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  • il y a 6 semaines

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00:00Alors nous sommes en direct avec Arnaud Le Gall, député LFI du Val d'Oise, qui nous a rejoint dans la conversation. Bonsoir Arnaud Le Gall.
00:07Bonsoir.
00:08Bon alors de toute façon, vous, vous n'étiez pas invité à LFI parce que taxé de toute manière d'avoir voulu une dissolution, ce qui n'est pas totalement faux.
00:16J'imagine que vous auriez de toute façon répondu non à cette invitation. Mais que vous inspirent ces derniers développements ce soir, Arnaud Le Gall ?
00:25Alors d'abord, petite correction, c'est le communiqué de l'Elysée et pas vous que je corrige. Ce n'est pas que nous voulions une dissolution, c'est que nous voulons une démission du président de la République.
00:33Absolument, et même une présidentielle anticipée.
00:35Qui est celle-là même de pouvoir pencher le problème. Exactement, parce qu'une dissolution ne résoudra rien.
00:39Mais c'est vrai que l'Elysée a parlé de dissolution.
00:41Nous ne pouvons pas faire du retour au peuple, quelle que soit la formule, mais nous voulons une démission. Oui, mais l'Elysée a mal compris, ou alors ils ont fait semblant.
00:46Parce que nous demandons bien une destitution, une démission du président de la République selon les règles institutionnelles en vigueur.
00:51Il ne s'agit pas de faire un coup de force ou quoi que ce soit, mais il y a des règles d'agression qui permettent cette destitution.
00:57Et d'ailleurs, nous redéposerons très rapidement une nouvelle motion de destitution.
01:04Qu'est-ce que ce spectacle m'inspire ? C'est un spectacle pitoyable.
01:07Et il est temps que ça s'arrête, le spectacle d'un président de la République, d'un monarque républicain,
01:12qui suspend le sort de tout un pays à son bon vouloir.
01:15Vos débatteurs, vos éditorialistes l'ont dit, parce qu'en fait, le nœud du problème, il est à l'Elysée, il n'est pas ailleurs.
01:22Il n'est pas au Parlement, ce n'est pas la faute des électeurs, ce n'est pas la faute des parlementaires,
01:27c'est bien le président de la République qui bloque tout.
01:29Ça donne un spectacle désastreux, y compris à l'international.
01:33Il suffit de regarder les unes des presses un peu partout dans le monde.
01:37Nous avons refusé ces tractations et cette espèce de lutte des places qui ressemble ni plus ni moins qu'à une tambouille.
01:45Les uns faisant semblant de croire que Macron pourrait vouloir nommer un Premier ministre de gauche.
01:51Les autres étant partagés entre l'obsession de quitter le navire macroniste et la peur d'un retour aux urnes.
01:58Nous, nous sommes dans la clarté.
02:00Donc, nous déposerons une nouvelle motion de censure et une motion de destitution.
02:05Parce que, d'abord, la majorité des Français l'a bien compris.
02:10Rien ne sera réglé sans une présidentielle anticipée.
02:13Alexis de La Fontaine, vous souhaitiez interpeller Arnaud Le Gall.
02:17Oui, parce que vous disiez que ces destitutions ne servaient à rien.
02:20Et moi, j'ai une question.
02:21Est-ce que, concrètement, vous en voulez, aux socialistes, aux écologistes et aux communistes,
02:25d'être allés discuter avec Emmanuel Macron et de ne pas vous suivre dans votre chemin vers la destitution ou la démission du Président de la République ?
02:32Ce qui est certain, c'est qu'il donne l'image de rentrer dans son jeu, finalement.
02:36Et de faire croire, ou de sembler croire, que Macron serait prêt à nommer un Premier ministre issu du Nouveau Front Populaire
02:45et pour appliquer une politique issue du programme du Nouveau Front Populaire.
02:50Tout le monde sait très bien qu'il ne le fera pas.
02:52Au moment où l'esprit de la Constitution lui commandait de le faire,
02:55c'est-à-dire au sortir des résultats des dernières législatives, il a refusé de le faire.
03:01Je ne vois pas pourquoi il le ferait maintenant.
03:03Donc, il faut arrêter de faire croire aux gens et de donner cette impression de tambouille et de confusion.
03:08Oui, mais Arnaud Le Gall, l'EPS a tout de même obtenu deux, trois concessions.
