00:008h13 d'Europe 1 Matin Week-end, c'est l'heure d'accueillir le deuxième invité d'Europe 1 Matin Week-end,
00:04Alexis de Lafléchère. Vous recevez maintenant Antoine Léaumant, député de la France Insoumise de l'Essan.
00:09Bonjour Antoine Léaumant.
00:10Bonjour.
00:10Lundi, François Bayrou engagera donc la responsabilité de son gouvernement,
00:14discours de politique générale attendu, puis un vote de confiance.
00:18À moins que François Bayrou change tout, la France Insoumise votera contre, l'ERN également.
00:23On est d'accord pour dire qu'à moins d'un miracle, François Bayrou ne sera plus lundi à Matignon.
00:28Oui, je pense qu'il a annoncé la date de sa démission en réalité,
00:31parce que ce n'est pas possible de laisser passer un budget pareil.
00:35Et d'ailleurs, puisqu'il est très tôt le matin et qu'on est samedi,
00:38moi je salue les travailleuses et les travailleurs qui se sont levés,
00:41qui peut-être écoutent votre chaîne à cette heure-là,
00:43et qui, grâce à la censure que nous allons faire d'une certaine manière de François Bayrou et du budget,
00:49ne perdront pas les deux jours fériés, n'auront pas ce budget catastrophique
00:52qui allait encore une fois imposer les travailleuses, les travailleurs,
00:55et laisser de côté les plus riches de notre pays, à qui on ne demande jamais rien,
00:58jamais d'efforts, et qui se sont gavés dans les dernières années.
01:01Donc oui, à mon avis, François Bayrou va tomber, et c'est pour le meilleur.
01:03Antoine Léomand va se projeter ce matin avec les auditeurs d'Europe 1.
01:06La France Insoumise demande la dissolution de l'Assemblée nationale.
01:10Vous ne voulez pas de dissolution ?
01:11Ce n'est pas ça, c'est que ça ne réglerait rien la dissolution en réalité.
01:13Ce qu'il faut, c'est que le Président de la République s'en aille.
01:15Donc nous, le 8, on va voter la censure de Bayrou.
01:20Le 9, on va déposer une motion de destitution du Président de la République
01:23en vertu de l'article 68 de la Constitution, pour qu'il parte.
01:27Pourquoi je vous dis ça ? Parce qu'on peut faire une dissolution,
01:29mais le plus probable, c'est qu'on se retrouve à peu près
01:31avec la même Assemblée nationale que la dernière fois,
01:33et qu'aucun des problèmes ne soit réglé.
01:34Et que M. Macron recommence son cirque,
01:36de dire qu'en fait, il a gagné les élections alors qu'il les a perdus,
01:39qu'il nomme un Premier ministre qui correspond à sa politique,
01:42et qu'on continue comme ça.
01:43Donc le problème...
01:43Donc pas de retour aux urnes ?
01:44Bah si, un retour aux urnes, mais pour faire une élection présidentielle.
01:47D'accord, avant 2027.
01:49Mais pourquoi je vous dis ça ?
01:50Parce que M. Macron a fait la démonstration
01:51qu'il ne respectait pas le résultat des élections.
01:53Donc je veux bien qu'on refasse une élection législative.
01:55Par ailleurs, s'il y a une dissolution,
01:57nous on est de toute façon prêts à retourner aux urnes
01:59dans une élection législative.
02:00Ce que je dis, c'est que ça ne règle pas le problème.
02:02Vous savez aussi que le Rassemblement national
02:03est annoncé par certaines études en tête.
02:07Est-ce que c'est aussi pour ça que vous ne voulez pas de dissolution ?
02:10Non, pas du tout.
02:11C'était déjà le cas la dernière fois.
02:13Enquête d'opinion sur 27
02:14qui donnait le Rassemblement national,
02:16grand vainqueur de l'élection législative.
02:17Ce n'est pas ce qui s'est produit.
02:18Ils sont arrivés troisième de l'élection législative
02:20au deuxième tour de cette élection.
02:22Donc le sujet...
02:23Oui, sauf que là, la donne a un petit peu changé.
