Dans une interview "La Provence", Sébastien Lecornu dévoile sa stratégie politique, abordant le retrait de la suppression de deux jours fériés et des réformes fiscales potentielles. Il répond aussi aux critiques de la gauche et ajuste les mesures de François Bayrou.
00:00Désamorcer la colère. Bonjour, Benjamin Léca. Bonsoir, merci d'être avec nous, député écologiste.
00:05Alors, est-ce que ça désamorce un peu de votre colère ? Est-ce que vous prenez de bonnes alloies, finalement, ces mesures du Premier ministre ?
00:12Écoutez, du gâteau amer préparé par François Bayrou, M. Lecornu retire les cerises.
00:17Honnêtement, il va falloir aller plus loin que cela pour donner corps à cette promesse de rupture qu'il annonçait lui-même.
00:24Tout ça n'est pas sérieux. Je ne vois pas ce que ça désamorce du tout, puisqu'il y a un désaccord fondamental.
00:30qui s'exprime, pardon, ce n'est pas la gauche de la gauche. Le 18, la CFDT, par exemple, appelle à la mobilisation le 18 septembre.
00:36On ne peut pas dire que le mouvement social, dans ce pays, en plus, il n'est pas une histoire, il n'est pas une importance dans notre histoire républicaine.
00:41Il y a une colère énorme dans le pays.
00:42C'est quand même un bon point, Benjamin Lucas, vous pouvez le reconnaître. Effectivement, ça avait cristallisé la colère.
00:47Il dit « je veux épargner les Français qui travaillent ».
00:50La colère, elle porte sur la politique menée depuis huit ans et sur son orientation, sur la philosophie qui a conduit à cette politique,
00:56c'est-à-dire, en clair, moins de services publics, moins de protections pour les Français et plus de cadeaux aux grandes entreprises, aux ultra-riches,
01:01pour le dire très schématiquement. Il y a un désaccord avec cette orientation politique-là, avec cette orientation économique-là.
01:06Et donc, on peut aller regarder sur des points de détail. Enfin, c'était quasiment sûr, par ailleurs.
01:10Je rappelle quand même, enfin, M. Le Cornu, ce n'est pas un cadeau qu'il nous fait. Le gouvernement de François Bayrou est tombé.
01:15Il a été désavoué par l'Assemblée nationale à une très large majorité.
01:18Donc, il ne devrait même pas repartir de la copie de François Bayrou. Il devrait repartir d'une page blanche.
01:22Et c'est même, à vrai dire, pas lui qui devrait repartir de cette copie. Mais enfin, c'est un débat qu'on a déjà eu ici.
01:27Alors, pour vous, pas de rupture. Et néanmoins, quand même, vous disiez les cadeaux aux ultra-riches.
01:31Il se dit prêt à revenir sur la taxe Zuckmann et, en tout cas, réfléchir à une autre forme de fiscalité qui taxerait plus les ultra-riches.
01:39J'attends de voir les détails parce que j'avais vu déjà ça avec M. Bayrou où quand il s'agissait de dérembourser des médicaments, il était très précis.
01:44Quand il s'agissait d'aller renier sur telle ou telle protection sociale des Français, il était très précis.
01:48Par contre, sur la taxation des ultra-riches, on avait le droit à des déclarations d'intention, mais pas de modèle, pas de plan de financement.
01:55Je lis, d'ailleurs, les interviews de mes excellentes collègues Clémentine Autain et Vassas,
01:58qui avaient porté à l'Assemblée nationale cette taxe Zuckmann qui avait été votée,
02:01et qui disent que ce que nous redoutons dans ce que nous entendons de M. Lecornu et de ses amis,
02:04c'est une taxe Zuckmann vidée de sa substance.
02:06Donc, là aussi, je me méfie de ces déclarations.
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