00:00Grand Matin Sud Radio, 7h-10h, Patrick Roger.
00:04Chaque matin, 8h08, soyez libres, Elisabeth Lévy est avec nous.
00:08Évidemment, le mardi, mercredi et jeudi.
00:11Bonjour Elisabeth Lévy.
00:12Bonjour Patrick, bonjour à tous.
00:13Plus de la moitié des Français soutiendraient la journée d'action.
00:18Vous voulez revenir autour de ce chiffre ?
00:20Surtout de cette journée, parce que ça m'étonne un peu.
00:24C'est un sondage de la BFM, sérieux.
00:27Et 56% soutiennent.
00:30C'est ce que disent les sondages quand même.
00:31C'est une espèce de tendance.
00:33C'est une mesure de l'humeur.
00:36Donc 56% soutiennent ou au moins ont de la sympathie.
00:39Et un quart seulement désapprouvent.
00:41Alors soyons clairs, si on interrogeait les commerçants, les indépendants,
00:46tous ces gens dont beaucoup se sont levés à 4h du matin pour travailler quand même,
00:49le résultat serait sans doute très différent.
00:52Leur problème à eux, ce n'est pas d'avoir des jours fériés
00:55qui pour eux sont souvent travaillés.
00:57C'est les journées de vente perdue, les pillards et les casseurs.
01:01Bon, je ne suis pas sûr que l'adhésion sera aussi élevée ce soir
01:05si les black blocs et des militants, chauffés par toutes sortes de discours,
01:10cassent, agressent des policiers et offrent des images de guerrillas urbaines.
01:14Cependant, je ne sais pas du tout si ça va se passer.
01:16Peut-être, je l'espère, que ce sera très calme.
01:19Alors bon, je suis quand même un peu étonné par ce succès
01:21parce qu'on proteste contre un budget qui n'est plus sur la table.
01:25Contre un gouvernement démissionnaire.
01:28Et aussi, en fait, si on regarde bien,
01:30ça va être essentiellement une grève de fonctionnaires
01:33où là, les syndicats risquent de mobiliser quand même massivement.
01:38C'est plus massif aujourd'hui, mais quand même pas mal.
01:40Alors, je les ai entendus, ces syndicats,
01:42ils parlent du musée des horreurs du budget,
01:45d'une brutalité sans précédent.
01:47Pourquoi ?
01:48À propos du projet de suppression de 3000 postes
01:51dans la fonction publique et du non-emplacement
01:53d'un départ à la retraite sur trois.
01:55Donc, si ça, c'est le musée des horreurs,
01:58la brutalité et l'Angleterre de Dickens,
02:00on n'est pas rendu.
02:01Bref.
02:02Et en plus, dernière raison d'étonnement,
02:04l'outrance de l'étrême gauche,
02:06tous ces appels à casser,
02:08même si à la fin, Mélenchon dit,
02:10attention, il faut être très calme,
02:12ça devrait être un repoussoir.
02:14Eh bien, non.
02:14Bon.
02:15Alors, comment expliquez-vous cette popularité, tout de même ?
02:18Alors, pas, disons, je l'expliquerai plutôt par des mauvaises raisons.
02:22D'abord, à cause d'une haine du président
02:25qui devient complètement délirante.
02:27Je n'ai vraiment aucune excuse pour sa politique,
02:30ni rien, mais si vous voulez, voilà,
02:32arrêtons les caprices, je suis désolé,
02:33on l'a élu pour cinq ans,
02:34ben, il est là pour cinq ans,
02:35et c'est comme ça.
02:36C'est ça aussi la démocratie,
02:39c'est d'assumer son vote.
02:41Alors, la grève, il y a peut-être la grève par procuration,
02:44vous vous rappelez, on disait ça en 1984 ?
02:46Oui, c'est vrai, ben oui.
02:46Alors, bon, c'est moins massif,
02:48les cheminots avaient quand même réussi à faire croire à tout le monde,
02:51dont votre servante,
02:52qu'ils ne se battaient pas pour leur retraite,
02:54mais pour la République,
02:55ben, aujourd'hui, peut-être que les gens sont,
02:58et je les comprends, solidaires,
02:59des policiers, des infirmières, des professeurs,
03:02seulement, voilà, on ne fera aucune économie,
03:04on ne va jamais s'en sortir
03:06si on ne diminue pas notre pléthorique fonction publique
03:09d'une façon ou d'une autre.
03:10Et puis, il y a ce consensus suicidaire
03:13pour ce que Françoise appelle la République sociale en général
03:16et la réforme des retraites en particulier.
03:19Oui, je crois que c'est suicidaire
03:21parce que, finalement, ça revient toujours à la même chose.
03:24Ça revient à écraser les jeunes actifs,
03:26notamment, sous les cotisations,
03:29à les empêcher de progresser.
03:30C'est ça, en fait,
03:31c'est que ce refus du réalisme en matière de retraite
03:35me désole,
03:37que les Français vivent plus longtemps ni changé.
03:39C'est sacré.
03:40Et puis, je termine vite là-dessus,
03:43il y a cette croyance partagée par tout le monde,
03:46si vous voulez.
03:46Alors là, c'est massif aussi.
03:48C'est aussi, chez les électeurs de droite,
03:51c'est que, comment on va s'en sortir ?
03:53Eh bien, c'est simple.
03:54Pas en faisant tous des efforts, non.
03:55Ce n'est pas juste, c'est vrai que ce n'est pas juste,
03:58mais bon.
03:59Eh bien, ce n'est pas comme ça,
04:00c'est en faisant payer les riches,
04:01parce que ça, c'est juste.
04:03Donc, on va se lancer dans un débat absurde,
04:06si vous voulez,
04:06et on va finir par taxer, évidemment,
04:09l'outil de travail.
04:11Ça va se terminer comme ça.
04:14Et désolé, eh bien,
04:15on ne s'appauvrait pas parce qu'il y a des milliardaires.
04:18À mon avis, chez nous, il n'y en a pas assez.
04:20On s'appauvrait parce qu'on produit moins de richesses.
04:22Voilà.
04:23Et on a déjà, je finis,
04:25le système le plus redistributif du monde développé.
04:29Je finis sur une petite chose
04:31qui m'a vraiment rendu vraiment énervé.
04:34C'est que les lycéens vont bloquer les lycées.
04:36Voilà.
04:37Les lycéens vont bloquer les lycées,
04:38pas pour défendre leur droit d'apprendre la littérature,
04:41non, évidemment,
04:42pour leur retraite et toutes ces choses.
04:45Mais vous êtes d'accord ou pas d'accord avec Elisabeth Lévy ?
04:49J'en entends déjà certains qui disent
04:50« Non, non, je comprends ce qu'elle dit sur
04:53« Oui, il faut travailler, etc. »
04:55C'est avant tout ce qu'on va faire.
04:56Mais on a le droit aussi de manifester, bien sûr, quoi.
05:00Elisabeth, vous allez débattre avec Françoise Degoy tout à l'heure.
05:02Vous êtes d'accord ?
05:03Évidemment.
05:04Juste après l'invité politique.
05:05Elle n'est pas partie manifeste ?
05:06Non.
05:09Comment ?
05:10Vous commencez à la taquiner.
05:11Juste après l'invité politique,
05:12et dans un instant, c'est Sébastien Chenu,
05:14le vice-président du Rassemblement National.
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