- il y a 5 mois
Trente cas d'empoisonnements dont douze mortels. Un seul suspect, le docteur Frédéric Péchier, l'anesthésiste de Besançon. L'affiche de son procès, qui s'ouvre le lundi 8 septembre est à la fois vertigineuse et inédite. Jamais la justice n'avait eu à faire à un tel scénario. A partir de 2017, et l'étrange accident cardiaque d'une jeune femme dans une clinique, les enquêteurs vont se retrouver ainsi entraînés dans des investigations qui vont durer sept ans.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Oui, je veux un procès pour pouvoir sortir de là définitivement blanchi.
00:13J'ai toujours demandé ça à mes avocats depuis le départ,
00:16qu'il y ait quelque chose qui montre par A plus B qu'il n'y a pas d'empoisonnement,
00:20il n'y a pas d'empoisonneur, enfin que je ne suis pas la personne qui est décrite dans cette instruction.
00:25Bonjour, 30 empoisonnements dont 12 mortels.
00:31Un seul suspect, l'anesthésiste de Besançon, Frédéric Péchier.
00:35Son procès s'ouvre lundi 8 septembre, il s'annonce vertigineux, inédit,
00:40car jamais la justice n'a eu affaire à un tel scénario.
00:43Pourquoi ce médecin se serait-il lancé dans cette ténébreuse course à la mort ?
00:49Docteur Péchier, anesthésie mortelle à Besançon, c'est tout de suite sur RTL.
00:55Mercredi 11 janvier 2017, 7h50, Sandra Simard pénètre dans le bloc opératoire de la clinique Saint-Vincent à Besançon.
01:10Cette jeune mère de famille, 36 ans, souffre d'une hernie discale.
01:14Le chirurgien doit lui poser une prothèse.
01:16L'anesthésiste, le docteur Anne-Sophie Ballondol, a décrit une patiente qui ne présente pas de risque anesthésique particulier.
01:26Pourtant, une heure plus tard, Sandra Simard est en arrêt cardio-respiratoire.
01:31Un autre anesthésiste, le docteur Frédéric Péchier, juste à côté, vient prêter main forte à ses collègues.
01:38Il fait une injection de gluconate de calcium.
01:40C'est le bon réflexe.
01:42Il sauve de la mort la mère de famille qui reste 5 jours dans le coma.
01:46Il dit avoir fait cette piqûre car il sait que le gluconate est utilisé en cas de trouble du rythme cardiaque.
01:53Il n'empêche.
01:54Ses collègues se demandent comment Péchier a pu poser instantanément le bon diagnostic,
02:00sans savoir de quoi souffrait Sandra Simard.
02:03Le lendemain, les 6 poches de perfusion sont récupérées.
02:08Elles allaient être incinérées.
02:09Elles contiennent une concentration de potassium 100 fois supérieure à la normale.
02:15Une semaine plus tard, le procureur de Besançon est prévenu de cet événement indésirable grave,
02:21EIG, en jargon médical.
02:26Vendredi 20 janvier, 9 jours après l'accident de Sandra Simard,
02:29les policiers viennent saisir les poches de perfusion incriminées à la clinique.
02:33Ils sont à Saint-Vincent.
02:35Quant au bloc, Jean-Claude Gandon, 70 ans, opéré pour un cancer de la prostate,
02:41présente soudain des troubles cardiaques.
02:43L'anesthésiste, Frédéric Péchier, le sauve grâce à une injection peu auparavant.
02:48Le médecin avait découvert dans la table d'anesthésie des poches de paracétamol percées.
02:54On a ajouté à l'intérieur de la mépivacaine et de la lidocaine.
03:01Les enquêteurs sont alertés par cette étrange manipulation.
03:06Ils sont aussi informés d'une série d'incidents similaires,
03:09survenus 8 ans plus tôt dans un autre établissement de Besançon,
03:13la polyclinique de Franche-Comté.
03:16Mardi 14 février, un mois après le premier incident à Saint-Vincent,
03:20l'agence régionale de santé rend un premier rapport sur 7 pages.
03:25Il est écrit que les accidents de Sandra Simard et Jean-Claude Gandon sont intentionnels.
03:31Le rapport recense 4 autres cas semblables dans la même clinique depuis 2008.
03:363 autres à la polyclinique.
03:39Il est noté à chaque fois la présence remarquable de l'anesthésiste Frédéric Péchier.
03:46L'APJ indique que sur les 1514 personnes qui travaillent dans ces établissements entre 2008 et 2017,
03:55seul Frédéric Péchier était présent lors de chaque incident.
03:59En cas ouverte, pour empoisonnement, le docteur Péchier, 45 ans, et ses collègues sont placés sur écoute.
04:05Premières auditions.
04:07Une collègue ne peut pas croire que l'anesthésiste joue avec la santé des patients,
04:12même si elle le présente comme un Zorro qui se considère comme meilleur que les autres.
04:20Le docteur Péchier, qui va être placé en garde à vue dans une enquête qui est menée tambour battant,
04:25il est au centre des suspicions, même si on ne peut pas croire que ce professionnel expérimenté,
04:30réputé comme étant l'un des meilleurs de la région,
04:33il est jeune, il a fait ses preuves dans plusieurs établissements,
04:36on ne peut pas croire qu'il ait joué ainsi avec la vie des patients.
04:40On va voir d'ailleurs ce que va raconter l'anesthésiste dans la suite de l'émission.
04:45Alors il faut parler de ce 11 janvier 2017, l'opération de Sandra,
04:50qui ce cas va être à l'origine de cette vaste enquête.
04:54Bonjour Willi Graf.
04:56Bonjour.
04:57Merci beaucoup d'être avec nous au téléphone de l'heure du crime.
05:00Vous êtes journaliste, chef d'agence de Besançon pour l'Est républicain,
05:04vous connaissez parfaitement cette affaire.
05:06Alors il y a ce premier incident, Sandra, une jeune mère de famille,
05:11elle a fait un accident cardiaque alors qu'elle avait une opération assez banale,
05:16on va dire entre guillemets.
05:18Tout de suite cet incident, on peut dire que c'est curieux,
05:22mais il attire l'attention, il fixe l'attention de tout le monde,
05:25y compris du procureur.
05:27Oui, c'est vraiment l'étincelle judiciaire dans cette affaire.
05:31Pourquoi on démarre par là, on démarre par la fin finalement ?
05:35En fait, c'est un tout, mais la première chose, c'est un aspect médical.
05:37Il n'y a aucune raison pour que ce jour-là,
05:38cette mère de famille de 36 ans face à cet arrêt cardiaque,
05:41c'est incompréhensible.
05:43Et en réalité, c'est le CHU qui donne l'alerte.
05:46Les analyses sanguines qui sont effectuées là-bas sont très mauvaises.
05:48On détecte une intoxication qui est anormale au potassium,
05:52il n'y a aucune logique.
05:53Et c'est le chef de réa de l'hôpital
05:55qui demande à l'anesthésiste de Saint-Vincent
05:57de vraiment récupérer l'ensemble du matériel de l'opération
06:00parce qu'il y a quelque chose qui cloche.
06:02Et à la différence des précédents cas,
06:04cette fois, les poches de perfusion sont également examinées.
06:09Et c'est là où on va se rendre compte
06:10que cette poche a été trafiquée
06:11parce qu'il y a une quantité astronomique de potassium dedans.
06:14Alors Péchier, il va faire l'objet de toutes les attentions.
06:16Mais en l'état, Willi Graf, c'est un sauveur.
06:19Il a sauvé cette femme d'une mort certaine.
06:22Oui, complètement.
06:23C'est en tout cas ce qu'il apparaît dans un premier temps
06:26parce que 8h56, troubles cardiaques,
06:298h57, une minute.
06:31Péchier déjà au chevet de Madame Simard,
06:34qui n'est ni sa patiente, ce n'est pas son opération.
06:35Mais voilà, il était juste à côté.
06:37Il a jailli et il a eu le geste qui sauve.
06:40Deux ampoules de gluconacte de calcium.
06:42Alors, cette affaire de manière générale
06:44peut être aussi assez technique.
