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##BERCOFF_DANS_TOUS_SES_ETATS-2025-09-11##

Catégorie

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News
Transcription
00:00Sous-titrage Société Radio-Canada
00:30La française retrouve son honneur.
00:31Trump parle d'un martyr.
00:32Ne perdez pas votre honneur en salissant vos mains au nom d'un pouvoir qui, lui, a déjà perdu son honneur.
00:37Pour qu'il fasse mettre les drapeaux en berne.
00:39Qui n'a d'ailleurs ni grandeur, ni honneur.
00:41Nous sommes en guerre.
00:43Le nous sommes en guerre, il nous accompagne déjà depuis 5 ans.
00:46Et je crois qu'il va nous accompagner encore longtemps, vous le savez.
00:50Alors, nous sommes en guerre, et bien nous sommes en guerre sur tous les fronts.
00:53Il s'est passé quelque chose de dramatique.
00:55avec, on se rappelle, ce n'est pas assez longtemps, un attentat vide d'assassinat contre Donald Trump, à l'époque candidat.
01:04Fight, fight, fight.
01:05Et puis là, hier, Charlie Kirk.
01:07Charlie Kirk, qui était un des polémistes, un des conservateurs les plus brillants des Etats-Unis,
01:14est mort, assassiné à l'âge de 31 ans.
01:17On ne sait pas encore qui est le coupable, qui sont les coupables.
01:20On va en parler parce que ça indique bien qu'au fond, aujourd'hui, on est déjà aux Etats-Unis,
01:27sinon en guerre civile, du moins en guerre de sécession, au sens littéral du terme.
01:32Et puis, on va parler de la police.
01:33On va parler de la police avec une vidéo, une vidéo choc qui a fait du bruit,
01:37qui est une vidéo de Jean-Pierre Colombias, un policier,
01:41un policier qu'il a été pendant de 1984 à 2018,
01:45qui est maintenant un policier à la retraite, enquêteur, etc.
01:47et qui dit pourquoi ? Eh bien, écoutez, ça ne peut plus marcher comme ça.
01:51Et qui a fait un appel aux policiers de base pour leur dire
01:54vous n'êtes pas obligés toujours d'obéir tout le temps.
01:58Qu'est-ce que ça veut dire ? Appel à la sédition ou pas ?
02:00On va en parler avec Jean-Pierre Colombias.
02:02C'est très très important.
02:04Dans ces temps où vraiment tout s'exacerbe,
02:08si on dit quelque soit, on devient quelque chose,
02:11on devient une cible, une cible peut-être mortelle,
02:14on va en parler donc, et puis on va parler de ce drapeau français.
02:18qu'il ne faut plus montrer.
02:19Ah oui, oui, y compris en France, y compris dans les manifestations.
02:22On va en parler avec Maud Coffler,
02:24qui a elle-même connu cela dans une manifestation en 2018.
02:29Et vous allez écouter le témoignage d'une jeune femme
02:32à qui on a dit que le drapeau français,
02:34non, non, c'est sédicieux, il n'en faut pas.
02:36Alors, on veut savoir où on est.
02:37Et puis tout le reste, on va en parler aussi, bien sûr.
02:40Et puis en seconde partie, la culture dans tous ses états,
02:43on va parler de l'école, on va parler de l'humiliation,
02:46on va parler avec Christine Kelly, d'un côté, qu'on ne présente plus,
02:50Christine Kelly, que vous écoutez tous les jours,
02:53pour ceux qui écoutent ces news, face à l'info,
02:58et puis avec Joachim, Floch Imad, enseignant,
03:02l'école, machine à construction, machine à instruction,
03:06ou machine à destruction.
03:07On en parle tout à l'heure.
03:09André, avant de recevoir votre invité, Jean-Pierre Colombiès,
03:16vous souhaitiez réagir à une autre actualité,
03:18parce qu'hier soir, aux Etats-Unis, a eu lieu un second meurtre sordide.
03:21On parlait de la jeune Ukrainienne Irina, tuée au mois d'août dans un train.
03:24Le militant, Charlie Kirk, a été assassiné hier,
03:26alors qu'il débattait sur un campus.
03:28Il a été atteint d'une balle dans la gorge.
03:30Oui, et puis il est mort, il est mort de ses blessures, bien sûr.
03:33Alors, je voudrais dire aux personnes, évidemment,
03:35qui ne connaissent pas forcément Charlie Kirk,
03:38Charlie Kirk, moi je le suis sur les réseaux sociaux,
03:41sur la télévision depuis des années.
03:43Effectivement, il avait 31 ans,
03:45et il s'est remarqué, et il était absolument remarquable,
03:48par non seulement l'étendue de sa culture,
03:51et sa force de débatteur, etc.,
03:54c'est qu'il avait la maïotique socratique,
03:56c'est-à-dire qu'il était pour ce qu'on appelle la disputatio.
03:59C'est-à-dire, je ne suis pas d'accord avec vous,
04:01mais nous allons faire ce qu'on montagne appelé
04:03le frottis des idées,
04:05frotter nos cerveaux, frotter nos idées,
04:07et il allait, et c'est ça qui est très intéressant,
04:10mais depuis des années, dans les campus américains,
04:12chez les étudiants,
04:13y compris ceux qui étaient woke,
04:15ceux qui étaient gauchistes,
04:17ceux qui ne l'aimaient pas du tout,
04:19et il discutait, et il discutait pendant des heures,
04:21et il discutait, et il avait une telle force d'argument
04:25qu'il arrivait à vraiment, à faire retourner certains,
04:28et s'il ne les retournait pas,
04:29la plupart des personnes étaient à bout d'arguments,
04:33parce qu'ils étaient là, et ils étaient là dans quoi ?
04:35Parce qu'on est ici, en France, la même chose,
04:37on parle des émotions,
04:38on n'a plus le sens du réel,
04:41on a le narratif, voilà.
04:42Moi, c'est mon narratif qui compte,
04:44moi, je connais la réalité,
04:45toi, tu n'y connais rien,
04:46donc si tu n'y connais rien,
04:47tu es un salaud, un facho,
04:49ou ceci, ou cela, etc., etc.
04:51Et il en est mort,
04:53et il en est mort,
04:53parce qu'il a fondé,
04:55il a réussi à fonder un mouvement conservateur très fort,
04:58il n'était pas politique,
04:59il n'était pas,
05:00c'était quelqu'un qui adorait aller,
05:04aller sur le terrain,
05:05justement,
05:06pas du tout seulement à la radio,
05:07à la télévision,
05:08beaucoup moins que sur le terrain,
05:09et pendant des années,
05:11des années,
05:11les gens l'ont écouté,
05:12et on voit,
05:13la nouvelle de sa mort hier,
05:15de son assassinat,
05:17a vraiment provoqué
05:18beaucoup de,
05:20je dirais,
05:21alors c'était extraordinaire,
05:22de sources de joie
05:24chez les gauchos,
05:27wokistes et tout ça,
05:28oui, c'est très très bien,
05:29il n'était pas bien,
05:30il nous embêtait,
05:31il avait eu un succès auprès des jeunes,
05:33donc c'est très bien qu'il soit parti,
05:35mais tous les autres,
05:36il faut voir,
05:36des centaines de milliers sont réunis
05:38pour le pleurer,
05:40ou pour prier,
05:41ou autre chose,
05:42en tout cas,
05:43ce qu'il faut retenir,
05:45c'est qu'il n'est pas possible
05:47qu'on soit en France,
05:48ou en Amérique,
05:48ou ailleurs,
05:49qu'on puisse tuer quelqu'un
05:50pour ses idées,
05:51tuer quelqu'un pour ses idées,
05:53alors je sais que c'est pas nouveau,
05:54ça fait des siècles qu'on le fait,
05:56mais chaque nouvelle manifestation de cela,
06:00elle doit être un scandale,
06:01et le scandale,
06:02je vais vous dire,
06:03c'est quand on entend des gens
06:04qui justifient ça,
06:05vous savez,
06:06il y a pire que les semeurs de haine,
06:08les trafiquants d'excuses,
06:10alors là,
06:10les marchands d'excuses,
06:11ça marche très fort,
06:12et par exemple,
06:13hier sur LCI,
06:14ils discutaient,
06:15il y avait Sergei Girnov,
06:17il y avait Samantha de Bernal,
06:19il y avait Guillaume Roquet,
06:22le directeur de Figaro,
06:24juste,
06:25on va passer un court extrait,
06:26écoutez.
