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  • il y a 4 mois
Les clefs d'une vie - Pascale Rocard

D’abord comédienne, elle est devenue scénariste, réalisatrice, productrice et photographe. Elle signe un livre où elle évoque des couples à travers des objets liés à leur histoire d’amour

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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2025-09-24##

Catégorie

Personnes
Transcription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Sud Radio, les clés d'une vie, celle de mon invité.
00:06La comédie me tend à tout à condition de ne pas en sortir.
00:10Vous avez petit à petit ajouté à cette passion, celle de l'écriture, de la mise en scène, de la réalisation et de la production,
00:16une montagne d'activités que vous avez choisi d'exercer au cœur des sommets suisses.
00:21Bonjour Pascale Rocard.
00:22Bonjour Jacques Pessis.
00:23Alors, on vous connaît comme comédienne, on connaît moins votre parcours en dehors des séries, des films.
00:30Et on va l'évoquer aujourd'hui dans les clés d'une vie à l'occasion de plusieurs actualités,
00:35notamment un livre, l'objet de votre amour, qu'on va évoquer tout à l'heure, un livre de photos et de textes.
00:40Et le principe des clés d'une vie, donc c'est de choisir des dates.
00:42Il y en a une que j'ai choisie, un petit peu à contre-cœur parce que celle correspond à nous deux.
00:47Le 17 janvier 1979, ce sont vos débuts à l'écran et les miens, dans un film qui s'appelait La frisée au lardon.
00:55Ça vous dit quelque chose ?
00:56Alain Jaspard, exactement.
00:58Il y avait Michel Aumont, il y avait Bernadette Laffont.
01:01Oui, il y avait Jacques Ramad et quelques autres.
01:06Et Bernadette Laffont était là le week-end avec Jean-Pierre Calfon.
01:09Je ne sais pas ce qu'il se passait, mais il repartait le week-end, à la fin du week-end, avec un œil au beurre noir.
01:15Je ne me souviens pas de ça.
01:16C'était une comédie dans laquelle j'avais, par erreur, été engagée.
01:19Ce sont mes débuts et mes adieux au cinéma.
01:21Mais vous, ce sont vos débuts.
01:23C'était une histoire de femmes qui partaient en vacances en Bretagne pendant que les maris faisaient la fête à Paris.
01:29C'était ça ?
01:29Je crois que c'était ça, oui.
01:31Et vous aviez 18 ans et votre personnage avait 15 ans dans l'histoire.
01:35C'est vrai que je faisais vraiment gamine.
01:37Mais c'était une jolie découverte parce que je ne pensais pas faire de cinéma.
01:42J'étais au théâtre, donc voilà.
01:44Et il se trouve qu'en plus, ce film était écrit, je m'en souviens très bien, au jour le jour.
01:49Le scénario changeait chaque matin parce que vous avez eu une idée, pas toujours bonne.
01:54Mais je crois que celle et ceux qui ont un DVD ou une cassette, c'est un collector.
02:00Alors, il se trouve que ce film a été le point de départ de votre carrière.
02:05Mais dans la foulée, quelques semaines plus tard, est sorti un autre film beaucoup plus sérieux,
02:09qui est L'Esprit de famille de Jean-Pierre Blanc.
02:11Avec Michel Serrault.
02:14Et c'était un peu l'adaptation des quatre filles du Docteur Marche.
02:17Et j'avais le rôle principal.
02:19Mais je n'ai pas compris tout de suite que j'avais le rôle principal.
02:22Je l'ai vu quand on a fait la projection.
02:24Je me suis dit, mais c'est quand même moi le rôle principal.
02:28Et comment on peut ne pas savoir ?
02:30J'étais un peu innocente, sans doute.
02:33Je ne pensais pas avoir autant de place.
02:37En tout cas, c'était, je crois, la première histoire d'amour du personnage que vous interprétiez.
02:41Avec le père qui était un médecin, qui était Michel Serrault.
02:44Et tourner avec Michel Serrault à ses débuts, Pascal Rocard, c'était pas mal.
02:48C'était magnifique.
02:49Mais j'ai eu de la chance parce que j'ai tourné toujours avec des grands comédiens ou des grandes comédiennes.
02:54Mais Serrault, c'était quelqu'un d'à part.
02:57Il était sympa, pas sympa ?
02:59Adorable, très drôle.
03:01Et dans l'instant, il passait en tragédie.
03:06Il pouvait être aussi bien tragédien que comédien.
03:09Et juste avant, moi, j'avais envie de rire.
03:10Et puis, il fallait de nouveau se reprendre.
03:13Non, non, c'est un personnage extraordinaire.
03:15Oui, moi, je me souviens quand il répétait la cage au folle dans un restaurant.
03:18Il s'installait et il commençait à cligner des yeux comme Zaza.
03:21Et les clients ne comprenaient pas.
03:23En disant, mais c'est Michel Serrault ?
03:24Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qu'il fait ?
03:26Non, un beau personnage.
03:28Un personnage étonnant.
03:30Alors, je crois que ce film, quand même, il y a eu un problème, Pascal Rocard.
03:33C'est qu'à cause de ce film, vous n'avez pas passé le bac.
03:36Et c'est vrai, oui.
03:38J'avais réussi à passer le bac français en tournant de nuit, en arrivant le matin.
03:45C'était compliqué.
03:46Et après, il y avait le bac.
03:47Et ma maman m'avait dit, et la production n'avait pas voulu changer.
03:52C'était sur les Turlupas.
03:53C'était un an plus tard.
03:55Et la production n'avait pas voulu changer.
03:58J'avais trop de dates.
03:59Et maman avait dit, bon, tu passes le bac ou tu prépares ton film.
04:05Alors, j'avais eu une sorte de bénédiction.
04:07Donc, j'ai tourné.
04:08Puis, je n'ai pas passé le bac.
04:09C'est plutôt rare, les parents, qui réagissent comme ça.
04:12Exactement.
04:13Alors, il se trouve que quelques temps plus tôt, vous aviez déjà postulé pour un autre film,
04:17Pascal Rocard, qui était l'hôtel de la plage.
04:20Est-ce que...
04:21Non, je ne sais pas.
04:22Ah, si, si, si.
04:23Vous avez postulé, vous avez fait des auditions pour ce film de Michel Lang,
04:28où on débutait Anne Paris-Aude.
04:29D'ailleurs, vous l'avez dit dans une interview un jour.
04:31Ah, ben, je ne sais plus.
04:32Voilà.
04:33C'est il y a trop longtemps.
04:34Je crois que vous aviez eu des problèmes, des points de suture.
04:37Vous n'avez pas été blessée quelques temps avant, non ?
04:39Ah, mais c'est avant que je fasse du cinéma, une année, jour pour jour,
04:43j'étais au théâtre et je jouais le vent dans les branches de Sassafra,
04:48de René Deobalia, et j'ai raté la marche et je suis passée dans le décor
04:52et je me suis fait 37 points de suture.
04:54Voilà, et c'est à ce moment-là qu'il y a eu l'audition de l'hôtel de la plage.
04:57Je ne me souviens plus.
04:58Je ne me souviens pas des choses que je n'ai pas réussies, en fait.
05:01Alors, il se trouve que votre passion pour le théâtre,
05:04ça vient d'un soir où vous allez voir une pièce de Samuel Beckett
05:08en attendant Godot, Pascal Rocard.
05:10Tout à fait juste et j'ai un choc.
05:13Je pense que j'ai un choc sur l'histoire.
05:15Je n'ai pas complètement conscience de l'idée de la mort que cela représente,
05:21mais je pense que c'est ça.
05:22Et j'ai adoré ce spectacle et je suis rentrée chez moi
05:26et j'ai dit à maman, je serai comédienne.
05:28Vous étiez là par hasard dans ce théâtre ?
05:30Non, non, j'avais été voir cette pièce comme j'allais au théâtre jeune,
05:35mais j'allais régulièrement au théâtre.
05:37Et Beckett, quand il parlait de cette pièce, on l'interrogeait.
05:40Pourquoi c'était devenu un classique ?
05:41Il répondait, je ne sais pas, je n'ai aucune idée sur le théâtre,
05:44je n'y connais rien et je n'y vais pas.
05:47Incroyable !
05:47Il a quand même réussi un chef-d'oeuvre.
05:49Ah mais vraiment, et pas que celui-là.
05:51Alors, vous décidez donc de passer au théâtre
05:53et vous commencez par prendre des cours au conservatoire de Loufsienne, je crois.
05:56Exactement ! Le professeur était Thierry Destret, décédé depuis.
06:02Et pourquoi ce conservatoire ?
06:04Parce que je n'habitais pas loin, j'étais à Bougival, banlieue ouest,
06:08donc c'était là où il y avait des cours de théâtre qui m'intéressaient.
06:12Et d'ailleurs, cette ville de Loufsienne est célèbre,
06:15car Pierre Lazarev, directeur de France Soir, avait une maison...
