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En 1979, sous l’impulsion de l’ayatollah Khomeyni, la révolution éclate en Iran et renverse le shah Mohammad Reza Pahlavi. Cet événement marque la fin d’une monarchie vieille de deux mille cinq cent ans. Ce documentaire datant de 2019 retrace la vie de ces deux ennemis qui se sont affrontés pendant plus de trente ans, de l’arrivée au pouvoir du Shah dans les années 1940 jusqu’à sa chute.
Transcrição
00:06En 1979, une révolution renverse le Shah Mohamed Reza par la vie et met fin à 2500 ans de monarchie
00:15en Iran.
00:17Au début, je n'ai pas cru au changement.
00:24Ainsi tombent les régimes autoritaires, progressivement, puis tout à coup.
00:31L'erreur du Shah a été de vouloir en faire trop et trop vite.
00:37Le Shah Mohamed Reza par la vie, le dernier empereur de Perse, est une figure clé de la politique internationale
00:44de la seconde partie du XXe siècle.
00:50Son plus farouche adversaire se nomme Rouola Moussavi Romény.
00:54L'ayatollah va porter les espoirs de tous ceux qui s'opposent au Shah.
00:58C'étaient deux pôles opposés, tant par leur vision de la société que par leur personnalité.
01:08Ils sont devenus des ennemis jurés.
01:12Le Shah était comme obsédé par Romény.
01:17Leur rivalité va les accompagner pratiquement tout au long de leur existence et se solder par la défaite du Shah.
01:25La victoire de l'ayatollah sera aussi celle du fondamentalisme islamique et va poser un défi inédit à la politique
01:32internationale.
01:49En septembre 1941, Mohamed Reza par la vie, un jeune homme de 21 ans, prête serment devant le Parlement iranien
01:57et devient le nouveau Shah d'Iran.
01:59En pleine Seconde Guerre mondiale.
02:09Son père, Reza Chappard la vie, avait déclaré la neutralité du pays, mais sans jamais cacher ses sympathies nazies.
02:17Les alliés ont exigé son départ.
02:27Depuis l'attaque de l'Union soviétique par les armées d'Hitler, Britanniques et Américains ont besoin de l'Iran
02:33pour faire transiter leurs engins militaires vers la Russie.
02:43Après avoir abdiqué et avant de quitter l'Iran, Reza Chappard a dit à son fils Mohamed Reza, « Tu
02:50restes ici. C'est à toi de prendre les choses en main. »
02:56Mohamed Reza a été préparé à ce moment depuis sa plus tendre enfance.
03:01Prince héritier désigné, il occupe une place à part parmi ses frères et sœurs.
03:08Ses camarades de jeu sont triés sur le volet par son père, qui l'envoie dans un prestigieux internat suisse
03:14pour recevoir une formation à l'occidentale.
03:19C'est aussi son père qui choisit sa future épouse, la princesse égyptienne Faouzia.
03:25Cette prestigieuse alliance doit renforcer le pouvoir de la dynastie par la vie en Iran.
03:34Reza Chappard était une personnalité forte, très charismatique, qui avait une emprise totale sur la vie de son fils.
03:43Romaine, une petite ville à 300 kilomètres au sud-ouest de Téhéran.
03:47C'est ici que naît en 1902, dans une maison en lisière de la ville, Ruhola Moussavi Romaini.
03:54Il est le cadet d'une fratrie de six.
03:57Il ne connaîtra pas son père, assassiné dans des conditions mystérieuses, alors que Romaini a cinq mois.
04:05Adulte, il tiendra Reza Chappard pour responsable de la mort de son père.
04:13Jusqu'à la fin de sa vie, l'ayatollah Romaini est resté convaincu que Reza Chappard était intervenu personnellement pour
04:21protéger le meurtrier.
04:22Il en a gardé une rancœur persistante, puisqu'il parlait régulièrement dans ses écrits de ceux dont les pères ont
04:29été assassinés par Reza Chappard.
04:35L'absence du père marque à tout jamais le jeune Romaini.
04:39Sa mère le confie à une tante fortunée, qui prend en charge son éducation.
04:49A cinq ans, Romaini va à l'école du village où il apprend à lire et à écrire.
04:55Élève brillant, il progresse vite.
04:58Quand ses camarades jouent, il révisent ses leçons et lit le Coran.
05:07Avant d'être contraint à abdiquer, Reza Chappard-Lavi s'était mis à réformer le pays en profondeur.
05:14Obsédé par la modernisation de l'Iran, il avait notamment interdit le tchador des femmes en public.
05:21Il s'était attiré les foudres du clergé, qui refusait cette ingérence du pouvoir temporel dans les affaires religieuses.
05:29Le jeune Romaini, désormais étudiant en droit islamique, y voyait lui aussi une atteinte intolérable au principe de l'islam.
05:40Romaini était un théologien politique bien avant qu'il ne commence à s'exprimer publiquement.
05:45Il suffit de lire ses premiers écrits pour s'en convaincre.
05:49Par exemple, dans Cash Fol Asror, le dévoilement des secrets, on trouve déjà des attaques virulentes contre Reza Chappard.
06:01L'abdication forcée de Reza Chappard sous la pression des alliés en 1941 est une première victoire pour Romaini.
06:09Il demande à ce que le pays soit désormais gouverné selon la charia, la loi islamique.
06:14Mais ce ne sera pas pour tout de suite.
06:17Exilé en Afrique du Sud, Reza Chappard décède en 1944.
06:22Lors du rapatriement de la dépouille, tous les regards sont braqués sur le fils.
06:26Comment le jeune dirigeant va-t-il résoudre le conflit avec le clergé, conflit qu'il a hérité de son
06:32père ?
06:34L'opinion publique voit en lui un personnage réservé.
06:44Comme l'écrit Shakespeare, certains se voient imposer la grandeur, d'autres s'en saisissent.
06:50Mohamed Reza Chah s'est vu imposer la monarchie.
06:54Il y a une différence considérable entre celui qui se saisit du pouvoir pour créer un État moderne
07:00et celui qui, au fond, n'est qu'un roi malgré lui.
07:06Le jeune dirigeant se montre étonnamment déterminé à poursuivre l'œuvre de modernisation sociale et politique de son père.
07:13À une différence près, il veut mettre fin aux relations conflictuelles avec le clergé.
07:21Son futur rival Khomeini est devenu un savant islamique renommé et très écouté des étudiants.
07:28Certains se radicalisent à l'image des fédahines de l'islam, les martyrs de l'islam.
07:34Ce groupe fondamentaliste chiite recrute principalement parmi la jeunesse des quartiers pauvres de Téhéran.
07:40Il exige la mise en place d'un État religieux fondé sur le Coran,
07:45refuse toute influence occidentale et demande le retour du voile pour les femmes dans l'espace public.
