00:00On attend d'abord de voir ce que le Premier ministre a à dire par rapport à ce que nous avons annoncé.
00:04Nous, nos positions, elles sont sur la table.
00:06Et je vais même vous dire une autre chose.
00:07Quand on voit Bruno Redailleau qui veut remettre une couche sur l'immigration,
00:10pour moi, il est hors de question que le décret sur l'AME soit rentrant en vigueur, par exemple.
00:15On ne va pas accepter des renoncements sociaux.
00:16– En même temps, M. Delaporte, vous n'avez que 66 députés socialistes.
00:20– Oui, mais en fait, je crois qu'aujourd'hui, on n'a que 66 députés, mais on est à clé de la stabilité.
00:23Donc à un moment, si le Premier ministre souhaite la stabilité…
00:26– Mais il faut que chacun fasse un effort, M. Delaporte.
00:27– Moi, je ne ferai pas des efforts sur mes principes. Il y a des principes intangibles.
00:30– Donc vous êtes… – La République, la démocratie, je suis désolé, mais c'est des choses que je ne toucherai pas.
00:33– Donc vous êtes figé sur vos principes.
00:35– Mais ce n'est pas des questions… c'est des questions de valeur.
00:36– Avec 66 députés, vous pensez que vous pourrez rester figé sur vos principes ?
00:39– À partir du moment où on dit « la République se négocie », alors on sort du cadre républicain.
00:43– Non, pas la République, mais si vous voulez qu'il y ait un budget, il va falloir négocier.
00:45– Oui, mais là, je vous parle des principes fondamentaux, liberté, égalité, fraternité.
00:49On ne va pas retirer la fraternité de la devise.
00:51– Et on a compris qu'il y avait deux revendications principales, la taxe Zuckman et l'abrogation de la réforme des retraites.
00:57Là-dessus, vous ne bougerez pas.
00:59– Alors, la question de la taxe Zuckman, on n'est pas sur le principe de la taxe Zuckman même,
01:03mais sur la fiscalité, notamment de la rente, puisque c'est un point qui nous était particulièrement cher,
01:09mais attention, de préserver l'économie et le travail.
01:11Donc voilà, je pense qu'on peut rentrer en discussion sur ce genre de choses.
01:14Il y a un certain nombre de dispositifs qui peuvent être bougés à la marge.
01:18– Les retraites, là ?
01:20– Non, mais à la marge, il y a des mesures qui sont symboliques.
01:22– Quand on dit à la marge, c'est pour choper un milliard par-ci, un milliard par-là.
01:24– Mais vous le savez bien, la taxe Zuckman, elle est de toute manière symbolique.
01:28Donc à ce moment-là, il faudrait…
01:30– Elle n'est pas symbolique, elle est bien réelle.
01:30– Non, elle est bien réelle.
01:31– Quand je vois la mobilisation des grandes fortunes, je peux vous dire qu'ils ont peur.
01:34– Oui, mais il faut vraiment regarder…
01:36– Si on les perd, ça sera dommage pour le pays.
01:37– On ne les perdra pas.
01:38– Alors, attendez, juste là.
01:40– Et simplement sur la question des retraites, on voit bien comment notre système de retraite,
01:44comme il fonctionne aujourd'hui, grève la dette.
01:46Donc cela, il faut être conscient du risque que nous prenons si nous touchons la question des retraites.
01:52– Si ça ne fonctionne pas, ça sera la dissolution.
01:54Est-ce que le Parti Socialiste a vraiment intérêt à la dissolution ?
01:57– Nous, on n'a peur de rien.
01:58C'est juste que je ne pense pas que le pays change fondamentalement
02:01parce que le plus probable, c'est que les équilibres qu'on a eus,
02:03c'est-à-dire la tripartition de la vie politique, se retrouvent à l'issue d'une dissolution.
02:07Mais moi, je n'ai pas peur d'aller devant les électeurs
02:09pour défendre les positions qui ont été les nôtres.
02:10– C'est pour ça que certains disent qu'il faut aller plus loin.
02:12– Non, c'est le président de la République qui doit démissionner.
02:14– De ce que vous voyez aujourd'hui…
02:15– Ce n'est pas notre sujet, je ne pense pas qu'Emmanuel Macron ait envie de démissionner,
02:17mais c'est une dissolution pour clarifier le fait que les électeurs soutiennent…
02:21– Juste que vous voyez des annonces pour l'instant de Sébastien Lecornu,
02:23la France Insoumise a dit, Manuel Bompard a répété,
02:25qu'il allait déposer une motion de censure s'il n'y a pas de vote de confiance.
02:28En l'État, est-ce que vous votez cette motion de censure ?
02:30– Moi, je vous dis, en l'État, il reste encore 15 jours
02:32pour voir où le Premier ministre veut emmener le pays.
02:35– Aujourd'hui, vous votez la motion de censure ?
02:37– S'il s'avère que le macronisme par lui-même est l'incarnation de Sébastien Lecornu,
02:43moi, je crois qu'on n'aura pas trop d'autre choix que de dire stop.
02:47– Et de voter la motion de censure ?
02:48– Si, à l'inverse, Sébastien Lecornu…
02:50– De déposer une motion de censure, vous savez, on n'est pas là aujourd'hui.
02:54Mais nous, on discute aujourd'hui, il y a un Premier ministre qui a souhaité nous recevoir,
02:59on attend de voir ce qu'il a à proposer,
03:00on n'est pas dans une attitude qui vise à être fermée de façon absolue.
03:05Par contre, ce qu'on a toujours dit, c'est que le macronisme qui se succéderait à lui-même
03:09serait sanctionné s'il n'y avait pas une alternance, au moins dans les politiques qui sont menées.
03:13– Il y a simplement quand même quelque chose à souligner.
03:16D'abord, il y a eu une demande de destitution qui a été déposée au Parlement,
03:19le Parti Socialiste est resté en responsabilité par rapport à cette demande de destitution
03:24vis-à-vis du Président de la République,
03:26et la stabilité, elle est d'abord sur le Président de la République.
03:30S'il y a dissolution…
03:31– L'instabilité, c'est lui qui l'a provoqué avec la dissolution.
03:33– S'il y a dissolution, il faudra faire très très attention,
03:37parce que tous ceux qui ont appelé à ne pas être capables de faire coalition,
03:40je pense qu'ils seront discrédités, et nous, nous attacherons à pointer du doigt
03:43ceux qui ne participeraient pas à une coalition.
03:47Non, mais il faut quand même le prendre en compte, vous le savez bien,
03:50on ne le souhaite pas, vous ne le souhaitez pas.
03:52Non, mais vous ne le souhaitez pas, on ne le souhaite pas.
03:54Donc la question de travailler à cette coalition, elle est toujours sur la table.
03:57– Sous-titrage FR –
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