00:00Avec Jules Thores et Arnaud Benedetti pour passer en revue l'actualité, passons peut-être à cette passation des pouvoirs entre Sébastien Lecornu et François Bayrou, 2 minutes 30 de prise de parole.
00:15Nous allons y arriver, dit M. Lecornu, avec un petit tackle à François Bayrou qui était à peine perceptible en disant on va se pencher sur les problèmes sérieusement, en mode, peut-être pas vous, Jules Thores.
00:35Qu'est-ce que peut apporter de plus Sébastien Lecornu dans une situation où, je le disais hier dans l'émission, on a deux sondages, on a un sondage Cluster 17 pour le point qui dit
00:51si dimanche prochain se déroulait le premier tour des élections législatives dans votre circonscription pour lequel des candidats suivants a-t-il le plus de chances que vous votiez ?
00:59RN plus Ciotiste 29% arrivent en tête, derrière il y a le NFP et Ensemble n'arrivent à 14%.
01:07Deuxième sondage, attends, attends, deuxième sondage, Toluna pour Aris Interactive, Toluna, Jordan Bardella et la personnalité politique préférée par les Français pour remplacer François Bayrou à Matignon.
01:20Il y a 48 heures.
01:20Il y a 48 heures peut-être, mais en attendant, qu'est-ce que vous voulez ?
01:26On nous propose finalement la même soupe, je crois que c'est Olivier Faure qui parlait de salade, on vous passe les plats mais on change la salade, bon voilà, on vous propose la même soupe, simplement il y a un petit peu de ciboulette dessus.
01:38Oui, mais le problème c'est qu'Olivier Faure il a 66 députés, que Jordan Bardella qui n'est pas à l'Assemblée nationale a 143 députés, eux non plus finalement n'ont pas de majorité.
01:48Donc évidemment que ça va être extrêmement dur pour Sébastien Lecornu, aussi dur que Michel Barnier, aussi dur que François Bayrou, surtout que lui il arrive à un moment de lassitude qui est beaucoup plus grave que quand Michel Barnier et François Bayrou arrivent.
01:59Quand Michel Barnier arrive, il y a 45% des Français qui ont des opinions favorables à son égard, quand François Bayrou arrive c'est 36%, là M. Lecornu n'est qu'à 32%
02:08parce qu'évidemment il est macroniste depuis le début, il est ministre sans discontinuer depuis 2017 et donc évidemment on a du mal à voir comment il pourrait faire une rupture avec ce président de la République.
02:20Rupture, j'utilise ce mot-là, pourquoi ? Parce qu'il l'a utilisé lui-même, il commence son discours de passion de pouvoir, là on peut quand même le dire, qui a duré 2 minutes 30
02:28et c'est quand même agréable de ne pas avoir une litanie de propositions, un grand discours qui n'aurait servi à rien et qui aurait été complètement, voilà, qui n'aurait servi à rien dans cette journée de tension.
02:39Donc il commence en disant, bon, on va déjà mettre la méthode, c'est plus d'humilité, peut-être un peu plus de sobriété.
02:45On va réparer deux choses, ce double décalage qu'on voit entre la vie politique et la vie réelle, c'est vrai que les Français, c'est le reproche qu'ils font, c'est que les politiques n'écoutent pas, eh bien, leur demande et ce qui se passe dans le pays.
02:55La déconnexion aussi entre l'intérieur et l'extérieur avec les crises internationales et ensuite, oui, il dit, il va falloir respecter davantage les oppositions politiques, l'ensemble des groupes politiques.
03:04Il va falloir qu'on soit plus créatifs, plus sérieux et plus techniques que vous, c'est ce qu'il dit à François Bayrou en substance.
03:10Et ça, c'est de la sémantique ?
03:12Oui, mais la sémantique, c'est important quand on commence, c'est-à-dire que, souvenez-vous...
03:15Comment est-ce que vous voulez convaincre les gens qui demandent tout sauf ça ?
03:19Ça, ça va venir après, c'est-à-dire que les gens, c'est les Français qui ont décidé d'avoir cette Assemblée nationale.
03:24Je ne sais pas, Sébastien Lecordieu, j'ai l'impression de vous parler comme le président de la République et comme le président de la République.
03:29Oui, alors, bon courage pour faire croire que je suis macroniste, mais quand vous dites ça, vous dites, ce sont les Français qui ont choisi cette Assemblée nationale.
03:37Vous savez aussi bien quoi, Jules Torres, que les Français n'ont pas choisi cette Assemblée nationale, qu'il y a eu...
03:42Alors, au final, oui, parce que techniquement, c'est ça, mais il y a eu des magouilles.
03:48Il y a eu des arrangements, moi je dis même des magouilles, je vous laisse vos propos, mais entre le premier et le deuxième tour,
03:56où il y a eu ce front républicain, où des candidats de la Macronie se sont couchés devant des candidats à LFI pour surtout contrer le RN.