06:18Superbe !
06:19Chaque dimanche, il recevait le Tout Paris.
06:21Exactement ! Dans la forêt, oui.
06:22Elle était magnifique, cette propriété.
06:24Et un jour, d'ailleurs, il y a un invité qui vient, c'est Marcel Pagnol.
06:28La femme de Pierre Lazarev, Hélène Lazarev, dit
06:31« Il faudrait que vous écriviez une nouvelle pour moi, pour Noël, pour le journal Elle, qu'elle dirigeait. »
06:35Et ça a été le début des souvenirs d'enfance.
06:37D'accord ! Oh, j'apprends des choses, j'adore !
06:40Et puis, je crois, parce qu'un autre comédien m'en a parlé,
06:44c'est que vous avez fait le concours interscolaire au Thâtre Montancier.
06:47Exactement ! Vous êtes bien enseignée.
06:50J'ai écrit ma première pièce qui s'appelait « Colin et Archibald ».
06:54J'ai joué avec mon amie Stéphanie Seillant.
06:57Et donc, c'était dans ce magnifique théâtre.
06:59Et j'ai eu des prix avec ce spectacle.
07:03Qu'est-ce que c'était « Colin et Archibald » ?
07:05C'est un peu très inspiré, justement, dans « N'attendant, Godot ».
07:09On jouait deux hommes qui ne savaient pas trop où est-ce qu'ils allaient.
07:13Et c'est l'idée de qui on est, où est-ce qu'on va.
07:17C'était assez... En même temps, je faisais de la musique.
07:21Ça partait dans tous les sens, au niveau dramaturgie.
07:25Mais c'est l'idée du double, de savoir qui on est.
07:28Et il y a toujours un double en soi.
07:30Et il faut les faire jaillir, ces doubles.
07:32Et cette pièce, vous ne l'avez jamais rejouée ensuite ?
07:35Non, non. Voilà, j'avais 16 ans.
07:38Mais ça m'a apporté chance.
07:40Alors, il y a le théâtre et il y a le cinéma.
07:42Parce qu'à cette époque-là, vous allez multiplier les castings et les tournages.
07:45Et avec une nouvelle génération de comédiens.
07:47Parce qu'il y a « Ma femme s'appelle revient » ou « Michel Blanc »
07:50qui est pour la première fois « La troupe du Splendide ».
07:52Il y a ensuite un autre film où Thierry Lhermitte et Daniel Auteuil
07:57débutent pratiquement ensemble.
07:59Et à chaque fois, il y a « Pascal Rocard ».
08:02La vie m'a offert quelques cadeaux, il est vrai.
08:06Et peut-être que j'ai su en tirer profit, quelque part.
08:10Alors, ce film avec Daniel Auteuil et Thierry Lhermitte,
08:14la bande originale, c'était ça.
08:20Il l'indique.
08:21Car vous aviez, c'est un film important, l'indique.
08:23Et vous aviez un rôle important.
08:25J'avais le rôle féminin principal, entouré de ces superbes acteurs
08:30qui commençaient dans un côté dramatique.
08:34Parce qu'ils venaient de la comédie, les deux.
08:37Et c'était leur premier rôle dramatique.
08:39Thierry Lhermitte venait des bronzés, et des bronzés Vrandusky.
08:42Et Daniel Auteuil avait tourné Les Soudoués, entre autres.
08:45Exactement.
08:46Et donc, il se trouve que l'indique, c'est l'adaptation d'un roman de Roger Bordiche
08:49qui nous a quittés à 101 ans, qui est un policier,
08:52qui a fait « Flick Story » grâce à Alain Delon qui l'avait repéré,
08:56qui avait arrêté Émile Buisson, l'ennemi public numéro un,
09:00et qui a fait une carrière de romancier pendant des années et des années.
09:05Et c'est vrai que c'était beaucoup de travail.
09:07Et puis, vous avez quand même aussi tourné sous la direction de Maurice Pialat.
09:10Oui, et aussi, c'était « Police » avec Gérard Depardieu.
09:14C'est quand même pas mal.
09:15C'était magnifique.
09:16Et là aussi, quand on arrive toute jeune et qu'on a Depardieu,
09:19Pialat et d'autres géants, parce qu'il y avait Sophie Marceau aussi,
09:22c'est pas simple à gérer.
09:23Disons que c'était plus difficile de gérer Pialat que de ma relation avec Depardieu.
09:31Pialat, il n'était pas facile avec tout le monde.
09:34C'est-à-dire ?
09:35Ben, c'était pas une bonne personne humaine.
09:41On l'a vu quelques fois, mais il était très dur avec les comédiens.
09:44Mais pas qu'avec les comédiens, il était dur avec tout le monde.
09:47Il avait besoin d'aller titiller les gens.
09:49Et quand on est une jeune comédienne comme ça, et qu'on se retrouve face à un géant comme ça,
09:54un peu monstrueux, qu'est-ce qui se passe ?
09:55Je pense, moi, j'ai été assez protégée par Gérard Depardieu,
09:59parce qu'on s'entendait très très bien au niveau du travail,
10:01et il me respectait beaucoup comme comédienne.
10:03Et du coup, il a fait un peu protection.
10:07Puis il donnait des conseils aux jeunes comédiennes aussi.
10:08En tout cas, ça s'est, pour moi, bien passé avec Gérard Depardieu et les autres comédiens,
10:14parce qu'on était tous un peu angoissés de la situation, et aussi les techniciens.
10:19Mais enfin, c'est un film qui est devenu un classique aussi.
10:21Voilà.
10:22Mais vous mesurez aujourd'hui, avec le recul, ce parcours, ce début de parcours,
10:25avec des films qui sont devenus pratiquement cultes ?
10:29Disons que tout ce que j'ai fait, je l'ai choisi.
10:31Les autres films, je ne les ai pas faits, et je ne les ai pas voulus.
10:34Vous choisissiez vos films ?
10:36Exactement.
10:37Même si je n'avais pas énormément de propositions,
10:41je suis quelqu'un qui sait dire non depuis le départ, depuis mon enfance.
10:46Et donc, tout ce que j'ai fait, je l'ai fait en spontanéité, sans idée de carrière.
10:53Et ça, effectivement, ça donne un parcours assez iconoclaste.
10:57Et un parcours qu'on va continuer à évoquer à travers une autre date qui ne vous correspond pas,
11:01je le précise immédiatement, mais qui est importante pour vous,
11:04le 23 décembre 1954.
11:06A tout de suite sur Sud Radio, avec Pascal Rocard.
11:09Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
11:12Sud Radio, les clés d'une vie, mon invité Pascal Rocard.
11:15Nous parlons tout à l'heure de L'objet de votre amour,
11:17un livre photo particulièrement original chez Slackine.
11:21On parlera aussi de Chromosome Plus, un film que vous avez présenté récemment.
11:25Mais on revient à une date de votre carrière, qui n'est pas votre carrière,
11:28mais qui est liée à votre famille.
11:30Le 23 décembre 1954, une BD sort.
11:34Et cette BD, voici la voix de l'auteur.
11:36C'était vraiment, je considérais ça comme une petite farce, comme une petite chose.
11:39C'est la voix d'Hergé.
11:41Et Hergé publie, pour la première fois dans Tintin,
11:44les premières planches de l'affaire Tournesol.
11:46Et l'affaire Tournesol, finalement, c'est presque votre histoire de famille, au départ.
11:50Quelque part, effectivement, parce que Hergé s'est inspiré pour faire Tournesol
11:57de mon grand-oncle, qui est le père de Michel Rocard,
12:02Yves Rocard, inventeur de la bombache, entre autres.
12:06Mais effectivement, qui avait une grosse moustache,
12:10un pendule, parce qu'il s'est énormément intéressé au magnétisme.
12:14Et, en même temps, mon mari, Pierre-Antoine Hiro,
12:19qui est dans la famille Picard,
12:21c'est eux qui ont été plus haut dans la stratosphère.
12:24Et il y a eu, effectivement, Hergé a été inspiré des frères Picard
12:28pour Tournesol.
12:30Alors, il avait des petites lunettes et des cheveux comme ça.
12:33Alors, la famille de Picard disait,
12:35mais c'est bizarre, pourquoi il a une grosse moustache
12:38et un pendule et il est sourd comme un pot ?
12:40Parce qu'il ne savait pas que c'était Yves Rocard.
12:43Donc, ce mélange a donné Tournesol.
12:46C'est incroyable.
12:47C'est incroyable.
12:48Je crois qu'il y a aussi le Batiscaf qui est de...
12:51Auguste Picard est à l'origine du Batiscaf.
12:54Exactement.
12:55Alors, il se trouve que Tournesol est un personnage qui est né dans Tintin.
12:58Et l'affaire Tournesol, en filigrane,
13:00c'était au moment de la guerre froide.
13:02Il a eu l'idée de cette histoire.