07:54Ils ont pris une importance considérable en quelques années,
07:57notamment grâce à des assassinats très médiatiques.
08:01Leur première victime était un intellectuel réputé qui s'attaquait à l'islam dans sa globalité.
08:07Ils ont également assassiné un premier ministre, le général Ali Razmara.
08:13Et Khomeini était le clerc qui leur donnait en quelque sorte le feu vert religieux.
08:18Parce qu'il faut savoir que dans l'islam chiite, on ne peut pas simplement tuer quelqu'un comme ça.
08:24Il faut d'abord qu'une autorité religieuse émette une fatwa,
08:28comme par exemple celle de Khomeini contre Salman Rushdie.
08:36Le Shah en personne est victime d'une tentative d'assassinat en 1949.
08:41De forts soupçons pèsent sur les fédahines de l'islam,
08:44mais faute de preuve, le Parlement iranien préfère incriminer le Today,
08:49le parti communiste pro-soviétique.
08:52Son interdiction fait les affaires du Shah,
08:54qui se méfie autant de l'idéologie communiste que de l'islam radical,
08:59car il a la tête tournée vers l'Occident.
09:25En novembre 1949,
09:28Mohamed Reza Parlavi se rend aux Etats-Unis,
09:31où le président Harry S. Truman et la population lui réservent un accueil chaleureux.
09:36Avec une arrière-pensée,
09:38les Etats-Unis veulent s'assurer l'accès aux immenses réserves pétrolières de l'Iran.
09:45De son côté, le Shah a besoin d'appui pour ses ambitieux projets de modernisation.
09:51Il se montre particulièrement intéressé par les innovations technologiques,
09:55comme le barrage Hoover.
09:57Mais son engouement pour l'Occident est loin de faire l'unanimité dans le pays.
10:02« L'Iran était dans un état de dépendance totale.
10:06Le Shah était sous la coupe des Américains et des Britanniques.
10:10Alors que nous,
10:12nous voulions un pays indépendant,
10:16qui prend sa destinée en main,
10:19qui choisit sa voie. »
10:22Le boom de l'économie mondiale d'après-guerre a besoin de carburant.
10:26Non loin du golfe Persique, à Abadan,
10:29la plus grande raffinerie du monde sort de terre.
10:33Depuis le début du XXe siècle,
10:35l'extraction pétrolière iranienne est essentiellement aux mains des Britanniques.
10:39La firme Anglo-Iranian Oil Company est comme un état dans l'état.
10:46Après la nationalisation de l'industrie pétrolière par le Parlement iranien en mars 1951,
10:53les Britanniques répliquent par un blocus maritime.
10:57De nombreux travailleurs spécialisés britanniques doivent quitter le pays.
11:02La population applaudit la reprise des installations par une société d'État.
11:06Mais l'embargo pétrolier met rapidement le pays à genoux.
11:11Les partis extrémistes, comme le tout des communistes,
11:14sont les grands bénéficiaires de la crise.
11:16Leur rang ne cesse de grossir.
11:18La situation devient explosive,
11:20au point de pousser le chat à quitter précipitamment le pays.
11:24En son absence,
11:26différentes factions se disputent l'hégémonie politique.
11:29Les mollas et des formations politiques telles que les communistes,
11:33qui exigent la fin de la monarchie
11:35et la création d'une république populaire.
11:40Le chat finit par reprendre la main
11:42grâce aux États-Unis qui subventionnent désormais généreusement son régime.
11:48Et la CIA l'aide à mettre en place un redoutable service de renseignement,
11:52la SAVAC.
11:53« Notre chat est devenu l'équivalent d'un César romain.
11:58Il s'est énormément investi dans les affaires quotidiennes
12:01et dans les petites guerres politiciennes.
12:04Et quand on agit comme un César romain,
12:07on s'expose à être assassiné comme Jules César. »
12:13Pendant ce temps, Romaini ne s'exprime pas en public sur les sujets politiques.
12:19Entouré de son épouse et de ses enfants,
12:21il mène une vie de reclus dans sa maison de la ville sainte de Rome.
12:26Seuls ses disciples les plus dévoués le fréquentent,
12:29mais rien ne filtre du contenu de leur conversation.
12:33Il continue de développer ses thèses sur l'islamisation de l'État,
12:37sans faire de vagues,
12:38mais sûr de lui.
12:42Il fait preuve de la même assurance
12:44lors d'un entretien personnel avec le chat.
12:47Il a été mandaté par le grand Ayatollah
12:49pour obtenir la grâce de l'un des assassins
12:52du groupe fédahine de l'islam.
12:54Le chat lui accorde.
13:00Car Mohamed Reza cherche à se concilier les mollas.
13:04Par ses pèlerinages réguliers à la Mecque,
13:06en Arabie Saoudite,
13:08il montre sa foi autant que sa soumission
13:10à l'autorité religieuse des imams.
13:13Mais ses opérations de communication
13:15servent aussi d'autres objectifs.
13:28Je crois que sa foi lui vient de sa mère.
13:31Elle était très croyante,
13:33contrairement à son père,
13:34qui ne l'était clairement pas.
13:37Cela dit,
13:39sa politique religieuse
13:40n'est pas liée à ses sentiments,
13:42mais au fait qu'il voyait dans les communistes
13:44la principale menace pour le pays.
13:48Et il avait compris
13:49qu'il pouvait combattre les communistes
13:51en jouant la carte de la religion.
13:54Et c'est exactement ce qu'il a fait.
14:03Le chat veut combattre l'influence
14:05de l'Union soviétique sur la population.
14:08Traditionnellement monarchiste
14:09et anticommuniste,
14:10le clergé apparaît comme un allié de choix
14:13que Mohamed Reza va courtiser
14:15pour s'assurer ses faveurs.
14:17Mais son plan échoue.
14:21Il pensait que la religion
14:23allait être le soubassement idéologique
14:25de ses réformes.
14:27Mais c'était encore une fois une erreur.
14:32« La religion,
14:36particulièrement celle professée
14:38par le clergé chiite,
14:40n'aurait jamais pu servir de cadre
14:41à la modernisation
14:42et à l'occidentalisation. »
14:49En 1959,
14:51Téhéran est en fête.
14:52La presse People du monde entier
14:54a dépêché ses photographes
14:56au mariage de Mohamed Reza Shah
14:57et de Farah Diba.
15:00Après deux divorces,
15:01le chat compte sur sa nouvelle épouse
15:03pour enfin donner à la dynastie par la vie
15:06l'héritier tant attendu.
15:09Farah Diba va jouer un rôle actif
15:11aux côtés de son mari.