06:45Mais ce qu'il faut retenir, c'est qu'en tout cas,
06:46il injecte le bon antidote
06:48face à cette hypercalémie,
06:51à cette intoxication au potassium.
06:53Et normalement, à ce moment-là,
06:55le diagnostic n'est pas posé.
06:56Personne ne comprend, après coup,
06:58qu'il ait eu ce réflexe.
07:00Mais il est hantique un petit peu.
07:02Alors, c'est peut-être de la jalousie d'ailleurs,
07:03tout simplement.
07:04Mais ses collègues se disent,
07:05soit il est rudement fort,
07:08soit il était au courant avant
07:09de ce qui avait pu se passer.
07:10Les premiers doutes, ils naissent comme ça.
07:12C'est presque infime, Willy Graff.
07:15Oui, tout à fait.
07:16Alors après, Frédéric Péchet,
07:18il a une place particulière dans cette clinique.
07:20Il est reconnu comme le meilleur en réanimation.
07:23Et objectivement, a priori, c'est le cas.
07:25Tout le monde le dit.
07:26Lui-même le pense, d'ailleurs.
07:28Et c'est vrai que ça peut susciter des jalousies.
07:30Jusqu'à présent, jusqu'à ce qu'on envisage
07:32une possible malveillance,
07:34ses talents étaient surtout source
07:37de peut-être un peu de jalousie,
07:38mais aussi d'admiration, surtout.
07:39Bonjour, Planar Adénovitch.
07:42Bonjour.
07:42Merci beaucoup d'être avec nous
07:44dans le studio de l'ordre du crime.
07:45Évidemment, les auditeurs vous connaissent parfaitement.
07:47Vous êtes journaliste police-justice ici à RTL.
07:49Et vous publiez aujourd'hui cet ouvrage,
07:52Le temps qu'il lui reste,
07:53dans la tête de Frédéric Péchet,
07:55publié aux éditions Michalon.
07:57Alors, c'est très intéressant,
07:59ce que vous racontez, évidemment,
08:00Planar Adénovitch,
08:01parce que vous êtes une des rares journalistes
08:02à avoir accès au docteur Péchet.
08:04Vous avez beaucoup discuté avec lui,
08:06vous avez beaucoup échangé,
08:07et finalement, on retrouve tous vos échanges
08:09dans ce petit ouvrage,
08:12mais qui donne la genèse, en tout cas,
08:13de l'état d'esprit de cet anesthésiste.
08:16Je le disais avec Willy Graf Planar Adénovitch,
08:18mais vous allez également nous éclairer là-dessus.
08:21C'est assez infime, au début,
08:24ce qu'il y a sur Péchet,
08:26parce que, finalement, il y a quelques rumeurs.
08:28On se dit, mais, après tout,
08:29est-ce qu'il savait, est-ce qu'il ne savait pas ?
08:32Et puis, pourquoi il était là aussi vite ?
08:34Au début, on est un peu entre soignants,
08:37entre collègues.
08:39Oui, au début, on ne se dit pas forcément
08:41pourquoi il était là aussi vite,
08:43parce que c'est quelqu'un qui était souvent appelé,
08:45quand, vous l'avez dit,
08:46c'était un des meilleurs en réanimation,
08:49enfin, vous l'avez dit,
08:50Willy Graf aussi, de cette clinique.
08:53Et du coup, quand il y avait un problème,
08:55il était souvent appelé.
08:56Donc, en fait, ce n'était pas, pour eux,
08:58incohérent, pour l'équipe soignante,
09:00de voir Frédéric Péchet jaillir,
09:02comme vous l'avez dit,
09:03lors d'un problème, en fait.
09:05Et c'est vrai qu'il trouve l'antidote,
09:08mais comme c'est le meilleur,
09:09à ce moment-là,
09:10les gens ne tiquent pas tout de suite,
09:12vous avez raison.
09:13C'est le meilleur,
09:13c'est un bourreau de travail,
09:15il est là de 7h du matin,
09:17il est là avant tout le monde, d'ailleurs,
09:18et il part après tout le monde.
09:20Il allume la lumière,
09:21il éteint la lumière.
09:22C'est ce qu'on dit de lui,
09:22c'est ce que va raconter son épouse.
09:25Il est passionné par son travail,
09:26Péchet.
09:27Oui, alors,
09:28comme un petit peu tous les éléments
09:30qui sont dans ce dossier,
09:31on peut les interpréter des deux côtés.
09:32Donc, en fait,
09:33si on se met du côté de l'accusation,
09:35c'est vrai que c'est louche.
09:36Pourquoi il arrive si tôt ?
09:37Pourquoi est-ce qu'il prépare quelque chose ?
09:39Et si on se met du côté à décharge,
09:42donc, de la défense,
09:43oui,
09:43il est passionné par son travail,
09:45c'est quelqu'un,
09:45vraiment,
09:46qui se documente beaucoup,
09:48qui lit beaucoup d'ouvrages médicaux,
09:49et c'est quelqu'un
09:50qui a une très bonne formation,
09:53contrairement, peut-être,
09:53à certains autres médecins
09:55de la clinique Saint-Vincent.
09:56Alors, il y a un rapport
09:57qui va mettre le feu aux poudres.
09:59C'est le rapport
10:00de l'Agence régionale de santé.
10:03Alors, c'est étonnant, ce rapport,
10:04parce qu'il est très court.
10:05Il vient très rapidement
10:06après le cas de cette jeune femme
10:09qui a perdu connaissance
10:10lors de son opération.
10:13Et il est très direct sur Péchet.
10:16Parce qu'il dit,
10:16le docteur Péchet,
10:17il n'y a que lui qui est là.
10:19Tous les cas qu'on a constatés,
10:21finalement,
10:21il surgit, là, comme un sauveur,
10:23mais il n'y a que lui.
10:24C'est ça, ce que dit ce rapport.
10:26Mais ça, c'est très accablant.
10:27Oui, alors, oui,
10:29mais ce que...
10:30Alors, en effet,
10:31mais ce que va dire la Défense,
10:33c'est que ce rapport
10:33a été fait à la demande du parquet.
10:35Donc, en fait, voilà.
10:37Le parquet ne fait pas un rapport
10:39pour accabler quelqu'un.
10:40Bien sûr que non.
10:41Non, non, bien sûr.
10:42Après, ce qu'on peut aussi signaler,
10:44c'est qu'il y a une liste
10:47d'à peu près 70 événements
10:49indésirables graves
10:50sur la même période,
10:51donc 2008-2017,
10:53la période des faits reprochés.
10:55Et là, il est mis en accusation
10:57pour 30.
10:57Donc, quid des autres ?
11:00Deux mois plus tard,
11:01le médecin est interpellé.
11:04Docteur Frédéric Péchet,
11:05anesthésie mortelle à Besançon.
11:07C'est un moment terrible pour moi.
11:09Je suis innocent.
11:10J'espère que l'affaire aboutira rapidement.
11:12L'enquête de l'ordre du crime.
11:13On se retrouve dans un instant sur RTL.
11:1614h15, c'est l'heure du crime sur RTL.
11:20Jean-Alphonse Richard.
11:2314h15, Jean-Alphonse Richard sur RTL.
11:27L'heure du crime.
11:28Retour aujourd'hui dans l'heure du crime
11:30sur l'affaire Frédéric Péchet.
11:31Ce très respecté anesthésiste de Besançon
11:34se retrouve à l'hiver 2017,
11:36suspecté d'avoir empoisonné
11:37une dizaine de patients
11:39dans deux cliniques de la ville
11:41depuis 2008.
11:42Après deux mois d'enquête,
11:44il est interpellé.
11:46Samedi 4 mars 2017,
11:48le docteur Frédéric Péchet
11:49est placé en garde à vue.
11:51Interrogé sur les accidents cardiaques
11:53de Sandra Simard et Jean-Claude Gandon,
11:56il penche pour une malveillance.
11:58Il raconte la mauvaise entente
11:59qui existe entre anesthésistes,
12:01des comportements égoïstes,
12:03hypocrites selon lui.
