- il y a 3 mois
DB - 12-10-2025
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01:09C'est que pardon ?
01:10Oh, déjà ?
01:11Je ne tenais plus, ça vous érange ?
01:13Mais pas du tout, votre chambre est prête
01:15Eh bien, je vais remonter avec vous
01:16Allez, venez
01:17Ah, monsieur Gour,
01:29Nous voici.
01:31C'est la personne en question ?
01:33Juste, oui, monsieur Octave Moret.
01:36C'est gentil moitié de cocher.
01:37Il faut remonter les mâles par un commissionnaire.
01:39Merci.
01:40Maman, je sors.
01:42Oui, papa.
01:46C'est l'ancien allait de chambre du duc de Rochelade.
01:52Et il a épousé la veuve d'un huissier de mort-la-bible.
01:55Ils ont même un peu de biens là-bas.
01:57Oh, c'est mes dégâts, je m'en fiche, je suis là.
01:59Un artiste, enfin, il y a des gens pour qui tout ça, ça pose la maison.
02:18C'est chauffé.
02:19Le progrès, mon cher, le progrès.
02:21On chauffe les escaliers.
02:22Les propriétaires qui se respectent.
02:25Mais aussi, l'immeuble est supérieurement fréquenté.
02:27Eau et gaz à tous les étages, qu'est-ce que vous croyez ?
02:30Rien que des gens viennent, ça n'est pas rayon, plus ici.
02:33Vous avez le fils du propriétaire, monsieur Vabre.
02:36Auguste Vabre.
02:37Le malgazin de soirée que vous avez vu en bas, c'est à lui.
02:41En tout cas, c'est cassé.
02:42C'est cassé, mais ça ne vaut rien, comme tout ce qu'on fait aujourd'hui.
02:45Ah non, si c'est l'architecte qui le dit.
02:47Ben écoutez, on élève une belle façade en pierre de taille.
02:51On vernis l'escalier à trois couches.
02:53On dort en peinture dure des appartements.
02:55Trompe-l'œil, tout ça.
02:57Enfin, c'est le grand art de l'époque.
03:00Je crois même un bel avenir.
03:07Le second fils, monsieur Théophile.
03:09Il est une très jolie femme.
03:16Le propriétaire lui-même.
03:18Il loge chez son gendre, Duverrier.
03:20Un gaillard qui n'a pas 45 ans
03:22et qui est déjà conseillé à la cour d'appel.
03:24Joli, hein ?
03:25Ah, quoi.
03:39Et là ?
03:41Des gens.
03:42Le monsieur écrit des livres.
03:44C'est pas propre.
03:45C'est ce qui paraît.
04:00Monsieur Lavès ?
04:01Oui.
04:08Ah non, non, non.
04:09Ici, c'est une jeune femme d'un très rare mérite.
04:12Tenez-vous bien, son mari l'a quittée
04:14quinze jours après le mariage.
04:16Je n'en connais plus d'une
04:17qui, après un drame pareil,
04:18aurait pris des libertés.
04:19Elle, douceur et résignation.
04:23Elle ne reçoit que des prêtres.
04:26Elle a de très jolis seins.
04:31À l'instant, je vais chercher ma traclée.
04:36Lisa, c'est encore moi, pardon.
04:38Encore un étage et un couloir, et nous y sommes.
04:57Vas-y.
05:02Vous aurez d'excellents voisins.
05:04Des gens simples d'accord, mais d'un très bon niveau.
05:06Le père est caissier à la cristallerie de Saint-Joseph.
05:10Deux filles à marier, par exemple.
05:11Marier ?
05:12Un peu mon neveu, hein ?
05:13Elles auront envie de conféder.
05:14Méfiez-vous.
05:15Ma mère, c'est un grand capitaine.
05:17Les campagnes de Napoléon, à côté des siennes,
05:19c'est bien peu de choses.
05:20Si elle n'a pas marié ses fils,
05:21ce n'est pas de sa faute.
05:22Mais il y arrivera.
05:23Je lui fais confiance.
05:24Vous n'allez pas ici.
05:25Les bichons.