13:03Et c'est la première fois dans l'histoire de Tintin
13:06qu'il réalise les dessins d'un côté et les couleurs de l'autre.
13:09Avant, il mélangeait tout.
13:10Donc, c'est un album clé de Tintin qui vous correspond.
13:13Et puis, il y a l'hôtel Cornavin à Genève
13:15qui est cité dans l'affaire Tournesol.
13:18Et Genève, c'est à Suisse.
13:19C'est vrai.
13:21Donc, encore un point commun.
13:22Alors, il se trouve qu'effectivement,
13:25votre mari a été important.
13:28Il est toujours aussi important
13:29parce qu'il a commencé par réaliser des films
13:32de montagne jusqu'en Himalaya.
13:34Oui, son premier film,
13:37c'était sur son petit frère trisomique.
13:40Donc, je reviendrai aussi par rapport à mon film.
13:43Parce que son petit frère était trisomique.
13:45Et il a fait un très, très beau film
13:46qui a tourné partout et qu'il a lancé.
13:49Et après, il a fait beaucoup de films documentaires
13:51dans le monde entier,
13:52en Himalaya, en Afrique.
13:55Et puis, au cinéma en fiction.
13:57Et c'est comme ça qu'on s'est rencontrés.
13:59Donc, Pierre-Antoine Niro et Pascal Rocard.
14:02En fait, c'est une histoire d'amour assez normale.
14:06Un réalisateur et une actrice,
14:08on aurait pu être plus original.
14:09Oui, en même temps, l'originalité,
14:11c'est tout ce qu'on vient de raconter.
14:12Il se trouve d'ailleurs que les films de montagne
14:13sont assez rares entre un réalisateur et une actrice.
14:17Ça a été le cas de Gérard Herzog
14:18et de Marie-José Neuville,
14:20qui avait été une chanteuse célèbre
14:21dans les années 50,
14:23la Brasse à Saint-Jupont.
14:24Ils ont tourné un film
14:26qui s'appelait La Voix de Jackson,
14:27qui a été un grand succès de télévision.
14:29Absolument.
14:30Et il se trouve aussi que Gérard Herzog
14:32a été, on ne le sait pas,
14:33le réalisateur des campagnes électorales
14:36à la télévision de Georges Pompidou,
14:38Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand.
14:40Incroyable.
14:41Et quand on parle de François Mitterrand,
14:42on parle de Michel Rocard, bien entendu.
14:44Et alors, les gens sont persuadés
14:46que vous êtes sa nièce, ce qui est faux.
14:48Ben oui.
14:49Et à chaque fois,
14:50il fallait remettre l'église au milieu du village,
14:54mais les journalistes n'avaient pas envie de marquer
14:57« petite cousine ».
14:59Alors, ils disaient « nièce ».
15:00Bon, ben, à chaque fois, je disais « non ».
15:02Voilà, c'est comme ça, c'est mon grand-oncle.
15:05C'est-à-dire ?
15:06Mon petit cousin.
15:09Et Yves Rocard, son papa, et mon grand-oncle.
15:12Voilà.
15:13C'est le cousin direct de mon papa
15:15qui est décédé très jeune.
15:17Et justement, Michel Rocard a été celui
15:19qui vous a parlé de votre père.
15:21Parce que vous avez vécu un drame.
15:22Votre père est mort devant vous
15:24quand vous aviez six ans.
15:26Exactement.
15:27On allait en bateau.
15:28Et il a eu un AVC.
15:31Et puis voilà, il est parti.
15:33Vous avez cru qu'il dormait.
15:34Exactement.
15:35C'est fou.
15:35Donc la mort, pour moi,
15:37était un grand sommeil tout doux.
15:39Mais on est traumatisés à cet âge-là,
15:42Pascal Rocard.
15:42Mais en fait, on a beaucoup d'idées
15:45de ce que les enfants vivent
15:47par rapport à la mort.
15:49Moi, je me suis fabriquée là-dessus.
15:51Mon père, il dort.
15:52Une fois, j'ai compris
15:53qu'il était en train de dormir.
15:56Donc en fait, je m'en suis sortie toute seule
15:57parce que la mort n'est pas très loin dans ma vie.
16:01Mais avec beaucoup de délicatesse.
16:04Mais il se trouve aussi
16:05que vous avez totalement oublié
16:07les souvenirs de vos premières années.
16:09Ah oui, c'est vrai.
16:10Les six premières années,
16:11je ne les ai pas.
16:12Mes amis d'enfance
16:13qui sont dans le livre
16:15ont des souvenirs de mon père
16:16et moi, je n'en ai pas.
16:17Comment ça se fait
16:18qu'on oublie ces six années ?
16:19Je pense que c'est une fabrication
16:20de la survie.
16:23On a spontanément.
16:25Et c'est Michel Rocard
16:26qui un jour vous a parlé
16:27de votre père, Pascal Rocard ?
16:28Oui, parce que la famille
16:29n'en parlait pas.
16:30Il était mort.
16:31C'est comme ça.
16:32On avance, on trace.
16:34Et c'est Michel
16:35qui m'a beaucoup parlé de mon père.
16:36Et ça, c'était important pour moi.
16:39Parce qu'effectivement,
16:39vous ne saviez rien.
16:40Vous étiez trop petite.
16:41Oui, j'ai su des choses
16:42par mon frère et ma sœur.
16:44Mais voilà, moi,
16:45je n'ai que trois images.
16:47C'est court.
16:48J'ai des souvenirs d'enfance,
16:50mais pas avec lui.
16:52Et ce côté artiste,
16:53je crois que vous le teniez
16:53de votre mère, Bouti.
16:55Oui, maman avait travaillé
16:57au Vitreau de Paris.
16:59Elle était aux ateliers
17:01de Notre-Dame,
17:02de M. Chevalier.
17:03Elle avait travaillé
17:04au Vitreau moderne.
17:05Puis après, elle s'est mariée.
17:06À l'époque, on se mariait,
17:08on arrêtait de faire l'artiste
17:09et puis on gérait une famille.
17:12Donc, comme mon papa est décédé,
17:13on est revenu à faire l'artiste.
17:16On avait le droit.
17:17Et en même temps,
17:19elle vous a presque encouragé
17:20à faire ce métier.
17:21Elle ne s'est pas opposée à tout ça.
17:22Oui, puis mon frère est peintre,
17:24ma sœur écrit des livres pour enfants.
17:26Donc, on est tous devenus artistes,
17:28mais soutenus par notre mère
17:31qui nous disait
17:31« Soyez heureux,
17:33même si vous devez manger
17:34de la vache enragée. »
17:36Je trouvais ça un peu curieux.
17:37Ça voulait dire quoi,
17:39la vache enragée ?
17:41J'ai compris plus tard.
17:42Et il se trouve aussi
17:43qu'il y a quelque chose
17:44de très important
17:45dans votre entourage d'enfance,
17:47c'est le bouddhisme.
17:49J'ai suivi des enseignements,
17:51mais parce que je suis intéressée
17:52par cette philosophie.
17:54Et surtout,
17:55le personnage du Dai Lama
17:56est quelqu'un tellement magnifique
17:58que c'est toujours magnifique
18:01de recevoir des enseignements
18:03de cette personne
18:04parce qu'il vous aide
18:05à essayer de s'améliorer.
18:08Il y a un mystère
18:08qui n'a jamais été élucidé,
18:10c'est qu'on ne connaît pas
18:11la date exacte
18:12de naissance de Bouddha.
18:14Les Népalais disent
18:15que c'est 623 avant Jésus-Christ
18:17et d'autres considèrent
18:18que c'est vers 400 avant Jésus-Christ.
18:19Il y a un débat
18:20depuis des décennies là-dessus.
18:22Alors, la sérénité justement,
18:25vous l'avez trouvée
18:25en vous installant en Suisse
18:27dans le Valais.
18:28Ça a changé votre vie,
18:29Pascale Rocard ?
18:30Disons que le film
18:31Le Combat des Reines
18:32que j'ai tourné
18:33avec Pierre-Antoine Hirault
18:34qui m'a apporté
18:354 prix d'interprétation
18:37au passage,
18:38m'a ouvert un univers
18:41de la nature,
18:42de la montagne,
18:44du monde paysan
18:45qui est effectivement
18:46loin de moi.
18:47et puis quand on a décidé
18:49d'aller un petit peu plus loin
18:51qu'on s'est mariés,
18:53etc.
18:54On s'est plus installés
18:56en Suisse
18:56mais j'ai toujours
18:57mon appartement de Paris
18:58parce que j'aime ma ville
19:00et que je suis d'ici aussi.
19:02Et j'aime bien marier
19:03les contraires.
19:04Entre la montagne solitaire
19:06ou la ville de Paris
19:08où il y a tellement de monde
19:09et c'est l'équilibre
19:11qui est intéressant
19:12et c'est ça qui m'intéresse.