12:04Péchet est questionné
12:05sur d'autres cas douteux,
12:07entre autres,
12:07le décès de Damien Yellen,
12:09ancien sportif en mètre 80,
12:1285 kilos,
12:13mort à la clinique Saint-Vincent
12:15lors d'une ablation du rein.
12:17Il était là,
12:19appelé à l'aide par sa collègue,
12:20Catherine Nambeau.
12:22L'autopsie du patient
12:23montre une surdose de l'idocaine
12:25dix fois supérieure à la normale.
12:27Le docteur Péchet estime
12:29que quelqu'un avait sans doute
12:30une intention criminelle
12:32en empoisonnant la poche
12:33de transfusion de Damien Yellen.
12:36Il est d'accord avec ses collègues
12:37pour dire qu'un tel acte
12:38n'a pu être commis
12:39que par une personne
12:42qui connaît l'anesthésie.
12:44Le docteur Péchet
12:45dément catégoriquement
12:46être derrière
12:47sept incidents recensés.
12:50À chaque fois,
12:50il a été appelé,
12:51dit-il,
12:51en renfort par un collègue.
12:53Rien de plus.
12:54Nathalie Péchet,
12:55épouse de l'anesthésiste,
12:56est entendue.
12:57Elle le décrit
12:57comme un médecin
12:58ayant une conscience professionnelle
13:00hors normes,
13:01travailleur infatigable,
13:03passionné par son métier.
13:04Le docteur Péchet
13:05est mis en examen
13:06pour sept empoisonnements
13:08et placé
13:09sous contrôle judiciaire.
13:12Les enquêteurs
13:13continuent à comptabiliser
13:14les décès suspects
13:15pouvant être reliés
13:16à Frédéric Péchet.
13:18Un cas
13:18particulièrement dramatique
13:20est ajouté à la liste.
13:21C'est celui du petit Teddy,
13:234 ans.
13:2422 février 2016,
13:25il est à Saint-Vincent
13:26pour une opération
13:27des amygdales.
13:28Il fait un arrêt cardiaque.
13:30Le docteur Péchet,
13:31appelé au secours,
13:32arrive une minute plus tard.
13:33C'est lui
13:33qui donne des consignes
13:35à ses collègues
13:35de la lidocaine
13:37et du potassium
13:38sont détectés
13:39dans une seringue.
13:40Teddy survit,
13:42mais il souffre encore
13:43aujourd'hui
13:43de troubles neurologiques.
13:45Frédéric Péchet
13:46affirme
13:46qu'il n'a rien fait
13:47à l'enfant.
13:48Il pense qu'on lui en veut,
13:50qu'on fait tout
13:51pour monter un dossier
13:52contre lui.
13:54Vendredi 11 janvier 2019,
13:57deux ans,
13:57jour pour jour
13:58après l'accident cardiaque
13:59de la patiente zéro,
14:01Sandra Simard,
14:02le procureur de Besançon,
14:04annonce l'exhumation
14:05de quatre patients
14:07décédés
14:08lors de leur opération.
14:10Le nombre
14:11des victimes suspectes
14:12grimpe
14:12pour atteindre
14:1374 cas.
14:15La justice
14:16examine
14:17un possible placement
14:18en détention
14:19du médecin
14:19mais il renonce.
14:20Frédéric Péchet
14:21commente
14:22C'est un moment
14:22terrible pour moi.
14:24Je suis innocent.
14:25J'espère que l'affaire
14:26aboutira rapidement.
14:27Quatre mois
14:28après les exhumations,
14:29l'anesthésiste
14:30est mis en examen
14:31pour 17 cas
14:32supplémentaires,
14:34soupçonné
14:34d'avoir fait au total
14:3524 victimes.
14:37Frédéric Péchet
14:38se dit victime
14:39d'un règlement
14:39de compte,
14:40d'une cabale.
14:41Il n'est pas emprisonné
14:42comme le réclament
14:43certaines familles
14:44de victimes
14:44mais il doit quitter
14:45Besançon.
14:47Il se réfugie
14:47chez ses parents
14:48près de Poitiers.
14:49Une mère infirmière,
14:50retraitée,
14:51un père anesthésiste,
14:52tous deux anciens
14:53employés du CHU
14:54de Poitiers.
14:55En 1984,
14:57alors que Frédéric Péchet
14:59avait seulement 16 ans,
15:00un scandale
15:01avait entaché
15:02la réputation
15:03de ce CHU.
15:04Deux médecins
15:05avaient été mis en cause
15:06pour la mort
15:07d'une patiente.
15:08Le respirateur
15:09avait été trafiqué.
15:11Les deux docteurs
15:12avaient été jugés
15:13et acquittés.
15:15À savoir si cette affaire
15:17a porté,
15:18a influencé
15:19le docteur Péchier,
15:20c'est une question
15:21qu'il peut se poser.
15:22Le fait est,
15:22c'est qu'il se retrouve
15:24désormais dans l'œil
15:25du cyclone judiciaire
15:26et c'est une période,
15:28on va le voir,
15:28où il va vivre
15:29sans doute
15:30les pires moments
15:30de sa vie.
15:31Il aura un malaise profond
15:33vis-à-vis de ce qu'on lui reproche.
15:35Alors il dément
15:35le docteur Péchier.
15:37Pourquoi aurait-il
15:37attenté à la vie
15:38de ses patients ?
15:39Les enquêteurs
15:40ont leur idée.
15:42évidemment,
15:43on va en parler
15:44dans la suite
15:44de l'émission.
15:45Quelles conclusions
15:46ont les enquêteurs
15:47là-dessus ?
15:48Ça va être très difficile
15:49pour le docteur Péchier.
15:51Pour l'heure,
15:52il faut parler
15:52évidemment
15:53de l'anesthésiste
15:54face aux enquêteurs.
15:56Planar Adénovitch,
15:57vous êtes avec nous,
15:58journaliste police-justice
15:59C.R.T.L.,
15:59l'auteur du livre
16:00Le temps qu'il lui reste
16:02dans la tête
16:03de Frédéric Péchier
16:03qui sort aux éditions
16:05Michalon.
16:06Vous connaissez bien
16:07notre docteur Péchier,
16:07je l'ai dit,
16:08ce sont en fait
16:08les comptes rendus
16:10de vos échanges,
16:12des échanges
16:12que vous avez eus
16:13avec ce médecin
16:13et c'est très passionnant
16:14à lire
16:15parce qu'on voit
16:15comment le dossier
16:16a pu évoluer.
16:18Comment est-ce qu'il explique
16:19Planar Adénovitch
16:20sa présence constante
16:22lors de tous
16:22ces incidents ?
16:23Je vous avoue
16:24que moi je suis troublé.
16:25C'est vrai que chaque fois
16:26que quelque chose
16:27se passe mal,
16:28il est là.
16:29Et les policiers
16:31ont fait un travail
16:32très très intéressant.
16:35Ils ont effectivement
16:35pointé que sur
16:36des centaines de soignants,
16:38seul lui était là
16:39chaque fois.
16:40C'est quand même étonnant.
16:42Oui, alors ce que
16:43j'ai trouvé intéressant
16:44dans les entretiens
16:45que j'ai pu avoir
16:45avec Frédéric Péchier,
16:46c'est qu'il va essayer
16:49de me convaincre
16:50mais avec des faits
16:51que j'ai pu ensuite
16:51vérifier dans le dossier
16:52d'instruction.
16:53Donc en fait,
16:54ce n'est pas quelqu'un
16:55qui va me demander
16:55de le croire sur parole.
16:57Sinon, moi ça ne m'intéresse pas.
16:59Donc là,
16:59comment il explique ça ?
17:01Déjà, sur les 30 cas
17:02pour lesquels
17:03il va comparaître
17:04là dès lundi,
17:06il n'est pas présent
17:07sur chacun.
17:09En fait,
17:09la clé de voûte
17:10de l'accusation
17:11réside dans le fait
17:12qu'il y a 3 cas
17:13à la polyclinique
17:14de Franche-Comté
17:15et le reste des cas
17:17à la clinique
17:17Saint-Vincent.