06:27ça veut dire,
06:28les trompistes,
06:29les magas,
06:29ils ne sont pas les victimes,
06:31c'est eux qui provoquent la haine
06:32dans la société américaine,
06:34c'est eux qui détruisent,
06:35c'est eux qui détruisent,
06:36les institutions américaines,
06:38c'est eux qui meurent,
06:38c'est eux qui meurent,
06:39c'est eux qui meurent,
06:40c'est une réaction,
06:42c'est une réaction humaine,
06:44c'est une réaction humaine,
06:45aux Etats-Unis,
06:46si vous provoquez la haine,
06:48si vous provoquez la haine,
06:50vous recueillez la tempête.
06:54Non mais sérieusement,
06:55quand le président des Etats-Unis tweet,
06:58j'aime l'odeur des déportations le matin,
07:00s'il vous plaît,
07:01on ne peut pas dire que tuer quelqu'un
07:02est une réaction humaine,
07:02point.
07:03C'est ce que Sergei vient de dire,
07:05Sergei vient de le dire.
07:07Voilà,
07:07c'est pas mal que Darius Rochemin relève,
07:10on ne peut pas dire que tuer quelqu'un
07:12est une réaction humaine,
07:13ce que venait de dire l'interlocuteur,
07:15ah ben oui,
07:15mais vous comprenez,
07:16Donald Trump,
07:17il sème la haine,
07:18donc il récolte la haine,
07:19donc voilà,
07:20tuer quelqu'un,
07:21tuer peut-être Donald Trump
07:22qui a failli d'ailleurs se faire oxyre
07:23il y a quelques mois,
07:24tuer Charlie Kirk,
07:26et ben écoutez,
07:27c'est une réaction humaine.
07:29Une réaction humaine.
07:31Où en est-on pour dire ça comme ça ?
07:34Où en est-on ?
07:35Et heureusement qu'il y avait Guillaume Roquette
07:37qui a essayé de tempérer la chose un peu,
07:40mais où on en est là ?
07:41Où on en est ?
07:41Et quand on entend sur BFM TV,
07:45Dominique de Villepin,
07:48Dominique de Villepin,
07:49bon,
07:50ancien ministre d'Invest-Angers,
07:51ancien ministre,
07:52il dit,
07:52Donald Trump a une irresponsabilité immense
07:55dans sa dérive de violence aux Etats-Unis,
07:57et il ajoute Dominique Veltin
07:59parce qu'il a supprimé la réalité.
08:01Ah bon ?
08:02Donald Trump a supprimé la réalité.
08:04Donc,
08:05moi j'aimerais,
08:05d'ailleurs j'invite Dominique Villepin
08:07à Sud Radio,
08:08on serait ravi qu'il nous explique
08:09ce qu'est la réalité,
08:10je suis sûr qu'il aura beaucoup de choses à dire.
08:12Et je crois que vraiment,
08:14cette histoire-là,
08:15elle nous interpelle.
08:18Et avant-hier,
08:19on avait parlé de ce meurtre immonde,
08:21de cette décapitation,
08:23ou presque dégorgement,
08:24de cette pauvre réfugiée ukrainienne
08:26qui était arrivée,
08:27qui avait 23 ans,
08:28et qu'un racisé a littéralement oxy.
08:31Bon,
08:32mais là,
08:33voilà,
08:33il y a eu le même style de réaction.
08:36Et là,
08:37c'est-à-dire que si j'ai un opposant politique
08:40ou quelqu'un qui ne me plaît pas,
08:41il meurt,
08:42ah,
08:42ben il l'a bien cherché.
08:44Et sinon,
08:44c'est Donald Trump,
08:45évidemment,
08:46c'est toujours la faute à Donald Trump,
08:47ou autre.
08:49Je crois qu'il y a quelque chose là à méditer.
08:52Est-ce qu'on va suivre
08:53cette espèce de pente sanglante et savonneuse
08:56en France,
08:57au risque de le faire ?
08:58Vous savez,
08:59en Amérique,
09:00on a l'impression qu'une nouvelle guerre de sécession a commencé.
09:03On aimerait qu'en France,
09:04on n'ait pas le même type de guerre civile,
09:07même à bas bruit.
09:08comme dans tous ses états,
09:11le fait du jour.
09:13Eh bien,
09:13le fait du jour,
09:14c'est une vidéo
09:17que nous avons vue
09:19et qui est une vidéo
09:20qui parle assez fort.
09:23Jean-Pierre Colombias
09:24a exhorté
09:25les fonctionnaires de police
09:27à refuser d'obéir aux ordres du gouvernement Macron
09:29qu'il qualifie de fondamentalement corrompu.
09:34Alors,
09:34c'est rare,
09:35effectivement,
09:35qu'un policier,
09:36alors je répète,
09:37je rappelle qu'il est policier
09:38à la retraite,
09:39qu'il a suivi
09:40un parcours
09:41très long
09:42et plutôt exemplaire,
09:45d'ailleurs.
09:45Il est entré à la police en 1984,
09:47il l'a quitté
09:48en 2018.
09:50Alors,
09:50Jean-Pierre Colombias,
09:51on va parler,
09:52effectivement,
09:52du contenu
09:53de cette vidéo
09:55et c'est assez rare
09:57et même très rare
09:58qu'un policier
10:00ou qu'un gendarme,
10:02bon,
10:02les militaires,
10:03c'est entre autres choses,
10:03c'est la grande muette,
10:04mais il parle et incite,
10:06effectivement.
10:07Alors,
10:08on vous laisse l'entière responsabilité
10:09de vos paroles,
10:10mais ce qui m'intéresse,
10:11c'est que vous vous rappeliez,
10:12vous ne rappeliez votre parcours
10:13de policier,
10:14parce que vous avez abordé
10:15divers,
10:16les divers domaines.
10:18Rebonjour,
10:19tout d'abord.
10:20Une petite précision juste technique,
10:22parce que cette vidéo,
10:22effectivement,
10:23a tourné
10:24à mon corps défendant
10:25de manière extrêmement importante
10:27et on m'a présenté
10:28comme étant
10:28ex-patron de l'APJ,
10:30ce qui n'est absolument pas le cas.
10:31D'accord.
10:31Pas du tout
10:32ancien patron de l'APJ,
10:33je ne suis même pas
10:33commissaire de police,
10:34je n'ai jamais revendiqué
10:36quelques qualités,
10:36quelques fonctions
10:37qui n'étaient pas la mienne.
10:38Je n'ai jamais eu besoin de ça.
10:40Autre chose,
10:40ça a été également présenté
10:42comme étant
10:42une exhortation
10:43à la désobéissance.
10:45Ce n'est pas du tout ça.
10:45Alors,
10:46on va en parler,
10:46si vous voulez.
10:47Moi,
10:47je voudrais d'abord
10:47que vous parlez de votre parcours.
10:48D'accord.
10:49Parce qu'on va revenir
10:49sur la vidéo,
10:50c'est clair.
10:51Mon parcours,
10:52effectivement,
10:52il est assez polymorphe,
10:53on va dire.
10:54Puisque j'ai commencé
10:55comme inspecteur,
10:56c'était ma vocation,
10:57comme beaucoup d'autres
10:58dans les années 80,
10:59début des années 80,
11:00c'était l'enquête.
11:01Donc,
11:02j'ai eu effectivement
11:02un parcours très diversifié
11:04en brigade financière,
11:05brigade des stups
11:05au Quai des Orfèvres,
11:07ensuite le SRPJ de Marseille,
11:08brigade criminelle,
11:09brigade des stups,
11:10brigade d'atteintes aux personnes
11:11où nous étions spécialisés
11:12dans les viols
11:13et les agressions sexuelles.
11:13Ah oui,
11:14les viols,
11:14agressions sexuelles,
11:15violences volontaires graves,
11:17comme les tentatives d'homicides
11:19ou même certains homicides,
11:20violences urbaines,
11:21donc on intervenait
11:22beaucoup dans les cités
11:23pour régler
11:23des problématiques
11:24de règlement de compte
11:25entre bandes,
11:27déjà à l'époque.
11:28Et puis ensuite,
11:29arrive la police de proximité
11:30qui a complètement déstructuré
11:32la police de cette ville,
11:33de Marseille.
11:34Pour vous,
11:35c'est une mauvaise idée,
11:36la police ?
11:37C'est une fausse bonne idée.
11:38Une fausse bonne idée.
11:38C'est-à-dire qu'on réinventait
11:39l'eau tiède.
11:41M. Chevènement avait cru
11:42réinventer un concept
11:43qui existait déjà
11:44bien avant
11:44qu'il lui-même
11:46n'ait ses fonctions,
11:47puisque déjà depuis
11:48très très longtemps,
11:49les policiers étaient,
11:49je dirais,
11:50impliqués dans la vie du quotidien
11:51et vivant au milieu
11:53de leurs concitoyens.
11:55Puisque beaucoup de gardiens
11:56de la paix à l'époque
11:56à Paris, notamment,
11:57vivaient dans des loges
11:58de concierges.
11:59Enfin, c'est presque caricatural
12:01ce que je vous dis là,
12:02mais c'était une réalité.
12:03Il y avait véritablement
12:04un échange.
12:04Bref, il a voulu réinventer ça,
12:06sauf qu'entre-temps,
12:07le temps a été passé,
12:08il n'y avait plus autant
12:09de fonctionnaires de police
12:09que cela.
12:10Et dans beaucoup de villes,
12:11notamment des villes de province,
12:13il a fallu déshabiller Pierre
12:14pour habiller Paul.
12:15Ce qui était notre cas,
12:17puisque l'unité
12:18qui était spécialisée
12:18à laquelle j'appartenais
12:19a été supprimée
12:20d'un claquement de doigts
12:21pour nourrir ce nouveau concept
12:23ou plutôt ce néo-concept
12:25qui était mis en place,
12:26notamment à Marseille.
12:27Après, je suis parti
12:28dans une brigade territoriale,
12:29j'étais chef d'arrondissement,
12:31puis je suis revenu
12:32en région parisienne
12:33où j'ai travaillé trois ans
12:33à Neuilly-sur-Seine.
12:35Ensuite, Boulogne-Billancourt,
12:37toujours dans le judiciaire.
12:39Toujours dans la PJ ?
12:39Toujours dans la PJ.
12:41Ce n'est pas vraiment la PJ,
12:41mais on va dire la PJ.
12:42On va rester simple.
12:44Après, à l'état-major des Hauts-de-Seine,
12:46pendant un temps relativement en cours,
12:47puis délégué syndical permanent,
12:49donc ça a été mon métier,
12:50pendant trois ans.
12:51Puis ensuite,
12:52j'avais déjà l'idée
12:53d'arrêter ma fonction
12:54pour retourner
12:55dans un commissariat parisien
12:56au 16e arrondissement
12:57où j'ai décidé d'arrêter définitivement
12:59ma carrière en 2018.
13:00D'accord.
13:01Alors justement,
13:02donc vous avez une carrière,
13:04vous avez embrassé,
13:05comme on dit,
13:06la plupart des domaines.
13:08Disons que vous avez touché
13:08à tout quasiment.
13:10Sans être un touche-à-tout,
13:11mais c'est très intéressant
13:12parce que ça va être votre expérience.
13:13Alors, qu'est-ce qu'il fait ?
13:14Alors parlons de cette vidéo.
13:16Vous avez dit,
13:17corrigez-moi si je me trompe,
13:18et c'est quand même fort.
13:21Vous exhortiez les fonctionnaires de police
13:23à refuser d'obéir
13:23aux ordres du gouvernement Macron
13:24que vous qualifiez
13:26de fondamentalement corrompus,
13:27je reprends vos paroles.
13:29Vous dites,
13:30selon vous,
13:30les forces de l'ordre
13:31ne défendent plus les citoyens
13:32mais servent les intérêts
13:33d'une élite affairiste,
13:35une prise de position radicale
13:37qui vous a valu effectivement
13:38beaucoup de réactions,
13:40ce qu'on peut comprendre.
13:41Et donc,
13:42vous dites,
13:42voilà,
13:43pouvoir toxique,
13:44attention les jours sombres,
13:46violents troubles sociaux
13:47qu'on peut attendre,
13:48etc.
13:49Et d'ailleurs,
13:50c'est un peu l'actualité
13:51aujourd'hui.
13:53Et puis,
13:53est-ce que votre message
13:54s'adressait à qui ?
13:55Aux policiers de base
13:57quand vous dites,
13:57attention,
13:58il y a l'honneur,
13:59il y a la police,
14:01etc.
14:01Et vous n'êtes pas tenu
14:03d'obéir à tous les ordres
14:04qu'on vous donne,
14:05surtout si ces ordres
14:06proviennent peut-être
14:07d'une source
14:07qui n'est pas parfaitement claire.
14:09Est-ce que c'est ça
14:09ou c'est pas ça
14:11ce que vous avez voulu dire ?
14:12Grosso modo,
14:13c'est ça.
14:13Mais vous savez,
14:14ce que j'ai fait,
14:14c'est simplement
14:15de rappeler une chose élémentaire,
14:17c'est le fameux code
14:18de déontologie
14:19et le code pénal.
14:21Les choses sont inscrites
14:23bien avant que je les ai développées
14:25dans cette toute petite vidéo.
14:27Du reste,
14:28c'est un coup de gueule,
14:29si vous voulez.
14:29C'est vraiment un coup de gueule,
14:30c'est un coup de colère
14:31parce que j'ai considéré
14:32qu'il y en avait assez
14:33d'utiliser la police
14:35comme régulateur social
14:36et empêcheur
14:37de manifester pacifiquement.
14:39J'insiste là-dessus
14:40parce que j'ai participé
14:42en tant que témoin
14:43à beaucoup de manifestations,
14:45que ce soit pendant
14:45les Gilets jaunes
14:46ou pendant...
14:46En tant que témoin policier,
14:47quand même ?
14:48Non, témoin citoyen.
14:49Témoin citoyen.
14:50Témoin citoyen.
14:51Non, non, j'étais plus...
14:52Je voulais la précision.
14:53Vous faites bien de le faire.
14:54Non, non, j'étais témoin citoyen.
14:56Je voulais voir de quoi on parlait.
14:57D'accord.
14:57Je voyais sur les chaînes
14:58que passaient en boucle
14:59des images de violences,
15:01de confrontations systématiques
15:03entre les forces de l'ordre
15:04et les fameux,
15:05entre guillemets,
15:06black blocs.
15:07Je me suis dit,
15:08pour savoir de quoi on parle,
15:09autant aller voir sur place
15:10comment ça se passe.
15:10Effectivement,
15:11j'y suis allé
15:11et comme beaucoup,
15:13j'ai failli prendre
15:13et des coups de matraque
15:15et du lacrymogène
15:15dans la figure
15:16et puis j'ai vu
15:17comment le balai sécuritaire
15:19s'est organisé sur le terrain.
15:21Je me dis,
15:21à un moment donné,
15:22il faut arrêter
15:22parce que ce que je voyais
15:24de la part des manifestants,
15:25notamment pendant les Gilets jaunes,
15:26au début en tout cas,
15:27je voyais des familles,
15:29je voyais des gens
15:29comme vous et moi
15:30qui venaient pour porter leur voix,
15:32pour qu'on les écoute
15:33et on y reviendra,
15:34c'est fondamental
15:35parce que ces gens-là
15:36ne sont plus écoutés.
15:37Ils ont le sentiment,
15:38véritablement,
15:39qu'il n'y a plus de relais
15:40entre eux,
15:41entre l'opinion publique
15:42et le peuple
15:42et leurs élus,
15:44leurs représentants.
15:44ne parlons même pas d'élite.
15:46Ne parlons même pas d'élite.
15:47Leurs représentants
15:48qui sont chargés
15:49de porter leur parole.
15:50Il y a une distorsion
15:51réelle, concrète.
15:52Il faut aller voir ces gens-là.
15:53Il ne faut pas simplement
15:54se contenter
15:55de commenter de loin
15:56sur des plateaux télé
15:57ce qui s'y passe.
15:58Il faut aller voir ces gens-là.
15:59Il faut discuter avec eux.
16:00J'ai même croisé des black blocs
16:01qui m'expliquaient
16:02comment ils se débrouillaient
16:03pour mettre le feu
16:04tous les 100 mètres
16:05pour attirer les CRS
16:06et provoquer une charge de CRS
16:08qui allait elle-même
16:09s'opposer,
16:10non pas à eux,
16:11mais aux manifestants.
16:12Et tout ça, pour moi,
16:14c'était, si vous voulez,
16:15inentendable au bout d'un moment.
16:16Mais je réagis, là,
16:17comme beaucoup de citoyens.
16:19Je réinvente
16:19ou je n'invente rien
16:21ou je n'apprends rien
16:22à pas grand monde,
16:22si vous voyez ce que je veux dire.
16:24On sait très bien
16:24ce qui se passe.
16:24Non mais quand même,
16:25parce que ce que vous dites quand même,
16:26qu'il y a une mécanique
16:27qui s'est mise en place
16:28et que ce qu'on voyait
16:29à la télévision
16:30ou entendait à la radio
16:32n'était pas forcément
16:33ce qui se passait
16:35sur le terrain.
16:35Déjà d'une part,
16:36mais aussi,
16:36et comme je l'ai rapporté
16:37sur d'autres antennes
16:42et indiqué et rappelé,
16:43notamment sur la plage
16:44de Facebook
16:46sur laquelle j'interviens
16:48très fréquemment,
16:49j'ai rappelé juste
16:50une chose essentielle
16:51parce que beaucoup
16:51estimés pensaient
16:53que parce qu'on leur donnait
16:54un ordre,
16:55je dirais,
16:55de charge, par exemple,
16:57tout était permis.
16:58J'ai juste rappelé
16:58une chose essentielle,
16:59fondamentale,
17:00qui est dans le code pénal,
17:01qui est dans le droit,
17:02c'est que chaque acte individuel,
17:04vous en êtes responsable.
17:05C'est-à-dire que
17:05quand vous vous attaquez
17:06à une personne
17:07qui est sans défense...
17:09Que vous soyez policier ou pas,
17:10gendarme ou pas.
17:11Exactement,
17:11force de sécurité.
17:12On va dire force de sécurité.
17:13Absolument.
17:13Et que vous commettez
17:15individuellement,
17:16je dis bien,
17:16quelque chose
17:17qui est répréhensible.
17:18Il ne faut pas s'étonner
17:19que la justice vous poursuive.
17:20C'est tout ce que j'ai voulu dire.
17:21J'ai dit à un moment donné
17:22parce qu'on nous a suriné
17:23la tête avec ça.
17:24Moi, je me souviens
17:25dans les années 80,
17:26lorsque le premier code
17:27de déontologie est arrivé,
17:29j'étais déjà dans la police,
17:31c'était au début des années 80,
17:32au moment du premier mandat
17:34de François Mitterrand,
17:35je me disais,
17:35attention,
17:36si vous recevez des ordres,
17:37quels qu'ils soient,
17:38faites bien attention,
17:39vous avez un code de déontologie
17:40qui non seulement vous interdit
17:42de faire ce que vous ne devez pas faire,
17:44ce que la loi vous autorise à faire,
17:45vous n'avez pas le droit
17:46d'outrepasser ses pouvoirs,
17:48et lorsqu'un ordre illégitime
17:49vous est donné,
17:50vous ne devez pas y obéir.
17:52Ce n'est pas moi qui le dis.
17:53C'est dans le code de déontologie.
17:55On est bien d'accord.
17:56Tout ça est un rappel.
17:58Maintenant,
17:58une fois que vous avez
17:59des autorités politiques
18:01qui piétinent
18:03ce concept,
18:04ces concepts-là,
18:05liés directement aux libertés publiques,
18:07je trouve qu'il y a un danger,
18:08il y a un problème
18:08dont la première conséquence
18:10est évidente,
18:11c'est de provoquer
18:11une fracture irréversible
18:13entre des forces de l'ordre
18:14qui au quotidien
18:15défendent les citoyens.
18:16Parce que ce n'est pas que ça,
18:17la police.
18:18Ce n'est pas que du maintien de l'ordre,
18:20on va être clair.
18:20C'est au quotidien
18:21la défense de celles et ceux
18:22qui ne peuvent pas se défendre.
18:24Tout simplement.
18:25Mais quand on réduit
18:26via des images récupérées
18:27sur des manifestations
18:29et qu'on envoie des flashs,
18:30et là,
18:31pour cela,
18:31il y en a autant pour la gauche
18:32que pour la droite,
18:33et qu'on caricature
18:34l'action de la police,
18:36moi, en tant que citoyen,
18:37à fortior en tant que citoyen policier,
18:39ça me désarme,
18:39ça me désole surtout.
18:40Alors,
18:41c'est pour ça que là,
18:43donc récemment,
18:44vous avez donc remis,
18:46non pas de l'huile sur le feu,
18:48mais vous avez réenclenché cela
18:50pour dire,
18:51écoutez,
18:52attention,
18:52attention,
18:53attention,
18:54danger de divorce,
18:55danger de tout cela,
18:56danger de sélition
18:57ou de sécession,
18:59il faut éviter,
19:00effectivement,
19:00est-ce que,
19:01quand vous dites,
19:02effectivement,
19:03parce que là,
19:05on peut vous répondre
19:06à des fonctionnaires de police,
19:08vous n'avez pas obéiés aux ordres,
19:10mettons,
19:10du gouvernement Macron
19:11fondamentalement corrompu,
19:13où,
19:14effectivement,
19:14toutes ces crises actuelles,
19:15économiques,
19:16sécuritaires,
19:16sociales,
19:17sanitaires,
19:18ça,
19:18tout le monde les voit,
19:19etc.
19:19Mais est-ce que c'est le rôle
19:21d'un policier,
19:22parce qu'il y a là,
19:23on pourra vous dire,
19:24mais attendez,
19:24vous appelez quand même
19:25à la sédition,
19:26est-ce qu'un policier
19:27pourra dire,
19:27comment je peux juger,
19:29moi,
19:29si ce gouvernement
19:31ne fait pas son métier,
19:33et que je dois,
19:34moi,
19:34policier,
19:35qui est chargé
19:36de maintien de l'ordre,
19:37et puis de tout le reste,
19:38comme vous dites très bien,
19:40est-ce qu'il n'y a pas,
19:41quand même,
19:41danger de dérive
19:44de la part de certains
19:45qui auront peut-être
19:46pas compris tout à fait
19:48ce que vous voulez dire ?
19:48C'est pour ça que je voulais
19:49vous préciser bien la chose.
19:50S'ils n'ont pas compris,
19:51c'est dommage,
19:51mais je ne fais que,
19:52je me rappelle,
19:53je ne fais que rappeler
19:54des règles essentielles.
19:56Après,
19:56si ça amuse,
19:57enfin,
19:57non,
19:57ça ne les amuse pas,
19:58du reste,
19:58mais si certains,
20:00dans les arcanes du pouvoir,
20:01trouvent intéressant
20:02ou utile
20:03d'utiliser les forces
20:04de l'ordre
20:05en fonction
20:06de leurs intérêts propres,
20:07là,
20:08ça pose problème.
20:09Je suis désolé de le dire,
20:10si on est à la croisée
20:11des chemins,
20:12on est en train de vivre
20:12un phénomène de société
20:14assez inégalé,
20:15y compris pendant mai 68,
20:17on n'a pas eu ça.
20:18D'accord ?
20:18On n'a pas eu,
20:19alors bien évidemment,
20:19il y avait des slogans
20:20que tout le monde connaît,
20:20CRSS,
20:21je ne sais pas si bien.
20:22A l'époque,
20:23il y avait déjà eu
20:24une crise d'évocation
20:25du reste dans la police,
20:28assez longue,
20:29assez importante.
20:30Ce n'est pas utile
20:31de réitérer cette cassure
20:33parce qu'on s'en était sortis,
20:34justement.
20:35Mais là,
20:36pour le coup,
20:36ça dure.
20:39Ça dure.
20:39Il n'y a pas
20:40une seule revendication sociale
20:41qui n'est pas vue
20:42comme aboutissement
20:43une confrontation directe
20:45entre des manifestants,
20:47la population
20:47et les forces de sécurité.
20:48Et on voit bien
20:49que c'est le dernier recours
20:50ou quasiment le seul recours
20:52qu'a le pouvoir en place
20:54pour dire
20:54on ne va pas discuter,
20:55vous avez quelque chose
20:56à dire,
20:56vous manifestez,
20:57il n'y a pas de problème.
20:57De toute façon,
20:58j'ai des régiments entiers
20:59de CRS et de gendarmes.
21:01Quoi que vous fassiez,
21:02quoi que vous disiez,
21:02on vous répondra
21:03uniquement par la force.
21:03Ça ne change pas.
21:04Et je vous rappelle
21:05les déclarations
21:05du Didier Lallement lui-même.
21:07Du préfet de police
21:08de l'époque.
21:09Qui avait dit
21:09de toute façon,
21:10on n'est pas dans le même camp
21:11et il se passera
21:12ce qui se passera.
21:13Il avait dit ça
21:13à une dame
21:14qui est discutée.
21:15Il avait dit
21:15bien d'autres choses.
21:16Alors,
21:16Jean-Pierre Colombias,
21:18si vous voulez intervenir,
21:20auditeurs résistants
21:21de Sud Radio,
21:220826 300 300,
21:230826 300 300.
21:26N'hésitez pas à intervenir.
21:27Mais justement,
21:29parlons-en.
21:29Là,
21:29on a vu,
21:30par exemple,
21:30hier,
21:3110 septembre,
21:32c'était hier,
21:33à Jean-Pierre Colombias.
21:35Vous vous rappelez,
21:36il y a eu,
21:37pendant 10 jours,
21:38on a dit,
21:38qu'est-ce que ça va être
21:39le 10 septembre,
21:39etc.
21:40Mais l'impression
21:41qu'on a eu,
21:41alors encore une fois,
21:42nous n'étions pas
21:43sur le terrain,
21:44personnellement,
21:45mais il y avait des gens
21:46qui étaient.
21:47On a l'impression
21:47qu'il y a eu,
21:48effectivement,
21:49casseurs d'un côté
21:50avec toutes les dérives
21:51des casseurs,
21:53et que ça s'est réduit.
21:55Je caricature,
21:56évidemment,
21:57de manière forte
21:59et peut-être
22:00un peu simpliste,
22:00mais on a l'impression
22:01que, justement,
22:02les Français,
22:03et Dieu sait si les Français
22:04ont des choses à dire,
22:05et on le dit tout le temps,
22:06ici,
22:06à l'émission,
22:07à la radio,
22:08et on a l'impression
22:09que les Français
22:10sont en parenthèse
22:10et que c'est un affrontement
22:11entre CRS,
22:12gouvernement d'un côté,
22:14et, je dirais,
22:16Black Bloc
22:17ou autre casseur
22:18ou gauchiste
22:19ou autre casseur opportuniste,
22:21tout simplement.
22:21On ne va pas être naïf.
22:22On sait très bien
22:23que les grandes manifestations,
22:24les grands mouvements populaires
22:26sont aussi l'occasion,
22:28très souvent,
22:28trop souvent,
22:29pour que des casseurs
22:30viennent profiter,
22:31justement,
22:31de ce trouble,
22:32de ce désordre
22:33pour casser des magasins.
22:34Enfin, ceux-là
22:34ne sont ni Black Bloc
22:36ni manifestants,
22:36c'est juste des voyous,
22:37pour être clair.
22:39Mais ils viennent,
22:39ils viennent.
22:40Ils viennent,
22:40ils viennent même en nombre.
22:42On l'a bien vu
22:42au moment de la fameuse finale
22:44de la Coupe d'Europe,
22:45ils ne se sont pas gênés
22:46pour piller
22:46et mettre en coupe réglée
22:47tous les supporters
22:48qui sont venus assister
22:49à ce match de foot.
22:50Donc ça,
22:51on n'est pas dans
22:52la revendication sociale,
22:53mais là,
22:53on est dans un,
22:54pour le coup,
22:54on est dans ce qu'on appelle,
22:56je ne suis pas le seul à le dire,
22:57la délinquance d'opportunité
22:59qui se greffe
22:59systématiquement à ça.
23:01Bien sûr.
23:02Ça,
23:02c'est quasiment anecdotique
23:03parce qu'on pourrait lutter
23:04contre ça,
23:05mais là,
23:05on attaquerait un autre sujet
23:07sur,
23:07je dirais,
23:08l'impact de la peine
23:09dans la pression pénale.
23:11Mais là,
23:11pour vous,
23:12pour revenir à ça,
23:12Jean-Pierre Colombiès,
23:13comment un policier,
23:14justement,
23:16vous estimez que,
23:18c'est très difficile,
23:19je vois très bien
23:20ce que vous voulez dire,
23:21mais comment,
23:22quand vous appelez les policiers
23:23à dire,
23:24attention,
23:24ne faites pas quelque chose,
23:26comment mesurer ?
23:27Comment,
23:28je ne sais pas,
23:29le policier de base,
23:29je ne le suis pas,
23:30vous savez ça mieux que moi,
23:31comment mesurer cela ?
23:33On a eu quand même
23:34des images terribles
23:35pendant les Gilets jaunes.
23:36On a vu des...
23:37Les éborgnements,
23:38etc.
23:39Des manifestants
23:40qui ne commettaient
23:42aucune dégradation
23:43et qui ont quand même
23:43pris des projectiles
23:44pleines faces.
23:46On a vu des...
23:46Enfin,
23:47cette image de cette jeune femme
23:48qui marche
23:49et qui prend une charge
23:50par derrière,
23:51excusez...
23:51Enfin,
23:51moi,
23:52c'est au-delà
23:53en tant que poudite,
23:53en tant que policier,
23:54mais c'est tout simplement
23:55en tant que citoyen
23:56que ça me choque
23:57et que ça me navre.
23:58Ça me navre.
23:59Je veux voir
24:00les forces de police
24:01se comporter comme ça,
24:02je suis désolé.
24:03Ce n'est pas ma philosophie,
24:05mais sachez quand même une chose,
24:06c'est que la grande majorité
24:07des policiers
24:08ne cautionne pas ça.
24:09Bien sûr.
24:10Personne ne cautionne ça.
24:12Enfin,
24:12dans l'ensemble.
24:14Attention,
24:15après,
24:15il y a toujours des cas particuliers.
24:18Dans tous les métiers.
24:19Vous savez,
24:19tout ça provoque
24:21une chose
24:21qui est très concrète.
24:23C'est un désamour total
24:24pour la fonction.
24:25Et ça,
24:25ça va poser un problème
24:26dans les années à venir.
24:27C'est-à-dire qu'on a un problème
24:27de recrutement.
24:28Il y a une vraie crise
24:29de recrutement.
24:29Il y a une crise
24:30de recrutement considérable.
24:31Ce n'est même pas moi
24:31qui le dit,
24:32c'est la Cour des comptes.
24:32Je renvoie à ceux
24:34qui ont la patience
24:34de lire le rapport
24:35de la Cour des comptes.
24:36Ces rapports-là
24:37sont très intéressants
24:38parce que là,
24:39on n'est pas dans l'effet de manche.
24:41On est juste
24:41dans l'analyse concrète,
24:43technique.
24:44On a des recrutements
24:45qui sont terrifiants
24:46de par leur niveau.
24:48Donc,
24:48vous recrutez à peu près
24:49quasiment n'importe qui.
24:50Vous les formez
24:51un peu comme on peut.
24:52Vous avez une formation judiciaire
24:54qui est quasi réduite
24:55à peau de chagrin.
24:56Il faut savoir
24:56que quasiment aucun,
24:58enfin très peu,
24:58de policiers
24:59nouvellement recrutés
25:00ne veulent travailler
25:01en judiciaire.
25:03Alors,
25:03tout ce que je dis,
25:03là,
25:04si vous voulez,
25:04dans les faits immédiats,
25:05ça ne sera pas nécessairement
25:06tout de suite visible.
25:08On verra les conséquences
25:09sur les années à venir.
25:10Et quand vous avez
25:10un déficit de vocation
25:11à tous les niveaux,
25:13que ce soit pour entrer
25:13dans cette administration
25:14ou pour en plus
25:15exercer des métiers
25:17très spécifiques,
25:18c'est plus tard
25:18qu'on va le voir.
25:19Cela dit,
25:20je vous invite
25:20à vous rapprocher
25:21de certains magistrats
25:22si vous en connaissez
25:22et vous verrez
25:23si ce que je dis
25:24est juste un effet
25:25rhétorique.
25:26pas du tout.
25:27Les magistrats s'en plaignent,
25:28il y a un véritable problème
25:29de qualité procédurale.
25:31Parfois,
25:31certains PV sont illisibles.
25:33Je ne passe même pas
25:34sur les fautes d'orthographe.
25:35Je parle sur le sens.
25:36Donc,
25:37c'est un vrai problème
25:37que nous avons
25:38qui, pour moi,
25:39n'est pas simplement
25:39un problème technique,
25:40mais c'est un problème
25:41de société.
25:42Et à force d'appuyer là-dessus,
25:43on va vers une fracture
25:44qu'on mettra des années,
25:45des années à résorber.
25:47Et ce n'est pas normal.
25:48Oui,
25:48mais alors,
25:48est-ce qu'on résout cela,
25:50on voit bien,
25:51est-ce qu'on résout cela
25:53notamment en faisant
25:54un appel au policier
25:55en disant
25:55attention,
25:56attention,
25:56vous vousisez d'obéir ?
25:58Attention à ce que vous faites.
25:59On m'a toujours dit,
26:00attendez,
26:01on incite même
26:03à la dénonciation.
26:05Je vous le rappelle,
26:06ce n'est pas moi qui l'ai,
26:06c'est dans les textes.
26:07Si en tant que policier,
26:09vous assistez
26:09à quelque chose d'illégal,
26:11vous êtes tenu
26:12de le dénoncer.
26:13Ce n'est pas moi
26:14qui l'invente
26:14pour la circonstance.
26:15C'est le code déontologie.
26:16Sur ce plateau,
26:17vous avez la gentillesse
26:17de m'inviter.
26:18C'est inscrit
26:19dans le code de déontologie.
26:20Alors,
26:20il faut savoir ce qu'on veut.
26:21On ne peut pas faire
26:21la morale d'un côté
26:22et sanctionner de l'autre
26:24quand justement
26:24il y a des dérapages.
26:25Et ce à quoi j'invite,
26:27c'est justement
26:27à tous ces fonctionnaires
26:28du terrain de la base,
26:30faites attention,
26:31votre responsabilité à vous
26:32sera engagée
26:33si vous dérapez.
26:34Même si celui ou celle
26:36qui vous a donné
26:37cet ordre-là
26:37vous laisse l'impression
26:39que vous pouvez
26:39tout vous permettre.
26:40C'est tout ce que je dis.
26:41Je ne dis pas autre chose.
26:43Je n'appelle pas
26:43à la révolte,
26:44à la révolution
26:45dans l'institution police.
26:46Juste à la responsabilité
26:47et au discernement
26:49et être en accord.
26:50Ça vaut pour les directeurs
26:51d'ailleurs et pour les préfets
26:52et être en accord
26:53avec la lettre
26:53et l'esprit.
26:55Et oui,
26:55et donc effectivement
26:56vous le dites très bien
26:57on reparlera
26:59notamment avec vous
27:00de l'état
27:02je veux dire
27:03du paysage
27:04je dirais
27:05policier français
27:06et de ce qui peut se passer
27:09et juste
27:11Jean-Pierre Colombiès
27:13vous par exemple
27:15vous seriez aujourd'hui
27:16ramené aux affaires
27:18disons
27:18je sais qu'aujourd'hui
27:19vous êtes en théâtre
27:20affaires judiciaires
27:21je dirais
27:23affaires policières
27:24enfin
27:24vous êtes
27:25on dit
27:26tiens
27:26on a quand même besoin
27:27de gens expérimentés
27:28allez
27:29venez un peu
27:30qu'est-ce que
27:31vous
27:31qu'est-ce que
27:32vous feriez
27:33je ne dis pas
27:34vous êtes mise
27:34de l'intérieur
27:35je pense que ça
27:36n'en viendra pas
27:37à l'idée
27:37encore que
27:38vous savez
27:39Dupond-Moretti rigolait
27:40quand on lui disait
27:41que vous serez
27:42mise de la justice
27:43je n'ai pas été grossier
27:45je ne vous ai pas insulté
27:46donc
27:47vous ne voulez pas
27:48faire cette comparaison
27:48ne vous plaît pas vraiment
27:49elle ne me perd pas du tout
27:50restons courts toi
27:52alors restons courts toi
27:53d'accord
27:53non mais
27:54effectivement
27:55faire quoi
27:56faire quoi
27:57aujourd'hui dans l'état
27:58dans lequel on est
27:59avec le pouvoir politique
28:00qu'on a
28:01et encore une fois
28:02quand vous dites
28:02gauche ou droite
28:03ce n'est pas le problème
28:04qu'est-ce qu'on fait
28:04on fait quoi
28:06une fois qu'on a dénoncé
28:07une fois qu'on a dit ça
28:08on fait quoi
28:09je veux dire
28:09s'il y avait des choses à faire
28:11en tant qu'une fois
28:12en tant que responsable
28:13on fait quoi
28:14je crois que ce n'est même pas
28:15au niveau du ministère
28:16c'est au niveau d'une présidence
28:17qu'il faudrait se placer
28:18se situer
28:19disons président de la République
28:20on va faire de la politique fiction
28:22il faudrait rebâtir
28:24énormément de choses
28:25mais dans votre domaine
28:26dans le domaine de sécurité
28:28il faudrait arrêter
28:29cette politique spectacle
28:30je reviens
28:31enfin on pourrait en parler longuement
28:32mais je pense à ces opérations
28:33XXL par exemple
28:34sur lesquelles je me suis exprimé
28:36en expliquant par A plus B
28:37sur certains plateaux
28:38que c'était du chaud
28:39c'était du cirque
28:40alors on m'a
28:41rappelé ce que c'était
28:42les opérations XXL
28:43dans les cités
28:44on envoyait des compagnies
28:45de CRS entières
28:46on bouclait des quartiers
28:46tout entiers
28:47rappelez-vous
28:48cette scène
28:49c'est terrifiante pour moi
28:50il y avait dans une cité
28:51ça remonte à 2-3 ans en arrière
28:53déjà
28:53ou même
28:54je ne sais plus exactement
28:55vous savez quand
28:55un gang de dealers
28:57avait organisé
28:57une sorte de fête foraine
28:59à l'intérieur de la cité
29:00avec une piscine
29:00et tout ce que vous voulez
29:01la seule réponse
29:02qu'a trouvé le préfet
29:03à mettre en place
29:05c'était de cerner la cité
29:06et d'empêcher
29:07toute entrée et sortie
29:09la résidence
29:09par des cordons de CRS
29:10imaginez l'impact
29:12que ça a
29:13sur ces gens
29:14qui vivent là
29:14qui sont déjà
29:15excusez-moi du terme
29:16mais emmerdés
29:17quotidiennement
29:18par des dealers
29:18mais qu'en plus
29:19on va cerner
29:21par des régiments
29:22de CRS
29:22et filtrer à l'entrée
29:24comme à la sortie
29:24est-ce que c'est une réponse
29:25sérieuse ?
29:26Non
29:26donc déjà en termes
29:27de méthodologie
29:28il faudrait revenir
29:29à ce qui a existé
29:30mais qui serait très compliqué
29:32financièrement
29:32et même techniquement
29:33à remettre en place
29:34c'est une forme de police
29:34de proximité
29:35ça ça a été rayé
29:36d'un coup de plume
29:37par Nicolas Sarkozy
29:38en son époque
29:39c'était une catastrophe
29:40parce que ça a été fait
29:42n'importe comment
29:43au profit
29:43d'une politique
29:44de résultats
29:45et de chiffres
29:46qui s'est un petit peu
29:47délité, délayé
29:48dans les années
29:48mais ça
29:49ça a été une vraie cassure
29:50et on le paye encore aujourd'hui
29:52on en paye encore aujourd'hui
29:53les conséquences
29:53on en paye aujourd'hui
29:54les conséquences
29:55il faudrait revenir
29:56dans les quartiers
29:56mais alors là
29:57je vous dis
29:58franchement
29:58je ne vous cache pas
29:59que ce serait un chantier
29:59colossal
30:00titanèse
30:01qu'il faut absolument
30:02renouer le dialogue
30:03non pas avec les voyous
30:05ne nous trompons pas de débat
30:06mais avec des gens
30:07qui se lèvent à 5h du mat
30:08vous savez
30:08ceux qui se lèvent tôt
30:09pour aller bosser
30:10ceux-là
30:10il faut les considérer
30:11les prendre en considération
30:12et arrêter
30:13arrêter de les prendre
30:14uniquement pour des complices
30:16de dealers
30:16qu'eux-mêmes subissent
30:18parce qu'eux subissent
30:19une dictature
30:19au quotidien
30:20ne les laissez pas otage
30:22des points de deal
30:22et des dealers
30:23exactement
30:24mais le problème aussi
30:25et là
30:25ça déborderait bien plus
30:27que le ministère de l'intérieur
30:28c'est au niveau de la justice
30:29au niveau de l'application
30:30des peines
30:31il faut arrêter de se dire aussi
30:32que la justice
30:33ne condamne pas
30:33vous savez ça
30:34c'est de la rhétorique politicienne
30:36pour faire simple
30:37quand vous avez un ministre de l'intérieur
30:37qui dit oui
30:38mais ce n'est pas de notre faute
30:39vous comprenez
30:39les juges sont de gauche
30:41ils ne font pas leur job
30:42c'est faux
30:42c'est faux monsieur Berghoff
30:44il condamne
30:45il condamne même énormément
30:46il condamne beaucoup
30:47sauf que
30:48un
30:48il n'y a pas assez de greffiers
30:49pas assez de magistrats
30:51et surtout qu'il n'y a pas
30:52suffisamment de structure
30:53pour l'application des peines
30:54et c'est là
30:55où nous avons un problème
30:56mais il y a quand même
30:57quand même
30:58on ne va pas
30:58ça nous prendrait des heures
30:59mais il y a des juges
31:01de liberté de la détention
31:02vous savez que le nombre
31:03de multi-récidivistes
31:04qui ne font pas
31:05leur peine de prison
31:06jusqu'au bout
31:07et on voit les résultats
31:08quand même
31:08il y a ça aussi
31:08alors j'ai qu'une réponse
31:09à vous faire monsieur Berghoff
31:10et la loi
31:12si ces gens là
31:13ou si ces magistrats
31:14sont des dogmatiques
31:15ok
31:16on peut l'entendre
31:17on peut l'admettre
31:17il n'y a pas de soucis
31:18je ne suis pas leur avocat
31:18pour le coup
31:19mais c'est qu'ils appliquent
31:20une loi
31:20qui est à leur disposition
31:22ou qu'on leur impose
31:23donc il faut commencer par là
31:24on peut changer les lois aussi
31:25on est bien d'accord
31:25donc ça nécessite
31:26d'avoir des parlementaires aussi
31:27qui ont l'honnêteté
31:28de mettre les choses à plat
31:29et là ce n'est pas gagné
31:30en fait
31:31il faut remonter
31:32à toute la chaîne
31:32il faut tirer
31:33tous les fils de la pelote
31:34tout à fait
31:34c'est vrai que c'est un
31:36travaux d'Hercule
31:36mais
31:37c'est pas simplement policier
31:38oui mais
31:39est-ce que ça ne va pas
31:41être totalement nécessaire
31:42de remonter jusqu'au bout
31:43alors moi je veux bien
31:44à ce moment là
31:45il faut commencer
31:45par le mode de scrutin
31:46par exemple
31:46arrêter de délire
31:47les députés à deux tours
31:48si on faisait
31:49comme dans certains pays
31:50avoir une élection
31:51législative à un tour
31:53on aurait un visuel
31:54pas à la proportionnelle
31:55attention
31:56parce que la proportionnelle
31:57c'est encore vicié
31:58comme système
31:58puisque vous votez
31:59c'est le cas de le dire
32:00pour une liste
32:01vous n'en connaissez pas
32:01la moitié
32:02des candidats qui se présentent
32:03et les secondes tours
32:05c'est pas ça
32:06et on le sait
32:06ça fait des marchandages
32:08des magouilles
32:09et des apparentements
32:10et on a vu les résultats
32:11dans les dernières élections
32:12et nous en vivons
32:13les conséquences au quotidien
32:14notamment hier
32:15et pendant toutes les manifestations
32:17qui ont précédé
32:18il y a
32:18quand vous discutez avec les gens
32:19il faut parler avec les gens
32:20pas simplement
32:21avec les délégués syndicaux
32:22ou les politiciens
32:23il y a un fossé énorme
32:25entre l'opinion publique
32:26le peuple
32:26on va dire dans sa globalité
32:27c'est pas une insulte
32:28le peuple c'est pas un gros mot
32:29et leurs représentants
32:31ils ne s'y reconnaissent plus
32:32et ils ont le sentiment
32:33qui n'est pas que virtuel
32:35de ne plus être représentés
32:36tout simplement
32:37et ça c'est un vrai problème
32:39c'est un problème démocratique
32:40c'est un problème de société
32:41je ne suis pas le seul à le dire
32:42je ne suis pas dans Kichotte
32:44je n'ai aucune prétention
32:46ni à faire la morale
32:47et personnellement
32:48je ne suis pas un parangon
32:49de vertu non plus
32:50donc il n'y a pas de
32:51si vous voulez
32:51il n'y a pas de prétention
32:52personne ne prétend l'être
32:54et vous avez raison
32:54non pas relativiser
32:58mais dire ce qu'il faut faire
32:59Pierre Colombias
33:00on vous rappellera
33:01vous avez voulu
33:03je dirais
33:04être un lanceur d'alerte
33:06ou un lanceur d'alarme
33:07c'est un coup de gueule
33:08plutôt
33:08voilà
33:08mais c'est un coup de gueule
33:09mais les coups de gueule
33:10ce n'est pas mauvais
33:11de temps en temps
33:12de les faire entendre
33:13merci
33:13et on se retrouve
33:14très très vite
33:16pour reparler de la police
33:17et de l'état actuel des choses
33:19Sud Radio Bercoff
33:21dans tous ses états
33:21midi 14h
33:22André Bercoff
33:24André vous receviez hier
33:26le député de la Somme
33:27Mathias Renaud
33:28épinglé par l'Assemblée Nationale
33:29pour avoir attaché
33:30un drapeau français
33:31à la fenêtre de son bureau
33:32et bien l'opération
33:33anti-tricolore
33:34va son plein
33:34puisqu'hier
33:35des manifestants
33:36ont été chassés
33:37de plusieurs rassemblements
33:38parce qu'ils portaient
33:39des drapeaux français
33:39oui c'est assez extraordinaire
33:41vraiment je ne comptais pas
33:42en reparler
33:43effectivement on en est parlé
33:45comme vous dites
33:46avec le député
33:47et puis quand même
33:49on a vu les images
33:49et on a vu les images
33:50pas une fois
33:51pas deux fois
33:52mais trois fois
33:52un petit groupe
33:53comme ça
33:54des retraités
33:55des gens qui portaient
33:56un drapeau français
33:56dans la manifestation
33:58donc ils étaient d'accord
33:59avec le ras-le-bol
34:01de certains
34:02les revendications des autres
34:03et puis on voit des gens
34:04qui s'approchent
34:05ils disent
34:05foutez le camp
34:06allez vous n'avez rien à faire ici
34:07cassez-vous
34:08cassez-vous
34:08bande de fachos
34:09j'ai décidé
34:11j'ai dit attendez
34:12il y a quand même un problème
34:13est-ce qu'on va continuer
34:14comme ça
34:14est-ce qu'on est arrivé
34:15au point
34:16où une manifestation
34:17en France
34:18dans n'importe quelle
34:19île de France
34:20où il y a des gens
34:21qui portent un drapeau français
34:22sont immédiatement
34:24qualifiés
34:25à la droite
34:25d'Adolf Hitler
34:26c'est ça
34:27mais où on en est
34:28pour arriver là
34:28qu'est-ce qui s'est passé
34:29au niveau des neurones
34:30non mais vraiment
34:31on peut se poser la question
34:32et d'ailleurs
34:33vous allez écouter
34:33c'était CNews
34:34je crois
34:35qui a parlé de cela
34:39une jeune femme
34:42qui raconte
34:43et qui raconte
34:44ce qui lui est arrivé
34:45justement hier
34:46dans la manifestation
34:47je crois que c'était
34:48à Montpellier
34:48on n'est pas sûr
34:49mais en tout cas
34:49écoutez
34:50je quitte la manifestation
34:52parce qu'en fait
34:52on m'a arraché
34:53j'avais mon drapeau
34:54sur la tête
34:55il y avait un très beau
34:56chapeau
34:57avec le drapeau
34:58et on m'a arraché
34:59le drapeau
34:59et j'ai essayé
35:00de protéger
35:01une autre personne
35:03du groupe
35:03qui commençait
35:04à se faire tabasser
35:05donc je me suis mis
35:06entre en pensant
35:07que ça allait calmer
35:08mais non
35:08il était très excité
35:09et en gros
35:11on nous a dit
35:12de partir
35:12parce qu'on ne voulait
35:14pas de fachos
35:15et que
35:15je dis
35:16mais non
35:16je ne suis pas fachos
35:17j'ai un drapeau français
35:18je suis française
35:18je devrais être là
35:19on m'a dit
35:19non
35:20la France
35:20on s'en fout
35:21il faut être internationaliste
35:23voilà
35:24la France
35:24on s'en fout
35:25il faut être internationaliste
35:27donc moi
35:28je suis la citoyenne française
35:29je viens avec un drapeau français
35:31je pensais que le drapeau français
35:33c'était en France
35:34apparemment
35:34non non non
35:35on se trompe
35:36et elle se fait
35:38virer de la manifestation
35:40Maud Coffler
35:41ça vous est arrivé
35:42vous
35:42un peu plus tôt
35:43je crois que c'était
35:44en 2018
35:45c'est ça
35:45qu'est-ce qui vous est arrivé
35:47racontez-nous
35:47parce que vous avez
35:48une aventure
35:49avec un drapeau
35:51oui
35:51et la colère
35:51n'est pas retombée du tout
35:52c'était en 2018
35:53c'était la demi-finale
35:54de la coupe du monde
35:55et je revenais
35:56des manifestations joyeuses
35:58sur les Champs-Elysées
35:58avec ma soeur
35:59on avait chacune
36:00un grand drapeau français
36:01et en fait
36:02un type est sorti
36:03de je ne sais où
36:03a couru
36:04a attrapé
36:05l'un de nos drapeaux
36:06et puis l'a balancé
36:06sous une voiture
36:07et en fait
36:08c'était assez long
36:09la scène
36:09j'ai réduit un petit peu
36:11c'était à Paris
36:14c'est pas tellement le quartier
36:15où ça risque de dégénérer
36:17et donc
36:19après une autre question
36:20il a pris le drapeau
36:20et il l'a jeté par terre
36:21il a couru
36:22j'ai poursuivi un peu
36:23sur la route
36:23et puis il a fini
36:24par aller dans une petite rue
36:25il l'a jeté sous une voiture
36:26je l'ai récupéré
36:27et puis il est revenu
36:29vers ma soeur et moi
36:30avec des insultes
36:33on est chez nous
36:33la France c'est chez nous
36:35excusez-vous
36:36demandez pardon
36:37demandez pardon de quoi
36:38j'en sais rien
36:39et vous demandez à vous
36:40de vous excuser
36:41c'est ça
36:41d'avoir un drapeau français
36:42d'avoir un drapeau français
36:43parce qu'ils étaient chez eux
36:44il était algérien
36:45il s'en revendiquait
36:46et puis d'autres personnes
36:48l'ont rejoint
36:49et en fait
36:49ont attrapé ma soeur
36:50par les cheveux
36:51l'ont mise par terre
36:52enfin ça a été assez violent
36:52mais pour aucune raison
36:54simplement parce qu'on avait
36:55un drapeau français
36:55et tout le monde
36:56avait un drapeau français
36:57c'était en 2018
36:58donc voilà
37:00ça a un peu gâché notre soirée
37:02et je voulais revenir
37:03André
37:03sur un événement d'hier
37:06lors des manifestations
37:07du 10 septembre
37:08une militante
37:09du collectif Nemesis
37:10Anaïs
37:10qui s'est fait tirer
37:11par les cheveux
37:12assez violemment
37:13par derrière
37:14elle est tombée au sol
37:15elle a failli
37:15elle se tapait la tête
37:16contre le rebord du trottoir
37:18donc ça aurait pu être
37:18quand même assez dangereux
37:20mais ça
37:21ça fait aussi référence
37:22à ce qui s'est passé
37:23avec Kirk
37:25d'une certaine manière
37:26même si on n'est pas
37:27sur le même degré de violence
37:28vu ce qui s'est passé
37:30je pense que rien ne peut égaler
37:31le drame qui s'est produit hier
37:32mais ça dit aussi
37:33qu'en fait
37:34tout devient violent
37:35vous ne pouvez plus
37:36exposer vos idées
37:37vous ne pouvez plus être fier
37:38de votre drapeau
37:38tout se rejoint en fait
37:39oui c'est à dire qu'en fait
37:40ça veut dire que
37:41toute opinion
37:43qui n'est pas
37:43dans l'opinion
37:44de ceux
37:44qui se considèrent
37:46du camp du bien
37:46toute opinion dissidente
37:48toute opinion différente
37:49doit être
37:50agressée
37:51pas seulement condamnée
37:52pas seulement invisibilisée
37:54comme dans certains médias
37:56mais agressée
37:57mais pour revenir
37:58je voudrais que vous finissiez
37:59votre histoire
38:00Maude
38:01quand vous avez
38:01qu'est-ce qui s'est passé
38:03après
38:04donc ils ont
38:04ils ont agressé
38:05pratiquement votre soeur
38:06ils ont agressé ma soeur
38:07et puis en fait
38:08moi j'étais avec mon drapeau
38:09vous savez c'est des vieux drapeaux
38:10avec des pointes dorées
38:12c'est assez joli
38:13c'est un vieux drapeau
38:13qui a porté mon grand-père
38:14pour les petites histoires
38:15et donc moi je ne savais pas quoi faire
38:17donc j'étais là
38:18à les braquer avec mon drapeau
38:19assez inutilement
38:20et puis en fait
38:21ils ont fini par nous soumettre
38:23c'est à dire qu'on a été obligé
38:24de lui dire ok pardon
38:25et de partir comme ça
38:26ah oui
38:27ils ne vous auraient pas laissé partir
38:28et puis le mec
38:29il était bien collé
38:30donc je ne pouvais pas
38:31de toute façon
38:31on ne faisait pas face
38:32c'était foutu
38:33mais voilà
38:33et donc on est resté
38:34vous avez gardé vos drapeaux
38:35ah oui je l'ai récupéré ça
38:36oui bien sûr
38:36ah bah c'est
38:37c'est pas possible
38:39non mais c'est vrai
38:40c'est vrai qu'il y a quelque chose
38:42enfin pour rester
38:43sur l'histoire du drapeau
38:44et la parabole
38:44il y a quelque chose
38:45quand même
38:46d'étonnant
38:47parce que
38:48qu'est-ce qu'il fait
38:48alors est-ce qu'il va y avoir
38:50et on va
38:51on va assister à ça
38:52ou pas
38:53est-ce qu'il va y avoir
38:54en France
38:55ce qui se passe
38:55dans divers pays d'Europe
38:56où les gens
38:57pour manifester
38:58que attendez
38:59nous aussi on est chez nous
39:00brandissent le drapeau
39:02vous y croyez-vous ?
39:03ah j'y crois pas du tout
39:03sinon ça aurait déjà eu lieu
39:05en fait
39:05il y a eu tellement d'événements
39:06tellement de moments
39:06on aurait pu justement
39:08saisir cette
39:09enfin cette possibilité
39:11de manifester
39:12avec des drapeaux
39:12mais en fait
39:13ça n'a jamais
39:13je vous donnais un exemple
39:14très simple politique
39:15l'histoire de Lola
39:16la manifestation
39:18qui avait été organisée
39:19voilà la fille
39:19qui a été violée
39:20effectivement
39:21absolument atroce
39:22elle avait 12 ans
39:23elle avait 12 ans
39:23c'est immonde
39:24et en fait
39:25il y avait une manifestation
39:26qui avait été organisée
39:27à l'époque par un parti
39:28Reconquête pour ne pas les nommer
39:29finalement en fait
39:30s'apercevant que
39:31le fait que ce soit organisé par eux
39:32ça risquait
39:33de contrarier d'autres partis
39:36ils ont fait organiser ça
39:37par l'Institut pour la Justice
39:38le Rassemblement National
39:40n'a pas souhaité y participer
39:41parce que Reconquête
39:42en était à l'origine
39:42donc à partir de là
39:44en fait
39:44si ce genre de drame
39:45ne peut pas nous unir
39:46rien ne peut nous unir
39:48et là c'était
39:48c'est l'émotion
39:49c'était le tout à l'égo
39:50ah oui
39:51c'est pas moi qui organise
39:52donc on y va pas
39:53donc pour revenir au drapeau
39:54si quelqu'un
39:55veut
39:56comment dire
39:57initier cette manifestation
39:58déjà de qui ça peut venir ?
40:01ça ne viendra pas
40:01d'un français lambda
40:02ça ne peut venir
40:03que d'une personnalité
40:03a priori
40:04ou un mouvement populaire
40:06mais on le voit même là
40:08le 10 septembre
40:09ça a été récupéré
40:09les gilets jaunes
40:10ça a été récupéré
40:11en fait chaque initiative populaire
40:12est de toute façon récupérée
40:13il n'y a pas d'issue
40:15donc je n'y crois pas
40:16en France
40:16je n'y crois pas
40:17je me trompe peut-être
40:18et j'espère
40:18parce que ce serait simplement
40:20écrit du coeur
40:20c'est pas un slogan
40:22c'est simplement
40:23j'aime mon drapeau
40:24et je sors dans la rue avec
40:25et c'est assez terrifiant
40:26d'ailleurs ceci
40:27et franchement
40:29ça en dit long
40:31sur je dirais
40:33moi ce que j'appelle
40:34une espèce de masochisme
40:35de masochisme culpabilisé
40:37et il serait temps
40:38vraiment de sortir
40:40de cette espèce de
40:41comment dirais-je
40:42de vraiment
40:44d'auto-punition
40:45d'auto-flagellation
40:47qu'un certain nombre
40:48de gens arborent encore
40:50jusqu'au jour
40:51où ils verront
40:52qu'on ne peut plus
40:54jouer avec ça
40:55merci Maud
40:56merci à vous
40:57merci à vous
40:59merci à vous
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