarder, une fois que le flash avait été réalisé.
33:18Et on demandait aux gens de se tourner,
33:20bah alors t'entendais bote-doum, paf,
33:23après hop, on se retournait.
33:27Bah j'ai vu le développement.
33:29Alors c'est vrai que c'est impressionnant, c'est impressionnant.
33:34Surtout quand on a l'âge que j'avais à l'époque,
33:36hein, j'avais 21 ans.
33:40Bon, on était là-bas pour bosser, bon.
33:43Et c'est vrai que...
33:45on faisait confiance aux gens.
33:48Mais eux, ils en savaient pas plus que nous, hein.
33:52Les gens qu'on avait qui nous donnaient les dosimètres,
33:55ou les choses comme ça, ou les tenues qu'on avait.
33:58Et par contre, les résultats, ou des trucs comme ça,
34:04on n'était pas au courant du tout, du tout, du tout.
34:07Ils avaient même mis des carcasses de voitures et tout,
34:12près de la zone de tir,
34:14pour savoir les effets que ça allait produire.
34:17Effectivement, là, les carcasses de voitures étaient complètement cramées, quoi.
34:21Une explosion française dans le Pacifique, que le monde entier observe.
34:26Un essai qui ne se passe pas si bien que la version officielle le dira.
34:3340 ans plus tard, des documents révèlent que le nuage radioactif
34:39a finalement dérivé vers les Gambiers,
34:41où se trouvaient les habitants et des personnalités dont Gaston Flos.
34:44On ne voyait pas le nuage, mais on entendait le bruit, hein.
34:47Ça, ça arrivait jusqu'au...
34:49C'est un commentaire.
34:51Un essai qui ne se passe pas si bien que la version officielle le dira.
34:5540 ans plus tard, des documents révèlent que le nuage radioactif
34:59a finalement dérivé vers les Gambiers,
35:01où se trouvaient les habitants et des personnalités dont Gaston Flos.
35:05On ne voyait pas le nuage, mais on entendait le bruit.
35:12Ça, ça arrivait jusqu'au Gambier.
35:16Le fait que ce nuage serait passé sur les Gambiers,
35:23ça, nous n'avons pas été prévenus de ça du tout.
35:27Ils ont assisté à l'essai et ensuite ils devaient partir à Riquitéa pour un grand festin.
35:34Le vent a tourné, le nuage est parti vers Riquitéa
35:40et on leur a demandé de plier bagage immédiatement et de repartir sur Traiti.
35:45Ils sont revenus ici d'Ardar en laissant le festin, en laissant tout sur place.
35:50Ce que je peux affirmer, c'est qu'au moment où De Gaulle décide le transfert,
35:55aucune étude d'impact n'a été réalisée.
36:00On ne connaît pas bien les vents.
36:02On ne tient pas compte qu'il peut y avoir des cyclones.
36:06On ne tient pas compte qu'il peut y avoir des tremblements de terre.
36:09Tout ça n'a pas été étudié et préparé.
36:12Pendant les premières années, il n'y avait pas encore cette réaction.
36:17On ne faisait pas de relation entre cette maladie, les cancers et les expérimentations.
36:25Les mesures anti-contamination lors des essais atmosphériques sont encore très rudimentaires.
36:31Les scientifiques naviguent à vue.
36:33À Tourééia, l'atoll habitait le plus proche du site des explosions,
36:38on n'a pas conscience du danger des expériences.
36:39Quand il y a eu les premiers essais, on était rassemblés à la mairie du village très tôt le matin.
36:49Et puis là, on n'avait pas les lunettes ni rien parce qu'on était dans la mairie.
36:54Par exemple, on nous disait de rentrer et puis on entendait compter.
37:00Et puis après, on nous disait, c'est bon, vous pouvez sortir.
37:05Et puis d'un coup, ça fait une boule de nuages.
37:07Qu'est-ce que c'est un tir aérien ?
37:09C'est quoi la bombe atomique ?
37:10On avait beau nous expliquer, mais on n'était pas conscients.
37:16On n'était pas conscients de ce que c'était.
37:19Aujourd'hui, oui, je dirais que là, non.