03:13En tout cas, de Sébastien Lecornu, pour l'instant, on est dans un trou actuellement.
03:18Mais enfin, il y a le non-recours au 49.3.
03:21Sur les retraites, ça bouge ? Vous imaginez que pour Emmanuel Macron, ça doit être un crève-cœur
03:26et pourtant, ça bouge. Donc ça, quand même, vous pouvez leur accorder cela au Parti Socialiste.
03:31Alors, deux choses. Non, parce qu'à un moment donné, il faut arrêter de faire semblant,
03:35de croire ce qui ne se passera pas.
03:38D'abord, sur le 49.3, il ne vous aura pas échappé qu'il y a plein d'autres manières de passer un budget en force,
03:44notamment avec des commissions mixtes paritaires, etc.
03:46Tout cela est très technique, mais il y a plein de manières de courtonner le vote du Parlement.
03:50Sur la question des retraites, d'abord, ils ont parlé d'une suspension,
03:54ce qui fait, nous, on veut une annulation, parce que cette suspension, c'est un retour à 63 ans.
03:58Même d'un décalage, ils ont parlé d'un décalage, précisément.
04:01Et par ailleurs, qui peut encore croire la galaxie macroniste ?
04:06Ils ne tiennent pas leurs engagements, et pour une raison très simple,
04:09c'est parce que, de toute façon, l'équation, elle est impossible à résoudre.
04:13Parce que s'ils font des concessions, comme vous dites,
04:17qui correspondent, soit dit en passant, au vœu de la majorité des Français,
04:21il ne faut pas l'oublier, qui étaient tous contre la réforme des retraites,
04:24qui, à elle, a été imposée en force.
04:26De toute façon, mécaniquement, ils se coupent de leur aile droite,
04:30les Républicains faisant monter les enchères,
04:33tout en étant eux-mêmes partagés entre l'obsession de quitter le navire
04:37et la peur de l'autorisation.
04:37Bruno Retailleau ne veut ni un gouvernement de gauche, ni macroniste, ce soir.
04:42Alors, il y a des divisions au sein de LR,
04:44ils sont en train de discuter, ce soir.
04:45Mais, pour le coup, Bruno Retailleau, avec l'R6, il s'aligne ?
04:50Ils sont divisés aussi sur le fait de savoir s'ils vont s'allier
04:53au Rassemblement National ou pas.
04:54Enfin, bref, c'est la fin du gaullisme depuis bien longtemps maintenant.
04:58Et là, c'est la Lali.
05:00On en revient au point de départ.
05:02La seule solution, c'est la démission ou la destitution du Président de la République.
05:06et le retour au vote du peuple souverain.
05:10Voilà, c'est la seule manière de trancher cette crise politique
05:13qui affaiblit la France, qui paralyse et qui bloque la démocratie, tout simplement.
05:18Jean-Cenec ?
05:19Non, simplement une précision.
05:21Je ne sache pas que les LR sont en train de discuter sur une alliance avec le RN.
05:26Ça, c'est pas vrai.
05:28Pas du tout, du tout.
05:29Qu'il y ait eu des déclarations, comme Roger Carucci,
05:31qui dit « En cas de choix pour voter entre un tel et un tel,
05:35je ne voterai, je voterai, je voterai. »
05:36Mais c'est vrai qu'il y a une porosité de plus en plus fréquente.
05:40Il y a des élections en Tarn-et-Garonne, ce partiel.
05:45Bruno Retailleau a dit « On enlève la gauche. »
05:48Non, il a dit « Ou tu le vois pour la gauche. »
05:50Oui, voilà, c'est ça.
05:51Évidemment, et en passant, à ceux qui pensent que c'est LFI le problème,
05:56je voudrais signaler quand même que dans ce refus de dire de voter à gauche contre le RN,
06:04il s'agissait d'un candidat socialiste.
06:05Donc, de toute façon, ces gens sont très radicalisés.
06:08Ils sont sur la ligne du RN depuis bien longtemps.
06:11Et voilà, c'est tout.
06:14Donc, on en revient au point de départ.
06:16Il faut une nouvelle élection, une élection présidentielle anticipée.
06:20Alexis de la Fontaine.
06:21Mais vous voyez bien, on l'a bien vu cette semaine,
06:23vous parlez des élections.