17:18Saint-Vincent.
17:18Et c'est ce que vous disiez ?
17:19Vous disiez, oui,
17:20mais il est le seul
17:21à être...
17:22C'est ce que dit l'enquête.
17:23Bien sûr,
17:24c'est ce que vous disiez
17:24parce que c'est ce que dit
17:25l'enquête, tout à fait.
17:26Il est seul à être présent
17:27dans les deux établissements
17:28donc on fait le lien
17:29comme ça.
17:30Sauf que sur les 3 cas
17:31de la polyclinique
17:32de Franche-Comté,
17:33sur 2,
17:34il est prouvé
17:34qu'il n'est pas là.
17:35Alors l'accusation va dire
17:36qu'il a pollué
17:37les poches à l'avance.
17:38Peut-être,
17:39mais ça,
17:40ce n'est pas prouvé.
17:40Alors,
17:41il dit aussi
17:42beaucoup de choses,
17:43docteur Péchet,
17:44parce qu'il se sent piégé
17:45en fait.
17:45Certains nous sent coupables,
17:47ça,
17:47les assises le diront,
17:49mais il se sent piégé,
17:50il dit beaucoup de choses
17:52et il va dire
17:52on essaie de me faire du mal.
17:55Il y a un complot,
17:56il y a une cabale contre moi,
17:57on essaie de me piéger,
17:59c'est de la jalousie.
18:00Qu'est-ce qu'il vous dit
18:00là-dessus,
18:01docteur Péchet ?
18:01Oui,
18:02alors ce qu'il va dire
18:03à la juge d'instruction,
18:04ce qui va revenir beaucoup,
18:05c'est le mot aberrant.
18:06Parce qu'en fait,
18:07moi il me dit
18:07mais enfin,
18:09on dit que j'ai tué des patients
18:11ou voulu tuer des patients
18:13par conflit avec mes collègues
18:16et il trouve qu'entre un conflit
18:18avec quelqu'un,
18:18il ne nie pas
18:19qu'il était en conflit
18:20avec des collègues
18:20mais il trouve son mot
18:22c'est aberrant,
18:23il me le dit aussi,
18:24il trouve ça complètement fou
18:25en fait d'être accusé
18:26d'avoir voulu tuer quelqu'un
18:28parce qu'il est en conflit
18:29avec un collègue,
18:29il trouve que c'est disproportionné.
18:31Et l'autre partie du mobile
18:32parce que c'est un mobile double
18:33qu'on lui prête,
18:35ce serait un côté narcissique,
18:37très égocentrique
18:38et ça,
18:39alors c'est vrai
18:40que beaucoup de collègues
18:41le dépeignent un peu comme ça
18:42moi je vous avoue
18:44que je ne l'ai pas connu comme ça
18:45parce que moi j'ai connu
18:46un homme à terre
18:47qui est déjà détruit
18:47par la justice,
18:48je le rencontre en 2019
18:49donc voilà,
18:51mais c'est vrai
18:51qu'il y aurait un côté
18:53selon l'accusation
18:54narcissique
18:55où il réanimerait des gens
18:57qui se glorifieraient
18:59de le faire.
18:59Voilà c'est ça,
19:00je vais un petit peu plus loin,
19:01c'est-à-dire qu'il est le sauveur,
19:02il se met dans la peau du sauveur,
19:03c'est lui qui emmène,
19:05qui va permettre
19:06à ces personnes de vivre
19:06alors qu'elles étaient menacées
19:08et qu'elles allaient mourir
19:08et effectivement
19:09il est dans une position supérieure.
19:11C'est ce que vont dire d'ailleurs
19:12certains experts
19:13et puis
19:14les enquêteurs
19:16vont penser
19:17que ça peut tenir
19:18effectivement la route,
19:18il y a un élément psychologique.
19:20Willy Graff,
19:21vous êtes avec nous
19:22dans cette heure du crime,
19:23journaliste,
19:24chef d'agence à Besançon
19:25pour l'Est républicain,
19:26vous connaissez parfaitement
19:27ce dossier.
19:28Alors évidemment
19:29sur place ça fait beaucoup de vagues
19:30cette mise en examen
19:31du docteur Péchet
19:32et puis il y a un cas terrifiant,
19:34c'est le cas du petit Teddy,
19:35il faut dire un mot là-dessus
19:36parce que là
19:37ça va faire trembler tout le monde
19:39parce qu'effectivement
19:40on rentre à l'hôpital
19:41pour être soigné
19:41et on sort mort
19:42dans cette affaire
19:43ou bien on est en très mauvais état
19:45mais là il y a un petit garçon
19:46qui a failli perdre la vie.
19:48Oui, bien sûr,
19:49pour le coup
19:50c'est peut-être le cas
19:51qui humainement
19:51en termes d'opinion publique
19:52choque le plus,
19:54un enfant c'est sacré,
19:55il a 4 ans,
19:56il est opéré pour des amygdales
19:57et c'est un cas qui alors
19:59au fil du temps
20:02il y a eu différentes analyses
20:03sur ce cas.
20:04La première
20:04c'était une expertise civile
20:06à l'époque
20:06qui effectivement
20:07ne conclut pas
20:07à un empoisonnement
20:08d'ailleurs Frédéric Péchier
20:10s'appuie beaucoup
20:10sur cette expertise
20:11mais c'est vrai qu'à l'époque
20:13les données n'étaient pas
20:14forcément complexes
20:15toutes réunies
20:15et puis il y avait
20:16un pouvoir d'investigation
20:17qui était moindre
20:17là aujourd'hui
20:19et surtout moi
20:20ce qui m'avait marqué
20:22c'est que
20:22quand on discute
20:24un petit peu
20:24avec des sachants
20:26alors déjà c'est rare
20:27un accident
20:28à l'anesthésie
20:30un accident cardiaque
20:31mais c'est encore plus rare
20:32chez les enfants
20:33sur un petit garçon
20:34pathologie lourde
20:36mais Teddy n'avait pas
20:37spécialement de pathologie lourde
20:38alors après
20:39les expertises
20:40en tout cas les dernières
20:41s'accordent à dire
20:42qu'il y a eu un apport massif
20:44là encore
20:44et endogène extérieur
20:46de potassium
20:47bon
20:48tout ça sera débattu
20:49à l'audience
20:51là encore
20:51Frédéric Péchier
20:52en tout cas était présent
20:52à sa réanimation
20:53il est arrivé une minute
20:54après les troubles cardiaques
20:55alors il y a du suspense
20:56oui l'igraphe
20:57vous êtes sur place
20:58vous suivez tout ça
20:59au tribunal
20:59dans les hôpitaux
21:01auprès des familles
21:02des victimes
21:02à deux reprises
21:04il est question
21:05de l'emprisonner
21:06le docteur Péchier
21:07pourquoi finalement
21:08il n'est pas emprisonné
21:09parce que la justice recule
21:11elle a des doutes
21:11la justice
21:12alors en tout cas
21:15je ne sais pas si
21:16normalement
21:16c'est des audiences
21:17qui n'abordent pas
21:18vraiment le fond
21:19ce ne sont pas des mini-procès
21:21avant l'heure
21:21la question c'était
21:23est-ce qu'il faut
21:23laisser en liberté
21:25Frédéric Péchier
21:26qui est accusé
21:26de plusieurs empoisonnements
21:27on rappelle
21:29que l'incarcération provisoire
21:30reste l'exception
21:31il y a quand même
21:31la présomption d'innocence
21:32qui prévaut
21:33et encore heureux
21:34c'est un principe fondamental
21:35à l'époque la justice
21:36n'a pas considéré
21:37que c'était nécessaire
21:38parce que le premier risque
21:39à éviter
21:39c'est un risque de réitération
21:41dès lors qu'il était
21:42interdit d'exercer
21:43la chambre de l'instruction
21:44a considéré
21:46que ça suffisait
21:47après
21:47pour en avoir discuté
21:49on va dire
21:50en off
21:51avec un magistrat
21:52il y avait aussi
21:53la conscience
