- il y a 10 mois
Grandir dans un environnement où l’influence du groupe et l’appât du gain font partie du quotidien peut conduire à un enchaînement de mauvais choix : trafic de stupéfiants, violence physique… La peine de prison semble être inévitable.
Imaginez vous découvrir un don hors du commun au moment de votre incarcération, une vocation à l’opposé de ce que vous représentez, comment déconstruire ses propres idées reçues ? Comment accepter cette vocation singulière et en faire votre force ?
Naestro est venu nous raconter son histoire.
Découvrez son nouveau morceau : • NAESTRO - feat NABIL - E LUCEVAN LE STELLE
Retrouvez @naestrofficiel sur instagram : / naestro_officiel
Suivez O-Rigines le nouveau média qui s’intéresse à l’histoire des histoires.
Podcast : https://linktr.ee/origines_podcast
Youtube : / @originesmedia
Instagram : / origines.media
Twitter : / originesmedia
Imaginez vous découvrir un don hors du commun au moment de votre incarcération, une vocation à l’opposé de ce que vous représentez, comment déconstruire ses propres idées reçues ? Comment accepter cette vocation singulière et en faire votre force ?
Naestro est venu nous raconter son histoire.
Découvrez son nouveau morceau : • NAESTRO - feat NABIL - E LUCEVAN LE STELLE
Retrouvez @naestrofficiel sur instagram : / naestro_officiel
Suivez O-Rigines le nouveau média qui s’intéresse à l’histoire des histoires.
Podcast : https://linktr.ee/origines_podcast
Youtube : / @originesmedia
Instagram : / origines.media
Twitter : / originesmedia
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00On me place en cellule avec un co-détenu italien.
00:03Un jour, on est en promenade.
00:04Je l'appelle, il était en train de discuter,
00:06donc il était plongé dans sa conversation.
00:08Et là, je lui balance les seuls deux mots que je connaissais d'opéra.
00:11Au soleil mio !
00:14Vraiment, c'était comme ça, mais je rigolais, moi.
00:16Et de là, je découvre donc cette voix d'opéra.
00:19Moi, j'ai grandi à Marseille, j'ai grandi dans les quartiers.
00:21Et puis, j'ai deux grands frères à l'opposé de mon vécu.
00:25D'ailleurs, eux, c'est la preuve que mes parents nous ont bien éduqués,
00:28puisque je me sers d'eux pour dire ça.
00:30Parce que j'en ai un qui est CRS et l'autre gendarme.
00:32Mes frères ont suivi un parcours très strict
00:35et digne de l'éducation qu'ils ont eu de mes parents.
00:39Ça a été l'inverse pour moi.
00:40En gros, j'ai deux grands frères.
00:44On a commencé par le karaté.
00:45Et à 15 ans, j'ai commencé le...
00:48Je voulais aller dans une salle de musculation,
00:50dans un quartier qui était un quartier pas loin du Maine.
00:54Et il y a un gars qui est venu.
00:56Jusqu'aujourd'hui, je ne saurais pas dire pourquoi.
00:59Il m'a mis une gifle.
01:00Il avait quand même le double de mon âge.
01:01J'avais 15, lui, la trentaine.
01:03Et en partant, je lui ai dit, écoute...
01:06Je ne vais pas dire les gros mots.
01:08En partant, je lui ai dit, voilà,
01:09je n'oublie pas une chose, c'est que les petits grandissent.
01:11Et je t'aurai, voilà, pour rester poli.
01:13Donc je pars et me cours après, suite à l'insulte.
01:15J'ai réussi à m'échapper.
01:16Et je rentre chez moi, je ne voulais plus faire de karaté.
01:19Voilà, je voulais un sport violent
01:21parce que j'avais en tête de le...
01:24Je voulais me venger.
01:25Voilà, c'était hors de question que ça s'arrête là.
01:27Je n'ai rien dit à personne
01:28parce que si j'en avais parlé à mes frères,
01:30ils seraient l'attrapés.