15:12En 1962,
15:14une foule en liesse
15:16accueille le couple royal aux États-Unis.
15:25Les relations irano-américaines
15:28sont au beau fixe.
15:29Le chat et le président Kennedy
15:31partagent la conviction
15:32que la puissance militaire
15:34est seule en mesure
15:35d'endiguer la menace soviétique.
15:38Il faut donc que l'Iran soit armé.
15:41Les Américains s'en chargeront
15:43et gagnent ainsi
15:44un accès privilégié
15:46au pétrole iranien.
15:58Les Américains ont mis
16:02à disposition du chat
16:03ce qu'ils avaient de plus moderne
16:05en matière d'armement.
16:06Ils ont créé son armée.
16:09Le pays grouillait
16:10de conseillers militaires américains
16:12qui décidaient
16:13de ce qui pouvait être fait
16:14ou non.
16:16Et croyez-moi,
16:18tout ce qu'ils ont fait
16:19n'a certainement pas
16:20servi la démocratie.
16:23L'Iran des années 60
16:24est un pays en voie de développement
16:26aux structures archaïques.
16:29La majorité des habitants
16:30sont des agriculteurs sans terre.
16:33celles-ci sont aux mains
16:34de grands propriétaires
16:36parmi lesquels on compte
16:37de nombreux mollas
16:38et fondations religieuses.
16:41Le 11 janvier 1963,
16:44le chat dévoile
16:45un vaste programme de réformes
16:47qu'il appelle
16:48la Révolution Blanche.
16:50Son objectif affiché
16:51est d'améliorer sensiblement
16:53le sort matériel de la population.
16:57La Révolution Blanche
16:59était réellement
17:00l'idée de sa majesté.
17:03C'était son choix.
17:05Il voulait que son pays
17:06et ses citoyens
17:07puissent se développer.
17:10Un référendum populaire
17:12vient appuyer ce programme
17:13qui s'annonce très ambitieux.
17:15Suppression du système féodal,
17:17privatisation des entreprises d'État,
17:20lutte contre l'analphabétisme,
17:22introduction du droit de vote
17:23pour les femmes.
17:24Si les femmes
17:25ne peuvent pas encore voter
17:26au référendum,
17:27elles se rendent néanmoins
17:28aux urnes
17:29pour manifester leur approbation.
17:32Il voulait moderniser le pays.
17:34La Révolution Blanche
17:35devait faire de l'Iran
17:37un pays meilleur.
17:38Et ça a été le cas
17:39sous beaucoup d'aspects.
17:41Elle a mis fin
17:42au système féodal.
17:44Ce qui était loin
17:45d'être facile.
17:47Une réforme agraire
17:48imposée contre
17:49la résistance farouche
17:50du clergé
17:51est au départ
17:52de la Révolution Blanche.
17:54Le Shah redistribue
17:55plus de 500 000 hectares,
17:57l'équivalent en surface
17:58d'un département
17:59comme le Jura
18:00ou la Lozère,
18:01à 30 000 familles
18:02sans terre.
18:06Selon certaines rumeurs,
18:08le Shah avait entrepris
18:10ces réformes
18:10sous la pression
18:11des États-Unis.
18:14Cela voulait dire
18:15qu'elles n'allaient servir
18:16qu'à des fins colonialistes
18:17et impérialistes,
18:19qu'elles ne se faisaient pas
18:20dans l'intérêt
18:21du peuple iranien.
18:23Les mesures venaient
18:24de l'étranger,
18:25elles étaient dictées
18:26par les Américains.
18:29Enrôlées dans l'armée
18:30de la connaissance,
18:31de jeunes diplômés
18:32sont envoyés
18:33dans les campagnes
18:33pour apprendre
18:34aux enfants
18:34à lire,
18:35à écrire
18:36et à calculer.
18:38Même les paysans
18:40et les nomades
18:40doivent rejoindre
18:41les bancs de l'école.
18:42Le Shah tient
18:44à intégrer
18:44toutes les couches
18:45de la population
18:45à sa révolution.
18:53Cette armée
18:54est venue
18:55pour alphabétiser,
18:57mais pas pour apporter
18:58une véritable instruction.
19:02C'est très bien
19:04d'alphabétiser les gens,
19:05mais l'alphabétisation,
19:07ce n'est pas
19:08de l'éducation politique.
19:10Il y a une grande différence.
19:14Toute forme
19:14d'éducation politique
19:15était proscrite.
19:16Que ce soit
19:18à l'école
19:18ou à l'université.
19:23Khomeini
19:23se fait le porte-voix
19:25d'un groupe de Mola
19:26qui refuse une politique
19:27qu'il considère
19:28comme pro-occidentale.
19:35À cette époque,
19:36l'ayetola Khomeini
19:37était la voix
19:38du peuple
19:38et des opposants.
19:41Il articulait
19:42leurs demandes
19:43avec beaucoup de courage.
19:47C'est pour cette raison
19:48que nous soutenions
19:49l'ayetola Khomeini.
19:53Quand Khomeini
19:54s'est muet
19:54en personnalité publique,
19:55il n'était plus
19:56ce jeune théologien
19:57de Rome
19:58qui se plaignait
19:59de Reza Shah,
20:00mais qui n'allait pas
20:00plus loin
20:01par respect
20:01pour ses professeurs.
20:03Il avait été nommé
20:05grand ayatola
20:06et il avait rassemblé
20:07autour de lui
20:08un nombre conséquent
20:09de partisans.
20:10Son potentiel
20:11de mobilisation
20:12était devenu considérable.
20:17Conscient de sa force,
20:18Khomeini sort
20:19de sa retraite relative
20:20et conteste ouvertement
20:22la politique du Shah.
20:25Il l'interpelle en public
20:27et l'avertit
20:28de ne pas poursuivre
20:29dans la voix de son père.
20:36Khomeini a adressé
20:37des lettres
20:38directement au Shah
20:39et le Shah
20:40y a répondu
20:41dans plusieurs discours.
20:42J'ai longuement
20:43étudié ces échanges
20:45et ils sont remarquables
20:46à plus d'un titre.
20:49D'une part,
20:51Khomeini fait preuve
20:51d'une attitude
20:52de défi étonnante,
20:53par exemple
20:54quand il prévient le Shah
20:55« Attention mon garçon,
20:57ne fais rien
20:57qui pourrait me pousser
20:58à te virer du pays
20:59comme ton père ».
21:00Et le Shah
21:03de son côté
21:04explique
21:05qu'il ne laissera pas
21:06comment dit-il déjà ?
21:08Ah oui,
21:08ces petites fourmis
21:09qui vivent
21:10dans les excréments
21:11gouverner le pays.
21:13Nous ne laissons pas
21:14les régler ce pays.