06:25Aujourd'hui, dans les sondages,
06:26les Français préfèrent un front républicain anti-la France insoumise
06:29plutôt qu'un front républicain anti-Rassemblement national.
06:32On voit bien une aversion des valeurs sur ce sujet-là.
06:35Oui, alors, on pourrait largement discuter de la méthodologie des sondages,
06:39soit dit en passant, et de qui fait les sondages.
06:41Parce que ce sondage, il a été fait...
06:42Il y en a eu plusieurs, Arnaud Le Gall, sur ce point.
06:45Il semblerait que les Français soient de plus en plus contre ce front républicain,
06:50à l'endroit du RN.
06:50Oui, en attendant, ce qui s'est passé aux dernières élections,
06:54tous les sondages prédisaient une large victoire du RN, etc.
06:57À la fin, ce qui s'est passé, c'est que le Nouveau Front Popula était en tête.
07:01Mais parce qu'il y a eu des jeux d'alliances, vous le savez.
07:04Le Nouveau Front Popula s'est fait partie, le Rassemblement national, un seul.
07:06Et notamment grâce aux électeurs de la France insoumise,
07:09qui ne s'y sont pas trompés.
07:11Donc, je maintiens que la dernière fois, ce n'est pas du tout ce qui s'est passé.
07:15Donc, les sondages, écoutez, on leur fait dire ce qu'on veut.
07:18Merci Arnaud Le Gall d'avoir été avec nous sur l'antenne d'Europe 1.
07:23Et Victor Hérault, je n'ai pas entendu ce que vous parliez sur Arnaud Le Gall,
07:27mais c'est vrai que cette porosité est de plus en plus fréquente.
07:32Et à tel point qu'on s'interroge sur éventuellement un accord, pourquoi pas ?
07:38J'y crois pas trop, parce que déjà, les déclarations de Bruno Rotaillot vont dans le sens inverse.
07:43Alors oui, dans quelques élections partielles, localement, il dit je préfère voter Rassemblement national plutôt que la gauche.
07:49Certes, c'est un pas, ce n'est pas du tout une alliance avec le Rassemblement national.
07:52D'ailleurs, Bruno Rotaillot l'a dit lors d'une édition du journal télévisé récemment,
07:57qu'il refusait la main tendue de Jordan Bardella en disant je refuse un accord avec le Rassemblement national pour les prochaines élections.
08:03Un accord global, c'est-à-dire vraiment dans toutes les circonscriptions.
08:06Je ne pense pas que ça se fasse, il y a peut-être des initiatives ça et là.
08:10Mais justement, pardonnez-moi, mais les initiatives, quand on interroge le terrain,
08:15elles sont souvent sur le terrain, ça se passe assez bien,
08:18et ce sont plutôt les appareils qui ont du mal à alter les choses, n'est-ce pas ?
08:23Il y a un sondage récent qui indiquait qu'en cas d'union des droites,
08:26alors ça c'est un mot qui tend beaucoup du côté des Républicains et du côté du Rassemblement national,
08:30mais en cas de coalition des droites si on veut,
08:32ce camp-là arriverait à plus de 40%, voire je crois 45% des suffringes dans une élection législative.
08:40C'est-à-dire que c'est monstrueux, c'est un score monstrueux.
08:42Seulement ça, les électeurs le demandent, mais les partis, les appareils ne le veulent pas.
08:45Les Républicains peut-être à raison, parce qu'ils se disent
08:47mais on va se faire bouffer par le Rassemblement national, on n'existera plus si jamais on fait ça.
08:50Et puis je crois aussi que du côté Rassemblement national,
08:54on n'est pas forcément prêt, alors j'ai entendu Bardella dire, tendre la main, etc.
08:59Je n'ai pas entendu Marine Le Pen tenir ce même discours,
09:02il n'y a pas, je ne crois pas, ni chez M. Tanguy, ni d'autres qu'on a reçus si même,
09:06d'ailleurs on n'a pas ce sentiment qu'il y a plutôt une volonté de faire cavalier seul,
09:11et de tout gagner, et de tout emporter.
09:14Moi je crois que la question se posera véritablement,
09:18imaginons qu'il y ait une dissolution, c'est une idée qui peut se réaliser,
09:22c'est une probabilité assez sérieuse,
09:25c'est que le RN remporte les élections législatives plus largement encore,
09:36mais qu'il n'obtienne pas la majorité suffisante pour pouvoir gouverner.