01:31Donc j'ai préféré ne rien dire.
01:33Et le temps est passé.
01:35Donc j'ai commencé par la boxe thaï.
01:37Ensuite, j'ai commencé les compétitions de boxe thaï.
01:39Je me suis entraîné en lutte.
01:40Tous les sports de combat.
01:41Et un jour, j'entends qu'il y a un club de MMA,
01:44un combat qui était interdit à l'époque en France
01:46parce que c'est autorisé depuis très peu de temps.
01:49Moi, j'avais 16 ans.
01:50L'entraîneur ne voulait pas que je m'entraîne
01:52parce que j'étais mineur.
01:53Ouais, j'étais jeune.
01:54Je lui ai dit, mets les gants avec moi.
01:56Il a senti qu'il y avait quelque chose.
01:58Voilà, une envie, une niaque.
02:00Et je m'entraîne, je m'entraîne, je m'entraîne.
02:0218 ans, donc je suis prêt à combattre.
02:05Mon entraîneur me dit, première compétition, on y va.
02:08Je commençais un combat, puis bizarrement,
02:12dans chaque combat, j'avais sa tête.
02:14Pour moi, c'était lui qui était face à moi.
02:16Et j'apprends avec le temps que c'est un chef de réseau.
02:20Donc je m'en foutais quand même.
02:23Non, non, non, rien à foutre.
02:25Je vais dans son quartier.
02:26Je préviens tous les jeunes de son quartier
02:27que je dois régler mes comptes avec lui.
02:29Voilà, ça, c'était trois ans après.
02:31Et un jour, je tombe dessus.
02:35J'avais 19 ans.
02:36Et c'était ma première condamnation.
02:37Je rentre en prison un an parce qu'on s'est battus
02:42et la porte est plainte.
02:43De la prison, donc je fais des connaissances
02:46et puis je m'entoure.
02:47Les plus grosses associations malfaiteurs,
02:49elles se font en prison, elles ne se font pas à l'extérieur.
02:51Et on me donne l'idée de récupérer son réseau,
02:55chose que j'ai fait.
02:56Et moi, je me suis dit, tant qu'à faire,
02:57comment bien le faire chier ?
03:00Récupérer ce pour quoi il est prêt à crever.
03:04Il y a différentes manières de récupérer un réseau.
03:06Il y a la voix de l'intimidation.
03:08Il y a la voix qui est plus violente.
03:11Et la voix très violente, c'est les meurtres.
03:14Je suis à Marseille, donc on n'entend que ça.
03:16Et puis moi, ça a été l'intimidation.
03:19Parce que surtout, avant, on s'était battus.
03:22Il savait que j'avais...
03:23En fait, je pense qu'il a compris que je ne lâchais pas.
03:25Quand j'avais quelque chose en tête, je ne lâchais pas.
03:28Donc, suite à ça, je plonge carrément dans le milieu du stup.
03:33Et petit à petit, il n'y avait plus ce sentiment de vengeance,
03:37mais ce sentiment de gourmandise.
03:39Parce qu'on rentre dans une spirale et on ne contrôle plus rien.
03:42Pris par l'argent, on n'a plus de limite.
03:44C'est pour ça que je reviens toujours à l'éducation de mes parents.
03:46Parce que, vraiment, c'est ce qui m'a sauvé.
03:49C'est ce qui a fait que je n'ai jamais tué.
03:50C'est parce que dès qu'on a un réseau,
03:52automatiquement, qui dit réseau dit argent.
03:55Donc, qui dit argent dit attaque jalouse ou d'opportuniste ou n'importe.
04:01Ça y est, il y a tous les loups qui commencent à l'entourer.
04:04Et c'est pour ça qu'on entend aujourd'hui beaucoup de meurtres,
04:07parce que les gens, ça arrache les réseaux maintenant.
04:10Donc, je rentre en prison.
04:11Et pendant cette période, il se passe quelque chose d'exceptionnel.