02:24Je me permets juste.
02:25C'est que le parti socialiste considère aujourd'hui
02:28qu'il ne veut plus se lier à vous en cas de dissolution.
02:32Les socialistes font ce qu'ils veulent.
02:33Vous serez un peu plus isolés, c'est ça que je veux dire.
02:35Mais pas du tout.
02:36L'isolement, ce n'est pas un isolement de parti.
02:38La question, c'est vers qui se tournent les électeurs ?
02:41S'ils ont envie de se tourner vers un parti socialiste
02:43qui aujourd'hui est en train de dire
02:45qu'il souhaite occuper les places
02:46qui étaient occupées par François Béroud,
02:48je ne suis pas sûr qu'il y ait grand monde
02:49qui ait envie de voter pour ce type de compromission.
02:51Nous, on a toujours été clairs sur le sujet.
02:53Par ailleurs, je rappelle quand même une chose.
02:55Parce que les électeurs du Rassemblement national,
02:57il faut peut-être qu'ils regardent
02:58ce qu'a fait le Rassemblement national avant aussi.
03:00Il y a eu huit occasions de voter la censure de François Béroud.
03:02Nous, on l'a voté huit fois la censure de François Béroud.
03:05Le Rassemblement national, zéro fois.
03:08C'est la chance.
03:09Voilà où on en est.
03:10On laisse la chance à des macronistes
03:12de continuer à gouverner le pays.
03:14Et voilà où on en est.
03:15Et ensuite, il y a M. Beyroud qui arrive
03:16et qui nous dit, mon Dieu, c'est la catastrophe.
03:18On va tous mourir.
03:19Et si jamais vous ne me sauvez pas ma peau,
03:21eh bien, on va tous mourir.
03:21Comme Michel Barnier l'avait fait.
03:23Mais on peut se projeter, Antoine Léomont.
03:24Vous avez raison.
03:25Imaginons, le président de la République démissionne.
03:28Vous arrivez au pouvoir.
03:31Qu'est-ce que vous mettez en place en arrivant ?
03:32La première mesure, vous vous dites,
03:34voilà, à la France insoumise, on veut ça.
03:36Moi, je n'en ai pas deux, j'en ai trois.
03:37Allez-y.
03:38Un, l'augmentation du SMIC.
03:39Parce qu'il y en a ras-le-bol que les gens
03:40qui se tuent à la tâche
03:42ne soient pas assez payés dans notre pays.
03:43Ça, c'est la mesure la plus urgente.
03:45Deux, il faut faire, lancer un processus
03:48pour une sixième république.
03:50Parce que ça, c'est pareil.
03:51On ne peut pas continuer avec ce système
03:52qui ne fonctionne pas
03:54et qui permet à un seul homme
03:56de gouverner seul, comme un monarque en réalité.
03:57Donc ça, on n'est pas d'accord avec ça.
03:59Et il faut entamer ce processus-là.
04:00Très bien.
04:00Et puis trois, il faut revoir
04:01complètement le système d'imposition.
04:03Nous, ce que nous proposons à la France Insoumise,
04:05c'est de faire 14 tranches
04:06pour que tous ceux qui gagnent
04:07moins de 4 000 euros par mois
04:09payent moins d'impôts.
04:10Mais que, par contre,
04:11ceux qui gagnent plus de 4 000 euros par mois
04:13payent davantage d'impôts.
04:14Et pareil sur les entreprises
04:15pour que les petites entreprises
04:17aient un impôt qui soit progressif
04:19et qui vient taxer plus fortement
04:21les grandes entreprises.
04:21Parce qu'aujourd'hui,
04:22il y a un système
04:23qui est totalement inégalitaire
04:24et qui fait que les petits payent gros
04:27et que les gros payent petits.
04:28Qui peut être d'accord avec ça ?
04:29L'impôt sur le revenu a été mis en place
04:31pendant la Première Guerre mondiale
04:33précisément pour dire
04:34qu'il fallait que les plus riches
04:36participent davantage à l'effort.