37:23Il fallait être fou.
37:25Il fallait être fou, mais qu'est-ce qu'il veut ?
37:28C'est l'époque qui veut ça.
37:29On était là-dedans et on n'avait pas de raison de se méfier.
37:34Quand on discutait avec eux, ils venaient des techniciens d'Algérie ou des choses comme ça.
37:40Même eux ne savaient pas le danger qu'il y avait.
37:45Inconscience parfois, naïveté souvent et manque d'information.
37:48Certains responsables politiques polynésiens commencent à s'inquiéter.
37:53Pour les rassurer et remercier les populations, le général de Gaulle revient en Polynésie.
37:59En septembre 1966, il prononce à Papéité un discours resté célèbre.
38:05Et oui, il est vrai que la Polynésie a bien voulu être le siège de cette grande organisation
38:18destinée à donner à la puissance française le caractère de la dissuasion
38:25qui peut, qui doit à tous, dans un monde dangereux, nous assurer la paix. C'est vrai.
38:32Ça veut dire que de Gaulle a réussi son opération, c'est-à-dire à faire en sorte qu'il puisse installer le CEP
38:40en soulevant le minimum de vagues.
38:44Oui, c'était démocratique puisque vous avez bien voulu.
38:49Il y a d'ailleurs, si j'ose dire, des compensations.
38:52Le développement qui accompagne cette organisation du centre est éclatant.
39:00Ce qui doit suivre ne le sera pas moins.
39:03Les hommes politiques font assaut d'amabilité envers lui.
39:11Par exemple, Gaston Flos le reçoit à la mairie de Pirée et il explique
39:15« Dans ma commune, on a besoin de tout, de routes, d'éclairages, etc. »
39:21Et donc, il demande à de Gaulle de financer ses projets.
39:26Effectivement, ça fait du bien aux finances du pays.
39:32C'est les avantages économiques, la création de main-d'œuvre,
39:40on peut dire l'enrichissement d'une partie de la population grâce au CEP.
39:48« Toutes les dispositions sont prises, comme vous le savez,
39:54pour que cela n'ait aucun inconvénient d'aucune sorte
39:59pour les chères populations de la Polynésie.
40:02Mais au contraire, cette installation, cette organisation
40:08est en quelque sorte le départ pour tout l'ensemble des archipels,
40:15le départ pour un grand et nouveau progrès. »
40:20Applaudissements
40:22De Gaulle faisait son discours, bien sûr, en français,
40:25et il avait pour habitude, à la fin de son discours,
40:29de dire toujours quelques mots dans la langue du pays.
40:32Et là, il a prononcé des mots en tahitien pour remercier les Polynésiens.
40:40Alors, en tahitien, pour dire « merci » et surtout « merci bien », c'est « maruru, maruru, roa ».
40:48Et lui, il a dit « mururua, mururua, mururua ».
40:54Et John Martin, qui était à côté, il ne l'appelait pas Monsieur le Président,
40:59il l'appelait « mon général ».
41:01« Mon général, c'est pas mururua, c'est maruru ».
41:04Et là, De Gaulle, ils auront compris.
41:06Le général est un formidable VRP de l'arme nucléaire.
41:11Avec sa goye légendaire, il retourne les plus sceptiques.
41:14« Moi, j'ai cru, j'ai cru.
41:17Et bon, aujourd'hui, il s'avère que c'est vraiment… ça a été un danger. »
41:26Le président se rend ensuite à Mururoa,
41:29pour assister au quatrième essai nucléaire en Polynésie.
41:32Il est filmé ici par des opérateurs militaires.
41:35La presse n'avait pas eu accès au site.
41:38Des images inédites, encore jamais vues jusqu'à aujourd'hui.
41:43« Le général est accompagné de Monsieur Messmer, ministre des armées,
41:46Monsieur Perfit, ministre délégué chargé de la recherche scientifique,
41:50et du général Billotte, ministre des départements et territoires d'outre-mer. »
42:01La visite des installations à terre amène tout d'abord le général de Gaulle au PCT à Némone.
42:10Puis, toujours par la route, le cortège arrive au PEA de Nice.