21:54qu'à l'époque
21:542017
21:55la première fois
21:562019
21:57la seconde fois
21:57la procédure
21:58allait encore durer
21:59des années
22:00des années
22:01et que même
22:02si on l'incarcérait là
22:03de toute façon
22:04il ressortirait
22:04avant son procès
22:05quel intérêt
22:05à part combler
22:07ou assouvir
22:08une espèce de vengeance
22:09des partis civils
22:10par contre
22:10il y avait un intérêt judiciaire
22:11de le laisser dehors
22:12c'est qu'on pouvait l'écouter
22:13les écoutes téléphoniques
22:15c'est une des pierres
22:16et c'est une des armes
22:19des enquêteurs
22:19qui est très souvent
22:20employée dans les dossiers
22:21le désespoir
22:23pour le médecin
22:23jusqu'à une tentative
22:25de suicide
22:25docteur Frédéric Péchier
22:27anesthésie mortelle
22:28à Besançon
22:29une personnalité
22:30destructive
22:31perverse
22:31dotée d'un égo
22:32démesuré
22:33l'enquête de l'heure du crime
22:35ses collègues
22:35ne l'aimaient pas
22:36le craignaient
22:37sans méfier
22:38est-ce par dépit
22:39qu'il se serait lancé
22:40dans cette entreprise
22:41destructive
22:41à suivre
22:42dans un court instant
22:43sur RTL
22:44l'heure du crime
22:47jusqu'à 15h
22:48sur RTL
22:4914h15
22:51Jean-Alphonse Richard
22:53sur RTL
22:54l'heure du crime
22:55on l'emmène
22:56il court sous le parking
22:57je tiens par la main
22:59on le retrouve
23:00à l'hôpital Jean-Main-Jeau
23:01en réanimation
23:02pendant une semaine
23:03dans le coma artificiel
23:04dans un état catastrophique
23:05et là on nous dit
23:06qu'il a fait un double arrêt cardiaque
23:08de 25 minutes
23:09et on ne sait toujours pas pourquoi
23:10surtout que 6 mois après
23:12au journal
23:12il y a une affaire
23:14d'empoisonnement
23:14qui éclate à la clinique Saint-Vincent
23:16on a basourdi
23:17la colère elle est là
23:18mais elle ne partira jamais
23:19l'heure du crime
23:20consacrée à l'affaire Péchier
23:22en janvier 2019
23:23cet anesthésiste
23:25réputé de Besançon
23:26se retrouve soupçonné
23:27après 2 ans
23:28d'investigation
23:29de 24 cas
23:30d'intervention douteuse
23:32sur des patients
23:33dont certaines
23:34interventions mortelles
23:36il nie
23:36l'enquête est loin
23:38d'être terminée
23:39la PJ de Besançon
23:41collecte des témoignages
23:42contrastés
23:43sur Frédéric Péchier
23:44sa famille
23:45le décrit comme gentil
23:46bienveillant
23:47paternel
23:48serviable
23:49sa mère
23:49le pense plus qualifié
23:51que ses collègues
23:52côté collègues
23:53justement
23:54l'un d'eux estime
23:55que Péchier
23:56souffre d'un complexe
23:57de supériorité
23:58un autre
23:59le trouve un peu arrogant
24:00un peu prétentieux
24:01une anesthésiste
24:02fait état
24:03d'une personnalité
24:04destructive
24:05perverse
24:06dotée d'un égo
24:08démesuré
24:08un médecin
24:09qui a travaillé
24:10au CHU de Besançon
24:11dit n'avoir jamais
24:12eu confiance en lui
24:13l'anesthésiste
24:15Catherine Nambeau
24:16est elle
24:17carrément
24:18accusatrice
24:19elle se demande
24:21si le docteur Péchier
24:22n'aurait pas voulu
24:22la tuer
24:23aux enquêteurs
24:24elle raconte
24:25que le 7 avril 2016
24:26elle devait subir
24:27une intervention chirurgicale
24:29l'ordre de passage
24:30au bloc opératoire
24:31avait été modifié
24:33ce matin là
24:33au dernier moment
24:34une patiente
24:35a pris sa place
24:36et passée devant elle
24:37cette femme
24:38Laurence Nicot
24:40est décédée
24:41d'une crise cardiaque
24:42après empoisonnement
24:43de la poche
24:44à perfusion
24:45qui lui était
24:46destinée
24:48jeudi 30 septembre 2021
24:51les pompiers
24:52de Poitiers
24:53sont appelés
24:54pour la chute
24:54d'un homme
24:55depuis la fenêtre
24:56de sa chambre
24:56Frédéric Péchier
24:57est découvert
24:58semi inconscient
24:59très alcoolisé
25:00victime d'un traumatisme
25:02crânien
25:02et thoracique
25:04une semaine auparavant
25:05il avait adressé
25:06à sa mère
25:06un SMS
25:07disant qu'il voulait
25:08en finir avec la vie
25:09mais il souhaitait
25:11mourir
25:12innocent
25:12après trois mois
25:14de soins
25:14il dira avoir
25:15volontairement
25:15sauté dans le vide
25:16dans un accès
25:17de désespoir
25:18deux ans plus tard
25:19il confirme
25:20s'être défenestré
25:22pour en finir
25:23car il lui était
25:24insupportable
25:25de ne pas être
25:26entendu
25:27coupable ou pas coupable
25:30nous le verrons
25:30donc à ce procès
25:31des assises
25:32qui va s'ouvrir lundi
25:33coupable ou pas coupable
25:35mais en tout cas
25:35le docteur Péchier
25:36il vit dans sa chair
25:37j'ai envie de dire
25:38cette épreuve judiciaire
25:41il a failli se suicider
25:43Planar Adénovitch
25:43vous êtes avec nous
25:44dans cette heure du crime
25:46journaliste
25:47police
25:47justice
25:48CRTL et ce livre
25:49que vous sortez
25:50aux éditions Michelon
25:51le temps
25:51qu'il lui reste
25:52dans la tête
25:53de Frédéric Péchier
25:55c'est le fruit
25:56effectivement
25:57de vos échanges
25:58nombreux
25:59depuis
25:59des longs mois
26:01avec le docteur Péchier
26:04justement
26:04le temps
26:05qu'il lui reste
26:06ça c'est votre titre
26:07vous voulez dire quoi
26:08le temps qu'il lui reste
26:09parce qu'il a failli
26:10se suicider
26:10le docteur Péchier
26:11il a failli
26:12interrompre
26:13la course du temps
26:14le temps
26:14qu'il lui reste
26:15oui tout à fait
26:16en fait un jour
26:17je lui demande
26:17comment il va
26:18et il me dit
26:19écoute cette chanson
26:20donc c'est une chanson
26:21le temps qu'il lui reste
26:22et en fait
26:23c'est quelqu'un
26:24qui
26:25alors là
26:27je vais le citer lui
26:28donc après
26:29on en pense ce qu'on veut
26:30mais je vous dis
26:31le fruit de nos échanges
26:31en fait
26:33il m'a toujours dit
26:34qu'acquitté
26:35ou condamné
26:37sa vie était finie
26:38qu'en fait
26:39il a trop
26:40été extrait
26:41de sa propre vie
26:42c'est à dire
26:43qu'il ne peut plus
26:44résider dans le doux
26:45il a perdu
26:46sa femme
26:47sa femme l'a quitté
26:48ses enfants
26:49il les voit encore
26:50mais il n'a pas vu
26:50son dernier grandir
26:51enfin
26:51il ne peut plus exercer
26:53alors que c'était sa passion
26:54comme si on lui avait enlevé
26:55tout ce qu'il faisait
26:55le sel de sa vie
26:56vous savez
26:56et donc en fait
26:58c'est quelqu'un
26:59qui est tombé
26:59dans une profonde dépression
27:01qui est tombé
27:02dans l'alcool
27:02dans les antidépresseurs
27:04et donc
27:05qui ne voit pas
27:06d'autre issue
27:07que la mort
27:07alors il y a le docteur
27:08Daniel Zaguri
27:09qui a expertisé
27:10le docteur Péchier
27:11on va y revenir
27:11mais vous connaissez aussi