04:07Tout ça est vrai, mais moi j'ajoute que si le président avait dû démissionner, je pense qu'il aurait dû le faire, mais c'est après la dissolution de 2024,
04:13parce qu'il avait redemandé au peuple une légitimité, mais dans l'esprit de la cinquième, c'est ce qu'il aurait dû faire.
04:18Bon, du reste, tout ça s'est passé, on a une majorité qui est celle qu'il faut, il faut que le 13 octobre, on ait rendu,
04:23en tout cas, on ait décidé en Conseil des ministres d'avoir un budget si on veut le voter avant le 31 décembre,
04:28donc il y a un vrai sujet qui, aujourd'hui, est important.
04:31Donc moi, quand Sébastien Lecornu, qui est la représentation parfaite du macroniste et d'Emmanuel Macron, vous dit
04:37« il faut faire une rupture sur le fond et la forme », bon, ça m'intéresse, j'aimerais voir ce qui va se passer.
04:42Arnaud Benedetti, comment est-ce qu'on peut satisfaire les Français en reservant, j'allais dire, les mêmes recettes ?
04:50Et il y a une autre question qui me taraude, à laquelle vous pourriez peut-être répondre, c'est comment est-ce qu'on peut faire passer, entre guillemets, la pilule,
04:59de se dire que cette méthode-là, c'est-à-dire qu'avec un, j'allais dire, un Premier ministre encore de la Macronie,
05:06c'est moins douloureux que de faire une dissolution et que de rappeler aux urnes.
05:10Le problème, c'est que s'il a fait ce choix, c'est qu'il n'avait pas d'autre choix, malheureusement pour lui.
05:16Pour lui, pour la France, pour la nation, ou pour lui.
05:20Il fait ce choix, parce que c'est un choix contraint, il fait ce choix pour lui, bien évidemment.
05:25Mais si vous voulez, Jules Torres a dit, la majorité, il n'y a pas de majorité.
05:30Le problème de cette Assemblée Nationale, c'est que, c'est la première fois sous la Ve République,
05:34je cesse de le répéter, que vous avez une Assemblée Nationale qui n'est pas capable de générer une majorité.
05:39Vous n'avez, finalement, que des coalitions.
05:41Quand il dit la majorité, c'est le socle commun, c'est la minorité.
05:44Oui, mais à l'Assemblée Nationale, vous avez besoin d'une majorité pour pouvoir, à un moment donné, vous regarder.
05:49Il n'y avait pas de majorité.
05:49C'est une coalition gouvernementale minoritaire.
05:54Appelons ça la coalition gouvernementale.
05:56C'est une coalition gouvernementale, au lieu de l'appeler la majorité.
05:58Mais c'est une coalition gouvernementale, moi c'est comme ça que je l'appelle, qui est minoritaire.
06:02On l'a vu, clairement, lors du vote de confiance.
06:05Vous avez un Premier ministre qui n'a pas pu obtenir plus de 200 voix des parlementaires.
06:09C'est-à-dire qu'il y a même eu une déperdition dans ce qu'ils appellent le socle commun.
06:13Ce qui dit quelque chose, quand même, sur la fragilité qui plus est de cette coalition.
06:17Ensuite, si vous voulez, le problème du Premier ministre, M. Lecornu, c'est que, quand même, il est macroniste depuis 2017.
06:25Ce n'est pas un macroniste récemment rallié, ou quelqu'un comme Michel Barnier,
06:30qui venait de LR, et qui était un Premier ministre considéré comme un Premier ministre venant d'une formation d'opposition.
06:37Lui, il a quand même à avoir, à endosser l'ensemble du bilan du Premier ministre,
06:44et ce bilan du Président de la République.
06:46Et aujourd'hui, ce bilan, il est contesté par une majorité de Français, comme le montrent tous les sondages.
06:51Donc, les marges de manœuvre de M. Lecornu, elles sont extrêmement restreintes.
06:56Et le risque, pour lui, c'est d'être, évidemment, assez rapidement censuré, peut-être plus rapidement que Michel Barnier.
07:03C'est exactement ce que dit Olivier Faure, le Premier secrétaire national du PS et député de Seine-et-Marne,
07:08souhaite un changement de politique.
07:10Sinon, sinon, les socialistes censureront le gouvernement Lecornu, il l'a dit chez nos confrères de France Info ce matin.
07:18Je ne veux pas donner un chèque en blanc à un gouvernement dont je ne sais pas ce qu'il fera.
07:23Je lui demande de renoncer au 49-3, évidemment, parce que ce serait là une démonstration que la méthode change.
