00:00Mais quel drôle d'époque ce matin ! Bonjour Arlette Chabot !
00:05Bonjour !
00:06C'est au-delà de la drôle d'époque, oui.
00:08Ah oui, là c'est au-delà de beaucoup de choses, en réalité.
00:11C'est l'actualité, on va dire, du début de matinée, au beau milieu de la nuit.
00:14En tout cas, le président de la République, l'Elysée, a décidé de convier la majorité des partis,
00:19en tout cas la majorité des partis, les chefs de partis, les présidents de groupes à l'Assemblée Nationale,
00:23hors LFI et hors RN, avec bien sûr, on l'imagine en tout cas, un but,
00:28faire un début de consensus pour la potentielle annonce d'un Premier ministre dans la journée.
00:33Je pense que le président de la République a envie d'un moment de vérité, au fond.
00:37Raison pour laquelle, effectivement, il fait venir les chefs de partis qui ont participé,
00:41discuté avec Sébastien Lecornu jusqu'au bout, jusqu'au bout de sa mission, vous savez, de 48 heures de plus,
00:48pour essayer de trouver un compromis.
00:50Et donc, au fond, il s'agit pour le président de leur demander, voulez-vous ou non un compromis ?
00:55Voulez-vous participer à des discussions qui permettraient à la France d'avoir un budget ?
01:00Ou bien, ou bien, eh bien, ce sera la crise et la perspective, c'est effectivement la dissolution.
01:06Alors, si l'on a bien entendu Sébastien Lecornu, l'autre jour, à trois jours sur France 2,
01:12il disait bien qu'on n'était pas si loin, au fond, d'un accord.
01:16De trouver des accords, oui.
01:17De trouver un accord, un chemin est possible, même s'il est difficile.
01:21Voilà, ça, c'est pour la responsabilité, effectivement, des partis.
01:24Mais, en même temps, eh bien, ceux qui seront présents dans le bureau du président de la République,
01:29lui demanderont, mais au fond, monsieur le président, et vous, quelles concessions acceptez-vous ?
01:34Par exemple, acceptez-vous que l'on touche à la retraite ?
01:38C'est-à-dire qu'on suspende la réforme des retraites ?
01:40Pour le reste, il y a déjà des concessions qui ont été faites par Sébastien Lecornu,
01:45comme, par exemple, la taxation des plus hauts revenus.
01:48Donc, c'est un échange à double sens, c'est une sorte de quitte ou double.
01:52Alors, accord, et on s'en sort, et la France s'en sort.
01:55Sinon, dissolution, et là, c'est une autre affaire.
01:59Et une autre affaire qui est largement relayée par le sondage qu'on a ce matin, Sud Radio IFOP,
02:03avec, on le constate en tout cas, on pouvait l'imaginer,
02:06ce sont des scores absolument écrasants du Rassemblement National,
02:09et un chiffre aussi intéressant dans ce sondage, c'est l'effondrement du Bloc Central.
02:13Oui, là aussi, c'est un réveil assez brutal pour tout le monde, d'ailleurs,
02:17parce qu'au fond, une dissolution, et on comprend pourquoi Marine Le Pen l'aveut absolument,
02:21ce serait effectivement un sacré coup de booster, si je puis dire,
02:25pour le Rassemblement National.
02:27Oui, près de 36%, avec, on le voit aussi dans le détail,
02:31la moitié des électeurs de droite républicains
02:35qui souhaitent désormais un accord avec le Rassemblement National.
02:38Près de 41% des LR souhaitent, bien sûr, que leur parti fasse alliance avec le Rassemblement National.
02:43Avec une candidature commune, qui effectivement, encore une fois,
02:47donnerait un avantage, et peut-être la proximité d'une majorité absolue,
02:52pour le Rassemblement National.
02:54En revanche, la gauche découvre que si elle ne recrée pas un nouveau Front Populaire BIS,
03:00eh bien, elle sera nettement en dessous du score qu'elle peut espérer aujourd'hui,
03:05mais ce n'est pas tellement dans l'air, vous avez remarqué l'accord entre les insoumis et les socialistes.