04:14Quand je rentre, on me place en cellule avec un co-détenu italien
04:19qui est rentré pour meurtre.
04:21Je suis un peu distant, je suis méfiant,
04:23parce que je n'avais pas...
04:24On me dit qu'il est rentré pour meurtre.
04:27J'avais peur que dans la nuit, il me prenne une lame.
04:29On ne sait pas ce qui se passe dans sa tête.
04:31Et un jour, on est en promenade.
04:34J'avais une anecdote que je voulais raconter avec les collègues.
04:37Et mon co-détenu, Bruno, qui avait vu ce que je...
04:39Qui était témoin de ce que je racontais.
04:41Donc, j'ai voulu l'appeler pour qu'il vienne dire
04:44« Ouais, c'est vrai, j'ai vu, c'est vrai ce qu'il dit. »
04:45Et je l'appelle, il était en train de discuter,
04:47donc il était plongé dans sa conversation.
04:49« Bruno, Bruno, Bruno... »
04:50Donc, il continuait à parler, il était là.
04:52Et là, je lui balance les deux mots,
04:55les seuls deux mots que je connaissais d'opéra.
04:57Je le fais.
04:59« Au soleil mio... »
05:02Vraiment, c'était comme ça, mais je rigolais, moi.
05:04Voilà.
05:05Vraiment, ouais, comme ça, comme ça.
05:06Et de là, je découvre donc cette voix d'opéra,
05:09alors que peut-être quelques semaines avant,
05:12si on m'avait dit que je serais chanteur d'opéra,
05:14je me serais vexé.
05:15Je n'aurais pas rigolé.
05:16Je me serais vexé parce que chanteur d'opéra,
05:20c'est...
05:21Alors qu'on peut le dire à quelqu'un
05:23qui promène dans la rue,
05:25« Tu vas être chanteur d'opéra » ou je ne sais pas,
05:26mais quelqu'un d'un quartier qui gère...
05:28« Je suis un gentil, moi. »
05:29« Mais... »
05:31« Boxeur. »
05:32Rien à voir avec ce milieu.
05:34C'est un autre monde.
05:35Et donc, le chef de détention qui vient,
05:38qui ouvre la porte de la promenade
05:40et qui dit qui c'est qui a chanté.
05:41Donc, je lui dis que c'est moi.
05:43Et à ma grande surprise, c'est lui et sa femme.
05:46Ce sont de grands amateurs d'opéra.
05:48Lui, il a été impressionné parce qu'il m'a dit « Je t'ai entendu. »
05:51Ça a résonné.
05:51Vu qu'il s'est entouré de murs.
05:53Quoi qu'on fasse, on l'entend.
05:55Là-bas, oui, on peut dire les murs, désolé.
05:57Donc, il me convoque, il me dit « Vous pouvez passer au bureau après. »
06:01Et il parle de ça avec moi.
06:03Il me dit « Mais vous le saviez ? »
06:04Je dis « Non, non, non. »
06:05Il me ramène deux CD.
06:07Je les ai encore.
06:08Deux CD de Pavarotti.
06:09Je savais que c'était le gros chanteur d'opéra.
06:11Voilà, c'était...
06:12Mais je ne savais pas que...
06:14Je savais que c'était un des préférés des Italiens.
06:18Pavarotti, mais sans plus.
06:20Et puis, je commence à écouter.
06:23Et en cellule, j'avais mon co-détenu italien
06:25qui me traduisait les paroles.
06:27Et au plus, j'écoutais de l'opéra.
06:29Au plus, j'avais des traductions.
06:31Et je...
06:33En gros, plus je me nourrissais d'opéra.
06:35Et plus ça me parlait, plus...
06:37Et c'est devenu vraiment une passion.
06:39De là, on m'appelle Nabil le chanteur.
06:40Mais c'était rigolo, parce que les gens de la prison,
06:44ils appelaient leur femme, donc...
06:45Ou leur famille et tout.
06:46Ils disaient « Oh, il y a un mec, il a une voix de malade. »
06:48Et il m'appelait par la fenêtre.
