00:00Après avoir admis des manœuvres massives liées aux procurations lors du premier tour du 27 septembre,
00:05le ministre de l'Intérieur, Hermann Imongo, par ailleurs président de la Sénocère,
00:10a cru bon d'adresser un message de recadrage au président des commissions électorales avant le second tour.
00:15Une sortie qui soulève une question majeure, comment le même responsable peut-il à la fois reconnaître les fraudes,
00:20rester jugé parti et prétendre garantir la transparence du scrutin ?
00:24Dans sa note circulaire du 1er octobre, Hermann Imongo rappelait que chaque électeur
00:28ne peut être porteur que d'une seule procuration et que leur délivrance relève exclusivement des commissions locales ou consulaires.
00:35Un rappel qui sonne comme un aveu officiel de dérive, carnet circulant librement, procuration multiple, confusion des registres,
00:41autant de pratiques que le ministère reconnaît, tout en maintenant son autorité exclusive sur le second tour.
00:47Mais cette position interroge, comment celui qui a organisé un scrutin entaché d'irrégularité
00:51peut-il encore s'opposer en garant de la rigueur et de la transparence,
00:56en refusant de se dessaisir partiellement de la gestion du processus ?
00:59Hermann Imongo entretient un conflit d'intérêts évident
01:02et affaiblit la crédibilité de l'ensemble du dispositif électoral.
01:06En exigeant des présidents de commissions qu'ils fassent preuve de responsabilité et de neutralité,
01:10le ministre s'adresse à la base alors que le problème vient du sommet.
01:14Cette posture autoritaire masque mal une réalité embarrassante,
01:17la faillite du pilotage central.
01:19Car à ce stade, la question n'est plus de rappeler la loi,
01:22les articles 146 à 148 du Code électoral sont clairs, mais d'en tirer les conséquences.
01:27La logique républicaine voudrait que l'on ouvre des enquêtes,
01:30suspende les fautifs et associe des instances indépendantes.
01:33ACR, magistrats administratifs, sociétés civiles, à la supervision du second tour.
01:37Rien de tout cela n'a été annoncé.
01:39À quelques jours du scrutin du 11 octobre,
01:41cette contradiction nourrit le scepticisme d'une partie de la classe politique.
01:45Déjà ulcérée par les anomalies du premier tour,
01:47plusieurs candidats dénoncent des urnes préremplies,
01:50des procès vermaux en double ou encore des voix disparues à la centralisation.
Commentaires