00:00Et moi, je vais m'adresser au président de la République parce que moi, hier, je vais prendre 30 secondes de votre temps.
00:07Qu'est-ce que vous avez préparé ? C'est-à-dire que tout le monde vient ?
00:10Non, non, non. Alors moi, je suis responsable de 4 épiceries solidaires.
00:13Je veux dire à M. Macron qu'on accompagne 3200 familles dans la précarité.
00:17C'est la France qui travaille, la France qui souffre.
00:19Et je veux dire qu'aujourd'hui, il y a deux Frances.
00:21Il y a la France réelle et la France politique.
00:24Et les deux ne se parlent plus.
00:25Et je vais m'adresser. Voilà le courrier que j'ai reçu hier d'un couple.
00:30Pour demander que cette famille rentre à l'épicerie.
00:34Bonjour M. Achouche.
00:35Je me permets de vous écrire parce qu'on est dans une situation vraiment compliquée.
00:39On est un couple avec deux enfants, 8 et 12 ans.
00:41Mon mari est malade. Il a un cancer.
00:43Et il ne peut plus travailler depuis un moment.
00:45Moi, je fais des ménages à mi-temps chez Clinitex à Croix.
00:48Je fais ce que je peux, mais avec un seul demi-salaire.
00:50On n'y arrive plus, tout augmente.
00:52Et nous, on s'enfonce un peu plus chaque mois.
00:54On fait attention à tout. On compte chaque euro.
00:57Mais à la fin du mois, il n'y a plus rien.
00:58Des fois, on mange léger. Pour que les enfants aient de quoi ?
01:02On ne dit rien. On sourit. Mais c'est dur.
01:04Je ne vous cache pas qu'on a honte d'en arriver là.
01:06On a toujours bossé. On n'a jamais rien.
01:09Demandez à personne.
01:10Mais là, on n'a plus le choix.
01:11On voudrait juste avoir accès à l'épicerie.
01:13Solidaires pour pouvoir faire nos courses sans se sentir gênés.
01:16Remettre un peu de nourriture dans les placards.
01:19Souffler un peu.
01:20Si vous pouviez nous aider, ce serait un vrai soulagement.
01:22On ne demande pas grand-chose.
01:24Juste un petit coup de pouce.
01:25Pour tourner le coup, merci de tout cœur pour ce que vous faites,
01:28pour les familles comme la nôtre.
01:30Bien à vous, Françoise.
01:31Alors moi, je veux dire au président de la République,
01:33que répondez-vous à la France qui travaille,
01:35à la France qui la dure ?
01:37Cette famille, comme énormément de familles que l'on reçoit,
01:41ils font tout bien.
01:42Ils travaillent.
01:43Ils se lèvent le matin.
01:45Ils emmènent les enfants à l'école.
01:46Ils payent les factures au centime près.
01:48Ils payent les impôts.
01:49Ils font tout bien.
01:50Et à la fin, il n'y a rien.
01:50Moi, je suis en colère.
01:52Quand j'ai créé la première épicerie, il y a dix ans,
01:55c'était la genèse du projet.
01:56C'était dans un lycée.
01:58Et c'était à l'échelle d'un quartier.
02:00Aujourd'hui, on est à l'échelle métropolitaine.
02:03J'ai le cœur dur, j'assure.
02:05Mais quand je vais à l'épicerie,
02:06je vois les situations comme Françoise.
02:08J'ai la boule au ventre.
02:10Et moi, je vais m'intéresser à M. Macron.
02:12M. Macron, pensez à la France.
02:14M. Lecornu, pensez à la France.
02:16M. Retailleau, ne nous prenez pas pour des lapins de six semaines.
02:20Parce que la mascarade,
02:23la vôtre, elle est scandaleuse.
02:26Moi, je suis révolté de voir M. Retailleau,
02:29l'arme à l'œil, nous raconter une histoire,
02:32nous disant, vous imaginez bien,
02:34le Premier ministre m'a trahi.
02:37Le Premier ministre a nommé Bruno Le Maire
02:39ministre des Armées.
02:41Et donc, il y a rupture de confiance,
02:43donc on ne participe pas au gouvernement.
02:45Moi, quand je ne suis pas d'accord avec un collègue,
02:47je ne peux pas démissionner.
02:49On nous demande, nous Français,
02:50de faire preuve d'assertivité.
02:52Françoise, qui travaille chez Clinitex,
02:54à Croix,
02:55si elle n'est pas d'accord avec le patron,
02:56elle ne peut pas démissionner
02:56parce que Françoise,
02:57elle n'a rien à manger.
02:58C'est parti.
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