05:47Eh bien, voilà.
05:48Je vous ai montré tout ce qu'il y avait à voir.
05:50La visite est terminée.
05:53Vous voilà chez vous.
05:55C'est parfait.
06:16Mon dieu, j'ai suivi vos instructions.
06:18Oui, mais là, vraiment, je ne sais pas comment vous remercier.
06:20C'est tellement charmant.
06:23Moi, je veux être trésoré, là.
06:25Ah, autre chose.
06:26Je suis obligé de vous dire, pas de femme.
06:29Vous avez remarqué le genre de la maison, ça fera un esclave.
06:32Oui, parfaitement.
06:34Les gens iraient le dire, monsieur Gour, nous serions compromis l'un et l'autre.
06:37Si je vous prie, faites-le pour moi, sinon pour vous.
06:40Respectez l'immeuble.
06:42C'est une condition sine qua non.
06:43Oui, mais ne craignez rien.
06:44Ceci dit, vous savez, je suis artiste, je comprends les choses.
06:48Paris est grand.
06:50Eh, c'est pour ici, la malle ?
06:52Oui, oui, posez ça là.
06:53Bon, eh bien, je vous laisse.
06:55Descendez comme vous voudrez.
06:56Nous vous attendons.
06:56L'escalier avait rempli Octave de respect.
07:08Il était tout ému d'habiter une maison si bien, selon l'expression de l'architecte.
07:13Il alla jusqu'à la fenêtre d'où tombait une clarté verdâtre.
07:18La cour s'enfonçait, triste, propre, avec son pavé régulier, sa fontaine dont le robinet luisait.
07:26Et toujours pas un être vivant, pas un bruit.
07:29Rien que les fenêtres uniformes, sans une cage d'oiseaux, sans un pot de fleurs,
07:35étalant la monotonie de leur rideau blanc.
07:43Je suis chez vous ?
07:48Je ne vous ai pas dit.
07:50J'ai été nommé architecte diocésain à Évreuil.
07:52Ah, félicitations.
07:55Pourquoi là, ce n'est pas intéressant ?
07:56Bon, une misère, mais enfin, ça permet de mettre architecte du gouvernement sur les cartes de visite.
08:01Et ça, c'est excellent.
08:02Ça ne fait rien, mais j'en connais plus d'un à Plaçant qui s'étonnerait à la vue de ce tableau.
08:06Passiez pour un esprit diablement fort.
08:08Diablement, oui, c'est le cas de le dire.
08:10Que voulez-vous, on change en vieillissant ?
08:12C'est en construisant l'hôtel de Sablé que j'ai commencé à revenir à Dieu.
08:16J'avais des contacts quotidiens avec le comte.
08:19Un homme très pieux, d'une bonté, d'une intelligence universelle.
08:23Et très influent aussi.
08:24C'est grâce à lui qu'aussitôt après, j'ai fait le petit séminaire de Versailles et la caserne de Ruy.
08:29La caserne de Ruy, mon cher, quelle affaire ?
08:32Je n'en demande que deux comme ça dans ma vie.
08:35Du coup, j'ai fait mes Pâques avec l'entrepreneur et le maçon.
08:38Moi, vous, vous êtes franc.
08:39C'est beaucoup plus compliqué que ça.
08:42Les voies de la Providence, mon cher, elles sont toujours aussi mystérieuses.
08:47Pardon.
08:52Je croyais que c'était le docteur.
08:54Euh, votre femme ?
08:56Oui.
08:57Dieu change de méthode avec la nature de chacun de nous.
08:59Moi, je n'ai pas honte de le dire, il m'a littéralement acheté.
09:02Quand on pense d'où vous venez ?
09:03Oui, il y aura mille paquets.
09:05Dans le fond, je trouve plutôt ça flatteur.
09:08Ma compagne, docteur.
09:09J'entends le docteur qui sent m'excusé.
09:11Bonsoir, docteur.
09:11Pas de parole comme il a grandi.
09:37Mais j'ai 22 ans.
09:41Mon Dieu, c'est un homme.
09:42Vous en donneriez facilement trois de plus.