42:19Le président de la République s'entretient quelques instants avec l'équipe
42:23qui, sous la direction de Monsieur Saunois, est chargé de la manœuvre du ballon devant emporter l'engin.
42:27Alors là, vous avez l'emplacement où était gonflé le ballon, à l'hélium.
42:37C'était cette petite zone d'ailleurs où est venu le général de Gaulle.
42:42Il a même assisté presque à la fin du gonflage.
42:45Voilà, et d'ailleurs il a été pris en photo, je l'ai sur mon appareil.
42:49Alors, on utilisait ce ballon une fois gonflé, pour éviter de tirer trop près du sol, en fonction de la puissance du tir.
42:59Donc, on le mettait en altitude, ce qui est éviter de la pollution sur le lagon et sur l'île.
43:04Et après, il est reparti en hélico sur le De Grasse, et c'est là qu'ils ont provoqué le déclenchement du tir métalgueuse.
43:19Le général de Gaulle réunit ensuite les officiers et ingénieurs autour de lui, pour leur adresser quelques mots.
43:33Le tir qu'il a déclenché à partir du De Grasse a été retardé de presque 48 heures pour des raisons météorologiques.
43:43Alors, de Gaulle, qui avait un programme très, très chargé, était très impatient.
43:48Mais les gens l'ont calmé en lui disant quand même que la météo était un élément primordial pour réaliser ce tir.
43:55Le dimanche 11 septembre 1966, le dispositif opérationnel est prêt.
44:135, 4, 3, 2, 1, feu !
44:25L'explosion, dans toute son horaire, est magnifique.
44:37Ça se déroule.
44:39On a l'impression d'avoir une gerbe qui monte.
44:43Mais après, on se demande à quoi ça sert tout ça.
44:46Qu'est-ce qu'on peut en faire ?
44:52Le tir s'est déroulé normalement.
44:55Tandis que les opérations continuent, le général de Gaulle quitte le De Grasse pour rejoindre Rao, d'où il s'envolera vers la métropole.
45:03Mais les essais sont encore de trop faible puissance.
45:06Le général est déçu.
45:07Il faut de nombreuses tentatives pour que les ingénieurs maîtrisent la fusion nucléaire et passer de la bombe A atomique à la bombe H à hydrogène, bien plus puissante.
45:18Et dans cette course aux armements, la France est en retard.
45:20L'objectif est de faire au plus vite une bombe H, comme les autres pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU, les États-Unis, l'URSS, la Chine et le Royaume-Uni.
45:31D'après ce qu'on sait, De Gaulle a exprimé sa satisfaction.
45:36Mais des indiscrétions montrent qu'il a trouvé que ce n'était pas des tirs suffisants.
45:43Et d'ailleurs, le ministre des Armées, Pierre Messmer, dit, je vous garantis que les prochains essais seront beaucoup plus puissants.
45:55Malgré les événements de mai 68, malgré l'instabilité politique en France, le compte à rebours nucléaire continue.
46:02En août de cette année agitée, le CEP s'apprête à réaliser sa plus grosse explosion.
46:07Les scientifiques ne maîtrisent pas toutes les conséquences des retombées radioactives, mais par précaution, l'autorité militaire décide d'évacuer l'atoll de Toureya, situé à seulement 100 km au nord du site du tir.
46:31Fabiola revoit pour la première fois les images de ce déménagement forcé.
46:35Le gouverneur de la Polynésie française leur a offert un séjour de vacances à Papete à l'occasion des fêtes de juillet.
46:47Tous les habitants du village de Toureya étaient réunis.
46:51Donc c'est là que le maire nous expliquait comment ça allait se passer, qu'on allait partir pour tant de temps et qu'on était pris en charge par l'armée.
47:00Cette invitation a été accueillie avec joie par la totalité des familles de Toureya et la perception d'un pécule agrémente les préparatifs du départ.
47:10Mais cet argent-là, parce que comme on n'avait pas de travail et avec cet argent-là, ça leur permettait d'acheter des habits ou tout ce qu'ils voulaient avec.
47:24C'est émouvant de voir ça, les gens de mon époque, de mon enfance.