21:18La volonté
21:19de donner aux femmes
21:20une place
21:20plus importante
21:21dans la société iranienne
21:23est au cœur
21:23de la révolution blanche.
21:28Elles peuvent désormais
21:30voter
21:30et même se présenter
21:31aux élections.
21:38C'est un jalon
21:40dans l'histoire
21:41des femmes iraniennes.
21:42Elles s'affirment
21:43et se saisissent
21:44de leurs nouveaux droits.
21:50La liberté des femmes
21:51était très importante.
21:54Les droits de la femme
21:55étaient très progressistes
21:56pour l'époque,
21:57même par rapport
21:58aux pays européens.
22:01Il y a eu
22:03de nombreuses résistances
22:04à tel point
22:09que la première révolution
22:10menée par Roménie
22:11en 1963
22:12est partie directement
22:14de la contestation
22:15du décret
22:15sur le droit de vote.
22:21Pour Roménie
22:22et ses partisans,
22:23la nouvelle place
22:24politique et sociale
22:25des femmes
22:26porte atteinte
22:27au fondement
22:27de la foi islamique.
22:29Le clergé
22:30contre-attaque.
22:31Roménie dénonce
22:32la corruption,
22:33la violence d'État
22:34et les tortures
22:35perpétrées
22:36par les services secrets,
22:37la SAVAC.
22:38Il menace
22:39de provoquer
22:40une réaction noire
22:41à la révolution blanche
22:43de celui qu'il nomme
22:44le tyran
22:45de notre temps.
22:48Roménie
22:49était le seul
22:50à l'époque
22:50à se montrer
22:51aussi radical
22:52et à s'en prendre
22:54et à s'en prendre
22:54aussi violemment
22:54aux chats.
22:59Il l'accusait
23:00de trahir
23:00la religion
23:04et menaçait
23:05de le proclamer
23:06officiellement
23:06en état de péché.
23:12et il menaçait
23:14d'organiser
23:15la révolte
23:15contre lui.
23:21Manifestations
23:22et contre-manifestations
23:23se succèdent.
23:24Le chat envoie
23:25l'armée
23:26dans la ville sainte
23:27de Rome.
23:30Le sang coule.
23:32Roménie est arrêté.
23:34Il risque
23:34la peine de mort.
23:36Il faut
23:37l'intervention
23:37de nombreux clairs
23:38pour que sa peine
23:39soit allégée.
23:41L'ayatollah
23:42doit s'exiler
23:42à Najaf,
23:43en Irak.
23:46Pendant ce temps,
23:47la mise en œuvre
23:48de la révolution blanche
23:49s'avère plus compliquée
23:50que prévue
23:51dans les campagnes.
23:53Certes,
23:54les paysans
23:54possèdent désormais
23:55les terres
23:55qu'ils cultivent,
23:56mais il manque
23:57de semences,
23:58d'eau
23:59et d'engins
24:00agricoles modernes.
24:08La réforme agraire
24:10a provoqué
24:10un exode rural
24:11massif.
24:12Les paysans
24:13ont été obligés
24:14de quitter
24:14leur village
24:15pour les villes.
24:19Des bidonvilles
24:20ont poussé
24:20tout autour
24:21de Téhéran
24:21parce que ces gens
24:23n'avaient pas
24:23les moyens
24:23de s'installer
24:24au centre.
24:26C'est cette population
24:27marginalisée
24:28qui a fourni
24:29les soldats
24:30de la révolution.
24:30quand on met fin
24:33au féodalisme
24:34et qu'on pousse
24:35des millions
24:36de gens
24:36vers les villes,
24:38il faut avoir
24:39préparé son coup.
24:40Il faut notamment
24:41avoir réfléchi
24:42à qui va enseigner
24:44à tout ce monde
24:44les nouvelles règles
24:46du jeu politique.
24:49Le problème,
24:50c'est que les seules
24:51organisations politiques
24:52tolérées relevaient
24:54du clergé.
24:56À Najaf,
24:58bastion de l'islam
24:59chiite en Irak,
25:00Roménie se retire
25:01complètement de la vie
25:02publique.
25:03À 60 ans,
25:05il ne s'imagine pas
25:06revenir un jour
25:07sur le devant
25:07de la scène.
25:09Il est isolé.
25:10De nombreux théologiens
25:11iraniens ne veulent pas
25:13être associés
25:13à ses activités politiques.
25:18Il se replonge
25:19dans l'étude
25:20des textes sacrés
25:21et garde seulement
25:22contact avec
25:22un noyau dur
25:23d'étudiants.
25:25Ce sont eux
25:25qui le tiennent
25:26au courant
25:26de la situation
25:27en Iran.
25:28Sa famille,
25:29qui l'a accompagnée
25:30en exil,
25:31est l'un de ses rares
25:32soutiens.
25:41Il est devenu
25:43un personnage lointain
25:44qui avait pour seul
25:45centre d'intérêt
25:46sa mosquée
25:47et ses livres.
25:49En 14 ans,
25:51il ne s'est pas éloigné
25:52une seule fois
25:53à plus de trois rues
25:54de chez lui.
25:55Il allait à la mosquée
25:57et il revenait.
26:01Au même moment,
26:02en Iran,
26:03on renoue
26:03avec des fastes
26:04d'une autre époque.
26:06Mohamed Reza
26:07avait toujours déclaré
26:08ne pas vouloir
26:08monter officiellement
26:10sur le célèbre
26:10trône du Pan
26:11avant d'avoir
26:12accompli une grande œuvre
26:14pour son pays.
26:15En octobre 1967,
26:18il se fait couronner
26:19empereur.
26:20Le clergé le soutient
26:22car le chat
26:22prend soin
26:23d'associer les religieux
26:24à chacune
26:25de ses sorties publiques.
26:27Il sait
26:27à quel point
26:28le peuple est attaché
26:29aux références religieuses
26:30qui légitiment
26:31la royauté.
26:34La cérémonie
26:35semble marquer
26:36l'aboutissement
26:36de son règne.
26:38Désormais,
26:39il est le
26:40Shah In Shah,
26:41le roi des rois.
26:44Et pour la première fois
26:45dans l'histoire
26:46de la Perse,
26:47la femme de l'empereur
26:48est couronnée.
26:50Elle peut,
26:50en théorie,
26:51prendre sa succession.
26:55Quand sa majesté
26:56a posé la couronne
26:57sur ma tête,
26:58c'était comme
26:59s'il la posait
27:00sur la tête
27:01de toutes les femmes.
27:04C'était un épisode
27:05majeur
27:05de l'histoire
27:06de notre pays.
27:09Je ne me disais pas
27:10que j'étais devenue
27:11une personne importante.