06:49« Nabil ! On chante ! »
06:51Et moi, je chantais par la fenêtre,
06:52mais c'était parce que je suis un bon vivant.
06:54J'aime rire.
06:55Donc, je chantais.
06:57Et puis, ils étaient...
06:58Non, non, tout le monde était impressionné.
07:00Première peine que j'ai faite,
07:01quand je rentrais, je pensais à la sortie.
07:04Avec qui je vais trafiquer.
07:05C'était ça.
07:06Et là, mon association malfaiteur, c'était Pavarotti.
07:09Ça veut dire que je me suis dit
07:10« C'est avec Pavarotti que je vais trafiquer. »
07:14S'il m'entend de là-haut, il va péter un câble.
07:17Je voulais vraiment m'en sortir.
07:19Je voulais vraiment m'en sortir parce que
07:20j'avais ce truc qui me pesait
07:22d'avoir blessé ma famille.
07:23Même si j'ai continué et que j'ai fait d'autres peines,
07:26que j'étais un petit con,
07:27je l'avais gardé en tête.
07:28Et là, je me suis dit vraiment,
07:30tu as quelque chose.
07:31Tu as un fil qu'il ne faut pas que tu lâches.
07:33Parce que je pense que c'est...
07:35Si je réussis ça, dans ça,
07:37je sais que j'ai le pardon de la famille.
07:38Donc, je m'accroche à cette corde forte
07:41et je ne la lâche plus.
07:42Donc, au bout d'un an, je sors de prison.
07:44Le chef de détention qui m'accompagne jusqu'à la sortie
07:47et qui me dit vraiment,
07:50vous devez vraiment faire quelque chose
07:51dans la musique et plus particulièrement l'opéra.
07:54À ma sortie, je crois que c'est peut-être
07:57trois ou quatre jours après,
07:58je vais à l'opéra.
07:59Je rentre dans l'opéra,
08:01je regarde un spectacle d'opéra.
08:03Avant, je disais un concert.
08:05J'ai appris que c'était un récitable.
08:06J'écoute.
08:06Et à la fin, les gens applaudissent,
08:08se lèvent.
08:09Et avant que tout le monde parte,
08:10je suis vite descendu,
08:11je suis monté sur scène.
08:12C'est vrai que c'est culotté.
08:14Et avec du recul, je me dis
08:15putain, c'est chaud quoi, ce que tu as fait.
08:16Ah là, c'était le bordel.
08:18La pianiste a pété les plombs,
08:21a appelé la sécurité.
08:23Et moi, j'étais là, je me dis
08:24non, non, mais j'ai découvert ma voix.
08:25Je suis ténor et tout.
08:27Je suis ténor, je veux la vie d'un professionnel.
08:29Mais pour moi, en fait,
08:30pour moi, j'avais respecté le truc
08:31parce que j'ai attendu la fin sagement.
08:33Donc pour moi, j'ai pas...
08:35C'est pas comme si je coupais la parole
08:36ou je coupais un spectacle.
08:37Je monte vraiment sur scène à la fin.
08:39Ça veut dire ça y est.
08:40Le combat, il est fini, comme on dit.
08:42Et la pianiste, c'est qui dit
08:43mais qu'est-ce que c'est que ce cafard naam ?
08:45Elle criait, elle devenait fou.
08:47Et mon cafard naam, moi aussi,
08:48je l'ai appris ce jour-là.
08:49Je ne savais pas ce que c'était un cafard naam.
08:50Je croyais qu'elle me traitait de cafard tellement.
08:52Donc je leur dis, j'aimerais chanter
08:53et moi, je ne savais pas
08:54le titre que j'ai voulu chanter.
08:56C'est un des airs les plus durs pour un ténor.
08:58Et je commence donc ses notes.
08:59Et elle, elle lève la tête
09:00et elle se dit
09:02« Ah, peut-être qu'il n'est pas si fou que ça, le... »
09:06Le Harbi, non, je rigole.