09:49Est-ce que vous vous rappelez avec Gasparine lorsque vous vous amusiez à me déguiser en fille ?
09:55Oui, oui.
09:56Et vos parents, comment vont-ils ?
09:58Ah, très bien, très bien, je vous remercie.
10:00Maman ne quitte plus son jardin.
10:02Vous retrouverez la maison de la rue de la Banne telle que vous l'aviez quittée.
10:05Pourquoi changer ce qui est charmant ?
10:06Allez, le temps, c'est bien où il faut s'arrêter.
10:09Eh oui.
10:09Eh bien, voici votre pensionnaire.
10:12Vous savez, vous avez été un ange de vous occuper de tout.
10:14Ne me remerciez pas.
10:16C'est Achille qui a tout fait.
10:17Moi, je suis bien trop paresseuse.
10:19Je ne bouge plus.
10:20Oui, c'est ce qu'il m'a dit.
10:22Vous êtes souffrant.
10:23Une infirme.
10:25Même le docteur Jouirane ne sait pas ce que j'ai.
10:27Mais parlons de vous, ce sera plus gai.
10:28Qu'est-ce qui vous a donné l'idée de venir à Paris ?
10:31La fortune.
10:33J'ai gagné 5 000 francs.
10:345 000 francs ?
10:35Racontez-moi ça.
10:36Vous savez peut-être que je travaille dans une maison de tissu.
10:39À Marseille.
10:40Oui.
10:40Bon, ils avaient là, figurez-vous, une indienne pompadour, un vieux dessin, une merveille,
10:45attention, qui traînait là depuis deux ans dans les caves.
10:48Personne ne mordait.
10:50Alors, quand je devais faire le Var et les basses-albes,
10:52moi, j'ai eu l'idée de racheter tout l'eau et de le revendre à mon compte.
10:57Le succès.
10:58Les femmes s'arrachaient mes coupons.
10:59Il n'y en a pas une aujourd'hui qui naît de mon indienne sur le corps.
11:02Dites-moi votre indienne.
11:03Ce n'étaient pas des petits bouquets sur fond et cru.
11:05Oui.
11:06J'en ai cherché partout pour un pays noir d'été.
11:08Vous voyez ?
11:09Ah, mais faire le voyageur pendant deux ans, c'est assez.
11:13Et pour ça, il était temps de partir à la conquête de Paris.
11:16Ah, mon Dieu, ça peut se faire.
11:19Vous avez un plan ?
11:20Oui.
11:21On peut savoir ? Comment comptez-vous vous y prendre ?
11:25Si je vous dis par les femmes, vous serez choquées ?
11:27Certainement.
11:28Eh bien, vous ne devriez pas, parce que je veux simplement dire que j'ai l'intention de rester dans la même branche.
11:34Vous aimez ça.
11:35J'adore les tissus, les étoffes, la présence constante des femmes.
11:41Là, je me sens dans mon élément.
11:42Mon Dieu, je vous le crois.
11:44Une peau de satin, des yeux de velours, des cils de soie.
11:48Vous êtes en vous-même tout un magasin de nouveautés.
11:51Vous réussirez, mon cher Octave.
11:53Mais attention.
11:54La cliente, c'est une chose.
11:56La femme, c'en est une autre.
11:58Dangereux ici.
11:59Très dangereux.
12:01Vous me piloterez.
12:02Comment le pourrais-je quand je suis clouée sur mes canapés ?
12:04Mais moi, j'ai un bandeau devant les yeux, le bandeau de la province.
12:08L'aveugle et le paralytique, ça peut marcher.
12:10Bien-soir.
12:12Nous essaierons.
12:14Alors, quel est votre premier conseil ?
12:17Ne vous retournez jamais.
12:40Le dîner fut assez agréable, mais Octave, fatigué du voyage, demanda la permission de se coucher de bonne heure,
13:06ce qui lui fut facilement accordé par des gens qui avaient des habitudes très régulières.
13:14L'escalier s'endormait dans une chaleur lourde.
13:18Il semblait plus recueilli que jamais, avec ses portes chastes, ses portes de riches à cajou,
13:24fermées sur des alcôves à nettes.
