00:00Les résultats tronqués sont annulés. C'est enfin notre essor vers la félicité.
00:06C'est enfin notre essor vers la félicité, proclamait solennellement le colonel Ulrich Mofumbi-Mofumbi le 30 août 2023,
00:14au nom du Comité pour la transition et la restauration des institutions, CTRI.
00:18Deux années plus tard, après un dialogue national, un référendum et une présidentielle à forte portée symbolique,
00:23les élections locales et législatives de ce 27 septembre 2025 auraient dû parachever la promesse de rupture.
00:31Elles n'en sont que la caricature.
00:33Elles révèlent un système qui, sous des avis neufs, répète les pires trafers de l'ancien régime.
00:38Partout, les scènes se ressemblent, des bus affrétés, des cartes électorales redistribuées,
00:43comme des primes, des procurations aux contours flous.
00:46Amivoule, un village proche de Boulossoville, habitué à 60 électeurs,
00:49s'est subitement retrouvée avec 230 électeurs supplémentaires,
00:53convoyés dans des bus aux plaques du Sud, sans aucune attache familiale ni économique dans la zone.
00:59À Libreville, Portjonti, Mwabi ou Chibanga, la situation est identique.
01:04Des citoyens transformés en électeurs mercenaires,
01:06imposant aux populations locales des représentants qu'ils n'ont ni choisis ni reconnus.
01:11C'est une négation frontale de la souveraineté populaire,
01:13un viol méthodique de l'idéal démocratique.
01:16Un simulacre électoral au goût amer pour les véritables bâtisseurs de la République.
01:21Voici les pleuves !
01:22Voici les pleuves !
01:27Voici les pleuves !
01:28Aucune procuration n'est rien ici, c'est plein dans le but de voiture, on dit !
01:36Voici les pleuves dans votre voiture !
01:38Que vaut une victoire quand elle repose sur des scrutins verrouillés,
01:41des procurations suspectes, des listes électorales truffées de mort
01:44et des bureaux de vote monopolisés par une seule formation politique ?
01:48Certainement pas une légitimité, encore moins une espérance.
01:53Le 30 août 2023 devait être un séisme réparateur.
01:56Il devient, à la lumière de ce scrutin, un simple sursaut cosmétique.
02:00Ce samedi 27 septembre, nous avons assisté,
02:02non pas à un exercice électoral sincère,
02:05mais à une reconstitution méthodique de l'appareil politique hérité du régime Bongo.
02:09La majorité des candidats investis dans certaines localités sont d'anciens barons
02:13du Parti démocratique gabonais, recyclés dans des formations dites de rupture
02:18et parfois même portées par les moyens de l'État.
02:21Peut-on prétendre restaurer la confiance en la démocratie en recyclant ceux qui l'ont saboté ?
02:25Peut-on bâtir un avenir commun sans justice mémorielle ?
02:29Peut-on, en toute bonne foi, laisser les artisans du désastre d'hier devenir les gestionnaires de demain
02:34sans autocritique, sans rédition de compte, sans le moindre symbole de transformation ?
02:39Une victoire construite sur du mensonge ne présage rien de bon.
02:42Ces mots de Raymond Donsima, ancien premier ministre de la Transition,
02:46sonnent aujourd'hui comme une sentence prémonitoire.
02:48Une élection biaisée est une défaite collective.
02:51Elle trahit le peuple, elle abîme l'État, elle défigure la République.
02:55Elle n'est pas seulement une imposture politique, elle est un recul historique.
02:59Le scrutin du 27 septembre 2025 n'a pas sanctuarisé la démocratie gabonaise.
03:04Il a fragilisé la transition, il n'a pas conforté la légitimité du pouvoir,
03:08d'où l'Ingema ?
03:09Il l'a brouillé, il n'a pas consacré une rupture,
03:12il a consacré un recyclage cynique des pratiques qui, des années durant,
03:15ont fragilisé notre démocratie en construction.
03:18Nous, journalistes, acteurs de la société civile et lecteurs ordinaires,
03:22ne devons pas être les complices silencieux d'un retour en arrière.
03:26La mémoire du 30 août n'appartient pas aux militaires,
03:28elle appartient au peuple dans toute sa diversité.
03:30Elle est sacrée, elle ne peut être dévoyée par des calculs partisans
03:35ou des arrangements d'arrière-boutique.
03:37Que reste-t-il aujourd'hui de laissant vers la félicité promis au peuple ?
03:41Un slogan, un mirage, une illusion trahie.
03:44Si le président Brice Clottero, l'Ingema veut écrire une page nouvelle,
03:47qu'il commence par reconnaître les dérives de ce scrutin.
03:50Annuler les circonscriptions entachées, restaurer l'équité
03:53et mettre fin à la mascarade du transport des lecteurs.
03:56Identifier les auteurs, les poursuivre et prononcer leur inéligibilité
04:00pour clarifier l'expression démocratique,
04:03brouillée par ces pratiques qui fragilisent le vivre-ensemble.
04:06Sinon, il devra assumer d'être passé, malgré lui,
04:09peut-être de libérateur à restaurateur d'un système qu'il disait onir.
04:14Sous-titrage Société Radio-Canada
04:20Sous-titrage Société Radio-Canada
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