04:37Et il va falloir convaincre
04:38les patrons de ce raisonnement
04:41parce qu'ils craignent aussi
04:42qu'un manque d'investissement,
04:44ils sont aussi dans une...
04:45Vous comprenez ce que je veux dire ?
04:46Non, mais je comprends complètement.
04:47J'ai vu le débat au MEDEF.
04:48Mais je signale que le MEDEF,
04:50ce n'est pas la même chose
04:51que les patrons.
04:52Parce que le patron de la boulangerie,
04:54le patron du salon de coiffure,
04:56lui, ce dont il a besoin,
04:56c'est que les gens soient bien payés
04:57pour acheter soit un croissant
04:59avec la baguette,
05:00soit effectivement aller chez le coiffeur.
05:01Et ce n'est pas du tout la même chose
05:02de dire, quand on dit
05:04qu'il faut augmenter les salaires,
05:05de dire qu'on va faire tourner l'économie
05:06pour les petites et les moyennes entreprises
05:08et que, pour le coup,
05:10les grandes entreprises
05:10paient moins d'impôts à l'heure actuelle
05:13en pourcentage des bénéfices qu'elles font
05:14et paient moins d'impôts
05:15que les petites entreprises.
05:16Mais qui peut être d'accord
05:17avec ce système-là ?
05:18Évidemment qu'on marche sur la tête.
05:19Donc, je ne pense pas
05:20qu'il y a à convaincre les patrons.
05:21Je pense qu'il y a beaucoup
05:22de petits patrons,
05:23d'ailleurs il y en a qui votent
05:24la France Insoumise,
05:24qui ont bien compris
05:25ce qu'on voulait faire.
05:26Mais par contre,
05:27le discours permanent
05:28sur la France Insoumise
05:29veut augmenter les impôts,
05:30la France Insoumise
05:30veut augmenter les impôts,
05:31ce n'est pas vrai.
05:32Ce que nous voulons faire,
05:33c'est baisser les impôts des petits,
05:35augmenter les impôts des gros.
05:36Ce n'est pas tout à fait la même chose.
05:36On a bien compris le chemin
05:37que vous nous proposez.
05:39Dans l'actualité aussi,
05:40Antoine Léaumont,
05:40il y a cet appel à bloquer la France
05:42le 10 septembre prochain,
05:43mouvement très vite récupéré
05:44par la France Insoumise.
05:46Bloquer tous ces stupides.
05:49C'est Bruno Rotaillot
05:50qui l'a dit,
05:50le ministre de l'Intérieur
05:51dit aussi ne pas avoir peur.
05:53Est-ce que vous ne trouvez pas,
05:54Antoine Léaumont,
05:54que tout bloqué
05:55en cette rentrée scolaire
05:56alors que la dette
05:57est à 3 300 milliards ?
05:59C'est justement,
06:00comme le dit Bruno Rotaillot,
06:01peut-être un peu stupide.
06:02Les Français peut-être
06:02attendent autre chose.
06:03Je ne sais pas,
06:04est-ce que ça fonctionne
06:04le système politique
06:06à l'heure actuelle
06:06et démocratique ?
06:07Nous, on propose plein de choses.
06:09D'ailleurs, un budget,
06:10normalement,
06:10il est voté par l'Assemblée nationale.
06:11Là, on nous fait des 49-3.
06:13Personne n'écoute jamais rien
06:15chez les macronistes.
06:15Je vais vous dire une chose.
06:18Jean-François Copé,
06:19qui n'est quand même pas un bolchevik,
06:21puisqu'il était à l'UMP,
06:22il était président de l'UMP
06:23et donc les Républicains aujourd'hui.
06:25Jean-François Copé dit
06:25si jamais on n'écoute pas le peuple,
06:28les gens finiront
06:28par aller chercher
06:29Macron à l'Elysée.
06:31C'est Jean-François Copé
06:32de droite qui dit ça.
06:33Ce n'est pas moi.
06:34Oui, bien sûr.
06:35Donc, les gens,
06:36pourquoi décident-ils
06:36de lancer un mot d'ordre
06:38de bloquer le pays ?