27:13Je pensais seulement
27:14au symbole
27:15que cela représentait
27:16pour l'avancée
27:17des droits des femmes
27:18et de leur respect.
27:22En mai et juin 1967,
27:25le couple royal
27:26est en visite d'État
27:27en République fédérale
27:28d'Allemagne
27:28où l'accueillent
27:29le président Heinrich Lübcke
27:31et le chancelier
27:32Kurt Kissinger.
27:34Le voyage obéit
27:35avant tout
27:35à des motifs économiques.
27:37Le Shah visite
27:38les grandes usines
27:39sidérurgiques
27:39de la Roure
27:40et du Rhin
27:41car il a besoin
27:42de partenaires
27:43pour industrialiser
27:44le pays.
27:45Il veut notamment
27:46ériger des barrages
27:47en vue de l'irrigation
27:48des terres agricoles.
27:50Des marchés prometteurs
27:52pour l'économie allemande.
27:56Le potentiel économique
27:58était indéniable.
28:00Les banques y ont
28:00également vu un intérêt
28:01puisqu'elles pouvaient
28:02officier comme financeurs.
28:05Tout le monde
28:06était gagnant.
28:12Lorsque le couple
28:13se rend à l'Opéra
28:14de Berlin,
28:15les côtés sombres
28:16du régime
28:17éclatent au grand jour.
28:19Des membres
28:20de la SAVAX
28:20s'en prennent
28:21violemment
28:21aux manifestants
28:22venus protester
28:23contre l'oppression
28:24et la torture.
28:26La mort d'un étudiant
28:28tué par un policier
28:29allemand
28:29va provoquer
28:30la radicalisation
28:31de l'extrême gauche
28:32allemande.
28:33Ce sera une césure
28:35dans l'histoire
28:35de l'Allemagne.
28:40Quatre ans plus tard,
28:41en 1971,
28:43on fête
28:43les 2500 ans
28:44de l'Empire perse.
28:46À Téhéran,
28:48la tour Chayad
28:48ou Mémorial des Rois
28:50voulue par Faradiba
28:51doit incarner
28:52le nouvel esprit
28:53de modernité
28:54de l'Empire.
28:56Dans l'ancienne
28:57capitale impériale
28:58Persepolis,
28:59le chat célèbre
29:00les gloires du passé.
29:02La fête monumentale
29:03en plein désert
29:04rassemble monarques,
29:06chefs d'État
29:07et dictateurs
29:08du monde entier.
29:12La population
29:13n'est pas conviée.
29:19C'est l'exemple même
29:21d'une initiative
29:22qui partait
29:23d'une bonne intention
29:24mais dont l'exécution
29:25a été tellement délirante,
29:27minée par la corruption
29:29et le népotisme,
29:31que ça a été
29:31totalement contre-productif.
29:37Pour réaliser
29:38le bon technologique
29:39de sa révolution blanche,
29:41le chat recourt
29:42aux capitaux étrangers.
29:44Il investit des milliards
29:45dans l'électrification
29:46du territoire
29:47et la construction
29:49d'industries.
29:50Pour le dirigeant,
29:51l'Iran retrouvera
29:52la grandeur
29:53de l'Empire perse
29:54en raccrochant
29:55les wagons
29:55avec la modernité.
30:01Je pense que notre pays
30:03dans les prochains 10 ans
30:04sera ce que vous êtes aujourd'hui.
30:07Dans les prochains 25 ans,
30:09selon les autres,
30:10je ne dis pas que ça,
30:11sera dans les 5
30:13les plus prospétences
30:14les pays du monde.
30:17Pour atteindre cet objectif,
30:20le chat investit aussi
30:21dans l'énergie nucléaire.
30:23Des entreprises américaines
30:25et françaises
30:25sont sur les rangs
30:26pour décrocher
30:27ce marché lucratif.
30:29Mais ce sont les Allemands
30:30qui raflent la mise.
30:41Nous étions évidemment
30:42très fiers
30:43d'avoir obtenu le marché
30:44et de construire
30:45la première centrale nucléaire
30:47du pays.
30:48C'est Siemens
30:48qui s'en est chargé.
30:50D'un autre côté,
30:51je me suis évidemment demandé
30:53pourquoi un pays
30:54qui possédait
30:55des réserves inépuisables
30:56de pétrole et de gaz
30:57dépensait des fortunes
30:59pour construire
31:00une centrale nucléaire.
31:02Mais à ce moment-là,
31:03les intérêts
31:04de l'économie allemande
31:05primaient sur tout.
31:06Il fallait saisir
31:07l'opportunité.
31:13Le chat était animé
31:15par les nécessités
31:16de son époque.
31:17Que ça plaise ou non,
31:19modernisation rime
31:20essentiellement
31:21avec occidentalisation.
31:24On ne peut pas avoir
31:25l'un sans l'autre.
31:32La capitale se montre
31:34particulièrement réceptive
31:35aux modes de vie occidentales.
31:38Téhéran devient
31:39une métropole moderne
31:40où l'on croise
31:41peu de femmes voilées.
31:42Les jeunes voyagent
31:43sans restrictions
31:44et peuvent se former
31:45à l'étranger.
31:47On profite pleinement
31:49de la libéralisation
31:50des mœurs.
31:56En revanche,
31:58rien ne bouge
31:59du côté des structures
32:00politiques.
32:01L'Iran reste
32:02une monarchie traditionnelle
32:04où tous les pouvoirs
32:05vont au chat.
32:07il voulait prendre
32:10toutes les décisions
32:11seules.
32:12Ça a été
32:13l'erreur fatidique,
32:16celle qui explique
32:17ses nombreux échecs
32:19et qui, en fin de compte,
32:22l'a mené à sa perte.
32:26La situation économique
32:28du pays
32:28était mauvaise,
32:29mais aucun ministre
32:31n'osait lui dire
32:32la vérité.
32:33Et la situation
32:34était mauvaise
32:34parce que toutes
32:35les décisions
32:36venaient d'en haut.
32:38C'était un régime
32:39autocratique
32:39marqué par la corruption,
32:41les crimes
32:42et l'assassinat
32:43d'intellectuels.
32:44Le pays
32:45se vidait
32:45intellectuellement.
32:47C'était une trahison.
32:50comme si l'Iran
32:51était contrôlé
32:52de l'étranger.
32:55Au même moment,
32:57à Najaf,
32:58en Irak,
32:58le temps
32:59semble s'être arrêté.
33:01Khomeini
33:01développe ses thèses
33:02devant un petit cercle
33:03d'auditeurs.
33:04Il réfléchit
33:05à un ordre
33:06juridique islamique
33:07qui donnerait
33:08une place prééminente
33:09au clair.
33:10Il condamne
33:12les superficialités
33:13et la pure débauche
33:14de l'Occident.