27:12très bien ce psychiatre
27:14à Daniel Zaguri
27:15est mis en psychiatre
27:16lui il va dire
27:17que Péchier
27:18il est obsédé
27:20par l'idée
27:20de démontrer son innocence
27:21on le sent bien
27:22chaque fois il dit
27:23je suis innocent
27:23je suis innocent
27:24il le clame partout
27:25mais il n'a pas trouvé
27:26d'autre issue
27:26que le suicide
27:27c'est fini
27:28tout s'est fermé
27:29toutes les portes
27:29sont fermées
27:30il fallait finalement
27:31disparaître
27:31oui c'est glaçant
27:33parce que cette expertise
27:34elle est antérieure
27:35à la tentative de suicide
27:37et en fait
27:38Daniel Zaguri
27:39l'avait vue
27:40et c'est vrai
27:41qu'il est obsédé
27:42par cette idée
27:42de clamer son innocence
27:44vous l'avez dit
27:44et il rumine
27:45un autre expert écrit ça
27:47c'est à dire qu'en fait
27:48il lit et relit son dossier
27:50tout le temps
27:50tout le temps
27:51il le connait par coeur
27:52et en fait
27:52il est dans un truc
27:54où il est
27:55comme enfermé dedans
27:56obsessionnel
27:57il est dévoré par ce dossier
27:59il est complètement dévoré
28:00mais ça
28:00c'est effectivement
28:02la marque judiciaire
28:02c'est souvent ça
28:03avec des personnes accusées
28:04elles sont dévorées
28:05par leur propre dossier
28:06Willy Graff
28:07journaliste chef d'agence
28:09à Besançon
28:09pour le grand journal de l'Est
28:11l'Est républicain
28:13Willy vous connaissez parfaitement
28:14ce dossier
28:15alors les collègues
28:16lorsqu'ils sont interrogés
28:18par la police judiciaire
28:19le moins qu'on puisse dire
28:20c'est qu'ils ne sont pas tendres
28:21avec le docteur Péché
28:22il y a une espèce
28:23comme ça
28:23de groupe
28:24qui dit
28:25mais ce type là
28:26c'est le diable
28:27il faut modérer
28:31placer dans le temps
28:32ces auditions
28:34au départ
28:34il y a quand même
28:35une sidération
28:36une sidération collective
28:39j'allais dire
28:39parce qu'au-delà
28:40de l'identité
28:41ou pas
28:41de l'éventuel empoisonneur
28:42déjà on ne comprend pas
28:44l'idée
28:45qu'un médecin
28:47le petit gosse
28:48on nous apprend
28:48que le médecin
28:49c'est gentil
28:50c'est quelqu'un
28:50qui aide
28:51qui sauve les gens
28:52la malveillance
28:53la thèse de la malveillance
28:55elle met des jours
28:55des semaines
28:56des mois
28:56infusées dans l'esprit
28:57de tout le monde
28:58et c'est vrai
28:58que quand ils sont
28:58réinterrogés
28:59dans un second temps
29:00et un peu plus tard
29:00dans la procédure
29:01c'est différent
29:02et il y a beaucoup
29:03de ses collègues
29:04qui là pour le coup
29:04se lâchent
29:06et se lâchent
29:08sur sa personnalité
29:10qui est effectivement
29:10très clivante
29:11en gros
29:12c'est soit on l'admire
29:12soit il agace
29:14Frédéric Péché
29:14j'ai l'impression
29:15il n'y a pas d'autre chose
29:16c'est clivant
29:17effectivement
29:18soit c'est un saint
29:18qui sauve les gens
29:19soit c'est un assassin
29:21et ça c'est autre chose
29:22au terme de 7 ans d'enquête
29:24les dernières expertises
29:25docteur Frédéric Péché
29:27anesthésie mortelle
29:29à Besançon
29:29déprimé
29:31mais pas délirant
29:32ou mythomane
29:32aucune recherche
29:34de gloire
29:34chez lui
29:35l'enquête de l'heure du crime
29:36on se retrouve
29:36dans un instant
29:37sur RTL
29:38L'heure du crime
29:40c'est avec Jean-Alphonse Richard
29:41sur RTL
29:4214h 15h
29:47c'est l'heure du crime
29:49sur RTL
29:49au programme aujourd'hui
29:51de l'heure du crime
29:52l'affaire du docteur Péchier
29:53mise à l'examen
29:54en 2017
29:54pour des empoisonnements
29:55sur des patients
29:56jusqu'à 30 cas
29:58dont 12 mortels
29:59l'anesthésiste de Besançon
30:01a toujours nié
30:01meurtrier pervers
30:03ou bouc émissaire
30:05les spécialistes
30:06n'ont jamais été
30:07aussi divisés
30:08la première expertise
30:10psychiatrique
30:11de Frédéric Péchier
30:12remonte
30:129 mois après
30:13sa mise à l'examen
30:14un collège
30:16de 3 médecins
30:17ne détecte
30:18aucune pathologie mentale
30:19aucun caractère
30:20narcissique
30:21ou recherche de gloire
30:22ou de grandiosité
30:24chez lui
30:24la contre-expertise
30:26confiée au docteur
30:27Daniel Zeguri
30:28ne complut pas non plus
30:29à une quelconque
30:30dérive criminelle
30:31le psychiatre
30:32décrit le suspect
30:33comme un homme
30:34très affecté
30:35par les accusations
30:35il le présente
30:36comme déprimé
30:37mais pas délirant
30:39pas mythomane
30:40d'autres experts
30:41en analyse comportementale
30:44sont beaucoup plus sévères
30:46ils présentent Péchier
30:47comme un homme
30:48toujours dans le contrôle
30:49qui s'exprime
30:50de façon détournée
30:51dissimulée
30:52il donne une apparence aimable
30:54sympathique
30:55mais il serait pervers
30:56dans le déni
30:57complexe
30:58obsessionnel
30:59paranoïaque
31:00les avocats
31:01de Frédéric Péchier
31:02protestent
31:03même le docteur
31:04Zeguri
31:04appelle à la prudence
31:05sur cette dernière
31:06analyse
31:07qui présente
31:08dit-il
31:09le risque
31:10de renforcer
31:11l'hypothèse
31:12de culpabilité
31:13au total
31:15les juges
31:16de Besançon
31:16comptabilisent
31:1732 cas suspects
31:19pour le docteur
31:21Frédéric Péchier
31:22dans tous ses dossiers
31:23le docteur
31:24n'a directement
31:25anesthésié
31:26qu'un seul
31:27des patients
31:28le dernier
31:28sur la liste
31:29opéré
31:29le 20 janvier
31:302017
31:31deux mineurs
31:32un adolescent
31:33de 16 ans
31:33et le petit Teddy
31:344 ans
31:35font partie
31:36des victimes
31:36interrogés
31:37par la juge
31:39d'instruction
31:39à trois reprises
31:40Péchier
31:41a choisi
31:41de garder
31:42le silence
31:43sauf une fois
31:43où il va
31:44assurer
31:45être totalement
31:46innocent
31:47des faits
31:48qu'on lui
31:49reproche
31:5030 cas suspects
31:53retenus
31:53entre 2008
31:54et 2017
31:55ça fait vraiment
31:56beaucoup
31:56le docteur Péchier
31:57il est dans
31:58la nasse
31:58judiciaire
31:59on se demande
31:59comment il va
32:00pouvoir
32:00remonter
32:01la pente
32:03parce que
32:03l'accusation
32:04elle est lourde
32:04elle est permanente
32:05et elle s'accroche
32:07à ce médecin
32:07qui pourtant
32:08lui continue
32:09à nier
32:09mais les charges
32:11seraient beaucoup
32:12trop lourdes
32:12Willy Graff
32:14vous êtes avec nous
32:14journaliste
32:15je l'ai dit
32:16chef d'agence
32:17pour l'Est républicain
32:18à Besançon
32:19vous avez mené
32:20toute cette enquête
32:20et vous continuez
32:21à la suivre
32:21vous serez bien sûr
32:23au procès
32:24qui s'ouvre lundi
32:26devant la cour d'assises
32:27de Besançon
