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[#Reportage] Gabon: le vieux logiciel de la fraude et du transport d'électeurs toujours opérationnel

Le scrutin du 27 septembre 2025, présenté comme un tournant démocratique, a révélé de profondes fractures dans le processus électoral gabonais. Derrière les discours de rupture, les vieilles pratiques refont surface : transport d’électeurs, listes manipulées, procurations douteuses. Dans plusieurs localités, des bus entiers venus d’autres provinces ont bouleversé l’équilibre du vote local, dépossédant les citoyens de leur souveraineté. Cette dérive met en évidence une continuité troublante entre l’ancien régime et la transition actuelle. Alors que les autorités proclament un renouveau politique, la réalité du terrain expose un système verrouillé, où les méthodes d’hier minent la crédibilité des institutions et détournent la volonté populaire. Face à cette régression, une question s’impose : comment prétendre bâtir une République juste si le fondement même du vote reste perverti ?
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Transcription
00:00Les résultats tronqués sont annulés. C'est enfin notre essor vers la félicité.
00:06C'est enfin notre essor vers la félicité, proclamait solennellement le colonel Ulrich Mofumbi-Mofumbi le 30 août 2023,
00:14au nom du Comité pour la transition et la restauration des institutions, CTRI.
00:18Deux années plus tard, après un dialogue national, un référendum et une présidentielle à forte portée symbolique,
00:23les élections locales et législatives de ce 27 septembre 2025 auraient dû parachever la promesse de rupture.
00:31Elles n'en sont que la caricature.
00:33Elles révèlent un système qui, sous des avis neufs, répète les pires trafers de l'ancien régime.
00:38Partout, les scènes se ressemblent, des bus affrétés, des cartes électorales redistribuées,
00:43comme des primes, des procurations aux contours flous.
00:46Amivoule, un village proche de Boulossoville, habitué à 60 électeurs,
00:49s'est subitement retrouvée avec 230 électeurs supplémentaires,
00:53convoyés dans des bus aux plaques du Sud, sans aucune attache familiale ni économique dans la zone.
00:59À Libreville, Portjonti, Mwabi ou Chibanga, la situation est identique.
01:04Des citoyens transformés en électeurs mercenaires,
01:06imposant aux populations locales des représentants qu'ils n'ont ni choisis ni reconnus.
01:11C'est une négation frontale de la souveraineté populaire,
01:13un viol méthodique de l'idéal démocratique.
01:16Un simulacre électoral au goût amer pour les véritables bâtisseurs de la République.
01:21Voici les pleuves !
01:22Voici les pleuves !
01:27Voici les pleuves !
01:28Aucune procuration n'est rien ici, c'est plein dans le but de voiture, on dit !
01:36Voici les pleuves dans votre voiture !
01:38Que vaut une victoire quand elle repose sur des scrutins verrouillés,
01:41des procurations suspectes, des listes électorales truffées de mort
01:44et des bureaux de vote monopolisés par une seule formation politique ?
01:48Certainement pas une légitimité, encore moins une espérance.
01:53Le 30 août 2023 devait être un séisme réparateur.
01:56Il devient, à la lumière de ce scrutin, un simple sursaut cosmétique.
02:00Ce samedi 27 septembre, nous avons assisté,
02:02non pas à un exercice électoral sincère,
02:05mais à une reconstitution méthodique de l'appareil politique hérité du régime Bongo.
02:09La majorité des candidats investis dans certaines localités sont d'anciens barons
02:13du Parti démocratique gabonais, recyclés dans des formations dites de rupture
02:18et parfois même portées par les moyens de l'État.
02:21Peut-on prétendre restaurer la confiance en la démocratie en recyclant ceux qui l'ont saboté ?
02:25Peut-on bâtir un avenir commun sans justice mémorielle ?
02:29Peut-on, en toute bonne foi, laisser les artisans du désastre d'hier devenir les gestionnaires de demain
02:34sans autocritique, sans rédition de compte, sans le moindre symbole de transformation ?
02:39Une victoire construite sur du mensonge ne présage rien de bon.
02:42Ces mots de Raymond Donsima, ancien premier ministre de la Transition,
02:46sonnent aujourd'hui comme une sentence prémonitoire.
02:48Une élection biaisée est une défaite collective.
02:51Elle trahit le peuple, elle abîme l'État, elle défigure la République.
02:55Elle n'est pas seulement une imposture politique, elle est un recul historique.
02:59Le scrutin du 27 septembre 2025 n'a pas sanctuarisé la démocratie gabonaise.
03:04Il a fragilisé la transition, il n'a pas conforté la légitimité du pouvoir,
03:08d'où l'Ingema ?
03:09Il l'a brouillé, il n'a pas consacré une rupture,
03:12il a consacré un recyclage cynique des pratiques qui, des années durant,
03:15ont fragilisé notre démocratie en construction.
03:18Nous, journalistes, acteurs de la société civile et lecteurs ordinaires,
03:22ne devons pas être les complices silencieux d'un retour en arrière.
03:26La mémoire du 30 août n'appartient pas aux militaires,
03:28elle appartient au peuple dans toute sa diversité.
03:30Elle est sacrée, elle ne peut être dévoyée par des calculs partisans
03:35ou des arrangements d'arrière-boutique.
03:37Que reste-t-il aujourd'hui de laissant vers la félicité promis au peuple ?
03:41Un slogan, un mirage, une illusion trahie.
03:44Si le président Brice Clottero, l'Ingema veut écrire une page nouvelle,
03:47qu'il commence par reconnaître les dérives de ce scrutin.
03:50Annuler les circonscriptions entachées, restaurer l'équité
03:53et mettre fin à la mascarade du transport des lecteurs.
03:56Identifier les auteurs, les poursuivre et prononcer leur inéligibilité
04:00pour clarifier l'expression démocratique,
04:03brouillée par ces pratiques qui fragilisent le vivre-ensemble.
04:06Sinon, il devra assumer d'être passé, malgré lui,
04:09peut-être de libérateur à restaurateur d'un système qu'il disait onir.
04:14Sous-titrage Société Radio-Canada
04:20Sous-titrage Société Radio-Canada
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