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  • il y a 3 mois

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00:00Et à 8h39 sur Europe 1, nous retrouvons l'édito d'Alexandre Devecchio, journaliste au Figaro Magazine.
00:07Bonjour Alexandre.
00:08Bonjour Alexis, bonjour à tous.
00:10Sébastien Lecornu devrait enfin nommer un gouvernement ce week-end, ou pas ?
00:14Dans tous les cas, faut-il en attendre quelque chose ?
00:17Au risque de désespérer ceux qui nous écoutent, la réponse est non.
00:21Trois fois non.
00:22Il n'y a rien à en attendre.
00:24Sébastien Lecornu l'a reconnu lui-même.
00:26Il est le premier ministre le plus faible de la Vème République.
00:30Et en choisissant de renoncer à l'article 49.3, il s'est délesté du peu de pouvoir dont il disposait encore.
00:37Sébastien Lecornu renonce à toute vision, tout projet, toute ambition pour s'en remettre entièrement au parti.
00:43Comme aux pires heures de la Vème République que le général de Gaulle qualifiait de régime d'impuissance et de médiocrité.
00:49Dans ces conditions, si Sébastien Lecornu parvient à construire un budget,
00:52celui-ci ne pourra être que le fruit d'un compromis bancal qui ne satisfera personne.
00:58Mais l'objectif du premier ministre semble être moins de servir l'intérêt général que de durer le plus longtemps possible.
01:04Il s'agit de gagner du temps pour donner un sursis au bloc central et surtout pour protéger le président de la République.
01:10Emmanuel Macron qui est plus affaibli que jamais.
01:13Oui, Emmanuel Macron n'a jamais été aussi fragilisé, mais il pourrait l'être encore plus en cas de dissolution.
01:20En effet, de nouvelles élections législatives ne pourraient déboucher que sur deux scénarios catastrophiques pour le président de la République.
01:26Soit une cohabitation avec le RN qui serait forcément houleuse et humiliante,
01:31soit une tripartition similaire à la situation actuelle, mais dans laquelle le bloc central serait encore plus affaibli
01:37et les députés macronistes encore moins nombreux qu'aujourd'hui.
01:40Dans ce scénario de blocage total des institutions, le président de la République pourrait être acculé à la démission.
01:46C'est ce que veut à tout prix éviter Emmanuel Macron, quitte à user encore plusieurs premiers ministres
01:51et à prendre en otage le pays tout entier.
01:53Alors assistons-nous Alexandre au crépuscule du macronisme ou à une crise bien plus profonde que ça.
01:59La responsabilité d'Emmanuel Macron dans le marasme actuel est immense.
02:03Par sa dissolution, il a joué le destin du pays au poker et accéléré sa propre fin de règne.
02:09Mais le pré-crépuscule du macronisme est aussi le résultat d'une longue déliquescence de notre classe politique.
02:14En 2017, Macron a bâti sa conquête du pouvoir sur l'incapacité de la gauche et de la droite à trouver les clés pour redresser la situation du pays.
02:23La promesse du macronisme était que la réunion de ses partis traditionnels autour du bloc central
02:27allait permettre à la France de sortir de l'impasse.
02:30Son échec marque probablement l'épuisement définitif d'une classe politique inapte à affronter les défis du XXIe siècle.
02:38Reste à savoir si nous sommes en 1938 ou en 1958.
02:42L'alternative populiste qui se présente à nous est-elle une élite de substitution
02:46capable de créer les conditions du sursaut ?
02:49Ou va-t-elle au contraire encore accélérer notre chute ?
02:52Telle est la question. Merci beaucoup Alexandre de Vécu.
02:55Votre éditoire vous retrouvez bien sûr sur europe1.fr.
02:57A demain.
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