07:29Si rien ne change, et si on nous dit, écoutez, bon, on va faire un petit effort,
07:33on va vous faire, allez, 2 milliards sur les ultra-riches, et puis, etc.,
07:37mais on va continuer à ponctionner les retraités, les malades, les chômeurs, les salariés, etc.,
07:41bon, ben alors, en fait, rien n'aura changé.
07:44Et donc, moi, ce que j'espère de ce gouvernement, de ce Président,
07:48c'est qu'ils ont enfin compris quelque chose.
07:49C'est qu'il faut rompre avec la politique qui a été menée depuis 8 ans.
07:53Si c'est pour nous dire qu'on continue comme avant,
07:55s'il fallait que tout change pour que rien ne change,
07:58alors, évidemment, ça ne peut pas marcher,
08:00et les mêmes causes produiront les mêmes effets, et donc, nous censurerons.
08:03Et qu'en pense Laurent Wauquiez, chef de file des députés LR,
08:06chez Sonia Mabrouk, c'était ce matin sur CNews et Europe 1.
08:10Ne tombons pas dans le piège du casting.
08:11La question, c'est pas qui, mais pourquoi faire ?
08:14Quel sera son contrat de gouvernement ?
08:16Et c'est uniquement par rapport à ça que les députés de la droite républicaine se détermineront.
08:20Le sujet, ce n'est pas juste que le Premier ministre reçoive les formations politiques,
08:24c'est qu'on écrive noir sur blanc ce qu'on va faire.
08:27Alors, les conditions...
08:28C'est quand même la moindre des choses.
08:30Dans une démocratie normale, vous n'allez pas dans un gouvernement sans savoir ce que vous allez faire.
08:35Et pourtant, c'est ce qu'on a fait avec François Bayrou.
08:36Ça va être la même tambouille comme ça, jusqu'en 2027, avec des menaces,
08:42il faut savoir ce qu'on fait, et puis les Français, pendant ce temps-là,
08:45vont se retrouver, peut-être, j'en sais rien, à payer des impôts supplémentaires,
08:49parce qu'on sera incapable de réduire les déficits.
08:52Mais pour le coup, ce que disent Olivier Faure et Laurent Wauquiez,
08:55est plutôt juste...
08:55Olivier Faure dit, il faut absolument changer de politique.
08:58Il n'y a pas un Français, à mon avis, en tout cas il y a 70% des Français,
09:01qui veulent qu'on change de politique, que ce soit à gauche ou même à droite.
09:04Et ce que dit Laurent Wauquiez, il a raison.
09:06Mais ils ne veulent pas d'une politique d'Olivier Faure.
09:08Non, ils ne veulent pas d'une politique d'Olivier Faure, je vous confirme.
09:11Mais il faut sur une politique.
09:13Et il y en a toujours, ils ne veulent plus d'une politique à droite.
09:15Du reste, Laurent Wauquiez, quand il dit, la question ce n'est pas le casting, c'est la politique,
09:18il a aussi raison.
09:20Et c'est d'ailleurs pour ça que Sébastien Lecornu va attendre, à mon avis,
09:23plusieurs jours, pour ne pas dire des semaines, avant de nommer un gouvernement.
09:27C'est-à-dire qu'il va faire des consultations, il a commencé cet après-midi,
09:29et il va faire des négociations.
09:31Et naîtra de ces négociations, un gouvernement, je trouve ça plus intéressant,
09:35parce que ça peut permettre quand même d'arriver à des accords.
09:38Il faut un accord de non-censure avec le Parti Socialiste.
09:41C'est pour ça que quand on parle de majorité,
09:42ce n'est pas tant la majorité le sujet.
09:45C'est est-ce qu'il arrive, oui ou non, Sébastien Lecornu,
09:47à avoir un accord de non-censure ?
09:49Pour l'instant, il y en a un, il ouvre la porte.
09:52Regardez Antoine Léoman qui dit d'emblée, de toute façon, on le censure.
09:56Moi, je ne sais pas d'où vient cette idée d'un accord de non-censure dont j'entends parler depuis un an.
10:00Dans la Constitution de la Ve République, il y a la possibilité pour n'importe quel groupe parlementaire,
10:05à un moment donné de la vie parlementaire, de censurer à tout moment,
10:10et de déposer une motion de censure.
10:11L'accord de non-censure, moi, je n'y crois pas véritablement.
10:14De toute façon, il n'y a pas eu d'accord de non-censure.
10:17Les socialistes, au moment de Beyrou, en effet, n'ont pas voté la censure déposée par LFI.
10:25Mais après, je veux dire, à tout moment, ils peuvent redéposer une motion de censure.
10:28Donc, je ne crois pas véritablement à cette possibilité de non-censure.
10:30C'est un fusil à un coup.
10:34C'est un fusil à un coup.
10:3620h43, on reste avec Arnaud Benedetti et Jules Torres pour parler d'autre chose dans l'actualité.
10:42A tout de suite sur Rob.
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