09:08Donc j'interprète le titre
09:09et ça monte, ça monte, ça monte vocalement.
09:11Et à la fin, les notes qui sont tout là-haut,
09:14je les chope.
09:15Et au moment où je me tourne,
09:16parce que je chantais,
09:18je me tourne et je vois la pianiste,
09:19elle joue avec les larmes.
09:20Donc c'était...
09:22Non, non, c'était incroyable.
09:23C'est un moment que je n'oublierai jamais de ma vie.
09:24Et parmi les gens qu'il y avait,
09:27il y a un ténor qui chantait là-bas.
09:29Lui qui était chanteur,
09:31Norbert Gzéry,
09:32qui est devenu mon prof d'opéra.
09:34Voilà.
09:34Et ensuite, derrière,
09:36il y a une vidéo qui a été postée.
09:37J'ai été contacté par The Voice,
09:39Incroyable Talent.
09:40Donc j'avais choisi Incroyable Talent.
09:42Et donc, suite à Incroyable Talent,
09:44m'a permis d'avoir de la visibilité.
09:47J'ai fait quelques titres,
09:49notamment un titre où j'ai eu un grand succès,
09:52Bella Ciao.
09:52Bella Ciao, en fait,
09:53l'italien m'en avait parlé
09:56quand on était en cellule de cette chanson.
09:59Parce que moi,
09:59quand j'avais tous les titres de Pavarotti sur les CD,
10:02je disais,
10:03c'était le titre, il me plaît,
10:04c'était le titre, non.
10:05Et il me dit,
10:06putain, il n'y a pas Bella Ciao.
10:07Et Bella Ciao,
10:08je lui dis, pourquoi, c'est quoi ?
10:09Il me dit, c'est un chant partisan italien.
10:11Et il me dit, vraiment,
10:11ce titre, c'est quelque chose.
10:13Mais il m'en a parlé.
10:14Donc il ne m'en parlait pas tous les jours.
10:16Il m'en a parlé vraiment une ou deux fois.
10:18Et arrive en France,
10:20cette grande série,
10:21La Casa de Papel.
10:22Je regarde la série,
10:23et là, Bella Ciao.
10:24Et là, d'un coup,
10:26parce que je n'avais pas fait de titre encore.
10:27Je n'avais pas fait d'autres titres.
10:28Je ne voulais pas faire de titre.
10:29Je voulais que le premier titre
10:30soit quelque chose de lourd.
10:32Donc, je vais démarcher,
10:34je ne citerai pas de nom,
10:35mais je vais démarcher des rappeurs.
10:37Parmi tous ces rappeurs,
10:38les plus gros.
10:38Parmi ces rappeurs,
10:39j'ai des refus catégoriques.
10:41Je me dis,
10:41ben, c'est quoi ?
10:42Pose-le tout seul.
10:43Je trouve un studio,
10:44je pose cette voix.
10:46Et entre temps,
10:47tout ce temps-là,
10:48La Casa de Papel
10:49connaît un succès énorme.
10:52Et je me dis,
10:53tiens,
10:53vu que c'est un grand succès,
10:55refais la boucle
10:56que tu as fait juste avant,
10:58mais cette fois-ci,
10:58avec une maquette.
10:59Et je refais la même boucle,
11:01mais à l'inverse.
11:02Je commence par Games,
11:03alors que c'était le dernier
11:03que je suis allé voir.
11:04Donc, il écoute.
11:05Et d'un coup, il dit,
11:06il faut le faire dans 15 jours.
11:07De là, il envoie à Dajou
11:09ma version.
11:10Dajou qui dit,
11:11est-ce que tu peux demander
11:12à Nice True
11:12si je peux poser avec lui ?
11:13Donc, je dis,
11:14ben, allez, ça marche.
11:16On se fait un titre
11:17tous les trois.
11:17Ils reviennent,
11:18ils me disent,
11:19écoute,
11:19on pense que ça manque
11:21d'une touche féminine,
11:22Vita.