33:15Il dénonce
33:16les puissances coloniales
33:17et Israël
33:18et il demande
33:19la fin
33:20de la séparation
33:20entre politique
33:21et religion.
33:23Les transcriptions
33:24de ses cours
33:25seront réunies
33:26dans un livre
33:26intitulé
33:27Pour un gouvernement
33:28islamique.
33:31Je crois
33:31que j'ai été
33:32un des premiers
33:33lecteurs de ce livre.
33:34Il m'a choqué.
33:37Mais comme
33:38beaucoup d'autres,
33:39j'ai été idiot.
33:41Il me paraissait
33:42impossible
33:43qu'une idéologie
33:44aussi arriérée
33:45puisse s'imposer
33:45en Iran.
33:48On avait connu
33:49une révolution
33:50constitutionnelle
33:51en 1905-1907.
33:53On n'allait pas
33:54laisser les clercs
33:55couper des mains
33:55en public.
33:58On n'allait pas
33:59leur donner le pouvoir
34:00parce qu'on savait
34:01ce qu'était
34:01la charia.
34:03Je me suis trompé
34:04comme beaucoup
34:05de pays
34:06et de puissances.
34:12L'ouvrage
34:13de Khomeini
34:14est interdit
34:14en Iran.
34:15On veut éviter
34:16que les idées
34:17radicales
34:18et les exigences
34:19religieuses
34:19du savant
34:20chiite
34:20se propagent.
34:22Mais pour
34:23les opposants
34:23à la classe
34:24dirigeante,
34:25la censure
34:26ne fait que
34:26renforcer
34:27la fascination
34:27pour ce livre.
34:36Quelques années
34:36avant la victoire
34:37de la révolution,
34:39je suis allé
34:40dans différentes villes
34:41pour le distribuer.
34:46Si la SAVAC
34:47avait appris
34:47que nous diffusions
34:48ce livre,
34:50nous aurions eu
34:51de très gros problèmes.
34:53Mais malgré
34:54cette menace,
34:55nous avons
34:56persévéré.
35:00S'opposer
35:01au régime
35:01du Shah,
35:02c'est courir
35:02le risque
35:03de finir
35:03dans les geôles
35:04de la SAVAC
35:05où les tortures
35:06et les exécutions
35:07sommaires sont courantes.
35:09C'est aussi
35:10contre ces pratiques
35:11que les étudiants allemands
35:12avaient manifestées
35:13à Berlin.
35:14On ne s'échappe pas
35:16de cette prison
35:16de Téhéran
35:17construite
35:18dans les années 30.
35:28Des personnalités
35:30politiques
35:30toujours en activité
35:31y ont été
35:32enfermées,
35:33comme Ali Khamenei,
35:35l'actuel guide
35:36suprême
35:36de la révolution.
35:41ont-ils commis
35:42des actes graves ?
35:43Absolument.
35:45Ont-ils torturés ?
35:46Absolument.
35:48On ne peut pas
35:48nier les tortures
35:49ni les nombreuses
35:50exécutions.
35:52Mais l'opposition
35:53a aussi très efficacement
35:54gonflé le nombre
35:55réel de détenus.
35:58On disait à l'époque
35:59que l'Iran comptait
36:00des centaines
36:01de milliers
36:02de prisonniers,
36:03alors que le chiffre
36:04se situait en réalité
36:05autour de 4 000.
36:09La résistance
36:11ou même
36:11la contradiction
36:12ne sont pas tolérées.
36:15Il n'y a aucun
36:16débat public
36:16sur l'évolution
36:17sociale et politique
36:18du pays.
36:20Les partis,
36:21qu'ils soient
36:22de droite
36:22ou de gauche,
36:23sont largement
36:24mis sur la touche.
36:26L'opposition
36:28est en exil
36:29ou en prison.
36:32Isolé par son mode
36:33de gouvernement
36:34autocratique,
36:35le chat perd
36:36peu à peu
36:37le contact
36:37avec la population.
36:53Un pays ne peut
36:54se développer
36:54que quand ses habitants
36:56disposent
36:56d'une certaine autonomie,
36:58c'est-à-dire
37:00quand ils prennent
37:00leur destin en main.
37:03C'est le processus
37:05démocratique.
37:07sans démocratie,
37:09sans la participation
37:11du peuple,
37:12rien ne va.
37:15En Iran,
37:16les marchands
37:17des bazars,
37:18les bazaris,
37:19jouent un rôle social
37:20de premier ordre.
37:22Chaque jour,
37:22ils sont en contact
37:23avec des millions
37:24de personnes.
37:25Or,
37:26le chat ignore
37:27les bazaris
37:27dans ses projets
37:28d'occidentalisation.
37:30L'arrivée
37:31de grands magasins
37:32et de chaînes
37:32de supermarchés
37:33à l'occidentale
37:34menacent leur existence.
37:37Le dirigeant
37:38ne se rend pas compte
37:39des conséquences
37:40de sa politique
37:41et du nombre
37:42grandissant
37:42de ses adversaires.
37:46La révolution iranienne
37:47n'était pas au départ
37:48une révolution
37:49purement islamique.
37:50Elle rassemblait
37:51des tendances
37:52et des forces
37:52très diverses
37:53inscrites dans
37:54l'histoire du pays.
37:57C'est pour cela
37:58que je ne la réduirai pas
37:59à une opposition
38:00des clercs
38:01au régime
38:02des Parlavis.
38:05Téhéran
38:06et ses immeubles
38:07modernes
38:07symbolisent
38:08la foi illimitée
38:09dans le progrès.
38:10Mais le tempo
38:11imposé par le chat
38:12laisse une grande partie
38:13de la population
38:14sur le bord
38:15de la route.
38:16Désemparés
38:17et fragilisés,
38:18les oubliés
38:19de la modernisation
38:20vont se tourner
38:21vers une institution
38:22familière
38:23et rassurante.
38:27Le chat
38:28a complètement
38:29muselé la gauche,
38:30qu'elle ait été
38:31pro-soviétique
38:32ou social-démocrate.
38:34Mais les religieux
38:36avaient le droit
38:37de construire
38:37des mosquées,
38:38des écoles
38:39et de former
38:40des associations.
38:44Quand on concentre
38:46des millions
38:46de déshérités
38:47dans des bidonvilles
38:48où ils sont faciles
38:49à mobiliser
38:50et uniquement
38:51encadrés
38:52par des institutions
38:53religieuses,
38:54il ne faut pas
38:55s'étonner
38:56que ce soit
38:56le clergé
38:57qui gagne
38:57la révolution.
39:02Dans les années 70,
39:03de nombreuses mosquées
39:04sont rénovées,
39:05les écoles
39:06coraniques
39:07fleurissent.