03:10On peut le dire comme ça.
03:11Les LR vont mieux, mais ce n'est pas terrible non plus,
03:14et vous l'avez dit, il y a un effondrement, effectivement, du groupe central.
03:17Donc, qui a intérêt à la dissolution ?
03:20Le Rassemblement National, encore une fois, il a aussi,
03:22c'est l'esprit de responsabilité auquel le Président fera appel.
03:26« Voulez-vous une victoire du Rassemblement National ? »
03:30Eh bien, en fonction de la réponse, il leur dira « Voilà la voie à suivre ».
03:33Avec, au milieu, toujours une question, malgré les enseignements de ce sondage
03:36IFOP, Fiducial Sud Radio, LCI, Le Figaro, à savoir,
03:39« D'accord, mais il faut un Premier ministre. »
03:41Et la petite musique qui monte et qui, visiblement, s'installe jusqu'au sommet de l'État,
03:45c'est de dire « Mais pourquoi moi, pourquoi pas un Sébastien Lecornubis ? »
03:48Oui, pourquoi pas. Évidemment, ce serait assez logique, au fond,
03:53puisqu'il a mené des discussions avec les partis qui seront reçus par le Président de la République
03:58cet après-midi. C'est lui qui a mis, encore une fois, les concessions sur la table.
04:03Il a une bonne image, Sébastien Lecornu. On le voit totalement inconnu des Français.
04:08Aujourd'hui, il trouve qu'il est sincère, sérieux, franc, assez lucide sur la situation.
04:14Pourquoi pas lui ? Et puis, en face, d'autres diront « Ah ben, justement, pas lui,
04:18parce qu'il est toujours proche du Président de la République et qu'il faut changer ».
04:23Alors, après, vous connaissez la liste des possibles, des « Pourquoi pas lui ? »
04:28Alors, on va en rester là aujourd'hui. On attend ce soir, peut-être,
04:31le Président, après avoir vu les partis, choisira un nouveau Premier ministre
04:36pour l'objectif, pour lui, le premier objectif, bien sûr.
04:40Un budget, il faut le déposer lundi.
04:43La drôle d'époque de signer Arlette Chabot. Merci beaucoup.
04:46Je ne suis pour rien dans la drôle d'époque.
04:48Ah non, non, au contraire, vous nous permettez de remettre les pendules à l'heure, ma chère Arlette.
04:51Voilà, si on parle de responsabilité, on peut se dire qu'aujourd'hui,
04:54franchement, la responsabilité ou l'irresponsabilité,
04:59ce n'est pas du côté des Français ni des commentateurs.
05:01Ça, c'est sûr. Vous avez évoqué un seul chiffre, ma chère Arlette,
05:03qui est en effet très intéressant,
05:05c'est celui de la proportion des électeurs
05:07qui commencent à atteindre un niveau sidérant.
05:09Celui qui indique près de 46% des électeurs,
05:12ça atteint 41% du côté des électeurs des Républicains
05:16qui disent « mais oui, il faut faire une alliance des droites ».
05:19Alors, est-ce que la fameuse union des droites dont on entend parler de plus en plus
05:22est inéluctable ?
05:240826 300 300.
05:25On aura l'occasion d'en parler, notamment entre 9h et 10h,
05:28mais d'ici une grosse demi-heure, on évoquera cette question avec vous.
05:31D'ailleurs, Arlette, est-ce que Sébastien Le Cordu,
05:33doit-on le renommer en réalité ?
05:35Parce qu'il n'a peut-être pas fait un si mauvais travail que ça.
05:37En tout cas, quand il en a eu l'occasion,
05:39on en parlera d'ici une grosse demi-heure,
05:40juste après l'interview politique de 8h15.
05:42Hervé Massé, il était 7h54 sur Sud Radio,
05:45et dans un instant, bien sûr,
05:46Les Chevaliers du Matin, à tout de suite.
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