06:39Parce que quand ils manifestent
06:40pacifiquement contre la réforme des retraites,
06:42par exemple,
06:423 millions de personnes dans la rue
06:43contre la réforme des retraites,
06:44personne n'en voulait.
06:45On ne nous écoute pas.
06:46C'est sur la bordélisation.
06:48Mais ce n'est pas de la bordélisation.
06:49On peut manifester,
06:50peut-être qu'il y aura d'ailleurs
06:51beaucoup de monde,
06:51on peut manifester paisiblement
06:52dans les rues,
06:53sans tout bloquer.
06:54C'est ça que je veux vous dire.
06:55Sauf que précisément,
06:56je viens de vous dire
06:56que quand on manifeste paisiblement
06:58dans les rues,
06:58sans bloquer,
06:59sans avoir d'efficacité
07:02sur l'économie.
07:02Si lundi, il y a 1 million français
07:03dans la rue
07:03qui manifestent paisiblement,
07:05je pense que vous serez entendu,
07:06Antoine Léon.
07:06Eh bien non,
07:13Jean-Luc Mélenchon,
07:14lui, veut envoyer
07:15les préfets en prison.
07:16Oui, c'est toujours un peu
07:17dans le conflit.
07:19Parfois, c'est bien aussi
07:20d'apaiser un peu les choses.
07:21J'aimerais bien
07:22qu'on revienne en arrière sur ça.
07:23Parce que pourquoi
07:23il a dit ça,
07:24Jean-Luc Mélenchon ?
07:25Parce que des préfets
07:25ont porté plainte
07:26contre des députés
07:27de la France Insoumise.
07:28Donc, c'est-à-dire
07:29que des préfets
07:29veulent envoyer
07:30des députés en prison,
07:32c'est gravissime
07:33que des préfets
07:34prennent ce genre de...
07:35qu'ils s'investissent
07:35dans le débat politique.
07:36C'est gravissime.
07:37C'est du jamais vu.
07:38D'accord ?
07:39Et Jean-Luc Mélenchon répond
07:40d'une boutade,
07:41nous vous enverrons en prison
07:43avant que vous nous envoyiez
07:43en prison.
07:44Et il fait référence
07:44à quelque chose
07:45de très particulier.
07:46Il dit que les préfets
07:47dépassent leurs fonctions.
07:49Et nous,
07:49ce que nous voulons,
07:50c'est que l'État,
07:51les préfets en particulier,
07:52respectent les consignes
07:53qui sont données
07:53par le pouvoir politique légitime.
07:55Moi, je vous le répète,
07:56je considère que ce pouvoir politique
07:57est illégitime
07:58puisque Macron a perdu les...
08:00M. Retailleau, par exemple,
08:00il a fait 6% aux élections.
08:02Qu'est-ce qu'il fait
08:02au ministère de l'Intérieur ?
08:04Pourquoi est-ce que c'est
08:04M. Retailleau
08:05qui est ministre de l'Intérieur
08:06alors que ces gens
08:07ont perdu les élections
08:09et ont été battus
08:10à plat de couture ?
08:11Ça n'a pas de sens.
08:12Donc, juste pour finir peut-être,
08:14moi, il y a, je pense,
08:14une chose qui peut mettre
08:15tout le monde d'accord,
08:16c'est ce système politique
08:18est vermoulu.
08:19Il faut changer de système,
08:21il faut une 6ème République,
08:22il faut des référendums
08:22d'initiatives citoyennes
08:24pour que les gens puissent,
08:25par exemple,
08:25dégager des élus
08:26en cours de mandat
08:27s'ils ne sont pas satisfaits
08:27de ce qu'ils font.
08:28Vous allez voir
08:29que ça va faire réfléchir
08:29deux ou trois
08:30sur les promesses
08:31qu'ils font avant les élections
08:32et ensuite le comportement
08:33qu'ils ont une fois
08:34que les élections ont eu lieu.
08:35Merci Antoine Léomand,
08:36député de la France Insoumise,
08:37d'avoir été avec nous
08:38sur Europe en Studio.
08:39Merci à vous.
08:40Un bon week-end.
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