13:27Pas un soupir ne passait.
13:29C'était un silence de gens bien élevés, qui retiennent jusqu'à leur souffle.
13:48...
14:18Puis tout s'abîma, la maison tomba dans la salinité des ténèbres,
14:29comme anéantie dans la distinction et la descence de son sommeil,
14:34la première journée d'Octave à Paris était terminée.
14:36...
14:38Comme il se sentait loin de Plaçant,
14:52comme il était calme,
14:54comme il était heureux.
14:57...
14:59...
15:01...
15:03...
15:05Un viable.
15:33Qu'est-ce qu'on...
15:34Ben, on va pas le prendre.
15:36Si vous croyez qu'on va prendre une voiture pour dépenser deux francs...
15:39Ça va être gai.
15:40Eh ben, mes pauvres souliers.
15:41Eh ben, quand vous n'aurez plus de souliers, vous resterez au lit.
15:44Parce que ça avance de vous sortir.
15:46Allez.
15:47On y va ?
15:47Oh, ils sont jolis, ces mariages.
15:54Chut, maman, les passants.
15:55Eh ben, quoi, les passants, ils sont pas obligés de savoir que je parle de Madame de Brune.
15:59Pas de pain, bêche, qu'il lui arrive, donc, c'est...
16:01C'est pas gentil pour lui.
16:02Allez, marche !
16:04Cette mariée qu'elle nous a sorti pour nous montrer simplement que ça ne ratait pas toujours.
16:08Un bel exemple.
16:09Une malheureuse qui a fallu mettre six mois dans un couvent pour la reblanchir.
16:12Oh !
16:13Mon talon !
16:14Marche !
16:15Ben, écoute, j'en peux plus.
16:17Faut bien que je puisse, moi.
16:18C'est ma place.
16:20D'être dans la rue à cette heure, d'un retent pas rêver.
16:23Justement, t'as vu ce qui arrive ?
16:25Oui, ben, on n'est pas très loin.
16:26Ça vaut pas quarante sous.
16:31Vous aviez au moins un père comme les autres.
16:33Ah non, bon, papa, maintenant.
16:35Oui, celui-là, si c'était à refaire.
16:37Un homme dont je suis encore à attendre la première des satisfactions.
16:41Allez !
16:42Manquez.
16:51Ah.
16:53Oh !
16:54On vous annonce que mariage est raté.
16:56Et vous ?
16:56Oh ! C'est tout ce que vous trouvez à dire.
16:58Non, non.
17:00C'est très ennuyeux.
17:02Ennuyeux.
17:03Cet homme me rendra folle.
17:07Arrêtez vos gribouillis.
17:08Mais, ma bonne, je...
17:12Je fais mes bandes.
17:13À trois francs le mille.
17:16Trois francs, c'est trois francs.
17:17Si c'est là-dessus que vous comptez pour nous tirer d'affaires.
17:21Ça paiera toujours vos gâteaux.
17:25Repos chez moi, mes mardis, tant que vous y êtes.
17:28C'est sans doute pour mon plaisir
17:29que je gaffe tous ces imbéciles de brioche et de crème fouettée.
17:33Non, mais est-ce que par hasard, vous, vous imaginez que ce n'est rien
17:35de marier vos deux bécasses ?
17:36Tiens, un pauvre pot de brioche.
17:38Moi aussi.
17:40Qu'est-ce que vous avez fait là-bas ?
17:42Quand on ne danse pas, on mange au moins.
17:44Oh, c'est une infection ici.
17:50Adèle, nous ne voulons jamais la fenêtre.
17:52La peur de se geler.
17:53Quel torchon, cette fille.
17:55Ah, non.
17:56Tu as vu l'évier ?
17:58La vaisselle d'avant-hier.
17:59Tout juste.
18:01Oh, je vais te l'afficher à la porte.
18:03Tu seras bien avancée.
18:04Même les bonnes chassées de partout ne veulent pas venir dans un endroit où tout est compté.
18:09Un morceau de sucre comme un grand café.
18:11Quand tu seras mariée, tu feras ce que tu voudras.