47:35Là, c'était pour l'embarquement de Tahiti et ce monsieur-là, c'est celui qui est resté à Toureya.
47:40C'est le seul du village qui est resté.
47:47Et ça, c'est au réfectoire.
47:50Voilà, la petite fille, là, avec la petite robe blanche, c'est moi.
47:55J'avais 8 ans.
47:57Ça me fait tellement plaisir de les voir, je leur parle.
48:00Ben, on arrivait, ben, il y avait les bus qui étaient là.
48:04Et puis après, on le suivait, on nous disait ce qu'il fallait faire ensuite.
48:08Papa Téphane, voilà, moi, je monte dans le bus avant ma mère.
48:12Là, oui, on arrive à Tahiti, là.
48:16Pour la plupart des habitants de Toureya, c'est un véritable rêve qui se réalise.
48:23Pour moi, je ne peux pas dire que c'est un rêve, c'est plutôt...
48:27C'était un peu... On est un peu perdus.
48:30Vous arrivez d'un endroit où c'est tout plat et puis là, il y a des montagnes, il y a des...
48:35Il y a des arbres qu'il n'y a pas chez nous.
48:38Pour ces nouveaux essais, le CEP a aménagé une autre île, celle de Fangatofa,
48:44à 45 km au sud de Mururoa.
48:47Une passe artificielle et même creusée pour faire entrer des bateaux dans cet atoll fermé.
48:54Compte à rebours. Tensions qui précèdent le déclenchement du tir.
48:57Moins 10 secondes.
49:007, 6, 5, 4, 3, 2, 1, feu !
49:06On était encore une fois à 40 nautiques, 70 km. On a ressenti au bout d'un moment le souffle chaud du tir. C'était incroyable. C'était vraiment impressionnant.
49:27Bernard a assisté à une explosion 170 fois supérieure à celle de la bombe A d'Hiroshima.
49:34L'essai le plus puissant jamais réalisé par la France.
49:37De Gaulle déclare ce 28 août 1968, c'est un magnifique succès pour l'indépendance et la sécurité de la France.
49:45De Gaulle avait dit, il faut que de mon vivant, on puisse procéder au tir thermonucléaire parce qu'il dit, je ne suis pas sûr qu'après moi, on le fera.
49:59La bombe H, c'est presque le couronnement de son vœu de rendre sa grandeur à la France.
50:08L'hexagone fait donc partie des puissances thermonucléaires, celles qui détiennent la bombe H.
50:13L'objectif est atteint au nom de la souveraineté et de la place du pays dans le monde.
50:21Pendant ce temps-là, les habitants de Touréia rentrent enfin chez eux, comme si de rien n'était.
50:26Les essais thermonucléaires ont parfaitement réussi. La sécurité a été totale. Aucune contamination n'a atteint Touréia.
50:34Des études scientifiques montreront bien plus tard un lien possible entre les essais nucléaires et l'augmentation du nombre de cancers.
50:40D'autres sont toujours en cours afin d'évaluer avec précision les conséquences de ces retombées.
50:46En attendant de pouvoir en tirer des conclusions définitives, depuis 2010, l'État français a déjà indemnisé plusieurs centaines de personnes.
50:53Ah oui, il y a des choses qui ont été cachées, ça c'est sûr.
50:57Et ce n'est que lorsque ces cas de maladie, ces cas sont accrus et c'est de plus en plus important.
51:10Quand on s'est dit que c'est vraiment dangereux.
51:13Française, Français, le général de Gaulle est mort. La France est veuve.
51:26Le général décède le 9 novembre 1970. Ses successeurs, Georges Pompidou, Valéry Giscard d'Estaing, François Mitterrand et Jacques Chirac, continuent les expérimentations atomiques.
51:42On en comptera 193 en Polynésie avant l'arrêt définitif en 1996.
51:51Conséquences sociales, politiques et environnementales, le choix du général de Gaulle a marqué pour l'éternité la Polynésie.
51:58Le prix pour assurer à la France sa place dans le monde.
52:01Le prix pour assurer à la France sa place dans le monde.
52:20Transcrição e Legendas Pedro Negri
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