00:00Il a été le Premier ministre pour me dire de la mes côtés.
00:03Ça pourrait être mon petit frère, je le dis un peu comme ça.
00:08Ces mots doux, Emmanuel Macron les a adressés il y a encore quelques mois
00:11à Edouard Philippe et Gabriel Attal qui ont tous deux été ses premiers ministres
00:15et qui ont compté par le passé parmi ses plus proches lieutenants.
00:18Sauf que, disons que ces derniers temps, la relation a un peu changé.
00:22Il faut qu'il nomme un gouvernement qui adopte un budget
00:26et qu'il dise d'ores et déjà qu'à l'issue de ça, il organisera des élections présidentielles anticipées.
00:31C'est ce que vous nous dites ce matin.
00:32C'est une façon de faire qui, je pense, l'honorerait.
00:35Comme beaucoup de Français, je ne comprends plus les décisions du président de la République.
00:40Si on m'avait dit il y a deux ans que je prononcerais cette phrase, évidemment que je ne l'aurais pas cru.
00:44Effectivement, il y a encore quelques années et même quelques mois,
00:47encore personne n'aurait pu imaginer Edouard Philippe souhaiter le départ anticipé de Macron.
00:51Depuis trois ans qu'il m'a été donné de pouvoir travailler avec le président de la République
00:56en tant que chef de gouvernement, j'ai toujours eu dans nos relations constater et me réjouir
01:04d'une confiance, d'une fluidité qui, je crois, a peu de précédent.
01:13C'est toujours le cas et j'espère que ce sera toujours le cas.
01:17Et je crois que ce sera toujours le cas.
01:19Ou Gabriel Attal se désolidariser des décisions du chef de l'État.
01:23Moi, j'aimerais continuer à travailler avec le président, ça c'est sûr.
01:27On a de la chance d'avoir à la tête de l'État Emmanuel Macron dans le contexte difficile
01:32que traverse le monde et que traverse la France aujourd'hui.
01:34Pour l'actuel président du parti présidentiel, la rupture remonte à la dissolution de l'Assemblée nationale
01:39décidée par Emmanuel Macron le 9 juin 2024 et qu'il n'a jamais digéré.
01:43Cette dissolution, je ne l'ai pas choisie, mais j'ai refusé de la subir.
01:47Je crois que depuis un an et depuis la dissolution, tout a été fait à l'envers.
01:52L'origine première de cette instabilité, c'est la décision de dissoudre l'Assemblée nationale.
01:57Pour Édouard Philippe, l'émancipation est plus ancienne.
01:59Elle remonte à son départ de Matignon en juillet 2020,
02:02puis à la création de son parti Horizon un an plus tard.
02:05Il jongle alors entre loyauté et prise de distance avec une ambition non feinte,
02:10une éventuelle candidature à la présidentielle.
02:12Vous prenez vos distances avec le pouvoir en place ?
02:14J'ai beaucoup vu le pouvoir en place prendre ses distances avec moi.
02:18Ça ne me pose aucun problème.
02:18Pourquoi ne pas dire clairement, enfin ne pas parler clairement d'émancipation ?
02:21Quand vous n'allez pas à la cong de presse, c'est clairement un...
02:25Mais c'est difficile de dire que vous êtes dans le camp présidentiel ?
02:28Je suis aujourd'hui à la tête d'un parti qui, avec Renaissance,
02:35avec le Modem, avec LR, va essayer de stabiliser la situation politique.
02:41Je lui dois une forme de reconnaissance parce que j'ai aimé travailler avec lui,
02:46parce qu'il m'a fait confiance et que c'est un honneur de pouvoir servir son pays dans ces conditions.
02:50Mais ensuite, je peux dire sans hésiter et en regardant les yeux dans les yeux n'importe qui,
02:56que je peux être très loyal et très libre.
02:59Très libre, c'est le moins qu'on puisse dire.
03:01Sous-titrage Société Radio-Canada
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