19:13Et vous êtes partie
19:14à un moment
19:15où vous aviez quand même
19:15une certaine notoriété
19:16notamment grâce
19:17à des séries télévisées
19:18comme Le Château des Oliviers
19:20ou Le Vent des Moissons
19:21car là aussi
19:22ça vous a donné
19:23une grosse popularité
19:24à l'époque,
19:24Pascal Rocard.
19:25Absolument
19:25mais aussi
19:27le fait de vivre
19:28en Suisse
19:28m'a permis d'écrire
19:29avec Pierre-Antoine
19:30une grande série
19:31qui s'appelle
19:32Sauvetage
19:32et première coproduction
19:35avec la France
19:36pour les Suisses
19:37où j'avais le rôle principal.
19:39Alors peut-être
19:40si j'étais restée
19:42à Paris
19:42je n'aurais peut-être
19:43pas tout écrit
19:44du tout écrit
19:45tandis que là
19:46j'ai créé
19:47cette série
19:48je me suis mis
19:49à écrire
19:50donc ça m'a donné
19:51un autre médium.
19:53Oui mais en même temps
19:54Le Château des Oliviers
19:55ou Le Vent des Moissons
19:56c'était des sagas
19:57qu'on ne voit plus
19:58aujourd'hui.
20:00Bon il y a toujours
20:00quand même
20:01des grandes séries
20:01en télévision
20:04donc il y en a encore
20:05disons que c'était
20:06les premières grandes séries.
20:08Il y avait aussi
20:09La Deux Moiselles d'Avignon
20:10que Frédéric Hébrard
20:11et Louis Val avait tourné
20:12et pendant deux ans
20:13le film est resté
20:14dans les tiroirs
20:15personne n'en voulait.
20:17Si si
20:17Frédéric Hébrard
20:18connaissait une dame
20:19qui connaissait
20:19la secrétaire
20:20de Pierre Sabag
20:20directeur de l'antenne
20:21la secrétaire dit
20:23à Pierre Sabag
20:23il faut absolument
20:24qu'on y ait dix minutes
20:24pour voir ça
20:25parce que personne n'en veut
20:26dix minutes plus tard
20:27il décidait de programmer
20:28La Deux Moiselles d'Avignon
20:29qui a fait 20 millions
20:30de spectateurs.
20:31Magnifique
20:32et j'adore
20:33Marthe Keller
20:33qui est une amie
20:34et qui a aussi vécu
20:36beaucoup d'années
20:37à Verbier
20:38et qui est une actrice
20:39magnifique.
20:40Et puis vous avez aussi
20:41créé une association
20:43des professionnels
20:43de l'audiovisuel
20:44en Suisse
20:44ça n'existait pas ?
20:47Oui
20:47on a créé
20:48Valet Film
20:48pour unifier
20:50et s'entraider
20:52pour que les réalisateurs
20:53les techniciens
20:54se connaissent
20:56et puis surtout
20:57parce qu'il y a
20:58beaucoup de tournages
20:59maintenant
21:00qui viennent se tourner
21:02en Valet
21:02qui est une région magnifique.
21:04Mais ça aussi
21:04ça n'existait pas avant ?
21:06Ben oui
21:06mais c'est toujours bien
21:08d'inventer
21:09et de trouver
21:10d'autres choses
21:11d'autres moyens.
21:12C'est ce que vous avez fait d'ailleurs
21:13et on va en parler
21:14avec une autre date
21:15le 13 mars 2002.
21:17A tout de suite
21:17sur Sur Radio
21:18avec Pascal Rocard.
21:20Sud Radio
21:20Les Clés d'une Vie
21:21Jacques Pessis
21:22Sud Radio
21:23Les Clés d'une Vie
21:24mon invité Pascal Rocard
21:25nous parlons tout à l'heure
21:26de L'objet de votre amour
21:27un livre de photos
21:28et de textes
21:29tout à fait original
21:30chez Slackine
21:31on parlera aussi
21:32de ce film
21:33dans lequel vous jouez
21:34plein de rôles
21:34Chromosome Plus
21:35mais là on revient
21:36au début
21:37de réalisatrice
21:39avec votre premier
21:40court-métrage
21:41qui est sorti
21:42le 13 mars 2002
21:43en Suisse
21:44et qui s'appelle
21:45L'Océan de Blé.
21:47Là aussi c'est une nouvelle aventure
21:48parce qu'au départ
21:49vous ne pensiez pas
21:49faire de réalisation.
21:51Non
21:51mais en même temps
21:53j'ai toujours eu envie
21:54d'écrire
21:55et j'ai toujours été intéressée
21:56par la technique
21:57sur les plateaux.
21:59Donc à un moment donné
21:59il y a un producteur français
22:00qui est venu m'aborder
22:01en me proposant
22:03cette nouvelle
22:04d'Eric Holder
22:05qui est magnifique
22:06donc il parle
22:07d'une histoire d'amour
22:09entre deux femmes
22:11et du coup
22:12j'ai lu le texte
22:13je dis
22:13c'est magnifique
22:14et je suis partie
22:15et j'ai eu envie
22:16de réunir
22:17deux comédiennes
22:18qui n'avaient pas tourné
22:19depuis 20 ans.
22:20Exactement
22:21et ces deux comédiennes
22:21sont liées par un film
22:22dont voici la musique.
22:24Et oui
22:33la boum
22:34Alexandre Agonin
22:35et Sheila O'Connor
22:36c'est une des choses
22:37incroyables.
22:38Elles se sont retrouvées
22:39parce qu'elles ne s'étaient pas vues
22:40pendant je ne sais pas
22:41combien d'années.
22:42Comment est venue l'idée
22:43pourquoi ?
22:44Parce que je connaissais
22:45très bien
22:46Alexandre Agonin
22:47et le producteur français
22:50connaissait
22:50Sheila O'Connor
22:51donc on les a
22:52et je lui ai dit
22:53mais c'est une super
22:54belle idée
22:54parce qu'elles fonctionnent
22:57bien ensemble.
22:58Je ne sais pas
22:58si vous avez vu
22:59le court-métrage
23:00l'une est rousse
23:01l'autre est blonde
23:02l'une a réussi
23:03dans le milieu
23:04de la chanson
23:04dans l'histoire
23:05et l'autre
23:06est une jeune femme
23:09qui vit en campagne
23:11avec ses chevaux.
23:13Et d'ailleurs
23:13il se trouve que
23:14jusqu'à trois semaines
23:15du tournage
23:16c'est Sheila O'Connor
23:17qui devait jouer
23:17le rôle de Vic
23:18parce qu'on n'avait pas trouvé
23:19et puis il y a une audition
23:21avec Sophie Marceau
23:22et c'est Sophie Marceau
23:23qui est choisie
23:24par Daniel Thompson
23:25à la dernière minute
23:26et elle se retrouve
23:27avec le rôle de Penélope
23:28Sheila.
23:29D'accord, oui c'est vrai.
23:30Et ce film d'ailleurs
23:31est sorti
23:32et pendant les quatre premiers jours
23:33ça a été un échec considérable
23:34il n'y avait personne
23:35dans les salles
23:36à tel point
23:37qu'on a songeu
23:37à le retirer
23:38de l'affiche
23:39puis le week-end
23:40tout le monde est venu
23:40et ça a démarré.
23:41On ne sait jamais
23:42ce qui se passe
23:43avec le cinéma.
23:44Alors il se trouve
23:44que ce film de 12 minutes
23:47ce n'est pas facile à monter
23:48on dit qu'un long métrage
23:50est complexe à monter
23:51un court métrage
23:52Pascal Rocard
23:53ce n'est pas simple non plus.
23:55Non mais ça a été
23:56une coproduction
23:56franco-suisse
23:57et il a tourné
23:58énormément dans le monde
24:00dans tous les festivals
24:02LGBT potentiels
24:05donc c'est assez étonnant
24:06parce que bon
24:06effectivement que ça parle
24:07d'amour entre deux femmes
24:08et ça parle d'amour
24:09tout simplement.
24:12Oui mais là aussi
24:12vous étiez novatrice
24:13personne ne l'avait fait
24:14à cette époque
24:15alors tout le monde
24:15Oui il y a 25
24:16il y a 20 ans
24:17oui c'est vrai.
24:18Et pourquoi cette idée ?
24:19Vous aviez envie
24:19de mettre ça en avant ?
24:22Parce que l'amour
24:23est toujours
24:24quelque chose
24:25qui me touche
24:26quel que soit
24:27le sexe
24:28le genre
24:29le pays
24:30la différence d'âge
24:32je trouve que le couple
24:33en général
24:33c'est un champ
24:35d'expérience extraordinaire
24:36et la nouvelle
24:37d'Eric Holder
24:38était d'une délicatesse
24:39donc c'était écrit
24:40par un homme
24:41mais ça racontait
24:43l'histoire d'amour
24:44d'une femme
24:45autrefois.
24:46Oui mais ça aurait pu
24:47faire scandale
24:48parce qu'à l'époque
24:49effectivement
24:49ça ne touchait pas
24:50les gens comme aujourd'hui.