11:22Derrière,
11:23il me propose Slimane.
11:25Et ça a connu
11:26un succès,
11:28un succès énorme.
11:29Ça a été
11:30disque de diamants,
11:33un des titres
11:33les plus écoutés en 2018.
11:35Et puis, c'est...
11:36J'apprends que
11:37que c'est pas un tube,
11:39mais un hit.
11:40Derrière,
11:40je fais un titre
11:41avec Soprano.
11:42Et puis ensuite,
11:43je continue ma course
11:46seul.
11:46Et avec le temps,
11:47je m'aperçois
11:48que c'est impossible.
11:49Mais j'en ai encore
11:49plus pris conscience
11:50le jour où je rencontre
11:52donc mon manager.
11:53On est en studio.
11:55Et puis, il me dit,
11:55écoute,
11:56parce que je voulais faire
11:56des feats
11:57avec ce côté opéra
11:58et avec des rappeurs.
12:00Il me dit,
12:00Nabil,
12:01tu viens des quartiers,
12:02tu sais rapper.
12:02Je dis, oui.
12:03Il me dit,
12:03alors tu vas chanter
12:04et rapper.
12:04Il a cette idée
12:05d'appeler ce nouveau style
12:07Urban Opéra
12:08parce que le nouveau titre
12:10qu'on fait
12:11et que je raconte
12:12via le clip,
12:14un peu l'histoire de ma vie,
12:16dans ce clip-là,
12:17en fait,
12:17je reprends un air d'opéra
12:18où je chante
12:19et l'outil dans les telles.
12:21Donc, le titre
12:21que j'ai fait à l'opéra
12:23quand c'était le Cafarnaum.
12:25Je fais ce titre
12:26et moi,
12:28j'aime chanter ce titre
12:29quand les notes sont hautes
12:31et les notes basses,
12:33je ne vais pas dire
12:33je m'ennuie,
12:34mais un peu.
12:35Alors, je me suis dit,
12:36tiens,
12:36je vais garder les notes
12:37qui m'impressionnent
12:38moi personnellement
12:39et les parties
12:40qui sont un peu ennuyeuses,
12:41je vais les placer
12:44en rap.
12:45Donc,
12:46on a rappé
12:47en italien
12:48un air d'opéra
12:49et on a appelé
12:50ce style urban opéra.
12:52Quand je vois ce parcours,
12:53je me dis,
12:55c'est quand même beau.
12:56C'est quand même beau
12:57ce que j'ai fait.
12:57Déjà,
12:58ma première réussite,
12:59c'est du côté famille
13:01puisque du côté famille,
13:02ça nous a grave ressoudés.
13:04Dieu pardonne.
13:05Pourquoi on ne pardonnerait pas ?
13:07Et donc,
13:07la famille,
13:08elle m'a pardonné.
13:09Mes frères aussi,
13:10même si ça,
13:11je leur ai un peu fait tomber
13:13la figure
13:13face à leurs collègues
13:15et surtout leur supérieur
13:16de la police
13:17et tout ça
13:18parce que c'est...
13:19Mais bon,
13:20après,
13:20moi, c'est moi
13:21et eux, c'est eux.
13:22C'est-à-dire,
13:22chacun a son truc,
13:24chacun prend son chemin.
13:25On ne peut pas
13:25leur pointer du doigt
13:26non plus.
13:27Après,
13:27j'ai fait de mal à personne,
13:29je n'ai pas tué,
13:30je n'ai pas braqué des gens.
13:32Donc,
13:33des remords à ce niveau-là,
13:35oui et non,
13:36parce que ce n'est pas bien
13:36quand même
13:37ce que j'ai fait,
13:38mais c'est surtout
13:39ce qui a fait
13:40ce que je deviens.
13:41Et c'est ce qui a fait
13:42surtout
13:43que je découvre
13:45ma voix comme ça.
13:46ORIGIN
13:51Sous-titrage Société Radio-Canada
13:55...
Commentaires