18:13J'en ai assez de voir des peignes dans la huche à pain et de manger des fricots qui me donnent...
18:17Zut, je ne trouve rien.
18:18Elle a donc mangé tout le lapin.
18:20Oh, mais c'est vrai.
18:22Il restait la queue.
18:26Ça y est, le voilà.
18:27Il est froid, mais je le prends, ça ne fait rien.
18:29Maman, qu'est-ce qu'il y a là-dedans ?
18:30C'est un fond de confiture de groseille que j'ai mis à délégue.
18:34C'est toujours ça de prix.
18:35Qu'est-ce que je vais donner à mes invités, moi, demain ? De l'eau, sans doute.
18:38Demain, c'est demain.
18:39C'est ça, vide tout le pot.
18:42Oh, mon Lamartine.
18:45Dites-moi, vous !
18:49Vous ne pouvez rien dire sans crier.
18:51C'est vous qui avez permis à Adèle de faire ses comptes sur mon Lamartine ?
18:54Non.
18:56Elle aurait pris ça sous son bonnet.
19:09Dites-moi, en rentrant du bureau, vous me ferez le plaisir d'aller chez les Campardons.
19:15Et de leur rappeler que nous comptons sur eux pour demain soir.
19:21Leur jeune homme est arrivé hier.
19:24Priez-les de l'amener.
19:27C'est sérieux, je veux qu'il vienne.
19:29Mais quel jeune homme ?
19:31Un jeune homme.
19:33C'est un peu maigre comme renseignement.
19:36Je suis d'accord avec vous.
19:37Il faut bien que j'essaie tout, puisque vous me lâchez vos deux filles comme un paquet de sottises.
19:42De là à les donner à n'importe qui.
19:45Ah, je vous en prie, hein ?
19:47Ne venez pas me mettre de bâton dans les roues.
19:49Oh, mais ce que j'étais née, moi, pour une vie sans le sou.
19:53C'est de ma faute, peut-être.
19:54Parfaitement.
19:55On n'épouse pas une femme quand on a décidé de la laisser manquer de tout.
20:01Mais vous faisiez le fanfaron.
20:04Vous posiez à l'homme d'avenir.
20:06À vous croire.
20:08Vous étiez l'ami des Bernèmes.
20:10Encore deux qui se sont bien fichus de vous.
20:13Savez-vous ce que j'aurais fait, moi, à votre place ?
20:15J'aurais mis plusieurs fois la maison dans ma poche.
20:18Voilà ce que j'aurais fait.
20:19Avec la confiance que vous inspirez, rien n'était plus facile.
20:22Pardon, pardon, mais...
20:24Vous me reprochez d'être honnête ?
20:26Qu'appelez-vous honnêteté ?
20:28Soyez d'abord honnête envers moi.
20:30Les autres ne doivent passer qu'ensuite, il me semble.
20:36Vrai.
20:37Pour un homme honnête,
20:40vous m'avez filouté d'une jolie façon.
20:44Si j'avais seulement connu votre famille...
20:47Tu devrais aller te coucher, Léonore.
20:51Ma famille ne t'a rien fait, laisse-la tranquille.
20:54Et pourquoi donc, s'il vous plaît ?
20:55Elle n'est pas plus sacrée qu'une autre.
20:58Personne n'ignore, à Clermont,
20:59que votre père s'est ruiné pour une blanchisseuse.
21:01Nous aurions marié nos filles depuis longtemps
21:03s'ils n'avaient pas couru les jupons
21:04à plus de 70 ans.
21:07Encore un qui m'a refaite.
21:09Ne nous jetons pas nos familles à la tête, arrêtons !
21:12Ça vaudra mieux.
21:12Ah non, parce que si tu vas par là,
21:16le tien ne m'a jamais payé ta dot.
21:18Quoi ? Ma dot ?
21:20Parfait !
21:20Mon père a peut-être eu des malheurs,
21:22mais le tien s'est conduit d'une façon.
21:25Parce que, si la pension de la rue Saint-Victor
21:28est allée au mari de ta sœur,
21:29ce pion rapé qui ne nous salue même plus...