24:51C'est vrai
24:52mais ce film
24:53a énormément tourné.
24:54Il est devenu un classique
24:55presque dans le genre
24:56un exemple à suivre.
24:57En tout cas
24:58dans la délicatesse
24:59c'est sûr.
25:00Et puis vous avez continué
25:01avec un film
25:02beaucoup plus personnel
25:04qui est
25:04La petite fille
25:05et la mort
25:05parce qu'elle
25:06recaressa
25:07c'est quelque chose
25:08que vous teniez à tourner.
25:10Alors
25:10c'est vrai que
25:11La petite fille
25:11et la mort
25:12c'était une histoire
25:13que j'ai écrite
25:14qui est
25:15l'histoire
25:16d'une petite fille
25:17qui perd ses parents
25:18en mère
25:19et il n'y a pas de corps.
25:21Donc comment
25:22une enfant
25:23si jeune
25:24peut faire le deuil
25:25de ses parents
25:26sans
25:27les voir décéder ?
25:30Et je trouvais intéressant
25:31de travailler
25:32de parler
25:33de cela
25:34parce que moi
25:35d'une certaine manière
25:36j'avais vécu
25:37certaines choses
25:38et que les adultes
25:39ont des idées
25:40très arrêtées
25:41sur ça
25:41qu'ils ne sont pas
25:42obligatoirement
25:43celles que l'enfant
25:44vit.
25:45Et du coup
25:46j'en ai fait
25:46une sorte de fable
25:47avec
25:48Jean-Claude Drouot
25:50comme grand-papa
25:51et cette petite fille
25:53qui est notre fille
25:54qui est Justine Hirot
25:55et qui est bouleversante
25:57dans le film.
25:58Et faire tourner sa fille
25:59effectivement
26:00c'est pas simple.
26:02En fait si
26:03c'est simple
26:04justement
26:04parce qu'on se connaissait
26:06et on s'aime
26:07donc j'avais envie
26:08d'apprendre
26:09à ma fille
26:11l'histoire familiale
26:12et je ne l'aurais pas fait
26:13avec quelqu'un d'autre
26:14une autre petite comédienne
26:16une autre enfant
26:17comédien
26:18et je lui ai appris
26:19la dernière leçon
26:21comme dirait
26:21Nicole Châtel
26:22nous allons tous mourir
26:23mais ce n'est pas grave.
26:25Et ce film
26:26Pascal Rocard
26:27finalement
26:27se reflète
26:28à des événements
26:29qui arrivent de temps en temps
26:30moi je me souviens
26:31de Lionel Poilane
26:32le boulanger
26:32et sa femme
26:33ils ont disparu en mer
26:35avec un accident d'hélicoptère
26:36en atterrissant
26:37de façon totalement ratée
26:39on n'a jamais retrouvé
26:40leur corps
26:40et leur fille Apollonia
26:42qui dirige aujourd'hui
26:43Poilane
26:43a grandi
26:44sans revoir
26:45le corps de ses parents.
26:46C'est important
26:48je trouve
26:48de parler de ça
26:49et de savoir
26:51comment on appréhende ça
26:52et bon
26:53l'histoire est une fable
26:54puisqu'on a tourné
26:55en montagne
26:57on a tourné
26:58à la tour Eiffel
26:59on a tourné
27:00sur la Manche
27:01puis après
27:02dans les airs
27:03donc c'est une poésie
27:05quelque part.
27:06Oui mais en même temps
27:07c'est un film
27:08qui a fait
27:08beaucoup de festivals
27:09lui aussi.
27:10Voilà
27:10et c'est aussi
27:11parce que
27:11j'aime bien parler
27:13de choses profondes
27:14profondes
27:15vraiment des choses
27:16importantes
27:16qui me touchent
27:18en tout cas
27:18mais d'une manière
27:20poétique.
27:22En même temps
27:22le marché
27:24des festivals
27:24est beaucoup plus important
27:25que certains
27:26l'imaginent.
27:26En tout cas
27:28bon
27:28c'est du travail
27:29il faut proposer
27:30les films
27:31il faut qu'ils soient
27:31choisis
27:32voilà
27:33le milieu
27:33du court-métrage
27:35on ne les voit pas
27:36tout le temps
27:37à part la télévision
27:38le soir
27:39assez tard.
27:40Et en même temps
27:41le cinéma suisse
27:41bon
27:42pendant des années
27:43on n'en parlait pas
27:43beaucoup
27:43Pascal Rocard.
27:45Oh quand même
27:45il y a eu quand même
27:46des grands réalisateurs
27:48suisses
27:48dont Godard.
27:49Bien sûr
27:49oui mais lui
27:50il a travaillé en France
27:50surtout
27:51mais en Suisse même
27:53moi je sais que
27:53le cinéma suisse
27:54ça a commencé
27:54dès l'arrivée
27:55des Frères Lumières
27:56puisqu'un collaborateur
27:58est venu filmer
27:59l'exposition nationale
28:00de Genève
28:01et c'est un certain
28:02Eugène Dalfin
28:04qui a déposé
28:05le brevet
28:05de la première caméra
28:06en Suisse.
28:08Incroyable
28:08vous m'apprenez tout ça
28:09c'est merveilleux.
28:10Et c'est vrai que le cinéma
28:11en Suisse
28:11il a pris de plus en plus
28:13d'ampleur
28:13en tout cas avec des producteurs
28:15et des metteurs en scène suisse.
28:16Oui.
28:18Et ça vous y avez
28:18beaucoup collaboré
28:19c'est quelque chose
28:19qu'on connait mal aussi
28:20en France.
28:22En tout cas c'est vrai
28:23que le cinéma suisse
28:24a besoin aussi
28:25d'éco-production.
28:26Donc les choses
28:27se mettent en place
28:29avec des pays
28:30qui les entourent.
28:31Et j'en reviens
28:32à ce film
28:32Le combat des reines
28:33qui est un film
28:34qui a marqué l'époque
28:35puisqu'à l'époque
28:36un ethnologue
28:37qui s'appelait
28:37Bernard Crétaz
28:38a dit à votre mari
28:40Pierre-Antoine
28:40que votre personnage
28:42Pascal Rocard
28:43avait plus fait en valet
28:45pour la cause des femmes
28:46que des années
28:46de militantisme.
28:48Absolument.
28:49Et ça c'est vrai
28:50parce que j'ai rencontré
28:51plus tard
28:51Bernard Crétaz
28:54et il m'a répété ça.
28:56Mais qu'est-ce
28:57c'était le combat des reines ?
28:58Vous battiez
28:59contre des vaches ?
29:00Non parce qu'en Valais
29:01et dans le triangle
29:02parce que c'est aussi
29:03Chamonix et l'Italie
29:04les paysans suisses
29:07de montagne
29:08ont des vaches noires
29:10on les appelle
29:11la race des reins
29:11qui sont comme des taureaux
29:12qui cavalent
29:13dans la montagne
29:14et elles ont
29:16un signe particulier
29:17c'est qu'une fois
29:18qu'elles sont
29:19sur les alpages
29:20elles se battent
29:21pour avoir
29:22le meilleur coin d'herbe
29:24et elles hélicent
29:26entre elles
29:26la reine
29:27entre guillemets.
