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  • il y a 4 mois
Le film du cinéaste iranien a été récompensé au dernier festival de Cannes
Transcription
00:00Il y a quoi en salle cette semaine ?
00:01Carrément la Palme d'or de l'année.
00:03On va donc vous parler d'un simple accident de Jafar Paneï.
00:30Un simple accident n'est pas le meilleur film de Jafar Paneï,
00:46mais c'est son film le plus simple, le plus accessible,
00:50et qui va, je pense, et ça sera mérité, attirer un très très large public.
00:55C'est un thriller, Un simple accident, vraiment, avec tous les codes,
00:58avec de l'attention, du suspense.
00:59On se souvient qu'il y a dix ans, dans Taxi Téhéran,
01:02en fait, Jafar Paneï faisait monter, un peu défiler,
01:05toute la société iranienne, téheranaise en tout cas,
01:08à bord de son taxi, et ça parlait très librement.
01:11Et donc aujourd'hui, ce qu'il fait monter à bord de son van,
01:15c'est un petit tribunal itinérant.
01:19Là aussi, il va chercher des gens représentatifs de la société.
01:22Donc il y a parmi les ex-victimes de la guibole,
01:27une photographe de mariage,
01:29il y a la jeune mariée, en robe blanche,
01:31qui embarque son futur époux dans l'aventure,
01:35et puis il y a un grand gaillard très énervé et très vindicatif.
01:38Et tout ce monde-là part dans une espèce d'aventure mobile,
01:42qui, d'abord, première surprise, se révèle aussi extrêmement drôle.
01:46Je pense qu'une des grandes forces du film,
01:47ce qui peut en faire un immense succès populaire,
01:50c'est que le film est très accessible,
01:52extrêmement bien dialogué et vif.
01:54Ce film, par ailleurs, n'a aucun financement iranien,
01:57il faut le redire.
01:59C'est un film tourné par un clandestin,
02:01un type à qui on a interdit de travailler, en gros,
02:03et qui travaille quand même.
02:05Donc il y a tout ça, je pense, qui a porté le film à Cannes,
02:09à la fois le produit à l'écran et le geste
02:12qui a enfanté ce produit.
02:14Il faut redire à quel point le film est vraiment drôle.
02:41Parce qu'il y a vraiment, c'est le petit théâtre,
02:43alors parfois c'est du théâtre de l'absurde même, franchement,
02:46mais il y a vraiment des scènes extrêmement drôles
02:48parce qu'il y a des acteurs vraiment qui sont formidables
02:50parce que c'est des très très longs plans séquences.
02:52Le fait de tourner en clandestinité,
02:54on ne va pas finasser à faire du découpage très très compliqué.
02:57On fait du plan séquence.
02:59Et donc il y a quand même,
03:00les acteurs ont des tartines de textes à sortir
03:02en passant par toutes les émotions.
03:04C'est vraiment des comédiens qui sont formidables.
03:06Il faut vraiment saluer leur investissement
03:07à l'égal de celui de Jafar Penney
03:09parce qu'ils ont pris des risques fous à faire ce film,
03:12encore une fois, en toute île d'égalité,
03:13en toute clandestinité.
03:14Et puis voilà, ce qui est beau dans le film,
03:16c'est cette fable,
03:17c'est l'idée de tous ces personnages
03:19qui évidemment ne rêvent que de vengeance,
03:21mais jusqu'à quel point,
03:22est-ce qu'on va effectivement appliquer
03:24les mêmes méthodes que les bourreaux ou pas,
03:26ou on est supérieur à ces bourreaux,
03:28et donc est-ce qu'on, sinon sans aller jusqu'au pardon,
03:30du moins trouver une autre manière
03:31de dépasser le traumatisme que l'on a vécu ?
03:33Et là-dessus, le film est vraiment passionnant.
03:35C'est un film très politique,
03:36c'est un film de dénonciation d'Emola,
03:38et je pense que le film va faire beaucoup de mal
03:40au régime d'Emola,
03:41parce que déjà, il donne évidemment
03:43un aperçu terrible de ce qu'est la répression là-bas,
03:47parce que tous les personnages sont traumatisés
03:49par ce qu'ils ont vécu,
03:50parce que la guibole leur a infligé.
03:52Mais ce que je trouve le film très très fort,
03:53alors sans raconter la fin,
03:55c'est qu'à un moment, on voit,
03:56le film dit que les bourreaux eux-mêmes
03:59sont capables de faiblesse,
04:00c'est-à-dire que même les plus fidèles serviteurs
04:03de ce régime oppressif sont capables de faiblesse,
04:06ça veut dire que donc le régime peut tomber.
04:08Et je trouve qu'il le dit d'une manière assez habile,
04:10et c'est pour ça que ce film,
04:11par ailleurs, très très noir,
04:12avec une fin très belle,
04:15qui joue beaucoup sur le son, encore une fois,
04:17le son de cette fameuse guibole,
04:19qui joue beaucoup sur la puissance horrifique
04:22que peut avoir le hors-champ.
04:23Malgré cette fin ambiguë,
04:26je trouve que le film a quand même
04:27une dimension assez positive.
04:28C'est un film qui parle de l'après,
04:30qui pense déjà à l'après-régime des Mollahs,
04:32qui dit que l'Iran va peut-être pouvoir
04:34masculer un jour vraiment dans la démocratie,
04:37et que ce jour se rapproche de plus en plus.
04:39Un simple accident, Palme d'Or 2025,
04:42c'est très bien.
04:43Un simple accident, Palme d'Or mérité,
04:45c'est très bien.
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