09:40Ce qui est fort probable, les sondages les donnent à 39%.
09:43Il faut se poser, effectivement, de savoir s'il faut allier ses forces pour gouverner.
09:50Là, à mon avis, il n'y a pas de réflexion aujourd'hui, je parle vraiment,
09:54j'essaie de comprendre ce qui pourrait se produire.
09:58Est-ce qu'on a le droit de laisser le pays partir comme ça,
10:01ou est-ce qu'on met de côté un certain nombre d'histoires communes,
10:05qui ont été très pénies pendant toutes ces dernières décennies, je dirais,
10:09pour avancer sur un chemin de crête, sans doute,
10:13voilà encore un chemin de crête,
10:15mais pour faire fonctionner un gouvernement, voyez-vous.
10:18C'est vrai que ce sera la mort des LR, Alexis de La Fontaine.
10:20Oui, mais parce que là, vous parlez d'une clarification qui aurait lieu après les élections,
10:24mais même avant les élections, en cas de dissolution demain,
10:26les Républicains devront clarifier leur position,
10:28parce qu'on voit bien que certains...
10:30Ils y travaillent, manifestement, il y a deux réunions ce soir.
10:33Certains souhaitent une alliance avec les macronistes,
10:35pour des désistements dès le premier tour.
10:38Certains pourraient être tentés de rejoindre, pareil, Eric Ciotti,
10:42qui, lui, s'était allié avec le Rassemblement National.
10:43Il y avait un sondage récemment,
10:4540% des adhérents des Républicains souhaitent une alliance avec le RN,
10:4830% souhaitent une alliance avec les macronistes,
10:50et 30% ne souhaitent aucune alliance.
10:52On voit bien que c'est une tripartisation de leur parti,
10:55et donc, avant même le résultat de l'élection,
10:58dès le début de la dissolution,
10:59il y aura besoin d'une clarification chez les Républicains.
11:01Dans quel état va sortir le parti LR de cette séquence, Victor Herrault ?
11:06Parce qu'on voit que là, la séquence a été un petit peu compliquée
11:09pour Bruno Retailleau,
11:10qui est allé au gouvernement,
11:11contre l'avis de Laurent Wauquiez,
11:12finalement, il en est parti.
11:14Ce soir, Bruno Retailleau nous dit
11:15ni macronistes, ni personne de gauche au gouvernement.
11:20Là, ils sont en réunion depuis, je crois,
11:23quelques heures déjà.
11:24Je ne sais pas ce qui a filtré, rien, manifestement.
11:27Il se passe plein de choses du côté des Républicains depuis une semaine.
11:29Effectivement, alors si on ne parle pas du parti,
11:31mais plutôt des personnalités,
11:33il est vrai que Bruno Retailleau a été assez entaché
11:35par ce fameux tweet où il déclare
11:37que finalement, il pourrait ne pas...
11:39Enfin, ce n'est pas exactement ce qu'il a dit,
11:41mais en tous les cas, le tweet qui fait imploser ce gouvernement-là,
11:43il donne au passage le point à Laurent Wauquiez,
11:45qui, quelques heures plus tôt, en visioconférence,
11:47alertait les Républicains en disant,
11:49enfin, les cadres des Républicains,
11:50en disant, il ne faut surtout pas y entrer,
11:51nous n'avons pas été contentés sur les lettres d'engagement
11:53de Sébastien Lecornu.
11:54Bruno Retailleau donne raison à Laurent Wauquiez,
11:56puis ensuite, effectivement, prendre une approche plutôt,
11:59je n'irai plus, que ce soit Sébastien Lecornu
12:01ou un macroniste, un Sébastien Lecornu bis,
12:03je n'y retournerai pas.
12:05Maintenant, du point de vue des Républicains,
12:06le parti LR, c'est vrai qu'il va falloir
12:08une grande clarification,
12:10mais je note que ce n'est pas simplement
12:11une question d'union des droites,
12:12c'est aussi, par exemple, sur la réforme des retraites,
12:13le RN n'est pas du tout aligné avec les Républicains,
12:16et les Républicains tiennent à cette réforme.
12:17Absolument, d'ailleurs, il l'a répété encore ce soir,
12:19Bruno Retailleau.
12:20Restez avec nous, messieurs,
12:20on se retrouve dans quelques instants
12:22pour la poursuite de nos débats.
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