29:28Alors c'est pas
29:29les humains
29:30qui font ça
29:31c'est elles
29:31et après il y a
29:32une dirigeante
29:33sur les alpages
29:35et du coup
29:36ils s'en sont un peu
29:37servis de tout ça
29:38les paysans
29:39et quand ils lâchent
29:40les vaches
29:40après l'hiver
29:41les vaches se battent
29:42ils vont élire
29:44celles qui gagnent
29:45toutes les autres
29:45et le combat des reines
29:47le film de Pierre-Antoine Hérault
29:49était une comédie
29:51à ce sujet
29:52et ça a été
29:52un réel bonheur
29:54Oui et un réel bonheur
29:55de jouer avec un comédien
29:56extraordinaire
29:56et on ne l'imagine pas
29:58dans ce rôle
29:58c'est Daniel Prévost
29:59Il y avait Daniel Prévost
30:01il y avait
30:02Jean-Marc Bory
30:03et non seulement
30:06c'est sur le ton
30:06de la comédie
30:07mais c'est sur le ton
30:08aussi de la réalité
30:09parce que le réalisateur
30:11nous lâchait
30:12dans les événements
30:13réels
30:14c'était secouant
30:15Oui et puis Prévost
30:16est capable d'improvisation
30:18dans ces cas-là
30:18Ah oui oui oui
30:19et puis de gaieté
30:20et quand je l'ai revu
30:21à un festival
30:22il n'y a pas si longtemps
30:23il m'en parlait encore
30:24du coup je lui ai filé
30:25le DVD
30:25Mais il se trouve en plus
30:27que Daniel Prévost
30:27a fait beaucoup de radio
30:29avec des canulars
30:30où il se faisait appeler
30:30le vianduc d'Auteuil
30:31ça marchait
30:32et puis le petit rapporteur
30:34ce film célèbre
30:35avec mon cul
30:36en fait c'est
30:36Pierre Bond
30:38qui avait trouvé le sujet
30:39mais non non
30:40c'est Prévost qui doit le tourner
30:42et là aussi
30:43c'est un classique
30:43de la télévision
30:44et de la folie
30:44Oui
30:45Mais il faut une certaine folie
30:46pour faire tout ça
30:47Pascal Rocard
30:48Sans doute
30:49j'aurais pas pu rester
30:51dans une case
30:52Alors il y a eu aussi
30:53des prix d'actrices
30:54parce que moi
30:55j'ai repéré
30:55le festival
30:56des films
30:58de femmes
30:58à Marseille
30:59avec un film
31:00La couleur du mensonge
31:01où vous avez eu
31:02le prix de la meilleure actrice
31:03Ah oui
31:04c'était joli ça
31:05c'était avec
31:06Marie-France Pizier
31:07c'était l'histoire
31:08de deux sœurs
31:09et d'usurpation
31:10et le personnage
31:11de Marie-France
31:12prenait mon identité
31:13c'est un magnifique rôle
31:15Marie-France Pizier
31:17qu'on a un peu oublié
31:18qui a été
31:18une des premières interprètes
31:20de François Truffaut
31:22qui a eu quand même
31:23deux Césars de suite
31:24en deux ans
31:25et qui a disparu
31:27dans des conditions
31:27qu'on n'a jamais
31:28vraiment élucidées
31:29et pour ce film
31:31vous avez appris
31:32je crois
31:32la peinture et le piano
31:33Exactement
31:34oui c'est juste
31:35et le piano
31:37c'était quelque chose
31:38Mais là aussi
31:39apprendre le piano
31:41ou la peinture
31:41pour un film
31:42c'est pas évident
31:42C'est que du plaisir
31:44puisque c'est nouveau
31:45Il y avait aussi
31:47dans ce film
31:48Pascal Rocard
31:49François Bernheim
31:50qui est lui
31:52connu
31:53comme auteur de chansons
31:54qui a fait un livre
31:55sur Eddie Barclay
31:56il n'y a pas longtemps
31:57qui a le rapport
31:58avec le cinéma
31:59Et d'ailleurs
32:01François
32:01je l'ai connu
32:02à l'époque
32:03par Elisabeth Depardieu
32:05mais il y a très très longtemps
32:06Il travaillait avec elle
32:06Il travaillait avec elle
32:07Bon il a quand même
32:08découvert Renaud
32:09il a fait les textes
32:10il a fait la musique
32:11de Patricia K
32:12c'est quelqu'un
32:13d'une grande renommée
32:16musicalement
32:16et là
32:18il était comédien
32:19c'était son premier film
32:20et on faisait
32:21on était amoureux
32:22dans le film
32:23et on est toujours
32:25restés amis
32:25je le vois encore
32:27j'aime beaucoup François
32:30et il a fait
32:31les musiques
32:32de mes deux courts métrages
32:33en plus mes comédiennes
32:35voulaient chanter
32:35donc on a fait chanter
32:36les comédiennes
32:37et puis on continue
32:39à se voir
32:40et je le trouve
32:41très bon
32:42dans le film
32:43Et puis il se trouve aussi
32:44que vous êtes quand même
32:45au milieu de tout ça
32:46revenu à vos premiers amours
32:47le théâtre
32:47en créant une compagnie
32:49en Suisse
32:49là aussi c'est un autre travail
32:51Voilà
32:52ça s'appelle
32:53Compagnie entre vous et moi
32:54et j'ai créé
32:55effectivement ma compagnie
32:56il y a une dizaine d'années
32:59pour créer mes propres
33:01spectacles
33:02que j'écrivais
33:02Mais c'est énormément de travail
33:04ça s'appelle
33:04entre vous et moi
33:05d'ailleurs
33:05si personne n'avait pensé
33:06à ce titre
33:07et il y a eu
33:08des tas de spectacles
33:09dont un spectacle
33:09je crois
33:10avec une femme octogénaire
33:11Oui absolument
33:13j'ai emmené
33:14Anne-Lise Fritsch
33:15c'était écrit
33:16par Fallecker
33:18qui est un auteur
33:19franco-canadien
33:20et qui parle
33:21de la vieillesse
33:22parce que je parle
33:23toujours de sujets
33:24qui fâchent
33:25en me fondant la gueule
33:26Oui
33:26Et ce spectacle
33:28a tourné énormément
33:29au Canada
33:30dans tous les pays
33:31francophones
33:32comme mes autres spectacles
33:34ou que j'ai écrits
33:35ou que j'ai pas écrits
33:36le premier étant
33:37Les îles flottantes
33:38sur le Cobain
33:39Mais c'est énormément
33:41de travail
33:41énormément de réussite discrète
33:43mais on en parle peu
33:44dans les médias
33:44ce que vous me dites
33:45je le vois dans quelques journaux
33:46en entrefilet
33:47mais il n'y a pas
33:48de grands articles
33:49alors que vous avez fait
33:49beaucoup pour le théâtre
33:50et pour votre travail
33:52Disons que là
33:53il y a eu beaucoup
33:54d'articles à l'époque
33:55plutôt sur la Suisse
33:57et puis
33:58sauf pour Chromosome Plus
33:59que j'ai tourné aussi
34:00en France
34:01qui est la pièce de théâtre
34:02sur la Trisomie 21
34:04On va en parler
34:04Mais bon
34:07quand je fais quelque chose
34:09je vais jusqu'au bout
34:10donc quel que soit le pays
34:12ça déménage
34:13et ça bouge
34:14Voilà
34:14Eh bien vous innovez encore
34:16et on va l'évoquer
34:17dans quelques instants
34:18à travers la date
34:19du 10 juin 2025
34:21A tout de suite
34:21sur Sud Radio
34:22avec Pascal Rocard
34:23Sud Radio
34:25Les Clés d'une Vie
34:26Jacques Pessis
34:27Sud Radio
34:27Les Clés d'une Vie
34:28mon invité Pascal Rocard
34:30on a évoqué
34:30votre parcours
34:31assez étonnant
34:33à la fois de comédienne
34:34de réalisatrice
34:35de metteur en scène
34:35de productrice
34:36etc etc
34:37Et puis
34:38il y a la photographe
34:39parce que le 10 juin 2025
34:41est sorti un livre étonnant
34:43aux éditions Slackin
34:44L'objet de votre amour
34:45où ce sont des photos
34:47et des textes
34:48de couples
34:48avec un objet
34:50dans la main
34:50D'abord d'où vient
34:51cette idée
34:52et pourquoi ?
34:53Alors l'objet
34:54de votre amour
34:55donc c'est effectivement
34:56une quarantaine
34:58de couples
34:59que j'ai photographiés
35:00avec leur objet
35:01totem
35:02le symbole
35:03qui les représente
35:05donc j'ai demandé
35:07aux couples
35:08quels qu'ils soient
35:09qu'elles soient
35:10la différence
35:11de genre
35:11de culture
35:12ou de pays
35:13qu'ils choisissent
35:14un objet
35:15qui les représente
35:16parce que
35:18pourquoi ?
35:19Pour répondre
35:19à votre question
35:20le couple
35:22c'est quand même
35:22un drôle de truc
35:24ça perdure
35:25mais en même temps
35:27c'est un champ
35:27d'expérience
35:28incroyable
35:29donc j'ai eu envie
35:30de parler du couple
35:31et c'est l'idée
35:32de l'objet
35:32que je voulais
35:33que ça passe
35:34par quelque chose
35:35de visuel
35:36Et la photo
35:37pour vous aussi
35:38c'est nouveau ?