32:29ce qu'on reproche
32:30finalement
32:31au docteur Péchier
32:32et je traduis
32:34un petit peu
32:34le sentiment
32:35des enquêteurs
32:36c'est que
32:36il serait
32:38un meneur de jeu
32:39un meneur de jeu
32:40macabre
32:41permanent
32:41il aurait joué
32:43avec des vies
32:43quasiment presque
32:45pour sa gloire personnelle
32:46c'est ce que disent
32:47les enquêteurs
32:47oui c'est ça
32:50c'est ce que
32:51ce qu'est bordé
32:52tout à l'heure
32:52un petit peu
32:53planard
32:53Radevitch aussi
32:54c'est un mobile
32:55pluriel
32:55on est à la fois
32:57dans une recherche
32:58d'asseoir
32:59ce leadership
33:00professionnel
33:01empoisonner des gens
33:03pour les sauver
33:04mais c'est
33:05plus compliqué que ça
33:06quand on s'intéresse
33:07à l'affaire
33:08l'idée c'est aussi
33:09de s'en prendre
33:10aux patients
33:11de confrères
33:12avec qui
33:12il est en conflit
33:13parfois des conflits
33:14d'ailleurs
33:15latents
33:16mais aussi
33:17des conflits
33:17assez mineurs
33:18pour les fragiliser
33:20pour les atteindre
33:21eux
33:21on va continuer
33:22à en parler
33:23Willy Graff
33:24des psychiatres
33:25etc
33:25avec Planar Adénovitch
33:26mais je vous pose
33:27tout de même
33:27la question
33:28tout de suite
33:28à vous
33:29les psys
33:30psychologues
33:31psychiatres
33:32ils sont divisés
33:33sur lui
33:33on ne sait pas trop
33:34finalement
33:34qui est le docteur Péchier
33:35ouais
33:37et tout
33:38tout le mystère
33:39qui entoure
33:40encore cette affaire
33:40réside là-dedans
33:42parce que
33:43finalement
33:43tout réside
33:45dans cette personnalité
33:46qu'on n'arrive pas
33:47vraiment à décrypter
33:48en tout cas
33:49les psychiatres
33:50ne décèlent
33:50aucune pathologie
33:52mentale
33:52psychiatrique
33:54en revanche
33:56on a cette
33:57contre-expertise
33:59enfin cette expertise
33:59psychocriminologique
34:00qui est très très discutée
34:02par la défense
34:02qui peint
34:04pour le coup
34:05le portrait
34:06de quelqu'un
34:07qui serait
34:07manipulateur
34:08qui serait
34:08dissimulateur
34:09et qui collerait
34:10au profit
34:11d'un serial killer
34:12donc là pour le coup
34:12c'est vrai que c'est
34:13très très discuté
34:15c'est très accusateur
34:16en tout cas
34:16effectivement
34:16il cacherait bien son jeu
34:18le docteur Péchier
34:18ça serait
34:19quelqu'un de diabolique
34:20si on suit cette expertise
34:22parce qu'il cacherait tout
34:23et il serait là
34:24avec un masque
34:25de bienveillance
34:26mais derrière
34:26il y aurait un monstre
34:27qui comme ça
34:28s'amusera à tuer des gens
34:29sur leur lit
34:31d'hôpital
34:32Plana Radenovic
34:33journaliste police-justice
34:34ART
34:35allez-vous publier
34:35le temps
34:36qui lui reste
34:37dans la tête
34:38de Frédéric Péchier
34:39c'est publié
34:40aux éditions Michalon
34:41et vous avez
34:42beaucoup échangé
34:42avec le docteur
34:44vous racontez
34:44comment vous avez
34:45perçu cet homme
34:47alors il y a
34:48ce rapport
34:49effectivement
34:49des profilers
34:50on va les appeler
34:51comme ça
34:51qui est accablant
34:53pour le docteur Péchier
34:54qui pèse très très lourd
34:56dans l'accusation
34:56alors il y a
34:58un petit bémol
34:58je le mets
34:59moi je ne défends
35:00personne dans cette histoire
35:01je suis totalement neutre
35:02je suis suisse
35:02dans cette histoire
35:03je suis au milieu
35:03mais il y a
35:06un petit bémol
35:06c'est que ces experts
35:07ils n'ont pas vu
35:08le docteur Péchier
35:09non alors
35:10en effet
35:11ces experts
35:12ne l'ont jamais rencontré
35:13et c'est d'ailleurs
35:14dans le cahier des charges
35:17si je puis dire
35:17de ce genre d'expertise
35:19psychocriminelle
35:20et en fait
35:21vous savez
35:22moi aussi
35:22à la base
35:23je ne défends personne
35:24et en tant que journaliste
35:26au début
35:26j'ai cette première
35:27expertise psychiatrique
35:29qui est favorable
35:29à Péchier
35:30que vous l'avez dit
35:31ensuite il y a
35:32cette expertise
35:33psychocriminelle
35:34qui est totalement
35:34l'inverse
35:35complètement défavorable
35:36moi
35:36un peu comme tout le monde
35:38j'attendais
35:38le docteur Zaguri
35:39comme juge de paix
35:40parce qu'il est spécialiste
35:41comme vous le savez
35:42des tueurs en série
35:44et il a élaboré
35:44une typologie
35:45de ces tueurs en série
35:46parmi lesquelles
35:47figure le soignant
35:48tout puissant
35:49donc je me suis dit
35:49quand il va rencontrer
35:51Frédéric Péchier
35:51on va savoir
35:52et en fait
35:54Daniel Zaguri
35:55lui-même
35:56est très critique
35:57par rapport à la méthode
35:58même
35:58de cette analyse
36:00psychocriminelle
36:01en gros
36:01moi j'ai jamais vu ça
36:03dans une expertise
36:04il écrit dans son expertise
36:05noir sur blanc
36:06ou bien
36:07Frédéric Péchier
36:08est coupable
36:09et en gros
36:10les profilers
36:10n'expliquent pas pourquoi
36:11c'est trop gros
36:13ou bien
36:14il est innocent
36:14et alors là
36:15c'est une honte
36:16il a des mots
36:17vraiment très très durs
36:18contre cette expertise là
36:20donc c'est vrai
36:21que
36:21Zaguri
36:23Daniel Zaguri
36:24pardon
36:24c'est un grand spécialiste
36:25donc c'est vrai
36:26qu'on a tendance
36:27à penser
36:28qu'il ne dit pas
36:29n'importe quoi
36:30donc voilà
36:31moi ça m'a mis le doute
36:32oui il a une légitimité
36:33ce que vous dites
36:33c'est très rare
36:35que le psychiatre
36:35qui a expertisé quelqu'un
36:37revienne à la charge
36:38pour dire attention
36:38il y a des choses
36:39qui sont fausses
36:40chez mes confrères
36:40etc
36:40c'est rarissime
36:41moi je ne l'ai jamais vu
36:42dans un dossier
36:448 ans après
36:46sa mise en examen
36:47le médecin va être jugé
36:48docteur Frédéric Péchier
36:50anesthésie mortelle
36:51à Besançon
36:52il a envie de se battre
36:53on est sorti de la période
36:55très sombre
36:55l'enquête de l'heure du crime
36:56je vous retrouve tout de suite
36:57sur RTL
36:58Jean-Alphonse Richard
37:00sur RTL
37:01c'est l'heure du crime
37:02jusqu'à 15h
37:0314h15
37:06c'est l'heure du crime
37:08sur RTL
37:09avec Jean-Alphonse Richard
37:10dans l'heure du crime
37:12aujourd'hui
37:12l'affaire Frédéric Péchier
37:13ce brillant anesthésiste
37:14de Besançon
37:15est soupçonné
37:16de 30 interventions
37:17suspectes
37:18entre 2008
37:19et 2017
37:2012 cas mortels
37:23des personnes paralysées
37:24des personnes blessées à vie
37:268 ans après sa mise en examen
37:27il va être jugé
37:28lundi 8 septembre 2025
37:31le docteur Frédéric Péchier
37:3353 ans
37:34doit faire son entrée
37:35dans la salle
37:35de la cour d'assises
37:36du Doubs