21:31Je t'interdis de dire du mal de papa.
21:33Bon, je n'insinue rien.
21:35Mais nous avons été volés comme dans un bois.
21:39Je te l'interdis.
21:39Tu m'entends, papa,
21:41qui a été l'honneur de l'enseignement
21:42pendant plus de 40 ans.
21:44Va parler de l'institution Bachelard
21:46autour du Panthéon.
21:47Mais peut-être.
21:48Quant à ma sœur et à mon beau-frère,
21:49ils sont ce qu'ils sont.
21:50Ils m'ont volé, je le sais.
21:52C'est pas à toi de le dire.
21:53À Sanon, par exemple.
21:55Est-ce que je te parle de ta sœur, moi ?
21:57À quoi, ma sœur ?
21:59Tu n'as plus de sœur, tout d'un coup.
22:01Ta sœur des Andlis,
22:02qui s'est sauvée avec un officier.
22:04Ah, mais un officier qu'il a épousé, madame.
22:07Sans vouloir être méchant,
22:08j'aimerais pouvoir en dire autant
22:10de l'oncle Bachelard.
22:10Oh, ça, mais vous devenez fou, monsieur.
22:13Mon frère est riche.
22:14Il gagne ce qu'il veut dans la commission.
22:16Et il a promis de doter Berthe.
22:17Vous ne respectez donc rien.
22:19Voulez-vous parier
22:20qu'il ne donnera pas un franc
22:21à nos sœurs,
22:24à un profiteur
22:25qui m'emmène tous les samedis
22:26à son bureau pour vérifier ses comptes ?
22:27Ça lui fait toujours l'économie de 100 sous.
22:30Nous s'en sommes encore
22:31à connaître la couleur de ses cadeaux.
22:33Vous avez bien un neveu
22:34dans la police, vous.
22:41En beau, 8 000 francs par an.
22:43Seulement, voilà.
22:44Rien ne vous suffit.
22:46Vous avez la rage
22:47de recevoir et de rendre des visites.
22:49Enfermez-moi dans une boîte
22:50tant que vous y êtes.
22:51Et vos filles, monsieur,
22:52qui pousseront-elles
22:52si elles ne voient personne ?
22:54Il n'y a pas foule, déjà.
22:56Sacrifiez-vous.
22:57Voilà comment on vous remercie.
22:58Oh, qui ne se sacrifie pas.
23:02Pourquoi avoir fait des filles ?
23:04Ce n'est pas moi
23:05qui vous les demandais, hein ?
23:06Alors, puisqu'elles sont là,
23:10n'allons pas leur reprocher
23:11leur éducation.
23:13D'autres, à votre place,
23:14se glorifieraient
23:14du brevet de capacité d'Hortense
23:16et des talents de Berthe.
23:19Elle a encore ravi tout le monde
23:20ce soir avec sa valse des Bordeloises.
23:21Mais vous, non !
23:22Vous n'êtes même pas un père.
23:24Vous enverriez vos enfants
23:25garder les vaches
23:26au lieu de les mettre à l'école.
23:29Ce qui n'empêche
23:30que j'ai pris une assurance
23:32sur la tête de Berthe.
23:34Seulement, au quatrième versement,
23:37vous vous êtes servi de l'argent
23:38pour recouvrir les meubles du salon.
23:41Et depuis, vous avez même
23:42les primes versées.
23:44Certes, puisque vous nous laissez
23:45mourir de faim.
23:46Ah, vous pourrez vous mordre les doigts
23:48si vos filles coiffent Sainte-Catherine.
23:49Mais me mordre les doigts,
23:50je ne vois pas pourquoi.
23:52Mais tonnerre de Dieu !
23:54C'est vous, madame, vous,
23:56qui faites fuir les maris
23:57avec vos toilettes
23:58et vos soirées ridicules.
24:00Moi ? Ridicule !
24:02Il fait un de ces froids chez nous.
24:04Ouh, mes enfants,
24:05c'est rien de le dire.
24:06Ça vous gèle les morceaux
24:07dans la bouche.
24:08Ici, il n'y a pas de feu.