35:39En fait j'ai toujours
35:40fait de la photo
35:40mais là je suis passée
35:41à un autre plan
35:43j'ai commencé
35:44d'abord
35:44il y a 5-6 ans
35:47avec un mois
35:48sans toi
35:48qui était
35:49une longue lettre
35:51photographique
35:53et texte
35:54de 13 mètres
35:55de long
35:56que j'ai dédicacée
35:58à l'homme
35:58que j'aime
35:59et donc
36:00je me suis remis
36:01à la photo
36:01à ce moment-là
36:02et toujours lié
36:03à l'écriture
36:04ça c'est important
36:05et dans l'objet
36:06de votre amour
36:06effectivement
36:07il y a tous ces couples
36:08que je vais interroger
36:10interviewer
36:11même pendant 2-3 heures
36:13je vais les questionner
36:15et après
36:16je fais la photo
36:17avec eux
36:18et après
36:19dans la solitude
36:20de l'écriture
36:20j'essaye de
36:21retranscrire
36:23lui l'essentiel
36:24de leur amour
36:25via cet objet
36:26que j'écris
36:27en prose
36:28mais en même temps
36:29c'est une façon
36:30de plonger dans l'intime
36:31et de montrer
36:32l'importance
36:32de l'union
36:33d'un couple
36:33Pascal Rocard
36:34exactement
36:35parce que
36:35en fait
36:36c'est quoi l'idée
36:37c'est qu'ils se parlent
36:38ils sont obligés
36:39de se parler
36:39pour choisir
36:40l'objet
36:41et après
36:42quand ils nous ont offert
36:44cette parole
36:45ça questionne
36:46le public
36:46pareil
36:47parce que le public
36:48il va regarder
36:49les expositions
36:50que j'ai faites
36:50car où ils avaient
36:51exposé ces photos
36:52oui j'ai exposé
36:53ils vont lire le livre
36:54et ils vont se dire
36:56et moi chérie
36:57c'est quoi
36:58notre objet
36:58et il se trouve
37:00que la première photo
37:01c'est vous votre mari
37:02avec une teillère
37:05exactement
37:06une petite teillère
37:07toireg
37:07pourquoi
37:08parce que
37:10quand j'ai rencontré
37:10Pierre-Antoine
37:11c'était un homme
37:12qui buvait du thé
37:13et les hommes
37:14que j'avais connus
37:16ne buvaient pas
37:17du tout de thé
37:17et moi je suis une fan
37:18à thé à l'époque
37:19j'avais
37:19j'ai une collection
37:20de théières
37:21depuis des années
37:22mais surtout
37:23il buvait
37:24mon thé
37:25et il avait
37:27une théière
37:28de la reine
37:29d'Angleterre
37:29je trouvais ça
37:30assez
37:30iconoclaste
37:33et en plus
37:34c'est parce qu'on a
37:35traversé le désert
37:36avec nos enfants
37:37et que j'ai appris
37:38particulièrement
37:39pour cette petite teillère
37:40c'est avec les toirets
37:41que j'ai appris
37:42à faire le thé
37:43à la menthe
37:44sur les braises
37:44au fin fond du Niger
37:46à Maniman
37:47l'eau c'est la vie
37:48et donc entre nous
37:50l'eau c'est la vie
37:51et c'est la générosité
37:52c'est offrir
37:53offrir le thé
37:54c'est offrir
37:56tout
37:56alors justement
37:57ça c'est avec votre mari
37:59mais les autres couples
38:00qui sont dans ce livre
38:01qui sont des couples
38:02parfois d'anonymes
38:03il y a le directeur
38:04du Grand Rex
38:04il y a un footballeur
38:05il y a plein de gens
38:06comment vous les avez choisis
38:07et comment vous les avez
38:07trouvés au départ
38:08je leur ai demandé
38:11en toute simplicité
38:13c'est des gens que j'aime
38:14donc j'avais envie
38:15de leur demander
38:16de participer
38:17à cette création
38:18et du coup
38:20les gens sont partants
38:21bien sûr
38:22j'avais dit
38:22ceux qui n'ont pas envie
38:23ils ne le font pas
38:24parce que je privilégie
38:26l'amitié
38:26plutôt que la création
38:27oui mais il y avait
38:28un équilibre
38:29de différence d'âge
38:31de complicité
38:32de couleur de peau
38:33ça aussi
38:34il a fallu
38:34faire un dosage
38:36alors Pierre-Antoine
38:37Hiron
38:38mon mari disait
38:38en fait
38:39tu voulais vérifier
38:40si tu avais des amis
38:41puisque j'ai photographié
38:4342 couples amis
38:44donc
38:45mais c'est comme ça
38:46j'ai des amis
38:48de très très très très longue date
38:50parce que je suis une monstre fidèle
38:51comme je dis
38:52et du coup
38:55ça a permis
38:56d'aller dans la variété
38:58du monde
38:59parce que
39:00moi c'est le coeur
39:02qui parle
39:02c'est pas ni la couleur de peau
39:04ni la différence d'âge
39:05donc je leur ai demandé
39:07et du coup
39:08ils ont été partants
39:09pour cette aventure
39:11et donc j'ai fait
39:12ces photos
39:12à Paris
39:13en Bretagne
39:15en Suisse
39:16un peu partout
39:17jusqu'au jour
39:18
39:19j'ai montré
39:20ce travail
39:21au propriétaire
39:22du Grand Rex
39:23Alexandre Hellman
39:24qui a adoré
39:25donc du coup
39:26je les ai pris
39:27en photo
39:28et ils m'ont proposé
39:30de faire
39:31une journée
39:32spéciale
39:34amour
39:34le 14 février
39:36et on a exposé
39:37j'ai exposé
39:38seulement cette journée
39:39parce qu'il n'avait
39:40le Grand Rex
39:42c'est un endroit
39:43événementiel
39:44ils font le cinéma
39:46les avant-premières
39:47et la musique
39:48et là c'est une grande première
39:50puisqu'ils n'avaient jamais exposé
39:51ils ont fabriqué
39:53une salle de cinéma
39:54qui s'appelle
39:54Love
39:55pour les amoureux
39:56ils ont loué
39:57des tonnes de films
39:58d'amour
39:59et j'ai pu montrer
40:00ces grands formats
40:0140-80
40:02dans cet espace
40:04absolument sublime
40:06qu'est le Grand Rex
40:07quand on lit ce livre
40:08on voit bien sûr
40:09le côté sociologique
40:10que vous évoquez
40:13mais en même temps
40:13on se dit que
40:14chaque histoire
40:14d'un couple
40:15il y a un scénario
40:16de film dedans
40:17Pascal Rocard
40:18je suis d'accord
40:19c'est assez étonnant
40:20parce que l'amour
40:21on voit que c'est universel
40:23et pourtant
40:24c'est à chaque fois
40:25unique
40:26différent
40:27et étonnant
40:28parce qu'il y a des histoires
40:30qui sont quand même
40:31incroyables à chacun
40:32oui
40:33mais en même temps
40:34à chaque fois
40:35il faut avoir les confidences
40:36il faut que les couples
40:37acceptent de le raconter
40:38ça c'est
40:40c'est ma grande oreille
40:41et mon coeur
40:42maintenant d'ailleurs
40:43je suis prête
40:44pour photographier
40:45des gens que je ne connais pas
40:47parce que mon oreille
40:48et mon coeur
40:48c'est habitué
40:49à recevoir
40:50cette parole intime
40:51parce que je les questionne
40:53j'essaye d'équilibrer
40:54celui-ci
40:55il n'a pas assez parlé
40:56attention à celui-là
40:57à celle-là
40:58pour que les deux
40:59elles
41:00cueillaient cette harmonie
41:02de l'amour
41:03qui se retrouve
41:04dans l'écriture
41:04harmonie et différence
41:06car toutes les histoires
41:07d'amour ne se ressemblent pas
41:08il n'y en a pas une pareille
41:09et il n'y a pas un objet
41:11pareil sur ces 42 couples
41:13quand même
41:13j'avais à chaque fois
41:14très peur
41:15je me dis
41:15parce que je les découvre
41:17avec leur objet
41:18je ne sais pas
41:19ce qu'ils vont amener
41:20dans un texte
41:21j'ai repéré une chanson
41:23qui est la suivante
41:24L'encre de tes yeux
41:35chanson de Francis Cabrel
41:36chanson d'amour
41:37contrariée
41:38il s'est inspiré
41:39d'une chanson de Bob Dylan
41:40mais il a gardé
41:41le mystère
41:42sur la personne
41:43à qui l'évoque
41:44dans cette chanson
41:45elle est magnifique
41:46elle est émotionnelle
41:48cette chanson
41:48et vous l'évoquez
41:49dans ce livre justement
41:50c'est un de mes couples
41:52qui ont choisi
41:53cette mélodie de Cabrel
41:55et du coup
41:56ils ont amené
41:57leur objet
41:58c'est un encrier
42:00avec une plume
42:01pour écrire
42:02donc ça fait référence
42:04à leur histoire
42:04ça fait référence
42:06aussi à
42:08Dada Auréyer
42:12qui adore les jipaètes
42:13qui a fait tout un film
42:14sur les jipaètes
42:15donc il y a aussi
42:16l'idée des oiseaux
42:17par la plume
42:18il y a plein de choses
42:19dans ce symbole
42:20de leur amour
42:22parce qu'en fait
42:23les couples
42:23ils réfléchissent
42:24et ils trouvent des idées
42:26qui me plaisent aussi
42:27j'adore
42:28et puis il y a une référence