37:36à Besançon
37:3772 parties civiles
37:39représentant les 30
37:40victimes retenues
37:41sont annoncées
37:43près de 4 mois
37:44d'audience programmée
37:44gigantesque dossier
37:4627 000 procès-verbaux
37:4860 rapports d'expertise
37:50c'est un moment
37:51que les victimes
37:52attendent depuis longtemps
37:53le plus tôt
37:54on pourra entendre
37:55l'accusé
37:56le mieux ce sera
37:57indique maître
37:58Frédéric Berna
37:59avocat de la partie civile
38:01après la tentative
38:03de suicide
38:04de Frédéric Péchier
38:05en 2021
38:06l'un de ses avocats
38:07Randall Schwerdorfer
38:08estimait que son client
38:10avait à nouveau
38:11envie de se battre
38:12car il est sorti
38:13de sa période
38:14très sombre
38:14l'anesthésiste
38:16de Besançon
38:16risque
38:17la prison
38:18à perpétuité
38:19les jurés
38:20ils veulent comprendre
38:22et bien on va leur expliquer
38:23simplement
38:24les faits
38:25mon travail
38:26c'est que les jurés
38:27aient l'intime conviction
38:28que Frédéric Péchier
38:30est le plus grand jureux
38:31en série du 21ème siècle
38:32voilà c'est pas plus compliqué
38:33que ça
38:33les mots très directs
38:36de Stéphane Jurana
38:37c'est un des avocats
38:38des partis civils
38:38c'était sur France 3
38:39en septembre 2025
38:41et évidemment
38:42les victimes
38:43elles seront au coeur
38:44de ce procès
38:44on a parlé du petit Teddy
38:46dans cette émission
38:46on a entendu le papa
38:47du petit Teddy
38:49on entendra évidemment
38:50les avocats
38:51dans la semaine qui vient
38:52sur RTL
38:53et effectivement
38:54les victimes
38:54elles sont bien
38:55je le précise
38:56au centre de ce procès
38:58mais on s'interroge
38:59sur la culpabilité
39:00de Frédéric Péchier
39:02du docteur Frédéric Péchier
39:04parce que tout est indécis
39:05dans ce dossier
39:05qui peut basculer
39:06d'un côté
39:07ou d'un autre
39:08et ça
39:08la cour d'assises
39:09va sans doute
39:10trancher
39:11la cour d'assises
39:12de Besançon
39:12dans les semaines
39:14qui viennent
39:15Plana Radenovitch
39:16vous êtes avec nous
39:17dans cette heure du crime
39:17journaliste
39:18police-justice
39:19à RTL
39:19vous publiez
39:20le temps
39:21qui lui reste
39:22dans la tête
39:22de Frédéric Péchier
39:23aux éditions
39:24Michelon
39:25vous l'avez eu récemment
39:27Frédéric Péchier
39:28au téléphone
39:31vous l'avez vu
39:31vous l'avez croisé
39:32dans quel état d'esprit
39:33comment est-ce qu'il aborde
39:34ce procès ?
39:36Oui alors c'est vrai
39:37que je l'ai eu
39:38je l'ai croisé
39:38je l'ai vu
39:39et je me disais
39:39c'est inédit
39:40parce qu'il est libre en fait
39:41que je le vois
39:42quelques jours
39:43de son procès
39:43il est combatif
39:45et il est confiant
39:46c'est en fait
39:48alors c'est son opinion à lui
39:52mais il pense que en fait
39:54il connaît tellement bien
39:55son dossier
39:56il a tellement réponse à tout
39:57qu'il va pouvoir
39:58enfin s'expliquer
40:00en longueur
40:00c'est un énorme procès
40:01qui va durer
40:02trois mois et demi
40:03qu'on va pouvoir l'entendre
40:05et peut-être
40:06le comprendre
40:06et être convaincu
40:07c'est ce qu'il pense
40:08mais ça c'est
40:09effectivement
40:10les assises
40:11le déroulement des assises
40:12c'est toujours ça
40:13c'est une espèce de théâtre
40:14les assises
40:15on le dit souvent
40:15mais c'est la vérité
40:16et là on va voir
40:17comment le médecin
40:18va se défendre
40:19face à un dossier
40:20d'accusation
40:21qui est très costaud
40:23très très bien
40:24construit
40:25Willy Graff
40:27journaliste
40:28pour l'Est républicain
40:30à Besançon
40:30vous avez suivi
40:31toute cette affaire
40:32et vous êtes avec nous
40:33dans cette heure du crime
40:34Willy
40:35vraiment l'issue du procès
40:37elle est totalement imprévisible
40:39je pense qu'à Besançon
40:41il y a un suspense
40:42énorme
40:43qui est là
40:45en ce moment
40:45oui c'est vrai
40:47alors déjà
40:48à Besançon
40:48déjà longtemps
40:49on s'est posé la question
40:50de savoir s'il allait y avoir
40:51un procès
40:52finalement
40:53finalement oui
40:55alors c'est vrai
40:55que c'est un dossier
40:56qui n'est pas construit
40:57justement autour
40:58d'une preuve
40:59une preuve absolue
41:00une seule preuve
41:00qui se suffirait à elle-même
41:01donc pas de certitude
41:04sur un verdict
41:05un verdict d'un côté
41:07comme de l'autre
41:07en revanche
41:08on a une scène de crime
41:10à décrypter
41:11qui est avérée
41:11le cas Gandon
41:12du 20 janvier 2016
41:13il faut peut-être
41:14revenir là-dessus
41:15sur le fait que
41:15il y a une certitude
41:17c'est qu'il y a eu
41:17un empoisonneur
41:18début 2017
41:20à la clinique Saint-Vincent
41:21il y a eu un empoisonneur
41:22c'est pas contesté
41:23par la défense
41:24alors
41:25ce qui est plus contesté
41:26c'est le nombre
41:27de cas évidemment
41:28qui
41:28qui
41:29qui serait dû
41:31à une malveillance
41:31mais voilà
41:32après c'est une infinité
41:34d'éléments
41:35de toute nature
41:35qui convergent
41:36vers Frédéric Péchier
41:37selon les enquêteurs
41:38maintenant
41:39ça sera la cour d'assises
41:41de juger
41:42de la pertinence
41:42de cette enquête
41:43Plana Radianowicz
41:45ça peut se jouer
41:46sur pas grand chose
41:47finalement
41:47un acquittement
41:48ou bien
41:49une peine prononcée
41:51là on est
41:52encore une fois
41:53très indécis
41:53il faut bien le dire
41:54oui tout à fait
41:55et d'ailleurs
41:55c'est ce que vous disiez
41:56enfin ce que disait
41:58Maître Bernat
41:58que vous venez de diffuser
41:59en fait
42:00le travail des avocats
42:02de part et d'autre
42:03va être d'emporter
42:04l'intime conviction
42:05des jurés
42:05et ça va pas se faire
42:06sur des expertises médicales
42:08ils n'y comprendront
42:08pas grand chose
42:09ça va être vraiment
42:10sur une impression
42:11d'audience
42:12évidemment
42:12ce procès
42:13RTL il sera
42:14et on entendra
42:15tout le monde
42:15on aura la parole
42:16à tout le monde
42:16parce que RTL
42:17c'est la parole
42:18pour tout le monde
42:19merci beaucoup
42:20Plana Radianowicz
42:21et Willy Graff
42:22d'avoir été les invités
42:23de l'heure du crime
42:24lundi
42:25notez bien cette date
42:26lundi 8h15
42:28face à Fogiel
42:29et bien Marc-Olivier
42:30recevra
42:31le docteur Péchier
42:32c'est un document
42:33exceptionnel
42:34il sera face
42:35à Marc-Olivier Fogiel
42:36et là juste
42:37avant son procès
42:38merci à l'équipe
42:39de l'émission
42:40rédactrice en chef
42:41Justine Vignot
42:41préparation Marie-Bossard
42:42Lisa Canalès
42:43réalisation en direct
42:45Nicolas Gauthier
Commentaires