24:09Mais il y en a eu,
24:10c'est déjà quelque chose.
24:11Je veux bien qu'on me coupe la main
24:13si j'eusais encore une paire de gants
24:14pour les sortir.
24:16À votre tour,
24:17et tâchez de ne pas être
24:18plus ridicule que moi.
24:20Parbleu,
24:20les pauvres petites.
24:22Maintenant que vous les avez sorties
24:23et compromises partout,
24:25oh, mariez-les,
24:25ne les mariez pas,
24:26je m'en fiche.
24:27Et moi donc ?
24:28Si vous vous en fichez,
24:28je m'en fiche encore plus que vous.
24:29Je m'en fiche même tellement
24:30que je vais te les flanquer dans la rue.
24:32Vous allez voir ça.
24:32Vous pourrez les suivre.
24:33Si le cœur vous en dit,
24:34la porte restera ouverte.
24:35Oh, Seigneur,
24:37quel débarras !
24:38Ça fait tort de vous disputer.
24:39Maman se gâte le teint,
24:40papa va encore être malade au bureau.
24:42Tu as une autre solution ?
24:44Ben, laissez-nous faire.
24:45Nous sommes assez grandes
24:45pour nous débrouiller toutes saines.
24:47Eh ben, voilà.
24:48Voilà, on n'y avait pas pensé.
24:51Si tu parles pour toi,
24:52tu es assez godiche.
24:54Ton verdier ne t'épousera jamais.
24:57Eh bien, nous verrons.
24:58Hortense, ma chérie.
25:00Je t'ai déjà demandé
25:01de renoncer à ce projet.
25:03Mais tu connais la situation.
25:04Mais il va la quitter.
25:06Pauvre femme,
25:07après 15 ans de ménage.
25:09Ces malheureuses retournent
25:10toujours au ruisseau.
25:12Seulement c'est Verdier
25:13qui n'aura pas le courage de rompre.
25:16Il te le fait croire.
25:17C'est tout.
25:18Je le veux.
25:20Je l'aurai.
25:24Elle a de la tête, cette Hortense.
25:26Toi, tu ferais bien de te taire.
25:26Qu'est-ce que tu as encore fait
25:28pour rater ce mariage ?
25:30Je ne sais pas.
25:32Un sous-chef de bureau.
25:33Pas 30 ans.
25:35Un avenir superbe.
25:37Tous les mois,
25:38ça vous apporte son argent.
25:39C'est solide, il n'y a que ça.
25:41Tu as encore fait quelqu'un père ?
25:43Non.
25:45Il est pourtant parti bien brutalement.
25:47Oui, mais...
25:50En dansant dans le petit bureau,
25:51il a voulu de vilaines choses.
25:52Alors, forcément,
25:53je l'ai poussé contre un meuble.
25:55Poussé contre un meuble ?
25:56Mais il m'a fait peur aussi.
25:58Avec ses yeux,
26:00il m'aurait dit qu'il voulait me manger.
26:01L'a mangé ?
26:03C'était cuit
26:04et elle l'a poussé contre un meuble.
26:06Oh non, c'est fini.
26:08Moi, j'en peux plus.
26:09J'abandonne.
26:11Maman, qu'est-ce que tu voulais que je fasse ?
26:13Je ne pourrais quand même pas le laisser faire.
26:14Oh, ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit.
26:17Un homme, ça doit être remis à sa place.
26:19Ça, c'est sûr.
26:19Et fermement.
26:20Mais enfin,
26:23on peut être ferme sans être à droite.
26:26Pousse-le contre un meuble si tu veux,
26:28mais arrange-toi pour tomber avec lui.
26:30Pas sur lui tout de même, hein ?
26:32Tiens, il fallait qu'elle tombe, celle-là !
26:39Saturna, qu'est-ce que tu fais là ?
26:45Qu'est-ce qu'il se passe ?
26:48Elle t'a battue ?
26:49Mais non.
26:51Oh, c'est rien, c'est rien.
26:54Allez.
26:56Votre coucher.
27:15Qu'est-ce que tu fais ?
27:27C'est parti.
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