42:29dans ce livre
42:30c'est Jean Cocteau
42:31à propos du miroir
42:33de leur histoire
42:33oui parce que
42:36en fait
42:36ça raconte
42:37beaucoup de choses
42:38qu'est-ce qu'on voit
42:39dans
42:40dans cet objet
42:42comment on perçoit
42:43l'autre
42:44et comment on va
42:45nous-mêmes
42:46se questionner
42:47sur notre rapport
42:48amoureux
42:48à l'autre
42:49et c'est ça
42:50qui m'intéresse
42:51et Jean Cocteau disait
42:52d'ailleurs
42:52les miroirs feraient bien
42:53de réfléchir
42:54il l'a dit dans son premier film
42:56qui était un moyen métrage
42:57même pas un court métrage
42:58financé par le vicomte de Noaï
43:00qui s'appelait
43:01le sang d'un poète
43:02et qui au départ
43:03devait s'appeler
43:03la vie d'un poète
43:05car c'est un film
43:06très très personnel
43:06pas si vous l'avez vu
43:08non ça
43:08je ne vois pas
43:10lequel c'est
43:10ah c'est le premier film
43:12de Cocteau
43:13en 1930
43:14le sang d'un poète
43:14regardez-le
43:15parce que vraiment
43:16on voit
43:17dans ce moyen métrage
43:19les errements du poète
43:21et on comprend mieux
43:21le poète
43:22magnifique
43:23et puis
43:24il se trouve que
43:25vous êtes aussi romancière
43:26il y a un premier livre
43:27qui est sorti
43:27le grain de sable
43:28le rêve du grain de sable
43:30et là aussi
43:32c'est encore une autre activité
43:33vous préparez un autre livre
43:34là aussi
43:34c'est encore très différent
43:35j'aime bien écrire
43:37c'est important
43:38j'aime bien me retrouver aussi
43:39dans la solitude
43:40de l'écriture
43:41comme j'aime être
43:43dans le collectif
43:44et jouer
43:44et me mettre au service
43:45de quelqu'un
43:46je pense que
43:47moi j'ai besoin
43:48de ces équilibres là
43:49et toujours l'idée
43:50de marier les contraires
43:52oui mais il faut déjà
43:52beaucoup travailler
43:53pour faire tout ça
43:54mais oui
43:54mais oui
43:55je suis une bonne travailleuse
43:57c'est vrai
43:58à la fin de l'été
43:59vous avez été
44:00c'est un événement
44:01au festival d'Angoulême
44:02organisé par Marie-France Brière
44:04et Dominique Besnéard
44:05pour présenter
44:06Chromosome X
44:07Chromosome Plus
44:09pardon
44:09qui est au départ
44:10une pièce de théâtre
44:11un seul en scène
44:12que vous avez adapté au cinéma
44:14avec un décor très particulier
44:16de dessin animé
44:16voilà
44:17alors effectivement
44:19ça s'appelle
44:19Chromosome Plus
44:20ou l'éloge de la différence
44:22je me suis inspirée
44:24de mon beau frère Stéphane
44:26qui était trisomique
44:27et qui vivait avec nous
44:28et qui m'a apporté énormément
44:31et qui m'a ouvert
44:32le monde du handicap
44:34et qui m'a donné
44:35un autre angle
44:36sur ce handicap
44:38et du coup
44:39quand il est décédé
44:40j'ai eu envie
44:41de lui rendre hommage
44:42et j'ai créé
44:42cette pièce de théâtre
44:43où je joue
44:44six personnages
44:45plein de personnages
44:46dont un trisomique
44:48et j'avais envie
44:50toujours que ça passe
44:51par le côté poétique
44:52donc ce personnage
44:54de trisomique
44:55qui veut à tout prix
44:56réaliser ses rêves
44:58c'est-à-dire
44:58jouer de la trompette
45:00dans la fanfare
45:02du village
45:02en jouant
45:03Carmen de Bizet
45:04parce que Stéphane
45:06adorait l'opéra
45:07et aussi
45:08de voler
45:09comme un goéland
45:10et donc
45:11il y a un autre personnage
45:12qui s'appelle
45:12le goélange
45:13et de se dire
45:15comment
45:15on peut réaliser
45:17ses rêves
45:17même les handicapés
45:18même si on a
45:19un handicap
45:20on peut réaliser
45:21ses rêves
45:21grâce à l'amour
45:23des autres
45:23de la mer
45:24de tout le monde
45:25et du coup
45:26comme ce spectacle
45:27a énormément tourné
45:29dans tous les pays
45:30francophones
45:31j'ai eu envie
45:32avec Gilles Valéry
45:34qui faisait la scénographie
45:35c'est-à-dire
45:36la lumière
45:36et les décors
45:37sur ma pièce
45:38j'ai adapté
45:40ce spectacle
45:41et on en a fait
45:42un film de fiction
45:44complètement iconoclaste
45:45parce que je joue
45:47tous les personnages
45:48dans un fond
45:49d'animation
45:50et les illustrations
45:52seront faites
45:53par la petite
45:53Elisa Haute
45:54qui habite
45:55à Angoulebe
45:56justement
45:56et c'est un peu curieux
45:58parce que je joue
45:59un peu tous les personnages
46:00c'est en 2D
46:01mais c'est très poétique
46:02c'est une fable
46:03pour les jeunes
46:05pour les enfants
46:06pour comprendre
46:07qu'est-ce que le handicap
46:09et en même temps
46:10comment on vit
46:11avec ça
46:12et aussi
46:13je parle
46:13de la discrimination
46:14grâce à un des personnages
46:17qui est une chipie
46:17et qui ne veut pas
46:19du tout être collé
46:20dans la fanfare
46:21à jouer avec ce
46:22mongol
46:23alors je précise
46:24que ce film
46:25vous avez repris
46:25le principe du film
46:26Roger Rabbit
46:26qui a peur de Roger Rabbit
46:28ou qui veut la peau
46:28de Roger Rabbit
46:29mais qu'elle a la différence
46:30de Roger Rabbit
46:31et de Disney
46:32vous êtes toute seule
46:33à faire ce film
46:34avec Gilles Valéry
46:34alors que pour Roger Rabbit
46:36il y avait 326 animateurs
46:38et 82 080 dessins de film
46:40j'imagine qu'on n'avait pas
46:42le même budget
46:43je pense aussi
46:44ce film
46:45qu'est-ce qui va devenir
46:45maintenant qu'il a été présenté
46:47alors grâce
46:48j'ai été effectivement
46:49le film a été sélectionné
46:51au festival d'Angoulême
46:53dans la catégorie
46:54Nouveaux regards
46:55il a été très bien perçu
46:57Dominique Besnard
46:59l'a présenté
47:00avec beaucoup de chaleur
47:01c'était tout
47:02j'étais tellement heureuse
47:04et le public
47:05a été touché
47:06par ce film
47:07donc maintenant
47:08il va falloir chercher
47:09un distributeur
47:11je vous appelle
47:11messieurs
47:12mesdames
47:13les distributeurs
47:14c'est un film
47:15qui fait du bien
47:16qui aide
47:17à faire cette éloge
47:19de la différence
47:20et comme on l'a vu
47:20avec le film d'Arthus
47:22un petit truc en plus
47:23c'est important
47:25un
47:25d'insérer
47:26nos amis
47:27ces personnes
47:28en situation de handicap
47:30dans notre société
47:31et surtout
47:31moi avec ce film
47:33j'offre
47:33le chromosome du bonheur
47:35et c'est un combat en plus
47:36que vous allez mener
47:37parce que vous en avez
47:38déjà mené beaucoup
47:39c'est le dernier
47:40pour l'instant
47:40oui c'est le prochain
47:43il faut que je continue
47:44que je m'accroche
47:45vous n'avez pas l'intention
47:46d'arrêter
47:46au contraire
47:47vous avez toujours
47:47une nouvelle idée
47:48derrière la tête
47:49c'est plus fort que moi
47:51si je ne crée pas
47:52je m'éteins
47:53vous n'arrêtez pas
47:54de créer
47:54et vous allez continuer
47:55là je vais
47:57avec l'objet
47:59de votre amour
48:00je vais à la chapelle
48:02de Lorsial
48:03en Normandie
48:04pour les week-ends patrimoniaux
48:06et je vais exposer
48:07de l'amour
48:08dans cette chapelle
48:09du XIIe siècle
48:10à Rau
48:11pour les deux prochains week-ends
48:13bon il y a tout
48:14sur mon site
48:14pascalrocard.com
48:16en tout cas
48:17cet amour
48:18que vous défendez
48:19cet amour
48:19de tout ce que vous aimez
48:21justement
48:21correspond peut-être
48:22et sans doute
48:23à ce que le public cherche
48:24et je lui recommande
48:25donc l'objet
48:26de votre amour
48:27ce livre de textes
48:28et de photos
48:28tout à fait originales
48:30aux éditions
48:31Slakkin
48:32et continuez ainsi
48:34à défendre
48:35ce que vous aimez
48:36parce que c'est la seule chose
48:37qui compte finalement
48:38mais je vous remercie
48:39il faut partager l'amour
48:41et l'amitié
48:41et bien continuons comme ça
48:42voilà
48:43merci Pascal Rocard
48:44l'équipe d'une vie
48:45c'est terminé pour aujourd'hui
48:46on se retrouve bientôt
48:47restez fidèles
48:48à l'écoute de Sud Radio
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