00:007h-9h, Europe 1 matin.
00:02L'édito politique sur Europe 1 avec Le Figaro.
00:05Bonjour Vincent Trémolet de Villers.
00:06Bonjour Dimitri, bonjour Anissa, bonjour à tous.
00:09Alors Olivier le disait à l'instant dans la revue de presse,
00:10Le Figaro publie ce matin un long entretien avec Nicolas Sarkozy.
00:13Vous étiez de la conversation.
00:15Vincent, l'ancien président est catégorique.
00:17Selon lui, des législatives anticipées vont sans doute avoir lieu dans quelques semaines.
00:22Vous partagez cette prédiction ?
00:24Je crois que pour Nicolas Sarkozy, il s'agit moins d'une prédiction que d'une conviction.
00:28Un véritable animal politique, et l'ancien président en est un,
00:32c'est un animal à sang-froid.
00:33Quand vient le tumulte, il conserve une capacité d'analyse
00:36qui n'est fondée ni sur l'affect, ni sur le désir ou la rancune,
00:40toutes ces passions qui peuvent traverser l'ancien chef de l'État.
00:42C'est une mécanique politique que détaille Nicolas Sarkozy.
00:46Celle-ci obéit à des règles, comme la mécanique automobile ou la mécanique des fluides,
00:50c'est-à-dire que les faits sont amenés inexorablement les uns par les autres.
00:55En surplomb des événements, l'ancien président a décidé de dire les choses,
00:59ou plutôt de les décrire.
01:00Et le succès d'audience de l'entretien depuis que nous l'avons publié hier sur le site du Figaro
01:04montre que beaucoup de Français qui avancent à tâton dans le brouillard
01:07cherchent une parole franche, une vision,
01:10qu'on l'approuve ou qu'on la combatte.
01:12L'ancien chef de l'État en a une.
01:14Vous savez, Dimitri, les premiers acteurs du pouvoir,
01:16s'ils se décentrent, dépassent les meilleurs commentateurs.
01:20Alors ça fait plusieurs mois que Nicolas Sarkozy annonce la dissolution comme inéluctable.
01:23Pourquoi ? Parce qu'il sait que tous les artifices,
01:26le premier ministre de droite, du centre, de gauche,
01:29ou le fameux gouvernement technique,
01:31mèneront inévitablement à la même impasse.
01:34Le pouvoir exécutif, aussi impopulaire que sous François Hollande,
01:37en est réduit au post Instagram anecdotique.
01:40Le pouvoir législatif, de plus en plus vain et stérile,
01:43se réfugie dans les résolutions historiques ou symboliques
01:45favorables aux gentils et défavorables aux méchants.
01:48Et même ce fameux texte de la confiance proposée par François Bayrou
01:51est signe d'impuissance.
01:52Il s'agit d'un constat.
01:54Un député est là pour légiférer, pas pour constater.
01:58Le bilan de tout cela, c'est qu'à moins de déclencher l'article 16,
02:01c'est-à-dire les pleins pouvoirs,
02:03ce qui provoquerait immédiatement une révolution,
02:05le président de la République n'a qu'un levier institutionnel à sa disposition,
02:10c'est la dissolution.
02:11Pourtant Emmanuel Macron croit encore pouvoir l'éviter.
02:14Oui, le président s'étourdit de textos en livre de notes,
02:17de voyages, de réunions pour oublier son horizon tragique.
02:21Mais après le 8 septembre, si Bayrou tombe, Emmanuel Macron va devoir décider.
02:25Alors comme le dit drôlement Nicolas Sarkozy,
02:27il va tenter comme à chaque fois de mettre le pied droit dans la chaussure gauche,
02:30mais on connaît maintenant tous ses tours.
02:33Le premier ministre de trois mois, ça va marcher de moins en moins bien.
02:37La France peut supporter un successeur à François Bayrou,
02:40mais après la censure du budget, la dissolution sera inévitable.
02:43Reste alors à organiser des élections en espérant que le résultat
02:45ne sera pas le même que lors des dernières législatives.
02:48Sinon cette fois encore, le chef de l'État sera considéré
02:50comme responsable et coupable de la confusion et du blocage.
02:54Vous êtes en train de dire Vincent que le président de la République
02:56doit espérer finalement une cohabitation avec le Rassemblement National.
03:00Une élection n'est jamais jouée d'avance.
03:03Dimitri est le monstre de l'événement,
03:04celui qui depuis des années a souvent tiré le chef de l'État de ses difficultés
03:07pourrait changer la donne.
03:09Mais si l'élection avait lieu dimanche, oui,
03:11c'est le RN qui sortirait probablement en tête.
03:14Le Front Républicain n'en aura sans doute pas la même force que la dernière fois
03:16et Jordan Bardella pourrait obtenir une majorité relative.
03:20Alors Bardella, un matignon pour Emmanuel Macron,
03:22c'est plus un cauchemar qu'un espoir,
03:24d'autant que la période est courte
03:25et peut faire de ce mandat un marche-pied pour l'Elysée.
03:28Mais c'est un scénario qui peut lui permettre
03:30d'aller au bout de son mandat.
03:33Maigre consolation.
03:34Vous l'avez compris Dimitri,
03:36dissolution, cohabitation ou démission.
03:39Pour Emmanuel Macron, ce n'est pas une fin de mandat,
03:41c'est un train fantôme.
03:42Merci Vincent Trémolet de Villers,
03:43l'édito politique sur Europe 1.
03:45Et à la lune du Figaro, ce jour,
03:46l'immobilier, la reprise menacée par la crise politique.
03:50Merci beaucoup Vincent.
03:50Sous-titrage Société Radio-Canada
03:51Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires