00:00Le Grand Matin Sud Radio, 7h10h, Patrick Roger.
00:04Tout le monde, il est 7h12, tout le monde n'était pas sur la même ligne hier lors de l'opération Bloquons-Tout.
00:10A l'intérieur des rassemblements, il y a eu des incidents, parfois des violences entre manifestants.
00:14A Montpellier, les drapeaux français sifflés et arrachés.
00:18Et dans beaucoup de villes, Saint-Etienne, Paris, des drapeaux palestiniens brandis.
00:22Deux militantes du collectif Féministe Nemesis ont été agressées également dans les rues de Paris.
00:29Nous sommes avec Alice Cordier, qui est présidente du collectif Nemesis.
00:33Bonjour.
00:35Bonjour et merci beaucoup de l'invitation.
00:37Oui, nous avons vu sur une séquence vidéo hier, deux manifestantes de votre collectif qui ont été violentées et donc qui se sont retrouvées par terre.
00:49Que s'est-il passé exactement ?
00:51Alors, nous étions une dizaine de manifestantes du collectif Nemesis, venus avec des t-shirts.
00:57Sur chaque t-shirt a été écrit le coût de l'immigration, en fait, puisqu'il me semblait que c'était une manifestation sociale en vue des questions budgétaires,
01:07en vue de la précarité qui touche de plus en plus la France.
01:10Et donc, on est venu avec des propositions pour essayer de trouver des solutions et d'énoncer peut-être aussi qu'il y a parfois trop d'avantages et trop d'argent donné aux étrangers.
01:20Et on a eu une durée de vie, très honnêtement, de deux minutes, puisqu'on était entouré par des nervis.
01:28Je viens à dire que ce n'était pas uniquement de groupes antifascistes organisés.
01:34C'était aussi des manifestants sur place.
01:38On a tendance à parfois uniquement dire que c'était des groupes organisés.
01:42Non, il y avait aussi des manifestants d'extrême-gauche ne faisant pas partie de groupuscules, mais extrêmement violents quand même.
01:50Mais Alice Cordier, vous saviez qu'en brandissant ce genre de t-shirt dans cette manifestation qui était beaucoup plus sociale que revendicative politique,
02:02c'était une forme de provocation, Alice Cordier, non ? De votre part ?
02:08En tout cas, vous avez raison sur le fait que c'était plus social que peut-être sur des questions d'économie,
02:14puisqu'on n'a vu aucune autre proposition sociale.
02:18Il y avait énormément de revendications pour ouvrir et supprimer les frontières ou sur Gaza,
02:24mais en aucun cas sur le pourquoi de la manifestation initiale.
02:28Oui, alors, ce n'était pas de la provocation, parce qu'en fait, si vous voulez,
02:33moi je considère que dans un État où on a le droit de manifester, on a le droit de se rendre à ce genre de manifestation.
02:38Je savais très bien que l'extrême-gauche avait en effet pris d'assaut, comme d'habitude, cette manifestation,
02:46mais je considère que rien ne m'empêchera mon droit de manifester.
02:49Et que si jamais quelqu'un nous empêchera de manifester, il faudra le montrer.
02:53Il faudra montrer d'où vient la violence, il faudra montrer ce que ça donne quand l'extrême-gauche...
02:57On reprend des combats sociaux, en fait.
03:00Mais alors, vous avez été ensuite chassé de la manifestation ou vous avez quand même continué à défiler ?
03:07Ah non, c'est devenu beaucoup trop dangereux pour nous.
03:09Donc, comme vous l'avez dit, on a deux militantes qui ont été mises à terre au moment où on repartait,
03:13parce qu'on s'est bien rendu compte qu'il n'y avait aucune possibilité de pouvoir manifester pacifiquement.
03:19Et en fait, au moment de repartir, on a deux militantes qui ont été saisies par l'arrière des cheveux
03:24et jetées à terre, mais d'une façon ultra violente.
03:27Les vidéos ont tourné sur les réseaux sociaux et sur d'autres médias confrères.
03:33Ce genre de choses peut tuer, en fait.
03:35Si nos militantes s'étaient mal préceptionnées au niveau du crâne, elles ne se relevaient pas.
03:39Et d'ailleurs, on en a une, la Anaïs, ce matin, qui part aux urgences,
03:42parce qu'elle a passé une nuit atroce suite à cet agresseur.
03:47Et vous portez plainte ? Est-ce que vous portez plainte, Alice Cordier ?
03:51Oui, bien sûr, une plainte va être déposée.
03:54On a malheureusement été agressé par deux jeunes femmes qui portaient le masque.
03:59Donc, je ne sais pas si on arrivera à le retrouver,
04:02bien que les vidéos aient été diffusées, bien sûr.
04:05Et est-ce que là où vous étiez aussi, il y a eu ces incidents entre porteurs de drapeaux ?
04:12C'est-à-dire que, comme à Montpellier, on l'a vu, les vidéos ont fait le tour des réseaux sociaux,
04:18mais pas qu'à Montpellier aussi, des drapeaux français ont été sifflés, arrachés,
04:23et il y avait beaucoup plus de drapeaux palestiniens qui ont été brandis.
04:29Nous, on a été du côté de Place de la République.
04:31Honnêtement, je n'ai vu aucun drapeau français.
04:33Donc, il y avait peut-être une traque aux drapeaux français.
04:36Pourtant, Place de la République, ça aurait pu avoir du sens, justement,
04:39qu'il y ait des drapeaux français, mais visiblement, non.
04:41Il n'y avait que des drapeaux palestiniens,
04:43que des messages à consonance pro-palestine
04:46qui étaient tagués sur la statue de la République, comme Free Gaza.
04:51Mais en aucun cas, je n'ai vu de drapeaux français.
04:54Je remarque qu'on assiste quand même à une hausse de la violence sur des symboles français.
04:59Il s'agit de la police, qui représente l'autorité,
05:02mais qui est aussi là pour protéger les manifestants,
05:06que des personnes qui viennent manifester pacifiquement
05:09avec des drapeaux français, ce qui leur semblait logique.
05:11Et d'ailleurs, on voyait un certain nombre d'images manifestants.
05:15Et je pense que ce qui est important, c'est de mettre en avant
05:18la différence de mentalité selon les générations.
05:21On a vu des manifestants d'une cinquantaine d'années
05:24venir avec des drapeaux français parce qu'ils en avaient peut-être l'habitude,
05:27venir simplement à une manifestation française et sociale,
05:31et être chef d'énergie très jeune.
05:35Merci beaucoup Alice Cordier pour votre témoignage,
05:39présidente du collectif féministe Némésis,
05:41d'être intervenue ce matin sur Sud Radio.
05:43Sous-titrage Société Radio-Canada
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