39:08Le message du chat
39:09se veut
39:09sans équivoque.
39:11Malgré
39:11ses tendances
39:12pro-occidentales,
39:13il considère
39:14l'islam
39:15comme fondement
39:15de la société
39:16iranienne.
39:18En multipliant
39:20les gages
39:20publics
39:21de sa foi
39:21par son pèlerinage
39:23annuel
39:23à Mashhad,
39:24par exemple,
39:25l'une des sept villes
39:26saintes du chiisme,
39:27il espère garder
39:28le soutien
39:29du clergé.
39:44Il pensait
39:45que la religion
39:45serait l'ultime
39:46rempart
39:47contre les forces
39:47d'opposition.
39:50Il s'imaginait
39:51que les clercs
39:52ne le lâcheraient
39:53jamais.
39:55C'est là
39:56qu'il a fait
39:56son plus mauvais
39:57calcul stratégique
39:58idéologique
39:59et politique
40:00parce que
40:02les personnes
40:03qu'il considérait
40:04comme ses soutiens
40:04les plus infaillibles
40:05se sont avérées
40:06être ses plus
40:07dangereux ennemis.
40:13Les premiers
40:14rassemblements
40:15contre le chat
40:15ont lieu
40:16en 1978
40:17à Rome.
40:19Ils ont pour
40:20origine
40:20la publication
40:21d'un article
40:22diffamatoire
40:23contre Roménie
40:23dans un quotidien
40:25iranien.
40:26Le grand
40:26ayatollah
40:27et le clergé
40:28y sont accusés
40:29d'agissements
40:29contre-révolutionnaires.
40:31Ses partisans
40:32organisent
40:32une manifestation
40:33de soutien.
40:35Ça a été
40:36une révolution
40:37très rapide.
40:38Peut-être
40:38la révolution
40:39la plus rapide
40:40de l'histoire
40:40de l'humanité
40:41puisque tout
40:42s'est joué
40:43en quatre mois.
40:44À chaque jour
40:45qui passait,
40:47la volonté
40:48du chat
40:48de rester au pouvoir
40:49faiblissait
40:51tandis que
40:52la volonté
40:53de l'opposition
40:53de le voir partir
40:54augmentait.
40:58La manifestation
40:59de Rome
41:00est durement
41:01réprimée.
41:01Il y a
41:02des victimes.
41:04Selon la tradition
41:06chiite,
41:06une commémoration
41:07a lieu
41:08au 40e jour
41:09du deuil.
41:10Rapidement,
41:11ils sont des centaines
41:12de milliers
41:13à descendre
41:13dans les rues
41:14et la foule
41:15ne cesse
41:15de grandir.
41:17La résistance
41:18ne faiblit pas
41:19et prend le chat
41:20complètement
41:20au dépourvu.
41:22Il semble
41:22pétrifié
41:23par le pouvoir
41:24grandissant
41:24de la rue.
41:26Le 19 août
41:271978,
41:29un incendie criminel
41:30fait 422 morts
41:31au cinéma Rex
41:33dans la ville
41:33pétrolière
41:34d'Abadan.
41:35L'opposition
41:36accuse les services
41:37secrets
41:38et le chat.
41:39Par la suite,
41:41différents indices
41:41feront peser
41:42les soupçons
41:42sur des clercs
41:43qui auraient agi
41:44avec l'aval
41:45de Khomeini
41:45dans l'ombre.
41:48Après l'attentat
41:49du cinéma Rex,
41:50la contestation
41:51et la colère
41:51ont pris
41:52une toute autre ampleur.
41:54Pour la première fois,
41:56j'entendais la foule
41:57crier
41:57« Mort au chat ! »
41:59ce qui était
41:59encore inimaginable
42:01en 1977.
42:04La contestation
42:05populaire
42:06vire à l'affrontement
42:07ouvert.
42:08Le 8 septembre
42:091978,
42:10l'armée
42:11ouvre le feu
42:12sur une foule
42:12de manifestants
42:13sur la place
42:14Djalei
42:15à Téhéran.
42:16Le bilan
42:17de ce vendredi noir,
42:18comme il est nommé
42:19depuis,
42:20est de 64 morts.
42:22L'opposition
42:23parle de 15 000 victimes.
42:25Une grève générale
42:26met le pays
42:27à l'arrêt.
42:38Le chat disposait
42:39d'une armée forte,
42:41d'un service secret
42:42puissant.
42:44Il avait en sa possession
42:45tous les instruments
42:46du pouvoir.
42:52C'est pour ça
42:53que nous avons été
42:54nombreux à nous dire
42:55« Commençons d'abord
42:57par faire tomber
42:58le régime
42:58avec Roménie.
43:03Et après,
43:04on arrivera bien
43:05à se débarrasser
43:06de lui
43:06dans un second temps. »
43:09Sur instigation
43:10du chat,
43:11Roménie est déclaré
43:12« persona non grata »
43:13en Irak.
43:14Il doit quitter Najaf.
43:16Ses proches lui conseillent
43:18de se rendre en Europe,
43:19ce qu'il refuse d'abord.
43:21Qu'irait-il faire
43:22dans un pays
43:22non islamique ?
43:24Il cède pourtant
43:25pour son plus grand bénéfice.
43:29à Naufle-le-Château,
43:30dans la banlieue
43:31de Paris,
43:32des milliers
43:33de partisans
43:33du monde entier
43:34viennent lui rendre hommage.
43:37Il reçoit aussi
43:38le soutien
43:38d'hommes politiques
43:39comme François Mitterrand
43:41et d'intellectuels
43:42comme Jean-Paul Sartre
43:44ou Michel Foucault.
43:46Son séjour français
43:48le catapulte
43:49sur le devant
43:49de la scène.
43:54Quasiment du jour
43:55au lendemain,
43:56il est devenu
43:57une célébrité mondiale
43:59et il était
44:00beaucoup plus malin
44:01que ne le pensaient
44:02le Shah,
44:03les Britanniques
44:04et l'opposition iranienne.
44:09On s'était imaginé
44:10qu'il allait se ridiculiser
44:11et faire peur
44:13à tout le monde
44:13en débitant
44:15des propos réactionnaires
44:16en public.
44:18Et bien au contraire,
44:20il a été très prudent
44:22et n'a pas mentionné
44:24une seule fois
44:25le terme
44:26de Velaïte Farid.
44:27Il n'a jamais
44:27mentionné
44:28le mot
44:29Velaïte Farid.
44:30Il a été très prudent
44:32de l'Esprit
44:33de l'Esprit
44:33de l'Esprit
44:34de l'Esprit
44:35de l'Esprit
44:36de l'Esprit
44:36de l'Esprit
44:37de l'Esprit
44:40de l'Esprit
44:41de l'Esprit.
44:43Rien de l'Esprit
44:45de l'Esprit
44:47de l'Esprit
45:11où nous pouvions
45:12de l'Esprit
45:14de l'Esprit
45:24de l'Esprit
45:26de l'Esprit
45:29de l'Esprit
45:41Les manifestants
45:42leur glissent des fleurs
45:43dans les fusils
45:43et leur remettent
45:45des photographies
45:45de Khomeini.
45:47Au cours
45:48d'une allocution
45:49télévisée,
45:50le chat tente
45:50une dernière fois
45:51de redresser la barre.
46:11Il avait l'air faible,
46:13complètement abattu.
46:16Il avait du mal
46:17à lire son texte.
46:21La phrase clé
46:22du discours était
46:23« J'ai entendu
46:24l'appel
46:24de votre révolution.
46:25Laissez-moi
46:26une seconde chance. »
46:32Les gens l'ont
46:33très justement
46:33interprété
46:34comme une marque
46:34de faiblesse.
46:36Pour moi,
46:37cette intervention
46:38s'élèche
46:39son incapacité
46:40à se rendre
46:40maître
46:41de la situation.
46:45La situation
46:46inquiète aussi
46:47au niveau international.
46:49Le président
46:50Valéry Giscard d'Estaing
46:51convie le chancelier
46:52allemand Helmut Schmidt,
46:54le président américain
46:54Jimmy Carter
46:55et le premier ministre
46:57britannique
46:57James Callaghan
46:58pour une conférence
46:59en Guadeloupe.
47:01Le sort de l'Iran
47:02est scellé.
47:03« Nos entretiens
47:05ont fait apparaître
47:06un double objectif,
47:08accroître la sécurité
47:10et réduire
47:11les tensions
47:12dans le monde.
47:13Il nous est apparu
47:14que la reconnaissance
47:16légitime
47:17des réalités
47:18du monde
47:19contemporain
47:20doit s'accompagner
47:21de la poursuite
47:22des efforts
47:23pour améliorer
47:24les relations
47:24internationales. »
47:26Traduction,
47:27les puissances occidentales
47:29lâchent le chat
47:30et son régime.
47:31Le 16 janvier 1979,
47:34il quitte le pays
47:35accompagné
47:36de sa famille.
47:37« Pour un temps
47:38seulement »,
47:38pense-t-il alors,
47:39convaincu
47:40que la crise
47:40n'est que passagère.
47:42Il ne reviendra pas.
47:46« Jamais je n'oublierai
47:47ces larmes
47:48quand nous avons
47:49quitté le pays
47:53et quand cet officier
47:54s'est jeté
47:54à ses pieds. »
47:57« Le chat
47:59était un bon roi
48:00pour les temps
48:00de paix,
48:02mais il n'était pas
48:03un bon roi
48:03pour les temps
48:04de troubles. »
48:06« Il avait une double
48:07personnalité.
48:09Quand il se sentait
48:10en position de force,
48:11il avait une confiance
48:12en lui démesurée.
48:14Mais au premier revers,
48:17il devenait
48:17très, très timide. »
48:20« Roménie a pu faire
48:21l'unanimité
48:22parce qu'il n'y avait
48:23personne en face
48:24de lui. »
48:2715 jours plus tard,
48:28le 1er février 1979,
48:31Roménie quitte Paris
48:32pour Téhéran.
48:34L'issue du voyage
48:35est plus qu'incertaine.
48:36L'armée de l'air du chat
48:38va-t-elle repousser l'avion
48:39ou même l'abattre ?
48:44« Quand on monte
48:45à bord d'un avion
48:46dans de telles conditions,
48:48on ne se sent
48:49évidemment pas
48:50en sécurité.
48:57M. Roménie
48:58n'a montré
48:59aucun signe
49:00d'inquiétude.
49:01Mais il avait
49:02certainement peur,
49:04comme l'aurait
49:04tout être humain. »
49:10Pour la première fois
49:11après 14 années d'exil,
49:13Roménie remet les pieds
49:15sur le sol iranien.
49:17Des millions de gens
49:18en liesse
49:19célèbrent son retour.
49:21Après 2500 ans
49:23d'existence,
49:24la monarchie persane
49:25n'est plus
49:26et Roménie
49:27est accueillie
49:27en sauveur.
49:29Personne ne mesure
49:30encore les répercussions
49:31de la révolution islamique
49:33sur l'Iran.
49:51Pratiquement tous les intellectuels
49:53soutenaient Roménie,
49:54de la droite
49:55à la gauche,
49:56même ceux
49:56qui avaient longtemps
49:57été derrière le chat.
50:00Il avait l'appui
50:01de tous les grands
50:01entrepreneurs,
50:03des milliardaires.
50:05C'est absolument
50:06impressionnant
50:07de voir à quel point
50:08il a réussi
50:10à mettre d'accord
50:10les différents camps
50:11qui existaient
50:12à Téhéran.
50:16Roménie commence
50:17par se rendre
50:17au cimetière
50:18Behej Tezahra
50:19où sont enterrés
50:20les victimes
50:21du régime du chat
50:22et dans la ville sainte
50:23de Rome,
50:24là où tout a débuté
50:25bien des années plus tôt.
50:37L'affrontement
50:38entre ces deux personnalités
50:39peut se résumer
50:40à une opposition
50:41entre deux volontés.
50:43Et dans ce type
50:45de confrontation,
50:45c'est toujours
50:46la plus forte
50:47qui gagne à la fin.
50:49C'est exactement
50:50ce qui s'est passé
50:50en Iran.
50:53La volonté
50:54de Roménie
50:54de conquérir
50:55le pouvoir
50:55était bien plus forte
50:58que la volonté
50:58du chat
50:59de le garder.
51:04Après une odyssée
51:06à travers plusieurs pays,
51:07le chat décède
51:09d'un cancer
51:09le 27 juillet 1980
51:11au Caire.
51:13Il a 60 ans.
51:15Sa dépouille
51:16est déposée
51:17dans la mosquée
51:18Al-Rifeuil
51:18de la capitale égyptienne.
51:25L'ayatollah Khomeini
51:27meurt le 3 juin 1989
51:28à Téhéran
51:29d'un arrêt cardiaque.
51:31Sa dépouille
51:32repose dans un mausolée.
51:34Durant ses dix années
51:35de règne,
51:36il a mis en œuvre
51:37ses idées
51:38de révolution islamique
51:39avec une intransigeance
51:41sans pareil
51:41et transformé l'Iran
51:43en un État religieux.
51:46Il a ainsi enclenché
51:47une dynamique
51:48qui tient encore aujourd'hui
51:49le monde sous tension.
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